suite et fin de l'évangile de Barnabé 149-222

Publié le par José Pedro

chapitre 149 
Le plus jeune répondit : «Celui qui pendant quarante ans conserva en bon état dans le désert les vêtements du peuple d'Israël a conservé ces peaux telles que tu les vois. » 
L'ancien reconnut alors que le jeune était plus parfait que lui qui avait traité chaque année avec les hommes, et pour obtenir de le fréquenter, il dit  « Frère, tu ne sais pas lire. Moi, je sais lire et j'ai chez moi les psaumes de David. Viens donc, chaque jour je te ferai une lecture et je t'expliquerai ce que dit David ! » Le jeune répondit : « Allons-y maintenant ! » L'ancien reprit : « Frère, il y a deux jours que je n'ai pas bu d'eau. Cherchons donc un peu d'eau! » Le plus jeune répondit : « Frère, il y a maintenant deux mois que je n'ai pas bu d'eau, mais allons voir ce que dit Dieu par son prophète David! Le Seigneur est assez puissant pour nous donner de l'eau ». Et ils revinrent à l'habitation de l'ancien. A sa porte, ils trouvèrent une source d'eau vive. L'ancien dit : « Frère, tu es saint de Dieu, c'est donc pour toi que Dieu a donné cette source! Le jeune répondit : «Tu dis cela par humilité, frère, mais il est certain que si Dieu faisait cela pour moi, il aurait fait une source près de mon habitation pour que je ne m'en aille pas. Je t'avoue en effet, que j'ai péché contre toi quand tu m'as dit que tu cherchais de l'eau étant donné que tu n'avais pas bu depuis deux jours tandis que moi j'étais resté deux mois sans boire. Alors, j'ai senti de l'exaltation dans ma sensibilité, comme (si j'étais) meilleur que toi. » L'ancien dit alors : «Tu as dit la vérité, frère, tu n'as donc pas péché! » - « Frère, dit le jeune, tu as oublié ce que dit notre père Elie : celui qui cherche Dieu ne doit condamner que lui-même. Il est évident qu'il ne l'a pas écrit pour que nous le sachions mais pour que nous l'observions! » Reconnaissant la vérité et la justice de son compagnon, le plus âgé dit « C'est vrai, mais notre Dieu t'a pardonné . » 
Cela dit, il prit les psaumes et lut ce que dit notre père David : « Je mettrai une garde à ma bouche, pour que ma langue ne se laisse pas aller à des paroles de malice en excusant les péchés.» Ici, le plus âgé fit un discours sur la langue; puis le plus jeune s'en alla. 
Ils restèrent ensuite quinze autres années avant de se retrouver parce que le jeune changea d'habitation. L'ayant donc retrouvé, l'ancien dit : « Pourquoi n'es-tu pas revenu chez moi, frère ? Le jeune répondit : « parce que je n'ai pas encore bien appris ce que tu m'as dit» - «Comment est-ce possible, dit l'ancien, puisque quinze ans se sont écoulés ? » - « Les paroles, répondit le jeune, je les ai apprises en une heure et je ne les ai jamais oubliées, mais je ne les ai pas encore observées. A quoi bon apprendre trop et ne pas observer? Notre Dieu ne désire pas que notre intelligence soit bonne, mais que notre coeur soit bon. C'est pourquoi il ne nous demandera pas, au jour du jugement, ce que nous aurons  appris mais ce que nous aurons fait. »

Chapitre 150 
L'ancien reprit : «Ne parle pas ainsi, frère, tu méprises la science et notre Dieu veut qu'on l'apprecie.» Le jeune répondit : «Comment parlerais-je donc maintenant pour ne pas tomber dans le péché? Car ta parole est vrai et5 la mienne aussi! Je dirai donc que ceux qui connaissent les commendements de Dieu écrits dans la loi doivent les observer s'ils veulent ensuite savoir apparendre davantage. Tout ce qu'ils apprendront, que ce soitb pour l'observer non pas pour le savoir !» 
L'ancien reprit : «Frère, dis-moi avec qui tu parles puisque tu reconnais que tu n'as pas appris ce que j'ai dit !» - «Frère, dit le plus jeune, je parle avec moi-même. Chaque jour en effet, je met devant moi le jugement de Dieu pour rendre compte de moi-même et toujours je sens en moi quelqu'un qui excuse mes défauts. » L'ancien demanda : «Frère, quels défauts as-tu puisque tu es parfait ?» - «Ne parle pas ainsi, frère, répondit le plus jeune; je me trouve  entre deux grands défauts. L'un, c'est que je ne sais pas que je suis le plus grand pécheur. L'autre c'est que je ne désire pas plus que quiconque en faire pénitence.» 
L'ancien reprit : «Comment saurais-tu que tu es le plus grand pécheur, puisque tu-es le plus parfait ?» Le jeune répondit : «Quand j'ai pris l'habit de pharisien, la première parole que me dit mon maître fut que je devais considérer la bonté des autres et ma propre malice. Si je le faisais, je saurais que je suis le plus grand pécheur » - «En qui vois-tu bonté et défaut, dit l'ancien, puisqu'il n'y a pas d'homme dans sur ces montagnes? Le plus jeune répondit : «Je devrais voir l'obeissance du soleil et des planètes;  ils servent leur créateur mieux que moi; et moi je les condamne, soit parce qu'ils ne font pas autant de lumière queje voudrais, soit parce qu'ils chauffent trop, soit parce qu'ils arrosent trop ou trop peu le sol.» 
Entendant cela, l'ancien dit : «Frère, où as-tu appris cette doctrine, car j'ai quatre-vingt-dix ans, dont soixante-quinze passé comme pharisien ...?» - «Frère, répondit le plus jeune, tu dis cela par humilité, car tu es saint de Dieu; mais je te réponds que Dieu, notre créateur ne considère pas le temps, mais le coeur. C'est pourquoi David, de quinze ans plus jeune que ses six frères, fut élu roi d'Israël et devint prophète de Dieu notre Seigneur.»

Chapitre 151 
Celui-là était un vrai pharisien, dit Jésus à ses apôtres. Plaise à Dieu que nous puissions, au jour du jugement, l'avoir pour ami.» 
Jésus monta donc sur un bateau. Les disciples regrettaient d'avoir oublié d'emporter du pain, Jésus les réprimenda en disant : «Gardez-vous du levain des pharisiens d'aujourd'hui, car un peu de levain gâte toute une masse de farine! » Les disciples  se dirent alors l'un à l'autre : «Mais quel levain avons-nous? Nous n'avons même pas le pain! » Jésus dit alors : «Hommes de peu de foi, vous avez donc oublié ce que Dieu a fait à Naïn où il n'y avait pas signe de blé, et combien mangèrent et furent rassasiés par cinq pains et deux poissons ? Le levain du pharisien, c'est de se défier de Dieu et de ne penser qu'à soi; il a corrompu non seulement les pharisiens du temps présent, mais il a corrompu Israël, car les simples, ne sachant pas lire et tenant les pharisiens pour saints, font ce qu'ils leur voient faire. 
Savez-vous ce qu'est le vrai pharisien ? C'est l'huile de la nature humaine, car de même que l'huile se tient au-dessus de tout liquide, ainsi la bonté du vrai pharisien se tient au-dessus de toute bonté humaine. C'est un livre vivant que Dieu donne au monde, car tout ce qu'il dit et fait est selon la loi de Dieu. Le vrai pharisien, c'est du sel qui ne laisse pas corrompre la chaire de l'homme par le péché, car tous ceux qui le voient se soumettent à pénitence. C'est une lumière qui illumine la route des pélerins, car tous ceux qui considèrent sa pauvereté et sa pénitence savent que notre coeur ne doit pas s'arrêter en ce monde. Mais ce que fait l'huie rance, le livre corrompu, le sel affadi et la lumière éteinte, c'est cela que fait le faux pharisien! Si donc vous ne voulez pas périr, prenez garde de faire ce que font les pharisiens d'aujourd'hui. »

Chapitre 152 
Parvenu à Jérusalèm, Jésus entra dans le temple un jour de sabbat, Les soldats s'approchèrent de lui pour le tenter et se saisir de lui, Ils dirent : «Maître, est-il permis de combattre? » Jésus répondit : «Notre foi nous dit que notre vie est un combat continuel .» 
Les soldats reprirent : «Tu veux donc nous convertir à ta foi, et tu veux que nous abandonnions la multitude des dieux - Rome seule en a vingt-huit mille que l'on voit - pour suivre ton Dieu qui est unique, mais comme on ne le voit pas, on ne sait pas où il est et peut-être n'est-il qu'une illusion. » Jésus répondit : «Si moi je vous avais créés comme notre Dieu vous a créés, je chercherais à vous convertir. » Ils répondirent : «Comment ton Dieu nous a-t-il créés puisqu'on ne sait pas où il est ? Montre-nous ton Dieu et nous devienderons juifs! » 
Jésus dit alors : «Si vous aviez des yeux pour voir, je vous le montrerais, mais parceque vous êtes aveugles, je ne peux pas vous le montrer.» Les soldats répondirent : «Pour sûr, l'honneur que te fait ce peuple doit t'avoir ôté de raison, car chacun de nous a deux yeux dans la figure et tu dis que nous sommes aveugles! » Jésus répondit : «Les yeux charnels ne peuvent voir que des choses grossières et extérieures; vous ne pourrez donc voir que vos dieux de bois, d'argent et d'or qui ne peuvent rien faire. Mais nous de Juda, nous avons des yeux spirituels qui sont la crainte et la foi de notre Dieu; c'est pourquoi en tout lieu nous pouvons voir notre Dieu. » 
Les soldats répondirent : «Prends garde à ce que tu dis, car si tu méprise nos dieux, nous te livrerons entre les mains d'Hérode et il vengera nos dieux qui sont tout-puissants.» Jésus répondit : «S'ils sont tout-puissants, comme vous le dites, pardonnez-moi, je veux les adorer aussi. » Les soldats se réjuirent en l'entendant et ils commencèrent à faire l'éloge de leurs idoles. Jésus dit alors : «En cette affaire, il n'y a pas besoin de paroles, mais de faits. Faites donc que vos dieux créent une mouche et alors je veux les adorer !» 
En l'entendant, les soldats furent déconcertés, et ils ne savaient que dire. Jésus dit donc : «Il est évident que s'ils ne font pas une seule mouche à partir de rien, je ne veux pas à cause d'eux abandonner ce Dieu qui a tout créé d'une seule parole et dont le nom seul épouvante les armées. » Les soldats répondirent : «Eh bien, fais-nous voir cela, car nous allons te prendre! » Et ils voulaient mettre la main sur lui. 
Jésus dit alors : «Adonaï Sabaot ! » Aussitôt les soldats furent poussés hors du temple comme on pousse les tonneaux quand on les lave pour y mettre du vin, de telle sorte que pieds et têtes frappaient la terre à tour de rôle sans que personne les ait touchés. Ils furent pris d'une telle et ils s'enfuirent si loin qu'on ne les vit plus en Judée.

Chapitre 153 
Les prêtres et les pharisiens murmuraient entre eux et disaient : «Il a la sagesse de Baal et d'Astaroth; c'est en vertu de Satan qu'il a fait cela !» Ayant ouvert la bouche, Jésus dit : «Notre Dieu a commandé qu'on ne dérobe pas ce qui appartient à notre prochain; depuis, ce seul précept est tellememnt violé et contaminé qu'il a rempli le monde de péché, et d'un péché qu'il ne sera jamais remis comme on remet les autres péchés; en effet, si on les regrette, si on les commet plus, si on jûne, si on prie et si on fait l'aumône, notre Dieu puissant et miséricordieux les pardonnes, mais ce péché-là est tel qu'il ne sera jamais remis à moins qu'on ne rende ce qu'on a enlevé à tort !» 
Un scribe dit alors : «Maître, comment le péché de vol a-t-il rempli le monde? Il est évident qu'à présent, grâce à Dieu, il n'y a que peu de voleurs, et à peine les a-t-on vus qu'ils sont immédiatement arrêtés par la malice. » Jésus répondit : «Ceux qui ne connaissent pas quels sont les biens, ne peuvent connaître quels sont les voleurs. Et même en vérité je vous le dis, beaucoup volent et ne savent pas ce qu'ils font. Aussi leur péché est-il plus grand que celui de autres, car la maladie qui n'est pas connue ne se guérit pas. » 
Les pharisiens s'approchèrent alors de Jésus et dirent : «Maître, puisque toi seul en Israël connais la vérité, enseigne-nous !» Jésus répondit : «Je ne dis pas que je suis seul à connaître la vérité, parce que ce mot "seul" n'appartient qu'à Dieu et non au autres; c'est lui qui est la vérité, et c'est lui seul qui connaît la vérité. Si je dirais donc cela, je serais un voleur plus grand encore car car je volerais l'honneur de Dieu. Si je disais que je suis le seul à savoir, Dieu me ferait tomber dans une ignorance plus grande que celle des autres. Aussi avez-vous fait un grave péché en disant que j'étais seul à connaître la vérité. Je vous le dis, si vous l'avezit pour me tenter, c'est un péché plus grand encore !» 
En voynt alors que tous se taisaient, Jésus ajouta : «Bien que je ne sois pas le seul en Israël #a connaître la vérité, je parlerais seul.  Ecoutez-moi donc puisque vous m'avez intérrogé. Tout ce qui est créé appartient au créateur, si bien que rien ne peut prétendre à rien. C'est pourquoi l'âme, la sensibilité, la chair, le temps, les biens et l'honneur, tout est à Dieu, et si on les aquiet pas comme Dieu le veut, on devient un voleur. C'est pourquoi je vous dis : Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, lorsque vous prennez votre temps en disant : «Demain, je ferai ceci, je dirai cela, j'irai en tel endroit », et en ajoutant pas : «Si Dieu le veut », vous êtes des voleurs. Et vous êtes des voleurs plus grands encore quand vous dila pidez le meilleur de votre temps à votre plaisir et non au plaisir de Dieu. Et quand vous employez le plus mauvais de votre temps au service de Dieu, vous êtes vraiment voleurs. Celui qui commet le péché, quel qu'il soit, est un voleur, parce qu'il vole le temps, l'âme, et sa propre vie qui doit servir Dieu et qu'il la donne à Satan ennemi de Dieu.

Chapitre 154 
Donc si un homme possède l'honneur, la vie et les biens, et qu'on lui vole sa richesse, le voleur sera pendu. Si on lui enlève la vie, le meurtrier sera décapité. Et cela est juste, parce que l'a ordonné. Mais si on vole l'honneur du prochain, pourquoi le voleur n'est-il pas crucifié ? Les biens sont-ils préférable à l'honneur ? Dieu a-t-il ordonné que celui qui vole les biens soit puni, que celui qui vole la vie et les biens soit puni, mais que celui qui vole l'honneur soit sauf ? Certainement pas ! Car c'est à cause de leurs récriminations que nos pères n'entrèrent pas à la terre promise, mais plutôt leurs fils; et c'est à cause de ce péché que les serpents tuèrent environ soixante-dix mille personnes de notre peuple. Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui vole l'honneur est digne d'une plus grande peine que celui qui voles les biens et la vie de l'homme. Et celui quyi écoute celui qui récrimine est semblablement coupable parce qu'un l'un reçoit Satan sur la langue et l'autre dans les oreilles !» 
Les pharisiens se consumaient de rage en l'entendant, car ils ne pouvaient condamner ses paroles. Un docteur s'approcha alors de Jésus et lui dit : «Bon Maître, dis-moi pour quelle raison Dieu a interdit le froment et la pomme à nos pères. Puisqu'il savait qu'ils devaient tomber, il aurait dû leur permettre le froment ou alors ne pas le laisser voir à l'homme !» Jésus répondit : «Homme, tu m'appelles bon, mais tu te trompes, Dieu seul est bon. Et tu trompes beaucoup plus quand tu parles, car Dieu n'a pas agi selon ta servelle. Pourtant je te répondrai à tout. Je te le dis don, quand Dieu notre créateur agit, il ne se conforme pas à nous. Il n'est donc pas permis à la créature de chercher sa manière et sa convenance, mais bien l'honneur de Dieu, son créateur, afin que la créature dépende du créateur et non pas le créateur de la créature. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Dieu avait tout pemisà l'homme, l'homme n'aurait pas su qu'il est serviteur de Dieu, et il se serait cru maître du paradis. C'est pourquoi le créateur - qui est béni à jamais - lui interdit cet aliment afin que l'homme se tienne soumis à lui. Je te le dis en vérité, celui qui a l'oeil clair voit tout clairement et il tire lumière des ténèbres elles-mêmes, ce que ne fait pas l'aveugle. Je te le dis donc, si l'homme n'avait pas péché, nous ne connaîtrions pas, ni toi ni moi, la miséricorde de Dieu ni sa justice. Et Dieu avait fait l'homme inpeccable, celui-ci aurait été en cela égale à Dieu. Aussi le Dieu béni créa-t-il l'homme bon et juste, mais libre de faire ce qui lui plaît de sa propre vie : salut ou damnation. » le docteur fut stupéfait et il s'en alla confus.

Chapitre 155 
le pontife appela alors secrètement deux vieux prêtres et les envoya à Jésus. Celui-ci était sorti du temple et s'était assis sous la portique de Salomon en attendant l'heure de la prière de midi pour prier. Près de lui, se tenaient ses disciples et une multitude de peuple. Les prêtres s'approchèrent de Jésus et dirent : «Maître, pour quelle raison l'homme mangea-t-il le froment et la pomme ? Dieu voulut-il qu'ils les mangeât ou bien non ? » Ils dirent cela pour le tenter, car s'il disait : «Dieu le voulut .», ils allaient répondre : «Pourquoi l'interdit-il? » Et s'il disait : «Dieu ne le voulut pas », ils allaient dire : «L'homme peut donc plus que Dieu puisqu'il agit contre la volonté de Dieu.» 
Jésus répondit : «Votre demande est comme le chemin de la montagne; il y a un précipice à droite et à gauche, mais je marcherai au milieu.» En entendant cela, voyant qu'il connaissait leur coeur, les prêtres furent confus, Jésus dit alors : «Tout homme agit pour son utilité, selon les besoins qu'il a. Mais Dieu qui n'a besoin de rien, agit pour son bon plaisir. En creéant l'homme, il le laissa libre pour qu'il sache que Dieu n'a pas besoin de lui, comme fait un roi par exemple, qui donne la libérté à ses serviteurs pour montrer sa richesse et pour que ses serviteurs l'en aiment davantage. Dieu créa donc l'homme libre pour qu'il en aime bien plus son créateur et qu'il reconnaisse sa libéralité. En effet, bien que Dieu soit tout-puissant et qu'il nit pas besoin de l'homme puisqu'il l'a créé par sa toute puissance, il l'a laissé libre, dans sa liberté; il peut donc résister au mal et faire le bien. Dieu eût pu faire obstacle au péché, mais il ne voulut pas contredire sa libéralité - il n'y a pas de contradiction en Dieu - afin que, comme je l'ai dit, la toute-puissance et la libéralité qui avaient agi dans l'homme ne s'opposent pas au péché de l'homme et que la miséricorde de Dieu et sa justice puissent agir dans l'homme. Pour signe que je dis la vérité, je vous dis que le pontif vous a envoyés pour me tenter. C'est cela le fruit de son sacerdoce !» Les vieillards partirent et racontèrent tout cela au pontif. Celui-ci dit : «Il a le diable au corps qui lui raconte tout, car il aspir à régner sur Israël. mais Dieu y pourvoira !»

