WWIII : Les Américains donnent l'ordre à la Turquie d'enclencher la Guerre totale au Moyen Orient.

Publié le par José Pedro

La poignée de main avec Obama aura été de courte durée. Le dernier repas de la cène s'est passé sans Poutine. Les agapes parisiennes de la COP21 ont été refusées par Vladimir Poutine.
 
Ces colloques internationaux ou on aime parler de « sauver la planète » sont en général un prétexte pour nos chers dirigeants et leurs suites de se promener et de goûter aux joies des pays visités.
 
On se souvient des frasques des agents du Secret Service d’Obama avec des prostituées à plusieurs reprises. Mais les présidents eux-mêmes ne dédaignent pas quelques joies matérielles… Aux frais du contribuable bien sûr.
 
C’est ainsi qu’au COP21 à Paris, Hollande a invité Obama dans un restaurant chic parisien, l’Ambroisie. On ne connaitra pas le prix du menu, le site internet du restaurant faisant pudiquement l’impasse sur ce détail. Notons d’ailleurs que ce repas se tenait le jour de l’ouverture en France des « Restaus du coeur ». Rien de tel qu’un bon banquet pour célébrer la gamelle gratuite des « sans dents »!
 
Bref! Hollande avait donc invité ceux à qui il est, selon lui, l’égal: Hussein Obama et Vladimir Poutine. Si le führer noir a sauté sur l’occasion en décidant de faire une escapade en convoi (une trentaine de voitures seulement) à travers paris pour rejoindre le restaurant en déclenchant ainsi des embouteillages mémorables même pour les standards parisiens, Vladimir Poutine a décliné l’invitation. En exclusivité, voici le texte intégral du très court message ayant été transmis à Francois Hollande.
 
« Par respect pour les victimes des attentats du 13 novembre 2015, considérant qu’il serait malsain de festoyer en cette période de deuil, le Président Poutine est au regret de décliner votre invitation. »
 
Selon certaines informations, ceci n’a pas gâché la fête d’Obama, Kerry, Hollande, Fabius, et Royal.

Après que le Su-24 russe a été descendu par les Turcs, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a qualifié l’attaque deprovocation planifiée. Allant plus loin, il a insinué que les USA ont donné l’autorisation d’abattre l’avion aux Turcs. Il a expliqué que les pays munis d’armes fabriquées par les USA doivent avoir la permission de ceux-ci avant de s’en servir en opération. L’avion qui a abattu le Su-24 était un F-16 de fabrication US. Il existe effectivement des preuves suggérant que non seulement les USA ont donné leur aval à la Turquie, mais qu’ils tiraient en coulisses les ficelles de l’opération entière.

Deux aéronefs russes ont été attaqués ce jour-là, mais le second incident a été bien moins médiatisé. Un hélicoptère russe a été détruit par des missiles antichars TOW fournis par les USA à l’armée syrienne libre (ASL), qui est parrainée par la CIA. L’hélicoptère était en mission de secours pour retrouver les pilotes disparus du Su-24, et l’attaque a entraîné la mort d’un Marine russe. Du fait que les USA soutiennent l’ASL et lui ont fourni les missiles TOW utilisés dans l’attaque, ils en sont au moins indirectement responsables, si ce n’est entièrement complices. Mais au lieu de présenter des excuses à la Russie, Mark Toner, porte-parole du département d’État US, a justifié la conduite de l’ASL. Il a aussi défendu les agissements des insurgés turkmènes, qui ont tiré sur les pilotes russes lors de leur descente en parachute, un crime de guerre en vertu de la première Convention de Genève. Ce genre d’attitude antagoniste révèle que les USA n’étaient pas contrariés par les attaques contre la Russie.

Dans les mois ayant précédé l’attaque, plusieurs indices ont montré que les USA savaient ce qui allait arriver. Le 3 septembre, les familles des membres du personnel étasunien ont été invitées à évacuer la base aérienne d’Incirlik en Turquie, et ont eu jusqu’au 1er octobre pour le faire. Le 3 novembre, les USA ont déployé en Turquie des avions de chasse F-15, spécifiquement conçus pour le combat aérien. Comme l’EI n’a aucun avion, la cible ne pouvait être que les avions russes. Plus important encore, le 21 octobre, les USA et la Russie ont signé un protocole de désengagement visant à éviter tout clash dans les cieux syriens ». Il imposait de fournir aux USA des informations sur où et quand la Russie effectuerait des sorties. Le Président russe Vladimir Poutine a suggéré que les USA aient transmis ces informations à la Turquie, qui les a utilisées pour abattre le Sukhoi-24.

