WWIII : Libye: la responsabilité de l'OTAN, donc de la France sous SARKOZY, dans l'émergence du terrorisme.

Publié le par José Pedro

Alain Juppé : « L’intervention française en Libye est un investissement sur l’avenir »

Libye : qui présentera "l’addition" à Sarkozy, Juppé et BHL ?

Le 17 mars, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, arracha la résolution 1973[1] au Conseil de Sécurité de l’ONU, ce qui permit d’ouvrir les hostilités. Le 19 mars, 19 avions français (chasseurs et ravitailleurs) lancèrent un raid de 2h30 au dessus de la Libye. L’incompréhensible guerre franco-libyenne ou otano-libyenne, venait de débuter.

Les raisons de ce conflit aux conséquences à ce point dramatiques qu’une intervention internationale paraît aujourd’hui indispensable sont toujours aussi mystérieuses. À l’époque, l’Élysée avança l’argument d’une action humanitaire destinée à "sauver la population de Benghazi". Le mardi 16 décembre 2014, le président tchadien Idriss Deby donna une autre explication en déclarant qu’en entrant en guerre en Libye : "l’objectif de l’OTAN était d’assassiner Kadhafi. Cet objectif a été atteint"[2].

Quoiqu’il en soit de ses causes officielles ou officieuses, réelles ou supposées, étayées ou fantasmées, le résultat de cette guerre "pour la démocratie et les droits de l’homme", est catastrophique :

- Les alliés islamistes du Qatar et de la Turquie ont pris le contrôle d’une partie des approvisionnements gaziers et pétroliers de l’Europe.

- Daesh a lancé une entreprise de coagulation des milices islamistes. Celles qui lui ont fait allégeance contrôlent une partie de la Cyrénaïque et à l’ouest, elles sont sur la frontière tunisienne. Partout, elles font régner la terreur.

- L’Égypte est directement menacée ainsi que la Tunisie et l’Algérie. Au sud, le Tchad et le Niger sont en première ligne alors qu’avec Boko Haram un second front islamiste s’est ouvert sur leurs frontières.

- Les gangs islamo-mafieux déversent des dizaines de milliers de migrants sur les côtes européennes. Au lieu de les refouler, la marine italienne les récupère en mer pour les installer en Europe...d’où ils ne repartiront plus. Or, tout le monde sait que des terroristes se dissimulent parmi eux et qu’ils vont créer des cellules "dormantes" au sein de l’ "espace Schengen".

Face à ce désastre, comme s’ils étaient étrangers au chaos qu’ils provoquèrent, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé aspirent à la plus haute charge de l’État français. Quant à leur inspirateur guerrier, il continue à promener sa superbe et son échancrure de col sur les plateaux des télévisions...

 

On sait aujourd'hui que l'Argent et l'OR de Kadahfi s'est partagé comme cagnote de Guerre dans tous les Etats-Majors et n'est pas allé pour les Populations Libyennes, même Claude Guéant s'est acheté un appartement dans le 16ème pour 500000 euros.

 

Une fois écrasée Tripoli dans le sang, les membres de la Coalition conduite par l’OTAN tombent le masque. Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères —qui avait planifié l’intervention quatre mois avant les événements de Benghazi, alors qu’il était encore ministre de la Défense— s’appesantit moins sur la prétendue « protection de la population civile » agonisant sous les bombes, et évoque les retours sur investissements de cette opération coloniale.

 
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Alain Juppé à bord d’un véhicule blindé.

Vendredi 26 août, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, dans un entretien au quotidien Le Parisien, a déclaré : « Quand on m’interroge sur le coût de l’opération – le ministère de la Défense parle de 1 million d’euros par jour – je fais remarquer que c’est aussi un investissement sur l’avenir. Les ressources du pays ont été confisquées par Kadhafi qui a accumulé les stocks d’or. Cet argent doit servir au développement de la Libye ; une Libye prospère sera un facteur d’équilibre pour la région ».

Interrogé sur les origines de l’intervention de la France dans le conflit, le ministre des Affaires étrangères a reconnu : « On nous a reproché du retard à l’allumage lorsque que se sont déclarées les manifestations du Printemps arabe […] C’est fini. Notre ligne, qui a déjà prévalu en Côte d’Ivoire, c’est de privilégier les aspirations des peuples et la protection des populations civiles ».

Nous notons que les régimes de Ben Ali et de Moubarak étaient des alliés de la France. Ce qui se passe en Libye n’est pas une révolution populaire (« Printemps arabe ») comme on a pu le constater en Tunisie ou en Égypte, mais une ingérence militaire étrangère dans le but de déstabiliser le régime en place. Ainsi, sous couvert humanitaire, la France s’immisce dans les affaires d’un État souverain comme la Libye.

