WWIII: Elections truquées en Grèce, Goldman Sachs est derrière l'informatique!

Publié le par José Pedro

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    VERS UN IMMENSE SCANDALE EN GRÈCE

  • Fabienne Meignan OUPS!.... Et les preuves des élections truquées?
  • José Pedro la première c'est que les sondages indiquaient le oui gagnant et que petit à petit dans la même soirée on est passé avec un non à 62%, 12 points de différence sur un sondage, alors que Laosophie avec de tout petits moyen avait estimé dès le début un 65% pour le non, c'est de la triche, puis les programmes de comptabilisation et de vote sont tenus par Goldman Sachs, triche, puis les médias n'ont soutenu que le oui, triche, puis on continue à maintenir les grecs sans liquidité encore cette semaine, triche, puis les grecs qui ont proposé des modifications au plan de rigueur sont déboutés au profit du plan de rigueur de l'UE qui passe par demander aux entreprises grecques 2 ans d'avance des taxes 2016 et 2017, triche, plus toutes les anomalies dans les bureaux de vote qui n'avaient plus de formulaires, triche......etc, etc Il y a une semaine, Alexis Tsipras a aussi demandé au MES - le FMI européen - un prêt de 29 milliards d'euros destiné à couvrir les échéances de la Grèce jusqu'en 2017. Le FMI a récemment chiffré le besoin réel d'un 3e plan de sauvetage à 50 milliards sur trois ans, au minimum. C'est sur ces orientations que François Hollande, soutenu du bout des lèvres par Angela Merkel, tentait de nouer enfin un compromis exigeant dans la nuit" sauf que " le premier ministre grec a dépêché à Bruxelles mardi son nouveau ministre des Finances les mains... vides" rapporte le correspondant du Figaro. 

    Toutes les grosses têtes de l'UE se sont donc réunies à Bruxelles pour un énième sommet de la "dernière" chance sans même avoir entre leurs mains un début de brouillon de proposition de la partie grecque? 

    Et non seulement ça, mais toutes ces grosses têtes programment un nouveau sommet pour dimanche sans avoir davantage de proposition de la partie grecque? 

    Mais que font toutes les équipes techniques de leurs journées alors que le dossier reste vide de chez vide? 

    Tsipras a le culot d'envoyer son Ministre des finances au sommet de la dernière chance - il s'agit tout de même de la survie des Grecs - les mains vides et tout ce que trouvent à dire les grosses têtes de l'UE, c'est... bien, les gars, on se retrouve dimanche prochain, même lieu, même heure. Lol!

    Mieux. Tsipras demande à ses créanciers qu'ils payent la dette à sa place jusqu'en 2017 sans s'engager lui-même, par oral ou par écrit, sur de quelconques nouvelles propositions en matière sociale ou fiscale. 

    En sommes, Tsipras ne cherche même plus à faire semblant de gagner du temps. Il agit comme si - je ne sais pas ce qu'il y a réellement dans sa tête - il avait affaire à des zombies. 

    Se trompe-t-il vraiment? Les zombies de l'UE ont reçu l'ordre de Washington que la Grèce doit rester dans la zone euro. Les Américains ont une raison géopolitique à cela et ne se préoccupent pas de savoir combien cela va coûter aux Européens. Puisque ce sont... des zombies. Il faut dire que les Brics lancent un équivalent du FMI au capital de 100 Mds USD, avec une aide directe à la Grèce!

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  • Odile Buton les "disciplines" ???
  • José Pedro les règles et les disciplines! les traités ne sont plus des actes démocratiques mais des disciplines à respecter en suivant les engagements que l'on a donné par sa signature. Les disciplines ou formes de cohabitation dans un traité, imposent de la discipline.

La Grèce n'est peut-être plus en état aujourd'hui d'assumer les disciplines de la zone euro, mais encore une fois ce sont ses dirigeants anciens et si on ose une comparaison, c'est l'UMP d'hier qui a mis la Grèce dans cet état.

 

De même qu'en France c'est Sarkozy qui a créé 600 Milliards de dettes et qui a vendu 20% de notre or. Quand une Banque se casse le nez pour avoir pris trop de risques, comme pour une entreprise, c'est la liquidation ou le redressement qui prévallent, mais pas avec de l'argent public, et ce sont aux actionnaires de renflouer les caisses ou de faire appel à de l'aide extérieure.

 

Sauver les Banques et un mauvais système et ce n'est pas non plus la solution. L'Etat doit se réapproprier le droit d'émettre sa monnaie et de l'utiliser à taux zéro.

 

Les Banques qui spéculent doivent être séparées des banques de dépôts et ne pas utiliser ces dépôts pour spéculer. Chaque Banque devrait être complètement isolée des risques de ses filiales et de ses partenaires.

 

La spéculation du trading sur le Forex devrait être très encadrée et les gains très imposés. Le Trading sur le forex est actuellement un vol organisé surtout en provenance de Grande Bretagne ou d'Espagne, car les pics positifs ou négatifs ne sont pas visibles sur les plateformes des particuliers qui se font gruger. Les Programmes informatiques qui gèrent le Forex sont conçus pour ne laisser aucune chance à celui qui s'y aventure.

 

La crise de la dette publique grecque procède d'une part des craintes qui portent sur la capacité de la Grèce à rembourser sa dette publique, et d'autre part du poids que le remboursement des intérêts de cette dette fait peser sur l'économie du pays. Elle résulte à la fois de la crise économique mondiale de 2008 générée par la Banque Goldman Sachs et de facteurs propres au pays : fort endettement (environ 120 % du PIB) en 2010, déficit budgétaire qui dépasse les 13 % du PIB, selon Daniel Gros et Thomas Mayer du Centre for European Policy Studies.

 

Cette crise, qui a contribué aux perturbations financières de 2007 à 2011, a été aggravée par le manque de transparence dont a fait preuve le pays, lors de son entrée dans la zone euro, dans la présentation de sa dette notamment par la collecte de fonds hors bilan et par le biais d'instruments financiers mis au point par la banque d'investissement Goldman Sachs, à la suite d’une sous estimation récurrente des déficits publics. L'ampleur de ses problèmes structurels et notamment sa difficulté à prélever l'impôt font la spécificité de la crise grecque par rapport aux autres pays de la zone euro. Par ailleurs, les autorités grecques ont, selon l’économiste Michel Husson ou Attac, surtout diminué les impôts des plus riches.

 

La crise a connu trois périodes de fortes turbulences. La première en 2010, survient alors que l'Irlande, le Portugal et l'Espagne connaissent également de grandes difficultés. Pour éviter que la crise n'atteigne le Portugal et l'Espagne, les pays de la zone euro et le FMI décident d'aider la Grèce. Un accord est conclu le 2 mai 2010. Il prévoit des prêts conditionnés et la mise en place par la Grèce d'un ajustement structurel. Depuis 2010, 260 milliards d'euros ont été prêtés à la Grèce.

 

Début mai 2011, la Grèce doit à nouveau faire appel aux pays européens et au FMI. La crise connaît une seconde période de tensions. À cette occasion on assiste à des débats entre le gouvernement français prêt à aider à nouveau la Grèce et le gouvernement allemand qui veut que les banques et les financiers qui ont prêté sans réellement prendre en compte la situation du pays soient également mises à contribution. Parallèlement, le gouvernement grec est soumis à la pression de la rue et l'ONU avertit, dans un rapport publié le 21 juin, que les politiques de réduction radicale des déficits publics menacent l'emploi, les dépenses sociales et rendent toute croissance économique très incertaine. La solution prônée pour la Grèce serait ainsi contre-productive. Fin 2014, le pays dégage un excédent budgétaire primaire.

 

Avec l'arrivée de Syriza au gouvernement, élu sur un programme très hostile aux réformes suggérées par les autorités européennes, la crise connait une troisième période de négociations tendues, d'autant que le plan de 2012 arrive à expiration. Au bout d'un semestre de négociations, les tensions entre la Grèce et les autres pays de la zone est telle que la sortie de la Grèce de la zone euro, appelée dans les médias Grexit (pour Greece exit), peut être réellement envisagée. Le gouvernement d’Alexis Tsipras organise la tenue d'un référendum le 5 juillet 2015  sur l'acceptation ou non du plan proposé par les créanciers. Le Problème de ce référendum ainsi que son résultat est dans les mains d'une filiale de la Banque Goldman Sachs!

