WWIII: le Système et son effondrement, le concept de "guerres par influences" revu et corrigé.

Publié le par José Pedro

Mike Billington commentateur Politique US dit que les menaces militaires de Washington contre la Russie et la Chine et les plans pour stimuler les forces autour des superpuissances peuvent entraîner la Troisième Guerre mondiale actuelle dans l'ère thermonucléaire.

As the situation continues to deteriorate, Ukranian soldiers stand guard beside a military helicopter to prevent pro-Russian activists from seizing the aircraft

A Ukrainian army MI-24 helicopter gunship patrols an area around Slaviansk while Ukrainian authorities plan a clampdown on pro-Moscow activists

mercredi 27 mai 2015

WWIII: le Système et son effondrement, le concept de "guerre" revu et corrigé.

 
B270515
09:30 - Cet article de P Grasset me permet de préciser mes critères à 80% "intuitifs" pour classer les pays en Alliés ou en Ennemis de la Russie. 

En effet, il se trouve que dans l'ATLAS GENERAL WWIII, le classement de nombreux pays ne correspond pas aux traités et alliances militaires officiels. Par exemple, la Grèce est membre de l'UE et de l'OTAN est se trouve pourtant classée Alliée de la Russie parce que, comme P Grasset le démontre très bien, 80% de cette WWIII est communicationnelle et que Tsipras est plus souvent avec Poutine qu'avec Juncker.

C'est aussi le cas pour de nombreux pays qui sont occupés par les USA mais qui entretiennent une rébellion active, comme par exemple la Colombie avec ses Farcs qui luttent depuis des décennies contre le pouvoir central. 

Enfin, et malheureusement, il y a les pays comme ceux de l'Europe en général et de la France en particulier, qui accumulent toutes les tares du Système dans le sens qu'ils sont à la fois occupés et sans rébellion active, avec "un sens du sacré" absolument nul et donc promis à un effondrement sans résistance, une disparition sans bruit, un effacement sans une seule plainte liée à la condition humaine fondamentale qui est, pourtant, en lien avec le sacré.
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Le concept de “guerre” revu et corrigé 
Philippe Grasset sur Dedefensa, le 27 Mai 2015
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Cette guerre totale existe sans qu’un seul coup de feu ait été tiré entre les deux protagonistes (Russie/USA)
 <<.../... Ce qu’il nous importe de mettre en évidence, ce sont les caractères nouveaux et révolutionnaires de ce qu’on a coutume de désigner comme “la guerre”, et même “la guerre totale”
C’est-à-dire qu’il faut accepter l’idée que l’image selon laquelle il existe un état de “guerre totale” entre les USA (le Système) et la Russie depuis février 2014, justement n’est pas une image. En plus d’être une situation conceptuelle intense par l’opposition sans merci qui caractérise les deux conceptions et le caractère exceptionnaliste, exclusiviste et suprémaciste de l’un des deux adversaires interdisant tout accommodement (les USA, dito le Système), cet état de guerre est une réalité opérationnelle, comme si nous étions en octobre 1915 par rapport à août 1914, en novembre 1940 par rapport à septembre 1939
Disons que c'est une autre forme de “drôle de guerre” mais c'est la guerre. Cette “réalité opérationnelle” nous dit que cette guerre totale existe sans qu’un seul coup de feu ait été tiré entre les deux protagonistes. 
La possibilité d’un conflit militaire a été de plus en plus écartée
Si l’on se réfère à l’affrontement du Donbass, l’on observera que cet affrontement n’a pas impliqué officiellement ni des Russes, ni des Américains, et que leur présence (éventuelle) n’a pas été un fait militaire mais le produit d’affirmations qui dépendent toutes de la guerre de la communication, avec ses narrative diverses. Au contraire, on observe que ces deux protagonistes ont mis, chacun à leur façon et pour des raisons diverses sans doute à côté de la volonté commune de ne pas se trouver face à face, un soin attentif à ne jamais apparaître dans les combats en tant que tels. 
On observe également que l’affrontement du Donbass n’occupe une place conséquente que dans une des situations locales qui sous-tendent la “guerre totale” USA-Russie. 