Et c’est également le cas pour la Syrie, la France se vantant d’avoir « dit la première que Bachar al-Assad devait quitter le pouvoir » ! Selon Alain Juppé, la France est « à la pointe de la mobilisation internationale pour faire pression sur le régime par des sanctions politiques et financières ». Il a cependant concédé que : « L’intervention militaire n’est évidemment pas envisageable aujourd’hui, car il faut tenir compte de la situation régionale et internationale du dossier syrien ». Ainsi donc, après le démantèlement du régime libyen, la France se prépare à faire de même en Syrie !

Le ministre des Affaires étrangères s’explique ensuite sur les différences entre les dossiers libyen et syrien : « La première différence, c’est qu’il n’y a pas de mandat international ». Et il s’exclame : « Nous n’allons pas, sous notre propre responsabilité, nous lancer dans une opération militaire ! » Serait-ce en réalité dû au fait que « la Russie, mais aussi la Chine, le Brésil ou l’Inde s’y opposent » ?

La France et l’Occident ont d’autres desseins en Libye et au Sahel. Ce n’est nullement la démocratie, ni la souveraineté des peuples, qui les intéressent, mais plutôt la situation stratégique du Sahel.

 

Forces favorables au général loyaliste Haftar, dans l'est de la Libye en décembre 2014 (Abdullah Doma/ AFP).

« La guerre obligée » : la une de l’hebdomadaire italien Panorama, propriété de Silvio Berlusconi, claque comme un avis de mobilisation générale. C’est de la Libye qu’il s’agit, juste de l’autre côté de la Méditerranée, et des djihadistes qui y prennent pied et profèrent des menaces en direction de... Rome !

Capture d’écran de la couverture du magazine Panorama, « La guerre obligée »

En France, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a évoqué dès septembre la nécessité pour la France d’« agir en Libye », avant de mettre la pédale douce sur de telles déclarations.

Mais le sujet n’est pas enterré : dans Les Echos, le 20 février, Dominique Moïsi, de l’Institut français des relations internationales (Ifri), appelait de ses vœux une telle intervention et plus généralement un « réarmement » de l’Europe (« Libye, Ukraine, Moyen-Orient : Européens, réveillez-vous ») :

« Faut-il réintervenir en Libye, trois ans après y avoir renversé le régime du colonel Kadhafi  ? La réponse est sans doute “oui”. Aujourd’hui, il y a urgence, la menace se rapproche dangereusement de l’Europe et nous ne pouvons nous permettre d’échouer à nouveau dans notre tentative de concilier volonté de changement et désir d’ordre et de stabilité. »

Avant de se précipiter, la fleur au fusil, dans une nouvelle guerre du désert, plongeons dans les données de ce conflit un temps sorti de nos écrans radar, mais qui prend désormais des proportions inquiétantes à nos portes.

1

Qui se bat en Libye ?

 

Souvenez-vous : c’était en 2011, après la Tunisie et l’Egypte, le souffle du Printemps arabe gagnait la Libye. A Benghazi, la deuxième ville de la Jamahiriya, les insurgés anti-Kadhafi étaient sur le point d’être écrasés par l’armée de Kadhafi, quand surgit ... Bernard-Henri Lévy !

Il l’a raconté lui-même dans un livre épique, « La Guerre sans l’aimer » (Grasset, 2011), dans lequel il s’attribue sans hésiter la responsabilité d’avoir entraîné Nicolas Sarkozy, alors président de la République, et dans la foulée les pays de l’Otan, dans l’aventure libyenne.

Un voyage auprès de rebelles dont il ne sait rien, un coup de fil sur une ligne pourrie à l’Elysée du hall d’un hôtel de Benghazi, un coup de dé déclenché en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, entre un Président qui a « raté » la Tunisie et veut se refaire, et un intellectuel en quête permanente d’une place dans l’Histoire...

Dans son livre, dès 2011 donc, BHL s’exonèrait par avance de toute responsabilité sur ce qui pouvait tourner mal – et ça a mal tourné. Il écrivait dans son prologue :

« J’ignore [...] si la Libye de demain tiendra toutes les promesses de son printemps.

Je ne suis, pas plus que quiconque, capable de prédire avec certitude qui l’emportera des révolutionnaires et des libéraux de Benghazi, adeptes d’un islam paisible, fidèle à l’esprit des Lumières, ami du droit et des droits de l’homme – ou de cette poignée de radicaux que j’ai aussi rencontrés [...].

Ce dont je suis certain, c’est que l’ordre ancien des choses ne laissait pas le choix [...]. Aujourd’hui, l’Histoire recommence. Le peuple libyen, et, au-delà de lui, les peuples arabes, réapprennent les mille et une façons que l’on a de soupirer, de dire son tourment, d’y remédier.

Un débat s’instaure, brouillon, discordant, tumulte de paroles gelées et qui fondent au soleil de la révolte – joyeuse, parfois inquiétante, mais le plus souvent féconde discorde d’où le pire peut sortir mais aussi, et pour l’heure, un espoir raisonnable. »

En 2011, l’heure était à la fête, aux « merci la France », « merci Sarkozy », d’une Libye débarrassée de son tyran.

