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WWIII : SYRIE Bachar Al Assad poussé à l’exil vers l’Algérie par Moscou?

Publié le par José Pedro

Vladimir Poutine prince Mohammad bin Salman Al Saud
Vladimir Poutine et le prince Mohammad bin Salman Al Saud, ministre saoudien de la Défense à Saint-Pétersbourg, le 18 juin 2015.
© Michael Klimentyev / RIA Novosti/AFP

Le journal libanais «Al Joumhouria» (La République) évoque un scénario russo-saoudien pour pousser le président syrien vers la sortie et la mise en place d’un gouvernement de transition. Quatre pays seraient approchés pour accueillir Bachar Al Assad : l'Algérie, Oman, l'Iran et la Russie. Les Etats-Unis auraient donné leur accord. Sur le terrain, Daech est aux portes de la capitale syrienne.


Pour Al Joumhouria (lien en arabe), la présence de Bachar Al Assad à Damas n’est qu’une question de temps. Le très informé journaliste Essaad Bechara affirme que Moscou et Riyad sont en train de se rabibocher au détriment de Damas. Le journal rappelle que les relations entre les deux capitales n’ont jamais été aussi bonnes. La Russie a signé l’équivalent de dix milliards d’euros de contrats avec l’Arabie Saoudite. Une embellie qui verra son apogée en octobre 2015 avec la visite officielle du roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud. Mais l’essentiel, selon Al Joumhouriaest ailleurs
 
Genève III. Le ballet diplomatique entre la Russie et l’Arabie Saoudite est impressionnant. Au menu : l’exfiltration de Bachar Al Assad et de ses proches de Damas et l’installation d’un gouvernement d’union nationale pour gérer la transition. Ainsi, la troïka Etats-Unis-Arabie Saoudite-Russie aurait écarté l’hypothèse d’une solution politique avec le maintien de l’actuel président à la tête de la Syrie. «Le processus commencera par un congrès pour unifier l’opposition intérieure et extérieure. Les trois pays ont commencé à élaborer des listes de noms dont ils jugent la présence indispensable. Ils veulent organiser une réunion, appelée Genève III, avec l’opposition et une partie du régime avant d’organiser une période de transition», croit savoir le quotidien libanais
 
Et, toujours selon Al Jamhouria, les Etats-Unis auraient donné leur accord pour laisser partir Bachar Al Assad et ses proches vers les quatre pays susceptibles de l’accueillir : l'Algérie, l'Iran, Oman et la Russie, laquelle aurait émis des réserves.
 
Sur le terrain, les nouvelles ne sont pas très bonnes pour le régime syrien. L’organisation de l’Etat islamique (Daech) est aux portes de Damas. 

Syrie : Daech aux portes de Damas affronte des rebelles islamistes

International - Moyen-Orient

Les jihadistes sont venus de Hajar al-Aswad, un quartier adjacent, où ils sont présents depuis juillet 2014./ AFP
Les jihadistes sont venus de Hajar al-Aswad, un quartier adjacent, où ils sont présents depuis juillet 2014./ AFP

En s'engageant dans des combats de rue contre des rebelles islamistes dans le sud de Damas, Daech se rapproche du centre de la capitale syrienne.Les forces gouvernementales restent vigilantes face à ces affrontements entre islamistes.

Damas va-t-elle tomber aux mains de l'État islamique ? Hier cette organisation terroriste était engagée dans des combats de rue contre des rebelles islamistes, se rapprochant ainsi du centre de la capitale syrienne. Les affrontements ont lieu à Qadam, un quartier du sud de la capitale, où le groupe jihadiste a pris le contrôle de deux rues durant le week-end, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). «C'est le point plus proche du cœur de la capitale atteint par l'EI», a indiqué le directeur de l'ONG, Rami Abdel Rahmane, en faisant état de 15 morts dimanche dans les violents combats qui ont obligé les civils à fuir.

Les jihadistes sont venus de Hajar al-Aswad, un quartier adjacent, où ils sont présents depuis juillet 2014. Une source de sécurité syrienne a confirmé des combats dans ce secteur. «Nous sommes très contents qu'ils se battent entre eux mais nous sommes très vigilants afin de réagir s'ils avançaient vers les secteurs tenus par le gouvernement», a-t-elle dit.