Dans les mois ayant précédé l’attaque, les faucons de guerre étasuniens exigeaient de plus en plus une confrontation directe avec la Russie, un acte pouvant aboutir à une troisième guerre mondiale. Plusieurs candidats aux présidentielles US, dont Hillary Clinton, ont effectivementdemandé d’abattre un avion russe. Parmi les commentaires les plus catégoriques, on trouve :

Chris Christie : « Mon premier appel téléphonique serait pour Vladimir, et je lui dirais, écoutez, nous allons respecter cette zone d’exclusion aérienne, » ajoutant qu’il abattrait les avions de guerre russes qui violeraient la zone d’exclusion aérienne.

Jeb Bush : « Il nous faut des zones d’exclusion aérienne. L’argument est, eh bien nous entrerons en conflit avec la Russie, peut-être que la Russie ne veut pas être en conflit avec nous. Je veux dire, cette situation est terriblement nécessitée par le leadership US.

Le sénateur John McCain, porte-parole de l’AIPAC, groupe de lobbying sioniste israélien, a suggéré de donner aux rebelles liés à Al-Qaïda des armes antiaériennes pour abattre un avion russe. Une idée qu’il admet lui-même avoir été « ce que nous avons fait en Afghanistan il y a de nombreuses années. » La politique qui a abouti à la naissance d’Al-Qaïda et à la montée des Talibans. Le Qatar a effectivement fait une tentative dans ce sens. Divulgués par des hackers russes de « Cyber Berkut », des documents ont révélé que le Qatar négociait avec l’Ukraine l’achat d’armes antiaériennes, afin d’aider l’EI à abattre un avion russe au-dessus de la Syrie. Il est probable que l’Ukraine a refusé de vendre ces armes, car armer des éléments difficiles à contrôler peut mal tourner. Après tout, les avions US volent aussi dans les cieux syriens. Inonder la région de mains tenant des armes antiaériennes pourrait constituer une menace future pour eux. La Turquie est un intermédiaire bien plus fiable et contrôlable, capable d’abattre des avions russes.

L’une des déclarations des faucons de guerre sans doute la plus importante, provient de Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller à la sécurité nationale. Dans un éditorial pour Financial Times, Brzezinski a suggéré qu’Obama doit exercer des représailles si la Russie continue à attaquer leurs atouts en Syrie, c’est-à-dire, les rebelles liés à Al-Qaïda. Ayant été l’un des cerveaux derrière la création d’Al-Qaïda en Afghanistan, Brzezinski a l’expérience de son usage en tant qu’atout. Il a toujours beaucoup d’influence dans la politique étasunienne, et il suscite un grand respect.

Il est vraisemblable que le dangereux conseil de Brzezinski d’attaquer la Russie a été pris en compte par les décideurs US. Mais au lieu de risquer un conflit direct entre deux puissances nucléaires, la Turquie a servi de chargé de mission. La Turquie avait son propre agenda en attaquant les avions russes, différent des intérêts US. Le Président turc Erdogan s’était déjà engagé dans une position anti-Assad bien au-delà du point de non-retour. C’était au sujet d’un accord de gazoduc avec le Qatar, qui ressemble plus désormais à un rêve. La Russie combat énergiquement non seulement l’EI, mais Al-Qaïda et ses affiliés, qui sont décisifs dans les plans turcs visant à renverser le gouvernement syrien. Le Su-24 bombardait les insurgés turkmènes liés à Al-Qaïda, avant qu’il ne soit abattu.