 

Cette Banque Goldman Sachs (Rohtschild), a fait chuter toutes les autre Banques en 2008, mais a racheté les actifs de la Banque Leyman Brother, qui a été sacrifiée. Les créances douteuses, ou dettes des pays ne pouvant rembourser, de cette Banque ont été rachetées par les Banques Nationales et Centrales, et donc mutualisées auprès des conribuables.

 

 

"L'argent du contribuable a profité aux banques, pas à l'économie"

Marc Roche, correspondant du "Monde" à la City de Londres, le mercredi 15 septembre 2010

LE MONDE pour Le Monde.fr |  | Par 

 


Davos : Pouvez-vous rappeler les raisons essentielles de la chute de Lehman Brothers ?

La raison essentielle de la chute de Lehman Brothers est l'existence, dans son portefeuille d'avoirs, d'une majorité d'actifs "vérolés" liés à des crédits hypothécaires à risque subprime.

S'est greffée sur une situation financière précaire l'action de deux concurrents qui ont aggravé la crise en réclamant le remboursement de ce qui leur était dû : Goldman Sachs et J. P. Morgan. Enfin, la présence comme secrétaire au Trésor d'un ancien président de Goldman Sachs, Henry Paulson, a favorisé les intérêts de Goldman Sachs sur ceux de Lehman Brothers.

Goldman Sachs détestait Lehman Brothers pour une raison simple : cette banque la concurrençait sur les métiers financiers les plus porteurs, à savoir la spéculation, l'assistance et le financement des "hedge funds".

Henry Paulson a refusé à Lehman Brothers l'accès aux fonds fédéraux, accès qui a été octroyé une semaine plus tard, sans aucune condition, à Goldman Sachs, menacé de naufrage.

Musulin : Pourquoi le gouvernement américain n'a-t-il pas sauvé Lehman ?

Officiellement, le gouvernement américain était prêt à sauver Lehman en la mariant avec Bank of America ou Barclays. Mais, en coulisse, le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, ancien président de Goldman Sachs, a convaincu Bank of America de reprendre Merrill Lynch, en difficulté.

Par ailleurs, le gouvernement britannique a refusé l'octroi de la garantie exigée par Barclays avant de reprendre Lehman. Le gouvernement américain a refusé d'octroyer à Lehman Brothers le statut de banque holding, lui permettant de bénéficier de l'aide fédérale.

A l'évidence, Henry Paulson et son entourage, composé uniquement d'anciens de Goldman Sachs, ont tout fait pour saborder Lehman. S'ajoute enfin le laxisme du président Bush, peu intéressé par les questions financières et très méfiant envers Wall Street. Goldman Sachs et d'autres avaient la voie ouverte pour voir disparaître Lehman Brothers.

Samy : La chute de Lehman a-t-elle profité à certains particuliers qui, à l'origine, portaient les créances hypothécaires et n'ont pas eu à les rembourser ?

La chute de Lehman a été un désastre pour l'économie américaine et mondiale. Les détenteurs de créances hypothécaires n'en ont nullement profité.

Les fonds colossaux des "hedge funds" déposés auprès de Lehman ont été gelés, et le sont encore aujourd'hui.

La liquidation de Lehman a coûté aux contribuables une fortune et n'est toujours pas conclue.

Surtout, les actifs de Lehman ont été bradés au profit de Barclays et de la banque japonaise Nomura, les repreneurs des activités respectivement américaines et européennes de la banque défunte.

L'effet de la faillite de Lehman a été dévastateur également en Europe.

Pierre : Nomura ou Barclays ont-ils véritablement bien fait de racheter ces actifs ?

Nomura et Barclays ont réalisé l'affaire du siècle. Barclays a racheté le siège de Lehman, qui à lui seul constitue un bel investissement immobilier.

Nomura, dont l'expansion avait été freinée par la crise nippone, a pu racheter pour rien les activités européennes et asiatiques de Lehman, réputées pour leur savoir-faire en matière de spéculation sur les matières premières, de fusions-acquisitions et de gestion de patrimoine.

Le seul problème pour Barclays, c'est que le liquidateur aux Etats-Unis la traîne devant les tribunaux pour avoir sous-payé Lehman.

h_ixon : Ou sont partis les millions/milliards donnés par les différents gouvernements aux différentes banques ?

Les milliards donnés par le contribuable dans une multitude de pays aux banques ont permis de renforcer le bilan de ces banques. Bilan mis au plus mal par les activités spéculatives, en particulier sur les crédits hypothécaires "subprime".

En échange de ce renforcement du bilan, les gouvernements s'attendaient à une augmentation du crédit bancaire, en particulier aux petites et moyennes entreprises, pour sortir de la récession et appuyer la reprise. Cela ne s'est pas fait, puisque les banques ont gardé les deniers du contribuable pour se renforcer, payer les bonus, voire acquérir des concurrents affaiblis par la crise.

L'argent du contribuable a profité aux banques et non pas à l'ensemble de l'économie.

Mismisis : Le sur-endettement des citoyens américains peut-il créer une nouvelle bulle spéculative prête à exploser ? L'Europe risque-t-elle de subir la même chose ?

La réponse est non... Du moins, espérons-le. Aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, où l'endettement des ménages est très élevé, ces derniers s'efforcent de limiter leurs dettes en remboursant les encours de cartes de crédit, en les utilisant moins et en réduisant leur consommation, avec tous les risques que cela crée de décélération de l'économie.

Les banques elles-mêmes n'octroient plus qu'au compte-gouttes des crédits aux particuliers, y compris hypothécaires. Ce qui crée des risques systémiques via les faillites d'entrepreneurs du bâtiment et la crise de l'immobilier, que ce soit en Espagne, en Irlande ou au Royaume-Uni.

Fabifabo : Comment expliquer que les banques allemandes aient accumulé autant d'actifs toxiques, et pas les banques françaises ?

Les banques allemandes en question sont les banques régionales. Ces banques n'étaient nullement équipées pour juger de la toxicité de ces actifs, ni des risques pris par l'expansion à l'international.

Elles ne comprenaient pas les produits qu'elles achetaient, tout émerveillées par le savoir-faire de jeunes traders comme Fabrice Tourre, de Goldman Sachs, qui leur avait vendu des actifs vérolés tout en spéculant à la baisse dans leur dos.

Les banques françaises sont moins impliquées dans la spéculation. D'où, sans doute, le fait que les dégâts de la crise financière aient été moins forts en France, à l'exception sans doute de la Société générale. Cette dernière, en raison de ses activités spéculatives, en particulier sur les matières premières, ressemble de très près à un Goldman Sachs ou à un Lehman Brothers.

En revanche, BNP Paribas, Crédit agricole et consorts ont eu tendance à limiter leurs activités de banques d'affaires au conseil aux entreprises et aux gouvernements. Les commissions tirées de ces activités sont inférieures à celles des activités spéculatives, qui jouent sur les volumes.

Dans l'activité de conseil, la concurrence est vive et pousse à la baisse des commissions. Dans les activités spéculatives, où tout se joue sur les volumes, les bénéfices sont énormes, tout comme les risques. Et qui dit gros bénéfice dit gros bonus. Je connais un trader pétrolier de Goldman Sachs âgé de 27 ans dont le bonus l'an dernier s'est élevé à 15 millions de dollars (11,5 millions d'euros).

Kaak : Pourquoi les pouvoirs publics n'ont-ils pas assorti de garanties l'argent concédé aux banques pour que ça profite à l'ensemble de l'économie ?

Les pouvoirs publics n'ont pas imposé d'obligation d'ouvrir le robinet du crédit pour aider les PME en raison du poids du lobby bancaire. En France comme ailleurs, le lobby bancaire est puissant. Nombreux sont les anciens hauts fonctionnaires reconvertis dans la banque.

Lagarde-prend-garde : Les stars de Goldman Sachs sont partout à Washington, au plus haut niveau du gouvernement. Comment Barack Obama gère-t-il ce conflit d'intérêt permanent ?

Excellente question ! Sous l'administration Bush, les stars de Goldman Sachs avaient infiltré le gouvernement américain. Goldman Sachs a néanmoins soutenu Barack Obama en versant de généreuses contributions à sa campagne.

