Les sarkozystes partent à la défense de l'Éléphant des 'Ripouxblicains'

Publié le par José Pedro

Le sénateur UMP Roger Karoutchi, le 31 août 2014 au Touquet

 

EXTRAIT DE L'EXPRESS sans les fautes d'Orthographe, si possible

" Alors que le nouveau NOM de l'UMP est contesté à droite, des proches du président SARKOZY tentent de convaincre, avec lyrisme, que le nouveau nom ne confisque pas la République.

Il faut sauver "les Républicains". Alors que le nouveau nom que Nicolas Sarkozy veut donner à l'UMP fait débat au sein de la droite, les lieutenants du président montent au créneau pour défendre le choix du leader de l'opposition. 

Ce mercredi, c'est Roger Karoutchi, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, qui publie un communiqué. La République doit donc "être au coeur du débat présidentiel, des choix proposés, d'une vision pour les vingt ans à venir. Alors oui, quelle plus belle appellation que 'Les Républicains'?" , interroge-t-il. "Il ne s'agit nullement de confisquer la République à notre profit, elle appartient à tous les Français, quelles que soient leurs convictions, mais de signifier qu'une formation fera de la défense et illustration de la République, de son raffermissement, du rétablissement de son autorité, le fondement de son programme et de ses projets", assure le sénateur. "Les 'Républicains' seront comme les soldats de l'an II, ceux qui porteront des idées fortes, pour la remettre à sa vraie place, au coeur de la vie politique, au coeur des Français", affirme-t-il également. 

"Nous affirmons l'engagement personnel de chacun dans le collectif"
 

Mardi, c'est la vice-présidente de l'UMP Nathalie Kosciusko-Morizet qui y allait de son interview dans Le Figaro, exercice imposé pour toucher les sympathisants de droite. "Ce mot est ancré dans notre histoire. Les noms des partis gaullistes ont à chaque fois fait référence à la République, explique-t-elle. L'Union pour la nouvelle République de 1958, puis l'Union des démocrates pour la République et le Rassemblement pour la République de Jacques Chirac. Ce n'est pas un hasard. (...) Et en nous rebaptisant d'un pluriel, "Les Républicains", nous affirmons l'engagement personnel de chacun dans le collectif." 

Un lyrisme qui tombe à point nommé pour Nicolas Sarkozy: aucun ténor n'a exprimé de soutien réel à son projet de rebaptiser l'UMP "Les Républicains". "'Les Républicains?' Je n'y vois pas d'inconvénients même si je comprends qu'il y ait une sorte de confusion avec les Républicains américains", avait ainsi expliqué François Fillon le 16 avril. Dimanche, Gérard Larcher, le président du Sénat, proche de François Fillon, a rappelé, lui, son attachement à l'UMP "parce que je crois que c'est la dimension de l'union qu'on rappelle: nous avons rassemblé des centristes, des gaullistes, des radicaux, des souverainistes" . Dans une interview à Libération le 21 avril, le député-maire du Havre Edouard Philippe, lieutenant d'Alain Juppé, estimait, lui, que le choix des "Républicains" est "très curieux, et très contestable.(...) A l'UMP, nous sommes des républicains, sans aucun doute. Mais je ne considère pas que nous soyons 'les Républicains'. Il me semble qu'un grand nombre d'élus et d'électeurs d'autres partis le sont tout autant".  "


Bien entendu ces commentaires qui ne seraient pas ceux de César, sont faux. La République est belle et bien confisquée, car il faudra protéger ce Nom "Républicains" pour ne pas que le nouveau parti de Nicolas Sarkozy, en soit dépossédé, et donc il faudra déposer l'usage de la Marque Politique à L'INPI. 

 

De plus la Droite Gaulliste, le Centre, les Socialistes et tous ceux qui ont un tablier de Maçon, sont attaché à la défense de la République et de la Laïcité, ce qui fait qu'il y a déjà des conflits d'intérêts entre eux et SARKOZY, car n'est pas Républicain celui qui l'annonce, mais bien celui qui l'est dans les faits. On a bien trop entendu que le Front National des LE PEN n'était pas un parti Républicain, et dans le dernier sondage du 16/02/2015 concernant les Départementales, on constate que près de 42% des électeurs sarkozystes prêts à voter FN, Voter Front national à une élection locale est envisageable pour 42% des électeurs de Nicolas Sarkozy, selon un sondage Odoxa pour "Le Parisien" et "Aujourd'hui en France" de lundi 16 février. 

J'en vient à conclure que si les Sarkosystes se donnent le Nom de Républicains, ils enlèvent à la fois une référence aux autres partis qui se disent Républicains, peuvent l'endommager comme il l'ont fait avec l'UMP et les affaires, (et la République n'a pas besoin de cela),  et donner une très mauvaise image d'un Nom Public, non affecté à un Parti particulier, et faire l'amalgame avec ce nom et les partis qui ne respectent pas la République (ou qui sont censés ne pas la respecter).

On connait l'asservissement de Nicolas Sarkozy aux USA, sa participation à la CIA, voici ce qu'en disent les spécialistes: 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-cia-va-t-elle-lacher-sarkozy-161066

Sarkozy a pu revenir en politique et conquérir l’Elysée, en 2007, grâce à la CIA. Aujourd’hui, il inquiète à cause des affaires judiciaires attachées à son nom. Pour 2017, le libéral Hollande et le « gaulliste » Juppé pourraient avoir la préférence de l’agence étasunienne, l’un et l’autre ayant donné des gages de fidélité à l’Oncle Sam !

Sarkozy, le pire de la nature humaine ? Peut-être pas ! Le problème c’est qu’il ne veut être utile qu’à lui-même. Ce faisant, il est nuisible à ceux qu’il veut gouverner ! Voilà pourquoi son retour questionne ! Quand je l’ai vu la première fois, en 1972, à la télé, pontifiant du haut de son arrogante responsabilité des jeunes RPR de Neuilly, j’ai immédiatement ressenti l’ambitieux, sans épaisseur politique, prêt à tout pour arriver. Dénué d’intelligence cognitive, d’une inculture criante, il est juste un petit rusé de cour de récréation, qui compense ses multiples tares et lacunes par une débauche d’énergie visant à saturer l’air de sa présence. Il compte essentiellement là-dessus pour parvenir coûte que coûte à ses fins. C’est l’overdose ! « C’est Moi, c’est Moi, vous ne me voyez pas, regardez, Je suis là, Je suis là… »

2004, la Cia l’aide à prendre l’UMP de Juppé

La Cia a repéré le profil psychologique de l’individu et en a fait un petit soldat des intérêts étasuniens au début des années 80. A l’époque, la France était tombée dans les mains du socialiste Mitterrand. En pleine guerre froide avec l’URSS, le monde capitaliste était menacé par le risque de basculement d’un pays ami, qui comptait au sein de son gouvernement des ministres communistes. Une hérésie qu’il fallait combattre. Il fallait renforcer les troupes pour la contrer là où elle était apparue : en France.

