Ukraine: reprise des combats pour empêcher une normalisation entre Russie et UE

Publié le par José Pedro

Convoi militaire ukrainien

Ukraine: reprise des combats pour empêcher une normalisation entre Russie et UE

© REUTERS/ Gleb Garanich
INTERNATIONAL
URL courte
 0365111
Pourquoi les combats acharnés dans l'est de l'Ukraine ont-ils repris au moment où l'Occident a décidé de renouer avec la Russie?, se demande un quotidien américain.
 

Les pays du G7 se réuniront ce week-end en Allemagne pour évoquer, entre autres, la question de savoir s'il faut ou non proroger les sanctions occidentales contre Moscou, rappelle le journaliste Howard LaFranchi dans les pages du Christian Science Monitor.

"De nombreux signes constatés ces dernières semaines ont montré que les pays de l'UE étaient disposés à récompenser la Russie pour l'affaiblissement de la tension en Ukraine. Il s'agit sinon d'annuler les sanctions, du moins de les assouplir. Cependant, certains responsables européens affirment que la reprise des tirs d'artillerie et la mort de personnes près de Donetsk feront visiblement taire les appels à encourager les démarches en faveur de Moscou. Certaines sources prédisent même que désormais, l'Union européenne prolongera facilement ses sanctions jusqu'à l'année prochaine", indique le journal.

L'expert Julianne Smith du Center for a New American Security de Washington (CNAS), estime que les bombardements de Maryinka depuis Donetsk contrôlé par les insurgés ont de nouveau amené les diplomates occidentaux à prendre position contre la Russie. Selon Mme Smith, suite à ces bombardements, les pays du G7 seront tentés "d'envoyer un signal fort à Moscou".

 

 

La Russie a officiellement déclaré que la reprise des combats était une "provocation ukrainienne". Cependant, affirme l'expert, "la Russie rejette sur Kiev la responsabilité de la guerre civile en Ukraine depuis le début de l'effusion de sang en 2014".

Moscou "nie catégoriquement sa participation directe aux combats et ce, malgré les preuves de plus en plus nombreuses de la présence de militaires et d'armes lourdes russes sur les territoires contrôlés par les rebelles", affirme Mme Smith.

D'après Richard Fontaine, président du CNAS et ancien conseiller politique du sénateur John McCain, Vladimir Poutine cherche à créer une situation dans laquelle il pourrait aggraver ou affaiblir les violences dans l'est de l'Ukraine afin de maintenir l'instabilité politique et économique dans ce pays, sans pour autant exacerber la confrontation entre la Russie et l'Occident.

 
Lire aussi:
Ukraine: l'armée poursuit les bombardements contre Donetsk (insurgés)
 
L'est de l'Ukraine après les bombardements
 
Bombardements de Donetsk: l'UNICEF indigné par la mort d'enfants
 
Ukraine: les combats continuent près de Lougansk
Tags:
sommet du G7 de 2015Union européenne (UE)G7Ukraine
 

Règles de conduiteDISCUSSION

GRANDS TITRES



Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150604/1016413778.html#ixzz3c711e1zf

Ukraine: les combats reprennent à quelques jours du G7, et ce n'est certainement pas un hasard de calendrier À l'Est, rien de nouveau. Malgré les accords de Minsk instaurant une trêve dans les combats qui opposent les séparatistes pro-russes et les forces ukrainiennes, un regain de violence agite la région mercredi 3 juin. Au moins 24 personnes, en majorité des séparatistes, ont péri ces dernières 24 heures.

Cette fois, ces combats vont au-delà des "accrochages" si fréquents depuis la signature du processus de paix. Une "nouvelle offensive majeure" des séparatistes (selon Kiev) dont le timing n'est pas anodin: elle survient à la veille de la réunion du G7 en Allemagne, à laquelle la Russie de Vladimir Poutine n'est pas conviée.

"Vers 4 heures, les terroristes russes, en violation des accords de Minsk, ont lancé une offensive majeure sur les positions ukrainiennes […]. En direction de Mariinka, l'ennemi a envoyé plus de 10 chars et jusqu'à 1000 hommes contre les forces ukrainiennes", ont déploré les autorités ukrainiennes dans un communiqué. Selon un représentant des séparatistes de Donetsk, 14 rebelles et 5 civils ont été tués. De son côté, Iouri Birioukov, proche conseiller du président ukrainien Petro Porochenko a évoqué la mort de cinq soldats sur sa page Facebook.

Les combats seraient concentrés jeudi à Mariinka et Gueorguiivka, localités sous contrôle des forces ukrainiennes à environ 30 km du fief rebelle de Donetsk.

Sans surprise, chaque camp accuse l'autre d'être responsable de cette escalade. Ainsi, du côté du Kremlin, le coupable est tout désigné. Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, les accords de Minsk signés le 12 février dernier "sont en permanence menacés de voler en éclats à cause des actes des autorités de Kiev qui tentent d'échapper à leurs obligations d'établir un dialogue direct". De son côté, le gouvernement ukrainien accuse les rebelles d'avoir lancé l'offensive dans le but de s'emparer de nouveaux territoires. "La menace d'une reprise d'actions militaires de grande envergure des groupuscules terroristes russes demeure gigantesque", a par ailleurs déclaré Petro Porochenko, lors de son discours annuel au Parlement ukrainien, affirmant que plus de 9.000 soldats russes se trouvaient actuellement en Ukraine.

Pour Bruxelles également, cette offensive représente "la plus grave violation du cessez-le-feu" depuis le mois de février selon un porte-parole cité par l'AFP.

La réunion du G7 en ligne de mire

Alors que les accords de Minsk laissaient entrevoir une sortie de crise politique, comment expliquer ce regain de violences ? Pour une source au sein de la présidence ukrainienne citée par Le Monde, l'agenda de cette offensive est tout sauf un hasard.

"Avant chaque rencontre internationale Poutine tient à rappeler son pouvoir de nuisance", explique cet officiel avant le G7 qui doit se tenir les 7 et 8 juin prochain. Une stratégie d'intimidation déjà à l'oeuvre à la veille du G8 2014 à Bruxelles, duquel Vladimir Poutine avait été exclu en raison de l'annexion de la Crimée, et qui avait considérablement renforcé le Kremlin dans sa logique de confrontation.

Il est par ailleurs à noter que le processus politique connaît également quelques difficultés. Mardi 2 juin par exemple, les deux parties ne se sont pas rencontrées comme prévu à Minsk, s'accusant mutuellement de saper les accords. "La Russie a sapé la rencontre et aujourd'hui a donné l'ordre à ses terroristes (nom donné aux séparatistes par les forces de Kiev, ndlr) de déclencher une opération militaire", a déploré mercredi 3 juin le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Il s'agit des plus importants affrontements depuis la reprise par les rebelles du noeud ferroviaire stratégique de Debaltseve, à mi-chemin des bastions séparatistes de Donetsk et de Lougansk, peu après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 15 février. Plus que jamais, les objectifs établis par les accords de Minsk (dont l'organisation d'élections locales d'ici la fin de l'année), paraissent difficiles, voire impossibles, à tenir.

Lire aussi :

• Pourquoi Vladimir Poutine s'obstine tellement sur l'avenir de l'Ukraine ?

• Ukraine : la carte des nouvelles frontières temporaires du pays après le second accord à Minsk

• Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici

• Tous les matins, recevez gratuitement la newsletter du HuffPost

• Retrouvez-nous sur notre page Facebook 
 
 

 

ÉGALEMENT SUR LE HUFFPOST:

 
Close
Chronologie de la crise en Ukraine
1 sur 67 
 
AFP
  •  
  •