La Russie menacée de guerre par les Etats-Unis, l'Ossétie du Sud terrain de combat, [par Paul Craig Roberts]

Publié le par José Pedro

La Russie menacée de guerre par les Etats-Unis, l'Ossétie du Sud terrain de combat, [par Paul Craig Roberts]

Le commandement américain en Europe appelle l’OTAN à faire face à la Russie

Alors que Washington travaille assidûment à saper l’accord de Minsk obtenu par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Hollande afin d’enrayer le conflit militaire en Ukraine, Washington a envoyé Victoria Nuland en Arménie pour organiser une « révolution de couleur » ou un coup d’Etat, tandis que Richard Miles a été aussi envoyé comme ambassadeur au Kirghizistan pour faire la même chose là-bas, ainsi que Pamela Spratlen envoyé en tant qu’ambassadrice en Ouzbékistan pour acheter l’allégeance de ce gouvernement afin de le mettre à l’écart de la Russie. L’objectif étant de défaire l’Organisation du Traité de sécurité collective et de déstabiliser la Russie et la Chine là où elles sont les plus vulnérables.

 

Ainsi, la Russie pourrait fait face à la reprise du conflit en Ukraine simultanément avec trois autres situations similaires le long de sa frontière asiatique.

Et ce n’est que le début de la pression que Washington entend faire peser sur la Russie.

Le 18 mars le Secrétaire général de l’OTAN a dénoncé l’accord de paix entre la Russie et la Géorgie qui a mis fin à l’agression militaire de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud. Le Secrétaire général de l’OTAN a déclaré que l’OTAN rejette le règlement parce qu’il « entrave les efforts déployés par la communauté internationale pour renforcer la sécurité et la stabilité dans la région. »

Regardez attentivement cette déclaration. Elle définit la «communauté internationale», comme des membres de l’OTAN, comme des états marionnettes des Etats-Unis, et elle définit le renforcement de la sécurité et de la stabilité de la région, comme une façon de supprimer les zones tampons entre la Russie et la Géorgie, afin que Washington puisse positionner ses bases militaires en Géorgie à proximité de la frontière Russe.

En Pologne, dans les Etats baltes, les mensonges de Washington et de l’OTAN au sujet d’une invasion russe imminente servent à légitimer les manoeuvres de guerre provocatrices à proximité de la frontière russe et à renforcer les forces étatsuniennes dans les bases militaires de l’OTAN voisines de la Russie.

Nous assistons aux déclarations, à la télévision nationale, de généraux étatsuniens devenus fous qui appellent à « tuer les Russes. »

Les dirigeants de l’UE ont décidé de lancer une guerre de propagande contre la Russie, en diffusant les mensonges de Washington en Russie dans un effort pour saper le soutien du peuple russe à son gouvernement.

Tout cela est fait dans le but de contraindre la Russie à rendre la Crimée et à se retirer de sa base navale sur la mer Noire et accepter sa vassalité envers Washington.

Si Saddam Hussein, Kadhafi, Assad et les talibans ont refusé de plier face aux menaces de Washington, pourquoi les imbéciles à Washington pensent que Poutine, qui tient dans ses mains le plus grand arsenal nucléaire du monde, va-t-il se coucher devant l’hégémonie étatsunienne ?

Les gouvernements européens sont, apparemment, incapables de toute pensée indépendante. Washington a inscrit Londres et toutes les capitales européennes, ainsi que chaque ville majeure étatsunienne, sur la liste de destruction potentielle à portée des armes nucléaires russes. Les Européens, trop stupides, s’empressent à vouloir se détruire eux-mêmes, en se mettant au service de leur maître de Washington.

L’intelligence humaine semble complètement défaillante. Après 14 années d’agression militaire étatsunienne contre huit pays, le monde ne comprend toujours pas que Washington se perd dans l’arrogance et l’orgueil et se prend pour le souverain de l’univers qui ne tolère aucune dissidence dans sa volonté de domination sans partage.

Nous savons que les médias étatsuniens, britanniques et européens sont des prostitués bien rémunérés qui mentent au service de leur maître. Nous savons que le commandant et le secrétaire général de l’OTAN, sinon les pays membres, veulent la guerre. Nous savons que les Drs Folamour du Pentagone et du complexe militaro-industriel ne peuvent plus attendre pour tester leurs nouveaux systèmes d’armement dans lesquels ils ont toujours une confiance excessive.

