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Les Riches Heures des Républicains: A Noël, les sénateurs UMP recevaient 8000 euros d’ « étrennes »

Publié le par José Pedro

A Noël, les sénateurs UMP recevaient 8 000 euros d’ « étrennes » Autant de moins pour le Financement des Campagnes des Candidats à la Présidentielle. Sarko t'es un chef!

Une enveloppe discrète mais bien remplie. Chaque veille de Noël entre 2003 et 2014, les sénateurs UMP (aujourd’hui Les Républicains) recevaient un chèque d’environ 8 000 euros des mains de la comptable du groupe, selon Mediapart. Le site d’informations révèle ainsi qu’en douze ans, près de quinze millions d’euros ont été extraits discrètement des caisses du groupe UMP pour le bénéfice personnel de ses membres.

L’actuel président du groupe, Bruno Retailleau, a indiqué avoir mis fin à cette pratique lorsqu’il en a pris la tête, en septembre 2014. Mais les anciens chefs de file tendent à relativiser l’affaire. Pour Josselin de Rohan, président du groupe UMP de 2002 à 2008, qui a initié la coutume : « C’est un treizième mois comme dans les entreprises. (…) Vous n’allez pas me dire que ça ne se fait pas dans les entreprises ! »

Interrogé par Mediapart sur cette pratique, M. Rohan explique que ces émoluments correspondaient « à peu de chose près, aux cotisations que les sénateurs versaient à leur groupe », soit quelque 720 euros prélevés tous les mois sur leur indemnité de base. « Leur treizième mois, ils le cotisaient eux-mêmes. C’est légal !, affirme encore Josselin de Rohan. Ça nous faisait de l’avance de trésorerie. »

Jusqu’au 13 mai, les groupes parlementaires n’avaient pas l’obligation de publier leurs comptes comme c’est le cas pour les partis politiques. Le Monde avait déjà souligné en 2014 l’opacité des comptes des groupes des deux chambres du Parlement. Mais en mai dernier, le Sénat a fait un pas vers la transparence financière. Il a modifié son règlement contraignant les groupes à se constituer « en vue de sa gestion sous forme d’association » et donc à rendre leurs comptes annuels publics, selon la loi de 1901. L’Assemblée nationale avait fait de même quelques mois plus tôt à la suite de la découverte d’un prêt de 3 millions d’euros accordé dans le cadre de l’affaire Bygmalion par le président du groupe UMP, Christian Jacob.

Affaire Bygmalion : Sarkozy aurait dissimulé 17 millions d'euros, selon Mediapart

Une enquête publiée ce 17 juin détaille les dépenses de campagne de l'ancien chef de l'État durant la campagne présidentielle de 2012.

Nicolas Sarkozy
Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Nicolas Sarkozy


Le média en ligne dit avoir eu accès au détail des factures réglées à Event & Cie (article payant), une filiale de la société d'événementiel, Bygmalion. Alors qu'elle est censée lui avoir versé 4,3 millions d'euros, l'équipe de Nicolas Sarkozy lui aurait en réalité adressé 21,2 millions d'euros.

Des meetings sous-évalués

L'intégralité des meetings organisés pour le président-candidat aurait donc été sous-évaluée de plusieurs centaines de milliers d'euros. Ainsi un meeting à Villepinte annoncé à 444.206 euros aurait-il, par exemple, coûté plus de 1,8 million d'euros.

Pis, deux réunions publiques organisées à la Concorde et au Trocadéro ne figurent dans aucun document. Selon Mediapart, ces deux événements auraient respectivement coûté 1.877.989 euros et 576.241 euros. Des chiffres contenus dans une clef USB découverte par les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption, le 26 mai dernier.

Les dirigeants de l'UMP savaient-ils ?

Interrogé par MediapartJérôme Lavrilleux, qui a reconnu le dépassement du budget et sa dissimulation par le biais de l'UMP, met en cause Guillaume Lambert, directeur de campagne, et Eric Césari, le directeur général des services du parti. 

Selon lui, la décision d'établir de fausses factures aurait été prise "lors d'une réunion dans le bureau d'Eric Césari, en présence de Guillaume Lambert, de Franck Attal, de Bygmalion, et Fabienne Liadzé, la directrice financière de l'UMP".

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Affaire de Karachi : Nicolas Sarkozy n'est pas tiré d'affaire

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par 

Nicolas Sarkozy, à Madrid le 27 mai.

 Le Monde a pu prendre connaissance de l’ordonnance des juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire qui ont renvoyé devant le tribunal correctionnel,  jeudi 12 juin, les principaux protagonistes du volet financier de l'affaire de Karachi.