Il semble que cette situation nouvelle ait décisivement évolué à l’occasion de cette crise ukrainienne, lorsqu’il est apparu qu’un risque majeur de confrontation militaire entre les USA et la Russie existait, qui portait sans le moindre doute le risque de monter jusqu’à l’engagement nucléaire. 
Deux observations peuvent être avancées pour expliquer que la possibilité d’un conflit militaire ait été de plus en plus écartée, on dirait par la force inertielle du constat implicite de la dangerosité de situations conflictuelles pouvant conduire à un conflit nucléaire plutôt que par décision rationnelle et consciente. 
D’une part, il y a la conviction largement répandue, selon une conception patriotique fortement affirmée, que la Russie n’hésiterait pas à utiliser l’arme nucléaire tactique au cas où aurait lieu un affrontement militaire menaçant l’intégrité de son territoire.
D’autre part, il y a le constat, du côté US, que les méthodes de guerre asymétriques intenses depuis quinze ans, l’inefficacité grandissante de la gestion du Pentagone entravant toute production qualitative importante et donc l’accroissement numérique conséquent des forces, l’impossibilité sociétale d’envisager des méthodes de recrutement forcées (mobilisation, service national, etc.), interdisent aux USA de pouvoir déployer des forces militaires conventionnelles à un niveau permettant d’affronter la Russie, et donc là aussi avec la possible nécessité de l’emploi de l’armement nucléaire pour éviter une défaite. Sans que la chose n’ait jamais été constatée ni théorisée, les contraintes d’un affrontement militaire ont conduit à réduire de plus en plus cette option. 

... Pourtant, il y a bien une “guerre totale” qui, en un sens, s’est engagée avant même que l’on sache comment et selon quelles modalités. 
Cette “guerre totale” selon des caractères signalés plus haut (“une situation conceptuelle intense par l’opposition sans merci qui caractérise les deux conceptions antagonistes et le caractère exceptionnaliste, exclusiviste et suprémaciste de l’un des deux adversaires [les USA, dito le Système] interdisant tout accommodement”), constitue un affrontement d’une intensité que les acteurs humains eux-mêmes ont de la peine à exprimer. 
Bien entendu, les Russes sont les plus proches de la compréhension, voire de l’expression de cette intensité, par le sens civilisationnel qu’ils ont, par les références à un sacré qui soit plus de tradition que de communication qu’ils n’hésitent pas à faire. 
Mais c’est sans aucun doute un événement du type de celui du 9 mai tel qu’on l’a étudié à plusieurs reprises et qu’on résume ici qui est le plus à même de restituer l’intensité de cet affrontement tout en en étant lui-même le produit. 
L’affrontement suprême du Système contre l’antiSystème. 
Par ailleurs, cette intensité ne peut surprendre en aucune façon car l’affrontement dont nous parlons (Russie-USA) est le premier, grâce au niveau de forces en présence, avec la force d’affirmations conceptuelles aussi nettement explicitée, à se présenter sans la moindre ambiguïté dans son interprétation la plus large, au-delà des intérêts nationaux, stratégiques, économiques, etc., comme un affrontement dit “de civilisation”, – expression convenue mais dépassée, exprimant l’affrontement suprême du Système contre l’antiSystème. 
(Il est absolument nécessaire, à ce niveau de définition “Système versus antiSystème”, de se débarrasser pour bien embrasser l’ampleur de la chose, de toutes les références habituelles, notamment celles qui renvoient à l’histoire récente et convenue, aux interprétations classiques de type géopolitique ou idéologique. 
Les acteurs, même s’ils ont conscience de l’enjeu, “sont mus et agis” bien plus qu’ils ne se meuvent et n’agissent dans ce champ bien précis de la confrontation, au niveau le plus suprême qui soit de la Crise Générale du monde ... Bien entendu, certains “sont bien plus mus et agis” que d’autres, mais le sens de la remarque demeure absolument quant aux facteurs les plus hauts de cet engagement, qui renvoient à la fonction antiSystème dans toute sa force.) 