Une aubaine que la belle-mère de Sarkozy ait épousé le n° 2 de la CIA de l’époque. Elle apportait en dot à son cher époux Wizner, le petit agent idéal, zélé et discipliné, son beau-fils Nicolas ! Sans envergure réelle, sans pensée politique structurée, alimenté en idées et en discours par ses nègres (Guaino, Buisson, etc.) Sarkozy a pu, dès lors, conquérir l’Elysée et, avant cela, le premier parti de droite. Il bénéficiait de l’appui constant de l’agence étasunienne et du soutien des lobby financiers et sionistes.

Quand il a pris l’UMP, en 2004, au nez et à la barbe de son créateur Alain Juppé, le parti conservait un semblant de culture gaulliste. Sous sa houlette, ce mouvement a perdu toute référence crédible à la pensée gaullienne. Il est devenu un agglomérat de petits chefs affairistes, à l’exemple de Copé.

2014, le retour du loup dans la meute UMP

Dix ans ont passé. Après s’être fait lamentablement éjecter de l'Elysée, avec le titre peu glorieux de président des riches le plus haï des Français, Sarkozy a repris les commandes de l’UMP. Un parti a son image. Qui n’est plus qu’un agglomérat d’ambitieux arrivistes qui se battent pour leurs avantages personnels. A l'exemple de NKM et Wauqiez qui, comme des gosses gâtés pourris, se chamaillent pour avoir le plus grand bureau. C'est leur priorité !

On est au sein d’une meute de loups. Le plus fort ou le plus violent impose son autorité aux autres. Le plus fourbe brandit la menace de révélations et tient ses adversaires en respect. Ne cherchez pas d’idées politiques innovantes en son sain. Une lutte à mort est engagé pour atteindre le saint Graal : le pouvoir élyséen qui seul compte aujourd’hui.

 

Les prétendants, certains masqués, affluent. Des lieutenants de Naboléon sur talonnettes, les Estrosi, Bertrand, Morano, à l'intégriste de droite extrême Mariton, au lisse filloniste émancipé Le Maire, sans oublier bien sûr les caciques, parmi lesquels le « fils » préféré de la chiraquie, Alain Juppé, que les observateurs voient favori en 2017, et Fillon, toujours en embuscade !

Affaires : Sarkozy n’est plus aussi sûr pour la CIA

En attendant, de retour dans la tanière des loups, le chef de meute Sarkozy espère compter à nouveau sur ses amis de la CIA, la plus forte organisation mafieuse de la planète, pour se hisser à nouveau à la première magistrature du pays. Une organisation qui a montré, avec un retentissement médiatique rare, sa capacité d’éliminer ou d’écarter les gêneurs.

L’exemple de DSK. Des lors qu’il représentait le principal obstacle de Sarkozy, l’adoubé USA sur la route de l’Elysée, le naïf DSK, qui cumulait le handicap d’être le favori de la présidentielle 2012 et voulait réformer les règles du FMI (n’en déplaise aux détracteurs de la théorie du complot), en a fait les frais, en se faisant piéger dans une affaire de pipe « non consentie » cousue de fils blancs, au Sofitel de New-York, en mai 2011.

Certes limité intellectuellement et culturellement, il a les qualités de chef mafieux requises par ses protecteurs outre-altantique. Mais ceux-ci doutent de l’opportunité de s’engager aux côtés d’un homme dont ils ont sous-évalué les bévues et le caractère irascible incontrôlable. C’est surtout la kyrielle d’affaires judiciaires que traîne leur protégé qui les inquiète.

Les atlantistes Hollande et Juppé en odeur de sainteté

Plutôt que de s’embarrasser d’un homme dont les nerfs peuvent craquer à tout moment, la Cia lâchera-t-elle Sarkozy au profit de Juppé et pourquoi pas de Hollande ou Valls ? C’est d’autant plus plausible que Juppé s’est montré un ministre des affaires étrangères très coopératif avec les Etasuniens dans les affaires de Libye et d’Afghanistan ! Mais aussi Hollande. Il a fait allégeance à l’administration Obama !

Le soutien indéfectible aux USA des libéraux français au pouvoir depuis 2012 (Vous avez dit socialistes ? Non, il y a erreur, il n’y a plus de socialistes au sein du parti français du même nom en France), leur vaudra une récompense. Peut-être, justement, sous la forme d’un appui de la CIA, en 2017, si Hollande redresse la barre. Dans le cas contraire, Valls, le « sarkophyle », fera aussi l’affaire, pour préserver, à coup de menées guerrières si nécessaire (ce que fait la France de Hollande), les intérêts économiques des riches Etasuniens.

2007 : Sarkozy, l’homme de la situation

En 2003, Chirac s’oppose à la seconde guerre contre l’Irak. Un an plus tard, à la surprise générale, après dix de traversée du désert, Sarkozy le renégat met la main sur l’UMP. Comment ne pas voir, dans un contexte délétère de règlement de compte, l’intervention en sous-main des agents des services secrets américains, pour contrer Chirac.

Le président français était devenu un obstacle majeur à la politique d’asservissement des peuples de la planète, élaborée par les « néocons » et mise en oeuvre par le plus grand d’entre eux (contre l’avis même de son père, ex-président des USA) : G.W.Bush ! Sarkozy, l’agent français de la CIA pour les affaires politico-financières françaises, était l’homme de la situation.

Les « ennemis » internes à l’UMP étant hors de combat, pour assurer son élection, il fallait lui trouver un adversaire facile à battre. La providence est venue donner un coup de pouce aux stratèges de l’agence. Elle s’appelait Ségolène Royal ! Une femme qui avait des comptes à régler avec un compagnon infidèle qui n’était autre que François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste. L’amour propre blessé de la dame, à la notoriété confidentielle, qui avait été une discrète secrétaire d’Etat à la Famille sous Jospin, allait faire le reste.