« Merci la France » : le 28 août 2011 à Benghazi (ERIC FEFERBERG/AFP)

Le « puzzle » libyen

Mais « l’espoir raisonnable » dont parlait BHL a laissé la place au cauchemar, pour les Libyens d’abord, tandis que l’intérêt du reste du monde s’estompait pour laisser la place à une grande indifférence. BHL lui-même, devenu persona non grata à Tripoli, a cessé de s’exprimer sur le pays qu’il avait contribué à « libérer ».

Des acteurs de la révolution de 2011, il n’en reste plus beaucoup, cédant la place au règne des milices, de la division, de la guerre.

Après trois ans de conflit, et bien plus de victimes que n’en avait faites la guerre pour se débarrasser de Kadhafi, la Libye a pris l’allure d’un puzzle, partagée en zones d’influence rivales.

Accrochez-vous : la Libye est divisée principalement entre :

  • un gouvernement et un Parlement basés près de Tobrouk, dans l’est du pays, depuis qu’ils ont été chassés de la capitale. Ils sont issus des dernières élections légales et bénéficient de la reconnaissance internationale ;
  • un gouvernement basé à Tripoli, la capitale, soutenu par la coalition de milices islamistes Aube de la Libye ;
  • une zone dans le sud du pays, contrôlée les miliciens toubous ;
  • une zone dans le sud-ouest du pays, contrôlée par les miliciens touaregs.

Et, désormais, les combattants affiliés à l’Etat islamique autoproclamé, principalement implantés à Derna, fief djihadiste dans l’est de la Libye, mais désormais aussi présents à Benghazi et plus à l’ouest, à Syrte.

Les zones d’influence en Libye, selon une carte de la BBC (BBC)

Patrick Haimzadeh, ancien diplomate français à Tripoli, auteur de l’ouvrage « Au cœur de la Libye de Kadhafi », qui porte un jugement sévère sur l’intervention occidentale de 2011, fait le diagnostic suivant dans L’Express :

« Aujourd’hui, la Libye est un pays fracturé, où les habitants se replient sur leur identité primaire, le village, la tribu. On est dans une spirale autodestructrice, celle de la guerre de tous contre tous. Daech a réussi à s’inscrire dans ce désordre, même s’il n’est qu’une petite fraction de la multitude de groupes locaux. »

Dans ce jeu d’alliances tribales et politiques, l’émissaire des Nations unies, Bernardino Leon, tente de rapprocher les deux gouvernements rivaux, premier pas vers une stabilisation de la situation. Un espoir mince à ce stade.

2

Qui veut intervenir ?

 

L’armée de l’air française sur la base aérienne de Mont-de-Marsan pendant la guerre de Libye, en 2011 (PIERRE ANDRIEU/AFP)

Une fois leur Kadhafi renversé, en 2011, les Occidentaux, qui ne disposaient pas de troupes au sol contrairement à l’Irak ou à l’Afghanistan, ont vite disparu, laissant les Libyens se débrouiller avec l’héritage de 40 ans de non-Etat révolutionnaire.

Les ingérences étrangères n’ont pas manqué, en particulier des pays du Golfe, Qatar, Emirats arabes unis, Arabie saoudite, qui ont des intérêts idéologiques et religieux importants – et divergents.

L’entrée en lice des djihadistes de l’EI ont fait monter les enchères. Aujourd’hui, c’est l’Egypte du maréchal-président Sissi qui se trouve en première ligne parmi les pays qui veulent aller « pacifier » la Libye, surtout depuis le brutal assassinat de chrétiens coptes égyptiens par les djihadistes.

L’armée de l’air égyptienne a mené une première série de raids sur le fief djihadiste de Derna, dans l’est de la Libye – le jour même où Jean-Yves Le Drian signait au Caire le contrat de vente de 24 Rafale français à l’Egypte.

Cette initiative égyptienne a été critiquée pour son manque de coordination avec la Ligue arabe, et se heurte à l’opposition des deux voisins de l’autre côté de la Libye, la Tunisie et surtout la l’Algérie, qui voient ces interventions militaires d’un mauvais œil.

Le conflit libyen peut-il s’internationaliser avec l’émergence de djihadistes ralliés au drapeau noir de l’Etat islamique ?

Ces derniers ont eux-mêmes choisi de défier l’Europe, et en particulier l’Italie, le territoire européen le plus proche de la Libye, et aussi son ancienne puissance coloniale.

