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Scénario catastrophe en Syrie par Robert PARRY

Publié le par José Pedro

Scénario catastrophe en Syrie ??par Robert Perry

Scénario catastrophe en Syrie

Agents d'influence Arabie saoudite Crises/guerres Désinformation Droit international HégémonieIngérence Iran Israël Propagande Religion Syrie
 
ExclusifAvec l’aide politique et militaire de l'Arabie saoudite (voir article en Anglais en fin de page)  et d’Israël, le scénario catastrophe d’une victoire d’Al-Qaïda et/ou de l’Etat islamique en Syrie pourrait bien se réaliser tandis que l’armée du gouvernement syrien, plus laïc, bat en retraite et que le président Obama paraît figé dans l’indécision. C’est ce que rapporte Robert Parry.

 

L’alliance entre Israël et l’Arabie Saoudite, coalisés avec d’autres pays sunnites radicaux, est en train de mener les groupes affiliés à Al-Qaïda vers la victoire ou du moins de leur assurer la sécurité en Syrie et au Yémen. Ce qui ne fait que souligner les contradictions non résolues de la politique de Barack Obama au Moyen Orient.

Le Front Al-Nosra et l’Etat islamique – branche hyper-brutale d’Al-Qaïda –  tous deux soutenus par l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, gagnent de plus en plus de terrain en Syrie, tandis qu’Israël frappe les alliés du gouvernement syrien. Certains analystes prédisent à présent l’effondrement probable du gouvernement du président Bashar el-Assad, plutôt laïc.

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Au cours des dernières années, Israël et l’Arabie Saoudite ont bien fait comprendre qu’ils considéraient le renversement du gouvernement d’Assad, soutenu par l’Iran, comme une priorité géopolitique même si le résultat en est la victoire d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique. Mais Obama, qui s’est montré incapable – ou peu décidé – de brider l’alliance Israël-Arabie Saoudite, aurait alors à décider de ce qu’il doit faire face à la domination par des terroristes d’une importante nation du Moyen Orient.

Certains de ces radicaux sunnites ont montré qu’ils sont déterminés à assassiner des minorités qu’ils considèrent infidèles, y compris les Chrétiens, les Alaouites et les Chiites. Les terroristes pourraient transformer en véritable boucherie les rues des grandes villes syriennes et donner à Al-Qaïda une solide base d’où lancer des attaques terroristes contre l’Occident.

La réponse qu’Obama et son successeur apporteront à cette situation est incertaine. Mais il serait difficile pour n’importe quel président américain de rester assis et de ne rien faire. Néanmoins, envoyer un autre corps expéditionnaire en Syrie pour déloger Al-Qaïda ou l’Etat islamique de Damas et les repousser hors de Syrie serait une folie qui causerait des pertes humaines massives, coûterait des milliards de dollars sans grande promesse de succès.

Pendant ce temps, les principaux médias américains dominés par les néoconservateurs, racontent déjà que l’échec d’Obama, c’est de ne pas être intervenu plus tôt pour renverser le régime d’Assad, ce qui aurait permis à des rebelles « plus modérés » de prendre le pouvoir. Or l’existence d’une importante armée rebelle « modérée » a toujours été une fiction. Obama a lui-même dit – dans une interview réalisée en août 2014 par le chroniqueur du New York Times, Thomas L.Friedman – que c’était un pur fantasme que de penser qu’armer les rebelles aurait changé le cour des choses. Obama a déclaré:

 » L’idée que nous pourrions fournir des armes légères ou même des armes plus sophistiquées à une opposition formée de docteurs, de cultivateurs, de pharmaciens, etc, et qu’ils allaient être capables de se battre contre un Etat non seulement bien armé mais aussi soutenu par la Russie, l’Iran et un Hezbollah endurci au combat, cette idée n’a jamais été vraiment envisagée. »

Obama a ajouté que son administration avait du mal à trouver, à entraîner et armer suffisamment de rebelles syriens laïcs pour changer les choses: « Il n’y a pas autant de possibilités que nous l’aurions souhaité« .

En fait, une grande partie de l’Armée Syrienne Libre , soutenue et armée par les Etats-Unis, s’est mise du côté du Front Al-Nosra ou de l’Etat islamique en 2013. Après cela, le seul choix réaliste d’Obama a été de conclure un accord politique pragmatique avec Assad et de coopérer avec l’Iran et la Russie pour récupérer les territoires conquis par Al-Qaïda et l’Etat islamique.

Se débarrasser d’Assad

Mais ce choix s’est avéré politiquement impossible parce que le lobby israélien et des néoconservateurs américains a continué à faire pression pour qu’Assad soit renversé. Ils ont été aidés par le refus d’Obama de donner des renseignements qui auraient permis de réfuter certains des arguments anti-Assad diffusés par les médias américains. Par exemple, les services secrets américains nourrissaient des doutes à propos de l’attaque au gaz sarin par le régime d’Assad près de Damas le 21 août 2013. Obama aurait pu révéler ces doutes.

Un argument important dans le discours des néoconservateurs qui a empêché toute détente avec Assad fut de rendre celui-ci responsable de l’attaque au gaz sarin qui tua des centaines de civils. Et même alors que de nombreuses preuves arrivaient, montrant que l’attaque était probablement une provocation des rebelles extrémistes, Obama rechignait à revenir sur le jugement hâtif du début, neuf jours après les événements.

