WWIII : Nous l'avons notre Général: Didier Tauzin encercle l'Elysée. Candidat à la Présidentielle. L'Elysée va tomber.

Publié le par José Pedro

Rwanda : Une gestion à la Française: Après le Génocide qui est dû au soutien armé des Hutus par la France, dont les milices ont voulu éliminer les Tutsis et les Hutus modérés. RWANDA. 800.000 morts et une nouvelle victime : la vérité. Vidéos en fin de Page.

 

Le général Tauzin veut rétablir l’honneur de l’armée


Publié le 25 mai 2011 dans ActualitésAgendaCulture

Rwanda : Le général Tauzin veut rétablir l’honneur de l’armée

 

A l’invitation de l’association Amitiés Françaises, le général Didier Tauzin (à gauche sur la photo) viendra présenter son livre « Rwanda, Je demande justice pour la France et ses soldats » à Bordeaux le jeudi 09 juin, lors d’une conférence donnée à l’Athénée municipale à 20h30.

Dans cet ouvrage (préfacé par Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne et spécialiste des questions militaires) le Général Tauzin, chef du 1er RPIMA (régiment parachutiste d’infanterie de marine) de 1994 à 1996 et patron de l’opération Chimère et Turquoise, exclut toute complicité de la France dans le génocide des Tutsis perpétré par les Hutus. Une thèse à l’encontre de celle soutenue par une bonne partie du monde humanitaire, médiatique, et surtout l’actuel président rwandais Paul Kagame, à travers le rapport Mucyo.

Pour le militaire de haut rang, « la politique française au Rwanda a été marquée par la légèreté, l’incohérence et le manque de continuité ». Celui qui souhaite laver l’honneur de la France et de son armée souhaite que le président de la République « demande de faire établir la vérité sur ce qui s’est passé au Rwanda et de faire rendre justice à la France, traitée par certains comme si elle avait été l’Allemagne nazie, et à ses soldats traités par les mêmes comme des Waffen SS ».

Commémoration manquée… Vingt ans après, on pouvait attendre des responsables politiques qui célèbrent aujourd'hui le sinistre anniversaire du génocide rwandais un effort de raison et d’honnêteté. Au lieu de cela, les cérémonies sont obérées par des polémiques acerbes et troubles qui finissent par égarer l’opinion et masquer les leçons de l’Histoire. En plus des 800.000 tués de 1994, ces discussions malsaines risquent de faire une nouvelle victime : la vérité.

 

Le président du Rwanda Paul Kagamé accuse la France d’avoir participé directement au massacre, alors même qu’il ne dispose d’aucune preuve tangible permettant d’accréditer ses dires. En France, à l’inverse, une partie des politiques, des militaires et des observateurs accuse le dictateur rwandais d’être le coresponsable de la tragédie. Dans leur souci obsessionnel de disculper la France, son gouvernement, son armée, ils en viennent à détourner le débat, à diffuser des écrans de fumée, à relativiser le génocide pour le ranger dans la longue série des massacres ethniques réciproques qui ont ravagé ce continent. 
Il faut donc rappeler les faits établis, qui sont une terrible leçon pour le monde d'aujourd'hui.

 

Les projecteurs se braquent sur l'attentat, pas sur le génocide

 

L’immense tuerie rwandaise, qui a endeuillé la fin du XXème siècle, a été perpétrée à l’initiative d’une faction criminelle et raciste du pouvoir rwandais de l’époque, prétendant représenter les intérêts des hutus et décidée à empêcher tout compromis entre hutus et tutsis. Ce groupe d’assassins, le "hutu power", a récusé la tentative de conciliation prévue par les accords d’Arusha et tenté de mettre fin à la division ethnique du pays par l’extermination de la minorité tutsie et de hutus modérés. C’est cette faction ivre de sang et de meurtre, organisée de longue main, animée par une idéologie raciste, lancée dans le massacre quelques minutes à peine après l’assassinat du président rwandais, qui porte la responsabilité du génocide. 


Au lieu de s’arrimer à ce fait fondamental, plusieurs journalistes ou spécialistes tentent d’étranges opérations de diversion. Dans l’hebdomadaire "Marianne", Pierre Péan, écrivain et journaliste d’investigation reconnu, braque le projecteur non sur le génocide mais sur son fait déclencheur – ou son prétexte - l’attentat qui a coûté la vie au président du Rwanda Juvénal Habyarimana et au président du Burundi, Cyprien Ntaryamira le 6 avril 1994. Ce jour-là, en effet, l’avion présidentiel rwandais, un Falcon 50, a été abattu par un missile alors qu’il s’apprêtait à atterrir sur l’aéroport de Kigali. A peine la mort du président Habyarimana était-elle annoncée que les premières exactions étaient commises par les milices hutues, pour dégénérer ensuite en un massacre général. 


Pour Péan et quelques autres, l’avion présidentiel a été abattu par des tueurs à la solde de Paul Kagamé, à l’époque chef du Front patriotique du Rwanda (FPR) de manière à déclencher des représailles contre les Tutsis, qui justifieraient à leur tour une offensive militaire au cœur du Rwanda. Machiavélique, implacable, Kagamé aurait monté une opération criminelle destinée à faire massacrer son propre peuple pour avoir ensuite une bonne raison de voler à son secours et de prendre le pouvoir à Kigali.