La providentielle Ségolène fait élire Sarkozy

Il ne suffisait plus qu’à organiser l’ascension médiatique de Ségolène, qui se prit bien évidemment au jeu, prenant à contre-pied la majeure partie de son camp, à commencer par son « mari » ! Sa grimpée vertigineuse dans les sondages ne devait rien au hasard. Laissés orphelins par les frasques de DSK, les gens de gauche se prirent à rêver d’une candidature atypique. Malheureusement, la réalité du terrain était autre. L’euphorie entretenue masquait la coquille vide.

La marionnette Ségolène n’avait pas même conscience d’être instrumentalisée par les officines d’opinion et autres médias aux ordres de la finance, mandataires de la CIA !Comme il était prévu dans les plans de l’agence, la femme du premier socialiste ne fit pas d’ombre à son poulain. On connaît le résultat !

Reste qu’aujourd’hui, la donne a changé. Les mêmes, qui inquiétaient les Etasuniens, que ce soit Juppé, à droite, ou Hollande pour les libéraux, sont à présent en odeur de sainteté. Il se pourrait bien que, compte tenu des risques liés aux affaires qui le rattrapent, Sarkozy n’ait plus les faveurs des ses protecteurs pour 2017 !

 

Verdi

Lundi 22 décembre 2014

 

Documents joints à cet article

La CIA va-t-elle lâcher Sarkozy pour Juppé ou Hollande ? La CIA va-t-elle lâcher Sarkozy pour Juppé ou Hollande ?

 

ÉDITION SPÉCIALE

Opération Sarkozy : comment la CIA a placé un de ses agents à la présidence de la République française

Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

 | ALMATY (KAZAKHSTAN)  
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Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force [1].

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat [2]. Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

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Pasqua est à la fois un truand corse et un ancien résistant. Il a épousé la fille d’un bootlegger canadien qui fit fortune durant la prohibition. Il dirige la société Ricard qui, après avoir commercialisé de l’absinthe, un alcool prohibé, se respectabilise en vendant de l’anisette. Cependant, la société continue à servir de couverture pour toutes sortes de trafics en relation avec la famille italo-new-yorkaise des Genovese, celle de Lucky Luciano. Il n’est donc pas étonnant que Pasqua fasse appel à Étienne Léandri (« l’ambassadeur » de Luciano) pour recruter des gros bras et constituer la milice gaulliste [3]. Un troisième homme joue un grand rôle dans la formation du SAC, l’ancien garde du corps de De Gaulle, Achille Peretti —un Corse lui aussi—.

Ainsi défendu, De Gaulle dessine avec panache une politique d’indépendance nationale. Tout en affirmant son appartenance au camp atlantique, il remet en cause le leadership anglo-saxon. Il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun européen (1961 et 1967) ; Il refuse le déploiement des casques de l’ONU au Congo (1961) ; il encourage les États latino-américains à s’affranchir de l’impérialisme US (discours de Mexico, 1964) ; Il expulse l’OTAN de France et se retire du Commandement intégré de l’Alliance atlantique (1966) ; Il dénonce la Guerre du Viêt-nam (discours de Phnon Penh, 1966) ; Il condamne l’expansionnisme israélien lors de la Guerre des Six jours (1967) ; Il soutient l’indépendance du Québec (discours de Montréal 1967) ; etc.

Simultanément, De Gaulle consolide la puissance de la France en la dotant d’un complexe militaro-industriel incluant la force de dissuasion nucléaire, et en garantissant son approvisionnement énergétique. Il éloigne utilement les encombrants Corses de son entourage en leur confiant des missions à étranger. Ainsi Étienne Léandri devient-il le trader du groupe Elf (aujourd’hui Total) [4], tandis que Charles Pasqua devient l’homme de confiance des chefs d’États d’Afrique francophone.

Conscient qu’il ne peut défier les Anglo-Saxons sur tous les terrains à la fois, De Gaulle s’allie à la famille Rothschild. Il choisit comme Premier ministre le fondé de pouvoir de la Banque, Georges Pompidou. Les deux hommes forment un tandem efficace. L’audace politique du premier ne perd jamais de vue le réalisme économique du second.

Lorsque De Gaulle démissionne, en 1969, Georges Pompidou lui succède brièvement à la présidence avant d’être emporté par un cancer. Les gaullistes historiques n’admettent pas son leadership et s’inquiètent de son tropisme anglophile. Ils hurlent à la trahison lorsque Pompidou, secondé par le secrétaire général de l’Élysée Edouard Balladur, fait entrer « la perfide Albion » dans le Marché commun européen.

La fabrication de Nicolas Sarkozy

Ce décor étant planté, revenons-en à notre personnage principal, Nicolas Sarkozy. Né en 1955, il est le fils d’un noble catholique hongrois, Pal Sarkösy de Nagy-Bocsa, réfugié en France après avoir fuit l’Armée rouge, et d’Andrée Mallah, une roturière juive originaire de Thessalonique. Après avoir eu trois enfants (Guillaume, Nicolas et François), le couple divorce. Pal Sarkosy de Nagy-Bocsa se remarie avec une aristocrate, Christine de Ganay, dont il aura deux enfants (Pierre-Olivier et Caroline). Nicolas ne sera pas élevé par ses seuls parents, mais balloté dans cette famille recomposée.

Sa mère est devenue la secrétaire d’Achille Peretti. Après avoir co-fondé le SAC, le garde du corps de De Gaulle avait poursuivi une brillante carrière politique. Il avait été élu député et maire de Neuilly-sur-Seine, la plus riche banlieue résidentielle de la capitale, puis président de l’Assemblée nationale.

Malheureusement, en 1972, Achille Peretti est gravement mis en cause. Aux États-Unis, le magazine Time révèle l’existence d’une organisation criminelle secrète « l’Union corse » qui contrôlerait une grande partie du trafic de stupéfiants entre l’Europe et l’Amérique, la fameuse « French connexion » qu’Hollywwod devait porter à l’écran. S’appuyant sur des auditions parlementaires et sur ses propres investigations, Timecite le nom d’un chef mafieux, Jean Venturi, arrêté quelques années plus tôt au Canada, et qui n’est autre que le délégué commercial de Charles Pasqua pour la société d’alcool Ricard. On évoque le nom de plusieurs familles qui dirigeraient « l’Union corse », dont les Peretti. Achille nie, mais doit renoncer à la présidence de l’Assemblée nationale et échappe même à un « suicide ».