Peu à peu, au long de la crise, l’élément militaire est passé de plus en plus nettement dans le domaine de la démonstration (comme durant la Guerre froide où la dissuasion nucléaire était explicitement la règle du jeu et imposait la limite de la démonstration), puis dans celui de la communication, c’est-à-dire de la mise-en-scène, de l’expression menaçante, de la gesticulation théâtrale, dans le cadre de narrative explicitement et complaisamment détaillées , de ce point de vue largement au-delà de tout ce qui fut fait durant la Guerre froide. Subrepticement, le facteur militaire s’est complètement fondu dans le facteur communicationnel, qui était très intense dès le début et qui n’a plus cessé de s’intensifier. 
Cette guerre est et sera à 80% informationnelle, à 15% économique et à 5% militaire
Nous insistons sur la subrepticité de ces processus, car ce processus s’impose à nous sans que nous n’y prenions garde, simplement lorsque nous nous retournons sur les quinze mois de cette crise et lisons les commentaires que la pression des évènements conduisait alors à faire. 
Ainsi, lorsqu’une plume comme celle du Saker-US, dont on connaît l’expertise et l’intérêt qu’il a pour l’aspect militaire de la guerre, nous dit à propos du “signe de croix de Shoigou” (voir le 11 mai 2015) : «Depuis et durant des siècles, les soldats russes se sont agenouillés et ont demandé la bénédiction divine avant de s’engager dans une bataille, et c’est ce que Shoigou, je crois, a fait aujourd’hui. Il sait que 2015 est l’année de la grande guerre entre la Russie et l’Empire (même si, à cause de la présence des deux côtés d’armes nucléaires, cette guerre est et sera à 80% informationnelle, à 15% économique et à 5% militaire)...», – la remarque manifeste une évolution subreptice que l’auteur ne laissait pas paraître lors du suivi courant de la crise ukrainienne dont il fut l’un des plus assidus, tout simplement parce qu’il ne la réalisait pas en tant que telle, et dans les proportions qu’il indique. 
Nous en sommes tous, en effet, à ce niveau du constat en fait de prévisibilité et d’analyse, – du constat des choses qui se font et s’imposent sans que nous les voyions venir, et sans que nous ne sachions d’où elles viennent... (L’essentiel est de réaliser ce constat et de reconnaître ces choses comme telles lorsque tout cela s’impose, certes.)
Le facteur militaire est devenu extrêmement réduit 

Ainsi l’hypothèse développée ici propose-t-elle la conception que le facteur militaire est devenu extrêmement réduit dans l’équation de ce qui est absolument “notre guerre totale”, qui l’est plus que jamais à cause de l’enjeu. Encore une partie de l’élément militaire est-il absorbé par la communication comme on l’a vu ci-dessus. 
L’élément économique ne peut être décisif
L’élément économique existe sans aucun doute dans cette “guerre totale”, peut-être dans la proportion suggérée, mais aussi avec le constat qu’en aucun cas cet élément ne peut être décisif. La démonstration en a été faite durant l’hiver, quand les autorités-Système de Washington ont annoncé, sans la moindre vergogne, qu’elles lançaient une “guerre économique totale” contre la Russie. 
La communication comme un facteur fondamental de l’affrontement central
Le résultat a été piteux, sinon désastreux, d’abord parce que la Russie est la Russie et que les USA ne sont plus les USA, et que la globalisation ne permet plus d’isoler pour l’étrangler un bloc aussi important que la Russie. D’une part, l’économie ne règle plus rien d’une façon décisive ; d’autre part lorsqu’elle est développée, sous la forme du commerce et de la finance et selon les lignes de l’affrontement qu’on décrit, elle devient instantanément politique et, pour cela, entre dans le domaine de la communication comme un facteur fondamental de l’affrontement central (voir le 25 mai 2015). 

