WWIII : La Grèce en défaut de paiement vis-à-vis du FMI

Publié le par José Pedro

Le premier ministre grec Alexis Tsipras lors d'une conférence de presse à Moscou, avril 2015

Crise grecque: et si la solution se trouvait du côté des BRICS?

© Sputnik. Sergey Guneev
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La crise financière en Grèce (199)
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L'adhésion éventuelle au groupe BRICS pourrait être une bonne porte de sortie de la crise actuelle pour Athènes, estime Stephen Lendman, observateur du Centre de recherche sur la mondialisation Global Research.
 

En mai, le vice-ministre russe des Finances Sergueï Stortchak a proposé à la Grèce de devenir le sixième membre des BRICS (groupe de cinq pays réunissant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud). A l'époque, le premier ministre grec Alexis Tsipras a manifesté son intérêt pour cette proposition, rapporte Stephen Lendman.

Des négociations entre les Etats membres des BRICS sur l'adhésion éventuelle de la Grèce se poursuivront dans le cadre du sommet qui se déroulera à Oufa les 9 et 10 juillet.

 

Selon le journaliste, en cas d'adhésion, la Grèce pourrait compter sur l'aide de la banque de développement qui sera prochainement créée dans l'objectif de devenir une des institutions phares dans le domaine de finances, et contrer ainsi la domination de l'Occident sur les marchés financiers.

 

En outre, M.Lendman est convaincu que la Troïka des créanciers de la Grèce (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international, ndlr) n'a pas l'intention de sortir le pays de la crise.

Ainsi, le vice-ministre de la Défense grec Kostas Sirixos craint que la Grèce puisse se transformer en "colonie économique" de l'Europe si le gouvernement accepte les conditions des créanciers, qu'il a qualifié "d'inacceptables pour notre histoire, notre fierté nationale et notre souveraineté".

 

Alexis Tsipras a appelé les citoyens à rejeter l'ultimatum des créanciers lors du référendum qui se tiendra le 5 juillet. Il a aussi laissé entendre que des élections anticipées seront possibles si le peuple grec choisit de soutenir le plan des créanciers.

 

"Si le peuple veut la pauvreté (…), nous respecterons son choix, mais nous arrêterons de le servir", a-t-il déclaré.

L'observateur de Global Research estime que la stratégie de la Troïka vise à aggraver la crise, à provoquer la faillite de la Grèce, à faire baisser l'euro afin d'avoir plus de bénéfices à l'exportation, à remplacer Syriza par un nouveau gouvernement plus accommodant, et/ou à utiliser la faillite de la Grèce comme prétexte pour exclure l'Etat de la zone euro. 

Lundi, des manifestants ont protesté contre les conditions émises par les créanciers devant le parlement à Athènes.

"La marge de manœuvre des Grecs est faible (…). S'ils soutiennent le plan des créanciers, ils seront condamnés à l'esclavage. Après la sortie de la zone euro, le pays devra traverser une période très tourmentée avant que le redressement économique soit possible. Néanmoins, les chaînes de la zone euro ne mèneront strictement à rien", assure M. Lendman.

Karel Vereycken, Directeur de publication de Nouvelle Solidarité du mouvement politique Solidarité et progrès, a pour sa part déclaré à Sputnik:

"Le but des BRICS ce n’est pas de devenir plus nombreux mais d’approfondir les relations entre eux et de finaliser le projet de création de différents mécanismes de financement au niveau international. L’offre faite par les BRICS que la Russie qui préside actuellement le groupe des BRICS a transmis à la Grèce, c’est de devenir un membre de plein droit de la nouvelle banque. C’est une banque pas comme les autres, c’est une banque qui va se spécialiser dans les investissements, dans les infrastructures. La philosophie des BRICS est la philosophie du gagnant-gagnant. C’est-à-dire on investit mais chacun va retrouver son intérêt."

Et de préciser le rôle que pourrait être celui des BRICS dans le cadre de la crise grecque: "Ce serait très important pour la Grèce et pour tout le monde que la Grèce puisse participer dans cette dynamique des BRICS qui est totalement à l’opposé de la dynamique actuelle de la zone euro. L’Europe aujourd’hui est désolante, elle est en faillite politiquement parce qu’elle ferme les yeux sur la montée des mouvements néonazis en Ukraine. Le FMI trouve beaucoup d’argent pour sauver l’Ukraine. L’Europe est en faillite moralement parce que pour les réfugiés qui viennent de l’Afrique elle se bat entre elle pour savoir qui va les accueillir. Economiquement, on est en faillite aussi parce que depuis une vingtaine d’années on tolère que la spéculation financière devient plus importante que la vie des hommes et l’avenir de nos enfants. La Grèce ne veut pas seulement rejoindre une banque, elle veut faire partie d’une dynamique, on pense que l’avenir est possible et que ce n’est pas la dette du passé qui va définir le sort des générations des enfants à naître."