Six personnes comparaîtront – principalement pour « abus de biens sociaux, complicité et recel ». Il s’agit des deux intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir, de Thierry Gaubert, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du budget, du directeur du cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, Nicolas Bazire, de l'ex-conseiller de François Léotard à la défense, Renaud Donnedieu de Vabres, et enfin de l'ancien PDG de la branche internationale de la direction des constructions navales (DCNI), Dominique Castellan.

Lire : Affaire de Karachi : les principaux protagonistes renvoyés en correctionnelle

Longue de 258 pages, l’ordonnance synthétise près de quatre ans d’enquête sur les dessous de contrats d'armement passés dans les années 1990 avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite et dont la véritable finalité aurait été un financement politique occulte, notamment celui de la campagne présidentielle de M. Balladur en 1995.

Deux membres du gouvernement Balladur (1993-1995) auraient commis des délits, dont ils devront répondre devant la cour de justice de la République (CJR), seule instance habilitée à juger d’anciens ministres : il s'agit de l'ancien premier ministre Edouard Balladur lui-même et de son ministre de la défense de l'époque, François Léotard.

Reste en suspens le cas de Nicolas Sarkozy, qui était à l'époque ministre du budget. Son cas est évoqué en ces termes par les deux magistrats dans leur ordonnance de renvoi : « L’audition du ministre du budget, dont les collaborateurs ont été entendus sur les conditions dans lesquelles des décisions avaient été prises à l’encontre de la position de la Direction du Budget qui avait exprimé ses réticences et avaient permis l’apposition du visa du contrôleur financier, n’a pu être réalisée, celui-ci relevant du statut de témoin assisté et donc de la compétence de la Cour de justice ».

« INDICES »

En clair, il est reproché à M. Sarkozy d’avoir donné son feu vert à la conclusion des contrats controversés – ils ne pouvaient être signés sans l’aval des ministres de la défense et du budget, contre l’avis de sa propre administration. Toutefois, s’il existe à l’encontre de l’ex-président de la République des « indices » qu'il aurait commis un délit, ils ne sont aux yeux des magistrats instructeurs ni « graves » ni « concordants », conditions nécessaires pour une mise examen.

Mais l’octroi du statut – hybride – de témoin assisté pouvant s’apparenter à un acte de poursuite, seule la CJR est habilitée à recueillir les explications de M. Sarkozy. Elle pourrait même, si elle le souhaite, lui signifier une mise en examen. M. Sarkozy n’est donc pas encore, contrairement à ce qu’il espérait, totalement mis hors de cause dans cette affaire.

Dans leurs conclusions, les juges se montrent par ailleurs sévères à l'égard de MM. Balladur et Léotard ainsi que vis-à-vis de leurs collaborateurs, MM. Bazire et Donnedieu de Vabres particulièrement, accusés d'avoir injustement favorisé le réseau « K », derrière lequel se dissimulaient pour l'essentiel les hommes d'affaires d'origine libanaise Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir.

« Non seulement ces contrats de commissions étaient inutiles », écrivent-ils à propos de fonds versés à MM. Takieddine et El-Assir, « mais en outre, grâce à M. Douffiagues [décédé depuis] et M. Donnedieu de Vabres, ils [MM. Takieddine et El-Assir] vont obtenir des conditions de paiement privilégiées qui vont leur permettre d'encaisser ces commissions en avance sur la réalisation des contrats de vente »« Ces contrats de commissions, écrivent les magistrats, ont permis à M. Ben Moussalem [un autre intermédiaire, décédé entretemps], M. El-Assir et M. Takieddine de se constituer des fortunes considérables au détriment des industriels et de l'Etat ».

« CIRCUIT OCCULTE ET SOPHISTIQUÉ »

Les juges notent qu'« un circuit opaque spécifique a été mis en place par la DCN-I dans des paradis fiscaux pour masquer le fait que l'organisme payeur des commissions versées au Liechtenstein n'était autre que la DCN-I, structure commerciale mise en place par l'administration dont dépendait la DCN (direction des constructions navales) et relevant du ministère de la défense. De nombreuses commissions rogatoires internationales, adressées entre autres au Liechtenstein et en Suisse, ont permis de reconstituer le circuit occulte et sophistiqué des commissions. Elles ont révélé que que M. El-Assir et M. Takieddine avaient mis en place un mécanisme opaque de retraits en espèces de fonds en Suisse grâce à l'utilisation d'un compte d'un émir du Koweit peu regardant ».

Les investigations permettent d'établir que MM. El-Assir et Takieddine ont retiré sur leurs comptes suisses, jusqu'à l'arrêt des commissions décidé en juillet 1996, un total de « 70 millions de francs en espèces. Ces fonds correspondent aux commissions liées à trois marchés saoudiens (Mouette, Shola, SBS) et au marché pakistanais (Agosta) »« Cependant, précisent les magistrats, les commissions les plus importantes, liées au contrat Sawari II, venaient à peine de commencer à être versées. Le système était mis en place pour que ces retraits en espèces puissent perdurer pendant des années au fur et à mesure de l'encaissement des commissions ».