« Nous arrivons, ô Rome »

Dans un texte lyrique publié la semaine dernière sur une plateforme djihadiste, un partisan de l’EI s’en est pris directement à l’Italie et, au passage, à François Hollande, qualifié d’« idiot » :

« Sachez que nous arrivons, ô Rome. Il n’y a rien entre nous et vous, hormis cette mer étroite. Notre Prophète nous a promis que nous conquerrons Rome, avec l’aide d’Allah. Alors maintenant, il ne vous reste qu’à attendre votre destin inexorable. […]

Méfiez-vous de l’idiot appelé [François] Hollande, de peur qu’il ne vous séduise et vous entraîne dans une guerre sur notre sol. Ne te laisse pas entraîner, Italie, car le sol de la Libye est fait de sables mouvants et nous vous noierons dans ses déserts, ô adorateurs de la croix. »

Ce texte, ainsi que le hashtag (mot-clé) créé sur Twitter #We-Are-Coming-O-Rome, ont été tournés en dérision par les internautes italiens, mettant en avant les embouteillages aux alentours de la capitale italienne...

Pour autant, les menaces sont prises au sérieux, en particulier parce que le chaos libyen provoque un afflux de demandeurs d’asile à Lampedusa, que l’Italie a conservé d’importants liens économiques avec son ancienne colonie, en particulier l’ENI, la compagnie pétrolière nationale, et que l’Italie redoute des attentats sur son sol.

Migrants recueillis en Méditerranée par la marine italienne, le 17 février 2015 (MARCELLO PATERNOSTRO/AFP)

« L’Italie est prête à guider en Libye »

A la mi-février, la ministre italienne de la Défense, Roberta Pinotti, a déclaré que son pays était prêt à fournir plusieurs milliers d’hommes à une intervention au sol en Italie, et ajoutait :

« L’Italie est prête à guider en Libye une coalition de pays de la région, européens et de l’Afrique du Nord, pour arrêter la progression du califat qui est parvenu à 350 km de nos côtes. »

Mais elle s’est fait « recadrer » par le Premier ministre, Matteo Renzi, beaucoup plus prudent. Pour Marc Lazar, spécialiste de l’Italie et professeur à Sciences-Po :

« Renzi est beaucoup plus hésitant. Il sait que c’est une opération très complexe et risquée. »

Marc Lazar rappelle que l’Italie avait été furieuse de l’initiative de Sarkozy en Libye en 2011, estimant avoir une « expertise » sur ce pays que les autres n’ont pas. La suite lui a plutôt donné raison.

Aujourd’hui, ajoute-t-il, l’Italie se sent « plutôt seule » en Europe alors que la menace se rapproche de ses côtes, de la même manière que la France se plaint régulièrement d’être « seule » à intervenir en Afrique.

« Conflit de civilisation »

Pour autant, l’Italie n’a pas l’intervention militaire aussi facile que la France, ne serait-ce qu’à cause du poids de l’histoire, de l’Ethiopie à la Seconde Guerre mondiale. « Il y a une retenue comparable à celle de l’Allemagne », selon Marc Lazar.

Néanmoins, le chaos libyen ne peut laisser l’Italie indifférente, pas plus que les menaces de l’EI qui alimentent le courant de l’opinion italienne sensible au concept de « conflit de civilisation ».

Entre l’Egypte qui est prête à en découdre, et l’Italie qui débat d’une intervention, la guerre en Libye est-elle devenue « obligée » comme le titre le magazine Panorama ?

3

Quelle solution pour la Libye ?

 

Miliciens islamistes lors de combats avec les forces pro-gouvernementales en décembre 2014 (MAHMUD TURKIA/AFP)

Faire la guerre en Libye, mais avec quel objectif ? Le bilan des interventions occidentales dans le monde arabo-musulman depuis bientôt deux décennies est tellement désastreux qu’il vaut mieux se poser la question avant de faire chauffer les Rafale...

Certes, la menace djihadiste est croissante, et la perspective d’avoir une « filiale » du Califat de l’émir Bagdadi de l’autre côté de la Méditerranée n’est pas une perspective attirante. A voir l’attrait pour le djihad en Syrie, on imagine ce que représenterait son pouvoir d’attraction si près de l’Europe...

Mais l’expérience de 2011 montre que l’absence de réflexion sur l’après-Kadhafi a généré un chaos encore plus meurtrier, plus déstabilisant dans toute la région (la guerre au Mali en est un « produit dérivé »).

Qu’elle soit régionale avec l’Egypte en tête, ou internationale avec l’Italie et un mandat de l’ONU, une guerre en Libye ne règlerait aucun des problèmes actuels de ce pays. Même la restauration de l’autorité du gouvernement reconnu par la communauté internationale, celui de Tobrouk, ne règlerait rien : sa légitimité est mince...

Le général Khalifa Haftar en 2011 (via Wikipédia)

Certains rêvent de voir le général Khalifa Haftar, un vieil officier un temps compagnon de Kadhafi, qui mène actuellement le combat au nom d’une armée qui n’a de régulière que le nom, devenir le nouvel homme fort de la Libye, une sorte de « Sissi libyen » qui rétablirait un régime à poigne et calmerait les ardeurs centrifuges.

Reste les efforts de l’émissaire onusien pour réconcilier les factions et les amener à travailler ensemble...