Chapitre 156 
En sortant du temple après la prière de midi, Jésus rencontra un aveugle de naissance. Les disciples l'intérrogèrent  : «Maître, qui a péché en lui pour qu'il soit né aveugle, son père ou sa mère ?» Jésus répondit : «Ni son père, ni sa mère n'ont péché en lui, mais Dieu l'a créé ainsi en témoigne de l'évangile !» Ayant appelé l'aveugle près de lui, il cracha par terre, fit de la boue, la mit sur les yeux de l'aveugle et lui dit : «Va à la piscine de Siloë et lave-toi !» L'aveugle y alla et s'étant lavé, il vit Comme il s'en retournait chez lui, beaucoup de ceux qui le rencontraient disaient : «Si celui-là était aveugle, je dirais certainement que cèst lui qui s'asseyait à la belle porte du temple !» D'autres disaient : «C'est lui, mais comment voit-il ?» Et ils le retenaient en disant : «Es-tu l'aveugle qui s'asseyait à la belle porte du temple ?» Il répondit : «C'est moi, pourquoi ?» Ils dirent : «Comment donc se fait-il que tu voies ?» Il répondit : «Un homme fit de la boue en crachant par terre, il me mit cette boue sur les yeux et il me dit : «Va et lave-toi à la piscine de Siloë !» J'y suis allé, je me suis lavé et maintenant je vois. Que soit béni le Dieu d'Israël !» Quand l'aveugle-né fut revenu à la belle porte du temple, Jérusalème entière fut remplie de cette nouvelle. 
Alors on le conduisit au prince des prêtres Celui-ci complotait complotait contre Jésus avec les prêtres et les  pharisiens. Le pontif l'interrogea en disant : «Homme, n'es-tu pas né aveugle ?» - «Oui !» répondit-il. «Eh bien, rends gloire à Dieu, dit le pontife, et dis-nous quel prophète t'est apparu en songe qui t'a donné la lumière ? Ce fut notre père Abraham ou Moise, serviteur de Dieu, ou quelque autre prophète, car les autres ne peuvent faire une telle chose !» L'aveugle-né répondit : «Je n'ai vu en Abraham, ni Moise, ni aucun prophète qui m'ait guéri; mais alors que j'étais à la boue avec son crachat, il mit de cette boue sur mes yeux et m'envoya me laver à la piscine de Siloë. J'y suis allé, je me suis lavé et je suis revenu avec la lumière de mes yeux.» Le pontife lui demanda le nom de cet homme. L'aveugle-né répond : «Il ne m'a pas dit son nom, mais un homme qui a vu cela m'appela pour me dire : «Va te laver comme a dit cet homme, car c'est Jésus de Nazareth, prophète et saint de Dieu d'Israël.» Le pontife dit alors : «Est-ce aujourd'hui qu'il t'a guéri, jour de sabbat ?» L'aveugle répondit : «C'est aujourd'hui qu'il m'a guéri.» Le pontif dit : «Eh bien, tu vois comme est pécheur celui qui n'observe pas le sabbat !»

Chapitre 157 
L'aveugle-né répondit : «Qu'il soit pécheur, je ne sais pas, mais je sais que j'étais aveugle et qu'il m'a donné la lumière !» Les pharisiens ne le crurent pas. Ils dirent donc au pontife : «Qu'on envoie chercher son père et sa mère : ils nous diront la vérité !» Ils envoyèrent donc chercher le père et la mère de l'aveugle. Quand ils furent arrivés, le pontife les interrogea : «Est-ce que celui-ci est votre fils ?» Ils répondirent :«C'est vraiment notre fils !» Le pontife dit alors : «Il dit qu'il est né aveugle et maintenant il voit Comment cela est-il arrivé ?» Le père et la mère de l'aveugle-né répondirent : «Il est vraiment né aveugle, mais nous ne savons pas comment il a recu la lumière. Il a l'âge, interrogez-le, il vous dira la vérité !» Alors on les congédia et le pontife s'adressa à nouveau à l'aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, dit-il, et dis-nous la vérité !» 
Le père et la mère craignirent de parler parcequ'un décret du sénat romain était arrivé selon lequel personne ne devait se quereller pour Jésus, prophète des Juifs, sous peine de mort; c'est ce qu'avait réclamé le gouverneur. C'est pourquoi ils avaient dit : «Il a l'âge, interrogez-le !» 
Le pontife, dis-je, dit à l'aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, et dis-nous la vérité, car nous savons que cet homme dont tu dis qu'il t'a guéri est un pécheur! » L'aveugle-né répondit : «Qu'il soit pécheur, je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que je ne voyais pas et qu'il m'a donné la lumière ! Il est certain que depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant aucun aveugle-né n'a recu la lumière et que Dieu n'exauce pas les pécheurs !» Les pharisiens dirent : «Mais comment fit-il quand il t'a donné la lumière? » L'aveugle-né s'étonna alors de leur incrédulité et dit : «Je vous l'ai dit! Pourquoi donc m'interrogez-vous à nouveau? Ne voulez-vous pas, vous aussi, devenir ses disciples? » Le pontif le maudit alors en disant : «Tu es né tout entier dans le péché et tu veux nous enseigner! Va-t-en et deviens toi-même disciple de cet homme, car nous, nous sommes disciples de Moise et nous savons que Dieu a parlé à Moise; mais lui nous ne savons pas d'où il est.» Ils le chassèrent hors de la synagogue et du temple en lui interdisant de prier avec les purs d'Israël.

Chapitre 158 
L'aveugle-né alla trouver Jésus, celui-ci le réconforta en disant : «En aucun temps, tu n'as été aussi heureux que tu l'es maintenant car tu es béni par notre Dieu. Il a parlé en effet contre les amis du monde en disant par David notre père et son prophète : «Ils maudissent, et moi je bénis.» Et par Michée, prophète, il dit : «Je maudit vos bénédictions, car la terre est moins opposée à l'air, l'eau au feu, la lumière aux ténèbres, le chaud au froid et l'amour à la haine, que le vouloire de Dieu est opposé au vouloir du monde! » 
Les disciples l'interrogèrent alors en disant : «Seigneur, tes paroles sont élevées; dis-nous donc le sens, car maintenant nous ne les comprenons pas! » Jésus répondit : «Quand vous connaîtrez le monde, vous verrez que j'ai dit vrai et ainssi vous connaîtrez la vérité en tout prophète. Sachez donc qu'il y a trois sortes de mondes pour un seul vocable. Le premier s'appel lex cieux, la terre, l'eau, l'air, le feu, ainsi que toutesles choses inférieures à l'homme. Ce monde-là est en tout conforme à la volonté de Dieu, car comme le dit david, le prophète de Dieu : «Dieu leur a donné un ordre qu'ils se transgressent pas.» 
Le deuxième s'appele tous les hommes, de même qu'on nomme la maison de quelqu'un, non d'après les murs, mais d'après la famille. Ce monde là aime Dieu aussi car naturellement ils désirent Dieu, pour autant que par nature tous désirent Dieu, même s'ils se trompent en le cherchant. Et savez-vous pourquoi tous désirent Dieu ? Parce que chacun désir un bien infini dépourvu de tout mal, c'est à dire Dieu seul. Aussi le Dieu miséricordieux a-t-il envoyé ses prophètes à ce monde pour son salut. 
Le troisième monde, c'est la tendance dépravée des hommes pour le péché. Elle s'est changée en loi contre Dieu créateur du monde et rend l'homme semblables aux demons ennemis de Dieu. Or ce monde-là, notre Dieu le hait tellement que si les prophètes avaient aimé ce monde, croyez-le, Dieu leur aurait certainement enlevé leur ministère prophétique. Que dis-je? Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, quand le messager de Dieu viendra dans le monde, s'il se prenait d'amour pour ce monde méchant, Dieu lui enlèverait certainement tout ce qu'il lui a donné en le créant et il le réprouverait, tellement Dieu est opposé à ce monde-là! »

Chapitre 159 
Les disciples répondirent : «Maître, tes paroles sont très élevées Mais prends-nous en pitié, nous ne les comprenons pas! » Jésus dit : «Croyez-vous peut-être que Dieu a créer son messager pour qu'il soit son rival qui veuille s'égaler à lui? Certes non! Mais bien pour qu'il soit son bon serviteur qui ne voudrait pas ce que ne veut pas son nmaître Vous ne pouvez pas le comprendre, car vous ne savez pas ce qu'est le péché. Ecoutez donc mes paroles! 
En vérité, en vérité, je vous le dis, le péché ne peut naître dans l'homme que pour contredire Dieu, car seul est péché ce que Dieu ne veut pas et tout ce que Dieu veut est tout-à-fait étranger au péché. Si donc nos pontifs et nos prêtres, ainsi que les pharisiens, me persécutaient pour la raison que le peuple d'Israël m'a appelé Dieu, ils feraient chose agréable à Dieu et Dieu les récompenserait. Mais au contraire, Dieu les a en abomination parce qu'ils me haïssent et qu'ils désirent ma mort Ils me persécutent e effet parce qu'ils ne veulent pas que je dise la vérité, tout comme ils ont contaminé avec leurs traditions le livre de Moïse et celui de David, prophètes et amis de Dieu. 
Dites-moi, Moïse tua des hommes et Achab tua des hommes Est-ce que  tout cela est un meurtre? Sûrement pas, car Moïse tua ses hommes pour détruire l'idolâtrie et pour conserver le culte du vrai Dieu, tandis que Achab tu a ces hommes pour détruire le culte du vri Dieu et pour conserver l'idolâtrie. L'action de tuer des hommes se changea donc pour Moïse en sacrifice et pour Achab en sacrilège, en sorte qu'une même action produisit ces deux effets contraires. 
Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Satan avait parlé aux anges pour voir comment ils aimaient Dieu, il ne serait pas reprouvé parce qu'il chercha à les détourner de Dieu.» 
Celui qui écrit répondit : «Comment faut-il comprendre ce qui est dit du prophète Michée à propos du mensonge que Dieu ordonna de proférer par la bouche des faux prophètes, ainsi qu'il est écrit au livre des rois d'Israël ? » Jésus répondit : «Barnabé, raconte un peu tout ce qui est arrivé, que nous voyions la claire vérité!»

Chapitre 160 
Celui qui écrit dit alors : «En écrivant l'histoire des rois d'Israël et des turans, le prophète Daniel écrit ceci : «Le roi d'Israël et le roi de Juda s'unirent pour combattre les fils de Bélial, c'est-à-dire les réprouvé, c'est-à-dire les ammonites. Josaphat roi de Juda, et Achab roi d'Israël étant assis tout deux sur leur trône en Samarie, qutres cent faux prophètes se tenaient devant eux, qui disaient au roi d'Israël : «Monte contre les Ammonites, car Dieu les livrera entre tes mains et tu disperseras Ammon !» 
Josaphat dit alors : «Y a-t-il ici quelque prophète de Dieu de nos pères ?» Achab répondit : «Il n'y en a qu'un quyi est mauvais car il me prédit toujours du mal. Je le garde en prison.» Il dit cela : «Il n'y en a qu'un» car tous les autres avaient été tués sur son ordre Comme tu nous l'a dit, Maître, les prophètes s'étaient sauvés sur les montagnes où les hommes n'habitaient pas. Josaphat dit alors : «Envoie-le chercher et voyons ce qu'il dit !» Achabn ordonna donc que Michée soit amené. 
Il arriva, les chaînes aux pieds et la mine défaite comme un homme qui se trouve entre la vie et la mort. Achab l'interrogea : «Dis-nous, Michée, au nom de Dieu, monterons-nous contre les Ammonites? Dieu livrera-t-il les villes entre nos mains?» Michée répondit : «Monte! Monte! tu monteras bien que tu descendras mieux !» Les faux prophètes louèrent alors Michée comme un vrai prophète de Dieu et lui délièrent les chaînes des pieds 
Josaphat qui craignait notre Dieu et dont les genoux ne ployèrent jamais devait les idoles, interrogea Michée : «Pour l'amour du Dieu de nos pères, dis-nous la vérité : Comment as-tu vu l'issue de cette guerre ? » Michée répondit : «Josaphat, je crains ton visage, c'est pour ca que je t'ai dit que j'ai vu le peuple d'Israël comme des brebis sans pasteur.» En riant, Achab dit alors à Josaphat : «Je t'ai dit que celui-ci ne prédit que le mal ! Mais toi tu ne le croyais pas! » 
Tous deux dirent alors : «Comment connais-tu cela, Michée ?» Michée répondit : «J'ai entendu un conseil d'anges qui se préparait en présence de Dieu et j'ai entendu Dieu demander : «Qui trompera Achab afin qu'il monte contre Ammon et soit tué ?» Alors que certains répondaient ceci, et certains cela, vint un ange qui dit : «Seigneur, je combattrai contre Achab, j'irai vers ses faux prophètes et je metterai le mensonge dans leur bouche; ainsi il montera et il sera tué.» En l'entendant Dieu dit : «Eh bien, va et fait ainsi; tu vaincras !» » 
Alors les faux prophètes se mirent en colère et leur prince frappa la joue de Michée en disant : «Réprouvé de Dieu, quand donc l'ange de vérité s'éloigna-t-il donc de nous et vint à toi? Dis quand vint à nous l'ange qui nous apporta le mensonge ?» Michée répondit : «Tu le sauras quand tu fuira de maison en maison par crainte d'être tué, ayant trompé ton roi !» 
Le roi Achab se mit alors en colère et dit : «Prenez Michée, mettez-lui au cou les chaînes qu'il avait aux pieds et gardez-le au pain d'orge et à l'eau jusqu'à mon retour, parce que pour l'instant je ne sais pas encore la mort que je veux lui donner !» 
Ils montèrent donc et il fut comme avait dit Michée, car le roi des Ammonites dit à ses serviteurs : «Gardez-vous de combattre contre le roi de Juda, ou contre les princes d'Israël, mais tuez Achab, le roi d'Israël, mon ennemi !» Jésus dit alors : «Arrête-toi ici, barnabé, car cela suffit pour notre propos !»

Chapitre 161 
«Avez-vous compris tout cela? « dit Jésus. Les disciples répondirent : «Oui, Maître!» Jésus dit alors : «Le mensonge est un péché en vérité, mais le meurtre est un péché plus grand, car le mensonge est un péché propre à celui qui le dit, tandis que le meurtre, bien qu'il soit à celui qui le commet, détruit en fait ce que Dieu a de plus cher ici ur terre, c'est-à-dire l`homme. On peut réparer le mensonge en disant le contraire de ce qu'on a dit, alors qu'il n'y a aucun remède au meurtre puisqu'on ne peut pas rendre la vie à celui qui est mort. 
Mais, dites-moi, Moïse, serviteur de Dieu, pécha-t-il en tuant tous ceux qu'il tua? » Les disciples répondirent : «Dieu nous garde! Dieu nous garde de dire que Moïse pécha en obéissant à Dieu qui le commanda! » Jésus dit alors : «Et moi je dis : Dieu nous garde de dire que l'ange qui trompa les faux prophètes d'Achab par un mensonge a péché; car de même que Dieu accepta le meurtre en sacrifice, de même accepta-t-il lemensonge en louange. En vérité, je vous le dis, de même que se trompe le nain qui se fait faire des chaussures à la pointure de géant, ainsi se trompe celui qui voudrait soumettre Dieu à la loi, comme lui-même est soumis à la loi puisqu'il est homme. C'est pourquoi quand vous croirez qu'il n'y a de péché que ce que Dieu ne veut pas, vous trouverez la vérité comme je vous l'ai dit. En effet Dieu n'est pas composé ni susceptible de mutation, il ne peut à la fois vouloir et ne pas vouloir quelque chose, car il y aurait contradiction en lui-même et par conséquent souffrance et il ne serait pas infiniment bienheureux.» 
Philippe répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce qu'a dit le prophète Amos : il n'y a pas de mal dans la cité que Dieu n'ait fait ?» Jésus répondit : «Eh bien, tu vois ici, Philippe, combien il est dangereux de s'arrêter à la lettre comme le font les pharisiens qui se sont fabriqué la prédestination de Dieu pour les élus, de sorte qu'ils en viennent pratiquement à dire que Dieu est injuste, simulateur et menteur. Horrible jugement qui demeurera sur eux! Je te dis donc qu'Amos, prophète de Dieu, place ici du mal ce que le monde appelle mal, car s'il avait employé le langage des justes, on ne l'aurait pas compris. En effet, toutes les tribulations sont un bien, soit qu'elle nous purifient du mal que avons fait, soit qu'elle nous empêchent de faire le mal, soit qu'elles font connaître à l'homme la condition de cette vie, afin que nous aimions et que nous désirions la vie éternelle. Si donc le prophète Amos avait dit : «Il n'y a aucun bien dans la cité que Dieu n'ait fait », il aurait donné raison de désespérer aux affligés qui se voient tourmentés tandis que les pécheurs vivent dans la prospérité. Et ce qui est pire, beaucoup craidraient satan et le serviraient pour ne pas être tourmentés croyant qu'il a un tel empire sur les hommes. 
Amos se fit donc comme l'interprète romain qui, parlant en présence du pontif, ne fait pas attention aux paroles mais à la volonté et aux affaires du juif, étant donné que lui-même ne sait pas parler hébreu.

Chapitre 162 
Si Amos avait dit : «Il n'y a aucun bien dans la cité que Dieu n'ait fait », vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, il aurait commis une grave faute car le monde ne considère bien que les scélératesses et les péchés que l'ont commet par illusion. Les hommes auraient donc agi beaucoup plus injustement en croyant qu'il n'y a de péché et de scélératesse que Dieu n'ait fait. Que la terre tremble en entendant cela! » A peine Jésus avait-il dit cela que survint un grand tremblement de terre, de sorte que chacun en resta à moitié mort Jésus les releva et dit : «Jugez donc vous-mêmes si je vous dis la vérité! Que ceci vous suffise. Lorsqu'en parlant avec le monde Amos dit : «Dieu a fait du mal dans la cité », il le dit des trribulations que seuls les pécheurs appellent mal. 
Venons-en maintenant à la prédestination que vous désirez connaître. Je vous parlerai près du Jourdain, que nous passerons demain, s'il plaît à Dieu.»