Résultat : dans son administration, on retrouve, certes en moins grand nombre mais toujours présents, beaucoup d'anciens de Goldman Sachs. Que ce soit à la Réserve fédérale de New York, à la Maison Blanche, au Trésor. Mais Goldman Sachs a péché par orgueil. En refusant de dire merci aux contribuables américains de l'avoir sauvée du naufrage à l'automne 2008, elle a ulcéré le président Obama.

Les deux principaux appuis de Goldman Sachs à Washington, Timothy Geitner, le secrétaire au Trésor, et Larry Summers, le chef des conseillers économiques de la Maison Blanche, ont été éclipsés par le retour d'un homme qui avait été marginalisé jusque-là : Paul Volcker, partisan d'une plus forte régulation, hostile à Wall Street quand il était à la tête de la Réserve fédérale dans les années 1980.

Paul Volcker a imposé le plan de réforme bancaire, qui est une des grandes réussites de l'administration Obama. Mais ne soyons pas dupes. Il s'agit de mesures cosmétiques, faciles à contourner, qui ne répondent pas à l'essentiel : la nécessité de casser des mastodontes qui, en cas de difficulté, devront être une nouvelle fois sauvés par le contribuable.

Par ailleurs, l'interdiction, par exemple, d'utiliser les fonds propres de la banque, ses propres capitaux, dans des activités spéculatives est facilement contournée par Goldman Sachs.

Celle-ci a décidé de transférer cette activité hautement rémunératrice qui constitue 10% de ses profits à des "hedge funds" dont elle devient actionnaire minoritaire. Il s'agit de sociétés privées et non plus publiques, ce qui rend leurs activités totalement opaques. Néanmoins, la réforme Obama a le mérite d'exister.

Nouwi : Mais peut-on gouverner sans contacts privilégiés avec la banque et les affaires ?

Il est bien sûr naïf de penser qu'on puisse séparer politique et banque. Les banques d'affaires sont essentielles dans le financement des gouvernements, dans le financement des déficits, dans les emprunts. Elles ont un savoir-faire dont on ne peut pas se passer.

En revanche, ce qui est malsain, c'est la spéculation, qui n'a aucune utilité économique si ce n'est de déstabiliser les marchés des matières premières, donc les pays en voie de développement, et d'augmenter le coût du panier de la ménagère dans les pays développés.

Nouwi : L'"l'idée fixe" de Jacques Attali – un gouvernement mondial, puisque les abus sont mondiaux – est-elle possible, viable, utile ?

L'idée de Jacques Attali est très honorable, mais irréalisable. Si l'on prend les intérêts bancaires, il est très clair que ceux des banques d'affaires pures, comme le sont un Lazard ou un Rothschild, et ceux des mastodontes de la finance telle Goldman Sachs, ne sont pas identiques.

Une banque de dépôts, qui est visible par ses agences et ses guichets, n'a pas le même rapport avec l'opinion qu'une banque d'affaires secrète, opaque, et qui ne fait pas de publicité.

Tout cela pour dire que la réglementation ne peut pas être universelle, si ce n'est sur les grandes lignes, mais elle doit être précise, adaptée à chaque institution financière, sinon elle ne servira à rien du tout.

vcomte : Pensez-vous  que des banques comme Goldman sont à l'abri d'éventuels dégâts résultant d'une faillite souveraine ?

La force d'une Goldman Sachs est de répartir les risques, qu'ils soient souverains, spéculatifs ou autres, en ayant une vaste gamme de métiers financiers. Les pertes de l'un sont facilement compensées par les gains de l'autre. Tant que les gains sont supérieurs aux pertes, la banque gagne. Et donc un effondrement des finances d'un pays auquel Goldman Sachs aurait beaucoup prêté ne menace pas du tout son bilan.

En plus, les banques partagent le risque souverain, des dizaines de banques, voire plus, prêtent aux Etats. Ce qui limite les risques en cas de faillite souveraine.

Julio : La Grande-Bretagne a-t-elle réussi à se libérer de la mainmise du secteur financier sur ses leviers de décision ?

La réponse est non. Mais elle doit être nuancée. La City continue de jouer un rôle prépondérant dans l'économie britannique. Mais, diminuée par la crise financière, elle n'a plus cette influence qu'elle avait autrefois, comme le montrent la volonté de réglementation du nouveau gouvernement conservateur-libéral démocrate, et le rôle moteur de l'industrie dans la reprise économique.

La vision est par trop caricaturale d'une Grande-Bretagne ayant perdu toute son industrie. Le Royaume-Uni, berceau de la révolution industrielle, possède toujours les bijoux de la couronne que sont la défense, la pharmacie, l'aéronautique. Et l'ingénierie.

On l'oublie trop souvent, mais la part de l'industrie dans le PIB est la même au Royaume-Uni qu'en France.

Frutz : Quid de la Chine ? N'est-elle pas la grande gagnante de cette crise ?

Les banques chinoises sont très vulnérables. Le système financier chinois est fragile. L'implication du politique dans la gestion des banques prête à toutes les dérives.

S'il y a risque de nouvelle crise financière, c'est moins aux Etats-Unis et en Europe qu'en Chine et dans les nations émergentes, où la réglementation laisse à désirer.

Charlotte : Peut-on s'attendre à voir progresser un autre système bancaire solidaire et éthique ?

La réponse est non. S'il y a, en effet, un développement d'un système bancaire parallèle, coopératif, mutualiste, écologique, il reste marginal par rapport à l'oligopole formé par les grandes banques de dépôts et d'affaires.

Dans tous les pays européens, une poignée d'enseignes bancaires se partagent le marché des particuliers et des entreprises. Cotées en Bourse, ces institutions doivent choyer leurs actionnaires bien plus que leurs clients.

La réglementation bancaire profite aux grandes banques, qui peuvent aisément répondre aux exigences des régulateurs en termes de capitaux. En revanche, le système associatif reste pénalisé par le manque de fonds et de savoir-faire.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/chat/2010/09/14/de-lehman-a-goldman-a-qui-profite-la-crise_1411135_3234.html#JrjhSmAIZ7YpqsYw.99

Le 3 juillet 2015 – Source Zeit zum Aufwachen

Annonce de Christophe Hoerstel : les opérations des élections grecques sont réalisées par une entreprise étasunienne ayant un lien très étroit avec Goldman Sachs. L’entreprise Singular Logic est très active dans le domaine des logiciels commerciaux et dans la gestion des marchés gouvernementaux, assujettis au secret du ministère de la Défense, et dans le cadre de l’Otan. Sur ordre du ministère de l’Intérieur, elle gère aussi aussi les élections.

 

http://portal.singularlogic.eu/en/page/2692/company

Chère patrie, soyez tranquille… Tout est dans le sac. Si Goldman Sachs est dans le bateau, alors, ne nous faisons plus de soucis pour les résultats du référendum.

La firme Singular Logic se trouve à Athènes. Selon son propre site internet (ci-contre), elle est qualifiée pour organiser des élections et procéder aux décomptes.

 

Elle fait partie du groupe d’investissement MARFIN Group (Voir la capture d’écran, surligné en jaune).

Le 18 décembre 2014, quand il devenait évident que Syriza pourrait prendre en charge le gouvernement, l’entreprise d’investissement étasunienne KKR achetait la maison mère de Singular Logic MIG.

La direction de KKR travaille entre-autres avec Goldman Sachs. A l’époque, Goldman Sachs – plus précisément, Mario Draghi – avait tellement bien optimisé (!) les bilans de la Grèce, déjà très déficitaire à l’époque, que ce pays économiquement faible a malgré tout pu faire son entrée dans l’Eurogroupe. Les liens entre KKR et Goldman Sachs sont mentionnés dans Wikipédia et bien documentés par ailleurs.

Documentation

http://www.handelsblatt.com/finanzen/maerkte/aktien/goldman-sachs-und-kkr-finanzinvestoren-machen-kasse-mit-kion-aktien/9300806.html

http://www.manager-magazin.de/unternehmen/industrie/europas-groesster-gabelstapler-konzern-kkr-und-goldman-steigen-aus-a-1026224.html

Henry R. Kravis est l’un des propriétaires et le deuxième « K » de KKR (Kohlberg, Kravis, Roberts & Co) et était l’hôte au rendez-vous des Bilderberger cette année.