 

Une enquête qui obscurcit l'enjeu de la discussion

 

L’ennui, c’est que Péan s’appuie sur une enquête ancienne menée à l’époque par le juge Bruguière, dont les méthodes et les conclusions ont été vivement contestées. Depuis, deux autres juges, Marc Trévidic et Nathalie Poux, ont repris les investigations. Il ressort de leur enquête, fondée sur des analyses balistiques et acoustiques, que le missile a été lancé non d’une base FPR, mais d’une zone contrôlée par les extrémistes hutus. 


Péan et ses émules lui opposent des déclarations émanant d’anciens compagnons de Paul Kagamé, aujourd'hui passés dans l’opposition. L’un d’entre eux est présenté cette semaine dans "Marianne" comme un témoin décisif, qui attesterait de la culpabilité du FPR dans l’attentat de Kigali. Mais les témoins du même genre présentés auparavant par les mêmes journalistes se sont rétractés les uns après les autres, jetant un doute très sérieux sur la fiabilité de ce genre de personnage. A l’inverse, il apparaît clairement, en analysant les débris, que l’avion présidentiel a été la proie d’un missile venant de l’avant et non de l’arrière, c’est-à-dire d’un lieu où les soldats de Kagamé auraient difficilement pu faire une incursion.

 
Cette enquête judiciaire et policière très technique finit par obscurcir l’enjeu de la discussion. Quels que soient les auteurs de l’attentat, au fond, cela ne change pas grand-chose à la culpabilité de ceux qui ont perpétré le génocide dans les semaines qui ont suivi. Ceux-là, on doit le répéter, sont les vrais génocidaires. Ils ont été dirigés, encadrés, manipulés, encouragés, par les dirigeants hutus les plus extrémistes.

 

Une tache honteuse 

 

La polémique Péan, en fait, poursuit un autre but : faire endosser à Kagamé la responsabilité principale et mettre hors de cause la France et son armée. Certes le chef du FPR, aujourd'hui président du Rwanda, est un dictateur brutal, calculateur, qui s’est rendu plus qu’à son tour coupable d’exactions sanglantes. Personne ne songe à le présenter comme un démocrate. Mais on sait aussi que la France, se substituant à la Belgique qui avait colonisé le Rwanda à l’origine, a joué un rôle actif de protectrice du régime rwandais pendant de longues années. L’enquête de Christophe Boltanski et Jean-Baptiste Naudet publiée dans "le Nouvel Observateur" de cette semainemontre bien l’étroite et ancienne imbrication entre les autorités françaises et le gouvernement rwandais, selon le schéma classique en vigueur dans le cadre de ce qu’on a appelé la "Françafrique". 


La France a soutenu le président Habyarimana, entraîné son armée, prêté certains de ses officiers au régime de Kigali. De même l’opération Turquoise, décidée par le gouvernement français alors que le génocide était à l’œuvre depuis plusieurs semaines, si elle a sauvé des vies, a aussi permis à certains responsables hutus du génocide de s’enfuir à l’étranger. Il ne s’ensuit pas, à l’inverse de ce qu’avance le président Kagamé, que des soldats français aient pris une part active à la tuerie. Mais la proximité des militaires français avec les responsables et les soldats rwandais qui ont participé au massacre restera une tache honteuse dans l’histoire des relations entre la France et l’Afrique.

 

L'action française, ni réaliste, ni politique, ni humanitaire

 

Au fond, ce qui est en cause, c’est une conception de la politique étrangère. Pour plusieurs responsables français, y compris au sommet de l’Etat, l’affaire du Rwanda s’inscrivait dans la lutte d’influence que se livrent depuis longtemps dans cette région la France et les puissances anglo-saxonnes. Le Rwanda était francophone : il entrait naturellement dans la sphère française. Le FPR de Kagamé provenait de l’aire anglophone : il était soupçonné d’agir pour le compte d’intérêts américains. Paris soutenait donc le régime hutu contre l’entreprise de reconquête tutsie menée par le FPR de Paul Kagamé. Le drame, c’est que ces clients de la France se sont soudain lancés dans un massacre insensé sans que Paris n’intervienne sérieusement pour les freiner. Le prisme de la realpolitik, si prisé dans les cercles du pouvoir en France, a aveuglé les responsables français et les a conduits à minimiser l’immense tuerie qui se déroulait pour ainsi dire sous leurs yeux.

 

Au contraire, la prise en compte d’objectifs humanitaires, qui est désormais l’une des dimensions obligatoires de toute politique étrangère, aurait probablement conduit les Français – et d’autres - à intervenir plus vite, à renforcer les troupes de l’ONU, à élargir leur mandat pour qu’elles puissent limiter le meurtre de masse. La doctrine traditionnelle de l’équilibre des forces et des sphères d’influence, qu’on appelle souvent "realpolitik", n’offre en fait aucune garantie de réalisme. Elle conduit souvent à des erreurs tragiques, y compris du point de vue de l’intérêt national. Pour préserver son influence dans la région des Grands Lacs, la France se retrouve maintenant au banc des accusés. Elle a été impuissante à prévenir ou à limiter le dernier génocide du XXe siècle et elle a perdu de surcroît toute influence dans cette zone. Selon les critères de la realpolitik, son action au Rwanda n’a été ni réaliste, ni politique. Selon des critères humanitaires, elle a été désastreuse.

 

La conscience contemporaine exige désormais que la question des droits de l’Homme et de la démocratie fasse partie intégrante de la politique étrangère d’une nation civilisée. Non pas pour en fournir le seul critère, ce qui serait une naïveté dangereuse ; toujours l’analyse minutieuse des réalités géopolitiques doit entrer dans le raisonnement. Mais pour que les principes d’action des démocraties à l’extérieur se rapprochent un tant soit peu des valeurs qui les fondent. Dans ces conditions, une France restée fidèle à ses principes aurait joué au Rwanda un rôle tout différent…

 

Il y a de quoi se perdre dans les 560 pages d’ « Alain Juppé et le Rwanda » (L’Harmattan, 2014). Jean-Pierre Cosse a collecté les déclarations, les reportages, les tribunes, les analyses d’historiens et de tous ceux qui ont tenté de comprendre ce génocide.

