Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Page non officielle de Alain Juppé Personnalité politique

Publié le par José Pedro

Primaire UMP: les candidats se bousculent, Dupont-Aignan décline, ce ne sera pas une femme!

Publié le par José Pedro

Primaire UMP: les candidats se bousculent, Dupont-Aignan décline, ce ne sera pas une femme!

 

PRIMAIRE UMP - C'est un bureau politique stratégique qui se joue ce mardi 7 avril au siège de l'UMP. Après débat, le BP (le conseil d'administration du parti d'opposition) doit entériner les règles de la primaire qui se jouera en novembre 2016 pour départager les candidats à la candidature pour la présidentielle de 2017.

Sarkozy, Juppé, Fillon... Au-delà des favoris, les postulants sont déjà nombreux à se bousculer au portillon. Encore faut-il qu'ils puissent se qualifier pour le premier tour. C'est d'ailleurs le principal point de divergence sur lequel le BP de l'UMP doit statuer: combien faudra-t-il de parrainages, notamment parlementaires, pour avoir le droit de concourir? Le seuil de 69 ans en 2017 à ne pas dépasser devrait en écarter certains. Suivant les préconisations du BP cette limite haute ne sera pas mentionnée dans les débats, mais reste un concessus pour les patrticipants. Le contrôle des parrainages pourrait également invalider de s prétendants. Dans le BP le mot d'ordre circule, notre seul candidat naturel et Nicolas. 

NKM au BP de l'UMP vient de prendre la parole après Copé qui disait avoir été "abusé" : "Je ne peux pas te croire". Elle demande un congrès

La semaine dernière, l'avant-projet dévoilé par Le Monde fixait à 25 le nombre de députés, sénateurs et eurodéputés requis pour gagner son ticket pour la primaire. Un seuil jugé bien trop élevé par les "petits" candidats moins bien implantés à l'Assemblée nationale et au Sénat. La question de la participation des partis alliés (PCD, UDI et Modem) est un autre sujet de tension. Pour l'heure, seul Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et en rupture de ban avec l'UMP, a formellement exclu de participer à ce qu'il considère comme "un travestissement de la Ve République", et une parodie de rassemblement, ce qui n'est pas fait pour appaiser et rassembler une droite qui ne représente que 20% des intentions de vote, avec une abstention Républicaine à 51%.

Etat des lieux des chances des candidats déclarés et officieux à la première primaire de l'histoire de la droite parlementaire.

LES QUALIFIÉS D'OFFICE (À MOINS QUE)

Qu'ils soient déjà en lice ou qu'ils se réservent pour la suite, ils ont toutes les chances de remplir toutes les conditions pour postuler en temps voulu.

Fort de son statut d'ancien chef de l'Etat et d'actuel président de l'UMP, Nicolas Sarkozy ne devrait avoir aucun souci pour réunir les parrainages nécessaires pour se présenter en 2016. Pour la course à la présidence du parti, l'ancien maire de Neuilly avait obtenu la signature d'un cinquième des parlementaires UMP. Et depuis son élection à la tête de sa formation politique, ce dernier n'a eu de cesse de cultiver ses réseaux politiques et militants. Au point d'étouffer la concurrence en monopolisant les parrainages? "Seul son agenda judiciaire chargé pour 2016 peut encore l'empêcher. Et encore...", pronostique un cadre non-sarkozyste de l'UMP.

Grâce à son écurie personnelle constituée lors de l'élection du président de l'UMP en 2012, François Fillon n'aura lui non plus aucune difficulté à réunir les soutiens requis pour la primaire UMP. Déjà déclaré, l'ancien premier ministre a vu nombre de ses amis, comme Laurent Wauquiez, se rallier à Nicolas Sarkozy. Mais il a réactivé son club Force Républicaine, multiplie les propositions programmatiques et dispose d'appuis précieux au Sénat, et ce malgré des sondages peu flatteurs pour la primaire.

S'il ne dispose pas d'un courant étendu au Parlement, Alain Juppé devrait lui aussi se qualifier pour la primaire sans coup férir, mais devrait être éliminé par une mission que l'on va lui confier . Sa plateforme électorale (Agis pour la France) est prête. Et son statut de favori du scrutin associé à sa très forte popularité devraient convaincre un nombre suffisant de parlementaires de lui apporter leur parrainage. Mais le doute demeure quant à sa volonté d'aller jusqu'au bout, il revient à chaque fois en arrière, en encensant Nicolas Sarkozy, "c'est un véritable chef de Guerre" que Nicolas lui a fait changé en "c'est un formidable chef de guerre". "Il y a indiscutablement une bulle Juppé. On verra ce qu'il adviendra lorsqu'il tombera sur une arête", prévient un député UMP, ce qui a été pris pour une menace, car je dis bien Personne, ne peut s'opposer à Sarkozy.