Pour Patrick Haimzadeh, l’ancien diplomate français à Tripoli, une intervention militaire n’est pas la solution. Elle ne servirait qu’à « rendre encore plus complexe la situation » :

« Une intervention militaire, surtout aérienne, ne permettra pas de freiner Daech. L’instauration de sanctions ou des opérations militaires ponctuelles ne seront que des coups d’épée dans l’eau. Non seulement elles ne freineront pas l’implantation de Daech, mais au contraire, elles serviront sa propagande, justifieront ses appels à la mobilisation, renforceront l’attrait de la Libye pour les djihadistes étrangers.

Des frappes aériennes ne serviront qu’à faire obstacle à la voie du dialogue amorcée par le représentant de l’ONU pour la Libye, Bernardino Leon. Il faudrait des centaines de milliers d’hommes pour arriver à reprendre le contrôle de la Libye. Au début du XXe siècle, l’Italie a mis vingt ans à contrôler le pays (1912-1932), dans un contexte beaucoup moins complexe qu’aujourd’hui ! On va répéter l’erreur de 2011. »

L’histoire, les djihadistes la connaissent. Dans leur diatribe contre les « croisés de Rome », ils la rappellent cruellement :

« Vous avez déjà connu le djihad [mené] par nos ancêtres. Et si, dans le passé, nous avions Omar Moukhtar, aujourd’hui, nous en avons des milliers comme lui. Les combattants étrangers d’aujourd’hui sont des lions, et les combattants locaux sont coriaces. Nous jurons que nous vous frotterons le nez dans la poussière, même si cela doit prendre un certain temps… »

Omar Moukhtar, c’est l’épouvantail agité devant les Italiens pour les faire réfléchir... Pas sûr que ça change grand-chose à l’équation géopolitique, même si le souvenir du « lion du désert » a de quoi faire hésiter avant d’envoyer les troupes de l’autre côté de la Méditerranée.

EXTRAIT DU « LION DU DÉSERT », UN FILM DE MOUSTAPHA AKKAD
 
 

Samir Amin

9.01.15 – Nous avons joint Samir Amin par téléphone à Paris. Philosophe et économiste, directeur du Forum du Tiers Monde, basé à Dakar, il commente l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo.

propos recueillis par Giuseppe Acconcia

Pourquoi les terroristes ont-ils frappé si durement au cœur de l’Europe ?

C’est une conséquence directe de la politique occidentale en Libye. En particulier le Sud du pays est devenu une base d’approvisionnement gigantesque. Cette région a été stratégique pour la France, sans elle l’armée française n’aurait pas pu intervenir au Sahel. Je dirai même plus. Je crois que l’exécution des attaques a une relation avec l’avancée de l’armée française au Tchad ces derniers jours. Les djihadistes ont voulu réaffirmer que le Sud de la Libye doit rester leur base et une terre de personne. Évidemment tout ceci est ensuite la conséquence directe des attaques de l’Otan contre le colonel Muammar Khadafi en 2011.

Qui est donc le vrai responsable de ces actions. Est-ce peut-être le cas de mettre en discussion la politique occidentale au Moyen Orient ?

Il s’agit d’un odieux acte de terrorisme de soi-disant islamistes qui ont une compréhension très particulière de l’Islam et de la religion. Mais la responsabilité de ces attentats est de la France et des États Unis. Les puissances occidentales continuent à soutenir l’Arabie Saoudite, le Qatar et les pays du Golfe. Ils accordent tout à ces pays, qui donnent un soutien gigantesque au terrorisme. Pour être plus clair, les puissances occidentales considèrent l’alliance avec les pays du Golfe comme un fondement de la politique néo-libérale. La deuxième erreur occidentale est d’avoir combattu les autocrates qui ont cherché à mettre un frein à l’Islam politique, de Saddam Hussein à Muammar Khadafi. Par exemple en Iraq Saddam Hussein bien qu’il réussissait à assurer la coexistence entre chiites et sunnites a été brutalement destitué. Et Khadafi avait clairement contenu les dérives islamistes en Libye.

Y a-t-il des responsabilités spécifiques de la France ?

La France a une responsabilité de plus : avoir soutenu les islamistes en Algérie, en les présentant comme des victimes de la dictature de l’armée. Une partie de ces islamistes s’est réfugiée en Arabie Saoudite mais aussi en Europe : en Grande Bretagne encore plus qu’en France.

Pourquoi les puissances occidentales ont-elles intérêt à continuer de fomenter le terrorisme international ?

Le seul objectif des puissances occidentales est de faire avancer leur politique néo-libérale. Pour ceci, pour elles, le monde se divise en deux : les pays qui soutiennent inconditionnellement le néo-libéralisme sont les seuls amis de l’Occident, même s’il s’agit d’odieux islamistes ; les pays récalcitrants sont par contre des ennemis de la dictature du capital international. Dit autrement, les puissances occidentales ont un seul critère : le libéralisme absolu. A ceux qui le soutiennent on pardonne tout. Et la démocratie n’a rien à voir avec cela.