... Car, bien entendu, la communication règne en souverain quasiment absolu, et c’est elle qui produit principalement et irrésistiblement l’aspect totalitaire de la guerre. 
De plus en plus, elle embrasse et anime l’aspect le plus haut qui s'est dégagé à l'occasion de la crise ukrainienne dans le chef des relations conflictuelles Système-antiSystème (USA-Russie), la situation sur le terrain ukrainien laissée pour l’essentiel à une sorte de “désordre de base” produit par notre Grande Crise, et dont on trouve le modèle incontesté dans la situation du Moyen-Orient ; la crise de l’Ukraine elle-même comme une sorte de métastase échappée vers l’Europe et annonciatrice de bien des préoccupations de la situation de désordre du Moyen-Orient, et n’ayant un effet sur la partie la plus haute de la crise qu’à partir du moment où ses péripéties de désordre et de violence sur le terrain peuvent être exploitées par le système de la communication... 
L’affrontement acquiert nécessairement une très grande signification symbolique
Ainsi la communication est-elle la force qui exprime le mieux et ne cesse de découvrir davantage la dimension colossale de l’affrontement global et décisif, la dimension eschatologique qui s’opérationnalise dans l’affrontement Système-antiSystème. 
Elle active donc principalement le domaine où les acteurs sont pleinement “mus et agis” par des forces qui leur sont supérieures, dans un sens oùl’affrontement qu’ils poursuivent acquiert nécessairement une très grande signification, notamment symbolique, même lorsqu’il porte, comme c’est de plus en plus le cas, sur des domaines sociétaux(questions des minorités, des gays, féminisme, etc.) constituant les centres même d’agitation polémique et de méditation de nos puissantes préoccupations de civilisation. (...Tandis que le “désordre de base”, lui, reste complètement nihiliste et “néantisé” lorsqu’il est laissé à lui-même et n’est pas transmuté par la communication). 

Cette évolution à la fois vers “la guerre totale“, et vers une “guerre totale” qui ne peut plus être que très accessoirement militaire mais qui est essentiellement et parfois exclusivement communicationnelle, ouvre des possibilités inattendues d’une puissance qui ne l’est pas moins. 
Le 9 Mai est une victoire incontestable dans cette guerre totale
L’exemple du 9 mai est jusqu’ici le plus éclatant puisqu’on peut considérercet événement comme une victoire incontestable dans cette “guerre totale”, si incontestable que l’adversaire s’est trouvé dans l’obligation de faire une concession de communication avec la venue de Kerry à Sotchi comme s'il allait à Canossa. 
Du coup, les attaques de communication qu’on a rappelées (négationnisme du rôle de la Russie durant la Deuxième Guerre mondiale) se sont trouvées ramenées à des initiatives d’erreurs tactiques considérables de communication en permettant l’opportunité de l’événement du 9 mai transformé par son intensité et sa conviction collective en une “victoire”.(Face à l’ampleur de la démonstration du 9 mai, les affirmations ukrainiennes et polonaises de janvier dernier sont réduites au ridicule qui les caractérise, et plus personne n’en parle plus. On reviendra sans aucun doute sur cette sorte de négationnisme antirusse mais le constat est qu’il a jusqu’ici plus servi la Russie qu’il ne l’a desservie, et donc renforcé la cause de l’antiSystème.)
On ignore la grandeur et l’intensité des dégâts opérés au niveau psychologique

