Mistral: la Russie laisse à la France jusque fin avril, après elle sera considérée comme une Ennemie.

Publié le par José Pedro

Le Mistral Sébastopol
(mis à jour 13:17 18.03.2015)
Nezavissimaïa gazeta
La France suspend la livraison du Mistral à la Russie (45)
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Le Mistral "Sébastopol", un bâtiment de projection et de commandement (BPC) construit pour la Russie aux chantiers navals de STX France de Saint-Nazaire, a effectué sa première sortie en mer, écrit mercredi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

 

 

Le lundi 16 mars à 15h heure de Moscou, le Sébastopol accompagné par plusieurs remorqueurs s'est rendu dans le golfe de Gascogne pour ses premiers essais. Son équipage est composé exclusivement de spécialistes français de STX. Le BPC rentrera à Saint-Nazaire vendredi soir.

 

Le Mistral passe donc les essais sous pavillon français, sans représentant russe à son bord. Toutefois, certains commentaires prudents supposent que la France prépare tout de même le Sébastopol pour un transfert à la Russie. Construit dans une configuration différente du premier BPC, Vladivostok, qui était un porte-hélicoptères à part entière, le second est adapté au débarquement de véhicules blindés.

L'agence fédérale russe d'exportation d'armements Rosoboronexport et la société française DCNS avaient signé en juin 2011 un contrat pour la construction de deux BPC. Lorsque le premier Mistral avait effectué les essais en mer, deux équipages russes suivaient à son bord une formation pour se familiariser avec les commandes du porte-hélicoptères. Le transfert du Vladivostok à la marine russe était prévu pour novembre 2014 mais n'a pas eu lieu. De nombreux pays de l'Otan, notamment les USA, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Pologne, ont commencé à exiger de la France d'annuler la livraison des Mistrals à la Russie.

 

Paris a subi une pression sans précédent. Les membres de l'Otan insistaient sur le transfert du premier BPC uniquement si la situation changeait dans le sud-est de l'Ukraine et si la Russie renonçait au soutien des insurgés de Donetsk et de Lougansk. Et le président français François Hollande a cédé à cette pression. Il a annoncé à plusieurs reprises l'absence de conditions nécessaires pour que son pays honore ses engagements contractuels devant la Russie.

 

Mais mi-février, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé sur la radio RMC que la livraison des Mistrals à la Russie n'était plus à l'ordre du jour. Au même moment, l'Inde déclarait définitivement renoncer à l'achat de 126 Rafales français. Les militaires indiens qui ont suivi de près les péripéties du Mistral ont perdu toute confiance envers la France en tant que partenaire.

Mais même ce fiasco pour la réputation de Paris n'a pas fait changer sa position. Le premier ministre Manuel Valls a déclaré la semaine dernière au quotidien polonais Gazeta Wyborcza que la France avait pris la décision de renoncer aux livraisons des BPC à la Russie "souverainement, en dehors de toute pression, en dépit des importantes conséquences financières".

Hors les conséquences se font déjà sentir. D'après le Télégramme, DCNS/STX doit débourser 2,5 millions d'euros par mois pour la sécurité et l'entretien du Vladivostok au port de Saint-Nazaire. Si une fois terminé le second Mistral n'était pas non plus livré, les dépenses imprévues doubleraient. Et la France semble ignorer quoi faire avec ces navires dont personne n'a besoin en Occident.

 

Cette situation est bénéfique pour la Russie. Le directeur général de Rosoboronexport Anatoli Issaïkine a déclaré hier que dans tous les cas la France rendrait à la Russie l'argent avancé pour les Mistrals, voire même paierait une pénalité supplémentaire dont le montant sera déterminé par la Cour d'arbitrage. Mais cela prendra du temps. C'est pourquoi les négociations semblent se poursuivre avec la partie française. Anatoli Issaïkine a affirmé que la Russie prendrait une décision définitive d'ici fin avril. Il est fort probable qu'elle exige une pénalité — un paiement comptant est préférable aujourd'hui pour la Russie au regard de la hausse du taux de change.

Selon un sondage commandé par La Tribune et réalisé par l'Ifop, les Français sont favorables à une large majorité (64%) à la livraison des deux bateaux de projection et de commandement (BPC) de type Mistral à la Russie.

François Hollande ne pourra pas ignorer que les Français sont largement favorables à la livraison des Mistral à la Russie, qui a été reportée "jusqu'à nouvel ordre" par Paris. C'est l'une des nombreuses surprises d'un sondage commandé par La Tribune et réalisé par l'Ifop entre le 9 et le 12 janvier auprès de 1.001 personnes. Dans un pays considéré souvent comme bien-pensant, les Français font finalement preuve de beaucoup de "realpolitik".

A une majorité très confortable (64%), ils sont favorables à la livraison des bateaux de projection et de commandement (BPC), de type Mistral, à Moscou. La marine russe en a commandé deux exemplaires au groupe naval DCNS pour environ 1,2 milliard d'euros dans le cadre d'un contrat conclu en juin 2011 sous l'ancien président Nicolas Sarkozy. Une majorité qui recrute aussi bien à gauche (66%) qu'à droite (71%).