En 1977, Pal Sarkozy se sépare de sa seconde épouse, Christine de Ganay, laquelle se lie alors avec le n°2 de l’administration centrale du département d’État des États-Unis. Elle l’épouse et s’installe avec lui en Amérique. Le monde étant petit, c’est bien connu, son mari n’est autre que Frank Wisner Jr., fils du précédent. Les fonctions de Junior à la CIA ne sont pas connues, mais il clair qu’il y joue un rôle important. Nicolas, qui reste proche de sa belle-mère, de son demi-frère et de sa demi-sœur, commence à se tourner vers les États-Unis où il « bénéficie » des programmes de formation du département d’État.

À la même période, Nicolas Sarkozy adhère au parti gaulliste. Il y fréquente d’autant plus rapidement Charles Pasqua que celui-ci n’est pas seulement un leader national, mais aussi le responsable de la section départementale des Hauts-de-Seine.

En 1982, Nicolas Sarkozy, ayant terminé ses études de droit et s’étant inscrit au barreau, épouse la nièce d’Achille Peretti. Son témoin de mariage est Charles Pasqua. En tant qu’avocat, Me Sarkozy défend les intérêts des amis corses de ses mentors. Il acquiert une propriété sur l’île de beauté, à Vico, et imagine de corsiser son nom en remplaçant le « y » par un « i » : Sarkozi.

L’année suivante, il est élu maire de Neuilly-sur-Seine en remplacement de son bel-oncle, Achille Peretti, terrassé par une crise cardiaque.

Cependant, Nicolas ne tarde pas à trahir sa femme et, dès 1984, il poursuit une liaison cachée avec Cécilia, l’épouse du plus célèbre animateur de télévision français de l’époque, Jacques Martin, dont il a fait la connaissance en célébrant leur mariage en qualité de maire de Neuilly. Cette double vie dure cinq ans, avant que les amants ne quittent leurs conjoints respectifs pour construire un nouveau foyer.

Nicolas est le témoin de mariage, en 1992, de la fille de Jacques Chirac, Claude, avec un éditorialiste du Figaro. Il ne peut s’empêcher de séduire Claude et de mener une brève relation avec elle, tandis qu’il vit officiellement avec Cécilia. Le mari trompé se suicide en absorbant des drogues. La rupture est brutale et sans retour entre les Chirac et Nicolas Sarkozy.

En 1993, la gauche perd les élections législatives. Le président François Mitterrand refuse de démissionner et entre en cohabitation avec un Premier ministre de droite. Jacques Chirac, qui ambitionne la présidence et pense alors former avec Edouard Balladur un tandem comparable à celui de De Gaulle et Pompidou, refuse d’être à nouveau Premier ministre et laisse la place à son « ami de trente ans », Edouard Balladur. Malgré son passé sulfureux, Charles Pasqua devient ministre de l’Intérieur. S’il conserve la haute main sur la marijuana marocaine, il profite de sa situation pour légaliser ses autres activités en prenant le contrôle des casinos, jeux et courses en Afrique francophone. Il tisse aussi des liens en Arabie saoudite et en Israël et devient officier d’honneur du Mossad. Nicolas Sarkozy, quant à lui, est ministre du Budget et porte-parole du gouvernement.

À Washington, Frank Wisner Jr. a pris la succession de Paul Wolfowitz comme responsable de la planification politique au département de la Défense. Personne ne remarque les liens qui l’unissent au porte-parole du gouvernement français.

C’est alors que reprend au sein du parti gaulliste la tension que l’on avait connu trente ans plus tôt entre les gaullistes historiques et la droite financière, incarnée par Balladur. La nouveauté, c’est que Charles Pasqua et avec lui le jeune Nicolas Sarkozy trahissent Jacques Chirac pour se rapprocher du courant Rothschild. Tout dérape. Le conflit atteindra son apogée en 1995 lorsque Édouard Balladur se présentera contre son ex-ami Jacques Chirac à l’élection présidentielle, et sera battu. Surtout, suivant les instructions de Londres et de Washington, le gouvernement Balladur ouvre les négociations d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN des États d’Europe centrale et orientale, affranchis de la tutelle soviétique.

Rien ne va plus dans le parti gaulliste où les amis d’hier sont près de s’entre-tuer. Pour financer sa campagne électorale, Edouard Balladur tente de faire main basse sur la caisse noire du parti gaulliste, cachée dans la double comptabilité du pétrolier Elf. À peine le vieux Étienne Léandri mort, les juges perquisitionnent la société et ses dirigeants sont incarcérés. Mais Balladur, Pasqua et Sarkozy ne parviendront jamais à récupérer le magot.

La traversée du désert

Tout au long de son premier mandat, Jacques Chirac tient Nicolas Sarkozy à distance. L’homme se fait discret durant cette longue traversée du désert. Discrètement, il continue à nouer des relations dans les cercles financiers.

En 1996, Nicolas Sarkozy ayant enfin réussi à clore une procédure de divorce qui n’en finissait pas se marie avec Cécilia. Ils ont pour témoins les deux milliardaires Martin Bouygues et Bernard Arnaud (l’homme le plus riche du pays).

Dernier acte

Bien avant la crise irakienne, Frank Wisner Jr. et ses collègues de la CIA planifient la destruction du courant gaulliste et la montée en puissance de Nicolas Sarkozy. Ils agissent en trois temps : d’abord l’élimination de la direction du parti gaulliste et la prise de contrôle de cet appareil, puis l’élimination du principal rival de droite et l’investiture du parti gaulliste à l’élection présidentielle, enfin l’élimination de tout challenger sérieux à gauche de manière à être certain d’emporter l’élection présidentielle.

Pendant des années, les médias sont tenus en haleine par les révélations posthumes d’un promoteur immobilier. Avant de décéder d’une grave maladie, il a enregistré pour une raison jamais élucidée une confession en vidéo. Pour une raison encore plus obscure, la « cassette » échoue dans les mains d’un hiérarque du Parti socialiste, Dominique Strauss-Khan, qui la fait parvenir indirectement à la presse.

Si les aveux du promoteur ne débouchent sur aucune sanction judiciaire, ils ouvrent une boîte de Pandore. La principale victime des affaires successives sera le Premier ministre Alain Juppé. Pour protéger Chirac, il assume seul toutes les infractions pénales. La mise à l’écart de Juppé laisse la voie libre à Nicolas Sarkozy pour prendre la direction du parti gaulliste.