Même si cette forme originale de “guerre totale” ne supprime évidemment pas le désordre et la violence au niveau des crises spécifiques, elle permet en écartant la forme la plus haute de l’affrontement militaire de maintenir l’intensité de l’affrontement sans les pressions et les destructions insupportables que susciterait cette sorte d’intervention militaire. (Par contre, on ignore la grandeur et l’intensité des dégâts opérés au niveau psychologique, et cela est un point, pour l’instant insoluble et non mesurable, particulièrement important.) 
Ce maintien de l’intensité de l’affrontement permet à son tour de découvrir la hauteur fondamentale de l’enjeu, ou des enjeux caractérisant le domaine de la formule Système versus antiSystème qui le caractérise. 
Dans cette occurrence, le système de la communication, la guerre totale de la communication, sont les facteurs qui permettent d’envisager la véritable hauteur de la Grande Crise, et sans doute d’alimenter et de laisser se dérouler le processus d’effondrement du Système
L'absence de sacré caractérise le Système et son effondrement
Le point culminant de cet enjeu est ainsi qu’avec le processus communicationnel, la réflexion est elle-même conduite à aborder les questions les plus essentielles devant le constat d’“absence de sacré” qui caractérise le Système, de “sens du sacré” dont l’absence s’impose comme une des vérités de situation les plus évidentes, etc. 
Lorsque la Crise Générale est figurée en termes d’une telle hauteur et qu’elle s’exprime en une guerre totale communicationnelle qui ne nous prive ni de la parole, ni de la pensée, elle ne peut faire rien d’autre que d’exposer les caractères les plus fondamentaux et les plus profonds de ce qui la motive, – c’est-à-dire le Système et son effondrement.>>
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L’UE : “Dieu, que la guerre est jolie”

 

27/04/2015 - Bloc-Notes 

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L’UE : “Dieu, que la guerre est jolie”

Nous croyions avoir compris que l’Europe institutionnelle, l’actuelle UE, avait été conçue par ses Pères Fondateurs comme la formule décisive pour empêcher la guerre en Europe ; une sorte de “plus jamais ça” passant du domaine de la formule populaire assez vague à l’affirmation politique et bureaucratique fondamentale. Il est alors très étonnant, voire stupéfiant selon les conditions que l’on connaît de la crise ukrainienne, d’entendre une sorte de dialogue que nous qualifions de “surréaliste” entre deux sources institutionnelles sur le thème extrêmement concret, absolument opérationnel sinon pressant et immédiat, de “Nous devons partir en guerre”/“Non, dommage, l’UE n’est pas prête à partir en guerre”... Ce qui nous paraît surréaliste, c’est le sérieux de ce dialogue objectif, par simple concomitance, sans que les deux parties ne se parlent directement mais comme s’ils se parlaient effectivement. Ce qui nous paraît surréaliste, c’est moins le risque de guerre lui-même que la psychologie dont ces déclarations et ces postures témoignent.

• D’une part, le groupe parlementaire conservateur du Parlement Européen, le PPE, a parlé d’une manière informelle au cours d’une réunion du Centre D’Études Européennes Wilfrid Martens, qui est son groupe de réflexion officiel, son think tank chargé de développer et d’exposer ses conceptions. La manière était assez informelle mais le fait politique est bien que les orateurs s’exprimaient en tant que membres et représentants du PPE, c’est-à-dire que le PPE parlait en tant que tel. Le PPE est le groupe le plus important du PE, il est dominé par les conservateurs allemands d’Angela Merkel et c’est lui (le PPE) qui a été l’architecte de la nomination de Juncker à la présidence de la Commission européenne. Ce n’est donc pas une voix institutionnelle négligeable puisque c’est la voix du groupe politique européen transnational le plus puissant. Son intervention belliciste en sera donc considérée comme d’autant plus remarquable. (Pour la source concernant ces interventions, voirRussia Insider, le 24 avril 2015.)