En 1994, la majorité Hutu du Rwanda s’attaque à la minorité Tutsi et fait 800 000 morts en 100 jours. L’auteur, qui se présente comme un simple « citoyen » veut comprendre quelle est la responsabilité de l’État français, et cible Alain Juppé. Arrivé en 1993 à la tête du Quai d’Orsay un an à peine avant le début du génocide, celui qui n’est pas encore maire de Bordeaux est alors au cœur d’un système politique, diplomatique et militaire.

Jean-Pierre Cosse détricote son discours et ses actes avant, pendant et après ces massacres. Dans son livre, les citations s’accumulent, les questions sans réponse aussi. Vingt ans après, Alain Juppé est interpellé par ce livre et un collectif de citoyen. Lui ne semble pas déroger à son discours. Peu loquace à ce sujet sur son blog, il y admet que « sans doute [il] subsiste encore des zones d’ombre sur cette période tragique » mais qu’ « on ne peut tolérer la véritable entreprise de falsification historique qui veut faire porter à la France la culpabilité du génocide ».

Rue89Bordeaux : Pourquoi avoir fait d’Alain Juppé, le centre de vos recherches ?

Jean-Pierre Cosse : Alain Juppé est le chef de la diplomatie française à partir d’avril 1993, mais il n’en est pas le seul responsable. Il y a bien sûr le président de la République, François Mitterrand, son Premier ministre Edouard Balladur, la cellule Afrique de l’Elysée, son Etat-major militaire particulier. Mais la position d’Alain Juppé est alors pleine d’ambiguïtés. Lors de son audition à la mission parlementaire, ses mensonges m’ont véritablement choqué. Il reconstruit l’histoire du Rwanda, celle du génocide. Il ose dire que l’attitude de la diplomatie française a été irréprochable, et en tire même gloire. C’est quelque chose de sidérant. Il y a là un mépris du citoyen qui m’a poussé à enquêter.

Quand il arrive comme ministre des Affaires étrangères, il y a pour vous des signes, des massacres qui auraient dû déjà faire réfléchir à la question du génocide. Il aurait pu intervenir dès sa première année ?

Je crois, mais il faut bien souligner que ce sont les militaires qui trient l’information à Kigali. Le colonel Cussac donne l’information au général Quesnot qui la transmet à François Mitterrand. Le pouvoir décisionnaire n’appartient pas à la diplomatie, mais à l’armée. Ensuite, la stratégie choisie, c’est la défense de la francophonie. Alain Juppé prend la suite de Roland Dumas qui s’était désintéressé du Rwanda. Il n’a pas du tout écouté les historiens comme Gérard Prunier et Jean-Pierre Chrétien, c’est vraiment affligeant. Et Alain Juppé soutient Habyarimana, dictateur et président du Rwanda. Au moment de la montée des violences, en 1994, Alain Juppé n’a pas de réaction, même verbale. Sauf une prise de position, en février, lors d’une semaine de massacres horribles de Tutsis.

Cautions du génocide

Cela donne l’impression qu’Alain Juppé a très peu de marge de manœuvre pour prendre une décision qui pourrait aller dans le sens du soutien à la rébellion menée par le Front patriotique rwandais…

C’est vrai, mais il pose des actes décisifs. Au début du génocide, Alain Juppé et Edouard Balladur sont en voyage d’affaires en Chine. Mais Alain Juppé revient en France et participe le 13 avril à un conseil des ministres restreint, très important. François Mitterrand lui demande, alors, la position que la France va défendre à l’ONU alors que les Etats-Unis veulent arrêter la mission des Nations-Unies. Sur place, les massacres s’amplifient. Les membres non-permanents du conseil de sécurité de l’ONU ne savent pas que les Tutsis sont visés juste parce qu’ils sont Tutsis. Ils croient qu’il s’agit simplement d’une guerre civile. Alain Juppé soutient, comme la Belgique, la réduction de 90% du contingent militaire de l’ONU à Kigali, n’ayant alors plus pour fonction que de proposer un cessez-le-feu. Passée de 1500 à 350 militaires, cette force devient symbolique et squelettique. Ensuite, le 27 avril, Alain Juppé reçoit avec Edouard Balladur un représentant du gouvernement génocidaire. On ne sait pas bien ce qui s’est dit, mais c’est alors une caution donnée à Kigali.

Mais le recevoir pouvait aussi permettre d’engager des discussions en vue d’une réconciliation…

Demander aux génocidaires de s’arrêter, c’est une diplomatie de la parole, sans aucun effet. Trois semaines plus tard, le 15 mai, Alain Juppé fait une déclaration condamnant le génocide. C’est courageux car il agit seul, sans François Mitterrand ni Edouard Balladur. Mais trois jours après, il ose dire que c’est suite à l’agression du FPR que l’armée rwandaise aurait commencé à massacrer. Cela supposerait une offensive du FPR dès le 6 avril [NDLR : jour où le Front est accusé d’avoir perpétré un attentat contre l’avion du président rwandais. Accusation que les enquêtes des juges Trevidic et Poux ont mise à mal depuis 2012]. Mais c’est faux. Les tueurs ont d’abord commencé leur travail d’extermination et ce n’est que le 11 avril que débute une guerre civile entre l’armée rwandaise et le FPR. Dès le 29 avril, on atteint presque 500 000 morts selon les ONG. Si Alain Juppé ose donc parler de génocide, ce n’est pas répercuté par son ministère qui continue à évoquer des massacres.

