Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste

Publié le par José Pedro

Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste
Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste
Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste
Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste
Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste
Interview de M. Shmiel Borreman Juif non Sioniste

Interview de M. Shmiel Borreman, fondateur du Cercle d’études rabbiniques Yechouroun : Judaïsme contre sionisme d’Anvers en Belgique, lors de la création de l’Alliance Stratégique Amicale entre Judaïsme et Islam contre le sionisme, le 17 Juillet 2008 au Centre Zahra France.

 

Que pensez-vous de l’appel du Centre Zahra pour la création de cette Alliance de l’Islam et du Judaïsme contre le sionisme ?


Judaisme et Islam contre le sionisme par centre-zahra-france

Quelle est, à votre avis, la meilleure action que nous pourrions entreprendre contre le sionisme ?

Que pensez-vous de la presse et des médias en France et par extension en Europe puisque vous nous venez de la Belgique ?

Pourquoi une telle apologie du sionisme en France ?

 

Isrël, Iran, et sionisme : Interview de Shmiel Borreman


Shmiel Borreman, membre de l'Association « Yechouroun - Judaïsme contre Sionisme », était l'invité il y a quelques jours du Centre Zahra. Il livre son opinion concernant l'attaque israélienne de la flottille humanitaire Free Gaza, le blocus israélien sur la population civile de Gaza, ainsi que les risques de guerre des Etats-Unis et de l'Europe contre l'Iran (*vidéo en fin d'article).

Gaza
Que pensez vous de l'attaque israélienne sur la flottille humanitaire pour Gaza, ainsi que du blocus israélien sur Gaza ?

Le blocus et l'étranglement de Gaza sont inhumains et contraires au judaïsme. Nous avons été choqués des événements concernant la flottille. Peu de temps avant nous avons eu l'occasion de rencontrer une des organisatrices à Bruxelles, et avions beaucoup d'espoirs quant aux résultats de la flottille. La terreur avec laquelle la flottille a été abordée ne nous a pas étonnés, mais nous avons quand-même été choqués sur le moment même. Nous avons alors pensé que cela pourrait galvaniser le combat en faveur de Gaza. La fièvre médiatique a duré quelques semaines, mais je pense que la réponse à cet acte de piraterie des sionistes a été beaucoup trop faible. J'appelle chacun à soutenir Gaza selon ses propres possibilités, que Gaza ne sorte pas de nos coeurs et soit l'une de nos premières préoccupations. Je pense que pour les musulmans le mois de Ramadan est l'occasion de faire son examen de conscience en ce qui concerne son propre engagement pour Gaza. C'est un combat spirituel qui doit se faire dans les semaines à venir, ainsi qu'un combat politique. Il faut éclairer les gens autour de nous, et mettre à nu le rôle de la clique Abbas, des faux nationalistes et faux musulmans. Il faut vraiment clarifier les fronts, et je pense qu'il y a beaucoup à faire dans ce domaine.

Que pensez vous des récents évènements concernant le risque de guerre des Etats-Unis et de l'Europe contre l'Iran ?

Dans ce risque de guerre, il va de soi que toute ma sympathie va vers la République islamique d'Iran. C'est plus une guerre psychologique et médiatique qu'une autre. J'espère qu'on en restera là. On peut croire les déclarations compétentes iraniennes selon lesquelles l'agresseur réfléchira à deux fois et même trois avant d'oser attaquer l'Iran. Il y a également un devoir d'éclairage dans ce domaine, sans pour autant avoir un rôle de propagandiste pour la République islamique d'Iran. Il faut contrer la propagande sioniste, ainsi que la propagande impérialiste qui lui est associée dans ce domaine. Souhaitons que l'Iran reste ferme, car elle a de mauvais alliés comme la Russie qui est un allié incertain. Nous approchons du mois de septembre, et de l'Assemblée générale de l'ONU, où on peut s'attendre une nouvelle fois à la présence du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad. J'espère qu'il nous encouragera par ses déclarations, et je pense que le Ramadan sera là également pour l'aider et le renforcer. Je pense sincèrement qu'il faut avoir des nerfs d'acier. Les sionistes peuvent faire beaucoup de bruits, de menaces, de chantage, induire beaucoup de gouvernements en erreur…  mais le compte à rebours a commencé, et ce sont eux les perdants.