Pas plus tard que ce mois-ci, l’administration d’Obama relançait ses premières accusations dans « 60 Minutes » sur CBS et d’autres médias qui se contentent de régurgiter des renseignements périmés plutôt que d’examiner des preuves nouvelles. Or celles-ci font état d’une opération « sous fausse bannière » conçue pour pousser l’armée américaine à rejoindre les rebelles dans la guerre syrienne. [Voir Consortiumnews.com's “A Fact-Resistant ‘Group Think’ on Syria.”].

Bien qu’en 2013 Obama ait refusé de bombarder l’armée syrienne, ce qui aurait ouvert les portes de Damas à Al-Qaïda et/ou à l’Etat islamique, il n’a pas souhaité passer outre les désirs de « changement de régime » de son Département d’Etat qui reste sous l’influence des néoconservateurs et de leurs sous-fifres, les interventionnistes libéraux.

A présent, malgré le risque grandissant d’une victoire d’Al-Qaïda ou de l’Etat islamique en Syrie, Obama semble figé dans l’indécision, cerné par le lobby israélien, les Saoudiens et leur pétrole, les politiciens néoconservateurs et les leaders d’opinion à Washington.

Mais le danger d’une victoire des Islamistes par la terreur va croissant chaque jour.

Dans un article intitulé « Rebel resurgence puts Syrian regime in peril » Liz Sly du Washington Post disait :

«  En Syrie, une vague de victoires chez les rebelles fait que de moins en moins de gens croient en la durabilité du régime de Bashar el-Assad qui semble à présent plus en danger qu’il ne l’a jamais été au cours des trois dernières années.

« Samedi la prise de la ville de Jisr al-Shughour dans le nord de la province d’Idlib a été la toute dernière victoire d’une succession de batailles remportées par les forces rebelles qui ont progressé de façon significative à la fois au nord et au sud du pays…

« Les analystes disent que  » les changements sur le champ de bataille arrivent au moment où l’administration d’Obama a mis de côté la crise syrienne pour se concentrer sur ses priorités: battre l’Etat islamique en Iraq et conclure un accord nucléaire avec l’Iran. Cependant, le rythme des événements en Syrie pourrait bien obliger les Etats-Unis à se concentrer à nouveau sur la guerre non résolue, centre du bouleversement qui engloutit le Moyen Orient.

« L’Iran soutient Assad, l’Arabie Saoudite soutient les rebelles et un changement dans l’équilibre des forces en Syrie pourrait avoir de sérieuses répercussions sur les conflits en Iraq et au Yémen.  » La donne est en train de changer en ce moment en Syrie » dit Jamal Khashoggi, grand journaliste saoudien. « Je pense que nous allons assister à la chute du régime d’Assad et il nous faut penser dès maintenant à ce qui arrivera le jour d’après, parce que le jour d’après est très proche.

« Si les rebelles connaissent à nouveau du succès, c’est en grande partie du fait du récent rapprochement entre une Arabie Saoudite à nouveau sûre d’elle et ses anciens concurrents dans la course à l’influence sur les rebelles : la Turquie et le Qatar.

« Depuis son intronisation en janvier, le roi saoudien Salman a défié énergiquement l’expansionnisme régional de l’Iran, principal ennemi de l’Arabie Saoudite, en se lançant dans des frappes aériennes contre les rebelles Houthis au Yémen, soutenus par l’Iran. Il a aussi tout fait, avec le Qatar et la Turquie, pour renforcer les rebelles syriens divisés et affaiblis, a dit Khashoggi. »

Il en a résulté une coalition très fédératrice de rebelles, nommée l’Armée de Conquête qui est composée du groupe Jabhat al-Nosra, d’Al-Qaïda, d’un ensemble de brigades islamistes et d’un petit nombre de bataillons plus modérés. Cette coalition, lancée le mois dernier, s’est révélée plus efficace qu’on ne s’y attendait.

Dans un commentaire qu’il a donné la semaine dernière au Middle East Institute, Robert S. Ford [1], ancien ambassadeur américain en Syrie, a dit que la chute du régime Assad ne saurait être écartée. Les divisions en son sein, les revers sur le champ de bataille et le manque de soldats « sont tous des signes de faiblesse« , a-t-il écrit. « Il se peut que nous soyons en train d’assister au commencement de la fin. »

Davantage de frappes aériennes israéliennes

Dans le même temps, Israël aurait repris ses frappes aériennes contre les bases militaires syriennes près du Liban. Il se pourrait qu’elles visent le Hezbollah libanais qui coopère avec Assad pour combattre les rebelles sunnites. Des officiels israéliens ont refusé de commenter ces attaques tout en jurant de vouloir empêcher la Syrie de fournir des armes sophistiquées au Hezbollah.

Une précédente frappe aérienne avait tué de nombreux combattants du Hezbollah ainsi qu’un général iranien présent en Syrie pour aider les hommes d’Assad. Israël a aussi conclu ce qui équivaut à un pacte de non-agression avec le Front Al-Nosra et Al-Qaïda le long des hauteurs du Golan occupées par Israël. Celui-ci soigne dans ses hôpitaux les combattants d’Al-Nosra afin qu’ils repartent au combat.