Nous savons que le premier ministre de la Grande-Bretagne est une taupe. Mais la chancelière allemande et le président français sont-ils prêts à la destruction de leur pays et de l’Europe ? Si l’UE a une telle valeur, pourquoi l’existence même de ses populations est-elle mise en danger, afin de se prosterner et d’accepter le leadership des fous de Washington dont la mégalomanie va détruire toute vie sur terre ?

Le Dr Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique et rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal. Il était chroniqueur pour Business Week, Scripps Howard Nouvelles Service et Creators Syndicate. Il a eu de nombreux postes universitaires. Ses chroniques sur internet ont eu un succès dans le monde entier. Les derniers livres de Roberts sont The Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West and How America Was Lost

Premier conflit armé (1991-1992)[modifier | modifier le code]

 
Carte montrant les villages sous contrôle géorgien et séparatiste après la guerre de 1991-1992.

Depuis l'indépendance de la Géorgie vis-à-vis de l'URSS le 9 avril 1991, après une prise de contrôle militaire, l'autonomie accordée aux Ossètes a été supprimée par l'État géorgien. Le dirigeant géorgien Gamsakhourdia impose la langue géorgienne comme idiome officiel du pays. Ces décisions provoquent l'exode d'une partie de la population vers la république autonome d'Ossétie du Nord (sujet de la Fédération de Russie). L'essentiel de son territoire est désormais constitué de la partie nord de la région de Shida Kartli.

La tension dans la région s'accroît en même temps que l'accroissement des nationalismes géorgien et ossète en 1989. Précédemment, à l'exception du conflit de 1920, les deux communautés avaient cohabité pacifiquement, avec un haut degré d'interaction et un taux élevé de mariages interethniques.

La même année, l'influent Front populaire de l'Ossétie du Sud (Ademon Nykhas) réclame l'unification avec l'Ossétie du Nord afin de défendre l'autonomie ossète. Le 10 novembre 1989, le soviet suprême de l'Ossétie du Sud vote l'unification avec l'Ossétie du Nord, entité faisant partie de la République fédérative socialiste de Russie. Le lendemain, le parlement géorgien révoque cette décision et abolit l'autonomie de l'Ossétie du Sud. En outre, le parlement autorise la suppression des quotidiens et des manifestations.

Un conflit armé a lieu après la proclamation de l'indépendance d'Ossétie du Sud quand la Géorgie décide de reprendre le contrôle de la région. Dans la nuit du 5 au 6 janvier 1991, la Géorgie tire au mortier sur Tskhinvali puis y introduit des forces de police, accusées de massacres de nombreux civils5, cette journée étant souvent qualifiée depuis de "Noël sanglant" en Ossétie6. Face à la résistance de milices ossètes, les forces géorgiennes quittent la région7.

Le 1er février 1991, la Géorgie impose un blocus économique à l'Ossétie du Sud. Toute l'année de 1991 la lutte armée entre Géorgiens et Sud-Ossètes appuyés par la Russie et des volontaires de l'Ossétie du Nord continue. Plusieurs habitants du sud se réfugient en Ossétie du Nord et dans le reste de la Géorgie.

La guerre entre janvier 1991 et mi-1992 fait environ 2 000 morts du côté géorgien et plus de 800 du côté ossète3 lors de la sécession de cette région de la Géorgie.

Le 26 juin 1992, la Géorgie représentée par Chevardnadze et la Russie représentée par Eltsine signent un traité à Dagomys mettant fin au conflit. En accord avec ce traité, des forces de maintien de la paix composées de troupes russes, ossètes et géorgiennes sont introduites en Ossétie du Sud à partir du 14 juillet 1992. La Russie reconnaît l'intangibilité des frontières géorgiennes, tandis qu'une commission trilatérale visant à décider du statut de cette région est créée.

Indépendance proclamée[modifier | modifier le code]

En 1992, les nationalistes ont proclamé l'indépendance de l'Ossétie du Sud en se basant sur les résultats d'un référendum, lequel n'a cependant pas été reconnu au niveau international8. Ce nouvel État s'est rapproché de la République d'Ossétie du Nord, avec laquelle elle a une frontière et une culture communes.

Depuis le retour d'un pouvoir nationaliste à Tbilissi en 2004, l'Ossétie du Sud est un enjeu politique entre le président géorgien Saakachvili qui souhaite la réintégration des régions sécessionnistes au sein du territoire de la Géorgie et les indépendantistes ossètes, majoritaires en Ossétie du Sud, qui souhaitent une indépendance complète. De son côté, la Fédération de Russie ne fait pas d'avancées pour résoudre la situation, préférant garder le statu quo et ainsi laisser le pouvoir géorgien dans l'embarras, d'autant plus que celui-ci a posé sa candidature à l'OTAN. Celle-ci n'a pas été acceptée au printemps 2008 (opposition de l'Allemagne et de la France), mais les États-Unis et Israël ont envoyé des conseillers et du matériel militaires. Les indépendantistes d'Ossétie du Sud souhaitent également une réunification avec l'Ossétie du Nord, mais ni la Fédération de Russie, ni l'OSCE et encore moins la Géorgie ne soutiennent cette solution.