En octobre 2010, KKR embauchait neuf boursiers et traders de Goldman Sachs

Traduit par Jefke, relu par jj pour le Saker Francophone

Freitag, 3. Juli 2015

Na, Prost: US-Firma (Goldman Sachs) führt die Auszählung des Griechenland-Referendums aus

 
(Redaktion) Meldung von Christoph Hoerstel:  Griechenlands Abstimmungen und Wahlen werden von einer US-Firma mit engster Goldman-Sachs-Verbindung durchgeführt: Die Firma Singular Logic ist in Business Software und Regierungsaufträgen bis hin zu geheimhaltungspflichtigen Aufträgen aus dem Verteidigungsministerium und im NATO-Rahmen bestens im Geschäft - und bearbeitet im Auftrag des Innenministeriums auch Wahlen.
 
Lieb Vaterland, magst ruhig sein ... dann ist ja alles geritzt. Wenn Goldman Sachs mit im Boot ist, dann braucht sich niemand mehr Gedanken darum zu machen, wie die Volksabstimmung wohl ausgehen wird. Nämlich so, wie sich Goldman Sachs das wünscht.

Die Firma "SIngularlogic" sitzt in Athen. Ausweislich eigener Internetseite ist sie auch befähigt, Wahlen zu organisieren und die Auszählung vorzunehmen.
Sie gehört zur MARFIN Investment Group (Screenshot, siehe gelbe Markierung weiter unten)
 
 
Am 18. Dezember 2014, als sich abzeichnete, daß Syriza die Regierung übernehmen könnte, kaufte die US-Investmentfirma KKR die Singular Logic-Mutterfirma MIG.

Die Führungsspitze von KKR arbeitet zusammen mit Goldman Sachs (und anderen). Goldman Sachs - genauer gesagt, Mario Draghi -  hat damals Griechenlands Bilanzen so  ... optimiert (!),  daß das damals schon arg defizitäre und wirtschaftsschwache Griechenland seinen Einzug in die Eurogruppe schaffte. Die Verbindungen zwischen KKR und Goldman Sachs sind sogar schon in Wikipedia aufgeführt und auch ansonsten gut dokumentiert:
http://www.manager-magazin.de/unternehmen/industrie/europas-groesster-gabelstapler-konzern-kkr-und-goldman-steigen-aus-a-1026224.html
Henry R. Kravis ist einer der Inhaber und das zweite "K" von KKR (Kohlberg, Kravis, Roberts & Co) und war Gast beim diesjährigen Bilderberger Treffen.
Im Oktober 2010 stellte KKR neun Börsenleute und Trader von Goldman Sachs ein (Screenshot)
 
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Quelle: QuerdenkenTV 
 

Kommentare:

Anonym hat gesagt…

Ja. Damit scheint die Sache geritzt.
Dass mindestens 70% nein stimmen werden, dürfte als Sicher angenommen werden.
Mein Bauch sagt mir dieser Tage, dass die Stimmfälscher keine Chance haben. Der Artikel zeigt mir, dass mein Bauchgefühl wohl trügt.

Sorry, ich schaff es nicht, mich mit WP einzuschlaufen, daher "anonym".
Mein Internetname ist thom ram und wir führen bumibahagia.com

Thorsten Durbahn hat gesagt…

Brutal,
es gibt eigentlich keinen einzigen Aspekt des normalen gesellschaftlichen Daseins mehr, welcher nicht durch Korruption der Agenda unserer lustigen Freunde folgt....

Lilo UBUNTU hat gesagt…

... dann lasst uns etwas dagegen tun.. G E M E I N S A M :

https://www.youtube.com/watch?v=EFPSuw-fT1k
 

 

VERS UN IMMENSE SCANDALE EN GRÈCE…

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Athènes, dimanche 5 juillet 2015, à 22h30.

On s’oriente vers un IMMENSE SCANDALE en Grèce, qui pourrait éclabousser les autorités européennes…

DE SOURCE OFFICIELLE, DES PLAINTES VONT SANS DOUTE ÊTRE DÉPOSÉES ET DES SANCTIONS ENVISAGÉES CONTRE DE NOMBREUSES STRUCTURES PRIVÉES QUI ONT POUSSÉ LA PROPAGANDE À SON PAROXYSME, EN ABUSANT DE LA CORRUPTION ET DU MENSONGE, ET EN VIOLANT LES LOIS ET RÈGLEMENTS EN VIGUEUR :

1 – C’est d’ores-et-déjà certain pour la plupart des chaînes de télévision qui n’ont pas du tout respecté l’égalité de temps d’antenne entre le NON et le OUI (rapport de 1 à 5, voire plus !). Les sanctions pourraient toucher jusqu’à la licence et le droit d’émettre temporairement.

2 – C’est probable pour Youtube qui a diffusé massivement de la publicité pour le OUI durant le jour de l’élection, avant les vidéos en Grèce.

3 – C’est possible pour le réseau de téléphonie mobile WIND qui a pratiqué ouvertement la corruption de vote en offrant des avantages à tous ses utilisateurs lui envoyant OUI par SMS.

4 – Un soutien sera apporté aux salariés violemment menacés par leurs employeurs et contraints d’aller aux rassemblements du OUI. Certains ont été licenciés et s’apprêtent à contre-attaquer.

5 – Le cas du chef d’état-major des armées sera examiné, car il a brisé son devoir de réserve et de neutralité en appelant publiquement à voter OUI.

6 – Une enquête est quasi-certaine pour les instituts de sondages qui ont presque tous énormément triché :

6a – annonçant une nette victoire du OUI en fin de semaine ;

6b – puis une possible victoire du OUI à l’annonce des premières estimations (pour freiner l’élan des rassemblements spontanés et affaiblir l’impact de l’information dans le monde) avec des fourchettes presque toutes entre 47% et 51% pour le OUI ;

6c – le résultat final, en réalité, semble proche de 60% ou encore supérieur, ce qui signifie un écart de 20%, voire plus. Il s’agit, par conséquent d’un immense manipulation organisée massivement durant la semaine et jusqu’à ce soir sur laquelle toute la lumière devra être faite.

Ce soir, le gouvernement donne la priorité à la fête de la victoire et au débat sur les perspectives.

Mais, dans les prochains jours, ce scandale éclatera très probablement en Grèce, et pourrait éclabousser les autorités européennes.

Les masquent tombent. Le vent se lève.

Salut fraternel à vous tou-te-s de la part de la foule athénienne !

Y.Y.


Compte facebook provisoire pour amplifier la contre-information :
https://www.facebook.com/yyoulountas
Nouveau point sur la souscription de soutien du prochain film « Je lutte donc je suis », actuellement en fin de tournage en Grèce et en Espagne, après de nombreuses péripéties ! Merci de votre soutien et de porter la parole de nos luttes. On y est presque :
http://jeluttedoncjesuis.net/spip.php?rubrique4
Le film sera mis en ligne gratuitement dès sa sortie.

Grece : un référendum sous la pression de l’asphyxie économique

Aujourd’hui, journée historique, mais l’histoire, habituellement écrite pas les vainqueurs, par qui est-elle écrite en cet instant-même? Car si tous les scénarios sont possibles, si aucune possibilité n’est à écarter, les faits nous montrent bien que tous les coups sont permis, même les plus bas, quand à la validité des votes, les possibilités de triche ne sont pas à écarter non plus…

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Le “oui” progresse dans les sondages avant le référendum de dimanche. Une évolution logique au regard de l’accélération de la dégradation économique cette semaine.

Le référendum du dimanche 5 juillet en Grèce sur les propositions des créanciers du 25 juin et leur proposition de soutenabilité de la dette va se tenir dans des conditions désastreuses sur le plan économique. Mais ce vote aura lieu dans une situation bien particulière. Le refus de l’Eurogroupe le 27 juin de prolonger le programme d’un mois, comme le demandait Athènes et la décision de la BCE dimanche 28 juin de ne pas relever le plafond des liquidités d’urgence disponibles pour le secteur financier grec, ont conduit à une asphyxie complète de l’économie. Lundi, le gouvernement grec a décidé de fermer les banques, de limiter les retraits à 60 euros quotidiens par carte et d’imposer un contrôle des capitaux. La Grèce est depuis dans un état d’asphyxie économique.

 

Un référendum hors standard ?

De nombreux observateurs se sont émus des conditions dans lesquelles ce référendum a été organisé. On a estimé que les huit jours de campagne ont été insuffisants et que les documents sur lesquels les Grecs devaient se prononcer n’étaient pas disponibles. Le Conseil de l’Europe a considéré que ce référendum ne remplissait pas les « standards européens » du vote. Le Conseil d’Etat grec doit se prononcer sur sa constitutionnalité ce vendredi. Mais derrière ces éléments juridiques, on oublie que les créanciers ont fait campagne en Grèce en faveur du « oui » à leurs propositions avec des moyens autrement plus puissants.