Plus important encore, Israël a lâché son puissant lobby aux Etats-Unis afin de rallier les Républicains et de nombreux Démocrates dans le but de contrer Obama. En effet, celui-ci veut arriver à un accord avec l’Iran pour limiter son programme nucléaire et il veut aussi avoir de meilleures relations avec ce pays.

Les ouvertures d’Obama en direction de l’Iran ont alarmé l’Arabie Saoudite qui se voit comme le leader des Sunnites du Moyen Orient. Le mépris des Saoudiens envers l’Iran les a même conduits à être au coude à coude avec Israël dans une relation de couple bizarre. Les deux pays considèrent à présent l’Iran comme leur principal adversaire.

En même temps que cette relation s’affirmait, Israël a même commencé à parler d’une préférence pour les militants d’Al-Qaïda au détriment du gouvernement plutôt laïc de Bashar el-Assad vu comme le protecteur des Alaouites, des Chiites, des Chrétiens et autres minorités syriennes terrifiées par les extrémistes sunnites soutenus par les Saoudiens.

En septembre 2013, Michael Oren, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et proche conseiller du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a déclaré au Jérusalem Post qu’Israël préférait les extrémistes sunnites à Bashar el-Assad. Il exprimait là de la façon la plus explicite possible le point de vue israélien.

Oren a également déclaré dans une interview : « Le plus grand danger pour Israël est cet arc stratégique qui va de Téhéran à Beyrouth en passant par Damas. Et nous considérons le régime d’Assad comme la clé de voûte de cet arc. Nous avons toujours souhaité le départ de Bashar el-Assad. Nous avons toujours préféré les méchants qui n’étaient pas soutenus par l’Iran aux méchants soutenus par l’Iran. » Il a précisé que c’était bien le cas même si les « méchants » en question étaient affiliés à Al-Qaïda.

En juin 2014, lors d’une conférence à l’Institut Aspen, Oren a développé sa position. Parlant en tant qu’ancien ambassadeur, il a dit qu’Israël préférerait une victoire de l’Etat islamique, qui massacrait les prisonniers irakiens et décapitait des Occidentaux, à la survie en Syrie d’un Bashar el-Assad soutenu par l’Iran. Il a ajouté: » Du point de vue d’Israël, si un mal doit prévaloir, que ce soit le mal sunnite. »

Le 1er octobre 2013, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a fait allusion à la nouvelle relation entre Israël et l’Arabie Saoudite. Ce discours visait surtout à condamner l’Iran pour son programme nucléaire et à le menacer de frappes militaires israéliennes unilatérales. Netanyahou a donné une indication, presque passée inaperçue, sur l’évolution des rapports de forces au Moyen Orient:

«  Le danger que représente un Iran possédant l’arme nucléaire et l’émergence d’autres menaces dans notre région ont amené beaucoup de nos voisins arabes à admettre, admettre enfin, qu’Israël n’était pas leur ennemi. Et ceci nous offre l’occasion de dépasser une animosité historique et d’établir de nouvelles relations, de nous faire de nouveaux amis et d’avoir de nouveaux espoirs. »

Le lendemain, on annonçait aux informations de la Chaîne 2 israélienne que des hauts fonctionnaires des services secrets israéliens avaient rencontré à Jérusalem un homologue des Etats du Golfe. On pense qu’il s’agissait du prince Bandar bin Sultan, alors chef des services secrets saoudiens.

Même les principaux médias américains sont au courant de cette alliance improbable. C’est ainsi que Joe Klein, correspondant du Time magazine, a décrit ce rapprochement dans un article du 9 janvier 2015:

 » Le 26 mai 2014 a eu lieu à Bruxelles un échange public sans précédent. Deux anciens chefs haut placés des services secrets israéliens et saoudiens, Amos Yadlin et le prince Turki al-Faisal, ont parlé pendant plus d’une heure de la politique régionale au cours d’une conversation animée par David Ignatius du Washington Post »

 » Leurs points de vue divergeaient sur quelques sujets, comme par exemple la nature exacte d’un accord de paix israélo-palestinien. Mais ils convergeaient sur d’autres: la réalité du danger nucléaire iranien, la nécessité de soutenir le nouveau gouvernement militaire en Egypte et celle d’exiger une action internationale concertée en Syrie. C’est le prince Turki qui a fait la déclaration la plus frappante. Il a dit que les Arabes avaient « franchi le Rubicon » et « ne voulaient plus combattre Israël. »

Le congrès du ralliement

Lors d’un discours prononcé devant les deux chambres du Congrès le 3 mars, Benjamin Netanyahou a précisé qu’Israël préférait les djihadistes soutenus par les Saoudiens aux membres du gouvernement syrien alliés aux Iraniens. Il a vivement encouragé le gouvernement américain à changer de priorité: combattre l’Iran plutôt qu’Al-Qaïda et l’Etat islamique.

Netanyahou a dit que le danger représenté par l’Etat islamique – avec ses bouchers armés de couteaux, ses armes prises à l’ennemi et YouTube – était bénin comparé à l’Iran qu’il a accusé « d’avaler les nations » du Moyen Orient.