Selon l'OSDH, le quartier de Qadam était relativement calme depuis l'entrée en vigueur il y a un an d'une trêve entre rebelles et forces du régime. Les partisans de Daech ont diffusé, sur les réseaux sociaux, des photos montrant les zones désormais sous son contrôle, dans le quartier d'al-Qadem, ainsi qu'une carte indiquant que les combattants de l'organisation sont à environ 10 kilomètres de la Grande Mosquée des Omeyyades, située au centre de Damas.

Dans le même contexte, «Jaych al-Islam», l'une des plus importantes factions de l'opposition syrienne, a annoncé avoir lancé une offensive contre les positions de Daech dans le quartier de Hajar Aswad, considéré comme l'un des bastions de l'organisation, à Damas. «Jaych al-Islam» avait déclaré, dans un communiqué publié plus tôt dans la journée, que cette opération a été menée pour faire baisser la pression exercée par Daech sur les forces de l'opposition, dans le quartier assiégé d'al-Qadem. Situé au sud de la capitale syrienne, le quartier de Hajar Aswad est l'un des plus vastes de Damas. Et c'est à partir de cette zone que Daech a démarré ses opérations contre l'opposition syrienne. En avril dernier, l'organisation avait lancé une violente offensive contre les factions de l'opposition, dans le camp de Yarmouk, adjacent au quartier de Hajar Aswad.

Ailleurs en Syrie, le Front Al-Nosra, la branche locale d'Al-Qaïda, et leurs alliés islamistes se sont rapprochés du village chiite de Foua, en prenant la localité limitrophe de Sawaghiyé, dans la province d'Idleb (nord-ouest). Foua est avec l'autre village chiite de Kafraya ainsi que l'aéroport d'Abou Douhour les trois dernières poches tenues par le régime dans cette province proche de la Turquie, aux mains des rebelles.


Le temple de Bêl rasé : la confirmation

Désormais il n'y a plus aucun doute. Le groupe État islamique a rasé le joyau de l'Humanité que représentait le temple de Bêl dans la cité antique de Palmyre en Syrie, et les experts sont convaincus que la rage destructrice des jihadistes se poursuivra.

«Ils ont tué Palmyre», s'est lamenté hier le directeur des Antiquités de Syrie, Maamoun Abdelkarim, après la diffusion dans la nuit de photos satellitaires de l'ONU confirmant la destruction du plus grand temple du site. «Il s'agissait du plus beau symbole de toute la Syrie. Et nous l'avons perdu à tout jamais», a-t-il ajouté, en y voyant «le dernier acte avant la destruction complète de Palmyre». Lundi soir, l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar) a déclaré pouvoir «confirmer la destruction du bâtiment principal du temple de Bêl ainsi que celle d'une rangée de colonnes qui le jouxte», après avoir comparé des images satellite avant et après l'explosion.

Sur une image datée du 27 août, une structure rectangulaire entourée de colonnes est clairement visible, alors que sur un autre cliché pris lundi, on ne distingue plus que quelques colonnes, en bordure du site.

Ce temple érigé il y a 2 000 ans est le plus connu des monuments de la ville antique, qui figure au Patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco et qui était visité avant la guerre par 150 000 touristes chaque année.

L'EI s'était emparé le 21 mai de Palmyre, à 205 km à l'est de Damas, après en avoir chassé les forces gouvernementales, suscitant aussitôt la crainte pour l'avenir du patrimoine syrien.

Le 23 août, les jihadistes avaient totalement détruit à l'explosif le temple de Baalshamin. Quelques jours plus tôt, ils avaient mutilé le corps de l'ex-patron des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Assad, 82 ans, après l'avoir exécuté puis pendu à un poteau.

 

 

Moscou n’a pas entamé d’opération militaire en Syrie, contrairement aux dires des médias israéliens

Les avions militaires russes Su-27
Source: RIA NOVOSTI
Les avions militaires russes Su-27

Une source dans le ministère russe de la Défense a démenti les informations non-confirmées de certains médias sur une prétendue intervention militaire russe en Syrie, en soulignant qu’aucune opération de ce type n’est actuellement en cours.

«Aucun déplacement d’avion militaire russe dans la République arabe syrienne n’a eu lieu. L’aviation russe de combat se trouve stationnée sur des bases (…), en pleine conformité avec le plan de disponibilité opérationnelle», a déclaré la source à RT, réfutant ainsi les suggestions du site d’information israélien Ynet News.