Sarkozy exploite alors sa position pour contraindre Jacques Chirac à le reprendre au gouvernement, malgré leur haine réciproque. Il sera en définitive, ministre de l’Intérieur. Erreur ! À ce poste, il contrôle les préfets et le renseignement intérieur qu’il utilise pour noyauter les grandes administrations.

Il s’occupe aussi des affaires corses. Le préfet Claude Érignac a été assassiné. Bien qu’il n’ait pas été revendiqué, le meurtre a immédiatement été interprété comme un défi lancé par les indépendantistes à la République. Après une longue traque, la police parvient à arrêter un suspect en fuite, Yvan Colonna, fils d’un député socialiste. Faisant fi de la présomption d’innocence, Nicolas Sarkozy annonce cette interpellation en accusant le suspect d’être l’assassin. C’est que la nouvelle est trop belle à deux jours du référendum que le ministre de l’Intérieur organise en Corse pour modifier le statut de l’île. Quoi qu’il en soit, les électeurs rejettent le projet Sarkozy qui, selon certains, favorise les intérêts mafieux. 
Bien qu’Yvan Colonna ait ultérieurement été reconnu coupable, il a toujours clamé son innocence et aucune preuve matérielle n’a été trouvée contre lui. Étrangement, l’homme s’est muré dans le silence, préférant être condamné que de révéler ce qu’il sait. 
Nous révélons ici que le préfet Érignac n’a pas été tué par des nationalistes, mais abattu par un tueur à gage, immédiatement exfiltré vers l’Angola où il a été engagé à la sécurité du groupe Elf. Le mobile du crime était précisément lié aux fonctions antérieures d’Érignac, responsable des réseaux africains de Charles Pasqua au ministère de la Coopération. Quand à Yvan Colonna, c’est un ami personnel de Nicolas Sarkozy depuis des décennies et leurs enfants se sont fréquentés.

Une nouvelle affaire éclate : de faux listings circulent qui accusent mensongèrement plusieurs personnalités de cacher des comptes bancaires au Luxembourg, chez Clearstream. Parmi les personnalités diffamées : Nicolas Sarkozy. Il porte plainte et sous-entend que son rival de droite à l’élection présidentielle, le Premier ministre Dominique de Villepin, a organisé cette machination. Il ne cache pas son intention de le faire jeter en prison. 
En réalité, les faux listings ont été mis en circulation par des membres de la Fondation franco-américaine [5], dont John Negroponte était président et dont Frank Wisner Jr. est administrateur. Ce que les juges ignorent et que nous révélons ici, c’est que les listings ont été fabriqués à Londres par une officine commune de la CIA et du MI6, Hakluyt & Co, dont Frank Wisner Jr. est également administrateur. 
Villepin se défend de ce dont on l’accuse, mais il est mis en examen, assigné à résidence et, de facto, écarté provisoirement de la vie politique. La voie est libre à droite pour Nicolas Sarkozy.

Reste à neutraliser les candidatures d’opposition. Les cotisations d’adhésion au parti socialistes sont réduites à un niveau symbolique pour attirer de nouveaux militants. Soudainement des milliers de jeunes prennent leur carte. Parmi eux, au moins dix mille nouveaux adhérents sont en réalité des militants du Parti trotskiste « lambertiste » (du nom de son fondateur Pierre Lambert). Cette petite formation d’extrême gauche s’est historiquement mise au service de la CIA contre les communistes staliniens durant la Guerre froide (Elle est l’équivalent du SD/USA de Max Shatchman, qui a formé les néoconservateurs aux USA [6]). Ce n’est pas la première fois que les « lambertistes » infiltrent le Parti socialiste. Ils y ont notamment placé deux célèbres agents de la CIA : Lionel Jospin (qui est devenu Premier ministre) et Jean-Christophe Cambadélis, le principal conseiller de Dominique Strauss-Kahn [7].

Des primaires sont organisées au sein du Parti socialiste pour désigner son candidat à l’élection présidentielle. Deux personnalités sont en concurrence : Laurent Fabius et Ségolène Royal. Seul le premier représente un danger pour Sarkozy. Dominique Strauss-Kahn entre dans la course avec pour mission d’éliminer Fabius au dernier moment. Ce qu’il sera en mesure de faire grâce aux votes des militants « lambertistes » infiltrés, qui portent leur suffrages non pas sur son nom, mais sur celui de Royal. 
L’opération est possible parce que Strauss-Kahn est depuis longtemps sur le payroll des États-Unis. Les Français ignorent qu’il donne des cours à Stanford, où il a été embauché par le prévot de l’université, Condoleezza Rice [8]. 
Dès sa prise de fonction, Nicolas Sarkozy et Condoleezza Rice remercieront Strauss-Kahn en le faisant élire à la direction du Fonds monétaire international.

Premiers jours à l’Élysée

Le soir du second tour de l’élection présidentielle, lorsque les instituts de sondages annoncent sa victoire probable, Nicolas Sarkozy prononce un bref discours à la nation depuis son QG de campagne. Puis, contrairement à tous les usages, il ne va pas faire la fête avec les militants de son parti, mais il se rend au Fouquet’s. La célèbre brasserie des Champs-Élysées, qui était jadis le rendez-vous de « l’Union corse » est aujourd’hui la propriété du casinotier Dominique Desseigne. Il a été mis à disposition du président élu pour y recevoir ses amis et les principaux donateurs de sa campagne. Une centaine d’invités s’y bousculent, les hommes les plus riches de France y côtoient les patrons de casinos.

Puis le président élu s’offre quelques jours de repos bien mérités. Conduit en Falcon-900 privé à Malte, il s’y repose sur le Paloma, le yacht de 65 mètres de son ami Vincent Bolloré, un milliardaire formé à la Banque Rothschild.

Enfin, Nicolas Sarkozy est investi président de la République française. Le premier décret qu’il signe n’est pas pour proclamer une amnistie, mais pour autoriser les casinos de ses amis Desseigne et Partouche à multiplier les machines à sous.

Il forme son équipe de travail et son gouvernement. Sans surprise, on y retrouve un bien trouble propriétaire de casinos (le ministre de la Jeunesse et des Sports) et le lobbyiste des casinos de l’ami Desseigne (qui devient porte-parole du parti « gaulliste »).