Sous les applaudissements du Congrès, il a poursuivi: « L’Iran domine à présent quatre capitales arabes, Bagdad, Damas, Beyrouth et Sanaa. Et si personne ne maîtrise l’agression iranienne, nous verrons encore bien d’autres choses. » Que Netanyahou ait choisi ces capitales était cependant bizarre car l’Iran n’a jamais pris aucune d’elles par la force. Il a seulement apporté son soutien au gouvernement assiégé de Damas et est l’allié des éléments chiites du gouvernement libanais.

Pour ce qui est de l’Iran, ses alliés ne furent pas mis en place par l’Iran lui-même mais par le président George W. Bush lors de l’invasion américaine. Et au Yémen c’est la non résolution d’un conflit confessionnel qui a conduit à la prise de Sanaa par des rebelles Houtis. Ceux-ci sont des chiites Zaidis, un dérivé de l’islam chiite qui est plus proche de certaines sectes sunnites. Les Houthis se défendent d’être des agents de l’Iran et les services de sécurité occidentaux pensent que l’aide que l’Iran leur a apportée a essentiellement été de l’argent.

Cependant, dans le cadre de la campagne israélo-saoudienne contre l’influence de l’Iran, l’Arabie Saoudite a fait des frappes aériennes sur des villes du Yémen avec des avions sophistiqués fournis par les Etats-Unis et la marine américaine a exercé un blocus contre le Yémen allant, le week-end dernier, jusqu’à faire rebrousser chemin à neuf navires iraniens transportant des secours sous le prétexte qu’ils pouvaient aussi transporter des armes.

Les autorités saoudiennes ont accepté des pourparlers de paix vivement conseillés par le président Obama. Malgré tout, les forces aériennes saoudiennes ont repris  les bombardements sur Sanaa, la capitale du Yémen, et sur d’autres cibles. Malgré l’aide des services secrets américains, les frappes saoudiennes ont tué des centaines de civils et détruit certaines des anciennes villes du Yémen.

Les frappes saoudiennes ont aussi eu pour effet de renforcer la cause d’ Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique, que les Etats-Unis ont qualifié de branche la plus dangereuse d’Al-Qaïda pour ce qui est de commanditer des attaques contre l’Occident. Les rebelles Houtis se trouvant sous les bombardements saoudiens,  le groupe d’Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique a pu s’emparer de plus de territoires à l’est et occuper une prison d’où ils ont libéré des militants d’Al-Qaïda.

Il semble, néanmoins, que la crise la plus sévère soit en Syrie où le Front Al-Nosra /Al-Qaïda et le sanguinaire Etat islamique semblent l’emporter avec l’aide militaire de l’Arabie saoudite et la couverture politique d’Israël.

Par Robert Parry | 27 avril 2015

[1] Ford  a été l’une des pièces maîtresses de la diplomatie américaine en Syrie. Il a notamment œuvré sans relâche pour aider l’opposition à renverser le gouvernement de Bachar al-Assad. Il a été également conseiller politique à l’ambassade américaine à Bagdad entre 2004 et 2006. Voir:

– L’ambassadeur des États-Unis en Syrie en charge du recrutement d’escadrons de la mort arabes et musulmans  http://www.silviacattori.net/article2426.html

– L’Egypte en route pour la guerre civile programmée par l’empire : Resistance71/

– Les malencontreuses aventures de Robert Ford en Syrie : Sputniknews.com

 

Article original : https://consortiumnews.com/2015/04/27/syrias-nightmarish-narrative/

Traduit par Christine MALGORN – Auteur de Syrie, mon amour. 1860, au cœur de la guerre oubliée. Edition Harmattan, 2012  – Voir la vidéo  (disponible sur Amazon);  et de « Bienvenue au Shéol » paru en avril 2015 (disponible en numérique sur Amazon, et bientôt en format papier).

 

Sourcehttp://arretsurinfo.ch/scenario-catastrophe-en-syrie/

Did Money Seal Israeli-Saudi Alliance?

Special Report: The odd-couple relationship between Saudi Arabia and Israel may have been sealed with more than a mutual desire to kiss-off Iran. According to an intelligence source, there was a dowry involved, too, with the Saudis reportedly giving Israel some $16 billion, writes Robert Parry.

By Robert Parry

For more than half a century, Saudi Arabia has tried to use its vast oil wealth to build a lobby in the United States that could rival the imposing Israel Lobby. At top dollar, the Saudis hired law firms and PR specialists – and exploited personal connections to powerful families like the Bushes – but the Saudis never could build the kind of grassroots political organization that has given Israel and its American backers such extraordinary clout.

Indeed, Americans who did take Saudi money – including academic institutions and non-governmental organizations – were often pilloried as tools of the Arabs, with the Israel Lobby and its propagandists raising the political cost of accepting Saudi largesse so high that many people and institutions shied away.

President Obama and King Salman Arabia stand at attention during the U.S. national anthem as the First Lady stands in the background with other officials. (Official White House Photo by Pete Souza)

President Obama and King Salman Arabia stand at attention during the U.S. national anthem as the First Lady stands in the background with other officials. (Official White House Photo by Pete Souza)

But Saudi Arabia may have found another way to buy influence inside the United States – by giving money to Israel and currying favor with Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu. Over the past several years, as both Saudi Arabia and Israel have identified Iran and the so-called “Shiite crescent” as their principal enemies, this once-unthinkable alliance has become possible – and the Saudis, as they are wont to do, may have thrown lots of money into the deal.