En juillet 1994, François Mitterand, malade, est obligé de déléguer. Observe-t-on un changement selon vous ?

Le 2 juillet, Alain Juppé dit dans « Le Monde » que le dialogue avec les responsables du génocide ne pourra pas se poursuivre. Qu’il faut les arrêter, les juger, les punir. On s’aperçoit très vite qu’au contraire, on va les aider à se réfugier dans le pays voisin, le Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo), où ils seront en sécurité. On leur prête pour cela des avions, des hélicoptères. La politique française sauve ainsi les responsables du génocide, mais les Français l’ignorent. L’opération Turquoise est alors sensée permettre à Paris de sauver la face. Quant à Alain Juppé, il n’a pas tenu ses promesses. Il a hésité. C’est un homme souvent plein d’irrésolutions, malgré une apparence de détermination.

« La France sortirait grandie en reconnaissant ses fautes »

Et les autres personnalités politiques françaises ?

Nicolas Sarkozy n’a pas voulu reconnaitre la responsabilité de la France. Il aurait eu bien des ennuis avec Edouard Balladur et Alain Juppé. Quant à Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères de 2007 à 2010), il a parlé d’erreur, or le mot le plus juste c’est faute. Seul Pierre Brana [NDLR : ancien député-maire d’Eysines et rapporteur de la mission parlementaire d’information] a employé ce mot. Il a souligné l’insuffisante analyse de la diplomatie française, alors que M. Juppé continue à dire que son attitude était irréprochable. Edouard Balladur, François Léotard (ministre de la Défense entre 1993 et 1995) ou Hubert Védrine (secrétaire général de l’Elysée) n’ont pas d’autre défense que de tout nier parce qu’ils ont assumé une responsabilité écrasante. On ne veut pas reconnaitre la part de responsabilité des décideurs militaires et politiques français. On ne veut pas donner aux victimes leurs mémoires et leur dignité, et aux survivants la sérénité.

Vingt ans après, vous interpellez Alain Juppé par votre livre et une lettre ouverte lui a été adressé. Qu’en attendez-vous ?

Ce que l’on peut attendre, c’est que les socialistes et la gauche de la gauche comprennent qu’il faut lutter pour faire apparaitre la vérité. C’est un génocide qui pouvait être évité. C’est évident. Il y avait 15 000 tueurs le 7 avril. Les armées belges, françaises et les marines présents pouvaient les arrêter. Ça n’a même pas été envisagé. Des généraux qui n’étaient pas d’accord avec ceux qui déclenchaient le génocide ont appelé en vain la France, la Belgique, les Etats-Unis. Personne ne leur a répondu. Face à cela, que va faire Alain Juppé ? Posez-lui la question…

Qu’est-ce que cela apporterait ?

Je crois que la France serait grandie de reconnaître ses fautes. Lorsque 50 ans après, Jacques Chirac a dénoncé le Vel d’Hiv et le rôle de l’Etat français dans la déportation des Juifs vers les camps de la mort, je pense que la France a été grandie. Et puis, Alain Juppé mène un combat contre le racisme. Il a lutté et il continue à lutter contre le Front National, on ne comprend pas qu’il n’ait pas écarté l’idéologie ethniste et raciste du Rwanda. C’est là où c’est assez inquiétant de la part des hommes politiques français. Ils ont validé une certaine forme de racisme officiel, et on s’aperçoit que le sens des valeurs change quand on passe de l’Europe à l’Afrique.

 

Alain Juppé était ministre des Affaires étrangères de 1993 à 1995, puis fut Premier ministre de 1995 à 1997, des moments clés dans la gestion du génocide.

Il a pris, pendant cette période, des décisions qui ont eu une influence sur la perpétration du génocide au Rwanda. Il y a quelques jours, le 1er avril 2016, Juppé diffusa un tweet dans lequel il déclara : « Faire procès à la France de porter une part de responsabilité dans le génocide au Rwanda est une honte et une falsification historique. » C’est désormais une habitude qu’à la veille de la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsis, des responsables français impliqués de près ou de loin se précipitent pour diffuser le mensonge et le déni de leurs responsabilités.

Le 5 avril 1994, deux jours avant le début du génocide, la diplomatie française dirigée par Alain Juppé a soutenu au Conseil de sécurité des Nations unies les revendications du parti extrémiste rwandais, Coalition pour la défense de la République (CDR), demandant son entrée dans le gouvernement de transition, alors que les accords d’Arusha ne le prévoyaient pas. Soutenir le radicalisme ethnique de la CDR signifiait appuyer son idéologie génocidaire.

Le 8 avril 1994, Alain Juppé présida une réunion interministérielle au cours de laquelle il fut décidé d’envoyer une compagnie de parachutistes et des forces spéciales françaises au Rwanda. Il fut en même temps décidé de le faire discrètement sans en informer les Nations unies et les autres membres du Conseil de sécurité. C’est l’opération Amaryllis qui a permis à la France d’acheminer à Kigali des armes destinées aux forces armées rwandaises qui commençaient ouvertement la perpétration du génocide.