 

Entretien avec Shmiel Mordche Borreman – Partie 1 : Histoire du sionisme

 

Le Cercle des Volontaires est allé à Anvers (Belgique) à la rencontre de M. Shmiel Mordche BORREMAN et son épouse, madame Hadassah, grands militants antisionistes. Nous nous sommes intéressés à l’histoire du sionisme et au judaïsme dans son combat contre cette idéologie.

Shmiel Mordche Borreman est le représentant d’un cercle d’Etudes Rabbinique, sans pour autant être rabbin lui-même. Il est un grand militant de la cause antisioniste. Nous reviendrons dans une prochaine vidéo sur son parcours militant. Il est aussi l’initiateur avec le Centre Zahra de France d’une alliance stratégique et amicale entre le Judaïsme et l’Islam contre le sionisme.

Dans ce premier épisode, M. Borreman aborde les thèmes de l’histoire du sionisme, l’intérêt des sionistes sur la Palestine et la raison pour laquelle les juifs ont été expulsés de la Terre Sainte.

Theodore Herzl

Théodore Herzl

Retranscription :

Shmiel Mordche Borreman : L’affirmation selon laquelle « l’Etat » – si on peut ainsi dire – l’entité sioniste a été fondée en 1948, suite à la deuxième guerre mondiale, c’est uniquement une suite chronologique. Si la deuxième guerre mondiale n’avait pas eu lieu, ils auraient peut-être leur Etat dix ou vingt ans après. Mais tous les événements de la deuxième guerre mondiale leur ont permis de tirer la couverture de leur côté.

Leur but d’avoir un Etat existe effectivement depuis le début du sionisme. En fait, le sionisme de la fin du XIXe siècle est un mouvement qui est né dans la mouvance des différents nationalismes qui existaient en Europe à ce moment-là, en Autriche-Hongrie plus particulièrement. Ce n’est pas pour rien que Théodore Herzl est Viennois.

Leur but initial était d’avoir une attitude indifférente, mais contre les religions et de donner un ersatz, de donner autre chose qu’ils ont trouvé dans le nationalisme, et à un certain égard de donner leur propre définition, c’était d’être un Etat comme les autres. Naturellement par « un Etat comme les autres », il faut entendre comme les Etats de l’Europe occidentale, les Etats impérialistes car Herzl s’est proposé auprès des grands de ce monde, il disait « si nous recevons une indépendance, une place en Palestine, nous voudrions être un rempart contre la barbarie asiatique ». On voit dans quelle catégorie ces gens pensaient. D’une certaine façon, dans les milieux où ils étaient, c’était une façon normale de voir les choses car toutes les grandes puissances avaient des colonies et se partageaient le monde, et ils [les sionistes] voulaient avoir une place similaire.

Au début, dans l’aspect colonialiste, Herzl ne voulait même pas fonder son projet d’Etat – qu’il avait appelé « Etat juif » -, il ne voulait même pas l’installer en Palestine et toutes les options étaient ouvertes. Il y avait un projet pour s’installer en Argentine et un projet pour s’installer en Afrique, qu’on appelait le projet d’Ouganda. En réalité c’est un petit morceau de terre au Kenya qu’il convoitait, ce qui ne change en rien à l’ensemble du projet. En fait, son but, comme dans les écrits et déclarations qu’il a laissé de son vivant dans les différents congrès sionistes, était bien d’avoir une terre, mais le projet n’était pas encore lié à la Palestine dans laquelle il pouvait créer si on veut un juif avec une identité complètement changée. Il en avait marre de cette grande masse de pauvres en Europe orientale qui émigrait vers l’Amérique. Il avait un idéal d’en faire des citoyens à sa façon. De son temps d’ailleurs, la langue, l’hébreu moderne, n’existait pas encore. Il y a des paroles d’Herzl dans lesquels il dit : « je ne sais même pas comment commander un ticket de train si c’est en hébreu ». On voit le caractère artificiel du projet et qui n’est nullement, comme tout le monde le pense, une prolongation du judaïsme et à fortiori du Talmud et que le sionisme soit une obligation comme il le présente tel quel alors que ce n’est pas le cas.