According to a source briefed by U.S. intelligence analysts, the Saudis have given Israel at least $16 billion over the past 2 ½ years, funneling the money through a third-country Arab state and into an Israeli “development” account in Europe to help finance infrastructure inside Israel. The source first called the account “a Netanyahu slush fund,” but later refined that characterization, saying the money was used for public projects such as building settlements in the West Bank.

In other words, according to this information, the Saudis concluded that if you can’t beat the Israel Lobby, try buying it. And, if that is the case, the Saudis have found their behind-the-scenes collaboration with Israel extremely valuable. Netanyahu has played a key role in lining up the U.S. Congress to fight an international agreement to resolve a long-running dispute over Iran’s nuclear program.

Urged on by Netanyahu, the Republican majority and many Democrats have committed themselves to destroying the framework agreement hammered out on April 2 by Iran and six world powers, including the United States. The deal would impose strict inspections and other limits to guarantee that Iran’s nuclear program remains peaceful.

By crashing the deal, Israel and Saudi Arabia would open the door to more punitive sanctions on Iran and possibly clear the way for Israeli airstrikes, with Saudi Arabia granting over-flight permission to Israeli warplanes. The Saudi-Israeli tandem also might hope to pull in the U.S. military to inflict even more devastation on Iranian targets.

Neither the Israeli nor Saudi governments responded to requests for comment on Saudi payments into an Israeli account.

Congressional Acclaim

The reported Saudi-to-Israel money transfers put Netanyahu’s March 3 speech to a cheering joint session of the U.S. Congress in a different light, too. The Prime Minister’s bitter denunciations of Iran before hundreds of transfixed American lawmakers could be viewed as him demonstrating his value to the Saudi royals who could never dream of getting that kind of reaction themselves.

Indeed, as Congress now moves to sabotage the Iranian nuclear agreement, the Saudis could be finding that whatever money they invested in Israel is money well spent. The Saudis seem especially alarmed that the nuclear agreement would prompt the world community to lift sanctions on Iran, thus allowing its economy – and its influence – to grow.

To prevent that, the Saudis desperately want to draw the United States in on the Sunni side of the historic Sunni-Shiite conflict, with Netanyahu serving as a crucial middleman by defying President Barack Obama on the Iran deal and bringing the full force of the Israel Lobby to bear on Congress and on the opinion circles of Official Washington.

If Netanyahu and the Saudis succeed in collapsing the Iran nuclear framework agreement, they will have made great strides toward enlisting the United States as the primary military force on the Sunni side of the Sunni-Shiite sectarian divide, a dispute that dates back to the succession struggle after Prophet Muhammad’s death in 632.

This ancient feud has become a Saudi obsession over the past several decades, at least since Iran’s Shiite revolution overthrew the Shah of Iran in 1979 and brought to power the Islamic government of Ayatollah Ruhollah Khomeini.

Upset with the ouster of a fellow monarch, the Shah, and fearing the spread of Khomeini’s ascetic form of Shiite Islamic governance, the Saudi royals summoned Iraqi dictator Saddam Hussein, a fellow Sunni, to Riyadh on Aug. 5, 1980, to encourage him to invade Iran.

According to top secret “Talking Points” that Secretary of State Alexander Haig prepared for a briefing of President Ronald Reagan after Haig’s April 1981 trip to the Middle East, Haig wrote that Saudi Prince Fahd said he told the Iraqis that an invasion of Iran would have U.S. support.

“It was … interesting to confirm that President [Jimmy] Carter gave the Iraqis a green light to launch the war against Iran through Fahd,” Haig wrote, in the document that I discovered in U.S. congressional files in 1994. Though Carter has denied encouraging the Iraqi invasion, which came as Iran was holding 52 U.S. diplomats hostage, Haig’s “Talking Points” suggest that the Saudis at least led Hussein to believe that the war had U.S. blessings.

Haig also noted that even after the overthrow of the Shah and the establishment of the Islamic state under Khomeini, Israel sought to maintain its clandestine relations with Iran by serving as an arms supplier. Haig reported that “Both [Egypt’s Anwar] Sadat and [Saudi Prince] Fahd [explained that] Iran is receiving military spares for U.S. equipment from Israel.”

Those Israeli weapons sales continued through the eight bloody years of the Iran-Iraq War with some estimates of the value reaching into the scores of billions of dollar. The Israelis even helped bring the Reagan administration into the deals in the mid-1980s with the so-called Iran-Contra arms shipments that involved secret off-the-books bank accounts in Europe and led to the worst scandal of Reagan’s presidency.

Rise of the Neocons

In the 1990s – with the Iran-Iraq war over and Iran’s treasury depleted – Israeli attitudes cooled toward its erstwhile trading partner. Meanwhile, American neocons – juiced by the demonstration of U.S. military supremacy against Iraq during the Persian Gulf War in 1991 and the collapse of the Soviet Union leaving the U.S. as “the sole superpower” – began advising Netanyahu on employing “regime change” to alter the Mideast dynamic.