 

 


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/international/20150702/1016818530.html#ixzz3eolLV54B

 

La Grèce n'a pas remboursé le FMI. Mais est-elle pour autant en défaut de paiement?

GRECE DEFAUT PAIEMENT

GRÈCE - Cette fois c'est officiel. Pas de report de la dernière seconde, pas de négociations de dernière minute: la Grèce a fait défaut sur sa dette vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI) en n'honorant pas un remboursement de 1,5 milliard d'euros qui était dû mardi, a annoncé l'institution basée à Washington.

Athènes devient ainsi le premier pays développé à accumuler des arriérés de paiement vis-à-vis du FMI et n'a désormais plus accès aux ressources financières de l'institution qui, de son côté, essuie le plus grand impayé de son histoire.

On a tant vu de retournements de situations, de sauvetage de dernière minute, de promesses non tenues, de négociations "presque" abouties qu'il est difficile de comprendre exactement où en est la Grèce. Fait-elle officiellement faillite? Un nouveau délai va-t-il être accordé. Petit résumé de la situation depuis que l'aiguille de l'horloge a dépassé minuit mardi.

  • Que dit exactement le FMI ?

Le FMI ne prononce pas explicitement les mots "défaut de paiement" dans son laconique communiqué. Il prend simplement acte que la dette de 1,5 milliard n'a pas été remboursée, ajoutant également que son conseil d'administration, qui représente les 188 Etats-membres, en avait été informé.

"Je confirme que le remboursement (...) dû au FMI par la Grèce aujourd'hui n'a pas été reçu", sont les mots exacts du communiqué.

  • Est-ce une surprise ?

Non. Que la Grèce n'ait pas l'argent pour rembourser n'aura étonné personne. A court de liquidités, Alexis Tsipras avait prévenu dès mardi qu'elle ne rembourserait pas le FMI, qui a participé aux côtés des Européens aux deux plans de sauvetage du pays assortis d'une cure d'austérité drastique.

En savoir plus : "Non", la Grèce ne rembousera pas le FMI ce soir

  • Le FMI peut-il encore "faire une fleur" à la Grèce ?

Oui. Le FMI avait, et a encore, la balle dans son camp. Il aurait pu dès mardi soir, s'il l'avait souhaité, être plus clément. Car la Grèce avait fait mardi une ultime demande au FMI pour obtenir in extremis un délai de quelques mois, jusqu'à novembre prochain.

Le conseil d'administration du FMI en a été informé mardi et a commencé à l'étudier mais devra se réunir ultérieurement pour l'approuver ou non. Le conseil d'administration se réunira "en temps utile", a précisé la communication du FMI, sans donner plus de détails.

  • La Grèce est-elle "en défaut de paiement" ?

Pas encore. Pour l'instant, la Grèce n'est pas en défaut de paiement vis-à-vis de créanciers comme la BCE dont les échéances arrivent dans quelques semaines (voir plus bas). Pour les agences de notation non plus, elle n'est pas encore considéré en défaut, même si sa note a été dégradée ces derniers jours.

La question se pose en revanche concernant le FMI puisque la Grèce n'a pas honoré sa créance. Pour l'heure, le FMI parle seulement "d'arriérés", pas de "défaut de paiement". Comprenez: "mauvais payeur" et pas "client insolvable". Le FMI a le choix d'offrir à la Grèce un report de 30 jours du règlement avant d'ouvrir un contentieux pour réclamer le remboursement. Si le FMI lui propose, ce n'est qu'après le 30 juillet que la Grèce sera considérée véritablement en défaut de paiement.

Dans l'intervalle, de nouvelles négociations peuvent subvenir, le référendum en Grèce peut débloquer la situation, le FMI peut accepter un report de dette de quelques mois... pas mal de choses peuvent arriver comme on l'a souvent vu en 2012.

  • Le FMI a-t-il déjà accepté de reporter une dette ?

Oui. Par deux fois. Une disposition de la charte du FMI permet "à la demande d'un Etat-membre" et sans vote de "reporter" la date d'un remboursement dans la limite de 3 à 5 ans, qui correspond à la durée de vie de ses prêts.