Maintenant, comment est venu aux sionistes l’idée de s’installer en Palestine ? C’est un missionnaire chrétien qui l’a suggéré à Herzl à l’ambassade de Grande Bretagne à Vienne. Je ne sais plus dire son nom par cœur, et ça n’a pas de grande importance, c’est lui qui a réussi à suggérer à Herzl que si les juifs sont désintéressés pour le moment de son projet, c’est uniquement lorsqu’il s’intéressera à la Palestine que sentimentalement il mettra les juifs de son côté. Et effectivement, Herzl a fait son premier congrès, qui devait avoir en Allemagne. Les juifs allemands avaient alerté les autorités afin qu’ils interdisent le congrès sioniste en Allemagne, à Munich, donc ils sont partis faire leur congrès en Suisse. Et à ce moment-là, Herzl avait déjà deux ou trois personnes religieuses qui ont crus s’associer à leur mouvement, mais les sionistes religieux sont restés longtemps très minoritaires.

Nous enseignons par une parabole, dans le talmud, « au début, il y avait les arbres et le fer. Les arbres n’avaient rien à craindre du fer jusqu’au jour où des morceaux de fer se sont joints aux morceaux de bois. Et à ce moment-là seulement, qu’il y a le grand danger d’être abattu ». Et c’est la même chose qui s’est passé pour le sionisme, qui a réussi à acheter -dans le sens littéral- une partie des juifs religieux et qui ont fondé un parti sioniste religieux. Et c’était des grandes têtes, et non des ignares ou des juifs qui passaient l’après-midi au café et à jouer aux cartes. Un parti qui se voulait au départ antisioniste, l’Agoudat, est rentré dans le jeu lorsqu’ils ont vu les sionistes s’installer pour de bon en Palestine. Ils ne voulaient pas laisser les sionistes avoir le champ libre et ont décidés de s’installer aussi en Palestine pour faire opposition. On peut penser que c’est une noble idée, mais c’est un grand échec. Tant que les anglais étaient avec le mandat en Palestine, ils ont toujours la langue fourchue : ils promettent aux uns une solution et aux autres une autre solution, comme avec leur agent Lawrence d’Arabie. En Palestine, ils avaient prêché aux dirigeants arabes qu’après la guerre, nous vous donnerons satisfaction d’avoir une république de Palestine pour être indépendants et promettaient aux sionistes la même chose lors de la soi-disant déclaration de Balfour, d’obtenir satisfaction.

Israël Dahan

Jacob Israël de Haan

Tant qu’il y avait le mandat, les antisionistes sur place, avec le soutien dans nos pays ici, s’opposaient au sionisme. Ce qui est le précurseur de l’ONU, la Société Des Nations (SDN), donnait un mémorandum et prévenait que le sionisme allait avoir comme résultat des crises graves. Justement, il y a un des chefs de l’antisionisme, le Tsadik (en hébreu, l’homme juste) De Haan, un juif hollandais, qui au départ était contre le sionisme. De Haan était un tel danger pour les sionistes qu’ils l’ont assassiné à Jérusalem en 1924. Après la mort de JacobIsraël de Haan, ça a affaibli très gravement le mouvement antisioniste. Ca destinait déjà à l’horizon que les juifs antisionistes avaient pu obtenir des anglais pendant le mandat une autonomie religieuse pour bien montrer qu’ils ne font pas cause commune avec les dirigeants sionistes et c’était le maximum qu’ils pouvaient obtenir, ce qui était assez faible. Les sionistes, pendant les persécutions nazies contre les juifs en Europe, ont émis l’idée qu’ils seront les sauveurs des juifs et qu’ils doivent venir en Palestine. Leur projet ne s’appelait toujours pas « Israël » car le nom d’Israël biblique c’est quand les juifs sont en position de force, des vainqueurs, et Jacob lorsque nous sommes maintenant en exil et en position faible : c’est l’autre dénomination biblique. On ne parlait pas encore d’Israël à ce moment-là, mais simplement d’avoir un Etat juif. Et lorsqu’ils auront leur Etat qu’ils appellent « juif », ça sera uniquement pour les gens qu’ils voudront et les habitants du pays qui sont là depuis toujours n’auront qu’à trouver une place autre part, ce qui est naturellement une insolence absolue, mais c’est le caractère même de l’idéologie sioniste.

