Pour le Wall Street Journal, Poutine est le grand gagnant des départementales françaises

Publié le par José Pedro

Vladimir Poutine

Pour le Wall Street Journal, Poutine est le grand gagnant des départementales françaises

© REUTERS/ Anatoly Maltsev
ANALYSE
(mis à jour 16:37 31.03.2015) URL courte
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Lors des dernières élections départementales en France, la majeure partie des votants a choisi les partis de droite et d'extrême-droite, qui adoptent une position pro-Poutine. Grâce à cette ligne, ils règlent leurs problèmes intérieurs, écrit Wall Street Journal.
 

Mais ce soutien aussi élevé de la population indique que les Français manquent d'un leader fort, comme le président russe, conclut le quotidien.

 

Les partis de droite et d'extrême-droite ont recueilli au total 54,6% des suffrages. Les politiciens de cette aile ont en général une attitude positive vis-à-vis de Vladimir Poutine, c'est pourquoi l'auteur de l'article pense qu'un tel résultat réjouit forcément la Russie.

 

Ainsi, les collaborateurs de Nicolas Sarkozy, qui a qualifié de "tragédie" la rupture entre la Russie et l'Europe et considère la Russie comme un "partenaire naturel" de la France, ont obtenu 29,4% des voix au premier tour. Le Front national de Marine Le Pen a été soutenu par plus d'un quart des Français. Tout en sachant qu'elle insiste sur la sortie de la France de l'Otan et appelle à coopérer avec la Russie dans le domaine militaire et énergétique. Il s'avère que la majorité des Français a soutenu l'idée que la France avait également besoin d'un leader fort, conclut l'auteur s'appuyant sur le fait que les deux partis soutiennent la ligne politique de Poutine.

 

Et bien que les résultats de ce vote en soi ne signifient pas que les Français ont approuvé la réunification de la Crimée avec la Russie, souligne l'auteur, si on l'ajoute à la reconnaissance de la faiblesse géopolitique des USA, cela entraîne des conséquences pour la politique européenne. Selon WSJ, le Kremlin cherche à montrer aux Européens que les USA sont faibles, et une partie des Français l'a cru.

 

Les Français ne croient pas aux promesses de Washington d'employer la force, notamment après que ce dernier a rechigné à bombarder la Syrie, alors que s'il l'avait fait l'État islamique n'aurait pas pris une telle envergure. C'est cette opérationnalité douteuse de Washington, affirme l'auteur, qui a assuré un terrain fertile aux sentiments pro-Poutine en France.

 

L'ironie est que Sarkozy, qui soutient Poutine, était à une époque surnommé "Sarko l'Américain". Mais en 2008 déjà, se présentant comme médiateur pendant le conflit avec la Géorgie, il n'a pas voulu sanctionner la Russie, et en 2011 il a signé le contrat pour la livraison de deux Mistrals à la Russie. Désormais, il accuse Hollande d'avoir suspendu la livraison des porte-hélicoptères en obéissant à Washington. Selon l'auteur de l'article, il cherche ainsi à se débarrasser de son image pro-américaine en prévision de la présidentielle de 2017. Quant à Marine Le Pen, sa position pro-Poutine et antiaméricaine lui permet de détourner l'attention de l'image d'un parti intolérant tout en assurant ses partisans de son inflexibilité.

 

Dans le même, les sentiments pro-Poutine ne tiendront pas longtemps, selon l'auteur. Alain Juppé, ancien premier ministre et ex-ministre des Affaires étrangères, cette fois rival de Sarkozy en 2017, a déclaré que Poutine poursuivrait l'offensive si on ne l'arrêtait pas.

 
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