Depuis l'accord de Dagomys en 1992, une « force de maintien de la paix » composée de militaires géorgiens, russes, nord- et sud-ossètes est en place, mettant, dans les faits, les Géorgiens en minorité dans le territoire qui est internationalement reconnu comme le leur.

En octobre 2006, les deux pays faillirent rompre leurs relations diplomatiques, la Géorgie expulsant des officiers russes accusés d'espionnage. La Russie à son tour répondit par le rappel de son personnel diplomatique9.

La République d'Ossétie du Sud a tenu un deuxième référendum sur son indépendance le 12 novembre 2006 : plus de 90 % des votants s'y sont prononcés pour l'indépendance10. Le gouvernement géorgien, les États-Unis et l'UE considèrent ce référendum comme illégal alors que la Russie le reconnaît sans toutefois reconnaître l'indépendance de la République.

Deuxième conflit armé (2008)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud.
 
Situation en Géorgie avant la guerre d'août 2008.

Le deuxìème conflit armé débute avec une offensive géorgienne, dans la nuit du 7 au 8 août 200811 et entraîne une réaction de la Russie notamment après la mort de civils dont la plupart avaient la citoyenneté russe et la destruction d'une partie de la capitale Tskhinvali. En moins de quatre jours, les Forces armées de la fédération de Russie venues de l'Ossétie du Nord, en renfort à celles présentes sur ce territoire dans le cadre la mission JPKF de maintien de la paix confié par l'ONU à la CEI en 1992, ont contre-attaqué, et, appuyées par l'aviation russe, ont effectué des raids contre l'armée géorgienne, la repoussant hors d'Ossétie du Sud et allant jusqu'à occuper une partie du territoire géorgien12.

Le bilan humain de ce conflit est estimé par la Russie à 162 Sud-Ossètes tués. En août 2009, la Russie a déboursé 19,5 milliards d’euros pour la guerre et les subventions accordées ensuite à l’Ossétie du Sud. La Russie a versé plus de 13 600 dollars d’aide par Sud-Ossète alors qu’une partie de la population vit toujours sous les tentes13.

Élections présidentielles de 2011 et 2012[modifier | modifier le code]

Une élection présidentielle est tenue les 13 et 27 novembre 2011. Aucun des onze candidats présents au premier tour n'obtient la majorité absolue des suffrages. Le second tour oppose Anatoli Bibilov à Alla Djioïeva. La participation est de 72 % des électeurs inscrits, et Alla Djioïeva remporte le scrutin avec 56,7 % des voix. Le second tour de l'élection est cependant annulé par la Cour suprême le 29 novembre, en raison de « nombreuses irrégularités ».

Une nouvelle élection se tient le 25 mars 2012. Seuls quatre candidats ont été autorisés à se présenter. Aucun d'entre eux n'a participé au précédent scrutin.

Références[modifier | modifier le code]

  1.  David Marshall Lang, The Georgians, New York, p. 239.
  2.  Roger Rosen, History of Caucasus Nations, London, 2006.
  3. ↑ a et b Quid 2000, p. 1060
  4.  D.M. Lang, History of Modern Georgia, 1963.
  5.  L'indépendance, c'est comme la justice, ça marche à plusieurs vitesses [archive]Ria Novosti, 17 octobre 2006.
  6.  (en) South Ossetia and Georgia: historic roots of the conflict [archive]
  7.  http://cominf.org/2008/02/14/1166476404.html [archive]
  8.  Le Figaro - 14/08/2008 : L'accord Géorgie-Russie ne règle pas tous les contentieux [archive]
  9.  Russie-Géorgie : la tension monte [archive]La Croix, 3 octobre 2006
  10.  Ossétie du Sud : large victoire électorale des séparatistes [archive], Le Monde, 14 novembre 2006.
  11.  « La Géorgie a lancé l'assaut sur l'Ossétie du Sud », Ouest-France, 8 août 2008. [archive]
  12.  « Ossétie du Sud : la Russie promet des mesures de rétorsion » [archive]Ouest-France, 8 août 2008.
  13.  Lisa Alissova, « Ossétie du Sud : Moscou pris à son propre piège », Libérationvol. numéro=,‎  (lire en ligne [archive])