S'il n'est pas encore officiellement en lice, Bruno Le Maire prépare activement sa candidature pour 2016. Son bras droit, le député Thierry Solère, se dit d'ailleurs "certain" que le député de l'Eure ira quoi qu'il arrive. Signe qu'il ne se considère pas comme un candidat de témoignage, la révélation de la dernière élection du président de l'UMP fait savoir qu'il est d'ores et déjà certain de réunir les parrainages requis pour concourir en 2016.

PETITS CANDIDATS VEULENT DEVENIR GRANDS

En retard dans les sondages et moins bien implantés à l'UMP, ce sont eux qui ont le plus à perdre si le nombre de parrainages requis est trop élevé.

Vice-présidente de l'UMPNathalie Kosciusko-Morizet n'exclut pas de se lancer dans la bataille de 2016. Elle a un argument de taille: elle est, pour l'heure, la seule femme (et la plus jeune) en mesure de disputer la compétition. Mais malgré l'activation de son club, La France Droite, la députée de l'Essonne n'est pas encore sûre de pouvoir réunir les 20 à 25 parrainages parlementaires. Ce qui explique pourquoi elle ne cesse de plaider pour un rabaissement du seuil à 10 ou 15 grands élus.

Premier candidat déclaré, l'ancien ministre Xavier Bertrand risque lui aussi de se heurter à la montagne des soutiens parlementaires. L'ancien secrétaire général de l'UMP a bien des relais au sein du parti. Mais ses attaques contre Nicolas Sarkozy ne lui ont pas attiré que des amis. Chef de file de l'UMP aux régionales dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le député-maire de Saint-Quentin mise sur une victoire face à Marine Le Pen pour s'installer comme un challenger crédible en 2016.

Officiellement en lice, le député-maire de Nice Christian Estrosi n'est lui non plus pas certain de pouvoir réunir les signatures exigées. Et pour cause: ce sarkozyste historique rallié à François Fillon en 2012 ne dispose pas d'une écurie personnelle. Même son fief des Alpes-Maritimes lui est contesté par le député et patron du conseil général Eric Ciotti, bras droit de François Fillon.

SUSPENSE SUR LES PARTIS ALLIÉS

Une primaire ouverte ne le serait pas totalement si elle était réservée aux seuls membres de l'UMP. C'est pourquoi ses statuts prévoient la participation des partis centristes alliés ou cofondateurs de l'UMP.

Parti fondateur de l'UMP avec Christine Boutin, le Parti chrétien-démocrate dirigé par le député Jean-Frédéric Poisson pourrait être tenté par une candidature de témoignage en 2016. Manière pour le PCD, bras politique de la Manif pour tous, de peser sur les débats tout en s'offrant une visibilité à peu de frais.

Principal allié de l'UMP, l'UDI présidée par Jean-Christophe Lagarde devrait en toute logique présenter un candidat à la primaire, ceci afin d'éviter une élimination de la droite dès le premier tour de la présidentielle. Reste à désigner un candidat, poste que pourraient se disputer l'actuel président, son rival Hervé Morin, voire selon certaines rumeurs l'ancienne ministre Rama Yade. L'UDI tranchera lors d'un prochain congrès si elle participe ou non à la primaire.

Allié à l'UMP lors des dernières départementales, le Modem de François Bayrou est techniquement éligible pour présenter un candidat lors de la primaire, malgré les réticences exprimées par Nicolas Sarkozy. Soutien affiché d'Alain Juppé, François Bayrou ne semble toutefois pas séduit à l'idée de participer à la primaire.

LIRE AUSSI :

» Primaire UMP: ces "détails" crispants qui restent à régler

» S'il était élu, Juppé appellerait son chien "Nico"

» Quand et comment se déroulera la primaire UMP

» Sarkozy face à la justice: la collision des calendriers

» Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici

Se battre pour ses idées, c'est très bien, se battre pour une certaine idée de la France et de la Nation c'est mieux, laisser sa place à un formidable chef de Guerre qui représente le Meilleur d'entre nous, c'est encore mieux et c'est la traduction du Bonheur pour 2017, merci Alain

 

André Malraux, une certaine idée de la nation

Il est plusieurs manières de concevoir l'idée de nation. Il n'en est pas moins d'aimer sa patrie. André Malraux avait ceci de commun avec le général de Gaulle qu'il voyait la France comme une personne, dont il évoquait le visage sur les marches du Panthéon lors du transfert des cendres de Jean Moulin.