Nicolas Sarkozy s’appuie avant tout sur quatre hommes : 
- Claude Guéant, secrétaire général du palais de l’Élysée. C’est l’ancien bras droit de Charles Pasqua. 
- François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Élysée. C’est un associé-gérant de la Banque Rothschild. 
- Jean-David Lévitte, conseiller diplomatique. Fils de l’ancien directeur de l’Agence juive. Ambassadeur de France à l’ONU, il fut relevé de ses fonctions par Chirac qui le jugeait trop proche de George Bush. 
- Alain Bauer, l’homme de l’ombre. Son nom n’apparaît pas dans les annuaires. Il est chargé des services de renseignement. Ancien Grand-Maître du Grand Orient de France (la principale obédience maçonnique française) et ancien n°2 de la National Security Agency états-unienne en Europe [9].

Frank Wisner Jr., qui a été nommé entre temps envoyé spécial du président Bush pour l’indépendance du Kosovo, insiste pour que Bernard Kouchner soit nommé ministre des Affaires étrangères avec une double mission prioritaire : l’indépendance du Kosovo et la liquidation de la politique arabe de la France.

Kouchner a débuté sa carrière en participant à la création d’une ONG humanitaire. Grâce aux financements de la National Endowment for Democracy, il a participé aux opérations de Zbigniew Brzezinski en Afghanistan, aux côtés d’Oussama Ben Laden et des frères Karzaï contre les Soviétiques. On le retrouve dans les années 90 auprès d’Alija Izetbegoviç en Bosnie-Herzégovine. De 1999 à 2001, il a été Haut représentant de l’ONU au Kosovo.

Sous le contrôle de Wali, le frère cadet du président Hamid Karzaï, l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de pavot. Le suc est transformé sur place en héroïne et transporté par l’US Air Force à Camp Bondsteed (Kosovo). Là, la drogue est prise en charge par les hommes d’Haçim Thaçi qui l’écoulent principalement en Europe et accessoirement aux États-Unis [10]. Les bénéfices sont utilisés pour financer les opérations illégales de la CIA. 
Karzaï et Thaçi sont des amis personnels de longue date de Bernard Kouchner, qui certainement ignore leurs activités criminelles malgré les rapports internationaux qui y ont été consacrés.

Pour complèter son gouvernement, Nicolas Sarkozy nomme Christine Lagarde, ministre de l’Économie et des Finances. Elle a fait toute sa carrière aux États-Unis où elle a dirigé le prestigieux cabinet de juristes Baker & McKenzie. Au sein du Center for International & Strategic Studies de Dick Cheney, elle a co-présidé avec Zbigniew Brzezinski un groupe de travail qui a supervisé les privatisations en Pologne. Elle a organisé un intense lobbying pour le compte de Lockheed Martin contre les l’avionneur français Dassault [11].

Nouvelle escapade durant l’été. Nicolas, Cécilia, leur maîtresse commune et leurs enfants se font offrir des vacances états-uniennes à Wolfenboroo, non loin de la propriété du président Bush. La facture, cette fois, est payée par Robert F. Agostinelli, un banquier d’affaires italo-new-yorkais, sioniste et néo-conservateur pur sucre qui s’exprime dans Commentary, la revue de l’American Jewish Committee.

La réussite de Nicolas rejaillit sur son demi-frère Pierre-Olivier. Sous le nom américanisé « d’Oliver », il est nommé par Frank Carlucci (qui fut le n°2 de la CIA après avoir été recruté par Frank Wisner Sr.) [12] directeur d’un nouveau fonds de placement du Carlyle Group (la société commune de gestion de portefeuille des Bush et des Ben Laden) [13]. Sans qualité personnelle particulière, il est devenu le 5e noueur de deals dans le monde et gère les principaux avoirs des fonds souverains du Koweit et de Singapour.

La cote de popularité du président est en chute libre dans les sondages. L’un de ses conseillers en communication, Jacques Séguéla, préconise de détourner l’attention du public avec de nouvelles « people stories ». L’annonce du divorce avec Cécilia est publiée par Libération, le journal de son ami Edouard de Rothschild, pour couvrir les slogans des manifestants un jour de grève générale. Plus fort encore, le communiquant organise une rencontre avec l’artiste et ex-mannequin, Carla Bruni. Quelques jours plus tard, sa liaison avec le président est officialisée et le battage médiatique couvre à nouveau les critiques politiques. Quelques semaines encore et c’est le troisième mariage de Nicolas. Cette fois, il choisit comme témoins Mathilde Agostinelli (l’épouse de Robert) et Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d’Edouard Balladur devenu associé-gérant chez Rothschild.

Quand les Français auront-ils des yeux pour voir à qui ils ont affaire ?

Profile ; 16 juin 2008Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l’Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.

L’intérêt suscite par ces informations a conduit l’auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel (édition du 16 juin 2008), sous le titre « ОПЕРАЦИЯ САРКОЗИ ».

Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.

 

[1] « Quand le stay-behind portait De Gaulle au pouvoir », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 août 2001

[2] « Quand le stay-behind voulait remplacer De Gaulle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 septembre 2001

[3L’Énigme Pasqua, par Thierry Meyssan, Golias ed, 2000.

[4Les requins. Un réseau au cœur des affaires, par Julien Caumer, Flammarion, 1999.

[5] « Un relais des États-Unis en France : la French American Foundation », par Pierre Hillard, Réseau Voltaire, 19 avril 2007.

[6] « Les New York Intellectuals et l’invention du néo-conservatisme », par Denis Boneau, Réseau Voltaire, 26 novembre 2004.

[7] Le responsable US du renseignement, Irving Brown en personne, a revendiqué avoir lui-même recruté et formé MM. Jospin et Cambadélis pour lutter contre les staliniens alors qu’ils militaient chez les lambertistes pour, cf. Éminences grises, Roger Faligot et Rémi Kauffer, Fayard, 1992 ; « The Origin of CIA Financing of AFL Programs » in Covert Action Quaterly, n° 76, 1999. Il importe d’éviter une interprétation anachronique : leur engagement au service des USA est celui d’atlantistes durant la Guerre froide. Au-delà, il les conduira, par exemple, en 1999, à jouer un rôle central dans l’engagement de Paris au sein de l’OTAN pour bombarder Belgrade, pourtant allié traditionnel de la France. De même, il importe d’éviter les fausses équivalences : la collaboration de Nicolas Sarkozy avec les USA ne s’est pas développée sur une base idéologique, mais relationnelle et carriériste (note modifiée le 27 juillet 2008 en réponse à des lecteurs).

