L'Urgence c'est l'Islamisme en FRANCE dit VALLS

Publié le par José Pedro

France : Faute avouée... par Chaabane BENSAC

France : Faute avouée... par Chaabane BENSAC
 
C'est le Premier ministre français Manuel Valls qui le proclame,
l'urgence en France est de «combattre le discours des Frères musulmans de Juppé» ainsi que «des groupes salafistes dans les quartiers» défavorisés.

Un clin d'oeil en direction des communautés musulmanes «qui ne supportent pas d'être confondues avec ces discours» extrémistes, lesquels nourrissent la propagande djihadiste et contribuent au recrutement des candidats au terrorisme.

«Il faut combattre le discours des Frères musulmans dans notre pays, il faut combattre les groupes salafistes dans les quartiers», a-t-il martelé, évoquant les «zones sensibles paupérisées» des grandes villes françaises, à forte population immigrée majoritairement musulmane. Comment compte-t-il faire? La réponse est simple. Valls mènera son combat avec «la loi, la police et les services de renseignement».

Est-ce de l'angélisme ou s'agit-il d'une profonde méconnaissance de la réalité du terrain? Le Premier ministre sait bien que l'apartheid dont parlait l'ancien président Nicolas Sarkozy, n'est pas une vue de l'esprit mais une réalité affligeante. Comme il sait aussi que, depuis des lustres, les gouvernements se sont succédé, ont promis de remédier à la situation, évoqué d'obscures idées sur une prétendue lutte contre la ségrégation dans l'emploi, l'éducation, la vie sociale dont sont victimes les communautés immigrées, en général, et musulmanes, en particulier. Sans suite aucune, malheureusement.

Quant à combattre les idées salafistes, ou Valls fait une boutade, ou il ignore, et c'est surprenant, que cette mouvance, majoritairement quiétiste et hostile au djihadisme façon Daesh, est très largement influencée par le wahhabisme saoudien dont le financement lui a permis de s'implanter, à partir des années 1980, et de contrôler plus d'une centaine de lieux de culte sur les 2 300 dénombrés en France. La critique frontale des Frères musulmans, confrérie née en Egypte, serait surprenante dans une France où l'Uoif (Union des organisations islamiques de France) est puissamment engagée, avec plus de 250 associations très actives et un rassemblement annuel en région parisienne qui regroupe plus de 100.000 fidèles (la prochaine Rencontre annuelle aura lieu du 3 au 6 avril 2015 au Parc des expositions du Bourget).
 
Aussi, la question mérite d'être posée. Quelle sorte de plan Valls envisage-t-il pour sortir les populations françaises de confession musulmane et celles immigrées des «zones sensibles paupérisées», briser leur ghetto et casser les murs d'un apartheid qui, s'il ne dit pas son nom, n'en existe pas moins de fait? Vaste débat, cruel dilemme car la stratégie est encore confuse et le souci majeur consiste à apaiser les tensions et gagner du temps. Mais le seul fait de dire les enjeux réels est déjà un pas important, surtout dans une conjoncture aussi difficile. Encore un effort, serait-on tenté de dire, même si «les promesses n'engagent que ceux qui y croient»!