Chapitre 163 
Jésus s'en alla avec ses disciples au désert, au delà du Jourdain. Après avoir fait l;a prière du midi, il s'assit près d'un palmier et ses disciples s'assirent à l'ombre d'un palmier Jésus dit alors : «Frères, la prédestination est si secrète, je vous le dis en vérité, qu'elle ne sera clairement connu que par un seul homme C'est celui qu'attendent les nations, à qui les secrets de Dieu sont si clairs que ceux qui écouteront ses paroles seront heureux quand il viendra dans le monde. Dieu en effet enverra sa miséricorde sur eux comme ce palmier est sur nous Et de même que cet arbre nous défend de l'ardeur du soleil, ainsi la miséricorde de Dieu défendra-t-elle contre Satan ceux qui croiront en cet homme.» 
Les disciples répondirent : «Maître, qui sera cet homme dont tu parles et qui viendra dans le monde ?» Jésus répondit dans la joie de son coeur : «C'est Muhammad, messager de Dieu! Sa venue dans le monde porteuse d'abondante miséricorde, comme la pluie qui fait fructifier la terre quand il n'a pas plu depuis longtemps, sera cause de bonnes actions parmis les hommes. Car il est une nuée blanche, remplie de la miséricorde de Dieu, que Dieu répandra sur les fidèles comme la pluie.

Chapitre 164 
Je vais donc vous parler maintenant de ce peu de connaissance que Dieu a bien voulu medonner sur la prédestination. Les pharisiens disent que toute chose est tellement prédestinée que celui qui est élu ne peut pas devenir réprouvé qt que celui qui est réprouvé ne peut en aucune manière devenir élu. Ils disent de même que Dieu a prédestiné le bien comme voie par laquelle l'élu marche vers le salut, de même que Dieu a prédestiné le péché comme voie par laquelle le réprouvé va à la damnation. Que maudite soit la langue qui dit cela, ainsi que la main qui l'écrivit, car la foi de Satan c'est cela! On peut voir par là ce que sont les pharisiens d'à présent, ce sont les fidèles serviteurs de Satan!. 
Que veut dire prédestination, sinon volonté absolue de conduire quelque chose à son but quand on a les moyens en main. Car sans moyen, on ne peut parvenir au but. Comment parviendrait-il à construire une maison celui qui n'a ni pierre, ni argent à depenser, ni même de terre ou poser le pied ? Certainement personne ne le pourrait. Eh bien, voici ce que je vous dis : si la prédestination prive l'homme du libre arbitre que Dieu lui a donné par pure libéralité et le prive en outre de la loi de Dieu, cela n'est plus prédestination, mais abomination! 
Que l'homme soit libre, le livre de Moïse le démontre. Quand notre Dieu donna la loi sur le mont Sinaï, il dit : «Mon commendement n'est pas dans le ciel pour que tu t'excuse en disant : «Qui donc nous apportera le commendement de Dieu et qui nous donnera les forces pour l'observer?» Il n'est pas non plus au-delà de la mer pour que tu ne t'excuse par la même facon. Moais mon commendement est dans ton coeur, si bien que tu peux l'observer quand tu veux.» 
Dites-moi : si le roi Hérode ordonnait à un vieillard de redevenir jeune et à un malade de revenir à la santé et s'ils les faisait tuer parce qu'ils ne le font pas, cela serait-il juste? » Les disciples répondirent : «S'il l'ordonnait, Hérode serait très injuste et impie.» Jésus dit alors en soupirant : «Frères, voilà les fruits des traditions humaines, car en disant que Dieu a tellement prédestiné le réprouvé qu'il ne puisse pas devenir élu, il blasphèment, faisant passe Dieu pour impie et injuste, lui qui commande au pécheur de ne pas pécher et, s'il a péché, d,en faire pénitemce. Une telle prédestination en effet enlève au p`cheur tot pourvoir, sinon de pécher, et elle le prive totalement de pénitence.

Chapitre 165 
Au contraire, que dit Dieu par le prophète Joël, écoutez! «Je vis, moi, votre Dieu et veux pas la mort du pécheur, mais je m'em ploie à ce qu'il se convertisse et fasse pénitence.» Dieu prédestinera-t-il donc ce qu'il ne voudra pas ? Voyez vous-mêmes ce que dit Dieu et ce que disent les pharisiens d'à présent! 
De plus, Dieu dit par le prophète Isaïe : «J'ai appelé et tu n'a pas voulu m'entendre !» Que de fois Dieu a-t-il appelé ! Écoutez-le lui-même vous le dire par le même prophète : «Tout le jour, je tends les mains vers le peuple qui ne me croit pas, mais qui me contredit.» Or, lorsque nos pharisiens disent que que le réprouvé ne peut pas devenir élu, que disent-ils sinon que Dieu se moque ds hommes, comme se moquerait d'un aveugle celui qui lui montrerait du blanc, comme se moquerait d'un sourd celui qui lui parlerait à l'oreille. 
Quand à savoir si l'élu peut-être réprouvé, considérez ce que dit notre Dieu par le prophète Ezéchiel : «Aussi vrai que  je vis, dit Dieu, si le juste abandonne sa justice et qu'il commet des abominations, il périra et je ne me souviendrai plus du tout de sa justice, car tandis qu'il se fie en elle, elle l'abandonnera devant moi et ne le sauvera pas.» 
Quand à la destinée du réprouvé, Dieu ne dit-il pas par le prophète Osée : «J'appellerai le peuple non éluet je l'appelerai élu !» Dieu est véridique et ne peut pas mentir, car étant la vérité, il dit la vérité. mais les pharisiens d'à présent contredisent Dieu en toute chose par leur doctrine.»

Chapitre 166 
André répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce que Dieu dit à Moïse : Il fera miséricorde à celui qui il voudra et il endurcira ceux qu'il voudra endurcir ? » Jésus répondit : «Dieu dit cela pour que l'homme ne croit pas qu,il se sauve pas sa propre vertu mais sache que c'est dans la libéralité que Dieu lui a donné la vie et la miséricorde. Il le dit aussi pour que soit rejetée l'idée qu'il y a d'autre dieux que lui. 
C'est pourquoi, s'il a endurci Pharaon, il l'a fait parce que celui-ci avait flagelé notre peuple et tenté de le détruire en faisant noyer tous les enfants mâles d'Israël, au point que Moïse était tout près d'y perdre la vie. 
Donc, je vous le dis en vérité, la prédestination a pour fondement la loi de Dieu et le libre arbitre de l'homme. En effert, bien que Dieu puisse sauver le monde entier et faire en sorte que personne ne périsse, il ne le veut pas, pour ne pas priver l,homme de liberté pour contrarier Satan, en sorte que même si ce tas  de boue méprisé par lui pèche comme fit l'esprit, il puisse néanmoins se repentir et occuper la place d'où l'esprit fut chassé. Notre Dieu, dis-je, veut assister de sa miséricorde la libre volonté de l'homme et ne veut pas priver la créature de sa toute-puissance. 
Ainsi au jour du jugement, personne ne pourra invoquer d'excuse pour ses péchés, car il verra alors manifestement tout ce que Dieu a fait pour sa conversion et combien de fois il l'a appelé à la pénitence.

Chapitre 167 
Par conséquent, si votre raison ne s'en contente pas et si vous voulez dire encore : «Pourquoi en est-il ainsi ?» Je vous révèlerais un "pourquoi" qui est celui-ci : Dites-moi pourquoi une pierre ne peut pas demeurer sur l'eau alors que toute la terre se tient sur l'eau ? Dites-moi pourquoi l'eau éteint le feu et pourquoi la terre fuit l'air, en sorte que personne ne peut unir en paix la terre, l'eau, l'air et le feu, et qu'ils sont néanmoins unis dans l'homme et y demeurent pacifiquement ? 
Si donc vous ne le savez pas et même si tous les hommes en tant qu'hommes ne peuvent pas le savoir, comment sauraient-ils que d'une seule parole Dieu a tout créé du néant ? Comment connaîtraient-ils l'éternité de Dieu ? Il est évident qu'ils ne pourront pas connaître cela non plus. Pourquoi ? parce que l'homme est fini, qu'il est composé d'un corps et que celui-ci en se corrampant, comme dit le prophète salomon, alourdit l'âme. Et les oeuvres de Dieu qui sont proportionnées à Dieu, qui pourra les comprendre ? 
Voyant cela, Isaïe, le prophète de Dieu, s'écria :«Vraiment tu es un Dieu caché!» A propos du messager de Dieu, sur la facon dont Dieu l'a créé, il dit : «Sa génération, qui pourra la raconter ?» A propos de l'action de Dieu, il dit : «Qui a été son conseiller ?» C'est pourquoi Dieu à la Nature humaine : «De même que le ciel est élevé au-dessus de la terre, ainsi sont élevés mes voies au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.» 
Je vous le dis donc, la manière dont s'effectue prédestination n'est pas claire pour les hommes, même si le fait que tout ce que je vous ai dit est vrai. L'homme doit-il donc rejeter le fait sous prétexte qu'il n'en connaît pas la manière ? Je n'ai certainement jamais vu personne refuser la santé même s'il ne connaît pas la manière dont Dieu guérit le malade quand je le touche. cela est encore inconnu à moi-même.»

Chapitre 168 
Les disciples dirent alors : «Vraiment Dieu parle en toi car jamais un homme n'a parlé comme toi! » Jésus répondit : «Croyez-moi, quand Dieu m'a choisi pour m'envoyer à la maison d'Israël, il me donna un livre comme un miroire clair qui descendit dans mon coeur, en sorte que tout ce que je dis sort de ce livre Quand ce livre aura fini de sortir de ma bouche, je serais enlevé du monde.» 
Pierre répondit : «Maître, ce que tu dis maintenant, est-ce aussi écrit dans ce livre? » Jésus répondit : «Tout ce que je dit pour la connaissance de Dieu et pour le service de Dieu, pour la connaissance de l'homme et pour le salut de l'homme, tout cela sort de ce livre qui est mon évangile.» 
Pierre dit : «La gloire du paradis y est-elle écrite aussi ? »

Chapitre 169 
Jésus répondit : «Écoutez, je vais vous dire comment est le paradis et comment les saints et les fidèles y demeureront sans fin, car c'est là l'un des plus grands biens du paradis Chaque chose en effet, si grande qu'elle soit devient petite et s'anéantit quand elle prend fin. Le paradis est une maison où Dieu conserve ses délices. C'est au point que la terre foulée par les pieds des saints et des bienheureux est si précieuse qu'une drachme de cette terre-là a plus de prix que mille mondes. 
Ces délices-là, notre père David, prophète de Dieu, les vit, car Dieu les lui montra en lui faisant voir la gloire du paradis. Revenu ensuite en lui-même, il se couvrit les yeux des deux mains et dit en pleurant : «O mes yeux, ne regardez plus ce monde-ci car tout est vain, sans rien de bien! » De ses délices-là le prophète Isaie dit : «Les yeux de l'homme n'ont pas vu, ses oreilles n'ont pas entendu, le coeur humain n'a pas compris ce que Dieu a préparé pour ceux qu'il aime.» 
Savez-vous pourquoi ils n'ont ni vu, ni entendu, ni compris ces délices-là? C'est parce que, vivant ici-bas, ils ne sont pas dignes de les voir. Même si notre père David les vit, je vous le dis en vérité, il ne les vit pas avec ses yeux humains, mais Dieu attira son âme à lui Il les vit donc. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, puisque les délices du paradis sont infinies et que l'homme est fini, l'homme ne peut pas les comprendre, de même qu'un petit pot de terre ne peut contenir la mer. 
Regardez donc comme le monde est beau en été quand tout fructifie et que le paysan, enviré de joie à la vue de sa récolte fait résonner de ses chants les vallées et les monts et se félicite grandement de ses fatigues. Eh bien, élevez de même votre coeur vers le paradis! Toute chose y fructifie à la mesure de celui qui l'a cultivée. 
Vive Dieu, pour connaître le paradis, qu'il vous suffise de savoir que Dieu l'a créé pour qu'il soit la maison de ses délices. Croyez-vous donc que la souveraine bonté n'a pas de choses souverainement belles? Prenez garde de faire une très grave erreure enpensant qu'il n'en est pas ainsi.

Chapitre 170 
Voici ce que Dieu dit à l'homme qui le sert fidèlement : " Je connais tes oeuvres. C'est pour moi que tu les accomplis. Aussi vrai que je vis à jamais, ton amour ne surpassera pas ma libéralité. Tu me sers en effet comme Dieu, ton créateur, en reconnaissant que tu es mon oeuvre et tu ne demandes que la grâce et la miséricorde de me servir fidèlement. Tu ne fixes pas non plus de 6n à ton service puisque tu désires me servir pour l'éternité! 
Voici ce que je ferai : je te récompenserai comme si tu étais Dieu, mon égal. Non seulement je mettrai entre tes mains l'abondance du paradis, mais je me donnerai moi-même à toi, et de même que tu veux être toujours mon serviteur, de même serai-je toujours ta récompense. "

Chapitre 171 
" Que pensez-vous du paradis?" dit Jésus à ses disciples. Y a-t-il une intelligence qui puisse comprendre de telles richesses et de telles délices ? II faudrait que l'homme ait la connaissance même de Dieu pour savoir tout ce que Dieu veut donner à ses serviteurs. 
Quand Hérode fait un cadeau à l'un de ses barons favoris avez-vous vu ce qu'il lui donne?". Jean répondit : "Moi, je l'ai vu deux fois. Un pauvre se contenterait certainement de la dixième partie de. ce qu'il lui donne." Jésus dit : " Mais si un pauvre reçoit quelque chose d'Hérode, qu'est-ce que ce sera? " Jean répondit : "Une ou deux petites pièces de monnaie " Que cela soit votre livre d'étude pour connaître le paradis, reprit Jésus, car tout ce que Dieu a donné à l'homme en ce monde pour son corps est comparable à la petite pièce de monnaie qu'Hérode donnerait à un pauvre. Mais tout ce que Dieu donnera à l'âme et au corps dans le paradis, c'est comme si Hérode donnait à l'un de ses serviteurs tout ce qu'il possède et sa vie elle-même.

Chapitre 172 
Dieu dit ceci à celui qui l'aime et le sert fidèlement : " Mon serviteur, va donc voir comme est nombreux le sable de la mer. Eh bien, si la mer te donnait un seul grain de sable, cela te semblerait peu, bien sûr. Aussi vrai que je vis, moi, ton créateur, tout ce que j'ai donné en ce monde à tous les princes et rois de la terre n'est même pas comme ce grain de sable que te donnerait la mer, en comparaison de ce que je te donnerai dans mon paradis. "

Chapitre 173 
" Voyez donc quelle est l'abondance du paradis, dit Jésus, car si Dieu a donné à l'homme une once de bien en ce monde, dans le paradis il lui en donnera dix, cent et mille mesures. Voyez la quantité de fruits qui sont dans ce monde. la quantité d'aliments. la quantité de fleurs et la 
quantité de choses qui servent l'homme. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, de même qu'il reste du sable à la mer lorsqu'on en reçoit un grain, de même la qualité et la quantité des figues du paradis surpassent la sorte de figues que nous mangeons ici-bas. Et ainsi de tout le reste au paradis. Mais de plus, je vous le dis en vérité, de même qu'une montagne d'or et de perles a plus de prix que l'ombre d'une fourmi. de même les délices du paradis ont plus de prix que toutes les délices que les princes du monde ont eues et auront jusqu'au jugement de Dieu, quand le monde prendra fin. " 
Pierre répondit : " Le corps que nous avons maintenant ira donc au paradis?" Jésus répondit : "Pierre, prends garde de devenir Saducéen ! car les Saducéens disent que la chair ne ressuscitera pas et qu'il n'y a pas d'anges. C'est pourquoi leur âme et leur corps sont privés d'aller au paradis et sont privés en ce monde de recevoir des anges quelque service que ce soit. As-tu oublié Job, prophète et ami de Dieu, qui dit : "Je sais que mon Dieu vit, qu'au dernier jour, je ressusciterai dans ma chair et que de mes yeux je verrai Dieu, mon sauveur! Mais crois-moi, notre chair sera si purifiée qu'elle n'aura plus aucune des propriétés qu'elle a maintenant. Elle sera expurgée de tout désir mauvais et Dieu la ramènera à l'état dans lequel se trouvait Adam avant de pécher. 
Deux hommes servent un même maître dans un même travail. L'un ne fait que regarder l'ouvrage et commande le second ; celui-ci exécute ce que commande le premier. Vous semble-t-il juste, dis je, que le maître récompense seulement celui qui voit et commande, et chasse de la maison celui qui s'est épuisé à travailler? Certes non! Comment donc la justice de Dieu supporterait-elle alors que l'âme, le corps et la sensibilité de l'homme servent Dieu, l'âme ne faisait que regarder et commander le service? car, puisqu'elle ne mange pas de pain, elle ne jeûne pas elle ne marche pas, elle ne souffre ni du froid ni de la chaleur, elle ne tombe pas malade, elle n'est pas tuée puisqu'elle est immortelle, elle ne souffre aucune des peines corporelles que souffre le corps à cause des éléments, est-il juste, dis je, qu'elle seule aille au paradis et pas le corps qui s'est tellement épuisé au service de Dieu ? " Pierre répondit : "Maître, puisque le corps a fait pécher l'âme, il ne faut pas le mettre au paradis! " 
Jésus répondit : " Mais comment le corps pécherait-il sans l'âme ? Ce serait tout à fait impossible! Ainsi, en privant le corps de la miséricorde de Dieu, tu condamnes l'âme à l'enfer!"

Chapitre 174 
Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, notre Dieu promet sa miséricorde au pécheur en disant : " A l'heure même où le pécheur regrettera son péché à cause de moi. je ne me 
souviendrai plus jamais de ses iniquités. Or, qui mangerait les aliments du paradis si le corps n'y allait pas? Certainement pas l'âme, car elle est esprit! " Pierre répondit : " Les bienheureux mangeront donc au paradis! Mais comment la nourriture ne produira-t-elle pas d'ordure?" Jésus répondit " Quelle béatitude aurait donc le corps s'il ne mangeait ni ne buvait ? " II est tout à fait convenable de donner une gloire proportionnée à celui qui est glorifié. Mais tu fais erreur, Pierre, en pensant qu'une telle nourriture produira de l'ordure, car le corps présent mange des nourritures corruptibles et la putréfaction s'en suit, tandis qu'au paradis le corps sera incorruptible, impassible, immortel. libre de toute misère, et les nourritures sans aucun défaut ne produiront aucune putréfaction.