Le 8 octobre, l’OTAN a fait une déclaration selon laquelle la Turquie pourrait se défendre contre la Russie, après qu’un avion russe, en route pour bombarder des objectifs en Syrie, traverse brièvement l’espace aérien turc. De telles déclarations peuvent avoir encouragé Erdogan à prendre le risque exceptionnel d’abattre un avion russe, en supposant que la Turquie serait protégée par l’OTAN. Le 12 novembre, des pays européens se sont engagés à verser 3 milliards de dollars à la Turquie. Fait intéressant, cette même somme représente ce que la Turquie a estimé perdre, à la suite de sanctions russes instaurées après l’attaque. Il se pourrait que cela ait fait partie de l’assurance donnée par l’OTAN à Erdogan, qu’il ne perdrait rien à persévérer dans l’attaque.

L’État syrien ne montrant aucun signe d’effondrement, même après quatre ans de guerre, Erdogan est devenu de plus en plus frustré. Il se pourrait bien que les USA n’aient pas eu beaucoup de difficulté à persuader le dirigeant turc désespéré qu’il fût dans son meilleur intérêt d’attaquer une superpuissance.

Maram Susli aussi connue sous le nom de « Fille syrienne », est journaliste militante et éditorialiste sur la société. Elle couvre la Syrie et le plus large thème de la géopolitique, en particulier pour le magazine en ligne « New Eastern Outlook ».

NEO, Maram Susli,

Original : journal-neo.org/2015/12/01/us-involvement-in-turkey-s-shoot-down-of-the-russian-jet/

01.12.2015 Author: Maram Susli
 

US Involvement in Turkey’s Shoot Down of the Russian Jet

45344344In the wake of Turkey’s shoot down of the Russian Su-24, the Russian Foreign Minister Sergei Lavrov called the attack a planned provocation. He went further on to suggest the US had given Turkey permission to shoot down the Jet. He explained that countries using US manufactured weapons must ask the US for permission before using them in operations. The aircraft used to shoot down the Su-24 was a US-made F-16. Indeed, there is evidence to suggest that not only did the US give Turkey permission, but that it was moving the strings behind the entire operation.

Two Russian aircrafts were attacked that day, but the second was a far less publicised incident. A Russian helicopter was destroyed by the CIA backed FSA using US provided Anti-Tank TOW missiles. The helicopter was on a rescue mission to find the missing Su-24 pilots and the attack resulted in the death of a Russian Marine. Since the US backs the FSA and provided the TOW missiles which were used in the attack, they are at least indirectly responsible, if not outrightly complicit in it. But instead of apologizing to Russia, US state department spokesman Mark Toner defended the actions of the FSA. He also defended the actions of the Turkmen insurgents who shot at the parachuting Russian pilots, a war crime under the first geneva convention. Such an antagonistic position reveals that the US was not displeased by the attacks on Russia.

In the months leading up to the attack, there were several indicators the US knew it would take place. On September 3rd, the families of US staff members were urged to evacuated out of Incirlik air base in Turkey and were given until October 1st to do so. On November 3rd, the US deployed F-15 fighter Jets to Turkey which are specifically designed for air-to-air combat. Since ISIS has no planes, the target could only have been Russian aircrafts. Most significantly, on October 21st, the US and Russia signed a deconfliction protocol, in order to ‘avoid clashes in Syria’s skies’. This entailed giving the US information about where and when Russia will conduct sorties. Russian president Putin suggested this information was passed on to Turkey by the US and used to shoot down the Sukhoi-24.

During the months leading up to the attack, US War hawks were increasingly calling for a direct confrontation with Russia, an act that could lead to a third world War. Several US Presidential candidates, including Hillary Clinton, were effectively calling for a shoot down of a Russian Jet. Some of the more direct comments included,

Chris Christie: “My first phone call would be to Vladimir, and I’d say to him, listen, we’re enforcing this no-fly zone,” adding that he would shoot down Russian warplanes that violate the no-fly zone.

Jeb Bush: “We need to have no fly zones. The argument is, well we’ll get into the conflict with Russia, maybe Russia shouldn’t want to be in conflict with us. I mean, this is a place where American leadership is desperately needed.”