Cette possibilité a été utilisée à deux reprises dans l'histoire du FMI, à chaque fois en 1982 et pour deux pays pauvres: le Nicaragua et le Guyana, l'ex-Guyane britannique.

En savoir plus: Pour ce prix Nobel, le FMI cherche à faire sortir la Grèce sorte de l'euro

  • Concrètement, qu'est-ce que cela change pour la Grèce ?

Le FMI stoppe son aide. Le FMI refuse bien entendu toute nouvelle aide tant que la Grèce n'aura pas remboursé ce 1,5 milliard. Athènes devra donc désormais se passer de l'argent de ses créanciers publics puisque le volet européen du plan de sauvetage a par ailleurs expiré mardi.

  • Comment la Grèce peut-elle se financer ?

Par la BCE. La Grèce ne devra plus sa survie financière qu'à l'aide d'urgence fournie à ses banques par la Banque centrale européenne (voir aussi plus bas). Même si elle n'est pas encore considérée en défaut, car, étrangement, les dettes vis-à-vis du FMI ne sont pas prises en compte par les agences de notation, Fitch et S&P ont déjà dégradé la note de la Grèce après l'annonce du référendum. Emprunter sur les marchés devient pour Athènes hors de prix, voire quasi-impossible. Logique: qui accepterait de prêter à quelqu'un qui ne rembourse pas?

  • Est-ce un coup dur pour le FMI ?

Oui. Cet incident de paiement constitue un sérieux revers pour la crédibilité du FMI, qui n'avait plus enregistré de défaut de paiement depuis 2001 avec le Zimbabwe et qui a accordé à la Grèce le plus grand prêt de son histoire.

  • Le "Gréférendum" peut-il changer quelque chose ?

Peut-être. Si le "oui" à la proposition de l'Europe l'emporte, les problèmes sont momentanément réglés (mais au prix de gros sacrifices risquant de peser un peu plus sur la croissance). En revanche, Tsipras démissionnerait et mettrait le pays en instabilité politique.

Si le "non" l'emporte de manière suffisamment nette - et Tsipras compte là dessus - cela permettrait selon le premier ministre grec de revenir négocier avec l'appui du peuple. Un pari risqué car l'Europe pourrait aussi refuser d'ouvrir de nouvelles négociations et claquer la porte au nez de la Grèce.

En savoir plus : Toutes les possibilités après le référendum résumées en un graphique

  • La Grèce a-t-elle d'autres échéances de remboursement ?

Oui, bien entendu. Les mésaventures du FMI avec la Grèce ne sont pas finies. Le pays doit au total virer 5,4 milliards d'euros dans les caisses du Fonds cette année sur une dette totale de quelque 21 milliards d'euros. Le prochain paiement de 284 millions d'euros est dû pour le 1er août.

Côté BCE, une autre échéance se profile, de 3,5 milliards d’euros le 20 juillet prochain. "C'est la vraie date butoir du dossier grec", estime Vincent Ganne, analyste chez FXCM. Car c'est la BCE qui est maitresse de "l’ELA", le robinet à liquidité qui finance les banques grecques. "Le vrai sujet, c'est la BCE, confirme Patrick Artus, de Natixis. Si elle s'énerve, elle peut mettre fin à l'ELA." Le système bancaire hellène ferait aussitôt faillite.

En savoir plus: Les échéances de la dette grecque

  • La sortie de la zone euro de la Grèce est-elle inéluctable?

Non. A tout moment, des négociations peuvent reprendre et aboutir, permettant ainsi de rallonger les délais, de faire une croix sur une partie des remboursements, de revoir l'échéancier, etc. Alexis Tsipras ne souhaite d'ailleurs pas quitter la zone euro. Il cherche à restructurer sa dette - c'est-à-dire tout remettre à plat pour étaler les échéances - ce que refusent pour l'instant catégoriquement ses interlocuteurs.

  • L'Europe a-t-elle intérêt à voir la Grèce sortir de la zone euro?

Sûrement pas. Les dirigeants européens, institutions financières et agences de notation ont beau claironner qu'une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait à présent être contrôlée et ne ferait pas de dégâts, rien n'est moins sûr. Sur le papier, certes, l'Europe n'est plus prise de court comme c'était le cas en 2012. La crise de la dette souveraine était nouvelle et les marchés s'affolaient plus rapidement. Aujourd'hui, les outils et mécanismes sont prêts pour une sortie "en douceur".