Il faudrait même dire, d'emblée, qu'il l'envisageait plus qu'il ne la concevait, tant elle lui paraissait avoir, par-delà les vicissitudes de l'Histoire, un visage - celui de la générosité. Comme de Gaulle, il entretenait donc un rapport charnel et mystique avec la patrie qui n'était pas sans rappeler Michelet et Péguy.

Cette conception d'une nation-personne n'avait rien de sentimental ou d'irrationnel. Elle correspondait bien à une certaine idée de la France sur laquelle nous reviendrons. Même commune à de Gaulle et Malraux, cette idée est issue d'une foi profonde remontant à l'enfance chez l'un et d'une révélation datant de la guerre chez l'autre. Pour le premier, l'idée de nation s'est tout de suite confondue avec la France tandis que pour le second elles furent d'abord dissociées.

Ce n'est pas à la faveur de la guerre que l'auteur de La Condition humaine a découvert l'idée même de nation. Il a seulement épousé la France à ce moment-là. La nuance est importante. Il n'ignorait ni ne négligeait le fait national avant la Résistance. Il s'est battu pour la nation des autres avant de rencontrer la sienne, car la France lui fut d'abord indifférente. Mais les raisons de cette indifférence étaient celles de toute une génération.

Malraux est pour ainsi dire né avec le siècle. Son adolescence se passe sur fond de Première Guerre mondiale. Il ressent la victoire de 1918 comme une défaite de la France. Celle-ci est surtout un pays affaibli et vieilli. Le chauvinisme triomphant résonne comme un grand mensonge. L'idée de décadence envahit et domine les esprits. Drieu La Rochelle mesure le déclin français. Spengler annonce l'épuisement de la civilisation occidentale. Keyserling met à la mode les voyages en Extrême-Orient et en appelle à une nouvelle sagesse. Il devient évident qu'on assiste à la fin d'un monde. Le jeune Malraux cherche à fuir cette Europe qui ressemble désormais à un "grand cimetière où ne dorment que des conquérants morts".

Mais l'idée nationale lui paraît-elle morte pour autant ? Pas sûr. Avant de partir pour l'Indochine, il donne une étonnante préface à un livre de Maurras, en qui il voit "l'une des plus grandes forces intellectuelles" de son temps. Ce texte le montre familier du journal L'Action française qu'il cite en abondance. Sa compagne d'alors - Clara - lui trouve même des raisonnements un peu trop maurrassiens. Mais pour le jeune écrivain anarchisant qu'il est encore, le nationalisme intégral apparaît moins comme une vérité politique que comme une école d'énergie. D'Annunzio est - avant T. E. Lawrence - son premier modèle.

C'est sans doute en Indochine que Malraux découvre la force de l'idée nationale, définie comme "une communauté de rêves" dans La Tentation de l'Occident. L'Annam lui donne à voir le dénuement des indigènes. Mais les mesquineries de ses compatriotes et la corruption de l'administration coloniale le heurtent plus encore. Surtout qu'elles lui valent un procès pour le vol d'antiques statues khmères qui n'intéressent personne : la reconnaissance des cultures non européennes est déjà importante à ses yeux. Il entre en contact avec le mouvement nationaliste Jeune Annam et lance un journal de combat - L'Indochine qui deviendra L'Indochine enchaînée. Il y réclame le droit à la dignité pour les Annamites, mais n'y parle jamais d'indépendance.

L'idée de nation est encore abstraite pour Malraux et l'Indochine. Elle n'en est pas moins étroitement liée à une certaine philosophie sociale. Nation et révolution vont bientôt confondre chez lui. Cela devient manifeste lors du passage symbolique de l'Indochine à la Chine. Dans Les Conquérants, nationalistes du Kuomintang et révolutionnaires communisants combattent un ennemi commun qui est la puissance coloniale anglaise. Les communistes ont certes le beau rôle et la révolution bolchévique semble être le modèle de référence. mais dans La Condition humaine, Kyo et Tchen se heurtent principalement aux intérêts des nations étrangères et des multinationales en Chine, représentés par Ferral.

Le rapport de Malraux à l'idée nationale change avec l'arrivée au pouvoir d'Hitler. Celle-ci représente une menace pour la paix en Europe et rend possible la constitution d'une sorte d'internationale fasciste. Il ne s'agit plus d'opposer une nation opprimée à une nation opprimante ; il s'agit de choisir entre deux internationales et, finalement, entre deux visions du monde, l'une cynique et l'autre généreuse. C'est pourtant en Espagne, pays aux traditions contrastées, que ce choix va prendre tout son sens pour Malraux. Si l'auteur de l'Espoir dénonce avant tout le fascisme, les passions espagnoles éclatent à toutes les pages. Il dira plus tard qu'il n'a jamais été internationaliste et qu'il s'est seulement battu pour l'Espagne républicaine et des valeurs universelles.