La semaine dernière, la Russie a officiellement envoyé une demande d'explication écrite à la France concernant son refus de lui livrer les navires de guerre Mistral, selon l'agence publique russe Ria-Novosti, citant une source militaire. Selon l'agence, qui cite une source anonyme au sein du Service fédéral russe de coopération militaire, ce dernier a adressé une demande à la direction générale de l'armement (DGA) "avec l'objectif de recevoir une réponse officielle". "Pour décider de la suite, saisir un tribunal ou donner du temps à la France, la Russie doit disposer d'une explication écrite de la situation", a indiqué cette source.

Une mesure pas efficace pour régler le conflit entre Kiev et Moscou

Les Français sont d'autant plus convaincus de la nécessité de livrer les deux Mistral à la Russie qu'ils considèrent, à une très large majorité (75%), que le refus de la France de remettre ces navires à la marine russe n'est pas efficace pour régler le conflit entre l'Ukraine et  la Russie. "L'opinion française est très déterminée sur ce sujet, notamment chez les plus de 35 ans (80%)", constate le directeur des études politiques à l'Ifop, Damien Philippot. Et de préciser que ce sondage s'écarte du "politiquement correct". Une prise de position, alors même que 66% des sondés estiment que la situation dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie n'a pas évolué ces dernières semaines.

Un sondage réalisé avant les nouveaux combats de ces derniers jours dans la zone de l'aéroport Serge Prokofiev de Donetsk, où les séparatistes ont lancé une offensive depuis jeudi. L'Union européenne restera ferme envers la Russie, y compris sur les sanctions, alors que les violences ont regagné en intensité dans l'est de l'Ukraine, ont décidé lundi les ministres européens des Affaires étrangères.

Curieusement, ce sont les Français qui ont voté pour Marine Le Pen à la présidentielle de 2012, qui sont les plus nombreux (39%) à estimer que le refus de livrer est une mesure efficace pour régler le conflit entre l'Ukraine et la Russie. Contrairement aux électeurs de Nicolas Sarkozy (85%) et de François Hollande (76%) qui estiment que le refus de livrer les deux navires de guerre n'est pas efficace pour régler le conflit entre l'Ukraine et la Russie.

Pourquoi les Français souhaitent la livraison des Mistral?

Quelles sont les raisons des Français? Pour 77% des sondés, le refus de livrer les deux BPC aura des conséquences négatives directes pour les chantiers navals en France (notamment DCNS et STX France) et pour l'emploi. Des conséquences qui font "l'objet d'une véritable certitude", note Damien Philippot. Une quasi-unanimité qui se recrute autant chez les jeunes que chez les plus de 35 ans, et autant chez les femmes que les hommes... "C'est une forte prise de conscience majoritaire partout, notamment des impacts sur l'emploi", confirme-t-il.

Mais cette prise de conscience va au-delà des conséquences directes pour les chantiers navals et l'emploi. Ainsi 72% des Français considèrent que le refus de livrer va nuire à l'industrie de défense française en mettant en danger d'autres contrats commerciaux. En Inde, où Dassault Aviation négocie depuis trois ans la vente de 126 Rafale, Russes et Britanniques tentent de torpiller ces négociations en évoquant le refus de la France de livrer les Mistral. "Tous les interlocuteurs russes des Indiens disent de nous que nous ne sommes pas fiables. Les Anglais également", expliquait récemment aux sénateurs un des plus hauts responsables du ministère de la Défense, le délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.

C'est d'ailleurs ce que pensent 69% des sondés. Le refus de livrer les navires Mistral va favoriser les autres grands pays concurrents de la France en matière d'industrie de défense (États-Unis, Royaume-Uni, Russie...). Enfin, 56% des sondés estiment que ce refus va dégrader la réputation de la France à l'international.

La Russie, un partenaire économique important pour la France

D'une manière plus générale, les Français, à une large majorité (81%), estiment que la Russie est un grand pays avec lequel la France doit entretenir de bonnes relations. Ils affirment aussi que les relations économiques avec la Russie ont une grande importance pour l'économie française (80%). Une position "très homogène, à rebours de qu'on peut imaginer", note Damien Philippot. D'où, explique-t-il, une "inquiétude des Français sur des conséquences économiques" entre la France et la Russie qui ont "des relations solides".

En 2013, la France était le 3e fournisseur européen de la Russie (derrière l'Allemagne et l'Italie), avec 4,1% de parts de marchés, et la Russie représentait le 3e marché de la France, hors Union Européenne et Suisse. Les échanges bilatéraux se sont élevés à 18,2 milliards d'euros en 2013. La balance commerciale de la France avec la Russie est structurellement déficitaire en raison de la part très importante de la facture énergétique. Après s'être réduit en 2012, ce déficit est resté stable en 2013 (2,9 milliards). Les exportations françaises ont été multipliées par plus de quatre en treize ans (7,7 milliard en 2013 contre 1,8 milliard en 2000).