The spokesman for the Zionist Israeli lobbying group AIPAC, Senator John Mccain, suggested arming Al Qaeda Linked Rebels with Anti-Aircraft weapons to shoot down a Russian Jet. An idea which he himself admits was “what we did in Afghanistan many years ago”.  The policy which resulted in the birth of Al Qaeda and the rise of the Taliban. Indeed Qatar had been making an effort towards this end. Documents leaked by Russian hackers ‘Cyber Berkut”, revealed that Qatar was negotiating with Ukraine to purchase Anti-Air weapons to help ISIS shoot down a Russian Jet over Syria. It is likely Ukraine refused to sell these weapons, since arming assets which are difficult control could backfire. After all, US Jets are also using those skies. Flooding the region with hand held Anti-Air weapons could pose a threat them in future. Turkey is a far more reliable and controllable proxy which is capable of shooting down Russian Jets.

Perhaps one of the most significant War hawk statements comes from the Former national security adviser Zbigniew Brzezinski. In an Op-ed for the Financial times Brzezinski suggested that Obama should retaliate if Russia continues to attack U.S. assets in Syria, i.e the Al Qaeda linked rebels. Brzezinski, has experience using Al Qaeda as an asset, having been one of themasterminds behind its creation in Afghanistan. He maintains a great deal of influence and respect in US politics.

It is likely Brzezinski’s dangerous advice to attack Russia was taken on board by US decision makers. But instead of risking a direct conflict with two nuclear powers, Turkey was used as a proxy. Turkey has its own agenda in attacking Russian jets outside of the US’s interests. Turkish president Erdogan has already committed himself to an anti-Assad position far beyond the point of no return. This was over a gas pipeline deal with Qatar that is now looking more like a pipe dream. Russia has been actively fighting not only ISIS, but Al Qaeda and its affiliates who are crucial for Turkey’s plans to overthrow the Syrian government. The Su-24 was bombing the Al Qaeda-linked Turkmen insurgents, before it was shot down.

On October 8, NATO made a statement that it would defend Turkey against Russia, after a Russian jet briefly passed through turkish airspace on its way to bomb targets in Syria. Such statements may have encouraged Erdogan to take the exceptional risk of shooting down a Russian Jet under the assumption that Turkey would be protected by NATO.  On November 12th, EU countries committed to pay Turkey 3 billion dollars.  Interestingly this is the same amount Turkey is estimated to lose, as a result of Russian sanctions put in place in the wake of the attack. This could have been Part of NATO’s assurance to Erdogan that he would lose nothing by going ahead with the attack.

Erdogan has become increasingly frustrated, even after four years of war, the Syrian state shows no sign of collapse. It might not have been too difficult for the US to convince the desperate Turkish leader that attacking a super power was in his best interest.

Maram Susli also known as “Syrian Girl,” is an activist-journalist and social commentator covering Syria and the wider topic of geopolitics. especially for the online magazineNew Eastern Outlook”.
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Poutine : le SU-24 russe a été abattu pour sécuriser les livraisons de pétrole de Daesh

Lors d’une conférence de presse donnée à Paris dans le cadre de la COP21, Vladimir Poutine a évoqué les problèmes du climat, mais surtout, le soutien turc aux terroristes et la coalition contre Daesh après qu’Ankara a abattu l’un de ses bombardiers.

Vladimir Poutine a évoqué le bombardier russe abattu par la Turquie la semaine dernière lors de presque toutes ses rencontres bilatérales avec ses collègues qui lui ont demandé de leur expliquer ce qui s’était passé. «La plupart de mes collègues sont d'accord qu'il n'y avait aucun besoin d'abattre le bombardier russe qui n’était pas protégé et ne menaçait pas la Turquie», a déclaré le Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse, à Paris, dans le cadre du sommet de la COP21.

Le président russe a expliqué que selon les autorités turques, ce n’est pas le président Erdogan mais d’autres personnes qui ont donné l’ordre d’abattre le bombardier russe SU-24. Cependant, la Russie ne se soucie pas de savoir si c’est le président ou quelqu’un d’autre qui ordonné d’abattre l’appareil car c’est, de toutes les manières, aux yeux du président russe «une énorme erreur». Deux militaires russes sont décédés suite à «cette action criminelles». «Pourquoi ils l’ont fait ? Il faut le leur demander», a souligné le chef de l’Etat russe.

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La Russie a tout de même des raisons à penser que son appareil a été abattu pour sécuriser les livraisons de pétrole de Daesh à destination des ports turcs où l’or noir sera chargé à bord de pétroliers. «La protections des turkmènes [de Syrie] n’est qu’un prétexte», a estimé Vladimir Poutine. Le président russe base ses conclusions sur des informations additionnelles que Moscou a obtenues et qui établissent que le pétrole des gisements contrôlés par l’Etat islamique arrive en Turquie dans des volumes industriels.