Sauf que cet événement n'est jamais arrivé. Et donc, par définition, il est impossible d'anticiper toutes les conséquences que cela pourrait entraîner. Qui aurait pu penser que des problèmes de prêts de maisons aux Etats-Unis (subprimes) entraîneraient des pays européens comme la Grèce au bord de la faillite? La réaction des marchés est elle aussi imprévisible alors que la Bourse se porte bien et que la croissance reprend tout doucement en Europe et en France. L'annonce du référendum a fait perdre près de 5% aux indices boursiers européens. Une panique des investisseurs ne peut jamais être exclue.

Sans parler de l'image politique, qui montrerait une Europe affaiblie, incapable de gérer une crise d'un pays représentant moins de 1% de son PIB...

Lire aussi :

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• Pour ce prix Nobel, le FMI cherche à faire sortir la Grèce sorte de l'euro

 
 
 
 
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Fidèle au mandat que lui a donné le peuple, le Premier Ministre grec a décidé de soumettre l’ultimatum du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Commission européenne à un référendum le 5 juillet 2015 .(1)

1. Depuis l’arrivée de Syriza au pouvoir en janvier 2015, la Grèce subit une « asphyxie économique sans précédents » de la part de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, dans le but de faire plier le gouvernement progressiste et de l’empêcher de « mettre fin à l’austérité et de restaurer la prospérité et la justice sociale ».

2. Le but des négociations était d’arriver à un accord viable « qui respecterait à la fois la démocratie et les normes européennes » afin de sortir définitivement de la crise.

3. La Troïka a exigé de la Grèce le respect des accords pris par les gouvernements précédents, dont les politiques économiquement inefficaces et socialement désastreuses ont été majoritairement rejetées par le peuple grec qui a décidé de porter Syriza au pouvoir.

4. A aucun moment, le gouvernement grec n’a cédé aux menaces des institutions européennes et du FMI.

5. Après près de six mois de négociations, l’Euro-groupe a présenté « un ultimatum à la République hellénique et au peuple grec ». Cet ultimatum « contrevient aux principes fondateurs et aux valeurs de l’Europe ».

6. L’Europe a présenté « une proposition qui inclut des nouvelles charges insupportables pour le peuple grec et qui nuit au redressement de la société grecque et de son économie, non seulement en maintenant l’incertitude, mais en accroissant davantage les déséquilibres sociaux ».

7. Ces mesures imposent « une fragmentation du marché du travail » avec une précarisation accrue des contrats, « une diminution des retraites, de nouvelles réductions de salaires dans le secteur public et une augmentation de la TVA sur les produits alimentaires, les restaurants et le tourisme, avec la suppression des réductions fiscales dans les îles ».

8. « Ces propositions violent clairement les normes sociales européennes et le droit fondamental au travail, à l’égalité et à la dignité ».

9. Le but de la troïka et de certains membres de l’Euro-groupe n’est pas « de trouver un accord viable et bénéfique pour les deux parties, mais d’humilier tout le peuple grec ».

10. Le but est de « punir une voix différente en l’Europe ».

11. Le Fonds monétaire international est obsédé par l’austérité et les mesures punitives.

12. La crise grecque affecte toute l’Europe et menace l’unité continentale.

13. Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, a été arbitrairement exclu de la réunion de l’Euro-groupe, en violation de la légalité européenne.

14. « La responsabilité historique en faveur des luttes du peuple hellénique et de la protection de la démocratie et de notre souveraineté nationale. […] nous oblige à répondre à cet ultimatum avec la volonté du peuple grec ».

15. Un référendum aura donc lieu le 5 juillet 2015 afin que « le peuple grec décide de façon souveraine ». « Face à cet ultimatum et ce chantage, je vous convoque afin que vous décidiez de façon souveraine et avec fierté, comme le dicte l’histoire de la Grèce, au sujet de cette austérité stricte et humiliante, qui n’offre aucune solution ni option qui permette un redressement social et économique ».

16. « Dans le berceau de la démocratie, nous ne demanderons pas l’autorisation à Monsieur Dijsselbloem [Président de l’Euro-groupe] ni à Monsieur Schaüble [Ministre allemand des finances] » pour célébrer un référendum.

17. Ce référendum « n’est pas une tentative de scission avec l’Europe mais de scission avec les pratiques qui sont un affront pour l’Europe ».

18. « Face à cette dure austérité autocratique, nous devons répondre avec démocratie, sérénité et détermination ».

