Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

WWIII: Les Bouddhistes massacrent les Musulmans

Publié le par José Pedro

Birmanie : le Dalaï-Lama condamne la nouvelle agression des moines bouddhistes contre la minorité musulmane

Alors que l’on dresse vainement l’oreille pour tenter de percevoir l’indignation du prix Nobel de la paix,Aung San Suu Kyi, la dissidente Birmane adulée dans le monde entier mais toujours aussi mutique concernant l’effroyable extermination des musulmans de l’Etat d’Arakane, c’est à nouveau le coup de semonce du Dalaï-Lama qui transperce la chape de plomb du silence, après avoir résonné aux Etats-Unis en mai 2013.

 

Epouvanté par un massacre sans trêve et sans limites, perpétré par des moines bouddhistes fanatiques, sous le regard complice de la junte militaire au pouvoir, tous étant coupables d’avoir soufflé sur les braises d’un conflit interreligieux pour martyriser la minorité musulmane de Birmanie, notamment les Rohingyas, ces damnés de la terre apatrides qui comptent parmi les plus persécutés au monde, le plus haut chef spirituel tibétain a condamné avec force le récent assaut meurtrier d’une trentaine de bouddhistes mués en un commando d’assassins.

Théâtre d’une nouvelle flambée de violences, Mandalay, la deuxième ville du pays, a vu brutalement surgir, la semaine dernière, dans un quartier à majorité musulmane, une horde de moines bouddhistes, enivrés de haine et brandissant de grands couteaux aiguisés, qui ont tout saccagé sur leur passage, magasins comme domiciles, et fait de nombreux blessés musulmans. Des musulmans en plein Ramadan qui ont subi, impuissants et terrifiés, cette attaque surprise qui a tourné au bain de sang en piétinant sauvagement les illusoires promesses gouvernementales d’apaisement des tensions. Un doux euphémisme, très politiquement correct, masquant une réalité qui fait froid dans le dos…

"J'exhorte les bouddhistes, en Birmanie et au Sri Lanka, à penser à Bouddha et à contempler son visage avant qu'ils ne commettent un crime", a déclaré avec fermeté le Dalaï Lama, dimanche 6 juillet, à la périphérie de Leh, dans les hauteurs de l'Himalaya, comme l’a rapporté l’AFP. "Bouddha prêche l'amour et la compassion. Si Bouddha était là, il protégerait les musulmans des moines bouddhistes qui les agressent", a-t-il renchéri sur le même ton.

Au Sri Lanka, le sort des musulmans n’est guère plus enviable, victimes eux aussi d’une campagne de dénigrement tournant à la diabolisation systématique et rageuse, sous les coups de boutoirs d’un groupe radical bouddhiste : le "Bodu Bala Sena" ou la Force bouddhiste. Menacée par un boycott organisé de ses commerces, la minorité musulmane n’a eu d’autre alternative que d’abandonner le label halal, mais ce renoncement n'a pas enrayé la spirale de la violence des moines Bouddhistes, lesquels ont, entre autres, appelé à la démolition d’une mosquée datant du 10ème siècle dans la région de Kuragala, avant de tuer de leurs propres mains trois Sri-lankais musulmans début juin.

La voix de la sagesse du Dalaï Lama, aux inflexions aujourd’hui inquiètes et indignées, touchera-t-elle des bourreaux bouddhistes qui ont du sang sur les mains, drapés dans des toges souillées par la barbarie à visage humain ?

Rien n’est moins sûr, d’autant plus que les appels réitérés à la raison, à la paix, et à l’amour de son prochain, lancés aux siens par cette illustre figure du Bouddhisme, prix Nobel de la paix en 1989, ainsi que son vibrant plaidoyer en faveur de l’islam, qualifié de grande religion de compassion, hélas totalement incomprise, à l’image du terme galvaudé « Jihad », se sont perdus devant l’immensité de l’horreur d’un génocide contemporain.

 

Massacre des Rohingyas: qui sont les bouddhistes extrémistes qui pourraient transformer la Birmanie un nouveau Rwanda

Publication: Mis à jour: 
BOUDDHISTES EXTRMISTES

L'ancien premier ministre, devenu chef de l'Etat en 2011 après la dissolution de la Junte, était reçu en France pour la première fois. Il a amorcé dans son pays un processus de transition vers la démocratie, s'engageant notamment à faire libérer tous les "prisonniers d'opinion". Une volonté dont l'exemple le plus probant est la libération en 2010, puis l'élection au Parlement en 2012, de l'opposante Aung San Suu Kyi. Des changements qui ont permis la levée de presque toutes les sanctions imposées par les pays occidentaux.

rohingyas bouddhistesFrançois Hollande et Thein Sein à l’Élysée le 17 juillet 2013

Lire aussi : BLOG - Le bouddhisme incite-t-il aussi à la non-violence ?