Concernant la question « pourquoi les juifs ont été expulsés de terre sainte ? », les juifs ont été amenés en terre sainte pour y être un peuple sain et une « population pilote » afin de montrer comment les êtres humains doivent être entre eux pour rétablir l’harmonie entre le Saint-Créateur et ses créatures. Ça devait se comprendre ainsi mais malheureusement, à cause de nombreux pêchés de nos ancêtres, le projet qui était biblique a échoué et la seule possibilité à ce moment-là était soit l’Etat juif disparaît, soit les juifs-mêmes disparaissent. Dans notre foi, le Saint-Créateur a eu pitié de nous et a fait cesser l’Etat et le temple, et nous a permis de survivre en exil et en état de dispersion. Nous devons attendre de rétablir nos fautes et que le messie vienne nous émanciper et nous rapporter à notre mission, notre devoir initial. Tant qu’on est en exil, nous n’avons pas le droit de nous révolter contre les nations ; bien au contraire, dans les pays où nous sommes bien traités, nous devons être reconnaissants envers les autorités qui nous laissent en paix dans notre domaine, pratiquer notre religion et qui nous laissent être de nos jours même plus seulement tolérés, mais avec les mêmes droits et les mêmes possibilités que les autres citoyens. C’est tout à fait contraire à l’esprit du judaïsme de se révolter contre les nations, de leur faire du chantage sous toute sorte de prétextes historiques et soi-disant judaïque, donner encore de l’argent et de demander à payer assez. C’est l’extrême contraire et ça fait perdurer l’exil. Nous ne pouvons pas mettre un terme à l’exil sinon par notre comportement qui permettra à Dieu de nous envoyer le messie et d’y mettre fin. Avant cela, nous n’avons aucun droit de nous révolter contre l’exil et déjà en cela le judaïsme est incompatible au sionisme car le sionisme veut mettre fin de manière absurde à l’exil et cet exil n’est pas seulement physique, c’est aussi une notion spirituelle. Ils n’ont pas la spiritualité dans le sens où nous l’avons.

Hadassah Borreman : Justement, il y a un des principes de la foi du judaïsme qui dit que le messie viendra, en cela les sionistes ont failli. La base du judaïsme, est en partie l’acceptation des treize principes de foi selon Maïmonide et si un juif n’est pas d’accord avec un de ces points, il se met lui-même en dehors du peuple juif. Un des principes est qu’on attend le messie chaque jour, mais les sionistes naturellement se disent juifs mais c’est un mouvement politique et non religieux, ils ne tiennent pas compte du judaïsme et des serments, que Dieu a conjuré le peuple juif d’attendre le messie. Ils ont mis en quelque sorte fin à l’exil que les juifs doivent vivre, en créant donc cette entité sioniste et naturellement, c’est très grave lorsqu’on rompt un serment divin. C’est pour ça que c’est interdit d’être en masse en terre sainte pendant le temps de l’exil, et encore plus pour les sionistes qui n’ont rien à voir. Ils font tout en notre nom et le fait d’être interdit d’être en masse, c’est aussi interdit d’avoir un Etat. Donc on voit bien que l’Etat sioniste est vraiment un blasphème contre Dieu et ça jette aussi une mauvaise lumière sur les juifs mêmes.

Propos recueillis par E.I. Anass, pour le Cercle des Volontaires

 

 

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