19. « La Grèce, creuset de la démocratie, doit envoyer un message démocratique claire à l’Europe et à la communauté internationale ».

20. « Le peuple grec dira un grand non à l’ultimatum mais en même temps un grand oui à l’Europe de la solidarité ».

21. Au lendemain de ce « non », « la force de négociation du pays sera renforcée ».

22. Quelle que soit l’issue de la consultation, la volonté du peuple grec sera respectée.

23. Cette consultation « enverra un message de dignité au monde ».

24. L’Europe est la maison commune de tous ses peuples. « Il n’a pas de propriétaires et des invités en Europe ».

25.      « La Grèce est et sera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe sera une partie intégrante de la Grèce. Mais une Grèce sans démocratie impliquerait une Europe sans identité et sans boussole ».

Salim Lamrani

 

1.  Alexis Tsipras, « Discurso », 27 juin 2015. http://www.eldiario.es/internacional/discurso-Tsipras-referendum-Grecia_0_403159823.html ; Infobae, « Grecia : Tsipras instó a ‘un enfático NO’ en el referéndum sobre la oferta de los acreedores », 27 juin 2015. http://www.infobae.com/2015/06/27/1738104-grecia-tsipras-insto-un-enfatico-no-el-referendum-la-oferta-los-acreedores

Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris IV-Sorbonne, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de La Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.

Son nouvel ouvrage s’intitule Cuba. Les médias face au défi de l’impartialité, Paris, Editions Estrella, 2013 et comporte une préface d’Eduardo Galeano.

LEAD 1-La Grèce en défaut de paiement vis-à-vis du FMI

mercredi 1 juillet 2015 03h24
 
 

(Actualisé avec réaction US)

WASHINGTON, 1er juillet (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé mardi soir que la Grèce n'avait pas remboursé son échéance de 1,6 milliard d'euros et qu'elle avait demandé un report de l'échéance.

Cet accident de paiement, d'un montant sans précédent dans l'histoire du FMI, fait de la Grèce le premier pays développé en situation d'arriéré de paiement vis-à-vis du Fonds.

"Je confirme que le remboursement de 1,2 milliard de DTS (environ 1,5 milliard d'euros) dus par la Grèce aujourd'hui au FMI n'a pas été reçu. Nous avons informé notre conseil d'administration que la Grèce est désormais en arriérés", a annoncé le porte-parole du Fonds, Gerry Rice.

La Grèce, précise-t-il, ne pourra désormais plus recevoir de financements du Fonds tant qu'elle n'aura pas réglé cet arriéré.

Il a confirmé qu'Athènes avait demandé à bénéficier d'un délai de remboursement. Cette requête sera examinée "en temps voulu" par le conseil d'administration du FMI, a-t-il précisé.

A Washington, le département du Trésor a réagi en appelant tous les protagonistes de la crise de la dette grecque à faire en sorte qu'Athènes reste dans la zone euro.

"Le non-paiement du FMI par la Grèce ce soir lance une procédure prolongée et bien établie au FMI dans le cas d'arriérés", souligne le Trésor dans un communiqué.

"Les Etats-Unis continueront d'encourager toutes les parties impliquées à poursuivre des négociations à même de placer sur la Grèce sur la voie d'une croissance économique au sein de la zone euro sur la base de réformes économiques nécessaires et d'un financement requis qui parvienne à une soutenabilité de la dette", ajoute le Trésor. (Anna Yukhananov et Peter Cooney; Henri-Pierre André pour le service français)

 

La Grèce demande de l'argent frais à l'Europe après son défaut

 
Le Premier Ministre grec, Alexis Tsipras, le 28 juin au Parlement d'Athènes ( AFP / ANGELOS TZORTZINIS )

 

La Grèce doit une nouvelle fois tendre la main à ses partenaires de la zone euro qui vont examiner mercredi ses propositions afin d'obtenir une aide financière, au lendemain de son défaut vis-à-vis du FMI.

 

A court d'argent, Athènes n'a pas pu honorer mardi le remboursement de 1,5 milliard d'euros dus au Fonds monétaire international, devenant ainsi le premier pays industrialisé à faire défaut vis-à-vis de l'institution.

"Je confirme que le remboursement (...) dû au FMI par la Grèce aujourd'hui n'a pas été reçu", a indiqué mardi le porte-parole du FMI Gerry Rice dans un communiqué.

Conséquence immédiate : Athènes est privé d'accès aux ressources financières du FMI et le restera tant qu'il n'aura pas apuré sa dette envers l'institution qui essuie, elle, le plus lourd défaut de son histoire.