During Netanyahu’s 1996 campaign, prominent neocons including Richard Perle and Douglas Feith outlined the plan in a policy paper entitled “A Clean Break: A New Strategy for Securing the Realm.” The document argued that “Israel can shape its strategic environment … by weakening, containing, and even rolling back Syria. This effort can focus on removing Saddam Hussein from power in Iraq – an important Israeli strategic objective in its own right — as a means of foiling Syria’s regional ambitions.” [See Consortiumnews.com’s “The Mysterious Why of the Iraq War.”]

The overriding point of this neocon strategy was that by imposing “regime change” in Muslim nations that were deemed hostile to Israel, new friendly governments could be put in place, thus leaving Israel’s close-in enemies – Hamas in Palestine and Hezbollah in Lebanon – without outside sponsors. Starved of money, these troublesome enemies would be forced to accept Israel’s terms. “The Realm” would be secured.

The neocons first target was Sunni-ruled Iraq, as their Project for the New American Century made clear in 1998, but Syria and Iran were next on the hit list. Syria is governed by the Assads who are Alawites, an offshoot of Shiite Islam, and Iran is governed by Shiites. The neocon plan was to use U.S. military force or other means of subversion to take out all three regimes.

However, when the neocons got their chance to invade Iraq in 2003, they inadvertently tipped the Mideast balance in favor of the Shiites, since Iraq’s Shiite majority gained control under the U.S. military occupation. Plus, the disastrous U.S. war precluded the neocons from completing their agenda of enforced “regime change” in Syria and Iran.

With the new Iraqi government suddenly friendly with Iran’s Shiite leaders, Saudi Arabia became increasingly alarmed. Israel was also coming to view the so-called “Shiite crescent” from Tehran through Baghdad and Damascus to Beirut as a strategic threat.

Saudi Arabia, working with Turkey, took aim at the center of that crescent in 2011 by supporting a Sunni-led opposition to the government of Syrian President Bashar al-Assad, a set of protests that quickly spiraled into bloody terrorist attacks and harsh military repression.

By 2013, it was clear that the principal fighters against Assad’s government were not the fictional “moderates” touted by the U.S. mainstream media but Al-Qaeda’s Nusra Front and a hyper-brutal Al-Qaeda spinoff that arose in resistance to the U.S. occupation of Iraq and evolved into the “Islamic State of Iraq and Syria” or simply the “Islamic State.”

Israeli Preference

To the surprise of some observers, Israel began voicing a preference for Al-Qaeda’s militants over the relatively secular Assad government, which was viewed as the protectors of Alawites, Shiites, Christians and other Syrian minorities terrified of the Saudi-backed Sunni extremists.

In September 2013, in one of the most explicit expressions of Israel’s views, Israeli Ambassador to the United States Michael Oren, then a close adviser to Netanyahu, told the Jerusalem Post that Israel favored the Sunni extremists over Assad.

“The greatest danger to Israel is by the strategic arc that extends from Tehran, to Damascus to Beirut. And we saw the Assad regime as the keystone in that arc,” Oren told the Jerusalem Post inan interview. “We always wanted Bashar Assad to go, we always preferred the bad guys who weren’t backed by Iran to the bad guys who were backed by Iran.” He said this was the case even if the “bad guys” were affiliated with Al-Qaeda.

Oren expanded on his position in June 2014 at an Aspen Institute conference. Then, speaking as a former ambassador, Oren said Israel would even prefer a victory by the Islamic State, which was massacring captured Iraqi soldiers and beheading Westerners, than the continuation of the Iranian-backed Assad in Syria.

“From Israel’s perspective, if there’s got to be an evil that’s got to prevail, let the Sunni evil prevail,” Oren said.

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu speaking to the United Nations General Assembly on Oct. 1, 2013. (UN Photo by Evan Schneider)

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu speaking to the United Nations General Assembly on Oct. 1, 2013. (UN Photo by Evan Schneider)

On Oct. 1, 2013, Israeli Prime Minister Netanyahu hinted at the new Israeli-Saudi relationship in his United Nations General Assembly speech, which was largely devoted to excoriating Iran over its nuclear program and threatening a unilateral Israeli military strike.

Amid the bellicosity, Netanyahu dropped in a largely missed clue about the evolving power relationships in the Middle East, saying: “The dangers of a nuclear-armed Iran and the emergence of other threats in our region have led many of our Arab neighbors to recognize, finally recognize, that Israel is not their enemy. And this affords us the opportunity to overcome the historic animosities and build new relationships, new friendships, new hopes.”

The next day, Israel’s Channel 2 TV news reported that senior Israeli security officials had met with a high-level Gulf state counterpart in Jerusalem, believed to be Prince Bandar bin Sultan, the former Saudi ambassador to the United States who was then head of Saudi intelligence.

The reality of this unlikely alliance has even reached the mainstream U.S. media. For instance, Time magazine correspondent Joe Klein described the new coziness in an article in the Jan. 19, 2015 issue: “On May 26, 2014, an unprecedented public conversation took place in Brussels. Two former high-ranking spymasters of Israel and Saudi Arabia – Amos Yadlin and Prince Turki al-Faisal – sat together for more than an hour, talking regional politics in a conversation moderated by the Washington Post’s David Ignatius.

