WWIII : L'ISLAM ET LA LAÏCITE, pas compatible pour certains. DAESH en est la Preuve que l'on utilise pour faire la Guerre aux ressources naturelles du Moyen-Orient afin de se les approprier.

Publié le par José Pedro

La LAOSOPHIE commence avec SAPPHO. Le Laos ou Peuple de Dieu en tant que réunion de personnes physiques. Dans la Démocratie il semble que l'Islam ne serait pas compatible avec la LAÏCITE. Avec la Laosophie ce serait possible!

File:Pompei - Sappho - MAN.jpg

 

La Laosophie est une philosophie de l'existence, très ancienne puisque nous l'avons fait remonter aux sources mêmes du début de la Philosophie Grecque, soit au VIIème siècle avant notre ère par l'intermédiaire de la première femme philosophe, ou défendue comme telle, je parle de SAPPHO la prêtresse d'Aphrodite de l'Île de LESBOS ou MYTILENE dont nous avons pris comme emblème la tête émanant du sculpteur Grec Praxitélès ou Praxitèle.

Elle serait née vers 630 av. J.‑C. à Mytilène ou Eresós et morte vers 580 av. J.‑C. Elle a été contemporaine du poète Alcée, lui aussi originaire de Lesbos. Il s'agit bien entendu de la poétesse et philosophe, et non celle du même nom qui était Lesbienne parfois dite « Sappho d'Érèse », joueuse de lyre, ou courtisane. Un résumé de sa vie et une monnaie de son époque, trouvée dans son temple à Erésos, portant les inscriptions LAOS (Peuple) et MNAS (Monnaie), sont relatés ci-dessus dans la présentation de la Laosophie.

Grace à la monnaie, et à la recherche de la toute première Laïcité, car le mot Laïcité, vient de la racine grecque LAOS, on s'aperçois que la Laïcité est beaucoup plus ancienne que la période Révolutionnaire, et qu'elle représente l'ensemble du Peuple (élu et non élu), qui s'organise avec ses croyances diverses, sans remettre en cause le pouvoir temporel, avec la latitude de rendre hommage aux Dieux, ce que fait SAPPHO en tant que prêtresse d'Aphrodite, et aux 12 Dieux de l'Olympe, en particulier ZEUS, qui accorde le Libre Arbitre aux hommes, et l'autodétermination dans l'organisation sociale.

La Laosophie est donc un Gouvernement du Peuple par le Peuple et pour le peuple, ce qui est déjà dans notre constitution article 2 de la Vème République, mais également la devise des USA par Abraham Lincoln. Selon la célèbre formule d'Abraham Lincoln (16e président des États-Unis de 1860 à 1865) prononcée lors du discours de Gettysburg, la démocratie est « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». C'est l'une des définitions canoniques couramment reprises, ainsi qu'en témoigne l'introduction de la Constitution de 1958 de la Cinquième République française.

Cette définition est proche du sens étymologique du terme démocratie. La démocratie est décriée, car dans sa forme, et on le voit bien le Diable se glisse dans les détails, ce qui est à l'origine de la racine Demos. Il est souvent repris dans les dictionnaires modernes que le mot démocratie signifie « pouvoir du peuple » (demos kratos). Cependant plusieurs racines semblent désigner le mot peuple

–Ochlo du grec « okhlo » semble désigner un groupe d’individu dans son ensemble abstrait. Souvent traduit par « foule » ou « populace »

–Laos toujours en grec semble signifier la même chose mais avec une notion d’ensemble davantage défini comme celui d’une tribu, une nation, un ensemble qui partage une même culture.

-Le démos, vient de daiomai qui signifie « diviser « partager » (racine « dia ») . Chez Homère le « demos » peut signifier « une parcelle » ou « une part de territoire ».

Un peu plus étrange :

Le substantif daimon (de daiomai) a donné par la suite le terme démon. Il avait une connotation moins négative qu’aujourd’hui à l’antiquité en désignant la « conscience » qui fait la part entre le bien et le mal. L’étymologie de diable serai également intéressante à approfondir car elle partage la même racine dia-balos qui signifie « séparer de dieu ». De là à dire que le terme démocratie pourrait signifier « pouvoir du diable » serai présomptueux mais un spécialiste du grec ancien nous donnerait certainement un éclairage intéressant sur le sujet.