Chapitre 175 
En se moquant des réprouvés, Dieu parle ainsi dans le prophète Isaïe : " Mes serviteurs siégeront à table dans ma maison, ils festoieront joyeusement au son des harpes et des orgues et je ne les laisserai manquer de rien. Mais vous qui êtes mes ennemis, vous serez chassés loin de moi où vous mourrez de misère, méprisés par tous mes serviteurs. "

Chapitre 176 
"Pourquoi dire : ils festoieront, dit Jésus à ses disciples! Certes, Dieu parle clair. Mais pourquoi quatre fleuves de liqueur précieuse dans le paradis et pourquoi tant de fruits? Dieu ne mange certainement pas, ni les anges, ni l'âme, ni la sensibilité! Par contre la chair mange, elle; la chair c'est-à-dire notre corps. Ainsi la gloire du paradis consiste pour le corps dans la nourriture, et pour l'âme et la sensibilité dans la fréquentation des anges et des esprits bienheureux. 

Cette gloire sera mieux manifestée par le messager de Dieu qui connaît tout mieux qu'aucune 
créature puisque Dieu a tout créé pour son amour " Barthélémy dit : " Maître, la gloire du paradis sera-t-elle égale pour tous les hommes. Si elle est égale, ce ne sera pas juste, et si elle n'est pas égale, les plus petits envieront les plus grands! " Jésus répondit : " Elle ne sera pas égale, car Dieu est juste, mais chacun sera content, car là i1 n'y a pas d'envie. Dis-moi, Barthélémy, un patron a beaucoup de serviteurs. II les habille tous d'une même étoffe. Est-ce que les enfants qui ont des vêtements d'enfants se plaignent de ce qu'ils n'ont pas de vêtements d'adultes ? Tout au contraire, si les adultes voulaient leur donner leurs grands vêtements, ils se mettraient en colère, les vêtements n'étant pas à leur taille, et ils se croiraient moqués. Eh bien, Barthélémy, élève ton coeur vers Dieu dans le paradis et tu verras qu'une seule et même gloire ne produira en eux aucune envie, même si elle .est accordée plus à celui-ci et moins à celui-là. "

Chapitre 177 
Celui qui écrit dit alors : "Maître, le paradis a-t-il comme ce monde ici la lumière du soleil?" Jésus répondit :" Barnabé, Dieu m'a dit ceci : le monde dans lequel vous habitez, ô hommes pécheurs, a le soleil, la lune et les étoiles qui l'ornent pour votre profit et votre joie, c'est cela que j'ai créé. 
Mais croyez-vous que la maison qu'habiteront mes fidèles ne sera pas meilleure? Vous vous trompez certainement si vous le croyez car moi, votre Dieu, je suis le soleil du paradis; mon messager en est la lune qui reçoit tout de moi et les étoiles, ce sont mes prophètes qui vous ont prêché ma volonté. Ce sont eux qui ont porté ma parole à mes fidèles. De même, c'est par eux qu'au paradis de mes délices, mes fidèles recevront plaisir et joie.

Chapitre 178 
"Que cela vous suffise pour connaître le paradis ", dit Jésus. Barthélémy reprit : "Maître, souffre que je te demande encore quelque chose! " - " Dis-moi ce que tu désires ", répondit Jésus. " - " Le paradis doit être certainement très grand, dit Barthélémy, pour contenir d'aussi grands biens! " Jésus répondit :" Le paradis est si grand qu'aucun homme ne peut le mesurer. Je te le dis en vérité, il y a neuf cieux entre lesquels se trouvent les planètes. Ils sont éloignés l'un de l'autre de cinq cents années de marche. La terre aussi est éloignée du premier ciel de cinq cents années de marche. Pourtant, arrêtes-toi à mesurer le premier ciel. Par rapport à la terre, il est comme la terre par rapport à un grain de sable. De même le deuxième ciel par rapport au premier, le troisième par rapport au deuxième et ainsi de suite jusqu'au dernier ciel. Eh bien, je te le dis en vérité, la terre et le ciel ensemble sont par rapport au paradis comme un grain de sable en comparaison de toute la terre. " 
Pierre dit alors : " Maître, le paradis doit être plus grand que Dieu puisque Dieu s'y trouve!" Jésus répondit : " Tais-toi, Pierre, tu blasphèmes et tu ne t'en rends pas compte! "

Chapitre 179 
L'ange Gabriel vint alors à Jésus et lui montra un miroir brillant comme le soleil, dans lequel il vit écrit ces paroles : " Aussi vrai que je vis à jamais, de même que le paradis est plus grand que les cieux et la terre ensemble, et de même que toute la terre est plus grande qu'un grain de sable ainsi suis-je autant de fois supérieur au paradis que la mer de grains de sable, qu'il y a de gouttes d'eau dans la mer, qu'il y a d'herbe sur la terre, qu'il y a de feuilles sur les arbres, qu'il y a de poils sur les animaux et autant de fois qu'il faudrait de grains de sable pour remplir tout les cieux et tout le paradis et plus encore! " 
Jésus dit alors : "Révérons Dieu qui est béni éternellement. " Cent fois ils inclinèrent la tête et après la prière, Jésus appela Pierre et lui dit ainsi qu'à tous les disciples ce qu'il avait vu. I1 dit à Pierre : "Ton âme qui est plus grande que toute la terre voit à travers un seul œil le soleil qui est mille fois plus grand que toute la terre" - " C'est vrai " dit Pierre. Jésus dit alors : " Eh bien, c'est ainsi que tu verras Dieu notre créateur à travers le paradis!" Après avoir dit cela, Jésus rendit grâce à Dieu notre Seigneur, en priant pour la maison d'Israël et pour la cité sainte. Et chacun répondit : " Qu'il en soit ainsi, Seigneur! "

Chapitre 180 
Un jour que Jésus se tenait sous le portique de Salomon, un scribe de ceux qui prêchaient au peuple s'approcha de lui et lui dit : " Maître, j'ai prêché souvent à ce peuple et j'ai en tête un passage de l'Ecriture que je ne peux pas comprendre. " Jésus répondit : " Quel est-il ? " Le scribe dit : " Ce que Dieu dit à Abraham notre père : "Je serai ta grande récompense! " Comment l'homme peut-il donc mériter? " 
Jésus se réjouit alors en esprit et dit : "Tu n'es certainement pas loin du royaume de Dieu. Aussi écoute-moi et je te dirai le sens de cette doctrine-là, Puisque Dieu est infini et que l'homme est fini, l'homme ne peut pas mériter Dieu. Est-ce là ton doute, frère?" Le scribe répondit en pleurant " Seigneur, tu connais mon cœur Parle donc, car mon âme désire entendre ta voix ! " Jésus dit alors : " Vive Dieu, l'homme ne peut même pas mériter le peu de souffle qu'il reçoit à chaque instant. " En entendant cela le scribe resta stupéfait. Les disciples s'étonnèrent aussi. Ils avaient en effet en mémoire que Jésus leur avait dit qu'ils recevraient le centuple de tout ce qu'ils donnaient pour l'amour de Dieu. II dit alors : "Si quelqu'un vous prêtait cent deniers d'ors et que vous gaspilliez ces deniers, pourriez-vous dire à cet homme-là : " Je te donne une feuille de vigne pourrie, mais toi, donne-moi ta maison, car je la mérite? " Le scribe répondit : " Non, Seigneur, car il doit d'abord payer sa dette. Ensuite, s'il veut quelque chose, il devra lui donner de bonnes choses. Mais à quoi peut servir une feuille pourrie!"

Chapitre 181 
Jésus répondit : "Tu as bien parlé, frère! Mais dis-moi, qui a créé l'homme du néant? C'est Dieu, certes. Et Dieu a donné à l'homme en bénéfice le monde entier. Mais en péchant l'homme a tout gaspillé, car le monde entier est opposé à l'homme à cause du péché. L'homme misérable n'a que des œuvres pourries par le péché à donner à Dieu; en péchant en effet chaque jour, il pourrit ses œuvres. C'est pourquoi le prophète Isaïe dit : "Nos justices sont comme un linge souillé", Comment donc l'homme pourrait-il mériter puisque déjà il ne peut pas payer ses dettes? 
Est-ce que l'homme ne pèche pas? Certes, notre Dieu dit par son prophète David : "Le juste tombe sept fois par jour." Combien de fois tombe donc celui qui n'est pas juste! Et si nos justices sont pourries, combien sont abominables les injustices Vive Dieu, il n'y a rien que l'homme doive éviter davantage que de dire : "Je mérite". Que l'homme considère les oeuvres de ses mains, frère, et il verra aussitôt quel est son mérite. Les bonnes choses qui viennent de l'homme, ce n'est pas l'homme qui les fait, en vérité, mais c'est Dieu qui les accomplit dans l'homme, car l'être appartient à Dieu qui l'a créé. Ce que fait l'homme, c'est contre dire Dieu son créateur, et commettre le péché. Et pour cela il ne mérite pas récompense, mais tourment.

Chapitre 182 
Non seulement Dieu a créé l'homme, comme je le dis, mais il l'a créé parfait; il lui a donné le monde entier; après la sortie du paradis, il lui a donné deux anges qui le gardent; il lui a envoyé les prophètes ; il lui a donné la loi ; il lui a donné la foi ; à chaque instant il le délivre de Satan; il veut lui donner le paradis; et de plus, Dieu veut se donner lui-même à l'homme. Voyez donc comme la dette est grande! Pour l'éteindre, il faudrait que vous ayez créé l'homme par vous-mêmes à partir du néant, il faudrait que vous ayez créé tous les prophètes que Dieu vous a envoyés, et aussi un monde et un paradis, et de plus un Dieu grand et bon comme l'est notre Dieu, et il faudrait que vous donniez tout cela à Dieu. C'est ainsi que la dette serait éteinte. Il ne vous resterait que le devoir de remercier Dieu. Mais vous, qui ne pouvez même pas créer une mouche puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu maître de tout, comment pourriez-vous éteindre votre dette? Certes, si un homme vous prête cent deniers d'or, vous êtes obligés de lui rendre cent deniers d'or. Or le sens de tout cela, frère, le voici, c'est que Dieu peut dire ce qu'il lui plaît et donner ce qu'il lui plaît puisqu'il est le mettre du paradis et de toute chose. Quand il dit à Abraham : " Je serai ta grande récompense", Abraham ne peut pas dire "Dieu est ma récompense ", mais il doit dire : " Dieu m'est donné, il est ma dette. " C'est pourquoi, frère, quand to prêches au peuple, tu dois expliquer ce passage comme ceci : " Si l'homme fait le bien, Dieu lui donnera ceci et cela. Ô homme, si Dieu te disait : " Mon serviteur, tu as fait le bien pour mon amour, quelle récompense veux-tu de moi ton Dieu?" Réponds : " Seigneur, puisque je suis l'œuvre de tes mains, il n'est pas digne que se trouve en moi ce qu'aime Satan, c'est-à-dire le péché. 
C'est pourquoi, Seigneur, pour ta gloire, aie pitié des œuvres de tes mains! " Et si Dieu te disait : "Je t'ai pardonné, mais maintenant je veux te récompenser", réponds : " Seigneur, pour ce que j'ai fait, je mérite d'être puni, et pour ce que to as fait, to mérites d'être glorifié. Punis donc en moi, Seigneur, ce que j'ai fait et sauve ce que tu as accompli! " Et si Dieu te disait: "Quelle peine te semble convenir à ton péché? " réponds : " Tout ce qu'endureront tous les réprouvés, Seigneur! " Et si Dieu te disait : " Pour quoi recherches-tu une peine si grande, ô mon serviteur fidèle?" Réponds : " Parce que si chacun d'entre eux avait reçu de toi ce que j'ai reçu, ils t'auraient servi plus fidèlement que moi! " Et si Dieu te disait : "Quand veux-tu recevoir, cette peine et pour combien de temps ? " Réponds : " Dès maintenant et sans fin! " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, un tel homme serait plus agréable à Dieu que tous ses saints anges, car Dieu aime la véritable humilité et il hait l'orgueil!". Le scribe remercia alors Jésus et lui dit : " Seigneur, allons à la maison de ton serviteur et ton serviteur te donnera à manger ainsi qu'à tes disciples ! " Jésus répondit : " je m'y rendrai quand tu me promettras de m'appeler " frère " et non pas " Seigneur ", et que tu diras que tu es mon frère et non pas mon serviteur! " L'homme le promit et Jésus se rendit chez lui.

Chapitre 183 
Tandis qu'ils mangeaient, le scribe dit : " Maître, tu as dit que Dieu aime la véritable humilité, dis-nous donc ce qu'est l'humilité et comment elle peut être véritable ou fausse. " (Jésus répondit) : " En vérité, je vous le dis, celui qui ne deviendra pas comme un enfant, tu entrera pas dans le royaume du ciel " Tous furent troublés en entendant cela. Ils se disaient les uns aux autres : " Mais comment celui qui a trente ou quarante ans deviendra-t-il un enfant? Que cette parole est difficile ! " 
Jésus répondit : " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, mes paroles sont vraies ! Je vous dis qu'il faut devenir comme un enfant, car c'est là la véritable humilité. En effet, si vous demandez à un enfant, qui a fait les vêtements qu'il porte, il répondra : " Mon père ! " Si vous lui demandez à qui appartient la maison qu'il habite, il vous dira : " A mon père! " Si vous dites : " Qui t 'a appris à marcher et à prier, il vous répondra : " Mon père ! " Mais si vous dites : " Qui t'a blessé au front pour avoir le front ainsi bandé? " Il répondra : " Je suis tombé et je me suis blessé à la tête! " Si vous dites : " Mais pourquoi es-tu tombé? " Il répondra " Ne voyez-vous pas que je suis petit et que je n'ai pas la force de marcher ni de courir comme un grand? Si je veux marcher vite, mon père doit me prendre la main. Mais pour que j'apprenne à bien marcher, mon père m'a lâché un peu, et Moi, en voulant courir, je suis tombé! " Si vous dites alors: " Qu'a dit ton père?" II répondra : " Eh bien, pourquoi n'as-tu pas marché doucement? A l'avenir prends garde de t'éloigner de moi! "

Chapitre 184 
" Est-ce que c'est vrai cela ? dit Jésus. "C'est tout à fait vrai ! " répondirent les disciples et le scribe" - " Eh bien, dit Jésus, ceux qui reconnaîtront dans la vérité du coeur, que Dieu est l'auteur de tout bien et qu'eux-mêmes sont les auteurs du péché, ceux-là seront vraiment humbles. Mats celui dont la bouche parlerait comme cet enfant mais qui dirait le contraire dans les faits, celui-là serait sûrement un faux humble et un véritable orgueilleux, car le comble de l'orgueil est de se servir de moyens humbles pour ne pas être réprimandé et fôulé aux pieds par les hommes. 
L'humilité véritable est un abaissement de l'âme par lequel l'homme se connaît véritablement. Mais la fausse humilité est un brouillard de l'enfer qui obscurcit tenement l'intelligence de l'âme que tout ce que l'homme devrait s'attribuer à lui-même, il 1'attribue à Dieu, et tout ce qu'il devrait attribuer à Dieu, il se l'attribue à lui-même. Ainsi le faux humble dira qu'il est un grand pécheur, mais si quelqu'un lui dit qu'il est pécheur, il se mettra en colère contre lui et le persécutera. Le faux humble dira que Dieu lui a donné ce qu'il a, mais qu'il n'a pas dormi et qu'il a bien agi. 
Dites-moi, frères, les pharisiens d'à présent, comment marchent-ils ?" Le scribe répondit en pleurant : " Maître, les pharisiens d'aujourd'hui portent les habits et le nom de pharisiens, mais ce sont des chananéens dans le cœur et dans leurs œuvres ! Plaise à Dieu qu'ils n'usèrent pas ce nom, ils ne tromperaient pas les simples! O temps passé, comme tu as été cruel envers nous, tu nous as enlevé les vrais pharisiens et tu nous as laissé les faux! "

Chapitre 185 
Jésus répondit : "Frère, ce n'est pas le temps qui a fait cela, mais le monde méchant, car on peut servir Dieu en vérité en tout temps, mais si on s'approche du monde, c'est-à-dire des mauvaises mœurs, on devient méchant en tout temps. Ne sais-tu pas que Géhazi, serviteur du prophète Elisée, à la honte de son maître, vola par un mensonge l'argent et les vêtements d'Aman le Syrien? Et pourtant Elisée avail un grand nombre de pharisiens et Dieu les faisait prophétiser. 
Je te le dis en vérité, les hommes soot si disposés à mal faire, le monde les y pousse tant, et Satan les sollicite tellement au mal, que les pharisiens d'à présent fuient toute bonne action et tout bon exemple. 
Que l'exemple de Géhazi te suffise pour savoir qu'ils sont réprouvés par Dieu. " Le scribe répondit : " C'est tout à fait vrai!" Jésus dit alors : "Je veux que tu racontes l'exemple 
d'Aggée et d'Osée, les deux prophètes de Dieu, pour que nous reconnaissions le vrai pharisien" Le scribe répondit : "Maître, que dirais-je ? Beaucoup ne le croiront certainement pas même si c'est écrit par le prophète Daniel, mais pour t'obéir je te raconterai la vérité. 
Aggée avait quinze ans quand il vendit son patrimoine. L'ayant donné aux pauvres, il sortit 
d' Anatot pour servir le prophète Abdias. Le vieil Abdias donc, qui connaissait l'humilité d'Aggée se servait de lui comme d'un livre pour enseigner ses disciples. Aussi lui faisait-il souvent cadeau de vétements et d'aliments recherchés. Mais Aggée renvoyait toujours le messager en disant : " Va-t-en, retourne à la maison car tu t'es trompé ! Abdias m'enverrait-il 
de telles choses ? Sûrement pas, car il sait que je ne suis bon à rien et que je ne fais que pécher. " Et quand Abdias avait quelque chose de mauvais, il le donnait au plus proche voisin d'Aggée afin que celui-ci le vole. Et en le voyant Aggée se disait : " Tu vois bien qu'Abdias t'a tout à fait oublié, car cela ne convient qu'à moi puisque je suis le plus mauvais de tous. Il n'y a pas de chose si grossière qui ne soit pour moi un trésor si je la reçois d'Abdias : c'est Dieu qui me la donne par ses mains. "

Chapitre 186 
Quand Abdias voulait apprendre à prier à quelqu'un; il appelait Aggée et disait : " Récite ici ta prière pour que chacun entende tes paroles! " Alors Aggée disait : " Seigneur Dieu d'Israël, regarde avec miséricorde ton serviteur qui t'appelle parce que tu l'as créé! Seigneur, Dieu juste, souviens-toi de ta justice et punis les péchés de ton serviteur pour que je ne contamine pas ton œuvre! Seigneur mon Dieu, je ne peux pas te demander les délices que tu donnes à tes serviteurs fidèles, car je ne fais que pécher. Mais Seigneur, quand tu veux donner une maladie à l'un de tes serviteurs, souviens-toi de moi, ton serviteur, pour ta gloire! " Parce qu'Aggée faisait cela, dit le scribe. Dieu l'aima tant qu'il donna le don de prophétie à tous ceux qui se trouvaient avec lui en ce temps là; et il n'y a pas de chose qu'Aggée demandât dans la prière, que Dieu ne lui accordât.