[8] « Dominique Strauss-Kahn, l’homme de « Condi » au FMI », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2007.

[9] « Alain Bauer, de la SAIC au GOdF », Note d’information du Réseau Voltaire, 1er octobre 2000.

[10] « Le gouvernement kosovar et le crime organisé », par Jürgen Roth,Horizons et débats, 8 avril 2008.

[11] « Avec Christine Lagarde, l’industrie US entre au gouvernement français », Réseau Voltaire, 22 juin 2005.

[12] « L’honorable Frank Carlucci », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 11 février 2004.

[13] « Les liens financiers occultes des Bush et des Ben Laden » et « Le Carlyle Group, une affaire d’initiés », Réseau Voltaire, 16 octobre 2001 et 9 février 2004.

Cette France américaine qui se renie et nous détruit

Photo : Sélection des Young leaders français 2014

 

Président de la République et ministres de droite ou de gauche issus des programmes franco-américains, franc-maçonnerie dans les rang de l’Assemblée et du Gouvernement qui défend « sa » conception républicaine, d’autant plus fortement que la « mondialisation républicaine » se trouve, par hasard et par accident ralentie … On se croirait dans un mauvais film d’espionnage. L’on est simplement dans la France moderne et contemporaine. Cette France qui n’est plus française, qui en a même semble-t-il honte, comme d’un parent pauvre que l’on veut cacher. Et l’on comprend beaucoup mieux pourquoi la politique menée par les élites, de droite comme de gauche, ne défend pas les intérêts de notre pays.

Comme le processus de destruction de ce qui reste de l’identité française allait bien, la construction européenne aidant, l’on n’entendait pas trop les membres de la franc-maçonnerie française, il n’était pas nécessaire de faire du bruit. La multiplication des conflits au Moyen Orient, la crise économique et financière importée en Europe de celle des subprimes aux Etats Unis, les printemps arabes sanglants et déstructurant, ont jeté vers les pays européens une foule de population aux aboies. Une foule que les pays européens ne peuvent assumer, surtout en période de crise et parce que de toute manière il n’est pas possible pour l’Europe, sauf à se détruire, d’ingérer tout le malheur du monde. C’est une politique irresponsable et inefficace, notamment pour les pays en conflits concernés. Or, maintenant que la tension monte, l’on voit se réactiver les réseaux. Cela est d’autant plus facile lorsqu’ils sont au Gouvernement, dans le sens direct du terme. Comme l’écrit le Figaro, sans en être pour le moins choqué:

« En mai 2012, le GODF, traditionnellement orienté à gauche, a vu d’un bon œil la victoire de François Hollande et l’arrivée de frères au gouvernement, qu’il s’agisse de Manuel Valls, qui a fréquenté les loges durant huit ans, de Jean-Yves Le Drian, Victorin Lurel, Frédéric Cuvillier ou Jérôme Cahuzac – ce dernier étant finalement suspendu du GODF après le mensonge avoué sur son compte bancaire à l’étranger. De plus, la charte de la laïcité et les projets d’enseignement de «morale laïque» mis en avant par le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, qui n’est pas initié, ont séduit les frères du GODF. »

Et si l’on se demandait pourquoi des lois impopulaires passaient, sans qu’un réel débat social ait eu lieu sur des questions aussi importantes que le mariage pour tous ou la laïcité, c’est parce que, en plus du Gouvernement, les rangs de l’Assemblée sont également pris d’assaut. Volonté affichée ouvertement par le Grand Maître José Gulino dès 2012. Et ça marche.

« Le GODF a aussi repris fin 2012 le contrôle de la Fraternelle parlementaire (Frapar), en faisant élire l’un des siens, le député socialiste du Nord Christian Bataille à la tête de cette amicale des francs-maçons de l’Assemblée nationale et du Sénat. Celle-ci compte plus de 400 membres, dont 150 élus, soit 15 % du total des parlementaires. Christian Bataille sait s’y prendre pour pousser ses pions: il a déjà présidé la Frapar et il professe une foi de charbonnier dans les valeurs maçonniques. Celles-ci le conduisent à se transformer en avocat de causes aussi controversées que la lutte contre les langues régionales, au nom du jacobinisme, et en faveur de l’exploration des gaz de schiste, au nom de la science. Cette première offensive liée au retour de la gauche au pouvoir a produit quelques résultats, que ce soit pour promouvoir le mariage pour tous, défendre les réformes fiscales ou contrer la récupération du thème de la laïcité par l’extrême droite. »

Ainsi, la Fraternelle parlementaire, qui rassemble des députés et des sénateurs s’est largement emparée du thème de prédilection de la laïcité. L’on comprend mieux pourquoi aujourd’hui elle se traduit en montée de la haine pure et simple contre le christianisme, cette religion qui a le malheur d’avoir posé les bases de la société française.

Pour compléter le tableau, en restant dans la même ligne idéologique, l’on voit également l’affermissement des intérêts américains dans la gouvernance française. En 1981, la French American Foundation créé le programme Young Leader, financé par AIG, Lazard et Footprint consultants. Sorte de version moderne, plus neutre, moins marquée et connue dans la société que la franc-maçonnerie. Aujourd’hui, il comprend plus de 400 dirigeants issus de la haute fonction publique, du monde de l’entreprise, des médias, de la recherche et même de l’armée.  Chaque année 20 français et américains sont sélectionnés. En 2014, Alain Juppé, lui même ancien Young leader, a organisé le séminaire à Bordeaux pour la promotion 2014 avec des anciens comme le directeur général d’Alcatel Lucent Michel Combes, par exemple.