Un désastre économique

Le premier moyen est donc l’accès à l’aide à la liquidité d’urgence, le programme ELA de la BCE. Cette dernière n’entend pas provoquer un Grexit. Elle a donc maintenu l’accès à l’ELA sans le couper. Une attitude confirmée mercredi 1er juillet au soir. Mais ce gel est un moyen de pression formidable sur la population. L’asphyxie de l’économie grecque est chaque jour plus évidente. Les entreprises grecques ont été exclues du système électronique de transferts intra-zone euro Target 2. Ceci conduit à une impossibilité quasi-totale d’importer. Des pénuries de nourriture, d’essence et de médicaments ont été signalées, notamment dans les îles. Dans les banques, on commence à manquer de billets pour alimenter les automates. Retirer les 60 euros autorisés devient difficile. Selon le Daily Telegraph, il ne resterait que 500 millions d’euros de liquidités disponibles dans les banques grecques. L’économie grecque s’effondre. Selon Paul Mason, envoyé spécial de Channel 4 en Grèce, le chiffre d’affaires dans le commerce de détail non alimentaire a reculé de 30 % à 50 % en cinq jours.

Pour beaucoup d’électeurs, la question n’est donc pas de voter pour ou contre les propositions, mais pour ou contre le retour à la normale en apaisant la fureur des créanciers et de la BCE. Le « oui » ne peut donc que profiter de cette asphyxie économique organisée.

Des entreprises favorables au « oui »

Dans cette situation, beaucoup d’entreprises font plus ou moins ouvertement campagne pour le « oui » afin d’obtenir ce retour à la normale. Selon la chaîne publique ERT, certains chefs d’entreprises inciteraient ouvertement leurs employés à voter « oui », d’autres feraient dépendre le paiement des salaires ou le maintien des emplois d’un vote positif. Rien d’étonnant à cela : sans rétablissement rapide de la liquidité dans l’économie et de la capacité d’importer, ces entreprises pourraient rapidement disparaître. D’autant que la situation économique du pays était déjà dégradée. Dès lors, l’argument du « non » pour rejeter l’austérité devient naturellement fragile. Mieux vaut sans doute pour beaucoup une nouvelle cure d’austérité à un arrêt total de l’économie.

Des médias privés très engagés pour le « oui »

Le deuxième moyen de pression est plus classique. Les médias grecs privés se sont quasiment tous lancés dans une campagne pour le « oui. » Des statistiques récentes montraient que le temps accordé sur les chaînes privés aux manifestations du « non » le 29 juin était anecdotique : 8 minutes contre 47 minutes pour celle du « oui » le 30 juin. Ces médias sont prêts à toutes les manipulations.

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Le tabloïd Press Star a ainsi utilisé en une jeudi 2 juillet la photo d’un vieil homme portant quelques pains pour illustrer le malheur des retraités grecs. Une photo qui s’est révélé être celle d’un survivant du… tremblement de terre turc de 1999.

L’enjeu défini par les institutions

Un jeu sur la peur que les créanciers n’hésitent pas à utiliser, eux aussi. La BCE a ainsi ouvertement fait du référendum un vote pour ou contre l’euro. Outre son action sur l’ELA, les déclarations mardi 30 juin au matin de Benoît Cœuré, membre français du directoire de la BCE, a mis fin par une simple reconnaissance de la possibilité du Grexit à l’irréversibilité officielle de l’euro. Dès lors, les électeurs grecs, favorables, selon les derniers sondages, à 81 % au maintien dans la zone euro sont prévenus. Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a abondé dans ce sens, tandis que le président du parlement européen Martin Schulz a promis un nouveau départ pour la Grèce « une fois l’ère Syriza terminée. » Autrement dit, les électeurs sont prévenus : un « non » signifierait le maintien de l’asphyxie économique, la sortie de l’euro et la mise au ban de l’Europe. Le refus des créanciers de poursuivre les négociations comme Alexis Tsipras l’avait proposé a encore augmenté la pression sur les électeurs en leur laissant entendre qu’il ne pourrait pas y avoir de nouvelles négociations en cas de « non. »

Le « non » en position de faiblesse

En face, le camp du « non » a bien peu d’arguments à faire valoir : Alexis Tsipras lundi 29 juin et Yanis Varoufakis jeudi 2 juillet ont mis leur mandat dans la balance. On tente aussi de glorifier le « non » en rappelant le fameux « non » du général Metaxas à l’ambassadeur d’Italie le 28 octobre 1940 qui est devenu une fête nationale en Grèce. Un moyen d’en appeler à la dignité du peuple grec face aux pressions. Mais c’est en réalité bien peu au regard de la situation et l’argument d’une position plus forte pour négocier en cas de « non » perd de la crédibilité face aux conditions matérielles. Même dans le camp gouvernemental, l’unité est mise à mal. Quatre députés des Grecs indépendants ont ainsi choisi de voter « oui » et, selon la presse grecque, la droite de Syriza commence à douter. Le choix des Grecs semble être désormais celui-ci : conserver l’actuel gouvernement élu pour rejeter le système traditionnel de partis clientélistes et se diriger vers le chaos économique ou rétablir la normalité économique en sacrifiant Alexis Tsipras. Nul ne peut blâmer des Grecs déjà lassés par cinq ans de souffrances de faire le second choix. Mais il convient de ne pas oublier que ce choix se fait avec un pistolet sur la tempe dont on entend déjà le cliquetis.

Le oui a le vent en poupe

Et de fait, la stratégie des créanciers fonctionne. Le « oui » a clairement le vent en poupe et progresse. Un sondage réalisé par Alco et publié ce vendredi donne le « oui » gagnat d’une courte tête avec 44,8 % des intentions de vote contre 43,4 % pour le « non » et 11,8 % d’indécis. Un autre, réalisé par l’Université de Macédoine, donne encore le « non » en tête à 43 % contre 42,5 % pour le « oui » et 14,5 % d’indécis. L’écart est donc minime, mais la dégradation économique est si forte que le besoin de retour à la normale va sans doute peser très lourd dimanche. Reste une matière à réflexion pour l’Europe. Comment est-il possible d’appliquer de tels moyens de pression sur un vote dans un pays de l’Union européenne ? Comment justifier que tous les moyens soient bons pour arracher un vote “acceptable” alors que la solution, une renégociation de la dette, est à portée de main ? L’Europe risque de rester durablement marquée par ce précédent.

Source : Romaric Godin, pour La Tribune, le 3 juillet 2015.

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Grèce : les scénarios de l’après-référendum

Les partisans du “oui” et du “non” ont manifesté vendredi soir à Athènes. Mais que risque-t-il de se passer lundi une fois le résultat connu ? Tentative de réponses.

Une place Syntagma, au centre d’Athènes, noire de monde. Une foule qui s’étend dans les avenues et les rues environnantes et qui a été estimée à 25.000 personnes par l’AFP, mais à plus de 50.000 par Reuters. Vendredi 3 juillet au soir, la manifestation pour le « non » au référendum organisé ce dimanche en Grèce sur les propositions des créanciers du 25 juin dernier a fait le plein. Alexis Tsipras, le premier ministre hellénique, a prononcé un discours (que l’on peut lire ici traduit en français) pour donner confiance au partisans du « non. » « Nous célébrons aujourd’hui la victoire de la démocratie. Nous sommes déjà victorieux, quelle que soit l’issue du scrutin de dimanche, car la Grèce a envoyé un message de dignité, un message de fierté », a-t-il déclaré. Il a également présenté l’enjeu du scrutin de dimanche : «  nous ne laisserons pas l’Europe entre les mains de ceux qui souhaitent soustraire l’Europe à sa tradition démocratique, à ses conquêtes démocratiques, à ses principes fondateurs, aux principes de démocratie, de solidarité et de respect mutuel. »

A moins d’un kilomètre de là, dans le stade des Panathénées, les partisans du « oui » s’étaient aussi réunis. Ils étaient, selon l’AFP 22.000. La vedette de ce rassemblement a été le présentateur de télévision franco-grec Nikos Aliagas, arrivé de Paris, qui a déclaré que « le oui donnera un meilleur avenir à nos enfants. » Les partisans du « oui », qui se présentent volontiers comme des partisans de l’Europe et de l’euro, étaient certes moins nombreux vendredi soir mais ils ont actuellement le vent en poupe dans les sondages, aidé par la dégradation rapide de la situation économique et le ralliement quasiment complet des médias privés grecs. Dans les derniers sondages, le oui et le non sont donnés au coude-à-coude.