Chapitre 187 
En disant cela, le bon scribe pleurait comme pleure le mariniquand il voit son bateau détruit. Il ajouta : "Quand Osée s'en alla servir Dieu, il était prince de la tribu de Nephtali et âgé de quatorze ans. Ayant vendu son patrimoine et l'ayant donné aux pauvres, il partit pour être disciple d'Aggée. Il était si enflammé de charité, qu'il disait pour tout ce qu'on lui demandait : " Dieu m'a donné cela pour toi, frère, accepte-le donc. " De . cette manière, il n'eut bientôt plus que deux habits : la tunique de cilice et le manteau de peau. Et je dis qu'il vendit le patrimoine et qu'il le donna aux pauvres, car autrement on n'aurait laissé personne prendre le nom de pharisien. 
Osée possédait le livre de Moïse et le lisait avec une ardeur extrême. Ainsi, Aggée lui dit un jour " Osée, qui t'a pris tout ce que tu avais ? " il répondit : " Le livre de Moïse! " Il arriva qu'un disciple d'un prophète voisin voulut aller à Jérusalem. Or il n'avait pas de manteau. 
Ayant entendu parler de la charité d'Osée, il alla le trouver et lui dit : " Frère. je voudrais aller à Jérusalem pour offrir un sacrifice à notre Dieu, mais je n'ai pas de manteau et je ne sais que faire! " ? A ces mots, Osée dit : " Pardonne-moi, frère, j'ai commis un grand péché contre toi : Dieu m'a donné un manteau pour que je te le donne, et je l'ai oublié. Accepte-le donc et prie Dieu pour moi ! " ajoutant foi, l'homme reçut le manteau d'Osée et s'en alla. Quand Osée alla chez Aggée. celui-ci lui dit : " Qui t'a pris ton manteau " Osée répondit Il arriva qu'un pauvre fui dépouillé par des voleurs et qu'il resta nu. Osée l'ayant vu ainsi, se dépouilla de sa tunique et la donna à celui qui était nu, lui-même restant avec un peu de peau de chèvre sur ses parties secrètes. Niais comme il n'allait pas chez Aggée, le bon Aggée pensa qu'Osée était malade. Il alla le trouver avec deux de ses disciples. Ils le trouvèrent enveloppé de feuilles de palmier. Aggée dit alors : " Dis-moi donc pourquoi tu n'es pas venu chez moi? " Osée répondit : " Le livre de Moïse m'a pris ma tunique et j'ai craint d'aller là bas sans tunique. " Alors Aggée lui en donna une autre. Il arriva qu'un jeune homme en voyant Osée lire le livre de Moïse, dit en pleurant : " Moi aussi j'apprendrais bien à lire si j'avais un livre! " A ces mots, Osée lui donna le livre et dit : " Frère, ce livre est à toi car Dieu me l'a donné pour que je le donne à celui qui, en pleurant. désire un livre. " L'homme le crut et accepta le livre.

Chapitre 188 
Un disciple d'Aggée était voisin d'Osée. Voulant voir si son livre était bien écrit, il se rendit chez lui et lui dit : " Frère, prends ton livre et voyons s'il est comme le mien ! " Osée répondit : " On me l'a pris " - " Qui te l'a pris? " dit le disciple. Osée répondit " Le livre de Moïse! " Ce qu'entendant, celui-là alla chez Aggée et lui dit : " Osée est devenu fou car il dit que le livre de Moïse lui a pris le livre de Moïse ! " Aggée répondit : "Pries à Dieu. frère. que je sois aussi fou et que tout les fous soient semblables à Osée ! " Comme les voleurs de Syrie avaient traversé le pays de Judée et pris le fils d'une pauvre veuve qui habitait près du mont Carmel. où habitaient les prophètes et les pharisiens, il arriva qu'Osée, étant allé couper le bois. rencontra la femme qui pleurait. Aussitôt il se mil à pleurer. car quand il voyait rire, il riait, et quand il voyait pleurer. il pleurait. Osée interrogea la femme sur la raison de ses larmes et 
elle lui raconta tout. Osée dit alors : " Viens, soeur, car Dieu veut te rendre ton fils ! " Ils allèrent tout deux à Hébron, où Osée se vendit lui-même et donna l'argent à la veuve. Celle-ci ne sachant comment il avail eu ces deniers, les accepts et racheta son fils. Celui qui l'avait acheté Osée sans le connaître, l'amena à Jérusalem où il habitait. Aggée voyant qu'on ne trouvait plus Osée. en restait affligé. L'ange de Dieu lui dit alors qu'il avail été emmené à Jérusalem comme esclave. En l'entendant, le bon Aggée pleurait l'absence d'Osée comme une mère pleure l'absence de son fils. Ayant appelé deux de ses disciples, il se rendit à Jérusalem. A l'entrée de la ville, par volonté de Dieu, il rencontra Osée portant du pain aux ouvriers de la ville de son maître. L'ayant reconnu, Aggée lui dit : " Fils, comment as-tu abandonné ton vieux père qui te cherche dans la douleur?" Osée répondit : " Père, j'ai été vendu." Aggée dit alors en colère : " Quel est ce méchant qui t'a vendu?" Osée répondit " Que Dieu vous pardonne!, père, car celui qui m'a vendu est si bon que s'il n'était pas dans le monde, personne ne deviendrait saint! " - " Quel est celui là?" dit Aggée. Osée répondit : "Père, c'est le livre de Moïse ! " Le bon Aggée en resta comme égaré et dit " Plaise à Dieu, fils, que le livre de Moïse me vende moi aussi et tous mes fils, comme il t'a vendu! ". 
Et Aggée alla avec Osée chez son maître. Celui-ci ayant reconnu Aggée dit : " Que notre Dieu soit béni qui a envoyé son prophète chez moi !" Et il courut lui baiser les mains. Aggée dit alors : " Frère, baise les mains de ton serviteur que tu as acheté, car il est meilleur que moi ! " Et il lui raconta tout ce qui s'était passé. Le maître rendit donc la liberté à Osée. Est-ce cela que tu désires, Maitre ? "

Chapitre 189 
Jésus dit alors : " C'est bien cela, Dieu me l'a certifié. Et pour que tous sachent que c'est la vérité : au nom de Dieu, que s'arrête le soleil et qu'il ne marche pas pendant douze heures ! " Ce qui se fit à l'effroi de tout Jérusalem et de la Judée . Puis Jésus dit au scribe : " Frère, que désires-tu savoir de moi si tu as une telle connaissance ? Vive Dieu, cela suffit pour le salut de l'homme, car l'humilité d'Aggée et la charité d'Osée accomplissent toute la loi et tous les prophètes. 
Dis-moi, frère, quand tu vins m'interroger dans le temple, croyais-tu peut-être que Dieu m'avait envoyé détruire la loi et les prophètes ? Non, Dieu ne le fera pas, lui qui est immuable . Mais ce que Dieu a déterminé comme voie de salut pour l'homme c'est cela qu'il a fait proclamer par tous les prophètes. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si le livre de Moïse et le livre de David, notre père, n'avaient pas été contaminés par les traditions 
humaines des faux pharisiens et docteurs, Dieu ne m'aurait pas donné sa parole. Que dis-je, le 
livre de Moïse et le livre de David ? C'est toutes les prophéties qu'ils ont contaminées, au point qu'on ne recherche pas aujourd'hui une chose parce que Dieu l'a commandée, mais on regarde si les docteurs l'enseignent et si les pharisiens l'observent, comme si Dieu se trompait et que les hommes ne pouvaient pas se tromper. 
Malheur donc à cette génération incrédule, car viendra sur eux le sang de tous les prophètes et 
justes ainsi que le sang de Zacharie, fils de Barachie, qu'ils tuèrent entre le temple et l'autel ! Lequel des prophètes n'ont-ils pas persécuté ? Lequel des justes ont-ils laissé mourir de mort naturelle ? Presque aucun ! C'est pourquoi ils cherchent maintenant à me tuer. Ils se glorifient d'être les fils d'Abraham et d'avoir le beau temple. Vive Dieu, ils sont fils de Satan; aussi font-ils sa volonté! C'est pourquoi le temple et la ville sainte s'en iront en ruine, et du temple il ne restera pas pierre sur pierre.

Chapitre190 
Dis-moi, frère, toi qui es docteur expert de la loi, )a promesse du Messie faite à notre père Abraham, au sujet de qui est-elle faite? d'Isaac ou d'Ismaël? 1 " Le scribe répondit : " Maître, je crains de te le dire, car il y a danger de mort! " Jésus dit alors : " Frère, je regrette d'être venu manger chez toi puisque tu aimes plus la vie présente que Dieu, ton créateur. C'est donc pour cela que tu crains de perdre la vie et que tu ne crains pas de perdre la' foi et la vie éternelle? Or on perd celle-ci quand la langue dit le contraire de ce que le coeur sait de la loi de Dieu! " 
Le bon scribe dit alors en pleurant : " Maître, si j'avais su que je pouvais avoir quelque influence, j'aurais prêché bien des choses que j'ai tues pour ne pas susciter de sédition dans le peuple. " Jésus répondit : " Il ne faut tenir compte ni du peuple, ni du monde entier, ni de tous les saints, ni dé tous les anges, quand il y a offense de Dieu. Laisse donc tout périr, sans toi-même offenser Dieu, ton créateur, plutôt que tout conserver avec le péché, car le péché détruit et ne conserve pas. Dieu est assez puissant pour créer autant de mondes que la mer a de grains de sable, et bien plus encore."

Chapitre 191 
Le scribe dit alors : " Pardonne-moi, Maître, car j'ai péché ! " Jésus dit : " Que Dieu te pardonne, c'est contre lui que tu as péché! " Puis le scribe dit : " J'ai vu un vieux livre écrit de la main des serviteurs et prophètes de Dieu, Moïse et Josué, celui qui comme toi arrêta le `soleil t. Ce livre est le vrai livre de Moisez. II y est écrit qu'Ismaël est le père du Messie, et qu'Isaac est le père du messager du Messie. Ce messager viendra préparer les voies du Messie. Le livre rapporte que Moise a dit : " Seigneur, Dieu d'Israël, puissant et miséricordieux, manifeste à ton serviteur la splendeur de ta gloire!' " Alors Dieu lui montra son messager dans les bras d'Ismaël, et Ismaël dans les bras d'Abraham. Auprès d'Ismaël se tenait Isaac tenant dans/ses bras un enfant qui de son doigt 
montrait le messager de Dieu en disant : " Voici celui pour qui Dieu â tout créé ! " Alors Moise s'écria avec joie : " Ismaël, tu tiens dans tes bras le monde entier ainsi que le paradis ! Souviens-toi de moi, serviteur de Dieu, afin que je trouve grâce auprès de Dieu par ton fils pour qui il a tout fait. "

Chapitre 192 
On ne trouve pas dans ce livre que Dieu mange de la viande de brebis ou de mouton t. On n'y trouve pas que Dieu ait réservé sa miséricorde au seul Israël, mais au contraire qu'il fait miséricorde à tout homme qui cherche en vérité Dieu son Créateur. Ce livre-là, je n'ai pas pu le lire en entier, car le souverain pontife dans la bibliothèque de qui je me trouvais, me l'interdit en disant qu'un Ismaëlite l'avait écrit ". Jésus dit alors : " Garde-toi de ne plus jamais taire la vérité, car c'est dans la foi du Messie que Dieu donnera le salut aux hommes. Sans elle, personne ne se sauvera." Et Jésus arrêta ici son propos. 
Puis, tandis qu'ils mangeaient, voici que Marie, qui pleura aux pieds de Jésus$, entra dans la maison de Nicodème, car tel était le nom du scribes. Elle se mit en pleurant aux pieds de Jésus et dit : " Seigneur, ta servante qui par toi a trouvé miséricorde auprès de Dieu, a une soeur et un frère. Or celui-ci est malade, en péril de mort. " Jésus répondit : "Où est ta maison, dis-le et j'irai prier Dieu pour sa santé!" Marie répondit : " Béthanie appartient à mon frère et à ma saur; quant à moi, j'habite Magdala. Mon frère est donc à Béthanie ". Jésus dit à la femme : " Va vite chez ton frère et attends moi, car j'irai le guérir. Ne crains pas, il ne mourra pas! " La femme s'en alla. Arrivée à Béthanie, elle trouva que son frère était mort ce jour même. Alors ils le mirent dans le sépulcre de leurs pères.

Chapitre 193 
Jésus resta deux jours chez Nicodème. Le troi-sième jour, il partit pour Béthanie. Près de la ville, il envoya deux disciples en avant pour annoncer sa venue à Mariez. Celle-ci courut hors de la ville, et ayant trouvé Jésus, elle dit en pleurant : " Seigneur, tu m'avais dit que mon frère ne mourrait pas 
Maintenant il est enseveli depuis quatre jours. Plût à Dieu que tu sois venu avant que je t'appelle, car il ne serait pas mort!" Jésus répondit : "Ton frère n'est pas mort, mais il dort, c'est pourquoi je viens le réveiller! " Marie répondit en pleurant : " Seigneur, d'un tel sommeil il sera réveillé au jour du jugement par l'ange de Dieu qui sonnera de ta trompette. " Jésus dit : " Marie, crois-moi, il ressuscitera auparavant, car Dieu m'a donné pouvoir sur son sommeil! Je te le dis en vérité, il c'est pas mort, car seul est mort celui qui meurt sans trouver miséricorde auprès de Dieu . " 
Marie retourna vite annoncer à sa sueur Marthe la venue de Jésus. A la mort de Lazare, une grande foule de Juifs de Jérusalem et beaucoup de scribes et de pharisiens étaient accourus. Marthe ayant entendu dire par sa soeure Marie que Jésus arrivait, se leva en hâte et courut au dehors. La multitude des Juifs, scribes et pharisiens la suivit pour la consoler, car ils croyaient qu'elle allait au sépulcre pleurer son frère. 
Arrivée à l'endroit où Jésus avait parlé avec Marie, Marthe dit en pleurant : " Seigneur. plût à Dieu que tu aies été ici, car mon frère ne serait pas mort!"" Marie survint à ce moment en pleurant. Alors Jésus pleura et dit en soupirant : "Où l'avez vous mis?" Ils répondirent : "Viens voir!" Les pharisiens disaient entre eux : " Lui qui ressuscita le fils de la veuve à Naïn . pourquoi a-t-il laissé mourir Lazare alors qu'il avait dit qu'il ne mourrait pas?" 
Arrivé au sépulcre où chacun pleurait, Jésus dit :" Ne pleurez pas, car Lazare dort et je suis venu le réveiller! " Les pharisiens disaient : " Plaise à Dieu que tu dormes de cette manière-là ! " Jésus dit alors : " Mon heure n'est pas encore venue, mais quand elle viendra, je m'endormirai de la même manière et je serai vite réveillé. " Jésus dit encore : " Enlevez la pierre du sépulcre ! " Marthe dit : " Seigneur. il sent mauvais, car il y a quatre jours qu'il est mort! " Jésus dit : " Pourquoi suis-je donc venu ici, Marthe ? Ne crois-tu pas que je le réveillerai ? " Marthe répondit : "Je sais que tu es le saint de Dieu qui t'a envoyé en ce monde. " 
Alors, les mains levées au ciel, Jésus dit : " Sei-gneur, Dieu d'Abraham, Dieu d'Ismaël et d'Isaac, Dieu de nos pères, aie pitié de la douleur de ces femmes et rends gloire à ton saint Nom ! " Chacun ayant répondu " Amen " u, Jésus dit d'une voix forte " Lazare, viens dehors! " Alors le mort se leva. Jésus dit à ses disciples : " Déliez-le ! " En effet, il était lié dans le linceul avec le suaire sur le visage, comme nos pères ont coutume d'ensevelir. 
Une grande foule de Juifs et quelques pharisiens crurent en Jésus, car le miracle était grand. Ceux qui restèrent dans leur incrédulité s'ils allèrent à Jérusalem et racontèrent aux princes des prêtres la résurrection de Lazare et comment beaucoup étaient devenus Nazaréens. C'est ainsi qu'ils appelaient ceux qui faisaient pénitence à la parole de Dieu que prêchait Jésus.

Chapitre 194 
Les scribes, les pharisiens et le souverain pontife tinrent conseil pour tuer Lazare, car beaucoup renonçaient à leurs traditions et croyaient à la parole de Jésus 1. En effet, le miracle de Lazare était grand 
il conversait avec les hommes, il mangeait et buvait. Mais comme il était puissant, bien introduit à Jéru-salem et qu'avec ses sueurs il était propriétaire de Magdala et de Béthanie, ils ne savaient que faire. 
Jésus entra à Béthanie, dans la maison de Lazare. Marthe et Marie le servaient=. Un jour que Marie était assise aux pieds de Jésus et qu'elle écoutait ses paroles, Marthe dit à Jésus : " Seigneur, ne vois-tu pas que ma sueur ne prend pas soin de toi et ne se soucie pas de ce que toi et tes disciples vous devez manger?" Jésus répondit : "Marthe, Marthe, occupes-toi de ce que tu dois faire, car Marie a choisi une part qui ne lui sera jamais enlevée !' 
Pendant qu'il était assis à table avec une grande foule de ceux qui croyaient en lui, Jésus déclara " Frères, je dois rester avec vous peu de temps encore, car le temps est proche où je quitterai ce monde. Aussi je vous rappelle les paroles de Dieu au prophète Ezéchiel : " Aussi vrai que je vis éternelle-ment, moi votre Dieu, l'âme qui péchera, mourra ; par contre, si le pécheur fait pénitence, il ne mourra pas, mais il vivra." La mort présente n'est pas une mort, mais plutôt la fin d'une longue mort. En effet, quand le corps est évanoui, privé de sens, il ne vaut pas mieux qu'un cadavre bien que l'âme soit en lui, sauf que le cadavre attend que Dieu le ressuscite, tandis que l'évanoui attend que la sensibilité lui revienne. 
Prenez donc garde que la vie présente ne soit une mort si vous n'avez pas le sens de Dieu.

