Grèce : les nouvelles propositions en détail

Publié le par José Pedro

On s'est trompé sur beaucoup de choses, mais pas sur la Grèce, l'Europe elle-même est à débaptisée si la Grèce part. Il suffit de demander aux Peuples pour ne pas se tromper soit-même, et s'assoir sur les référendum, c'est mépriser le Peuple. Les cimetières sont pleins d'os blanchis par des personnages indispensables qui avaient raison, et qui ont pourri la vie de leurs concitoyens pour agrémenter la leur. Si la Grèce part, tout le monde partira, voir l'Union Latine.


Le 23 décembre 1865, la Belgique, la France, l'Italie et la Suisse signent une convention monétaire à l'initiative de l'Empereur des Français Napoléon III. C'est la naissance de la première union monétaire de l'Histoire : l'Union latine.

Le principe en est simple : les monnaies de référence de chaque pays de l'Union ont le même poids d'or fin tout en gardant leur nom (franc français, franc suisse, lire...) et leur symbole national. Ces monnaies et leurs subdivisions principales peuvent de la sorte circuler indifféremment dans tous les pays de la convention: il devient possible de payer à Bruxelles ou Paris ses achats avec des lires ou des francs suisses !

La convention exclut de son champ les pièces dites « de billon », dont la valeur faciale est inférieure à 20 centimes, ainsi que le papier-monnaie dont la circulation est encore confidentielle.

Un avatar de la Révolution

Le précurseur de l'Union latine est Napoléon 1er, qui a imposé dans les pays soumis à la France une référence monétaire commune : le Napoléon, une pièce de 5,801 grammes d'or fin, d'une valeur de 20 francs.

Dans une lettre à son frère Louis, roi de Hollande (et père du futur Napoléon III), en 1806, il écrit : « Mon frère, si vous faites frapper de la monnaie, je désire que vous adoptiez les mêmes divisions de valeur que dans les monnaies de France et que vos pièces portent, d'un côté, votre effigie et, de l'autre, les armes de votre royaume. De cette manière, il y aura dans toute l'Europe uniformité de la monnaie, ce qui sera d'un grand avantage pour le commerce ».

Après Waterloo et l'effondrement de l'Empire napoléonien, la référence au Napoléon est provisoirement abandonnée. Mais la Belgique, en prenant son indépendance, en1830, y revient d'elle-même dans le souci d'asseoir sa monnaie sur une base solide. L'Italie fait de même en procédant à son unification. Enfin, la Suisse, en 1851, introduit à son tour une pièce de 20 francs suisses ayant les mêmes caractéristiques que ses consoeurs (5,801 grammes d'or fin).

La convention de 1865 entérine ces évolutions. Elle laisse à ses signataires le droit de se retirer del'Union à leur guise. Dans les faits, de nombreux pays la rejoignent, à commencer par la Grèce, le 8 octobre 1868.

Au total, 26 pays adhèrent à l'Union latine, de l'Argentine à la Finlande (à l'exception notable de l'Angleterre et de l'Allemagne) ! Les États-Unis eux-mêmes envisagent de la rejoindre.

La convention admet, à côté de pièces en or, des monnaies divisionnaires en argent. Mais ce bimétallisme va être mis à rude épreuve suite à l'enchérissement de l'argent par rapport à l'or. Cet enchérissement de l'argent est la conséquence de l'arrivée en Europe de grandes quantités d'or, du fait de la découverte d'importants gisements aurifères en Californie, Sibérie, Australie et Afrique du Sud.

Une Union européenne avant la lettre

L'Union latine va néanmoins fonctionner de manière très satisfaisante pendant plusieurs décennies, illustrant le très haut niveau d'intégration atteint par l'Europe à la fin du XIXe siècle...

C'est l'une des périodes où les Européens ont au plus haut point le sentiment d'appartenir à une communauté de civilisation, unie par des valeurs et des croyances identiques. Ce sentiment se retrouve au XIIIe siècle (le temps des cathédrales), au début de la Renaissance et... de nos jours. La Grande Guerre (1914-1918) va mettre à mal cette solidarité.

L'Union latine s'éteindra pour de bon le 1er janvier 1927.

 

Grèce : les nouvelles propositions en détail

 Le Premier ministre Alexis Tsipras et son porte-parole Gavriil Sakellaridis, le 6 juillet 2015 à la sortie du palais présidentiel à Athènes
Le Premier ministre Alexis Tsipras et son porte-parole Gavriil Sakellaridis, le 6 juillet 2015 à la sortie du palais présidentiel à Athènes. (© L. Gouliamaki / AFP)

Le gouvernement grec a envoyé jeudi soir ses nouvelles propositions aux créanciers, UE, BCE et FMI, en échange d'un financement sur trois ans demandé la veille au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Le gouvernement grec a envoyé jeudi soir ses nouvelles propositions aux créanciers, UE, BCE et FMI, en échange d'un financement sur trois ans demandé la veille au Mécanisme européen de stabilité (MES).