Auparavant, ce site d’actualité a affirmé, en citant des «diplomates occidentaux» anonymes, qu’une force expéditionnaire serait déjà arrivée en Syrie et aurait même établi un campement dans une base aérienne «contrôlée par Assad», le tout afin de combattre Daesh (Etat islamique). Ynet News suggère que des «milliers de militaires russes» doivent affluer en Syrie dans les semaines à venir, créant ainsi «un défi pour la liberté d’opération des Forces aériennes israéliennes dans le ciel du Moyen-Orient».

 

 

D’après le site, la Russie serait également en train de mener des négociations secrètes avec l’Iran «afin de préserver le pouvoir de Bachar al-Assad en Syrie contre la menace que représente pour lui Daesh». Toujours plus loin, la diplomatie américaine serait également en pourparlers avec l’Iran, avec un objectif analogue, celui de coordonner leurs efforts militaires contre Daesh. Ynet News rapporte également, en citant encore une fois «les sources diplomatiques occidentales», que Washington serait au courant de la prétendue intervention de Moscou en Syrie, mais choisirait de ne pas réagir à ces informations.

L’auteur du rapport, Alex Fishman, contacté par RT, a refusé de discuter de la légitimité de sa source. «Je ne parle pas de mes sources, excusez-moi», a-t-il déclaré. «Je ne publie pas quelque chose sans une source infaillible. J’ai travaillé sur les champs de bataille ces 40 dernières années. Donc vous pouvez imaginer que c’est une source très, très fiable», ne révélant toujours pas d’où provient l’information.

 

Depuis le début de l'intervention aérienne anti-Daesh début août, la Russie s’est prononcée à plusieurs reprises contre les frappes aériennes visant les extrémistes de cette organisation djihadiste, les considérant peu efficaces. Moscou appelle par contre à lutter contre les terroristes au sol, en rassemblant pour cet objectif toutes les forces présentes dans la région y compris les forces gouvernementales de Damas et l’opposition syrienne.

En savoir plus : En visite à Moscou, les opposants syriens ont salué l'effort diplomatique russe au Proche-Orient

La Syrie est plongée dans le chaos depuis la début de la guerre civile en 2011. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Londres, elle aurait fait entre 230 618 et 320 000 morts.

 

L’érosion du régime syrien que les observateurs occidentaux annonçaient depuis plusieurs mois, Bachar al-Assad, aujourd’hui, la reconnaît publiquement : ses forces armées s’affaiblissent et il leur faut renoncer à défendre des provinces entières pour se retrancher sur la «Syrie utile» (Libérationdu 27 juillet). En revanche, ce que le dictateur syrien tait, c’est que la rébellion, dans un mouvement asymétrique, se trouve dans une situation exactement inverse. Dès lors, si le régime a atteint ses limites, l’insurrection a encore la possibilité de gagner en puissance.

C’est d’abord sur la question de l’armement que l’opposition gagne du terrain. Grâce à l’appui que lui apportent à présent ouvertement l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, en particulier depuis le réchauffement des relations entre Riyad et Ankara, elle bénéficie d’un équipement qui ne cesse de s’améliorer, en particulier en matière de défense aérienne. En revanche, les forces loyalistes ont déjà utilisé toute la gamme des armes dont elles disposaient - artillerie lourde, bombardiers, missiles Scud B, barils de TNT lancés par hélicoptères, armes chimiques…

«Enclaves»

Bachar al-Assad est confronté au même problème quant aux effectifs de son armée, qui est le dernier pilier du régime. Il a ainsi mobilisé tout ce qui était mobilisable et n’a donc plus la possibilité d’élargir sa base sociale. Quant à la communauté alaouite (environ 10 % de la population) dans laquelle il puise ses forces vives, elle est à bout de souffle. «Nous sommes obligés, dans certaines circonstances, d’abandonner certaines régions pour transporter nos troupes vers la région à laquelle nous sommes attachés» , a reconnu le dictateur dimanche dans le discours où il reconnaissait «la fatigue» de son armée.