Le député PPE roumain Cristian Dan Preda nous a révélé qu’on jugeait en Roumanie que Poutine ne s’arrêterait pas là (où “là” ? Il semble que ce soit en Ukraine orientale, ce qui implique que la chose est envahie). Ainsi les Roumains affirment-ils que Poutine veut l’annexion de la Transnistrie à la Russie. Cela donne beaucoup de poids à l’intervention du vice-président du PPE, Jacek Saryusz-Wolski, qui estime que le temps de la “politique réaliste“ est arrivée ; “politique réaliste”, c’est-à-dire la guerre comme référence fondamentale : «Le temps de la parole et de la persuasion est passée. Désormais, il est temps d’adopter une politique ferme, une politique réaliste, et se concentrer sur la défense et la sécurité, parce que le flanc oriental de l’UE se sent menacé dans son existence même.».

Dans le rapport qui nous est fait de cette rencontre, c’est l’intervention de Roland Freudenstein, Chef des Recherches et Directeur-adjoint du CEP Wilfried Martens, qui est la plus remarquable. L’intervenant regrette qu’on de discute pas d’une façon plus publique de la préparation à une guerre ; et, joignant le discours à la parole, il évoque directement et sans la moindre réserve la perspective d’une guerre nucléaire en se plaignant du fait qu’il n’y ait pas assez d’armes nucléaires tactiques (US, of course) entreposées sur le territoire allemand, ou dans tous les cas pas assez modernes. (Freudenstein cite le nombre de vingt bombes nucléaires US B-61 entreposées en Allemagne, ce qui est une indication qu’on peut considérer comme officielle, confirmant la présence de ces armes en Europe. [On connaît depuis des décennies la présence de ces armes dans les pays européens mais cela est rarement dit publiquement, et guère sinon jamais dans la bouche d’un officiel du PPE qui est lié comme on le voit à une dirigeante du poids de Merkel.] L’ironie également surréaliste du propos est qu’on réclame ici [au PPE, pour l’Allemagne] plus de B-61 et des B-61 mises au goût du jour alors qu’on vote là [la Chambre des députés belge] quasiment le même jour pour recommander au gouvernement de débarrasser le sol belge des sales bombes B-61 [voir le 25 avrl 2015].)

«Cela doit changer, dit Freudenstein... […] Nous devons montrer clairement que, oui, nous sommes prêts à faire la guerre pour ce que nous considérons comme les valeurs essentielles pour l’avenir de l’Europe... [...] Pour le moment, la dissuasion nucléaire de l’OTAN pour la seule Allemagne consiste en 20 bombes nucléaires B-61 d’un type dépassé, qui pourrait être volatilisées par une seule attaque des forces russes. Ce sont des choses qui doivent changer, nous devons nous renforcer et nous moderniser... [...] Les dirigeants européens doivent donner aux Russes le signal clair que leur comportement est inacceptable et que l’Europe est prête à y résister.»

• D’autre part, on note une déclaration du président de l’UE, le Polonais Donald Tusk, dans une interview qu’il donne à deux télévisions (une polonaise, une ukrainienne), en marge d’une réunion de l’UE. Il est assuré que Tusk a dû recevoir quelques conseils de modération en forme de pressions, par rapport à son départ en trombe de janvier dernier, si bien que le seul fait d’affirmer que l’UE n’a pas l’intention de partir en guerre apparaît pour lui comme une posture modérée, voir “munichoise”, qu’il doit suivre avec sans aucun doute une considérable mélancolie. (Voir Sputnik-français, le 26 avril 2015.)

«Une intervention militaire européenne au conflit en Ukraine est une illusion, a déclaré dimanche le président du Conseil européen Donald Tusk. “L'Union européenne ne prend pas de décision sur l'octroi d'une autre aide à l'Ukraine, par exemple, une aide militaire, car ce n'est pas sa compétence. Mais indépendamment de cela, au sein de l'UE il n'y a pas beaucoup d'enthousiastes prônant le soutien militaire direct de l'Ukraine. Ne nous faisons pas d'illusions”, a indiqué Donald Tusk dans une interview accordée à la chaîne télévisée polonaise TVN et à celle de l'Ukraine “1+1”.