“They disagreed on some things, like the exact nature of an Israel-Palestine peace settlement, and agreed on others: the severity of the Iranian nuclear threat, the need to support the new military government in Egypt, the demand for concerted international action in Syria. The most striking statement came from Prince Turki. He said the Arabs had ‘crossed the Rubicon’ and ‘don’t want to fight Israel anymore.’”

While the Saudis may still pay lip service to the plight of the Palestinians, that issue is no longer much of a priority. Indeed, the Saudi royals may view the Palestinians, many of whom are secular having seen first-hand the evils of Islamic extremism, as something of a regional threat to the Saudi monarchical governance which is based on an ultra-fundamentalist form of Islam known as Wahhabism. That some of the reported $16 billion Saudi payment to Israel was going to finance Israeli settlements on the Palestinian West Bank would further reflect this Saudi indifference.

In 2013, again collaborating with Israel, Saudi Arabia helped deal a devastating blow to the 1.8 million Palestinians locked in the Gaza Strip. They had received some relief when Egypt elected the Muslim Brotherhood government of President Mohamed Morsi, who relaxed the embargo on passage between Egyptian territory and Gaza.

But the Saudis saw the populist Muslim Brotherhood as a threat to monarchical rule and Israel was angry over Morsi’s apparent sympathy for Hamas, the party ruling Gaza. So, Saudi Arabia and Israel supported a military coup which removed Morsi from power. The two countries then showed off their complementary powers: the Saudis helped the government of General Abdel Fattah el-Sisi with money and oil, while Israel had its lobby work the corridors of power in Washington to prevent retaliation for the ouster of an elected government.

Back to Syria

Israel’s growing collaboration with Saudi Arabia and the two governments’ mutual hatred of the “Shiite crescent” have extended into a tacit alliance with Al-Qaeda’s Nusra Front in Syria, with which the Israelis have what amounts to a non-aggression pact, even caring for Nusra fighters in Israeli hospitals and mounting lethal air attacks against Lebanese and Iranian advisers to the Syrian military.

Israel’s preference for the Saudi-backed jihadists over Iranian allies in Syria was a little-noticed subtext of Israeli Prime Minister Netanyahu’s address to Congress on March 3, urging the U.S. government to shift its focus from fighting Al-Qaeda and the Islamic State to fighting Iran. He trivialized the danger from the Islamic State with its “butcher knives, captured weapons and YouTube” compared to Iran, which he accused of “gobbling up the nations” of the Middle East.

To the applause of Congress, he claimed “Iran now dominates four Arab capitals, Baghdad, Damascus, Beirut and Sanaa. And if Iran’s aggression is left unchecked, more will surely follow.” His choice of capitals was peculiar, however, because Iran took none of those capitals by force and, indeed, was simply supporting the embattled government of Syria and was allied with Shiite elements of the government of Lebanon.

As for Iraq, Iran’s allies were installed not by Iran but by President George W. Bush via the U.S. invasion. And, in Yemen, a long-festering sectarian conflict has led to the capture of Sanaa by Houthi rebels who are Zaydi Shiites, an offshoot of Shia Islam that is actually closer to some Sunni sects.

The Houthis deny that they are agents of Iran, and Western intelligence services believe that Iranian support has consisted mostly of some funding. Former CIA official Graham E. Fuller has called the notion “that the Houthis represent the cutting edge of Iranian imperialism in Arabia – as trumpeted by the Saudis” a “myth.” He added:

“The Zaydi Shia, including the Houthis, over history have never had a lot to do with Iran. But as internal struggles within Yemen have gone on, some of the Houthis have more recently been happy to take Iranian coin and perhaps some weapons — just as so many others, both Sunni and Shia, are on the Saudi payroll. The Houthis furthermore hate al-Qaeda and hate the Islamic State.”

Indeed, the Saudi airstrikes, which have reportedly killed hundreds of Yemeni civilians, have aided the Yemen-based “Al-Qaeda in the Arabian Peninsula” by limiting Houthi attacks on the terrorists and enabling AQAP to overrun a prison and free scores of its militants.

But President Obama, recognizing the joint power of the Saudis and Israelis to destroy the Iran nuclear deal, authorized support for the Saudi airstrikes from U.S. intelligence while rushing military resupplies to the Saudis. In effect, Obama is trading U.S. support for Saudi aggression in a neighboring country for what he hopes might be some political space for the Iran-nuclear agreement.

New Terrorist Gains

Saudi Arabia and its Persian Gulf allies, along with Turkey, are also ramping up support in Syria for Al-Qaeda’s Nusra Front and the Islamic State. Flush with jihadist reinforcements, the two terrorist organizations have seized new territory in recent weeks, including the Islamic State creating a humanitarian crisis by attacking a Palestinian refugee camp south of Damascus.

All of these Saudi actions have drawn minimal criticism from mainstream U.S. media and political circles, in part, because the Saudis now have the protection of the Israel Lobby, which has kept American attention on the supposed threat from Iran, including allegedly controversial statements from Iranian leaders about their insistence that economic sanctions be lifted once the nuclear agreement is signed and/or implemented.