Une partie de ces sommes aurait profité au Parti républicain de M. Léotard mais surtout au financement occulte de la campagne présidentielle malheureuse de M. Balladur. L'enquête, rappelle l'ordonnance, a « révélé que la campagne de M. Balladur avait été alimentée par d'importants apports de fonds en espèces, dont une partie a été comptabilisée dans le compte de campagne (15 millions de francs). Est ainsi apparue une importante remise de 10,25 millions de francs quelques jours après l'échec subi par M. Balladur au premier tour. Aucune explication cohérente n'a été apportée par les responsables de la campagne quant à cette remise de fonds exceptionnelle par son montant ».

« PORTEUR DE VALISES »

S'agissant de M. Donnedieu de Vabres, les juges vont jusqu'à pointer son rôle de « porteur de valises » et observent notamment que « M. Takieddine a déclaré [lui] avoir remis en plusieurs versements environ 250 000 francs en espèces ». Quant à Nicolas Bazire, il est épinglé à la fois en tant qu'ancien directeur du cabinet de M. Balladur, mais aussi de sa campagne présidentielle. Depuis son poste à Matignon, il lui est reproché d'avoir imposé MM. El-Assir et Takieddine auprès de la DCN, « en suivant, avalisant et validant, par des interventions et arbitrages, des conditions contractuelles exorbitantes (…) faisant courir un risque budgétaire, tout en sachant que les prestations étaient inutiles, sans contrepartie économique ».

« En sa qualité de directeur de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur », concluent les juges à propos de M. Bazire, ce dernier aurait « sciemment recélé des espèces à hauteur d'au moins 6,2 millions de francs qu'il savait provenir du délit d'abus de biens sociaux commis au préjudice de la SOFRESA et de la DCN-I, espèces retirées en Suisse par Ziad Takieddine et provenant de commissions indues perçues sur les contrats d'armement saoudiens et pakistanais ».

Le procès des six prévenus pourrait avoir lieu dès 2015. L'enquête de la CJR, quant à elle, s'annonce longue et incertaine.

A Noël, les sénateurs UMP recevaient 8 000 euros d’ « étrennes »

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Vue du Sénat français. (AP Photo/Francois Mori)
Vue du Sénat français. (AP Photo/Francois Mori) FRANÇOIS MORI/AP

Une enveloppe discrète mais bien remplie. Chaque veille de Noël entre 2003 et 2014, les sénateurs UMP (aujourd’hui Les Républicains) recevaient un chèque d’environ 8 000 euros des mains de la comptable du groupe, selon Mediapart. Le site d’informations révèle ainsi qu’en douze ans, près de quinze millions d’euros ont été extraits discrètement des caisses du groupe UMP pour le bénéfice personnel de ses membres.

L'actuel président du groupe, Bruno Retailleau, a indiqué avoir mis fin à cette pratique lorsqu'il en a pris la tête, en septembre 2014. Mais les anciens chefs de file tendent à relativiser l’affaire. Pour Josselin de Rohan, président du groupe UMP de 2002 à 2008, qui a initié la coutume : « C’est un treizième mois comme dans les entreprises. (...) Vous n’allez pas me dire que ça ne se fait pas dans les entreprises ! »

Interrogé par Mediapart sur cette pratique, M. Rohan explique que ces émoluments correspondaient « à peu de chose près, aux cotisations que les sénateurs versaient à leur groupe », soit quelque 720 euros prélevés tous les mois sur leur indemnité de base. « Leur treizième mois, ils le cotisaient eux-mêmes. C’est légal !, affirme encore Josselin de Rohan. Ça nous faisait de l’avance de trésorerie. »

Jusqu’au 13 mai, les groupes parlementaires n’avaient pas l’obligation de publier leurs comptes comme c’est le cas pour les partis politiques. Le Monde avait déjà souligné en 2014 l’opacité des comptes des groupes des deux chambres du Parlement. Mais en mai dernier, le Sénat a fait un pas vers la transparence financière. Il a modifié son règlement contraignant les groupes à se constituer « en vue de sa gestion sous forme d'association » et donc à rendre leurs comptes annuels publics, selon la loi de 1901. L’Assemblée nationale avait fait de même quelques mois plus tôt à la suite de la découverte d’un prêt de 3 millions d’euros accordé dans le cadre de l’affaire Bygmalion par le président du groupe UMP, Christian Jacob.

Lire : Financement

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/06/17/a-noel-les-senateurs-ump-recevaient-8-000-euros-d-etrennes_4656347_823448.html#K2umJu09YlP4YoBZ.99