»Il a ajouté qu'il s'opposait à une intervention militaire au conflit ukrainien et insistait sur une solution diplomatique du conflit, tout comme Les Etats-Unis et le Canada. “Ils [ces pays] tablent sur des moyens diplomatiques et pacifiques pour résoudre ce conflit. Ces moyens, sont-ils suffisamment efficaces? Peut-être, ces moyens ne le sont pas, surtout du point de vue de l'Ukraine. Mariés aux sanctions, ils n'ont pas permis d'obtenir un résultat immédiat. Mais, d'un autre côté, l'arrêt de combats intensifs en Ukraine est sans aucun doute le résultat de l'attitude unie de l'Europe envers la situation”, a dit le président du Conseil européen.»

“Stupéfiant”, “surréaliste” disons-nous plus haut, rapprochant ces deux interventions où l’on discute, presque tranquillement, comme si c’était vraiment le sujet inévitable de toute conversation politique, d’une guerre avec la Russie, – éventuellement mais explicitement nucléaire, pour faire bon poids. Pourtant, nous devrions être habitué à ce qui devait paraître sans aucun doute comme “stupéfiant” et “surréaliste” il y a quinze mois, mais dont on discute depuis cette date sans la moindre précaution. Alors, ce qui est “stupéfiant” et “surréaliste”, c’est bien cette banalisation de la perspective de la guerre ; cette banalisation, même pour dire “nous ne partirons pas en guerre” sans trouver la possibilité “stupéfiante” et “surréaliste”, et même en semblant presque regretter cette situation comme l’on regrette de belles illusions perdues, qui marquaient un bel idéalisme et une grande lucidité ; on a bien cette impression lorsque Tusk précise qu’«au sein de l'UE il n'y a pas beaucoup d'enthousiastes prônant le soutien militaire direct de l'Ukraine. Ne nous faisons pas d'illusions...».

Hors du “stupéfiant et surréaliste”, on doit mesurer l’évolution extraordinairement rapide des psychologies à l’égard de cette perspective guerrière qui est, du point de vue politique et stratégique, la pire chose qu’on puisse envisager pour l’Europe, avec à l’extrême de sa logique l’hypothèse d’un cataclysme tel qu’il parvenait à effacer les antagonismes idéologies et géostratégiques durant la guerre froide (voir l’entente Krouchtchev-Kennedy lors de la crise des missiles). Même ce dernier point semble impossible à atteindre aujourd’hui, alors que les conditions justifiant l’antagonisme sont au mieux (?) extrêmement marginales par rapport à l’affrontement Guerre froide, au pire totalement inexistantes et dépendantes du seul déterminisme-narrativiste, et donc devraient d’autant plus aisément s’effacer devant la perspective ainsi soulevée. Il s’agit alors d’une véritable déstructuration de la psychologie, pour nourrir la “terrorisation” déjà présente dans cette psychologie depuis 9/11, pour la faire monter jusqu’aux plus hauts niveaux concevables (la guerre nucléaire, pendant qu’on y est). Cette déstructuration de la psychologie s’est faite à une rapidité “stupéfiante et surréaliste”, – pour le coup, les deux qualificatifs sont justifiées, – par rapport aux conditions objectives de l’antagonisme avec la Russie jusqu’au putsch de Kiev de février 2014.

Il est manifeste que nous privilégions massivement cette explication à celle de la corruption des élites européennes (par les USA, bien entendu), qui sont dans leur très grande majorité effectivement corrompues par l’appareil d’influence américaniste et anglo-saxon. Dans ce cas, en effet, cette fièvre guerrière dépasse très largement ce qui est normalement et implicitement demandée à ces élites dans le cadre de leurs “contrats de corruption”. (Si l'on veut, les corrompus en font un peu trop au goût des corrupteurs, jusqu'à la crainte d'un effet contradictoire.) Les attitudes observées dans les deux cas cités rendent compte d’une exacerbation de la psychologie collective qui constitue un phénomène en soi, hors de tout acte de corruption, un phénomène quasiment pathologique. Bien entendu, cela renvoie le jugement politique vers le concept d’affectivisme qui s’était déjà manifestée lors de la crise syrienne, mais en beaucoup plus large, en beaucoup plus incontrôlé lorsqu’on mesure la différence de l’enjeu et de la gravité du cas lorsqu’il s’agit de l’hypothèse d’un conflit direct avec la Russie en Europe.