Les scénarios : la réunion cruciale de la BCE lundi

Quels sont les scénarios possibles après ce référendum ? Dès lundi 6 juillet, le Conseil des Gouverneurs de la BCE se réunira pour examiner l’accès du système bancaire grec au programme d’aide à la liquidité d’urgence (ELA). C’est une réunion très importante. Les banques grecques ont reconnu n’avoir de la liquidité que jusqu’à lundi midi. Si le « oui » l’emporte, la BCE devrait considérer qu’un accord est possible entre la Grèce et ses créanciers puisque le peuple grec a validé le plan des créanciers. Elle devrait alors relever le plafond de l’ELA disponible pour les banques grecques et permettre ainsi rapidement la réouverture des banques fermées depuis lundi. En cas de « non », la BCE pourrait considérer qu’aucun accord n’est en vue. Elle pourrait alors estimer que les garanties déposées par les banques grecques pour son accès à l’ELA ont une valeur moindre. Sans relever le plafond, elle pourrait réduire la valeur de ces garanties et donc en demander davantage. Dans ce cas, les banques grecques ne seraient plus en mesure de fournir des liquidités à l’économie grecque. Elles resteraient fermées et l’accès à l’argent liquide et aux comptes bancaires deviendraient pratiquement impossible.

Article en intégralité sur Les-crises.fr

Référendum grec

Référendum grec: et ensuite?

© AFP 2015. Joel Saget
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La crise financière en Grèce (203)
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Le bras de fer entre Athènes et ses créanciers autour de la dette grecque a rempli le champ médiatique. Rien d’étonnant: ce qui est en jeu n’est pas uniquement l’appartenance de la Grèce à la zone euro, mais l’avenir de cette dernière dans son ensemble.
 

Dimanche, un référendum d'ores et déjà qualifié d'historique s'est tenu dans le pays. 61% des électeurs ont dit "non" à l'ultimatum de la Troïka (UE, FMI, BCE) sur la poursuite du financement en échange de réformes. L'avenir est désormais flou, et l'on ignore quelles seront les conséquences de cet événement pour Athènes, l'UE et le monde entier.

Nouvelle donne

L'UE a réagi sans excès au référendum, se déclarant hostile à sa tenue avant le scrutin, et confirmant sa position par la suite. En Grèce, environ 150 personnes ont tenu à contester les résultats du vote. Elles ont jeté des cocktails Molotov sur la police et brûlé des poubelles, mais aucun autre dérapage n'a été constaté dans le pays.

 

Le référendum n'est pas juridiquement contraignant. Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem insiste pour que la Grèce mène malgré tout les réformes nécessaires, quel que soit le résultat du scrutin.

 

Comme l'a souligné de son côté le ministre autrichien des Finances Hans Jörg Schelling, l'issue du référendum ne change pas la donne dans le pays. "Ces résultats doivent bien sûr être pris en compte. Du point de vue des projets conjoints européens, ce vote est une déception, cela ne fournira à la Grèce aucune avancée dans la situation actuelle", a-t-il indiqué dans un communiqué.

L'événement retentissant survenu au lendemain du référendum est la démission du ministre des Finances Yanis Varoufakis, qui s'était imposé comme un négociateur efficace ces dernières semaines. Selon les médias, la cause de son départ serait son conflit avec M. Dijsselbloem et la pression des créanciers, hostiles à son encontre. M. Varoufakis a indiqué que son départ visait à aider le premier ministre Alexis Tsipras à obtenir un accord optimal avec les créanciers suite au référendum, et que ses homologues de l'UE n'étaient pas favorables à sa présence lors des négociations.

 

L'issue du scrutin de dimanche a toutefois eu une grande résonnance, et porté un coup sérieux au prestige de la zone euro. Selon la Commission européenne, le vote approfondira le fossé séparant la Grèce et les autres pays de la zone. Tel est l'avis du vice-président de la Commission européenne chargé de l'Euro et du Dialogue social Valdis Dombrovskis. Selon lui, l'événement risque de stimuler la montée en puissance des mouvements eurosceptiques à travers le Vieux Continent.

 

Toutefois, certains analystes estiment que la victoire du «non» est une bonne nouvelle, aussi bien pour l'UE que pour la Grèce, qui ouvre une nouvelle page dans l'histoire du continent.

 

"La victoire écrasante du "non" est une excellente nouvelle pour la Grèce. Dans l'immédiat cela donne bien sûr un plus grand poids à Tsipras pour négocier (même si ce sera difficile) alors même que la plupart des médias européens se sont déchaînés contre lui et l'idée même du référendum, en annonçant avec des "sondages" que le oui allait l'emporter. C'est un désaveu cinglant des technocrates européens coupés du réel et ne disposant que d'une très faible légitimité démocratique et politique", a déclaré à Sputnik Jean-Numa Ducange, historien et maitre des conférences à l'Université de Rouen.

 

"C'est également une bonne nouvelle pour les autres peuples de l'Union européenne. Elle montre que l'on ne peut pas indéfiniment flouer les revendications populaires, à plus forte raison lorsqu'elles sont portées par un gouvernement élu qui fait preuve d'une grande audace et redonne la dignité à un peuple méprisé et humilié par les créanciers. On ne peut souhaiter qu'un effet domino pour les prochaines élections espagnoles et, pourquoi pas, françaises. C'est peut-être le début d'une nouvelle période historique pour une autre Europe", estime-t-il.

Risque d'effet domino

La principale crainte de l'UE à l'heure actuelle est que la tentation du référendum ne contamine les autres "maillons faibles" de la zone euro. Des consultations populaires sont envisagées en Espagne, au Portugal, en Italie et en Bulgarie. De nombreux analystes y voient une menace pour l'unité de l'UE, ce qui est impensable pour les Etats-Unis et ceux qui cherchent à mettre en œuvre le projet de Partenariat transatlantique. Coïncidence? Le New York Times qualifie ouvertement les gouvernements ayant des positions proches des autorités grecques d'«extrémistes».

 

L'issue du référendum a d'ailleurs inspiré certaines formations eurosceptiques en Europe. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a chaleureusement salué un "«non» de liberté, de rébellion face aux diktats européens qui veulent imposer la monnaie unique à tout prix".

 

Après avoir soutenu le camp du "non", le FN, principal parti français à réclamer la dissolution de la zone euro, espère désormais récupérer les dividendes du vote grec. Selon Mme Le Pen, les pays européens doivent désormais "se mettre autour d'une table, constater l'échec radical de l'euro et de l'austérité, et organiser la dissolution concertée de la monnaie unique, condition indispensable au retour réel de la croissance, de l'emploi et au désendettement".

Retour à la drachme?

De l'avis de certains experts, le risque est désormais que les Grecs prennent le large et décident de revenir à leur propre monnaie, la drachme.

Une telle démarche coûterait cher, car les réserves de change et de métaux précieux de la Grèce sont presque vides (les réserves d'or atteindraient 2 à 3 milliards d'euros).

Rapidement, les importations tariraient, des matières premières aux médicaments en passant par l'alimentation, les exportateurs pouvant refuser d'accepter la nouvelle devise grecque.

Afin d'éviter l'effondrement économique, le FMI et les pays de la zone euro devront débloquer 25 milliards d'euros afin que le pays puisse revenir à sa propre monnaie. Le fait est que la Grèce n'est pas en mesure de couvrir ses dépenses à l'aide des exportations, qui n'atteignent que 13% du PIB.

"Le risque est quasiment de 100%. Il est presque impossible de trouver une issue cohérente avec le maintien de la Grèce dans la zone euro. Les liquidités sont presque épuisées dans le pays. Pour payer les salaires, le gouvernement grec devra proposer ses propres obligations à la population, et ses dernières deviendront au final une nouvelle drachme. Dès qu'une nouvelle devise commencera à circuler en Grèce, vous pourrez considérer que le pays aura quitté la zone euro", a fait savoir à Sputnik Patrick Young, expert des marchés financiers.

Est-il possible d'éviter le Grexit?

