UKRAINE TOUT CONTINUE, LA GUERRE EST L'OPTION

Publié le par José Pedro

Négociations sur l'Ukraine à Minsk, statu Quo. Les Négociateurs repartent dos à dos. Barack Obama : « On est bien obligé de tordre le bras des pays qui ne font pas ce que nous voulons »

Les dirigeants des pays faisant partie du "format Normandie" (Russie, Ukraine, France et Allemagne) ont convenu de se réunir mercredi 11 février à Minsk pour mettre au point un accord censé régler le conflit dans le Donbass.

 

L'Ukraine s'oppose aux propositions russes relatives à la ligne de démarcation entre les belligérants dans le sud-est du pays ainsi qu'au statut des "républiques populaires" de Donetsk et de Lougansk, a fait savoir une source proche des négociations.

 

 

Le président Barack Obama a dit que le leadership américain nécessitait parfois de tordre le bras des États qui ne font pas ce que nous avons besoin qu’ils fassent et que les États-Unis utilisaient leur force militaire et d’autres moyens de pression pour atteindre leurs objectifs.

Dans une longue interview qu’il a donnée à Vox, et qu’Obama lui-même a qualifiée de tribune destinée à «ceux qui aiment se creuser les méninges», le président américain a nié l’efficacité d’une politique étrangère purement réaliste tout en expliquant que, parfois, les Etats-Unis, dont le budget de la défense dépasse la totalité de ceux des dix pays qui le suivent en ordre d’importance, avait besoin de s’appuyer sur sa force militaire et sur d’autres leviers du pouvoir.

Saluant le système fondé sur le respect des règles qui avait émergé après la Seconde Guerre mondiale, Obama a admis qu’il n’était pas parfait, mais il a soutenu que «l’ONU, le FMI, et toute une série de traités, de règles et de normes qui ont été établies ont vraiment contribué à stabiliser le monde, ce qui n’aurait jamais pu se faire autrement

Il a expliqué, cependant, que l’efficacité de ce système idéaliste, wilsonien, fondé sur le respect des règles avait été mis à rude épreuve par le fait «qu’il y a là-bas des gens méchants qui veulent nous faire du mal.»

Selon le président, la réalité de ces menaces a contraint les Etats-Unis à avoir «la plus grande armée du monde». Obama a dit en outre: «Nous devons, à l’occasion, tordre le bras des pays qui ne feraient pas ce que nous voulons qu’ils fassent. Si nous ne disposions pas des divers moyens de pression économiques, diplomatiques ou militaires que nous avons – si nous n’avions pas cette pointe de réalisme, nous n’arriverions à rien non plus.»

Obama note que les États-Unis n’ont pas de solutions militaires à tous les défis du monde moderne, mais il ajoute que nous n’avons pas d’équivalent en termes d’État qui pourrait attaquer ou provoquer les Etats-Unis.

«Celui qui serait le plus en mesure de le faire, c’est évidemment la Russie avec son arsenal nucléaire, mais d’une façon générale, ils n’ont pas la capacité d’envoyer des forces miliaires partout dans le monde comme nous. La Chine non plus. Nous dépensons plus pour notre armée que les dix pays suivants ensemble», a-t-il dit.

Dans ce contexte, Obama a déclaré que le désordre généré par des États faillis et desmenaces asymétriques venant d’organisations terroristes étaient les principaux défis auxquels la communauté internationale était confrontée aujourd’hui.

Obama a également indiqué que pour régler ces questions et d’autres problèmes, il fallait avoir «des moyens de pression sur les autres pays et d’autres ressources» chaque fois que possible, tout en reconnaissant que Washington était «le chef de file parce que nous avons des capacités que les autres n’ont pas».

Cette approche, a-t-il affirmé, a également conduit à «partager une partie du fardeau et de la responsabilité».

Quand on l’a interrogé sur les limites de la puissance américaine, Obama a admis qu’il y avait des choses que son administration ne peut tout simplement pas faire en termes de projection de puissance, mais il est resté optimiste.

«En fait, le leadership américain, vient en partie de notre confiance en nous, du sentiment que nous pouvons le faire*. Nous sommes le plus grand et le plus puissant pays de la Terre. Comme je l’ai déjà dit dans mes discours: lorsque des problèmes surgissent, ce n’est pas Pékin qu’on appelle, ni Moscou. C’est nous. Et nous assumons cette responsabilité. La question, je pense, est de savoir comment ce leadership est exercé. Mon administration montre beaucoup de détermination à éclaircir, prendre en charge et venir à bout des problèmes du monde entier.»