Parmi les terroristes certains auraient fait référence à Al Qaeda au Yemen pendant les attaques.

Ça ne m’étonne pas, au Yemen pendant des années les islamistes ont été soutenus par les États-Unis pour leur fonction anti-communiste, ensemble avec l’Arabie Saoudite. Dans ce cas la bataille était contre le « danger » national populaire de l’ex Yemen du Sud.

Est-ce plausible qu’il s’agisse de djihadistes avec des passeports européens, comment cela s’explique-t-il ?

Les puissances occidentales ont toléré que des citoyens européens partent pour la Syrie pour combattre Bachar Al Assad. Ce mécanisme a été soutenu par la Turquie et par d’autres gouvernements occidentaux . Mais il faut faire attention à ne pas tomber dans l’islamophobie. La majorité écrasante des immigrés qui vivent en France, croyants ou pas, ne sont pas du tout fanatiques de l’Islam réactionnaire. Par contre il ne faut pas sous-estimer que soient impliqués beaucoup d’athées et des convertis à ces mouvements radicaux. Les terroristes, comme d’habitude, sont bien préparés. La même chose advint avec les Talibans en Afghanistan qui avaient été entraînés par la CIA au Pakistan. Et ainsi ces « jihadistes européens » ne sont pas des amateurs, probablement ils se sont formés en Syrie et en Iraq. C’est pour cela qu’ils sont extrêmement efficaces.

Pourquoi c’est la presse qui a été choisie comme objectif ?

Les terroristes ont choisi un objectif « intelligent ». Leur but est de diffuser la terreur dans les médias. L’objectif, en dernière analyse, est celui d’obliger l’Occident à renoncer à la laïcité et à la liberté d’expression.

Source : il manifesto.it, trouvé sur histoireetsociete.wordpress.com

 

26 réponses à Samir Amin : « Un acte odieux, mais la faute en est à la France et aux États Unis »

Commentaires recommandés

francois marquetLe 12 février 2015 à 07h24
 
 

Samir Amin n’est pas invité parce qu’il a quelque chose à dire de politiquement incorrect, et globalement exact.
Un exemple, la Libye: Wikipedia.link to fr.wikipedia.org
“En 2009 le produit national brut (PNB) atteint 62 milliards de dollars et le PNB par habitant de 12 020 dollars situe la Libye parmi les cinquante pays les plus prospères. En 2007, la Libye est le pays le plus développé d’Afrique si on se réfère au classement IDH (Indice de développement humain) établi par le Programme des Nations unies pour le développement, celui-ci étant de 0,840. En 2013, selon le même organisme, l’IDH de la Libye a connu la plus forte baisse annuelle parmi les 187 pays examinés, pour redescendre à 0,784.”
Les Libyens peuvent remercier la France et l’OTAN.Les africains aussi, la banque de développement que Khadafi voulait financer (concurrente du FMI en Afrique) ne verra jamais le jour.
Je vous laisse examiner les chiffres de l’Irak et ceux de la Syrie, avant et après intervention occidentale…
“War is a racket” écrivait le major général Smedley D. Butler en 1935 link to en.wikipedia.org , rien n’a changé depuis. L’anti-communisme de la guerre froide, la lutte pour imposer le libéralisme absolu (TAFTA, accord économique entre l’Ukraine et l’UE) que nous voyons aujourd’hui ne sont que les deux faces d’une même pièce: aider les riches à devenir plus riches et influents par la création d’un grand marché mondial, maintenir les pauvres ou les contestateurs sans pouvoir, voler les ressources des pays en voie de développement.
Avec l’aventure ukrainienne, c’est la même lutte qui ressurgit: pas de contestataire au système toléré.
Relisez dans Les-Crises ce que Barroso répondait aux russes qui demandaient un délai pour adapter leurs tarifs douaniers…Devant la rétractation légitime de Yanukovitch (président élu, mais quelle importance) les libéraux ont poussé au coup d’état (Maidan) puis à la guerre (Donbass), Soros et BHL en tête. Maintenant; que vont-ils faire : militairement la Russie est un très gros morceau, la Chine a dit non à l’écrasement économique de la Russie, car elle sait qu’elle est le numéro 2 à abattre, les BRICS s’organisent (banque mondiale, dé-dollarisation, systèmes interbancaires, agences de notation)
Le monde restera-il multipolaire, la biodiversité culturelle va-t-elle perdurer?
réponses bientôt

  1. Patrick LuderLe 12 février 2015 à 05h57
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    Oui la France est très critiquable sur ses engagements armés à l’étranger.
    Oui l’engagement armé des USA et de leurs alliés est dommageable pour tous.
    Oui le développement du terrorisme est directement lié à la destruction du moyen-orient.
    Mais NON, les événements de janvier en France n’ont pas de liens directs prouvés avec les interventions Françaises à l’étranger … les drames français de janvier ne sont qu’une conséquence indirecte de la politique étrangère et financière internationale.
    Le monde pourrait et devrait avoir un relation plus humaine à travers ses échanges sociaux et commerciaux, mais le monde majoritaire est juste un monde “capitalisme-financier” sans état d’âme et sans conscience! C’est le seul fait simple et incontestable …

    • DemoralisateurLe 12 février 2015 à 12h04
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      Coulibali était malien… Pas de lien direct?