Selon certains experts, il est possible que les créanciers acceptent d'effacer la moitié des 200 milliards d'euros qui ont été accordés à la Grèce sous forme de prêts depuis 2009. Cela donnerait l'opportunité de maintenir le pays dans la zone euro.

 

Pourtant, les autorités du Portugal et de l'Irlande risquent de ne pas apprécier cette démarche, les deux pays n'ayant pas eu droit à de telles concessions de la part de l'UE par le passé. En plus, une bonne partie des électeurs allemands ne comprendront pas pourquoi Mme Merkel essaie d'étouffer la flamme de la crise financière grecque en y jetant de nouveaux billets.

 

Cependant, la chancelière allemande pourrait consoler son amour-propre à l'idée que l'adhésion à la zone euro est définitive. Elle évitera également à la Banque centrale européenne des pertes financières d'un montant de 140 milliards d'euros investis dans l'économie de la Grèce.

Et si la solution se trouvait du côté des BRICS?

Une éventuelle adhésion au groupe BRICS pourrait constituer une bonne porte de sortie de la crise actuelle pour Athènes, estime Stephen Lendman, observateur du Centre de recherche sur la mondialisation Global Research.

 

Selon lui, en cas d'adhésion, la Grèce pourrait compter sur l'aide de la banque de développement qui sera prochainement créée dans l'objectif de devenir une des institutions phares dans le domaine de finances, et contrer la domination de l'Occident sur les marchés financiers.

 

Pour le moment, Alexis Tsipras, qui a pris l'initiative de contacter Vladimir Poutine le 6 juillet dans l'objectif d'évoquer les résultats du référendum et la coopération greco-russe, n'a pas demandé d'aide financière à la Russie.

Il est à noter que la question de la crise grecque ne figure pas à l'agenda des sommets des BRICS et de l'Organisation de coopération de Shanghai (OSC) qui se tiendront à Oufa (Russie) courant juin.

 

Les BRICS, pour leur part, n'ont pas officiellement proposé de prêts. Pourtant, le groupe des émergents laisse entendre qu'il est capable d'accorder une aide suffisante pour que la Grèce puisse ensuite sortir de la crise par ses propres moyens.

 

Certains experts considèrent que la cession d'une partie des actifs publics aux hommes d'affaires russes et chinois pourrait être une porte de sortie pour la Grèce. Ainsi, la Russie serait intéressée par l'achat d'actions dans des ports, aéroports, chemins de fer et compagnies énergétiques.

Avenir de la Grèce et de la zone euro

Actuellement, l'avenir de la Grèce et de la zone euro semble vague, le problème majeur étant la dette publique grecque et les engagements du gouvernement auprès des créanciers occidentaux. La crise a également mis à nu les failles du mécanisme de prise de décision et de gestion au sein de l'UE.

"Le bilan du référendum a des conséquences à deux niveaux. Premièrement, il contribue à renforcer la cote de popularité de M.Tsipras qui se prononçait contre la politique de rigueur (…). Deuxièmement, il rappelle la nécessité d'élaborer une politique efficace au sein de la zone euro", a estimé Protesilaos Stavrou, économiste et analyste politique.

"Ce sont des moments historiques, rien n'est figé et la situation change à tout moment", a-t-il ajouté.

 

Dossier:
La crise financière en Grèce (203)
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Derrière la dette grecque

Le débat actuel sur la dette grecque a donné lieu à toutes sortes de menaces, d’abord contre le gouvernement Tsípras, puis contre les électeurs grecs. S’abstenant d’entrer dans une discussion sur la partie odieuse de cette dette, Thierry Meyssan observe la campagne internationale contre la sortie de la Grèce de la zone euro. Il met en lumière le projet historique de l’Union et de l’euro, tel que formulé en 1946 par Churchill et Truman, pour conclure que la Grèce est aujourd’hui piégée par l’environnement géopolitique international et non pas par sa situation économique.

 | DAMAS (SYRIE)  
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Joseph Retinger, ex-fasciste polonais devenu agent britannique. Dans le cadre de ses fonctions au MI6, il fonda l’European League for Economic Cooperation dont il devint le secrétaire général. À ce titre, il est le père de l’euro. Par la suite, il anima le Mouvement européen et créa le Club de Bilderberg.

Le référendum grec a donné lieu à de vifs débats dans l’Union européenne qui illustrent l’ignorance générale sur les règles du jeu. Les participants se sont déchirés pour savoir si les Grecs étaient ou non responsables de leur dette tout en veillant à ne jamais accuser leurs créanciers d’usure. Mais ils l’ont fait en ignorant l’histoire de l’euro et les motifs de sa création.

L’euro : un projet anglo-saxon de la Guerre froide

Depuis le Traité de Rome, il y a soixante-quatre ans, les instances administratives successives du « projet européen » (CECA, CEE, UE) ont dépensé des sommes colossales et sans équivalent pour financer leur propagande dans les médias. Quotidiennement des centaines d’articles, d’émissions de radio et de télévision, sont payées par Bruxelles pour nous raconter une version mensongère de son histoire et nous faire croire que le « projet européen » actuel est celui des Européens de l’entre-deux-guerres.

Les archives sont pourtant désormais accessibles à tous. Elles montrent qu’en 1946, Winston Churchill et Harry Truman décidèrent de diviser le continent européen en deux : d’un côté, leurs vassaux, de l’autre l’URSS et les siens. Pour s’assurer qu’aucun État ne s’affranchirait de leur suzeraineté, ils décidèrent de manipuler les idéaux de leur époque.

Ce que l’on appelait alors le « projet européen » ne consistait pas à défendre de prétendues valeurs communes, mais à fusionner l’exploitation des matières premières et des industries de Défense de la France et de l’Allemagne de manière à être certain que ces pays ne pourraient plus se faire la guerre (théorie de Louis Loucheur et du comte Richard de Coudenhove-Kalergi [1]). Il ne s’agissait pas de nier de profondes différences idéologiques, mais de s’assurer qu’elles ne se confronteraient plus par la force.

Le MI6 britannique et la CIA états-unienne ont alors été chargés d’organiser le premier « Congrès de l’Europe », à La Haye en mai 1948, auquel participèrent 750 personnalités (dont François Mitterrand) de 16 pays. Il s’agissait, ni plus, ni moins, que de ressusciter le « projet d’Europe fédérale » (rédigé par Walter Hallstein —le futur président de la Commission européenne— pour le chancelier Adolf Hitler) en se basant sur la rhétorique de Coudenhove-Kalergi.

Plusieurs idées fausses doivent être corrigées à propos de ce Congrès. 
- En premier lieu, il convient de le replacer dans son contexte. Les États-Unis et le Royaume-Uni venaient de déclarer la Guerre froide à l’URSS. Celle-ci répliqua en soutenant les communistes tchèques qui parvinrent légalement à s’emparer du pouvoir lors du « Coup de Prague » (« Février victorieux », selon l’historiographie soviétique). Washington et Londres organisèrent alors le Traité de Bruxelles qui préfigure la création de l’Otan. Tous les participants au Congrès de l’Europe étaient pro-Anglo-Saxons et anti-Soviétiques. 
- Deuxièmement, lorsque Winston Churchill prononça son discours, il employa le terme « Européen » pour désigner les habitants du continent européen (pas ceux du Royaume-Uni qui, selon lui, ne sont pas des Européens) qui se disaient anti-communistes. Il n’était pas question, à l’époque pour Churchill, que Londres adhère à l’Union européenne, mais uniquement qu’il la supervise. 
- Troisièmement, deux tendances se firent jour au sein du Congrès : les « unionistes » pour qui il s’agissait uniquement de mettre en commun des moyens pour résister à l’expansion du communisme, et les « fédéralistes » qui souhaitaient réaliser le projet nazi d’État fédéral placé sous l’autorité d’une administration non-élue.

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Walter Hallstein, haut fonctionnaire allemand, rédigea le projet hitlérien d’Europe fédérale. Il s’agissait de détruire les États européens et de fédérer les populations par ethnies autour du Reich aryen. L’ensemble aurait été soumis à la dictature d’une bureaucratie non-élue, contrôlée par Berlin. À la Libération, il mit en œuvre son projet avec l’aide des Anglo-Saxons et devint, en 1958, le premier président de la Commission européenne.

Le Congrès précisa tout ce qui a été réalisé depuis sous les noms successifs de CECA, CEE et UE.