Enfin, les Français estiment à 63% que le gouvernement français a été suffisamment présent dans les négociations diplomatiques dans la gestion du conflit entre l'Ukraine et la Russie. Mais ils affirment à seulement 49% que la France a été efficace pour tenter de régler le conflit entre les deux pays. "Il y a un doute", sur l'efficacité du gouvernement français à peser sur ce conflit, confirme Damien Philippot. D'autant que les Français (76%) considèrent que les sanctions économiques contre la Russie sont une initiative américaine à laquelle se sont rangés les pays européens, dont la France.

Finmeccanica vend des hélicoptères à la Russie

Enfin, d'une manière générale, les Français estiment que les sanctions économiques infligées à la Russie ne sont pas efficaces (52%) pour régler le conflit entre l'Ukraine et la Russie. "Il existe un doute sur l'efficacité des sanctions occidentales", constate Damien Philippot. D'autant qu'il semble y avoir deux poids, deux mesures.

Ainsi, le constructeur anglo-italien AgustaWestland, filiale de Finmeccanica, a pu en toute quiétude vendre au géant pétrolier russe Rosneft 160 hélicoptères AW189 malgré le contexte de sanctions occidentales entre Moscou et les pays occidentaux. Une annonce révélée... le 31 décembre. Des appareils pourtant équipés de moteurs General Electric et d'une avionique Honeywell.

 

 

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L'administration américaine devra rendre compte cette semaine au congrès des mesures pouvant retenir la Russie dans le cadre du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), écrit lundi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

 

Comme l'a noté la sous-secrétaire d'État américaine Rose Gottemoeller, si les leviers diplomatiques ne fonctionnaient pas, des mesures économiques voire militaires pourraient être entreprises.

 

Étant donné que cette nouvelle agitation autour du Traité FNI intervient dans le contexte de l'"Acte de soutien à la liberté de l'Ukraine", tout est clair au sujet des mesures économiques: il s'agirait de sanctions, qui n'ont pour l'instant pas vraiment fait changer la position de Moscou. Et la Russie a déjà préparé une réplique aux mesures d'ordre militaire: une réponse asymétrique permettant de ne pas s'impliquer entièrement dans une course aux armements. Mais la question est de savoir quelle partie est davantage responsable de l'épuisement des ressources diplomatiques.

 

En 2002, les USA quittent unilatéralement le traité ABM de 1972, considéré comme la pierre angulaire de l'équilibre nucléaire mondial, annonçant la mise en place d'un système antimissile national soi-disant prévu pour se protéger des attaques des États voyous (notamment de l'Irak, de l'Iran et de la Corée du Nord) maîtrisant les technologies balistiques. Mais quand des éléments de l'ABM américain sont soudainement apparus aux frontières occidentales de la Russie, les USA se sont hâtés de préciser qu'ils étaient également préoccupés par la sécurité de leurs partenaires européens. Ils ont toutefois refusé de coopérer avec Moscou pour la mise en place d'un ABM commun pour des "raisons techniques" et ont continué leur travail. Aujourd'hui, en suspendant le déploiement du troisième échelon de l'ABM, les Américains comptent utiliser à terme des missiles mobiles SM-3 au lieu des missiles d'interception lourds à silo GBI.

 

Mais le fait est que les intercepteurs GBI ont été conçus sur la base des missiles Minuteman et peuvent traiter avec le même succès des cibles au sol. Tout comme le SM-3, qui est plus sophistiqué que les Pershing-2 détruits dans le cadre du Traité FNI.

 

Par conséquent, il convient encore de déterminer qui a été le premier à enfreindre le Traité FNI. Selon le président de la commission de la Défense à la Douma, l'amiral Vladimir Komoedov, le système ABM américain mobile est un outil minutieusement camouflé de frappe globale immédiate, qui détruit la parité nucléaire.

Rappelons que le Traité FNI était entièrement rempli en juin 1991, et quand les USA ont commencé à mettre en place l'ABM européen, la Russie s'est retrouvée pratiquement sans défense. Pratiquement, mais pas entièrement. Les militaires ont retrouvé dans l'arsenal le complexe tactique Iskander-M, qui ne peut être intercepté par aucun ABM actuel, d'une portée de 500 km. Selon les spécialistes, son missile atteindra le centre de l'Europe depuis Kaliningrad avant que le personnel de l'ABM n'arrive à se brosser les dents. Mais les Américains sont surtout préoccupés par l'Iskander-K doté du missile de croisière R-500, dont les capacités techniques dépassent largement celles d'autres armées du monde.

Comme promis, donc, la Russie a trouvé une réponse asymétrique. Alors que la diplomatie américaine n'a pas été à la hauteur: il faut être aveugle et très hautain pour croire que la légende d'une menace balistique émanant des "États voyous" serait prise pour argent comptant. Les allusions aux sanctions supplémentaires et l'éventuelle sortie du Traité FNI ne sont pas une solution, parce que de facto les USA en sont sortis depuis longtemps. Par conséquent, les Américains n'ont pas d'arguments convaincants contre les Iskanders russes.

 
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