"L'idée est d'inviter la Birmanie à poursuivre la transition et à la consolider", résume-t-on à l'Elysée alors que plusieurs associations de défense des droits de l'homme ont appelé François Hollande à "ne pas passer sous silence la situation des droits humains" en Birmanie. "Le retour du comité international de la Croix-Rouge dans les prisons birmanes constitue un signe positif" mais la France est "préoccupée par la persistance des violences contre la minorité musulmane des Rohingyas dans la région Kashin", a précisé l'entourage du chef de l'État.

Outre les combats qui opposent depuis plusieurs années l’armée birmane aux rebelles de la minorité kachin dans le nord du pays, un autre front inquiète la communauté internationale, celui ouvert par des bouddhistes extrémistes de l'ethnie rakhine. Avec la dissolution de la junte, les tensions religieuses étouffées pendant des décennies sont ressorties au grand jour, révélant une islamophobie latente.

rohingyas bouddhistes
La une du Time en juillet 2013

 
 

Pour comprendre ce qui se joue en Birmanie, il faut rappeller que plus de 130 sous-groupes issus d'une dizaine d'ethnies se côtoient dans le pays d'Asie du Sud-Est. Les 55 millions de Birmans sont très majoritairement bouddhistes et seulement 4% d'entre eux seraient musulmans. Un chiffre officiel toutefois largement sous-estimé.

Prônant sans détours une véritable apartheid entre bouddhistes et musulmans, le moine Ashin Wirathu, 46 ans, est la figure emblématique du mouvement islamophobe qui agite le pays depuis plusieurs mois. Leader "moral" du mouvement 969 (une combinaison numérologique des principaux enseignements bouddhiques),note le JDD), il mène la persécution engagée contre les Rohingyas, une ethnie d'environ 800.000 âmes installée dans l'Etat de l'Arakan (aussi appelé Rakhine), à l'ouest du pays.

Les Rohingyas, "les Roms de l'Extrême-Orient"

"Physiquement semblables aux Bangladais, s'exprimant dans un langage proche du bengali parlé dans le sud du Bangladesh, les Rohingyas auraient des origines diverses, indique le correspondant du Monde, sans doute descendants des Arabes, Mongols, Turcs, Maures ou autres Perses débarqués en Asie du Sud-Est.

Ils sont surtout regroupés dans des zones près de la frontière du Bangladesh. Beaucoup survivent dans la misère absolue, note encore Bruno Philip. Personne ne veut des Rohingya. Ce sont les Roms de l'Extrême-Orient.

En 1982, une loi les a rendus officiellement apatrides. Les Rohingya, (partisans d'un islam modéré, ndlr), ne sont pas reconnus comme minorité ethnique. Ils rencontrent des difficultés pour se marier, pour envoyer leurs enfants à l'école, ne peuvent aller à l'université, (et sont soumis à un contrôle des naissances, ndlr). Ils sont les cibles premières des exactions de l'appareil d'Etat durant l'ancienne junte: extorsions, confiscation des terres, travail forcé."

 
 

"La minorité la plus persécutée du monde", selon les Nations-Unies. "Le prochain Rwanda", selon plusieurs ONG. L'organisation internationale cybermilitante AVAAZ a estimé en début de semaine que la Birmanie présente des "facteurs avant-coureurs" d'un possible génocide. En 2012, plus de 200 personnes ont été tuées (un chiffre officiel là encore largement sous-estimé) et 140.000 déplacées après des affrontements menés par des bouddhistes contre des musulmans Rohingyas. Mais les violences se sont ensuite propagées à d'autres régions du pays, cette fois contre l'ensemble des musulmans birmans.

Pourquoi tant de haine ?

Accusés de tous les maux de la Birmanie, qualifiés au mieux "d'immigrés illégaux", au pire de "chiens" et de "sous-hommes", les Rohingyas sont considérés par les moines Rakhines comme une menace pour l'identité birmane, la pureté raciale et la morale bouddhiste. Évoquant dans chacune de ses interventions des faits-divers atroces dont il impute la responsabilité aux musulmans birmans, Ashin Wirathu estime qu'ils "sont à l'origine des troubles qui déchirent le pays". "L'islam est une religion de voleurs. Ils ne veulent pas la paix", explique-t-il encore.

En réalité, le mouvement ne prêche nullement les enseignements du Bouddha, note un journaliste du Asia Sentinel. "Dans tout le pays, on trouve des comités locaux du mouvement qui organisent des évènements, des sermons religieux et distribuent des CD, des livres et des tracts anti-musulmans", note-il encore. Les moines extrémistes, résume-t-il "dépeignent les musulmans comme des hommes haineux et dangereux qui épousent des femmes bouddhistes sans leur consentement et se sont donné pour mission d'étendre leur domination économique, politique et culturelle sur le monde."

L'Express a rencontré Ashin Wirathu :

Un ultranationalisme que ne parvient pas à endiguer l'État birman. Mais essaie-t-il seulement? Si Thein Sein a promis une "tolérance zéro" pour ceux qui "alimentent ces haines ethniques", de nombreuses organisations s'inquiètent de l'action ambivalente des autorités. Human Rights Watch considère notamment que l'armée laisse faire, voire encourage les exactions. Après les violences survenues en 2012, le président birman avait ainsi estimé que la seule solution serait de les expulser vers "n'importe quel pays tiers qui les accepterait" ou de les regrouper dans des camps de réfugiés.