    • Jean TerriLe 12 février 2015 à 17h18
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      J’approuve votre message et m’indigne de la tendance culpabilisatrice qui étouffe les débats de fond. Au lieu de flageller l’Occident pour ces méfaits (ce qui est bien facile) il serait de bon ton de tirer des conclusions utiles et determiner des actions concrètes pour faire bouger les choses.

    • AstrolabeLe 12 février 2015 à 19h36
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      Je vous trouve bien aimable avec les pays qui massacrent les populations lorsque vous dites “critiquable” ou “dommageable”. Les termes qui conviennent pour Gaza, pour les pays où des gens sont tués sans procès par des drones américains sont plutôt “criminel” . Vous croyez que ces actes ne suscitent pas les haines et la volonté de se venger chez des jeunes abandonnés de tous et endoctrinés par des fous furieux. Bien sûr “prouver” est bien difficile, d’ailleurs prouver comment et par qui. Vous pensez qu’il y aura un jour une enquête menée par l’un de ces pays qui tuent, jamais !, pertes et profits tout ça !. Les Anglais, les Français, les Américains n’ont jamais cessé de mener ces croisades du XXème siècle, et quasiment toujours pour les mêmes raisons et dans les mêmes pays. Bon, il y aurait encore plein de choses à dire……

  2. AtaraxiLe 12 février 2015 à 06h03
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    C’est un point de vue intéressant, bizarre que ce gars ne soit jamais invité aux débats télévisés sur l’islamisme ;)

    • francois marquetLe 12 février 2015 à 07h24
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      Samir Amin n’est pas invité parce qu’il a quelque chose à dire de politiquement incorrect, et globalement exact.
      Un exemple, la Libye: Wikipedia.link to fr.wikipedia.org
      “En 2009 le produit national brut (PNB) atteint 62 milliards de dollars et le PNB par habitant de 12 020 dollars situe la Libye parmi les cinquante pays les plus prospères. En 2007, la Libye est le pays le plus développé d’Afrique si on se réfère au classement IDH (Indice de développement humain) établi par le Programme des Nations unies pour le développement, celui-ci étant de 0,840. En 2013, selon le même organisme, l’IDH de la Libye a connu la plus forte baisse annuelle parmi les 187 pays examinés, pour redescendre à 0,784.”
      Les Libyens peuvent remercier la France et l’OTAN.Les africains aussi, la banque de développement que Khadafi voulait financer (concurrente du FMI en Afrique) ne verra jamais le jour.
      Je vous laisse examiner les chiffres de l’Irak et ceux de la Syrie, avant et après intervention occidentale…
      “War is a racket” écrivait le major général Smedley D. Butler en 1935 link to en.wikipedia.org , rien n’a changé depuis. L’anti-communisme de la guerre froide, la lutte pour imposer le libéralisme absolu (TAFTA, accord économique entre l’Ukraine et l’UE) que nous voyons aujourd’hui ne sont que les deux faces d’une même pièce: aider les riches à devenir plus riches et influents par la création d’un grand marché mondial, maintenir les pauvres ou les contestateurs sans pouvoir, voler les ressources des pays en voie de développement.
      Avec l’aventure ukrainienne, c’est la même lutte qui ressurgit: pas de contestataire au système toléré.
      Relisez dans Les-Crises ce que Barroso répondait aux russes qui demandaient un délai pour adapter leurs tarifs douaniers…Devant la rétractation légitime de Yanukovitch (président élu, mais quelle importance) les libéraux ont poussé au coup d’état (Maidan) puis à la guerre (Donbass), Soros et BHL en tête. Maintenant; que vont-ils faire : militairement la Russie est un très gros morceau, la Chine a dit non à l’écrasement économique de la Russie, car elle sait qu’elle est le numéro 2 à abattre, les BRICS s’organisent (banque mondiale, dé-dollarisation, systèmes interbancaires, agences de notation)
      Le monde restera-il multipolaire, la biodiversité culturelle va-t-elle perdurer?
      réponses bientôt

Libye: la responsabilité de l'OTAN, donc de la France, dans l'émergence du terrorisme

 
M280715

20:50 -
 " L’OTAN porte toute la responsabilité politique, légale et morale de ce qui se passe en Libye actuellement. Quand l’OTAN est intervenue dans le pays, elle n’a prévu aucune stratégie post-conflit, aucune stratégie après le renversement de Kadhafi. La chute de Kadhafi était tellement facile à effectuer. Mais le problème c’était de créer une nouvelle nation, des institutions, des organisations en Libye, ce qui n’a pas été mis en œuvre par l’OTAN" répond à RT le membre du Conseil égyptien des affaires étrangères Ayman Salama.

