Vers une nazification rampante de l'Europe

Publié le par José Pedro

Nationalistes ukrainiens

Vers une nazification rampante de l'Europe

© AP Photo/ Sergei Chuzavkov
ANALYSE
(mis à jour 14:16 29.03.2015) URL courte
Natalia Bourkova
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Jamais plus après Nuremberg, s'était-on dit. Jamais plus après Auschwitz, rajoutèrent des penseurs bien intentionnés, horrifiés par le succès que connut une idéologie fondée sur le rejet de l'Autre selon un principe dit racial ainsi que par le passivisme des peuples d'Europe.
 

 

Aujourd'hui, forte, tantôt, du silence assourdissant des médias occidentaux, tantôt, de leurs mensonges, l'idéologie nazie ou néo-nazie, qu'importe, renaît dans les Pays Baltes et certains autres pays d'Europe sans que les défenseurs des droits de l'homme ne s'en offusquent. Doit-on s'en étonner? A peine.

 

On reproche à l'URSS le fameux pacte signé entre Molotov et Ribbentrop dont le but était en fait d'éviter une alliance entre la France, l'Angletere et l'Allemagne nazie ainsi que de réarmer avant que les hostilités n'éclatent… deux années, ce n'est quand même pas rien! Il s'agissait aussi de récupérer les territoires de l'ancien Empire ce qui est moins défendable sur un plan éthique. Ceci étant avéré et purgé ultérieurement à travers des millions de morts, comment oublier — et on fait trop souvent mine de l'oublier — que Roosevelt projetait en cette même année 1939 une alliance avec Berlin pour contrer la soviétisation de la Finlande? Comment oublier, encore et surtout, que le monde anglo-saxon, Churchill en tête, avait lancé en 1945 la reconstruction des divisions allemandes en vue de l'ouverture d'un deuxième front à l'Est selon un plan baptisé "Ranken" qui se retrouva étouffé dans l'oeuf faute de soutien de la part d'autres puissances européennes et de l'état absolument piteux de l'Allemagne. Cette guerre qui, si elle avait en fin de compte eu lieu, aurait été cette III GM que nous redoutons tant aujourd'hui et dont les prémisses sont pourtant bel et bien là.

 

Nous nous attendions initialement à ce que l'onde de choc vienne du Moyen-Orient, certains parlaient d'une exacerbation sans précédent du conflit israélo-palestinien, sans solution depuis près de sept décennies. Rien n'est impossible surtout avec la progression spectaculaire des métastases islamistes couronnées de l'émergence d'un émirat islamique échappant au contrôle américain. Ce danger, bien qu'important pour l'Europe sur un plan géographique et social — affinités djihadistes de certaines catégories de la population vivant dans l'UE — fait depuis peu concurrence aux conséquences de la politique ukrainienne menée par Bruxelles avec la bénédiction de son inspirateur américain… qui est aussi son mauvais génie vu à quel point il expose à ses fins le "Vieux Continent". La présence très marquée d'éléments puis de groupes organisés de sensibilité bandériste dans les rangs des pro-Maïdan n'avait nullement interpellé ceux qui ont voté la loi Gayssot, ceux qui se recueillent chaque année au Mémorial de la Shoah et rendent hommage à Jean Moulin. Le bandérisme prégnant du parti Svoboda et du Pravy Sektor était passé inaperçu tout comme, d'ailleurs, les défilés d'anciens SS — accompagnés depuis peu de leurs cadets — en Estonie et en Lettonie ainsi que la réhabilitation d'une littérature de propagande nazie disponible dans les grandes bibliothèques. Intéressant quand on voit en France que Marine Le Pen est critiquée pour des idées bien moins… radicales mais surtout et avant tout anti-impérialistes ce qui n'a pas le don de plaire à des élites anti-nationales mais totalitaires dans le genre pax americana et qui savent jongler avec des notions facilement inflammables, à l'image de leurs incessantes provocations dont les sentiments nationaux baltes, polonais, ukrainiens, etc. font l'objet.

 

 

Cette fois, alors donc que l'Ukraine est de plus en plus déchirée par des conflits gravissimes entres oligarques — le limogeage de Kolomoïski en est la preuve la plus flagrante, — que le Pravy Sektor et les bataillons répressifs néo-nazis n'obéissent pas à Kiev et violent Minsk-2, l'OTAN continue à envoyer ses instructeurs sur le terrain et ses membres négocient la livraison d'armes létales. Dans un même temps, un nouveau bataillon affilié à Azov et qui a pour nom "Misanthropic Division" prend vie. Il est trouvable sur Facebook et recrute principalement en Europe. Ses idées reprennent fidèlement les thèses énoncées dans Mein Kampf à la seule petite différence que les "Ukraino-Aryens" ont toute leur place au sommet de la pyramide des races. Leur devise est la suivante: "Tuer au nom de Wotan", un dieu de la mythologie germanique. Par conséquent, si on évite le "politiquement correct", il s'avère que l'OTAN et le FMI, States en tête, vont assurer le soutien militaire et financier de mini-armées ultra-radicales, étrangères pour certaines, obéissant à des clans oligarchiques mafieux droit sortis de l'époque féodale. Chapeau!

 

Qu'ils le fassent donc et avec entrain! Mais qu'ils arrêtent donc de verser des larmes sur les victimes des nazis dont ils trahissent honteusement la mémoire. Ces larmes donnent la nausée et risquent d'être les leurs quand l'effet boomerang frappera l'univers atlantiste.

 

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