D’où l’amnistie promise par le président syrien aux déserteurs - ils sont 70 000 à s’être soustraits à leurs obligations militaires, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme - s’ils regagnaient leur affectation. «En fait, souligne un expert de la Syrie travaillant pour un grand think tank américain, l’armée syrienne a cessé d’être une armée nationale, même si elle se conçoit toujours comme telle. Elle est faible dès qu’il s’agit de mettre en œuvre une stratégie. Elle s’accroche aux territoires restés sous son contrôle, mais ne cherche plus à reconquérir ceux qu’elle a perdus au profit de la rébellion, consentant seulement des sacrifices pour maintenir des enclaves [des bases, en général, ndlr] dans les régions perdues.»

L’opposition n’a pas ce problème : ses effectifs progressent sans cesse, en particulier grâce à l’afflux de volontaires étrangers venus faire le jihad. En même temps, les différents groupes de l’opposition armée commencent à mieux se coordonner - hors l’Etat islamique qui fait en général cavalier seul - et à former des coalitions, comme le montre la création de l’Armée de la conquête (lire pages précédentes), qui regroupe les principaux groupes islamistes dans le Nord. La chance du régime, c’est que les formations les plus radicales, comme le Front al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaeda et l’un des moteurs de l’Armée de la conquête, ne montrent toujours aucune tolérance à l’égard des groupes modérés ou pro-occidentaux. Dans l’Est, on voit aussi une certaine coordination se faire jour dans les opérations menées par la force créée par les Etats-Unis et la Jordanie.

Or, contrairement à ce que les destructions massives et les vastes mouvements de population peuvent laisser croire, peu de forces sont engagées en Syrie. La guerre qui s’y déroule est en fait un conflit de très basse intensité où quelques centaines de combattants de plus peuvent faire la différence sur le champ de bataille.

Triple impasse

Confronté à une lente usure de ses forces armées, le régime, qui se refuse toujours à envisager la moindre négociation, n’a pas grand choix. Il doit sans cesse reculer. Il ne cache plus désormais que sa priorité est de défendre la Syrie utile, soit la côte méditerranéenne, Damas, et l’axe qui les réunit, via les grandes villes de Homs et Hama. En même temps, il lui faut encore compter davantage sur ses alliés, en particulier le Hezbollah et l’Iran. Le récent discours du président syrien apparaît d’ailleurs comme un appel à l’aide afin qu’ils s’impliquent davantage. Mais la médaille a son revers : «Plus ceux-ci s’engagent aux côtés de Bachar al-Assad, plus ils l’affaiblissent en réalité. Téhéran le tient désormais à bout de bras et se substitue de plus en plus à lui. Conséquence : il y a désormais une ligne de fracture entre le régime qui se croit encore un Etat, et l’Iran qui le considère comme un simple acteur du conflit», poursuit l’expert américain.

Même au sein de la communauté alaouite, qui a pourtant le dos au mur, Téhéran suscite une certaine méfiance, peut-être parce que son appui au régime ne s’est accompagné d’aucune aide humanitaire ni de la moindre empathie en faveur de la population.

De son côté, le Hezbollah apparaît de plus en plus aspiré par la guerre en Syrie qui l’oblige à mobiliser des renforts - ils seraient à présent entre 8 000 et 10 000. Tous ces combattants libanais ne suffisent d’ailleurs plus. D’où la présence dans les forces loyalistes de centaines de volontaires hazaras, une communauté chiite d’Afghanistan, recrutés à vil prix en Iran où ils exercent les métiers les plus pénibles. Ils composent la Brigade des Fatimides et le régiment Baqiyat Allah. A leurs côtés, on trouve des chiites pakistanais et même des Houthis yéménites - le régiment Saada - jusqu’à l’attaque, en mars, du Yémen par Riyad.

Avec des forces loyalistes qui s’affaiblissent, une rébellion qui avance mais est loin d’avoir gagné et reste déchirée, un Etat islamique qui occupe un tiers du pays et gagne aussi du terrain, un président syrien qui refuse d’engager des négociations tant que l’opposition demandera comme préalable son départ, la Syrie s’enfonce dans une triple impasse : militaire, diplomatique et humanitaire. Avec une partition de facto, dont on peut douter qu’elle soit une solution : même en pays alaouite, les sunnites sont nombreux, en particulier dans les villes. Ils seraient même aujourd’hui majoritaires à Lattaquié, la capitale de l’éphémère Etat des alaouites sous mandat français.

Par Jean-Pierre Perrin