Chapitre 195 
Ceux qui croiront en moi ne mourront jamais, car par ma parole ils sentiront Dieu en eux-mêmes et ils feront leur salut t. Qu'est-ce que la mort, sinon un acte que fait la nature sur l'ordre de Dieu? Comme si quelqu'un tenait un oiseau attaché par une corde qu'il garderait en main. Si la tête veut que l'oiseau s'envole, que fait-elle? Elle ordonne naturellement à la main de s'ouvrir et l'oiseau fuit aussitôt. Quand l'homme est sous la protection de Dieu, notre âme est, selon le prophète David, comme un passereau délivré de la ruse du chasseur. Notre vie est comme une corde par laquelle ta nature tient l'âme attachée au corps et à la sensibilité. Quand Dieu veut et ordonne à la nature de s'ouvrir, la vie se brise et l'âme se réfugie entre les mains de l'ange que Dieu a établi pour recevoir les âmes. 
Que les amis ne pleurent donc pas quand leur ami est mort, car c'est ainsi que notre Dieu fa voulu ! Mais qu'ils pleurent sans fin quand il pèche, car alors l'âme meurt, puisqu'elle se sépare de Dieu sa vraie vie. En effet, si le corps privé de l'âme est horrible, bien plus épouvantable est l'âme privée de Dieu qui la rend belle et la vivifie par sa grâce et sa miséricorde. 
Sur ces mots, Jésus rendit grâces à Dieu. Lazare dit alors : " Maître, cette maison appartient à Dieu mon créateur ainsi que tout ce qu'il m'a donné. en garde pour le service des pauvres; mais comme tu es pauvre et que tu as un grand nombre de disciples, viens habiter ici quand tu veux et aussi longtemps que tu veux, car le serviteur de Dieu te donnera pour l'amour de Dieu tout ce qui te sera nécessaire.

Chapitre 196 
Entendant cela, Jésus se réjouit et dit : " Vous voyez comme il est bon de mourir! Lazare n'est mort qu'une fois et il a appris une doctrine si grande que ne la connaissent pas les plus grands savants du monde, qui ont vieilli parmi les livres. Plaise à Dieu que tout homme meure une seule fois et revienne au monde comme Lazare, pour que les hommes appren-nent à vivre ! " 
Jean répondit : " Maître, m'est-il permis de dire un mot?" - " Dis-en mille, répondit Jésus, car l'homme doit distribuer la doctrine de même qu'il doit distribuer les biens pour le service de Dieu. Et ce devoir est d'autant plus grand que la parole peut) ressusciter une âme par la pénitence tandis que les biens ne peuvent pas rendre la vie à un mort. C'est 
donc un meurtrier celui qui a le moyen d'aider un pauvre et qui le laisse mourir de faim sans l'aider. Mais plus grand meurtrier encore est celui qui peut convertir le pécheur à la pénitence par la parole de Dieu et qui ne le convertit pas. se tient, selon la parole de Dieu, comme un chien muet'. C'est contre eux que Dieu dit : " Je reprendrai de tes mains, serviteur infidèle, l'âme du pécheur qui périra parce que tu lui as caché tua parole ! " Dans quel état se trouvent donc maintenant les scribes et les pharisiens! Ils ont la clef et ne veulent pas entrer; au contraire ils font obstacle à ceux qui veulent entrer dans la vie éternelle! Jean, tu me demandes la permission de dire un mot, alors que tu en as écouté cent mille de ma part. En vérité, je te le dis, je suis obligé de t'écouter dix fois plus que tu ne m'as écouté. Celui qui ne veut pas écouter l'autre péchera chaque fois qu'il parlera, car nous devons faire aux autres ce que nous voulons pour nous et ne pas leur faire ce que nous-mêmes ne voulons pas rece-voir. " 
Jean dit alors : " Maître, pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné aux hommes de mourir une fois et de revenir comme Lazare pour qu'ils apprennent à se connaître eux-mêmes et à connaître leur créateur? "

Chapitre 197 
Jésus répondit : " Dis-moi, Jean, un père de famille donna une excellente hache à l'un de ses serviteurs pour qu'il coupe les taillis qui gênaient la vue de la maison. Mais l'ouvrier négligea la hache et dit : " Si le patron me donnait une vieille hache, je couperais facilement les taillis! " Jean, dis-moi ce que fit le patron? Dans sa colère, il prit la vieille hache et il lui en frappa la tête en disant : " Pares-seux et scélérat! Je t'ai donné une hache avec laquelle tu pouvais sans peine couper les taillis et tu cherches celle-ci qu'on n'emploie qu'avec grande fatigue et qui abîme tellement tout ce qu'elle coupe que ce n'est plus bon à rien ! Je veux que tu coupes les taillis de telle manière que/le travail soit bien fait ! " Est-ce que ce n'est pas juste ? " Jean répon-dit : " Tout à fait juste. " 
Jésus dit alors : "Aussi vrai que je vis éternelle-ment, dit Dieu, j'ai donné une bonne hache à tout homme, et cette hache c'est de voir enterrer un mort. Ceux qui utilisent bien cette hache-là enlèvent sans difficulté de leur coeur, te taillis des péchés si bien qu'ils reçoivent ma grâce et ma miséricorde et je leur donne en récompense la vie éternelle parce qu'ils ont bien agi. Mais celui qui oublie qu'il est mortel alors qu'à tout instant il en voit d'autres mourir et qui dit : " Si je voyais l'autre vie, j'agirais bien! " ma fureur sera sur lui et je le frapperai tant par la mort qu'il ne recevra plus jamais aucun bien ! " O Jean, dit Jésus, qu'il est grand l'avantage de celui qui par la chute des autres apprend à se tenir debout ! "

Chapitre 198 
Lazare dit alors : " Maître, je te le dis en vérité, je ne peux pas imaginer la peine que mérite celui qui voit à tout instant des morts portés au tombeau et qui ne craint pas Dieu, notre créateur ! Ainsi par les choses de ce monde qu'il devra complète-ment abandonner, il offense son créateur qui les lui a données. 
Jésus dit alors à ses disciples : " Vous m'appelez Maître et vous faites bien, car Dieu vous enseigne par ma bouche', mais comment appeierez-vous en vérité Lazare puisqu'il est ici maître de tous les maîtres qui enseignent la doctrine de ce monde ? Je vous ai donc enseigné à bien vivre, mais Lazare vous enseignera à bien mourir. Vive Dieu , il a reçu le don de la prophétie ; écoutez donc ses paroles qui sont vérité ! Vous devez d'autant mieux l'écouter qu'il est vain de bien vivre 'et de mal mourir. " 
Lazare dit : "Maître, je te remercie de faire apprécier la vérité. Dieu t'en accordera un grand mérite. " Celui qui écrit dit alors : " Maître, comment Lazare dit-il la vérité en te disant " tu mériteras, puisque tu as dit à Nicodème que l'homme ne mérite que la peine ? Seras-tu donc puni par Dieu ? " 
Jésus répondit : " Plût à Dieu que je reçoive de Dieu une peine en ce monde, car je ne l'ai pas servi aussi fdèlement que je le devais. Pourtant, dans sa miséricorde, Dieu nia tellement aimé qu'il a éloigné de moi toute peine. et que je ne serai tourmenté que dans une autre personne. Une peine me convenait en effet puisque les hommes m'avaient appelé Dieu. Mais comme j'ai confessé non seule-ment que je ne suis pas Dieu -ce qui est la vérité -mais que je ne suis pas le Messie, Dieu m'a enlevé la peine et il la fera endurer à un méchant en mon nom. Moi, je n'aurai que la honte. 
Aussi je te le dis, mon Barnabé, quand l'homme parle de ce que Dieu donnera à son prochain, qu'il dise que son prochain mérite. Mais quand il parle de ce que Dieu lui donnera à lui-même, qu'il fasse attention à dire " Dieu m'accordera " et non pas "je mérite ". Dieu se complaît en effet à accor-der sa miséricorde à ses serviteurs quand ils confessent qu'ils méritent/l'enfer pour leurs péchés. "

Chapitre 199 
Dieu est si riche en miséricorde que l'eau de mille mers, s'il s'en trouve autant, ne peut éteindre une seule étincelle des flammes de l'enfer, tirndis qu'une seule larme de celui qui se plaint d'avoir offensé Dieu éteint l'enfer tout entier par la grande miséricorde avec laquelle Dieu le secourt. 
Aussi, pour la confusion de Satan et pour démon-trer sa propre libéralité, Dieu dans sa miséricorde veut appeler " mérite " toute bonne t!euvre de son serviteur fidèle et il veut que l'homme parle ainsi de son prochain. Mais que l'homme se garde bien de dire de lui-même " je mérite", car il serait condamné ! ".

Chapitre 200 
Tourné vers Lazare, Jésus lui dit : " Frère, puis-que je dois rester peu de temps en ce monde, quand je serai proche de ta maison, je n'irai plus ailleurs. Tu me serviras, non par amour pour moi, mais pour l'amour de Dieu. " 
La Pâque des Juifs était proche'. Jésus dit alors à ses disciples : " Allons à Jérusalem manger l'agneau pascal ! " Il envoya Pierre et Jean vers la ville en disant : " Près de la porte de la ville vous trouverez une ânesse avec un ânon. Déliez-la et amenez-la ici car j'en ai besoin pour me rendre à Jérusalem. Si quelqu'un vous interroge en disant : " Pourquoi la déliez-vous? " Dites-lui : " Le Maître en a besoin! " Et ils vous laisseront l'emmener. " 
Les disciples partirent et trouvèrent tout ce que Jésus leur avait dit. Ils amenèrent donc l'ânesse avec l'ânon. lis mirent leur manteau sur l'ânon et Jésus l'enfourcha. Or, ayant entendu dire que Jésus de Nazareth s'approchait, les hommes de Jérusalem, tout désireux de le voir, sortirent avec les enfants. Ils portaient en main des rameaux de palmiers et d'oliviers et chantaient : " Béni soit celui qui vient à nous au nom de Dieu! Hosanna, fils de David! " 
Quand Jésus eut atteint la ville, .les hommes éten-dirent leurs vêtements sous les pieds de l'âne en chantant ; " Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu! Hosanna, fils de David!" Les pharisiens le reprochèrent à Jésus' : " Ne vois-tu donc pas ce qu'ils disent? Fais-les taire ! " Jésus leur dit : " Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si les hommes se taisent, les pierres crieront contre l'incrédulité des méchants pécheurs ! " A ces mots, toutes les pierres de Jérusalem crièrent avec fracas : " Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu ! " 
Cependant, les pharisiens demeurèrent dans leur incrédulité. S'étant réunis, ils tinrent conseil entre eux pour le surprendre dans ses paroles.

Chapitre 201 
Quand Jésus fut entré dans le temple, les scribes et les pharisiens lui présentèrent une femme surprise en adultère'. Ils disaient entre eux : " S'il la sauve, il est contre la loi de Moïse et nous le tenons pour coupable! Mais s'il la condamne, il est contre sa propre doctrine, car il prêche la miséricorde ! " S'étant présentés à Jésus, ils dirent : " Maître, nous avons trouvé cette femme en adultère. Moïse ordonna qu'elle soit lapidée, mais toi qu'en dis-tu ? " Jésus se baissa et, du doigt, il fit par terre un miroir dans lequel chacun voyait ses iniquités . Pourtant, comme ils insistaient pour avoir la réponse, Jésus se leva et montrant du doigt le miroir, il dit : " Celui d'entre vous qui- est sans péché, qu'il soit le premier à la lapider!" Et de nouveau, il se baissa pour former le miroir. Voyant cela, les hommes sortirent un par un, en commençant par les plus vieux car ils avaient honte de voir leurs abominations. 
S'étant relevé et ne voyant personne d'autre que la femme, Jésus dit : " Femme, où sont ceux qui te condamnèrent ? " La femme répondit en pleurant 
" Seigneur, ils sont partis et si tu me pardonnes, vive Dieu, je ne pêcherai plus! " Jésus dit alors " Dieu soit béni, va-t'en en paix et ne pèche plus, car Dieu ne m'a pas envoyé pour te condamner!" Ayant réuni les scribes et les pharisiens, Jésus leur dit : " Dites-moi, si l'un de vous avait cent brebis et qu'il en perdait une, n'iriez-vous pas la chercher en laissant les quatre-vingt-dix-neuf? et rayant trouvée, ne la mettriez-vous pas sur vos épaules ? Après avoir réuni les voisins, ne diriez-vous pas : " Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la brebis que j'avais perdue ! " Oui, vous le feriez! Or dites-moi, notre Dieu aimerait-il moins l'homme pour lequel il a fait le monde? Vive Dieu, c'est ainsi qu'on se réjouit chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence, car les pécheurs font connaître la miséricorde de (Dieu)!'-

Chapitre 202 
Dites-moi, quels sont ceux qui aiment le plus le médecin ? Ceux qui n'ont jamais été malades, ou bien ceux que le médecin a guéris d'une grave maladie ? " Les pharisiens répondirent : " Comment celui qui est en bonne santé aimerait-il le médecin? II ne l'aimera que pour ne pas tomber malade. Mais comme il ne connaît pas la maladie, il aimera peu le médecin.' " 
Dans la force de l'esprit, Jésus dit alors : " Vive Dieu, vos langues condamnent votre orgueil. Oui, le pécheur qui fait pénitence et qui reconnaît la grande miséricorde de Dieu à son égard, aime plus notre Dieu/que le juste, car le juste ne connaît pas la miséricorde de Dieu ! Aussi se réjouit-on plus chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes2. Où sont les justes de notre temps? Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, il est grand le nombre des justes injustes et dont la condition est égale à celle de Satan! " 
Les scribes et les pharisiens répondirent : " Nous sommes pécheurs? Dieu nous fera donc miséri-corde ! " Ils dirent cela pour le tenter, car les scribes et les pharisiens tiennent pour insulte suprême d'être appelé pécheurs. Jésus dit alors : "Je crains que vous ne soyez des justes injustes. Car si vous avez péché et que vous niez le péché, tout en vous appelant justes, vous êtes injustes. Et si dans votre coeur vous vous considérez justes mais qu'avec votre langue vous vous dites pécheurs, vous êtes dou-blement des justes injustes ! " A ces paroles, les scribes et les pharisiens furent remplis de confusion et s'en allèrent en laissant Jésus en paix avec ses disciples. Ceux-ci allèrent chez Simon le lépreux, qu'il avait guéri de la lèpre. Les habitants de la ville rassem-blèrent les malades dans la maison de Simon et ils prièrent Jésus pour la santé des malades, Jésus sachant que son heure était proche, dit alors :" Appelez tous les malades possibles, Dieu est assez puissant et miséricordieux pour les guérir. " Ils répondirent : " Nous ne connaissons pas d'autre malade ici à Jérusalem. " Jésus répondit en pleu-rant : " O Jérusalem, O Israël, je pleure sur toi car tu ne sais pas la visite que tu reçois. J'ai voulu en effet te ramener à l'amour de Dieu, ton créateur, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes et tu ne l'as pas voulu s. C'est pourquoi Dieu te dit ceci .

Chapitre 203 
O ville au coeur dur et à l'esprit pervers ! Je t'ai envoyé mon serviteur afin que tu te convertisses en ton coeur t et que tu fasses pénitence. Mais toi, ô ville de confusion, tu as oublié tout ce que j'ai fait contre l'Egypte et Pharaon pour ton amour, ô Israël! Souvent tu pleures pour que mon serviteur guérisse ton corps de la maladie et tu cherches à tuer mon serviteur parce qu'il cherche à te guérir l'âme du péché! 
Seras-tu donc la seule que je ne punirai pas? Vivras-tu toujours ? Ton orgueil te libérera-t-il de mes mains ? Certainement pas! Car j'amènerai contre toi des princes et des armées. Ils fassiègeront et je te livrerai si bien dans leurs mains que ton orgueil tombera en enfer! 
Je ne pardonnerai pas aux vieillards, ou aux veuves, je ne pardonnerai pas aux enfants, mais je vous livrerai tous à la faim, à l'épée et à la dérision! Et le temple, que je regardai avec miséricorde., je le rendrai désert ainsi que la ville et vous serez la fable, la dérision et le proverbe des nations'. C'est ainsi que ma fureur s'est arrêtée sur toi et que veille mon indignation ! "

Chapitre 204 
Puis Jésus ajouta : " Vous ne savez pas s'il y a d'autres malades ! Vive Dieu, à Jérusalem ceux dont l'âme est saine sont moins nombreux que ceux dont le corps est malade ! Afin que vous connaissiez la vérité, je vous le dis, malades'. au nom de Dieu, que la maladie s'éloigne de vous!'" A peine avait-il dit cela qu'ils furent guéris. 
Les hommes pleuraient. ayant senti la colère de Dieu sur Jérusalem et ils imploraient miséricorde. Jésus dit alors : " Si Jérusalem pleure ses péchés et fait pénitence, en marchant dans mes voies, dit Dieu, je ne me souviendrai plus de ses iniquités et je ne lui ferai aucun des maux que j'ai dits. Mais Jérusalem pleure sa ruine et non pas le déshonneur qu'elle m'inflige en faisant blasphémer mon nom par les nations. Aussi ma fureur s'enflamme-t-elle beaucoup plus ! Aussi vrai que je vis à jamais, si Job, Abraham, Samuel, David, Daniel, mes servi-teurs, ainsi que Moïse, priaient pour ce peuple, ma colère ne s'apaiserait pas sur Jérusalem!' " 
Ayant dit cela, Jésus se retira dans la maison, tandis que chacun demeurait dans la crainte.

Chapitre 205 
Pendant que Jésus prenait le repas du soir avec ses disciples chez Simon le lépreux, voici que Marie, sueur de Lazare, entra dans la maison. Ayant brisé un vase, elle répandit du parfum sur la tête et les vêtements de Jésus. 
Voyant cela, Judas le traître voulait empêcher Marie de le faire en disant : " Va vendre le parfum, rapporte l'argent et je le donnerai aux pauvres ". Jésus dit : " Pourquoi l'empêches-tu ? Laisse-la faire car vous aurez toujours des pauvres avec vous, mais moi, vous ne m'aurez pas toujours! " Judas répondit : " Maitre, on pourrait vendre ce parfum trois cents deniers. Vois combien de pauvres seraient aidés!'" Jésus répondit : "Judas, je connais ton coeur, mais sois patient, je te donnerai tout! " Tous mangèrent avec crainte et les disciples s'attristaient car ils savaient que Jésus devait bientôt les quitter. Mais Judas, indigné à la pensée de perdre trente deniers sur le parfum qu'on ne vendait pas, puisqu'il volait le dixième de tout ce qu'on donnait à Jésus'; alla trouver le grand prêtre'. Celui-ci réunit en conseil de prêtres, scribes et pharisiens. Judas s'adressa à eux en ces termes " Que voulez-vous me donner et je livrerai entre vos mains Jésus qui veut se faire roi d'Israël?" lls répondirent : " Comment le livreras-tu entre nos mains ? " Judas répondit : " Quand je saurai qu'il va prier hors de la ville, je vous le dirai et je vous conduirai où il se trouvera, car le prendre en ville ne se passera pas sans émeute. " Le pontife répondit " Si tu le livres entre nos mains, nous te donnerons trente deniers d'or 6 et je te ferai tout le bien que tu voudras .