 

La formation 2014 comprend:

 French Young Leaders

  • Gwenhaël Le Boulay, Partner and Managing Director au Boston Consulting Group
  • Nicolas Escoulan, Directeur de la Rédaction d’Europe 1
  • Frank Gervais, Président-Directeur Général de Thalys International
  • Dr Pierre-Antoine Gourraud, PhD MPH, Professeur Assistant en charge de la médecine digitale translationnelle, Faculté de Médecine, Département de Neurologie de l’Université de Californie à San Francisco
  • Fatima Hadj, Associate Director à Standard & Poor’s
  • Cyril Kammoun, Managing Partner and CEO d’Aforge Degroof Finance
  • Julia Minkowski, Associée du Cabinet Temime et Associés
  • Le Lieutenant-Colonel Jean de Monicault, Rédacteur du Chef d’Etat-Major des Armées en charge des affaires stratégiques au Ministère de la Défense
  • Alexis Morel, Directeur de la Stratégie de Thales
  • Abdel Malek Riad, Conseiller économique du Président de l’Assemblée Nationale
  • Lubomira Rochet, Chief Digital Officer et membre du Comité Exécutif de L’Oréal
  • Alexandre Zapolsky, Fondateur et Président de Linagora

 

American Young Leaders

  • Elizabeth Askren, Freelance Conductor (Théâtre du Châtelet, Théâtre de St Quentin), Cultural Attaché, Fondation des Etats-Unis
  • Major Jordan Baker, Defense Policy Advisor, United States Mission to NATO
  • Emma Fuerst Frelinghuysen, Senior Director, Private Brands, FreshDirect
  • Guy Mounier, Chief Executive Officer, CustomerMatrix
  • Anna « Anya » Neistat, Associate Director, Program/Emergencies, Human Rights Watch
  • Reshma Saujani, Chief Executive Officer and Founder, Girls Who Code
  • Dana Stroul, Senior Professional Staff member, Middle East and North Africa, U.S. Senate Foreign Relations Committee
  • Joseph  « Jay » Truesdale, Chief of Staff, U.S. Embassy, Islamabad

 

Dans cette France américaine, on retrouve des hommes et des femmes, de droite comme de gauche, cela n’a plus strictement aucune importance, formés à composer avec l’intérêt national. Car il y a semble-t-il plus important. Et ils détiennent les rênes du pouvoir. Comme l’écrit très justement Atlantico:

« Exit Alain Juppé, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet, Laurent Wauquiez, Jeannette Bougrab… Place à François Hollande, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Marisol Touraine, Najat Vallaud-Belkacem, Aquilino Morelle (plume du Président), etc. « Enfin des têtes nouvelles ! » entend-t-on ici ou là. Nouvelles ? Tout est relatif, quand on sait décrypter la liste ci-dessus : en fait, tous ces « Young Leaders »  de l’UMP ont laissé la place à des « Young Leaders » du Parti socialiste. Car François Hollande et Pierre Moscovici depuis 1996, Marisol Touraine et Aquilino Morelle depuis 1998, Arnaud Montebourg depuis 2000 et Najat Vallaud-Belkacem depuis 2006, sont tous des « Young Leaders ». »

Et la notion de clan joue directement lors de la composition des équipes gouvernantes, même si l’information n’est manifestement pas trop diffusée en France:

« sur les 8 socialistes sélectionnés comme Young Leaders depuis François Hollande en 1996, 6 rentrent dans son gouvernement cette semaine. (Ne restent sur la touche, pour le moment, que Bruno Le Roux, qualifié par beaucoup de « ministrable », et Olivier Ferrand, l’ambitieux président du think-tank Terra Nova ayant permis l’élection de François Hollande aux élections primaires ; deux candidats impatients de rejoindre leurs camarades Young Leaders au gouvernement). Beau tir groupé, comme s’en enorgueillit à juste titre le site américain («The French-American Foundation is proud to have five Young Leader in the cabinet of President François Hollande, himself a Young Leader in 1996”), tandis que le site français n’en dit pas un mot. « 

Comme le souligne très justement A. Latsa, même si quelques hommes politiques de droite sont favorables à de bons rapports avec la Russie, la plupart sont focalisés sur un axe exclusivement américano-centré:

« En effet, environ 25% de nos députés sont membres du groupe d’amitié France-Amérique. Dans ce groupe relativement discret qui est dirigé, c’est tout un symbole, par Louis Giscard d’Estaing, fils de l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing, on trouve un bon nombre de députés de droite, en compagnie de députés socialistes. »

Trois conclusions principales en découlent toutes seules, logiquement.

Sur le plan de la politique intérieure, on comprend mieux les sources de cette dissociation croissante entre les élites et la population. Fossé qui oblige à une radicalisation des élites, d’une minorité dirigeante, qui doit, pour faire imposer ses points de vues, discréditer ceux des autres. Autrement dit, il ne peut plus y avoir de pluralisme d’idées, car il n’y a plus de respect de l’autre. Par exemple, celui qui défend la famille traditionnelle est un extrémiste, et l’on ne parle pas avec les extrémistes.

Lorsque le pluralisme d’idées est mis à bas, il ne peut y avoir de pluralisme politique, car les différents partis politiques doivent justement représenter et défendre des visions différentes de la société. Ce qui est inconcevable aujourd’hui. « L’autre politique » est hors du champ démocratique, donc hors du champ du débat politique. Pour autant, il est tout autant inconcevable de déclarer l’instauration du parti unique, car la politique serait morte. La France ne peut pas encore l’accepter, s’enterrer vivante tant qu’il reste un souffle, donc il faut maintenir les apparences. Et pour maintenir les apparences, il faut maintenir une alternance entre des personnes, qui ont été plus ou moins canalisées et formatées au préalable pour ne pas prendre de risques. Le changement de visage, s’interroger sur Cécilia et ensuite passer à Valérie, permet de donner l’impression d’un changement politique. Et l’essentiel est préservé: le cap, lui, est gardé.

Enfin, il en découle que la politique étrangère française ne peut être, dans ce contexte, autre chose que ce qu’elle est. La France ne peut que soutenir, contre toute logique, contre ses valeurs et son histoire, les sanctions contre la Russie parce qu’un Gouvernement d’extrême droite massacre sa propre population civile sur les terres d’Ukraine. Parce que la France et l’UE se moquent de l’Ukraine et de sa population comme de leur première liquette. La France ne peut qu’aller vers une ratification du traité transatlantique TTIP qui lui retire sa souveraineté économique, notamment. La France ne peut que se dissoudre dans une Union européenne qui détruit ce qui reste de culture européenne. La France ne peut avoir de politique étrangère, elle ne peut qu’être un pays aligné ou satellite, selon la terminologie préférée.

Dans ce contexte, la France américaine ne peut que trahir la France, et la notion de Gaulliste Authentique et tellement illusoire, qu'il faut aimer pour le croire.

 

Karine Bechet-Golovko