Parallèlement, le volet européen du plan d'aide à la Grèce a comme prévu pris fin à 22H00 GMT, privant le pays de 16 milliards d'euros d'aide en tout genre (prêts, bénéfices sur les obligations détenues par la BCE, fonds pour les aides).

 
L'Eurogroupe doit reprendre mercredi matin pour examiner les propositions d'Athènes qui a demandé mardi un nouveau plan d'assistance financière.

Privé d'argent frais des institutions (FMI, UE, BCE) qui l'ont mis sous perfusion financière depuis 2010, le pays ne doit désormais plus sa survie financière qu'à l'aide d'urgence apportée à ses banques par la BCE.

Les conséquences sont difficiles à prévoir mais le président américain Barack Obama a mis en garde mardi contre "un impact significatif" de la crise sur la croissance européenne.

Les marchés asiatiques n'ont pas pâti du défaut de la Grèce et étaient pour la plupart en hausse mercredi. En revanche, les cours du pétrole continuaient de baisser en Asie.

"La crise de la dette grecque a pu alimenter les inquiétudes quant à un effet de contagion dans la zone euro, ce qui signifie que l'on pourrait assister à une baisse de la demande de brut couplée à un ralentissement potentiel de la croissance", a commenté Bernard Aw, analyste chez IG Markets à Singapour.

 

- Coup de théâtre -

 

La Grèce avait certes prévenu qu'elle ne rembourserait pas le Fonds monétaire international qu'elle accuse de "comportement criminel" pour avoir imposé des cures d'austérité drastiques à sa population.

 
Mais les autorités avaient toutefois tenté un ultime tour de passe-passe en tentant d'activer une clause exceptionnelle du FMI lui permettant d'obtenir un report de son paiement.

Le conseil d'administration du FMI a bien commencé à examiner cette requête mais devra se réunir ultérieurement pour l'approuver ou la rejeter.

"C'est une triste page d'un triste chapitre. Le FMI a pris des risques énormes avec ce plan d'aide", a dénoncé auprès de l'AFP le représentant brésilien au FMI, Paulo Nogueira Batista, s'exprimant à titre personnel.

Plus tôt mardi, la Grèce avait tenté un autre coup de théâtre en faisant de nouvelles propositions à ses créanciers européens après la rupture des négociations samedi et l'approche d'un référendum crucial dimanche sur la poursuite du plan d'aide.

 
Dans le détail, la Grèce a demandé à l'Eurogroupe de pouvoir conclure avec le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de soutien de la zone euro, un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers, soit environ 30 milliards d'euros, tout en restructurant sa dette, a fait savoir le bureau du Premier ministre Alexis Tsipras.

La Grèce a même laissé entendre qu'elle pourrait suspendre l'organisation du référendum prévu le 5 sur les propositions de ses créanciers si les négociations reprenaient avec l'Union européenne, a indiqué une source européenne proche des discussions.

 
Manifestants pro-européens brandissent un drapeau pronant le "oui" au référendum le 30 juin 2015 devant le Parlement à Athènes ( AFP / ARIS MESSINIS )

Cette idée d'un troisième plan d'aide, via le MES, va être étudiée "via les procédures normales", a affirmé Alexander Stubb, le ministre finlandais des Finances, après une conférence téléphonique de l'Eurogroupe en début de soirée.

Plus tôt dans la journée, la chancelière allemande Angela Merkel avait fermé la porte à toute discussion sur le sujet en affirmant que l'Allemagne n'était pas prête à discuter d'une nouvelle demande d'aide d'Athènes avant dimanche, jour du référendum.

Mme Merkel et son ministre des Finances Wolfang Schäuble doivent s'exprimer mercredi devant les députés du Bundestag lors d'un débat sur la Grèce.

Le ministre de l'Economie allemand Sigmar Gabriel avait, lui, conditionné de nouvelles discussions à l'annulation du scrutin.

 

La Grèce a désormais les yeux braqués sur une autre échéance cruciale : la réunion mercredi des 25 membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne qui doivent évoquer la situation du système bancaire grec.

Il devrait notamment être question de maintenir ou non une ligne de prêts d'urgence en faveur des établissements hellènes, fragilisés par des retraits massifs de Grecs inquiets pour leur avenir et celui de leur pays.

Techniquement, l'institution pourrait décider de couper le robinet financier à la Grèce, même si cela semblait peu probable.