Chapitre 206 
Quand il fit jour, Jésus monta au temple avec une grande multitude de gens 1. Le pontife s'approcha de lui et dit : " Dis-moi, Jésus, as-tu oublié ce que tu as proclamé, que tu n'es ni Dieu, ni fils de Dieu, ni non plus le Messie ? " Jésus répondit : " Certes non, je ne l'ai pas oublié; j'ai proclamé et je proclamerai au tribunal de Dieu au jour du jugement que tout ce qui est écrit dans le livre de Moïse est absolument vrai, c'est-à-dire que Dieu, notre créateur, est uni-que, que moi je suis son serviteur et que je désire servir de messager de Dieu que vous appelez Messie. " 
Le pontife dit alors : " A quoi bon venir au temple avec une telle multitude ? Chercherais-tu à te faire roild'Israël ? Prends garde qu'il ne t'arrive quelque malheur!" Jésus répondit : " Si je cherchais ma gloire et si je voulais ma part en ce monde, je ne me serais pas enfui quand le peuple de Naïn voulut me faire roi. Crois-moi, en vérité je ne cherche rien en ce monde!" Le pontife dit alors : " Nous voudrions encore apprendre quelque chose sur le Messie. " A ce moment, les prêtres, scribes et pharisiens firent cercle autour de Jésus. Celui-ci répondit : "Que cherches-tu à savoir sur le Messie? Le mensonge, peut-être ? Moi, je ne te mentirai certainement pas. Si j'avais menti, tu m'aurais adoré, ainsi que les scribes, les pharisiens et tout Israël. Mais comme je vous dis la vérité, vous me haïssez et vous cherchez à me tuer! ' " Le pontife dit : " Maintenant, nous savons que tu as le diable au corps, car tu es 
Samaritain' et tu n'as pas de respect pour le pontife de Dieu. "

Chapitre 207 
Jésus répondit : " Vive Dieu. je n'ai pas le diable au corps', au contraire je cherche à chasser le diable, c'est pourquoi il excite le monde contre moi, car je ne suis pas de ce monde x. Je désire au contraire que Dieu soit glorifié, lui qui m'a envoyé au monde". Ecoutez-moi donc, je vais vous dire qui a le diable au corps! Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui agit selon la volonté du diable, c'est celui-là qui a le diable au corps! Le diable lui a imposé le mors de sa volonté et il le dirige à son gré en le faisant courir vers toute iniquité. De même qu'un vétement change de nom quand change la personne, bien que ce soit exacte-ment la même étoffe, ainsi les hommes : bien qu'ils soient tous faits d'une même matière, ils sont diffé-rents à cause des aeuvres de celui qui agit en l'homme. 
Si j'ai péché, comme je le sais, pourquoi ne me reprenez-vous pas comme un frère, au lieu de me hoir comme un ennemi ? En vérité, les membres d'un corps se secourent l'un l'autre s'ils sont unis à la tête ; et ils ne secourent pas ceux qui sont coupés de la tête. En effet, les mains ne, sentent pas la douleur des pieds d'un autre corps, mais celle du corps auquel/elles sont unies. Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui craint et aime Dieu, son créateur, éprouve un sentiment de miséricorde pour ceux à qui Dieu, son chef, fait miséricorde. Dieu, en effet, ne veut pas la mort du pécheur, mais il attend sa pénitences et celle de tous. Si vous faisiez partie de ce corps dans lequel je suis incorporé, vive Dieu, vous m'aideriez à agir selon mon chef.

 

Chapitre 208 
Si je commets l'iniquité, reprenez-moi et Dieu vous aimera car vous ferez sa volonté, mais si personne ne peut me reprendre de péché t, c'est signe que vous n'êtes pas fils d'Abraham, comme vous vous appelez et que vous n'êtes pas rattachés à cette tête à laquelle Abraham était rattaché'. Vive Dieu, Abraham aima tellement Dieu que non seulement il mit en pièces les fausses idoles et qu'il abandonna ,son père et sa mère, mais qu'il voulut tuer son propre fils pour obéir à Dieu . " 
Le pontife répondit : " C'est cela que je te deman-de, et je ne cherche pas à te tuer! Dis-nous donc qui fut le fils d'Abraham ? " Jésus répondit :" Le zèle de ton honneur, ô mon Dieu, me brûle' et je ne peux pas me taire. Aussi je le dis en vérité, le fils d'Abraham fut Ismaël, de qui doit descendre le Messie selon la promesse faite à Abraham de bénir en lui toutes les tribus de la terre. " 
En entendant cela, le pontife se mit en colère et s'écria : " Lapidons cet impie. C'est un Ismaëlite. II a blasphémé contre Moise et contre la loi de Dieu. " Tous les scribes, les pharisiens et les anciens du peuple, prirent des pierres pour lapider Jésus. Mais il disparut à leurs yeux et sortit du temple. Cepen-dant dans leur grande volonté de tuer Jésus, aveu-glés de fureur et de haine, ils se blessèrents si bien les uns et les autres, que mille hommes en mouru-rent. C'est ainsi qu'ils souillèrent le temple saint. 
Les disciples et les croyants qui virent Jésus sortir du temple - car pour eux il ne fut pas caché -, le suivirent chez Simon. Nicodème y vint et conseilla à Jésus de sortir de Jérusalem et d'aller au-delà du torrent Cédron' : " Seigneur, j'ai un jardin et une maison au-delà du torrent Cédron. Aussi, je vous en prie, allez-y avec quelques-uns de vos disciples "

Chapitre 209 
En ce temps-là, comme la vierge Marie, mère de Jésus, se tenait en prière, l'ange Gabriel la visita et lui raconta la persécution de son fils, Puis il dit : "Ne crains pas, Marie, Dieu le préservera du monde!" Alors, Marie quitta Nazareth en pleurant, venant chercher son fils à Jérusalem, chez sa sœur Marie Salomé. Mais comme il s'était retiré en secret au-delà du torrent du Cédron, elle ne put le voir en ce monde qu'après le comble de l'opprobre, car alors l'ange Gabriel, l'ange Michel, Raphaël et Uriel le lui présentèrent par ordre de Dieu.

Chapitre 210 
Le départ de Jésus avait jeté la confusion dans le temple. Le pontife se mit alors en évidence et fait de la main signe de silence. "Frères, dit-il, que faisons-nous? croyez-vous pas qu'il a trompé tout le monde par son art diabolique? Comment donc a-t-il disparu s'il n'est pas magicien? S'il était saint et Prophète, il ne blasphémerait certainement pas contre Dieu, contre Moïse son serviteur et contre le Messie qui est l'espérance d'Israël. Que dis-je? Il a blasphémé notre sacerdoce tout en entier! Aussi je le dis en vérité, s'il n'est pas supprimé, Israël sera souillé et notre Dieu nous livrera au nations. Voyez donc comme ce saint temple est souillé par lui!" Et le pontife parla de telle manière que beaucoup s'éloignèrent de Jésus. 
Alors la persécution, de secrète qu'elle était, devint ouverte. Le pontife se rendit personnellement chez Hérode et chez le gouverneur romain en accusant Jésus de vouloir se faire roi d'Israël. Ils avaient là-dessus de faux témoins. On tint conseil générale contre Jésus car le décret romain leur faisait peur; deux fois déjà en effet le sénat avait émis un décret au sujet de Jésus. dans le premier, il était interdit, sous peine de mort, d'appeler Jésus nazaréen, Prophète des Juifs, Dieu ou fils de Dieu. Dans l'autre, on interdit à quiconque sous peine de mort de se quereller à propos de Jésus nazaréen, Prophète des Juifs. Aussi y avait-il un grand différend entre eux à ce sujet. Certains voulaient qu'on écrivit de nouveau à Rome contre Jésus; d'autres disaient qu'on devaient laisser Jésus en paix sans se soucier aucunement de ses paroles, comme pour un fou; d'autres alléguaient les grands miracles qu'il faisait. 
Mais le souverain pontife déclara que personne, sous peine d'anathème, ne devrait dire un mot pour défendre Jésus. Et il s'adressa à Hérode et au gouverneur en ces termes : "De toute façon, nous avons un mauvais parti entre les mains, car si nous tuons ce pécheur, nous aurons agi contre le décret de César, mais si nous le laissons vivre et qu'il se fasse roi, qu'arrivera-t-il?" 
Hérode se dressa alors et menaça le gouverneur en disant : "Prends garde que par ta complaisance envers lui cette nation ne se rebelle, car alors je t'accuserai de rébellion devant César ". Le gouverneur craignit alors le sénat et il fit la paix avec Hérode, car auparavant ils se haïssaient à mort, et ils ne firent plus qu'un pour la mort de Jésus. Ils dirent au pontife : "Chaque fois que tu sauras où se trouve ce malfaiteur, fais appel à nous et nous te donnerons les soldats!" 
Cela arriva pour que s'accomplisse la prophétie de David au sujet de Jésus, Prophète d'Israël : "Les princes et les rois de la terre se sont unis contre le saint d'Israël car il leur annonce le salut du monde ". Et ce jour-là, on se mit à chercher Jésus partout à Jérusalem.

Chapitre 211 
Chez Nicodème, au-delà du torrent Cédron, Jésus réconfortait ses disciples en disant : "L'heure est proche où je quitterai le monde, mais consolez-vous, ne vous attristez pas, car là où je vais je ne souffrirai aucune tribulation. Seriez-vous mes amis si vous vous attristez pour mon bien? Non, bien sûr, bien plutôt des ennemis! Quand le monde se réjouit, attristez-vous, car la joie du monde se change en deuil. Mais votre tristesse se changera en joie, et votre joie, personne ne vous l'enlèvera; le monde entier ne peut enlever la joie que le cœur éprouve en Dieu, son créateur. 
Prenez garde d'oublier les paroles que Dieu vous a dites par ma bouche! Faites en sorte d'être mes témoins contre quiconque contaminera le témoignage que j'ai donné contre le monde et contre les amis du monde par mon Evangile."

Chapitre 212 
Les mains levées vers le Seigneur, il pria : "Seigneur, notre Dieu, Dieu d'Abraham, Dieu d'Ismaël et d'Isaac, Dieu de nos pères, fais miséricorde à ceux que tu m'as donnés et sauve-les du monde! je ne dis pas : enlève-les du monde! car il est nécessaire qu'ils témoignent contre ceux qui contamineront mon Evangile, mais je te prie, garde les du mal, pour qu'ils viennent avec moi au jour de ton jugement témoigner contre le monde et contre la maison d'Israël qui a contaminé ton alliance. 
Seigneur, Dieu fort et jaloux qui venges l'idolâtrie des pères idolâtres dans leurs fils jusqu'à la quatrième génération, maudit à jamais quiconque contaminera l'évangile que tu me donna en y écrivant que je suis ton fils, car moi qui suis boue et poussière, serviteur de tes serviteurs, jamais je n'ai pensé que j'étais ton bon serviteur. En effet, je ne puis rien te rendre pour ce que tu m'as donné puisque tout t'appartient! 
Seigneur Dieu miséricordieux, qui fait miséricorde pendant mille générations à ceux qui te craignent, fais miséricorde à ceux qui croient aux paroles que tu m'as données. Car de même que tu es vrai Dieu, de même la parole que j'ai dite est vraie puisqu'elle est tienne. En effet j'ai toujours parlé comme celui qui lit et qui ne peut lire que ce qui est écrit dans son livre. Aussi ai-je annoncé tout ce que tu m'as dit. 
Seigneur Dieu sauveur, sauve ceux que tu m'as donnés pour que Satan ne puisse rien contre eux! Sauves-les, et non seulement eux, mais aussi toux ceux qui croiront en eux! 
Seigneur libéral et riche en miséricorde, accorde à ton serviteur de faire partie de la congrégation de ton Messager au jour du jugement. Non seulement moi, mais tous ceux que tu m'as donnés et même tous ceux qui me croiront à cause de leur prédication. Fais-le pour toi même, Seigneur, afin que Satan ne s'en glorifie pas contre toi! Seigneur Dieu qui dans ta providence as pourvu ton peuple d'Israël de tout le nécessaire, souviens-toi de toutes les tribus de la terre. Tu as promis de les bénir par ton Messager pour lequel tu as crée le monde! Fais miséricorde au monde et envoie vite ton Messager pour que Satan, ton ennemi, perde son empire." 
Puis Jésus ajouta trois fois : "Qu'il en soit ainsi, Seigneur, Dieu grand et miséricordieux!" Et tous répondirent en pleurant : "Qu'il en soit ainsi!" sauf Judas car il ne croyait rien.

Chapitre 213 
Venu le jour de manger l'agneau, Nicodème envoya secrètement l'agneau au jardin pour Jésus et ses disciples et leur annonça ce qu'Hérode, le gouverneur et le pontife avaient décrété. Jésus se réjouit en esprit et dit : "Béni soit ton saint nom, Seigneur, car tu ne m'as pas séparé du nombre de tes serviteurs qui ont été persécutés par le monde et tués! Je te remercie, mon Dieu, car j'ai accompli ton œuvre." 
Puis, tourné vers Judas, il lui dit : "Qu'attends-tu, mon ami? mon temps est proche, va donc et fais ce que tu dois faire!" Les disciples crurent que Jésus l'envoyait acheter quelque chose pour le jour de la Pâque. Cependant Jésus savait que Judas le trahissait, mais comme il désirait quitter ce monde, il parla de cette manière. Judas répondit : "Maître, laisse-moi manger et je m'en irai." -"Mangeons, dit Jésus, parce que j'ai grandement désiré manger cet agneau avant de vous quitter!" 
S'étant levé, il prit une serviette et se ceignit les reins. Ayant versé de l'eau dans une cuvette, il se mit à laver les pieds de ses disciples, en commençant par Judas. Quand il arriva à Pierre, celui-ci lui dit : "Maître, c'est toi qui veut me laver les pieds?" Jésus répondit : "Ce que je fais maintenant, tu ne le sais pas, mais tu le seras plus tard." Pierre répondit : "Non, Jamais tu me laveras les pieds!" Jésus se leva alors et dit : "Toi non plus, tu ne m'accompagnera pas au jour du jugement!" Pierre répondit : "Seigneur, lave-moi non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!" 
Quand les disciples furent lavés et se furent mis à table pour manger, Jésus dit : "Je vous ai lavé, mais vous n'êtes pas tous purs, car l'eau de la mer ne lavera pas celui qui ne me croit pas." Jésus dit cela, car il savait qui le trahissait. Les disciples s'attristèrent à ces paroles. Jésus ajouta alors : "Je vous le dis en vérité, l'un de vous me trahira, en sorte que je serai vendu comme une brebis. Mais malheur à lui car il accomplira ce que David notre père dit de ceux-là : "Il tombera dans la fosse celui qui l'avait préparée pour d'autres!". " Les disciples se regardaient les uns les autres en se disant avec douleur : "Quel sera le traître? " Judas dit alors : "Est-ce que ce sera moi, Maître?" Jésus répondit : "Tu m'as dit quel sera celui qui me trahira!" Mais les onze apôtres ne l'entendirent pas. 
L'agneau une fois mangé, le diable entra en Judas et celui-ci sortit de la maison. Jésus lui dit de nouveau : "Fais vite ce que tu dois faire!"

Chapitre 214 
Sorti de la maison, Jésus se retira dans le jardin pour prier selon sa coutume. Il priait en effet, en ployant cent fois les genoux et en se prosternant la face contre terre. 
Judas, qui connaissait l'endroit où se trouvait Jésus avec ses disciples, alla chez le pontife et dit : "Si vous voulez me donner ce que vous m'avez promis, je livrerai cette nuit entre vos mains ce Jésus que vous cherchez. Il se trouve seul avec onze compagnons." Le pontife répondit : "Combien désires-tu? " Judas répondit : "Trente deniers d'or!" Le pontife lui compta aussitôt l'argent et envoya un pharisien chez le gouverneur et chez Hérode pour prendre des soldats. Ils en fournirent une légion car ils craignaient le peuple. Ils prirent les armes et sortirent de Jérusalem avec des lumières et des lanternes sur des bâtons.

Chapitre 215 
Comme les soldats et Judas approchaient de l'endroit où se trouvait Jésus, celui-ci entendit venir beaucoup de monde. Il eu peur et se retira dans la maison. Les onze dormaient. Mais Dieu voyant le périple que courait son serviteur ordonna à Gabriel, Michel, Raphaël et Uriel, ses serviteurs, d'enlever Jésus du monde. Les saints anges vinrent et enlevèrent Jésus par la fenêtre qui fait face au midi. Ils l'emportèrent et le mirent au troisième ciel avec des anges, bénissant Dieu à jamais.

Chapitre 216 
Judas fit irruption le premier dans la pièce d'où Jésus avait été enlevé et où dormaient les onze. Alors, l'admirable Dieu agit admirablement : Judas devint si semblable à Jésus par son langage et dans son visage que nous crûmes que c'était Jésus. 
Judas, lui, nous ayant réveillés, cherchait où était le Maître. Mais, stupéfaits, nous répondîmes : "C'est toi, Seigneur, notre Maître! Nous as-tu oubliés ? " Mais il nous dit en souriant : "Etes-vous fous? Je suis Judas Iscariote." 
Tandis qu'il parlait, la milice entra et on mit la main sur lui car il était en tout semblable à Jésus. Quant à nous, après avoir entendu les paroles de Judas et vu la foule des soldats, comme hors de nous-mêmes, nous nous enfuîmes. Jean qui dormait enveloppé d'un drap s'éveilla et s'enfuit. Comme un soldat l'avait saisi par le drap, il laissa le drap et se sauva nu, car Dieu avait exaucé la prière de Jésus et sauvé les onze du mal.