 

 

Le 21 avril 1994, lors des débats aux Nations unies portant sur la qualification juridique des tueries en cours au Rwanda, l’ambassadeur français Jean-Bernard Mérimée, aux ordres d’Alain Juppé, effectua un gros travail de lobbying pour éviter que le Conseil de sécurité n’utilise l’expression « génocide ». Ce refus de qualification permit au Conseil de sécurité de ne pas prendre de mesures pour sauver les civils innocents qui étaient exterminés au Rwanda.

Le 27 avril 1994, Alain Juppé a reçu une délégation du gouvernement génocidaire composée de deux extrémistes notoires, Jean-Bosco Barayagwiza et Jérôme Bicamumpaka. Alain Juppé n’a jamais condamné à cette occasion les actes criminels qu’accomplissait ce gouvernement et une aide politique et militaire leur a été promise.

Le 28 avril 1994, Alain Juppé ne parlait toujours pas de génocide dans ses dépêches diplomatiques, mais plutôt de « combats et de massacres d’une très rare violence (qui) se poursuivent dans ce malheureux pays déchiré par une guerre tribale ». À cette date, il n’y a pourtant aucun doute possible que ces massacres constituaient un génocide.

Le comité de gestion de l’opération Turquoise a pris la décision de laisser poursuivre les tueries contre les Tutsis

L’opération Turquoise s’est déroulée au Rwanda du 22 juin au 22 août 1994. Un comité restreint de gestion de cette opération a été mis en place à Paris et comprenait notamment Édouard Balladur, Alain Juppé, François Léotard, Bruno Delaye et le général Quesnot. Ce comité a pris la décision de ne pas désarmer les milices Interahamwe, et de les laisser poursuivre les tueries qu’ils commettaient sur les Tutsis. Un procès verbal d’une réunion du 4 juillet 1994 indique : « instructions données à nos forces de s’opposer dans cette zone à toute pénétration de groupes armés et à toute activité militaire. Il n’est pas envisagé dans l’immédiat de désarmer les FAR et les milices qui s’y trouvent ».

Pendant Turquoise, l’ordre de protéger les membres du gouvernement intérimaire, responsable du génocide a été donné par Alain Juppé. Le général Jean-Claude Lafourcade l’a écrit dans une note du 13 juillet 1994 destinée à ses subordonnés : « J’ai posé la question à notre diplomatie de la conduite à tenir vis-à-vis de membres du gouvernement intérimaire qui viendrait [sic] se réfugier dans la Zone Humanitaire Sûre. A priori, sauf menaces directes sur les populations, nous n’avons pas à arrêter ni à séquestrer personne ». Ce soutien a permis au gouvernement génocidaire et à son armée de poursuivre en toute impunité l’élimination des derniers Tutsis encore en vie dans cette zone.

Le 16 mai 1994, Alain Juppé a publié un article dans le journal Libération signalant qu’un génocide se commettait au Rwanda, sans dire clairement de quel génocide il s’agissait. Certains ont pensé qu’il finissait enfin par reconnaître l’évidence de ce crime des crimes. Mais un mois après, le 16 juin 1994, Alain Juppé sortit un autre article clarifiant sa position selon laquelle il y avait eu un double-génocide au Rwanda.

Il ne s’agit pas là d’une falsification de l’histoire comme le prétend Alain Juppé. Bien au contraire, il s’agit de la vérité historique que personne ne pourra raisonnablement nier.

Génocide des Tutsi du Rwanda : la tournée des popotes du général Tauzin
 

Le général Didier Tauzin paie de sa personne depuis la sortie de son ouvrage, Rwanda, je demande justice pour la France et ses soldats. Une tournée promotionnelle à travers toute la France d’après les articles, souvent critiques, de la presse régionale.

Récemment, c’est à Bayonne, au siège du Premier RPIMA, devant un public clairsemé, qu’il a donné une conférence sur l’engagement militaire français au Rwanda. Un régiment qu’il connaît bien puisqu’il y a été chef de corps du 12 décembre 1992 au 28 juillet 1997.

La tournée de Tauzin est surtout l’occasion d’identifier les principaux éléments de son argumentation lorsqu’il s’agit de «  sauver l’honneur de la France et de son armée  ». On laissera de côté, les inepties habituelles sur l’atavisme prétendu des « Tutsi et Hutu qui se vouent une haine ancestrale » qui « interdisait l’utopie d’une réconciliation » comme s’il s’agissait de deux groupes ethniques différents. Affirmation abrupte qui n’est pas différente de celle émise à l’occasion de son audition devant la Mission d’information parlementaire en 1998 : « Les Tutsi sont, par nature, des guerriers, ce qui n’est pas le cas des Hutu ».

Des considérations étonnantes pour quelqu’un qui a été auditeur à l’Institut des hautes études de Défense nationale et conseiller militaire du président Pierre Buyoya au Burundi.

Les lacunes de Tauzin

« Si la France a commis une faute dans cette guerre du Rwanda, c’est bien à ce moment-là, en s’abstenant d’intervenir dès le 7 avril pour arrêter les massacres. Mais elle n’est pas la plus coupable, et de beaucoup ! Plus coupables, tous les pays qui ont tout fait pour empêcher la France d’intervenir ! Plus coupables surtout, ceux qui ont exécuté, commandité, organisé et planifié ces massacres, bien sûr ! Mais il reste à les désigner précisément, car, contrairement à ce qui est répété à l’infini, les vrais coupables ne sont pas désignés, comme le confirment les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui, à ce jour, a relaxé tous les Hutus présentés comme les cerveaux du génocide ».

C’est un des principaux arguments de Tauzin, répété à longueur d’interview et qui lui sert de démonstration pour exclure toute complicité de la France : le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) n’a pas reconnu la planification du génocide.