Lorsque quelqu’un utilise les terroristes pour atteindre des «buts politiques momentanés», il est impossible de créer une large coalition pour lutter contre Daesh, a expliqué Vladimir Poutine. Le chef de l’Etat russe a néanmoins exprimé un espoir de coopération fructueuse avec la France dans la lutte contre le terrorisme.

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Le bombardier russe abattu par la Turquie pèse lourdement sur les relations russo-turques. «Mais ce n’est pas notre faute, ce n’est pas notre choix», a souligné le président russe. Les problèmes sont apparus il y a longtemps. Nous avons prévenu les autorités turques que des terroristes actifs dans le Caucase Nord, en Russie, étaient apparus dans des régions de Turquie où ils ont vécu protégés par la police et les services de sécurité, profitant du régime sans visa pour revenir en Russie «mais la Turquie n’a pas réagi», a regretté le président russe.

Les problèmes climatiques ont été aussi évoqués lors de cette conférence de presse. Vladimir Poutine a reconnu que la préservation des forêts, grandes consommatrices de CO2 coûtait très cher. Cependant, il faut préserver «les poumons de la planète» des changements climatiques négatifs, a souligné le président russe.

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La Russie entend, pour sa part, prendre des engagements sérieux s’ils sont juridiquement contraignants. Vladimir Poutine a exprimé l’espoir que la conférence «se termine de façon appropriée, par la signature d’un accord».

Poutine accuse les USA de collusion dans la destruction du bombardier russe

La tension entre la Russie et les États-Unis continue de monter après que le président russe Vladimir Poutine a accusé Washington d’avoir fourni à Ankara les détails du plan de vol de l’avion russe abattu par la Turquie en Syrie mardi dernier. Le président américain Barack Obama a signé un projet de loi de Défense transfèrant des centaines de millions de dollars à des milices combattant les forces soutenues par la Russie en Ukraine et en Syrie.

Le bombardier Su-24 a été abattu par un avion de chasse turc avec la justification qu’il était entré une quinzaine de secondes dans l’espace aérien turc. Un des deux pilotes a été tué par des tirs des forces turkmènes en Syrie alors qu’il descendait en parachute après s’être éjecté. L’autre a été secouru par les forces spéciales russes et syriennes, avec la perte d’un sauveteur marin – suscitant l’accusation de Poutine qu’Ankara agissait en « complice des terroristes ».

Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français François Hollande au Kremlin, Poutine a accusé les Etats-Unis de transmettre à la Turquie les plans de vol d’avions russes. « Le côté américain qui conduit la coalition dont fait partie la Turquie connaissait le lieu et l’heure des vols de nos avions et nous avons été frappé exactement là et à ce moment » a-t-dit.

Washington a réagi à la destruction de l’avion russe en intensifiant de façon provocante son financement des forces mandataires combattant la Russie.

Selon des informations parues vendredi, sur les $607 milliards de la Loi de Défense nationale (NDAA) des centaines de millions sont prévus pour armer des forces en Ukraine et en Syrie. $300 millions sont destinés aux forces de sécurité du régime ukrainien qui mène une guerre civile sanglante contre les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine. Près de $500 millions iront à la formation de «rebelles modérés» combattant le régime syrien soutenu par la Russie.

La réponse de la Turquie a été tout aussi belliqueuse. Erdogan a lancé à Poutine, « Honte à vous. Ceux qui prétendent que nous achetons du pétrole de Daech [EI] sont tenus de le prouver. Si non, vous êtes un calomniateur … Je pense que s’il y a un camp qui doit présenter des excuses, ce n’est pas le nôtre ».

« Ceux qui mènent ​​une campagne militaire avec le prétexte de lutter contre Daech prennent pour cible des opposants anti-régime », a-t-il dit. « Vous dites que vous vous battez contre Daech. Excusez-moi, mais vous ne combattez pas Daech. Vous tuez nos frères turkmènes ».