Neocon warmongers have even been granted space in major U.S. newspapers, including the Washington Post and the New York Times, to openly advocate for the bombing of Iran despite the risk that destroying Iran’s nuclear reactors could inflict both human and environmental devastation. That might serve the Saudi-Israeli interests by forcing Iran to focus exclusively on a domestic crisis but it would amount to a major war crime. [See Consortiumnews.com’s “NYT Publishes Call to Bomb Iran.”]

The strategic benefit for Israel and Saudi Arabia would be that with Iran unable to assist the Iraqis and the Syrians in their desperate struggles against Al-Qaeda and the Islamic State, the Sunni jihadists might well be hoisting the black flag of their dystopian philosophy over Damascus, if not Baghdad. [See Consortiumnews.com’s “The Secret Saudi Ties to Terrorism.”]

Beyond the slaughter of innocents that would follow – and the likelihood of new terrorist attacks on the West – such a victory would almost surely force whoever is the U.S. president to recommit hundreds of thousands of U.S. troops to remove Al-Qaeda or the Islamic State from power. It would be a war of vast expense in money and blood with little prospect of American success.

If Saudi Arabia’s petrodollars helped secure Israel’s assistance in creating such a potential hell on earth, the Saudi royals might consider it the best money they ever spent – and the resulting orgy of military spending by the U.S. government might benefit some well-connected neocons, too – but the many victims of this madness would certainly feel otherwise as might the vast majority of the American people.

Investigative reporter Robert Parry broke many of the Iran-Contra stories for The Associated Press and Newsweek in the 1980s. You can buy his latest book, America’s Stolen Narrative, either in print here or as an e-book (from Amazon andbarnesandnoble.com). You also can order Robert Parry’s trilogy on the Bush Family and its connections to various right-wing operatives for only $34. The trilogy includes America’s Stolen Narrative. For details on this offer, click here.

 

EIIL au Yemen : on est là !

Arabie saoudite Crises/guerres
 

 
eiil
Capture vidéo 

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L’État Islamique vient de déclarer officiellement sa présence au Yémen, déjà déchiré par la guerre, dans une vidéo en ligne, menaçant d’égorger les rebelles houthis.

Comme la majorité des vidéos de l’EI, ce clip d’une durée de 9 minutes est un travail de professionnel accompagné d’une musique très accrocheuse.

Elle montre une vingtaine de combattants, dans leur attirail militaire, en train de s’entrainer dans un désert dont la vidéo précise l’emplacement comme étant situé au Yémen, près de la capitale Sanaa.

Les jihadistes sont équipés d’AK47, de mitrailleuses lourdes et de lance roquettes et les utilisent dans le film vidéo.

Puis celui qui semble être le commandant du groupe plante le drapeau noir de l’EI dans le sable et annonce que lessoldats du califat sont arrivés au Yémen pour égorger les Houthis.

«Nous avons dû venir au Yémen avec nos hommes assoiffés de votre sang pour venger les sunnites et reprendre la terre qu’ils ont occupée», dit le commandant du groupe, selon ce que l’International Business Times en a rapporté.

Il demande ensuite à tous les jeunes sunnites en état de combattre au Yémen de le rejoindre dans sa bataille contre les Houthis.

La vidéo a été postée sur internet le vendredi, le lendemain du jour où une nouvelle division de l’EI, la Brigade Verte, a revendiqué la responsabilité d’une attaque meurtrière contre les Houthis.

Mercredi, cinq membres de la milice houthi ont aussi été tués dans un attentat à la voiture piégée à Ibb, au centre du pays.

C’est la deuxième attaque revendiquée par l’EI à la suite d’une série d’attentats suicide contre des mosquées chiites de Sanaa, qui ont tué 142 civils et en ont blessé plus de 350.

L’EI et Al Qaida qui étaient jusque là le groupe jihadiste dominant au Yémen, voient les Houthis comme des hérétiques.

En savoir plus : Al Qaida s’empare de camps militaires stratégiques au Yémen, de ses tanks et de son artillerie.

Les rebelles houthis ont pris le contrôle de Sanaa en septembre 2014, forçant le président sunnite Abd-Rabbu Mansour Hadi à fuir vers l’Arabie Saoudite, et combattent maintenant pour le port stratégique d’Aden. L’Arabie saoudite et ses alliés arabes sunnites bombardent les rebelles chiites houthis depuis le 25 mars 2015, tuant plus de 550 civils, selon les estimations de l’ONU.

Russia Today | Le 25 avril 2015

Traduit par Wayan

Note du traducteur 

Cette information nous apprend deux choses.

  1. Une fois de plus l’EI et Al Qaida sont au service des intérêts stratégiques de l’Arabie saoudite, montrant ainsi qui en est le financier et le>maître. Mais alors pourquoi les Occidentaux continuent-ils à faire croire qu’ils se battent contre l’EI? Juste pour enfumer leur propre population, qui ne pourrait tolérer un soutien, même indirect, à ces deux groupes terroristes?

  2. La partie invasion terrestre du Yémen par l’Arabie saoudite risque de se faire par procuration, exactement comme elle le fait en Irak et en Syrie. Si cela ne suffit pas, alors elle se risquera peut être à une invasion avec son armée officielle.

Source: http://lesakerfrancophone.net/isis-au-yemen-on-est-la/