Ces propositions visant à conclure un accord avec les créanciers doivent être évaluées par les pays de la zone euro avant un sommet européen extraordinaire crucial dimanche sur le sort de la Grèce dans l'Union européenne. Le texte des propositions de 13 pages, intitulé "Actions prioritaires et engagements", se rapproche des dernières propositions des créanciers du 26 juin, que le gouvernement avait initialement rejetées en annonçant alors la tenue d'un référendum.

HAUSSE DE LA TVA

Le taux de la TVA, la pomme de discorde entre Athènes et ses créanciers, est fixé à 23%, incluant aussi la restauration (qui jusqu'ici était à 13%), comme le souhaitaient les créanciers. Pour les produits de base, l'électricité et les hôtels, la TVA reste à 13% et pour les médicaments, livres et places de théâtre à 6%.

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SUPPRESSION DES AVANTAGES FISCAUX DES ILES

Le gouvernement propose la suppression des avantages fiscaux pour les îles (soit la réduction de 30% de la TVA appliquée depuis plusieurs années), à commencer par les îles les plus riches et touristiques. Cette suppression va commencer en octobre et sera faite graduellement pour s'achever d'ici la fin 2016.

HAUSSE D'AUTRES TAXES

La hausse de la taxe sur les sociétés va passer de 26% à 28%, comme le souhaitaient les créanciers, et non pas à 29% comme l'avait initialement proposé Athènes. Les taxes sur les produits de luxe seront également augmentées.

REFORME DES RETRAITES

Concernant l'âge du départ à la retraite, il est fixé à 67 ans ou 62 ans avec 40 ans de travail et sera relevé graduellement d'ici à 2022.

RÉDUCTION DES DÉPENSES MILITAIRES

Le plafond des dépenses militaires sera réduit de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions en 2016 contre une réduction de 400 millions proposée par les créanciers.

DÉRÉGLEMENTATION DE CERTAINES PROFESSIONS

Des réformes pour la déréglementation de certaines professions (ingénieurs, notaires) et du secteur du tourisme sont également prévues.

ÉVASION FISCALE

Le gouvernement propose une série de mesures pour lutter contre l'évasion fiscale et la réorganisation du système de collectes des impôts.

RÉFORME DE L'ADMINISTRATION

Des gestionnaires seront embauchés d'ici 2015 pour évaluer les fonctionnaires et une série de mesures est prévue pour moderniser le secteur public.

PRIVATISATIONS

Le gouvernement accepte de vendre la part restant de l'Etat au capital social des télécommunications grecques OTE, dont le principal actionnaire est Deutsche Telekom.

L'appel d'offres sera aussi lancé pour la privatisation des ports du Pirée et de Thessalonique d'ici octobre.

OBJECTIFS BUDGÉTAIRES

Initialement Athènes s'était aligné sur les propositions des créanciers pour réaliser un excédent primaire budgétaire (hors service de la dette) de 1% en 2015, 2% en 2016 et 3% en 2017 mais jeudi soir le gouvernement a indiqué que ces objectifs devaient être examinés de nouveau car la situation économique s'est aggravée ces derniers jours, surtout après l'imposition du contrôle des capitaux et la fermeture des banques.

DETTE PUBLIQUE

Les propositions grecques prévoient également «la réglementation de la dette publique», à 180% du PIB actuellement, selon une source gouvernementale qui n'a pas donné plus de précision sur ce sujet épineux dont la majorité des pays de la zone euro ne veulent pas entendre parler, surtout l'Allemagne et les pays du nord.

FACILITER LA REPRISE

«Un paquet de 35 milliards d'euros» consacré à la croissance est déjà prévu par la Commission européenne, selon une source gouvernementale grecque.

Grèce: 53,5 milliards d'euros des créanciers pour payer les créanciers.

 
B100715

11:40 - «L'incapacité à trouver un accord peut conduire à la faillite de la Grèce et à l'insolvabilité du système bancaire. Tout le monde y perdra», a déclaré mercredi le président du Conseil européen, Donald Tusk. Les propositions ont donc été faites à la veille de la date limite de jeudi à minuit. Après examen, le Parlement européen pourra voter sur l'offre d'Athènes ce vendredi soir. La Grèce pourrait ainsi chercher 53,5 milliards d'euros dans un nouveau package de sauvetage d'ici juillet 2018. L'accord comprend également la privatisation des aéroports et des ports maritimes régionauxrapporte RT France.