Erdogan a dit qu’il pourrait parler avec Poutine à la conférence sur le climat à Paris cette semaine mais Poutine a jusqu’ici refusé de le contacter sans avoir reçu d’excuses, a déclaré vendredi son aide Yuri Ushakov.

Auparavant, Erdogan avait dit à la station de télévision France 24: « Si nous avions su que c’était un avion russe, peut-être l’aurions nous averti autrement ».

La réponse belliqueuse des pays de l’OTAN à la destruction du bombardier russe pose directement le danger que leur conflit avec la Russie ne dégénère en guerre totale. Elle a déclenché une réplique furieuse de Poutine.

Celui-ci a traité l’affirmation que le gouvernement turc n’aurait pas abattu l’avion s’il avait su qu’il était russe, comme l’a suggéré Erdogan à la télévision française, de «foutaises ». Il n’était pas «possible,» a-t-il dit, que l’avion abattu n’ait pas été identifié comme russe. Les avions russes « ont des signes d’identification et ceux-ci sont bien visibles ».

« Si c’était un avion américain, auraient-ils frappé un Américain »? a-t-il demandé. « Mais la réponse qu’on nous donne c’est qu’ils n’ont rien à se reprocher … On a l’impression que le gouvernement turc cherche à pousser consciemment les relations russo-turques dans une impasse ».

Poutine a de nouveau affirmé que la Turquie achetait du pétrole de l’État islamique. Il n’y avait « aucun doute » que le pétrole du territoire «contrôlé par les terroristes » en Syrie allait en Turquie, a-t-il dit. « Nous voyons depuis le ciel où se dirigent ces véhicules. Ils vont vers la Turquie, jour et nuit ».

Il a accusé la Turquie de parrainer le terrorisme: « Ces barils ne transportent pas seulement du pétrole, mais aussi le sang de nos citoyens, car avec cet argent les terroristes achètent des armes et des munitions, puis montent de sanglantes attaques ».

Mercredi, le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a annoncé que l’armée russe allait déployer son système de missiles S-400 dans la province syrienne de Lattaquié qui borde la Turquie et depuis la mer vers la même région le croiseur lance missiles Moskva. Le système S-400 peut atteindre des cibles à 400 km.

Commentant la décision, Poutine dit: «Nous n’avions pas ces systèmes en Syrie parce que nous croyions que notre armée de l’air fonctionnait à une altitude hors de portée des terroristes … Nous ne pensions même pas que nous pouvions être frappés par une partie que nous considérions être un partenaire … nous pensions que la Turquie était un pays ami. »

La Russie a mené des bombardements dans la région frontalière occupée par les forces turkmènes.

La Turquie fera l’objet de sanctions économiques majeures de la part de la Russie. La Russie est le deuxième partenaire commercial de la Turquie ($30 milliards annuels) tandis que la Turquie est l’une des grandes destinations étrangères de touristes russes.

Le premier ministre Dmitri Medvedev a déclaré jeudi que Moscou avait l’intention de couper les relations économiques avec la Turquie et annuler des projets d’investissement dans les 48 heures en réponse à un « acte d’agression contre notre pays ».

Le ministre russe du Développement économique Alexeï Ulyukayev a dit que les sanctions toucheraient TurkStream, le projet de gazoduc depuis la Russie vers la Turquie annoncé par Poutine en décembre dernier et la centrale nucléaire d’Akkuyu, la première centrale nucléaire turque à être construite par la Russie.

Le ministère russe de la Défense a annoncé jeudi qu’il avait suspendu tous les « canaux d’interaction » avec l’armée turque, dont une hotline devant éviter les affrontements dans l’espace aérien syrien.

L’office russe du tourisme a aussi suspendu les voyages en Turquie, ce qui pourrait coûter à celle-ci $10 milliards. Vendredi, il y eut des appels à interdire les importations de tous les produits en provenance de Turquie. Les médias russes rapportèrent ce jour-à que les camions transportant des marchandises turques restaient bloqués à la frontière.

Dans la ville de Krasnodar, des dizaines de travailleurs turcs ont été pris dans des razzias et arrêtés pour violation supposée de visa. Dans la région sud du Kouban, le Service russe des migrations a dit qu’il avait arrêté et déporté 39 hommes d’affaires turcs présents à un salon agricole.