Mais le TPIR n’a pas seulement condamnés la plupart des accusés pour « génocide », il a bel et bien condamné certains d’entre eux pour «  entente en vue de commettre le génocide ». Et non des moindres, puisqu’il s’agit de l’ancien Premier ministre du GIR, Jean Kambanda, et de l’ancien ministre de l’Information, Eliézer Niyitegeka. La planification du génocide des Tutsi est donc reconnue par le tribunal.

Quant à la complicité des autorités françaises, elle ne se limite pas à la période de sa préparation (octobre 1990 – 6 avril 1994). C’est pendant le génocide lui-même, une fois le massacre des Tutsi déclenché, que nos dirigeants se sont entêtés dans une alliance avec ceux qui le perpétraient, jusqu’à les évacuer au Zaïre pendant l’opération Turquoise, après qu’ils eurent été finalement vaincus par les troupes du FPR.

Le résumé des faits

L’opération Amaryllis (évacuation des Français et des Européens par des militaires français) s’est déroulée dans un contexte marqué par « l’élimination des opposants et des Tutsi », comme en fait état son ordre d’opération daté du 8 avril 1994. Signataire de la convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide, la France était tenue d’enjoindre à ses troupes présentes sur place de s’opposer aux massacres.

Le gouvernement français n’a cependant nullement enjoint à nos soldats de secourir les victimes. Au contraire, il a donné l’ordre de ne pas montrer aux médias « des soldats français n’intervenant pas pour faire cesser des massacres dont ils étaient les témoins proches ». Et il a fait livrer des armes aux Forces armées rwandaises (FAR) dans la nuit du 8 avril, comme en ont témoigné des officiers de la MINUAR (Mission des Nations unies d’assistance au Rwanda).

Les extrémistes hutus à l’Elysée

Le 21 avril 1994, la France, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a, comme les autres grandes puissances, voté la réduction drastique du contingent de Casques bleus, abandonnant les Rwandais tutsi à leur sort tragique. Mais nos dirigeants ont fait pire : le 27 avril 1994, les plus hautes autorités françaises ont reçu à Paris deux des extrémistes hutu les plus virulents, responsables du génocide en cours : Jérôme Bicamumpaka, ministre des Affaires étrangères du GIR, et Jean-Bosco Barayagwiza.

Ils sont accueillis à l’Elysée par Bruno Delaye, conseiller Afrique de François Mitterrand, et à Matignon par Edouard Balladur, Premier ministre, et Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères. La France reconnaissait ainsi de fait le Gouvernement intérimaire rwandais, couverture politique du génocide. Elle a été le seul pays occidental à le faire.

Du 9 au 13 mai 1994, le lieutenant-colonel Rwabalinda, conseiller du chef d’Etat-major des FAR, qui encadraient le génocide, a rencontré à Paris le général Jean-Pierre Huchon, chef de la Mission militaire de coopération. Pendant toute la durée du génocide, ce même général Huchon a reçu régulièrement le colonel Kayumba, directeur du service financier du ministère rwandais de la Défense. Celui-ci a organisé six livraisons d’armes aux tueurs entre le 18 avril et le 19 juillet 1994.

Le 22 mai 1994, devant l’avancée des troupes du FPR, le président rwandais par intérim, Théodore Sindikubwabo, adresse une lettre à François Mitterrand : « Le Peuple Rwandais Vous exprime ses sentiments de gratitude pour le soutien moral, diplomatique et matériel que vous lui avez assuré depuis 1990 jusqu’à ce jour. En son nom, je fais encore une fois appel à Votre généreuse compréhension et à celle du Peuple Français en vous priant de nous fournir encore une fois Votre appui tant matériel que diplomatique. »

A cette date, au moins un demi-million de Tutsi a déjà été massacré au Rwanda...

Comment le chef d’un Etat en train de commettre le crime des crimes a-t-il pu se sentir autorisé à solliciter l’aide de la France ? Est-ce en réponse à cette demande que le président Mitterrand trouve urgent, à la mi-juin 1994, d’intervenir afin de mettre fin aux massacres, alors qu’il n’avait pas jugé bon de le faire en avril ?
1994, le retour de Tauzin au Rwanda

C’est le moment où Didier Tauzin revient au Rwanda, prêt à en découdre à nouveau avec le FPR, comme il le déclare ouvertement. La Zone humanitaire sûre créée par l’opération Turquoise à l’ouest du Rwanda est immédiatement utilisée comme refuge par les auteurs du génocide, en passe d’être défaits militairement par le FPR.

Face à cette situation, l’ambassadeur Yannick Gérard envoie un télégramme à Paris le 15 juillet 1994 en indiquant : « [...] dans la mesure où nous savons que les autorités portent une lourde responsabilité dans le génocide, nous n’avons pas d’autre choix, quelles que soient les difficultés, que de les arrêter ou de les mettre immédiatement en résidence surveillée en attendant que les instances judiciaires internationales compétentes se prononcent sur leur cas. »

Les responsables et les auteurs du génocide (soldats des FAR, miliciens...) présents dans la Zone humanitaire sûre mise en place par Turquoise n’y sont pas arrêtés. Au contraire, ils sont laissés libres d’aller se réfugier au Zaïre, impunément, avec armes et bagages.

Le numéro d’octobre 1994 de la revue de la Légion étrangère, Képi blanc, écrit même que « l’état-major tactique [de Turquoise] provoque et organise l’évacuation du gouvernement rwandais vers le Zaïre ». Le colonel Théoneste Bagosora, principal artisan du génocide, avait déjà été évacué par nos soldats début juillet.
Les conséquences désastreuses pour la région des Grands Lacs

La fuite des génocidaires au Zaïre, orchestrée par les Français, est à la racine de la tragédie congolaise, qui a fait plusieurs millions de victimes.