A noter que la proposition grecque est transmise à Bruxelles quelques heures après la clôture du sommet des BRICS à Ufa où la Grèce était à l'ordre du jour. 
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Grèce : coupes budgétaires et privatisations pour rester dans la zone euro
RT France, le 10 Juillet 2015
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 10 Juillet 2015
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La Grèce a soumis de nouvelles propositions de réformes économiques à ses créanciers pour un accord qui sauverait le pays de la faillite. A la clef, privatisations des transports et coupes budgétaires dans les systèmes de retraites et militaires.
  53,5 milliards d'euros dans un nouveau package de sauvetage d'ici juillet 2018
La nouvelle a été annoncée par une tweet du porte parole de Jeroen Dijsselbloem, qui préside l'Eurogroupe des ministres des Finances de la zone euro : «Les nouvelles propositions grecques reçues par le président de l'Eurogroupe Dijsselbloem» pouvait-on y lire.
Michel Reijns a également déclaré que Dijsselbloem ne ferait aucun commentaire sur le contenu des propositions jusqu'à ce que les institutions chargées de l'examen ne complètent leur évaluation de l'existence d'une base de négociations pour un prêt.
Les propositions ont été faites à la veille de la date limite de jeudi à minuit. Après examen, le Parlement européen pourra voter sur l'offre d'Athènes ce vendredi soir.
La Grèce pourrait ainsi chercher 53,5 milliards d'euros dans un nouveau package de sauvetage d'ici juillet 2018.
 contrepartie d'un plan de sauvetage de 3 ans et d'un «ajustement de la dette»
Même si aucun des détails sur les nouvelles propositions n'ai été encore révélé officiellement, des sources ont indiqué à l'AFP que la Grèce proposait entre autre de remanier les pensions de retraite et finalement abandonner la retraite anticipée, ainsi que d'augmenter les impôts, en contrepartie d'un plan de sauvetage de 3 ans et d'un «ajustement de la dette».
 
 L'accord comprend également la privatisation des aéroports et des ports maritimes régionaux

La nouvelle proposition comprend le déplacement d'autres éléments au taux d'imposition de 23%, rapporte The Guardian. Les Grecs ont également convenu, à terme, d'abolir les versements de solidarité pour les retraités pauvres en Décembre 2019, un an plus tôt que prévu.
En savoir plus : l’économiste Jacques Sapir présente «les leçons à tirer» du bras de fer entre le gouvernement de Tsipras et l’UE. 
Un autre proposition prévoit également de relever l'âge de la retraite à 67 ans d'ici 2022, ainsi que de couper les dépenses militaires de 100 millions d'euros en 2015 et de 200 millions d'euros en 2016.
Athènes a également accepté de lever l'impôt des sociétés à 28% et de mettre en œuvre plusieurs mesures pour lutter contre l'évasion fiscale. L'accord comprend également la privatisation des aéroports et des ports maritimes régionaux.
 un ensemble de mesures qui sont prêtes à être mises en oeuvre à partir de la semaine prochaine
Parallèlement, une source de Reuters a précisé que la Grèce avait assuré qu'elle sauverait 1% PIB, la «valeur des pensions» en 2016.
Mercredi la Grèce avait déjà demandé à ses créanciers une facilité de prêt de trois ans à partir du Mécanisme européen de stabilité (ESM), promettant de présenter un plan détaillé sur les réformes économiques dans les plus brefs délais, au plus tard jeudi. Parmi les réformes rapides, Athènes a nommé un ensemble de mesures, y compris une réforme fiscale et de coupes dans les retraites qui sont prêtes à être mises en oeuvre à partir de la semaine prochaine.
«Nous allons aussi inclure des actions supplémentaires que la République va entreprendre pour renforcer et moderniser son économie», a déclaré le ministre des Finances dans un communiqué.
 éviter la sortie de la Grèce de la zone euro
Lors des pourparlers avec Athènes, les responsables européens ont exhorté le premier ministre Alexis Tsipras et son cabinet de trouver une solution qui permettrait d'éviter la sortie de la Grèce de la zone euro.
 le premier pays développé à faire défaut sur ses obligations internationales
«L'incapacité à trouver un accord peut conduire à la faillite de la Grèce et à l'insolvabilité du système bancaire. Tout le monde y perdra», a déclaré mercredi le président du Conseil européen, Donald Tusk.
Après avoir échoué à rembourser 1,6 milliards d'euros au FMI avant la date limite du 1er juillet, la Grèce est devenuele premier pays développé à faire défaut sur ses obligations internationales.
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