Même l'îcone Aung San Suu Kyi, qualifiée de "traître à la nation" par Ashin Wirathu pour avoir tenté d'apaiser les esprits, n'est guère en verve sur ce sujet, coincées par les échéances électorales de 2015 au cours desquelles les bouddhistes feront la décision.

Ces violences pourraient être la conséquence indirecte de la poussée démocratique que connaît le pays, indique aussi David Camroux, chercheur à Sciences po (CERI) et spécialiste de l'Asie du Sud-Est, interrogé par L'Express, selon qui certains font valoir que l'armée, lorsqu'elle contrôlait plus étroitement la population était mieux en mesure d'éviter les confrontations ethniques. Un sentiment que la démocratie ouvre la voie à tous les possibles, et même aux génocides.

Bien impliqués sur les réseaux sociaux, profitant d'une bonne dose de désinformation et du profond respect de la population birmane pour les moines bouddhistes, les membres de l'ethnie Rakhine sont parvenus à s'attirer un véritable soutien populaire. Et c'est là le plus inquiétant.

Lire aussi : 

» Aung San Suu Kyi: l'icône déçoit les Birmans

» L'automne de la junte militaire birmane

Le Jugement de Dieu?

Publié le 03 novembre 2011 à 08h16 | Mis à jour le 03 novembre 2011 à 08h16

 

Le devoir de vérité prime

Des moines tibétains se préparent à Yushu, province... ((Photo Guang Niu, photoreproduction Rocket Lavoie))

Agrandir

Des moines tibétains se préparent à Yushu, province du Qinghai, en Chine, à une crémation de masse des victimes du séisme de magniude 6,9 qui a secoué la province le 14 avril 2010 et qui a tué 2600 personnes.

(PHOTO GUANG NIU, PHOTOREPRODUCTION ROCKET LAVOIE)

ROGER BLACKBURN
Le Quotidien
 

(CHICOUTIMI) « Il n'y a pas de photos violentes, il n'y a que des situations violentes. »

C'est l'opinion exprimée par le photographe français Olivier Laban-Mattei qui travaillait jusqu'à tout récemment pour l'Agence France-Presse (AFP) et qui participait hier matin, au Cercle de presse du Saguenay dans le cadre des activités de lancement du Zoom Photo Festival Saguenay.

 

Le photographe répondait à une question au sujet des photojournalistes qui sont souvent associés à des vautours et des charognards. Laban-Mattei a d'ailleurs remporté le premier prix dans la catégorie Information générale du prestigieux concours du World Press Photo pour son reportage à Port-au-Prince, en Haïti, après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 et qui incluait la très controversée photographie d'un homme lançant le corps d'un enfant mort à la morgue de l'hôpital principal de Port-au-Prince.

 

 

« Les photojournalistes voient souvent plus de morts que des soldats en une année. Nous nous retrouvons souvent en compagnie des victimes de catastrophes après un séisme, une éruption volcanique, une inondation, une famine ou des guerres en une même année. La photo que j'ai prise à Haïti a fait débat, mais nous avons un devoir de vérité », explique le photographe qui a quitté l'AFP et qui travaille comme indépendant depuis un an.

 

Il rappelle que derrière chaque photo il y a une histoire et un photographe qui est avant tout un être humain imprégné de sentiments et d'émotion. «Nous ne sommes pas des machines, nous échangeons avec les gens que nous photographions, nous partageons leur quotidien et nous créons des liens», confie le photojournaliste qui a vu ses photos primées par le World Press Photo au cours des trois dernières années.

 

Histoires

 

« La photographie a le pouvoir de raconter des histoires», a nuancé Matthieu Ritz du Prix Anthropographia qui expose les clichés des récipiendaires au Cégep de Jonquière et partageait la tribune du Cercle de Presse hier matin. Le photodocumentaire, à la différence du photojournalisme, propose des séries d'images qui se veulent une narration visuelle d'un sujet précis souvent avec une approche documentaire.

 

«Le documentaire est moins vendant que le «hot news» (grosse nouvelle catastrophe), mais permet de traiter des sujets différents», dit-il avant qu'Olivier Laban-Mattei lui fasse remarquer que le numéro de Paris Match ayant consacré 24 pages de reportage photos sur le tremblement de terre d'Haïti a connu les pires chiffres de vente de leur histoire, comme quoi la catastrophe a moins la cote qu'auparavant.

 

Pour ce qui est des téléphones portables qui permettent à n'importe qui de prendre des photos n'importe où sur la planète, les photographes ne croient pas que ce nouvel outil va mettre en péril le métier de photojournaliste. «L'assassinat de Kennedy a été filmé par un cinéaste amateur tout comme la mort de Kadhafi. Le photographe professionnel va donner cependant de la crédibilité aux images tout comme les photos primées par le World Press Photo », constate Olivier Laban-Mattei.