« On peut difficilement sous-estimer les conséquences de la politique française. La fuite des génocidaires au Zaïre engendra, ce qui était presque inévitable, une nouvelle étape plus complexe de la tragédie rwandaise et la transforma en un conflit qui embrasa rapidement toute l’Afrique centrale ». Ainsi s’exprimait, en 2000, le groupe international d’éminentes personnalités auteur du rapport de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) intitulé Le génocide qu’on aurait pu stopper (§15.85).

Alors le comble du cynisme est atteint quand Didier Tauzin prétend rendre le FPR responsable des six millions de morts des Grands Lacs (au Rwanda et au Congo Kinshasa) parce que ce mouvement a déclenché la guerre de 1990.

Des événements historiques d’une telle magnitude qu’un génocide et deux guerres sont la résultante du jeu de multiples acteurs.

Mais de même qu’on peut affirmer que la France pouvait, entre 1990 et avril 1994, empêcher le génocide en retirant son soutien au régime Habyarimana, elle pouvait, en arrêtant ses auteurs à l’été 1994, prévenir l’explosion de l’Afrique des Grands Lacs.

Source : http://survie.org/billets-d-afrique/2011/203-juin-2011/article/genocide-des-tutsi-du-rwanda-la

Alain Juppé

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Avec son rôle, en 1994, dans le soutien de l’État français au gouvernement génocidaire rwandais, ses rapports chaleureux avec Paul Biya - le despote camerounais, sa défense du soutien de la « démocratie » par les armes en Côte d’Ivoire, en passant par ses propos nostalgiques de la puissance impériale française, Alain Juppé a le profil parfait du nominé.

La réponse d’Alain Juppé aux critiques de BHL dans l’avion de retour de Libye en septembre 2011, parlent d’elles-mêmes : « Vous avez dit que j’étais complice des génocidaires du Rwanda. Alors, que sortant d’une réunion des ministres européens en 1994, j’avais déclaré que c’était un génocide » L’argument est court, très court pour sa défense : en tant que Ministre des affaires étrangères à l’époque, il ne pouvait que connaître la préparation de longue date de ce génocide ; il rencontrait au Quai d’Orsay, durant le génocide, son homologue rwandais accompagné d’un extrémiste de la CDR ; il justifiait en juin 1994 la non intervention de la communauté internationale par la théorie du double génocide, avant de lancer l’opération Turquoise (voir nominé Didier Tauzin)...

Lorsque Alain Juppé prend la place de Michèle Alliot Marie au quai d’Orsay en février 2011 en plein « printemps arabe », il parle de tourner la page, non pas pour prendre en considération les intérêts des peuples africains, mais pour s’empresser d’oublier les crimes passés et présents, trop souvent impunis, commis par des régimes autocratiques et leurs alliés français : « [la repentance je connais ! , [...] Quant à la culpabilité : est-ce que la colonisation était un crime ou pas ? Tournons la page !->http://survie.org/billets-d-afrique...] ». Tournons la page, faut-il comprendre : pour pouvoir mieux recommencer ?

Le 6 avril 2011, devant l’Assemblée Nationale, alors que l’armée française en Côte d’Ivoire contribue à imposer par les armes le nouveau président Alassane Ouattara et outrepasse le mandat de l’ONU, par exemple en bombardant le palais présidentiel, Alain Juppé se justifie : « nous sommes aujourd’hui à deux doigts de convaincre M Gbagbo de quitter le pouvoir ». Convaincre par les armes : une méthode classique de la Françafrique !

Si parfois le Ministre se sent obligé d’affirmer que la France soutient le choix des électeurs avant tout , il applique le deux poids deux mesures. Alain Juppé qualifie d’« acceptable » la (mascarade) de réélection au Cameroun de Paul Biya (autre nominé) malgré les critiques fusant de toutes parts : les amis de (très) longue date de la France, on ne peut pas les lâcher du jour au lendemain…

Hubert Védrine est au cœur des discussions concernant la complicité de la France dans le Génocide des Tutsi au Rwanda. En tant que Secrétaire général de l'Élysée, il avait, de fait accès à tous les documents nécessaires pour comprendre l'évolution du régime de Juvénal Habyarimana entre 1990 et 1994, puis de la tournure des événements après l'attentat contre ce dernier le 7 avril 1994 et l'accomplissement du génocide par le gouvernement intérimaire. Étant donné l'état de santé de François Mitterrand à cette époque, Hubert Védrine est régulièrement mentionné par des spécialistes de la question15,16 comme un des principaux responsables de la politique de l'Élysée vis-à-vis du Rwanda, d'autant qu'il a participé à tous les conseils restreints qui ont décidé des interventions militaires au Rwanda.

Il a eu plusieurs fois l'occasion de s'exprimer sur ce sujet, à commencer par la mission d'information parlementaire présidée par Paul Quilès, ou auprès des médias. Il défend avec ardeur l'idée que la France n'a pas participé au génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. Toutefois, au cours de son audition par la commission de la défense de l'Assemblée nationale le 16 avril 2014 (voir vidéo), Hubert Védrine a reconnu la livraison d'armes par la France au régime de Kigali d'avril à juillet 1994, pendant le génocide, alors qu'un embargo international avait été décrété le 17 mai 1994 par l’Organisation des Nations Unies.

Congo : comment 6 millions de morts peuvent-ils être placés sous silence médiatique ?