D’une certaine façon, ce diagnostic serait plutôt rassurant, parce que cette déstructuration de la psychologie entraîne une extrême fragilité de cette psychologie. Cela signifie d’abord que cette folie guerrière ne repose pas sur une conviction extrêmement puissante, et par conséquent les décisions sinon les actes qu’on pourrait craindre de voir pris et posés dans la logique de ces proclamations auraient effectivement la faiblesse de cette psychologie. Cela signifie également et surtout que cette faiblesse de la psychologie renvoie évidemment à une faiblesse générale des forces représentées par ces interventions, qui a de fortes chance de causer à ces forces de très graves difficultés, jusqu’à susciter chez elles-mêmes, par rapport à leur position générale dans le Système, des conséquences extrêmement dommageables pouvant mettre en action des mécanismes de nouvelles crises internes jusqu’à des perspectives d’autodestruction. A entendre ces déclarations guerrières autant que cet état d’esprit qui juge comme normale la perspective d’un conflit avec la Russie, on aurait tendance à être moins inquiet pour la Russie que pour l’équilibre et la solidité du bloc BAO, – puisque c’est de cela qu’il s’agit.

 

Mis en ligne le 27 avril 2015 à 11H07

Mon Apr 27, 2015 5:43AM

 

American political commentator Mike Billington says Washington’s military threats against Russia and China and plans to boost forces around the superpowers can result in World War III in the thermonuclear era.

In an interview with Press TV on Sunday, Mike Billington from the Executive Intelligence Review called for an end to “this rush for war.”

“If we allow this Obama administration to continue with a threat of full-scale war against Russia over Ukraine, full-scale support for actual terrorist organizations in the Middle East, and support of Saudi Arabia which is the founder and financier of al-Qaeda, and in Asia, the full-scale ring around China; the deployment of mass military forces and of course don’t leave out the submarine forces which carry huge nuclear capacity which are encircling China, then we are on the brink of World War III,” Billington said.

The analyst made the remarks when asked about the Pentagon’s plan to have access to eight military bases in the Philippines for rotating US troops, planes, and ships.

General Gregorio Catapang, the Chief of Staff of the Armed Forces of the Philippines, said about eight areas in the Philippines have been identified as possible locations, where US soldiers, aircraft and ships will be rotated through a series of military training programs and exercises.

The United States asked the Philippines to provide access to eight military bases.

 

Billington said the Philippine government, which is a puppet to Obama, completely ignored the country’s constitution that states clearly there should be no foreign bases on Philippine soil.

He stated that the entire Western financial system “is going to complete disillusion in Europe and the United States.”

“The Wall Street and London bankers don’t like the fact that Russia, China, India and the so-called BRICS nations with the support of virtually every county in South America and Africa and Asia are putting together a new alternative to the bankrupt Western system,” he explained.

“The response in the West is to go to war and it’s hard for people to believe that anybody would be so insane to start a war in the thermonuclear era. But they are looking at the disillusion of their power over the world through the Western banking system and their view is that it would be better to go to war with Russia and China than to allow this BRICS phenomena to set up a sane alternative,” he added.

The Washington-based analyst said the international community should stop “this madness.”

The US and Europe should “join with the BRICS countries in developing the third world, developing Asia, developing our own country, where here in the US our nation is in economic decay, our infrastructure has collapsed and we need the support of these new alliances and new international monitor systems being set up by the BRICS countries,” Billington concluded.

SB/AGB