Commentaires EG:

Sarkozy a réintégré la France dans le commandement intégré de l'OTAN, ce qui fait qu'il est responsable à mesure de la situation chaotique et du terrorisme en Libye, un terrorisme qui se répand sur toute la planète et menace, nous dit-on, les Français.  

Aujourd'hui, Sarkozy se prépare à briguer un second mandat à la tête de la France, soutenu par une partie des Français qui sont décidément psychologiquement très épuisés et présentent des symptômes caractéristiques d'Alzheimer. Ou alors, s'ils sont responsables de leurs actes, s'ils savent ce qu'ils font et sont conscients des conséquences que cela entraine, ce sont des criminels. 

Dans un cas, c'est l'établissement médical spécialisé, dans l'autre, c'est la perpétuité mais en aucun cas, ce devrait être l'Elysée. 
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«L’OTAN porte toute la responsabilité politique et légale de ce qui se passe en Libye maintenant»
RT France, le 28 Juillet 2015
Inter-titres E Gaillot pour €calypse News, le 28 Juillet 2015
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Alors que le seconde fils de Kadhafi a été condamné à mort aujourd’hui, le membre du Conseil égyptien des affaires étrangères Ayman Salama estime que le chaos actuel dans le pays est complètement de la faute de l’intervention de l’OTAN en 2011.
RT : En 2011 les bombardements de l’OTAN ont pris pour cible la maison de Saïf Kadhafi en Libye en essayant de l’éliminer. Est-ce que la cour de Tripoli s’occupe du sale boulot de l’Occident maintenant ?
  le but de l’intervention de l’OTAN en 2011 était de renverser Kadhafi
Ayman Salama : Malheureusement, le but de l’intervention de l’OTAN, de l’intervention internationale en 2011 était de renverser Kadhafi. Cependant, en Libye, tout le domaine politique, législatif et judiciaire est témoin du chaos, de l’insécurité, du terrorisme, de la séparation des pouvoirs et même de l’intimidation pas seulement des civils, mais aussi des institutions.
quelles-en sont les profits aujourd’hui ?
Autrement dit, aucun expert dans le monde ne supposera que les conséquences de l’intervention de l’OTAN en Libye sont positives ou fructueuses. Le problème ce n’est pas seulement la chute de Kadhafi, de sa dictature qui a duré environ 42 ans, mais quelles-en sont les profits aujourd’hui ?
  le terrorisme s’est répandu dans tout l’Etat libyen
Nous, en Egypte, sommes directement et gravement touchés par le chaos, l’insécurité et l’instabilité. Entre parenthèses, le terrorisme s’est répandu dans tout l’Etat libyen, malheureusement.

RT : Et concernant les conséquences : on retourne en 2011, quand Mouammar Kadhafi a été retrouvé et tué. La réaction d’Hillary Clinton est assez révélatrice : «Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort». Et le chaos dans lequel la Libye s’est plongée ce temps-là nous montre cette attitude, n’est-ce pas ?
comparer la situation en Syrie où les groupes terroristes détruisent l’Etat-même

Ayman Salama : Oui, je voudrais dire, que la Libye se trouve dans le désordre et le chaos. Les islamistes et les djihadistes interviennent dans l’Etat et prennent le contrôle de la situation. On peut comparer la situation à ce qui se passe en Syrie où les groupes terroristes détruisent l’Etat-même. 
Cette situation s’applique à la Libye. Toutes ces conséquences négatives – l’insécurité, l’instabilité résultent dans les verdicts choc d’aujourd’hui, ce qui pourrait être décrit comme une parodie de procès ou un procès de vengeance.

RT : Toutefois, si nous regardons l’intervention de 2011, les bombardements, le renversement de Kadhafi, tout cela aurait dû apporter une meilleure stabilité pour la Libye. Y a-t-il eu un élément positif à en ressortir ? Autrement dit, comment les prévisions ont-elles pu se tromper à ce point ? Toute personne intelligente, les services de renseignement, auraient dû savoir ce qui se passerait. Comment en est-on arrivé à ce point-là ?
 le problème c’était de créer une nouvelle nation, ce qui n’a pas été mis en œuvre par l’OTAN
Ayman Salama : L’OTAN porte toute la responsabilité politique, légale et morale de ce qui se passe en Libye actuellement. Quand l’OTAN est intervenue dans le pays, elle n’a prévu aucune stratégie post-conflit, aucune stratégie après le renversement de Kadhafi. La chute de Kadhafi était tellement facile à effectuer. Mais le problème c’était de créer une nouvelle nation, des institutions, des organisations en Libye, ce qui n’a pas été mis en œuvre par l’OTAN. 
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