Chapitre 217 
Les soldats s'emparèrent de Judas et le ligotèrent non sans dérision car il niait la vérité qu'il était Jésus. Ils lui disaient en se moquant de lui : "Ne crains pas, Seigneur, nous sommes venu pour te faire roi d'Israël! Nous ne t'avons ligoté que parce que nous savons que tu refuses le royaume!" Judas répondit : "Avez-vous perdu la cervelle? Vous êtes venus prendre Jésus Nazaréen avec des armes et des lanternes comme un voleur et vous m'avez ligoté pour me faire roi, moi qui vous ai conduits ici!" Alors les soldats perdirent patience et à coups de poings et à coups de pieds ils commencèrent à rendre à Judas la monnaie de sa pièce et en furie, ils le conduisirent à Jérusalem. 
De loin, Jean et Pierre suivaient les soldats. Ils affirmèrent à celui qui écrit qu'ils avaient vu tous les interrogatoires auxquels le pontife et le conseil des pharisiens réunis pour mettre à mort Jésus soumettaient Judas. Celui-ci débitait tant de folies qu'il faisait rire tout le monde, tous croyant qu'il était vraiment Jésus et qu'il faisait le fou par crainte de la mort. Les scribes lui mirent un bandeau sur les yeux et disaient en se moquant de lui : "Jésus, Prophète des Nazaréen, - car c'est ainsi qu'ils appelaient ceux qui croyaient à Jésus- , dis-nous qui t'a frappé!" Ils le souffletaient et lui crachaient au visage. 
Le matin venu, le grand conseil des scribes et des anciens du peuple se réunit. Le pontife et les pharisiens cherchaient de faux témoins contre Judas, croyant que s'était Jésus. Ils ne trouvaient pas ce qu'ils cherchaient. Que dis-je, les pontifes croyaient que Judas était Jésus! mais tous les disciples et même celui qui écrit le croyaient. La pauvre vierge mère de Jésus, elle-même, le croyait, ainsi que ses parents et ses amis et la douleur de tous était incroyable! Vive Dieu, celui qui écrit avait oublié que Jésus lui avait dit qu'il serait enlevé de monde, qu'il souffrirait dans un autre et qu'il ne mourrait qu'aux approches de la fin de monde. 
Aussi se rendit-il près de la croix avec la mère de Jésus et Jean. 
Le pontife se fit amener Judas toujours ligoté et l'interrogea sur ses disciples et sa doctrine. Judas comme privé de sens ne répondit rien là-dessus. Aussi le pontife l'adjura-t-il par le Dieu vivant d'Israël de lui dire la vérité. Judas répondit : "Je vous ai dit que je suis Judas Iscariote qui vous ai promis de livrer Jésus de Nazareth entre vos mains, mais vous, je ne sais pas par quel artifice, vous êtes sortis de vous-mêmes! Vous voulez à tout prix que je sois Jésus!" Le pontife répondit : "Séducteur pervers, par ta doctrine et tes faux miracles tu as trompé tout Israël de la Galilée jusqu'ici à Jérusalem, et maintenant tu crois échapper au juste châtiment qui te revient en faisant le fou! Vive Dieu, tu n'échapperas pas!" 
Cela dit, il ordonna à ses serviteurs de lui donner des soufflets et des coups de pieds pour lui faire recouvrer les esprits. Les serviteurs du pontife lui firent alors subir un traitement incroyable. Ils s'ingénièrent à trouver du nouveau pour faire plaisir au conseil. Ils l'habillèrent en jongleur et lui donnèrent tant de coups de poings et de coups de pieds qu'il aurait fait pitié aux Cananéens s'ils l'avaient vu ainsi. Mais les pontifes, les pharisiens et les anciens du peuple avaient le cœur si endurci contre Jésus qu'ils prenaient plaisir à voir Judas traité de cette manière en croyant qu'il était vraiment Jésus. 
Puis, toujours ligoté, ils l'emmenèrent chez les gouverneur. Or celui-ci aimait Jésus en secret. Persuadé que Judas était Jésus, il le fit entrer dans sa chambre et lui demanda pour quelle raison les pontifes et le peuple le livraient entre ses mains. Judas répondit : "Si je te dis la vérité, tu ne me croiras pas car tu es sans doute trompé comme le sont les pontifes et les pharisiens." Croyant qu'il voulait parler de la loi, le gouverneur répondit : "Ne sais-tu pas que je ne suis pas juif et que ce sont les pontifes et les anciens de ton peuple qui t'ont livré entre mes mains? dis-nous donc la vérité pour que je fasse ce qui est juste, car j'ai le pouvoir de te libérer ou de te donner la mort." Judas répondit : "Seigneur, crois-moi, si tu me donnes la mort, tu feras un grand péché car tu tuera un innocent. En effet je suis Judas Iscariote et non pas Jésus. Lui, c'est un magicien. Il m'a transformé ainsi par son artifice. 
Le gouverneur s'étonna fort en l'entendant; aussi cherchait-il à le libérer. Il sortit dehors et dit en souriant : "De deux choses, il y en a au moins une pour laquelle il n'est pas digne de mort, mais plutôt la compassion. Il prétend - dit le gouverneur- qu'il n'est pas Jésus, mais un certain Judas qui guida la milice pour prendre Jésus. Et il dit que Jésus de Galilée l'a ainsi transformé par son art magique. Si c'est vrai, ce serait un grand péché de le tuer, puisqu'il serait innocent. Mais si c'est Jésus et qu'il le nie, il a certainement perdu l'esprit et il serait impie de tuer un fou!". Les pontifes, les anciens du peuple ainsi que les scribes et les pharisiens s'écrièrent avec force : "C'est Jésus de Nazareth que nous connaissons, car si ce n'était pas ce malfaiteur, nous ne l'aurions pas livré entre vos mains. Et il n'est pas fou non plus, mais plutôt fourbe; il cherche à échapper de nos main par cet artifice; mais la sédition qu'il fomenterait en s'enfuyant, serait pire que la première!" Pour se débarrasser de ce cas, Pilate - c'était le nom du gouverneur- dit : "Il est Galiléen. Or Hérode est roi de Galilée et il ne m'appartient pas de juger ce cas. Emmenez-le donc chez Hérode!" 
Ils conduisirent alors Judas chez Hérode. Depuis longtemps celui-ci souhaitait que Jésus vienne chez lui; mais Jésus ne l'avais jamais voulu car Hérode était païen et adorer les dieux faux et menteurs, vivant à la manière des nations impures. Chez lui, Hérode interrogea Judas sur beaucoup de sujets, mais Judas y répondait hors de propos en niant qu'il était Jésus. Alors Hérode se moqua de lui avec toute sa cour et le fit habiller de blanc comme on habille les fous. Puis il le renvoya à Pilate en lui disant : "Ne soit pas injuste envers le peuple d'Israël !" Hérode écrivit cela parce que les pontifes, les scribes et les pharisiens lui avaient donné une bonne somme d'argent. 
L'ayant pris par un serviteur d'Hérode, le gouverneur feignit de vouloir libérer Judas, lui aussi pour gagner de l'argent. Il le fit flageller par ses serviteurs qui furent payés par les scribes pour le faire tuer sous le fouet. 
Mais Dieu qui avait décrété ce qui devait arriver garda Judas pour la croix afin qu'il reçoive cette horrible mort qu'il avait vendue à d'autres. Il ne laissa pas mourir Judas sous le fouet, bien que les soldats le flagellèrent tant que son corps pleuvait du sang. Puis par moquerie, ils l'habillèrent d'une vielle robe de pourpre en disant : "Il convient d'habiller notre nouveau roi et de le couronner." Ils prirent des épines et firent une couronne semblable à celle d'or et de pierres précieuses que les rois portent sur la tête. Ils placèrent cette couronne d'épines sur la tête de judas, lui mirent dans la main un roseau en guise de sceptre et ils le firent asseoir en un lieu élevé. Les soldats venaient devant lui, s'inclinaient par moquerie et le saluaient comme "Roi des Juifs!" Ils étendaient la main pour recevoir des cadeaux puisque les nouveaux rois ont coutume d'en donner. Mais comme ils ne recevaient rien, ils frappaient Judas en disant : "Comment es-tu couronné, roi fou, si tu veux ni payer tes soldats ni tes serviteurs?" 
Les pontifes, les scribes et les pharisiens voyant que Judas ne mourait pas sous le fouet et craignant que Pilate ne le laissât libre, donnèrent de l'argent au gouverneur. L'ayant reçu, celui-ci livra Judas aux scribes et pharisiens comme méritant la mort. Avec lui, ils condamnèrent deux voleurs à mourir en croix. 
Ils l'emmenèrent au mont Calvaire où on suspendait les malfaiteurs. Là, ils le crucifièrent nu pour que la moquerie soit plus grande. Judas ne faisait vraiment autre que crier : "Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné, car le malfaiteur a fuit et moi je suis tué à tort ? " 
En vérité, je le dis, sa voix, son visage et sa personne ressemblaient tellement à Jésus que ses disciples et ses fidèles, croyaient tout à fait que c'était Jésus. Certains d'entre eux s'éloignèrent de la doctrine de Jésus, en croyant qu'il était faux Prophète et qu'il avait opéré ses miracles grâce à la magie. Jésus en effet avait dit qu'il ne mourrait qu'au approches de la fin du monde et qu'à ce moment là il serait enlevé du monde. 
Mais ceux qui demeurèrent fermes dans sa doctrine étaient si affligés de douleur en voyant mourir celui qui lui ressemblait qu'ils ne se rappelaient pas ce qu'il avait dit. Aussi en compagnie de la mère de Jésus, allèrent-ils au mont Calvaire. Ils se tinrent non seulement présents à mort de Judas, en pleurant toujours, mais encore par l'intermédiaire de Nicodème et de Joseph d'Arimathie, ils réclamèrent au gouverneur le corps de Judas pour l'ensevelir. Ils l'enlevèrent de la croix en un tel deuil que certainement personne ne le croirait, et l'ayant enveloppé avec cent livres de parfum précieux, ils l'ensevelirent dans le monument neuf de Joseph.

Chapitre 218 
Chacun rentra chez soi. celui qui écrit, ainsi que Jean, et son frère Jacques se rendirent à Nazareth avec la mère de Jésus. Ceux des disciples qui ne craignaient pas Dieu allèrent voler de nuit le corps de Judas, le cachèrent et répandirent le bruit que Jésus était ressuscité. Ainsi naquit une grande confusion. 
Le pontife interdit à quiconque, sous peine d'anathème, de parler de Jésus de Nazareth. Une grande persécution s'en suivit. Beaucoup furent lapidés, beaucoup frappés de verges et beaucoup exilés, car ils ne pouvaient se taire sur un tel sujet. 
La nouvelle parvient à Nazareth que Jésus, leur concitoyen, mort sur la croix, était ressuscité. Alors celui qui écrit pria la mère de Jésus de bien vouloir quitter son deuil puisque son fils était ressuscité. En l'entendant, la vierge Marie dit en pleurant : "Allons à Jérusalem trouver mon fils, car je mourrais volontiers quand je l'aurai vu!"

Chapitre 219 
Le jour où parut de décret du pontife, la vierge revint à Jérusalem avec celui qui écrit, ainsi qu'avec Jacques et Jean. Aussi, comme elle craignait Dieu. elle ordonna à ceux qui habitaient avec elle d'oublier son fils quoiqu'elle sut que le décret du pontife était injuste. 
Comment chacun fit-il? Dieu qui connaît les coeurs des hommes sait qu'avec la mère de Jésus nous nous consumions entre la douleur de la mort de Judas, que nous croyions être Jésus notre maître, et le désir de le voir ressuscité. 
Aussi les anges gardiens de la vierge Marie montèrent-ils au troisième ciel oú se tenait Jésus en compagnie des anges. Ils lui racontèrent tout et Jésus pria Dieu de lui donner le pouvoir de voir sa mère ainsi que ses disciples. Le Dieu miséricordieux ordonna alors aux quatres anges ses favoris, Gabriel, Michel, Raphaël et Uriel, de conduire Jésus chez sa mère et de l'y garder pendant trois jours de suite, ne le laissant voir qu'à ceux qui croyaient à sa doctrine. 
Environné de splendeur, Jésus vint où la Vierge Marie demeurait avec ses deux soeurs ainsi qu'avec Marthe, Marie-Madeleine, Lazare, celui qui écrit et Jean, Jacques et Pierre. De crainte, ceux-ci tombèrent comme morts. Mais Jésus releva sa mère et les autres en disant : "Ne craignez pas, je suis Jésus! Ne pleurez pas, je suis vivant et non pas mort!" A la vue de Jésus, ils restèrent longtemps comme privés de sens, car ils croyaient sans aucun doute qu'il était mort. 
Alors la Vierge dit en pleurant : "Maintenant, dis-moi, mon fils, pourquoi Dieu qui t'a donné le pouvoir de ressusciter les morts, t'a laissé mourir ainsi à la honte de tes parents et de tes amis, et à la honte de ta doctrine, de sorte que tous ceux qui t'aiment sont restés comme morts? "

Chapitre 220 
En embrassant sa mère, Jésus répondit : "Croyez-moi, mère : je vous le dis en vérité, je n'ai jamais été mort; Dieu m'a réservé jusqu'au approches de la fin du monde." 
Ayant ainsi parlé, il pria les quatres anges de se manifester et de témoigner de la manière dont la chose s'était passée. Les anges se manifestèrent donc comme quatres soleils si resplendissants que, de crainte, tous tombèrent de crainte comme morts. Jésus donna alors quatres voiles aux anges pour qu'ils s'en couvrissent et que sa mère et ses compagnons puissent les voir et les entendre parler. Les ayant relevés, il les réconforta en disant : "Voici les ministres de Dieu : Gabriel qui annonces les secrets de Dieu, Michel qui combat les ennemis de Dieu, Raphaël qui reçoit les âmes de ceux qui meurent, Uriel qui, au dernier jour, appellera chacun au jugement dernier de Dieu. 
Les quatres anges racontèrent alors à la vierge que Dieu avait envoyé chercher Jésus et qu'il avait transformé Judas pour qu'il reçoive la peine qu'il avait vendue à d'autres. Celui qui écrit dit alors : "Maître, m'est-il permis de t'interroger comme lorsque tu habitais parmi nous?" Jésus répondit : "pose les questions qui te plaisent, Barnabé, je te répondrai!" Celui qui écrit dis alors : "Maître, puisque Dieu est miséricordieux, pourquoi nous a-t-il tourmentés en nous faisant croire que tu `tais mort? Ta mère t'a tellement pleuré qu'elle en a été tout près de mourir. Et pourquoi Dieu a-t-il laissé retomber sur toi, qui es saint de Dieu, l'infamie d'être tué parmis les voleurs sur le mont Calvaire?" 
Jésus répondit : "Barnabé, crois-moi, Dieu punit tout péché, pour petit qu'il soit, par une grande peine, car il est offensé par le péché. Aussi, comme ma mère, mes fidèles et mes disciples m'aimaient un peu d'amour terrestre, le Dieu juste a voulu punir cet amour par la douleur présente, pour qu'il ne soit pas puni dans les flammes de l'enfer. 
Quant à moi, je fus innocent dans le monde, mais comme les hommes m'ont appelé Dieu et fils de Dieu, Dieu a voulu pour que je ne sois pas raillé par les démons le jour du jugement, que les hommes me bafouent dans le monde par la mort de Judas en faisant croire à chacun que c'était moi qui était mort sur la croix. Aussi cette dérision durera-t-elle jusqu'à la venue de Muhammad, le Messager de Dieu. En venant dans le monde, il détrompera de cette tromperie tous ceux qui croiront à la loi de Dieu." 
Puis Jésus ajouta : "Tu es juste, Seigneur notre Dieu, car à toi seul appartiennent honneur et gloire sans fin!"

Chapitre 221 
Se tournant vers celui qui écrit, Jésus dit : "Barnabé, fais très attention à écrire mon Evangile sur tout ce qui est arrivé durant mon séjour dans le monde! Ecris de même tout ce qui est arrivé à Judas, pour que les fidèles soient détrompés et que chacun croie à la vérité!" Celui qui écrit répondit : "Je ferai tout cela, s'il plaît à Dieu, Maître, mais je ne sais pas ce qui est arrivé à Judas, car je n'ai pas tout vu." Jésus répondit : "Jean et Pierre qui ont tout vu sont là, ils te diront comment tout s'est passé." 
Puis Jésus nous commanda d'appeler ses fidèles disciples pour qu'ils le voient. Jacques et Jean rassemblèrent donc les sept disciples ainsi que Nicodème, Joseph et un grand nombre de soixante douze et ils mangèrent avec Jésus. 
Le troisième jour, Jésus dit : "Allez avec ma mère au mont des Oliviers; c'est de là que je monterai au ciel et vous verrez qui m'emportera au ciel." 
Tous s'y rendirent donc, excepté vingt-cinq des soixante-douze disciples qui, par crainte, avaient fui à Damas. Alors que tous se trouvaient en prière, à l'heure de midi, Jésus vint avec une grande foule d'ange qui bénissaient Dieu. Tous prirent peur en voyant la splendeur de son visage et tombèrent la face contre la terre. Les ayant relevés, Jésus les réconforta en disant : "Ne craignez pas, je suis votre Maître!" Il en réprimanda beaucoup qui croyaient qu'il était mort et ressuscité : "Nous pensez-vous donc, moi et Dieu, pour des menteurs? Dieu m'a donné de vivre jusqu'aux approches de la fin du monde comme je vous l'ai dit. Je vous le dis, je ne suis pas mort; c'est le traître Judas qui est mort. Prenez garde, Satan fera tout pour vous tromper! Efforcez-vous donc d'être mes témoins partout en Israël et dans le monde entier, témoins de ce que vous avez entendu et vu!" 
Cela dit, il pria Dieu pour le salut des fidèles et la conversion des pécheurs. La prière terminée, il embrassa sa mère et dit : "Sois en paix, ma mère, et repose-toi en Dieu, ton créateur et le mien!" Puis il s'adressa aux disciples : "Que la grâce et la miséricorde de Dieu demeurent avec vous! Alors, les quatres anges l'enlevèrent visiblement au ciel.

Chapitre 222 
Jésus parti, les disciples se divisèrent selon les diverses régions. La vérité haïe par Satan, fut persécutée par le mensonge, comme cela se passe encore aujourd'hui. Quelques mauvais hommes, en effet se prétendant disciples prêchaient que Jésus était mort sans ressusciter; d'autres prêchaient que Jésus était vraiment mort et ressuscité; d'autres, et parmi eux se trouve Paul, trompé lui aussi, prêchaient et prêchent encore maintenant que Jésus est le fils de Dieu. 
Quant à nous, nous prêchent à ceux qui craignent Dieu tout ce qu'il a écrit pour qu'ils soient sauvés au dernier jour du jugement de Dieu. Amen!

Fin de l'Évangile