Cet appel au leadership des États-Unis, qui découle de la notion de l’exceptionnalisme américain, a régulièrement été remis en question par Moscou.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est élevé, en septembre dernier, contre la partie du discours d’Obama devant l’ONU où le président américain présentait l’agression russe en Europe, l’épidémie d’Ebola et ISIS comme les menaces actuelles – et comparables entre elles – à la paix et la sécurité internationales.

Lavrov a déclaré que le discours d’Obama à l’ONU était le «discours d’un artisan de paix – dans la manière dont il avait été formulé», mais il a ajouté que «les résultats sur le terrain étaient loin d’être à la hauteur des paroles».

Le ministre russe des Affaires étrangères a ajouté qu’Obama avait présenté une vision du monde basée sur l’exceptionnalisme étatsunien.

«C’est la façon de voir d’un pays qui s’est donné, dans sa doctrine de défense nationale, le droit d’utiliser la force de façon discrétionnaire, au mépris des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ou d’autres règles du droit international», a déclaré M. Lavrov.

Dans un article de septembre 2013 dans le New York Times, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré que le concept de l’exceptionnalisme américain était problématique dans l’arène mondiale.

«Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle qu’en soit la raison, a écrit Poutine. Il y a de grands pays et de petits pays, des pays riches et des pauvres, des pays qui ont une longue tradition démocratique et d’autres qui ont encore du chemin à faire vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent aussi. Nous sommes tous différents, mais lorsque nous demandons au Seigneur de nous bénir, nous sommes obligés de nous rappeler que Dieu nous a créés égaux.»

Kiev espère que le FMI décidera prochainement d'augmenter le programme de prêt pour l'Ukraine et ses délais de mise en œuvre, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

 

Dans le cas contraire, le pays ne pourrait pas éviter un défaut de paiement imminent.

Le premier vice-ministre ukrainien des Finances Igor Oumanski a déclaré hier à l'agence de presse ukrainienne UNIAN que la première tranche du nouveau programme pourrait être versée en mars. D'après lui, le gouvernement ukrainien doit à cet effet remplir de toute urgence les conditions préalables à ce crédit.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a noté début février que l'aide financière pour l'Ukraine dépendait, entre autres, des facteurs militaro-politiques. Les experts de Kiev ont indiqué hier que deux questions centrales intéressaient le FMI: la situation dans le Donbass et les réformes en Ukraine. La réponse à la première question devait être donnée hier soir durant la réunion du sommet Normandie à Minsk. La seconde fait de toute évidence l'objet de débats.

Une source proche du gouvernement a noté que depuis fin 2014 les organisations occidentales, dont le FMI, sont de plus en plus mécontentes des actions des autorités ukrainiennes qui ont longtemps repoussé les réformes en motivant leur inaction par la guerre. "Deux tranches du prêt de stabilisation, attendues fin 2014, n'ont pas été versées. Certes, il y a la guerre, mais le créancier veut que le gouvernement remplisse tout de même certains points clés du programme", note la source. Et d'ajouter que ce problème est dû au fait que le créancier n'a pas perçu dans les actions du gouvernement un système capable de mener à la stabilisation et au développement économique: "En fait, ils veulent savoir où nous trouverons l'argent pour rembourser nos dettes".

 

La hryvnia, monnaie nationale ukrainienne, a considérablement fléchi la semaine dernière, immédiatement après que la Banque nationale d'Ukraine, suite à des concertations avec les dirigeants des 40 plus grandes banques, a annoncé ne plus contrôler le cours de la monnaie nationale.

Les entreprises contraintes de vendre leurs recettes en devises étrangères selon le taux de change officiel ont commencé à retarder le transfert d'argent dans le pays, conduisant à une pénurie de devises étrangères. La Banque nationale a été forcée de vendre des dollars à Naftogaz directement depuis les réserves de change, qui ont chuté de 17,9 milliards de dollars en juin 2014 à 6,4 milliards de dollars en février 2015. L'Ukraine s'est remise à parler de défaut.

En un an, le niveau de vie des Ukrainiens a chuté significativement: sur fond de hausse du chômage et de gel des salaires en 2014, les prix ont grimpé. Selon les informations officielles, on enregistre une hausse du prix des œufs (77%), des fruits (72%), du poisson (47%), du pain (30%) et de l'huile de tournesol (35%). Les prix des produits manufacturés ont également augmenté en un an, et les tarifs communaux ont grimpé d'un tiers. Les tarifs des transports en commun, maintenus au même niveau depuis quelques années, sont montés en flèche en février 2015. Les plus fortes augmentations concernent les voitures (84% en moyenne) et le carburant (60%).



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