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Un génocide est en cours, plus de 6 millions de personnes (dont pour la moitié des enfants de moins de 5 ans !) ont été massacrées dans l'indifférence générale et avec l'appui des États-Unis et de l'Europe ! Des centaines de milliers de femmes et de filles ont été violées et mutilées par les armées d'occupation. Et tout cela pour une raison principale : s'emparer des richesses minières exceptionnelles dont recèle le sous-sol du pays…

 

On connait la méthode, on amplifie certaines nouvelles et on en dissimule d'autres tout aussi horribles. On parle beaucoup de la crise des migrants et du moyen orient en ce moment, avec la lutte contre le terrorisme ( ?), lutte assez inquiétante avec l'entrée de la Russie, appelée par al Assad, qui ne fera pas dans la dentelle, en ciblant (tous ?) les adversaires du président syrien. Pendant ce temps on occulte volontairement ce qui se passe au Congo, pourtant, quitte à émouvoir les bonnes âmes promptes à pleurer sur le sort monté en épingle de pauvres migrants, il faudrait garder quelques larmes pour un génocide en cours, dont on ne parlera pas dans vos médias préférés, qui semblent faire dans les lamentations sélectives.

Un génocide dont ont été complices nos dirigeants et la communauté internationale

En plein centre de l'Afrique, le Congo est un pays riche, rempli de matières premières (diamants, or, étain, gaz, pétrole, uranium, coltan…), de forêts, d'eau, de femmes et d'hommes, d'une multitude de tribus rassemblées sous une nation dessinée par les colons, et qui ne correspond historiquement à pas grand-chose. Suite au génocide au Rwanda, les pays voisins ont de plus profité du flou politique et institutionnel au Congo (limitrophe du Rwanda) pour attaquer de toutes parts ce gigantesque pays rempli de trésors.

Et les Occidentaux dans tout cela ? La culpabilité des dirigeants américains et européens quant au génocide au Rwanda les a poussé à mener une politique pro-Rwanda, laissant les rebelles rwandais passés du côté congolais libre de faire ce qu'ils voulaient, aidés par des alliés ougandais et du Burundi…

Mais surtout, les nombreuses richesses naturelles en RDC sont vitales pour les économies occidentales, notamment pour les secteurs automobile, aéronautique, spatial, les hautes technologies et l'Électronique, la joaillerie… Le coltan surtout (dont le Congo détient au moins 60 % des ressources mondiales) est essentiel dans la fabrication des composants électroniques que l'on retrouve dans les TV, les ordinateurs, les smartphones mais aussi certaines armes comme les missiles ! La RDC subit aussi des déforestations massives. Les principaux importateurs ? USA, Europe, Chine. Pas étonnant.

Mais puisque l'intrusion guerrière semble interne à l'Afrique, personne ne peut accuser les USA et les autres puissances occidentales de profiter des ressources et des richesses du Congo en intervenant directement. Non, c'est encore plus pratique de laisser les peuples se descendre entre eux. Parallèlement, les USA soutiennent les dictatures qui se succèdent au Congo et les milices rwandaises et ougandaises. Joyeux.

Pauvreté entretenue et conditions de vie abjectes, viols incessants (et un taux de SIDA atteignant les 20 % de la population dans les provinces de l'est), déplacements de population, outrages, épidémies… : une stratégie de déshumanisation est en place afin de rendre les victimes impuissantes, une situation terrible sur laquelle il n'y a pas de mots assez durs.

 

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″Tant que l'opinion publique abdique, le Congolais reste le ″nègre″ de l'Afrique″. Baloji, Tout ceci ne vous rendra pas le Congo

Les dirigeants occidentaux sont-ils assoiffés de richesses au point de laisser perpétrer un nouveau génocide ? Oui, au point de laisser perpétrer et même couvrir un nouveau génocide. Avec des armes, des entrainements militaires venant de nos élites. Une chose : ce qui se passe au Congo, des affaires politiques et économiques au génocide, n'est pas déterminé par les Congolais seuls, mais aussi par les puissances carnassières, avides de richesses et sans considération pour les peuples.

La situation au Congo sera résolue par les Congolais eux-mêmes. Mais la communauté internationale doit instamment cesser de soutenir Rwandais, Ougandais et toutes les milices perpétuant cet état de guerre insupportable leur permettant de mettre la mains sur les richesses d'un pays sans avoir de compte à rendre personne.

6 millions de morts. Dont la moitié d'enfants en bas âge. Le monde dit ″libre″ – nous – doit impérativement regarder en face ce que sa ″liberté″ laisse faire. Pourquoi tant de violence et si peu de bruit de la part des médias ?  

Est-ce inintéressant pour les européens ? N'est-ce pas assez sensationnel, ce massacre qui se compte en millions de personnes ? Est-ce trop loin de ″chez nous″, appliquent-ils une fois encore cette odieuse ″Loi de proximité″ ? Pourquoi aucune réaction, aucun impact dans l'imaginaire collectif, ni indignation, ni colère, ni émotion ?

Notre devoir en tant que citoyens du monde est donc de faire passer le message. Que le monde sache. Avant que le monde bouge. Il y a des coupables en Europe comme il y en a en Afrique. Le silence des puissants tue autant que le bruit des mitraillettes. Mettons tous les assassins face à leurs responsabilités.

Le Conflit au Congo : La Vérité Dévoilée

Reportage de 26 minutes sur la situation du Congo. Attention ce documentaire comporte des images difficiles à supporter.

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Séraphin
Fréquence Lumière

Source : L’indigné du canapé  via  Les Crises