Après la débâcle de 40, arrive enfin la rencontre avec la France. A peine remis de la défaite des Républicains espagnols, Malraux est d'abord pris au dépourvu. Il découvre une France écrasée, occupée et meurtrie. Il opère un retour sur soi et fait un détour romanesque par l'Alsace d'avant la Grande Guerre, décrite dans les Noyers de l'Altenburg. Il y révèle deux certitudes nouvelles : la supériorité de l'art sur la mort et la nécessité pour l'homme d'appartenir à une culture. L'homme n'est plus seulement ce qu'il fait, mais ce qu'il laisse après sa mort. Et s'il doit toujours lutter contre sa dépendance à l'égard du monde - le problème de La Condition humaine -, il doit aussi avoir conscience de l'indépendance de celui-ci à son égard.

Une évidence finit par s'imposer à Malraux : il faut résister et libérer le pays le passage au maquis peut s'interpréter comme un nouvel engagement aux côtés des plus humbles. Sauf qu'il s'agit désormais d'une personne collective, de la patrie. Ce n'est plus seulement la dignité d'une classe ou d'un peuple qui est en jeu, mais celle d'une nation millénaire. La Résistance est l'occasion d'une initiation au mystère d'une France qu'il ne connaît pas et découvre en combattant. Elle le mène du maquis de Corrèze à la plaine d'Alsace et à la terrasse de Sainte-Odile, si chère à Barrès... Il ne lui reste plus qu'à rencontrer l'homme qui a libéré et ressuscité le pays : le général de Gaulle.

Ils se font la même idée de la France. Mais ils l'ignorent encore, avant leur première rencontre. Rien ne les prédestine à s'entendre. Deux points de vue censément opposés risquent de s'affronter. Et pourtant, l'accord se fait tout de suite sur un point capital : la Révolution française est un mouvement national. Le lien entre nation et révolution, Malraux ne l'a d'abord connu qu'en Asie. La Résistance l'a convaincu qu'il était de nouveau possible en France par le redécouverte de l'idée d'intérêt général. La question sociale peut et doit désormais trouver une solution à l'intérieur de la nation. Un reniement ? Non, la leçon de la guerre : il pense que Nietzsche a eu raison contre Marx ; le XXe siècle est bien celui des guerres nationales.

Mais au-delà, il y a une conviction profonde née de la fraternité résistante : la France n'est pas une nation comme les autres. Elle est une figure plus qu'une donnée immédiate. Elle est une permanence irréductible à toutes les métamorphoses historiques. Le pays des droits de l'homme est l'héritier de la Fille aînée de l'Eglise ; la vocation spirituelle de la France ne change pas. La France est la vraie France - expression commune à de Gaulle et Malraux - quand elle reste fidèle à cette vocation. Tel est ce qui unit les deux hommes : une certaine idée de la grandeur française qui a toujours parlé au monde. Tel est aussi le sens du gaullisme : tout faire pour que "la France redevienne la France" . Malraux ne devient pas, il se découvre gaulliste. Et il suit tout naturellement un homme qui non seulement partage, mais aussi incarne - pour le peuple français - l'idée à laquelle il croit.

Dès lors, il n'aura de cesse de célébrer la nation française dont la particularité est précisément d'être universelle. C'est ainsi qu'il déclinera souvent - du RPF au ministère des Affaires culturelles - les deux principes ordonnant sa vision nationale : la continuité et l'universalité de la France. Pour le premier, il affirmera qu'elle est le pays des cathédrales et de la Révolution ou qu'avec les droits de l'homme, elle a prolongé les droits de l'âme. Pour le second principe, il proclamera qu'elle se doit d'exister pour le monde ou qu'elle n'est jamais aussi grande que lorsqu'elle parle au nom de l'humanité. Rien n'apparente ce point de vue à un nationalisme étroit. Tout le rapproche d'un universalisme non pas abstrait mais fécond.

Dans cet esprit, la nation française ne peut être autre chose qu'un exemple de grandeur et un modèle d'indépendance. Car elle représente aussi - pour les autres - une idée que Malraux appelait "la générosité du monde" la France est l'amie des peuples et la soeur des nations. Elle ne saurait oublier son devoir de défendre le droit des peuples à avoir un Etat national, c'est-à-dire une part de dignité universelle. Loin d'être un simple retour aux idéaux de sa jeunesse, le dernier combat de Malraux en faveur du nouveau Bangladesh se voulait surtout une illustration de ce principe. Mais il pensait aussi que "c'est à l'intérieur des nations que le problème commence et non qu'il finit".