Le Congrès adopta le principe d’une monnaie commune. Mais le MI6 et la CIA avaient déjà fondé l’Independent League for European Cooperation (ILEC) [2]—devenue European League for Economic Cooperation (ELEC)—. Son objectif était, une fois les institutions de l’Union créées, de passer de la monnaie commune (la future European Currency Unit – ECU) à une monnaie unique (l’euro), de sorte que les pays adhérents à l’Union ne puissent plus la quitter [3].

C’est ce projet que François Mitterrand réalisa, en 1992. Au regard de l’Histoire et de la participation de François Mitterrand au Congrès de La Haye, en 1948, il est absurde de prétendre aujourd’hui que l’euro ait eu un autre but. C’est pourquoi, en toute logique, les Traités actuels ne prévoient pas la sortie de l’euro, contraignant la Grèce, si elle le souhaite, à sortir d’abord de l’Union pour pouvoir sortir de l’euro.

Le glissement du « projet européen » dans le système états-unien

L’Union a connu deux tournants principaux : 
- À la fin des 60, le Royaume-Uni refusa de participer à la guerre du Vietnam et retira ses troupes du Golfe persique et d’Asie. Les Britanniques cessèrent alors de se penser en 51ème État des États-Unis et d’invoquer leur « special relationship » avec Washington. Ils décidèrent donc d’adhérer à l’Union (1973). 
- À la dissolution de l’URSS, les États-Unis restèrent seuls maîtres du jeu, le Royaume-Uni les assista, et les autres États leur obéirent. Par conséquent, l’Union n’a jamais délibéré de son élargissement à l’Est, mais uniquement validé une décision prise par Washington et annoncée par son secrétaire d’État James Baker. De même, elle a adopté aussi bien la stratégie militaire des États-Unis [4] que leur modèle économique et social caractérisé par de très fortes inégalités.

Le référendum grec a fait apparaître une ligne de partage entre d’un côté des élites européennes qui trouvent la vie de plus en plus facile et soutiennent sans réserve le « projet européen » et, d’autre part, des classes laborieuses qui souffrent de ce système et le rejettent ; un phénomène qui s’était déjà exprimé, mais uniquement à l’échelle nationale, lors de la ratification du Traité de Maastricht et du projet de Constitution européenne par le Danemark et la France.

Dans un premier temps, les dirigeants européens ont mis en cause la validité démocratique du référendum. Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjørn Jagland (l’homme qui a été viré du jury Nobel pour corruption [5]) a déclaré 
- que la durée de la campagne était trop courte (10 jours au lieu de 14) ; 
- qu’il ne pourrait pas être surveillé par des organisations internationales (trop longues à s’organiser), 
- et que la question posée n’était ni claire ni compréhensible (alors que la proposition de l’Union publiée au Journal officiel est bien plus courte et simple que les Traités européens qui furent soumis à référendum). 
Cependant, la polémique a fait long feu après que le Conseil d’État grec, saisi par des particuliers de ces trois points, a validé la légalité de cette consultation.

La presse dominante a alors affirmé qu’en votant « non », l’économie grecque sauterait dans l’inconnu.

Pourtant, le fait d’appartenir à la zone euro n’est pas une garantie de performance économique. Si l’on se réfère à la liste du FMI du Produit intérieur brut (PIB) en Parité de pouvoir d’achat (PPA), un seul État membre de l’Union se trouve parmi les 10 premiers dans le monde : le paradis fiscal du Luxembourg. La France ne figure qu’en 25ème position sur 193.

La croissance de l’Union européenne était de 1,2 % en 2014, ce qui la classe au 173e rang mondial, c’est à dire un des plus mauvais résultats dans le monde (la moyenne mondiale est de 2,2 %).

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Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne, est l’ancien vice-président Europe de la banque Goldman-Sachs. Il a masqué au Parlement européen son rôle dans les malversation opérées par la banque pour le compte du gouvernement grec, pourtant attesté par des documents de la banque.

Force est de constater qu’appartenir à l’Union et utiliser l’euro ne sont pas des garanties de succès. Mais si les élites européennes soutiennent ce « projet », c’est qu’il leur est profitable. En effet, en créant un marché unique, puis une monnaie unique, les Unionistes ont brouillé les cartes. Désormais, les différences ne sont plus entre les États membres, mais entre des classes sociales qui se sont uniformisées à l’échelle européenne. C’est pourquoi les plus riches défendent l’Union, tandis que les plus pauvres aspirent au retour des États membres.

Les contresens à propos de l’Union et de l’euro

Voici des années que le débat est faussé par le vocabulaire officiel : les Européens ne seraient pas les porteurs de la culture européenne, mais uniquement les membres de l’Union. Depuis la Guerre froide, on affirme ainsi que les Russes ne seraient pas Européens, et désormais qu’en sortant de l’Union, la Grèce quitterait la culture européenne dont elle est le berceau.

Or, « les chiens ne font pas des chats ». L’Union a été conçue par les Anglo-Saxons, avec d’anciens nazis, contre l’URSS. Elle soutient aujourd’hui le gouvernement ukrainien, nazis inclus, et a déclaré la guerre économique à la Russie en la parant du nom de « sanctions ».

Comme son nom ne l’indique pas, l’Union n’a pas été créée pour unir le continent européen, mais pour le diviser, en écartant définitivement la Russie. C’est ce que Charles De Gaulle avait dénoncé en plaidant, lui, pour une Europe « de Brest à Vladivostock ».

Les unionistes assurent que le « projet européen » a permis la paix en Europe depuis 65 ans. Mais parlent-ils de l’appartenance à l’Union ou de leur vassalité aux États-Unis ? En réalité, c’est celle-ci qui a garanti la paix entre les États ouest-européens, tout en maintenant leur rivalité hors de la zone Otan. Doit-on rappeler, par exemple, que les membres de l’Union européenne ont soutenu des camps différents en ex-Yougoslavie avant de s’unifier derrière l’Otan ? Et doit-on considérer que s’ils redevenaient souverains, les membres de l’Union recommenceraient nécessairement à se quereller ?

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Jean-Claude Juncker, s’est indigné du référendum grec qu’il a qualifié de « trahison ». M. Juncker a été contraint à la démission de ses fonctions de Premier ministre du Luxembourg, après que l’ont eut établi son appartenance au réseau d’espionnage Gladio de l’Alliance atlantique. Un an plus tard, il devenait président de la Commission européenne.

Pour revenir au cas grec, les experts ont largement démontré que cette dette est imputable à des problèmes nationaux non-résolus depuis la fin de l’Empire ottoman tout autant qu’à une escroquerie de grandes banques privées et de dirigeants politiques. Au demeurant, cette dette est insolvable comme le sont également les dettes des principaux États développés [6]. Quoi qu’il en soit, Athènes pourrait facilement s’en sortir en refusant de payer la partie odieuse de sa dette [7], en quittant l’Union, et en faisant alliance avec la Russie qui est pour elle un partenaire historique et culturel bien plus sérieux que la bureaucratie bruxelloise. La volonté de Moscou et de Beijing d’investir en Grèce et d’y créer de nouvelles institutions internationales est un secret de polichinelle. Cependant, la situation de la Grèce est d’autant plus complexe qu’elle est également membre de l’Otan et que l’Alliance y avait organisé un coup d’État militaire, en 1967, pour l’empêcher de se rapprocher de l’URSS [8].

[1] « Histoire secrète de l’Union européenne », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 28 juin 2004.

[2] La section française prend le nom de Ligue européenne de coopération économique (LECE). Elle est présidée par Edmond Giscard d’Estaing, père du futur président de la République et créateur de l’ECU.

[3MI6 : Inside the Covert World of Her Majesty’s Secret Intelligence Service, Stephen Dorril, The Free Press, 2000.

[4] « Stratégie européenne de sécurité », Réseau Voltaire, 12 décembre 2003.

[5] « Thorbjørn Jagland destitué de ses fonctions de président du Nobel de la Paix », Réseau Voltaire, 5 mars 2015.

[6] « Selon la BRI, la dette des États développés est insolvable », Réseau Voltaire, 13 avril 2010.

[7] Cf. la théorie économique d’Alexander Sack.

[8] « La guerre secrète en Grèce », par Daniele Ganser ; « Grèce, le facteur Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto(Italie), Réseau Voltaire, 24 août 2013 et 7 avril 2015.