 

Sappho la poétesse, Sappho la prêtresse du culte d'Aphrodite, Sappho la Lesbienne de Lesbos (se dit aussi Lesvos, Mytilini or Mytilène) ou l'homosexuelle (rien de moins sûr),Sappho est l'une des quelques poètesse féminines que nous connaissons de la Grèce antique. Elle était née en île de Lesbos en 624 AVANT JÉSUS CHRIST et se suicide en 580 AvJC. Deux villes s'arrachent sa naissance Mytilène et Erésos, mais c'est bien à Erésos dans la partie montagneuse, au 7ème siècle avant notre ère. " La poétesse Sappho, fille de Scamandronymos : même Platon, fils d'Ariston, la dit sage. Je sais qu'il y avait à Lesbos une autre Sapho : une courtisane, pas une poétesse. " et son homosexualité inventée est l'oeuvre de ceux qui pensaient que ces vierges du culte primitif d'Aphrodite devaient avoir des relations entre elles, ce qui est mal connaître le Culte entièrement consacré à l'amour Platonique de la Déesse. Les auteurs comiques crurent que seules les courtisanes jouissaient d'une culture raffinée, aussi ils dépeignirent les poétesses archaïques comme des hétaïres éhontées et ils attribuèrent à Sappho les amours les plus invraisemblables jusqu'à lui donner comme amant le poète Anacréon, plus jeune qu'elle d'un demi-siècle, Archiloque, mort avant qu'elle füt née, Hippona, né après qu'elle fut morte, sans oublier Phaon, etc.

SAPPHO portait un bandeau frontal, qui était chez les grecs un insigne mystique qui signifiait qu'un Dieu la possédait, en l'occurence une Déesse de l'amour mystique. Elle s'adonna au culte de la Déesse dès 12 ans. Déjà à l'époque on distinguait la vie laïque de la vie dédiée à un Dieu ou a une déesse. Elle veillait sur la statue en bois entièrement doré, le Xoanon, taillé dans du bois d'olivier, qui représentait la Déesse, et qu'il fallait habiller, laver et parfumer. L'enfant beignait dans une brûlante ferveur religieuse, et promis à sa Déesse la pureté virginale toute sa vie. La déesse était à la fois vierge et mère, protectrice d'Adonis. Quand Critios I était archonte à Athènes, Sappho quitta Mytilène pour la Sicile, et Pittakos demandat en 596 aux pricipaux meneurs du parti aristocratique de quitter Lesbos. Sappho avait 28 ans. Elle revint à Erésos en 585, mais sappho ne put se résoudre aux changements qui avaient eu lieu et parti pour Mytilène.

Sappho est la plus illustre poétesse de l'Antiquité. Les comiques attaquères plus tard ses moeurs et une légende la montre se jetant dans la mer par désespoir d'amour. Mais cette réputation paraît s'être attachée à son nom longtemps après sa mort, à cause de ses odes, consacrées le plus souvent à l'expression des sentiments passionnés. Elle se servait de la strophe dite sapphique, d'une molesse élégante et harmonieuse. Pendant toute sa période de Jeunesse, elle faisait partie des vierges attachées aux rites des adorations au culte d'Aphrodite avec des cérémonies allant d'une grotte dans la Montagne jusqu'au bord de la Mer en exibant une statue en bois ou Baphomet représentant la déesse, et en lui sacrifiant des colombes.

 

S1

Il s'agit de la ville Antique entourée de rouge de Skala Eresou ou Eréssos, la ville natale et la ville ou la prêtresse a officié le culte d'Aphrodite dans le temple indiqué sur la photo, lieu ou a été retrouvé le jeton monnaie de 30 grammes environ en argent de forme oblongue, comme une grosse olive marquée des deux mots grecs MNAS et LAOS. Ce jeton monnaie donnait droit à chaque citoyen de la ville de sièger aux réunions du Peuple et de voter les lois et les décrêts. On pourrait imaginer qu'il a appartenu à SAPPHO elle-même. 

Ci-dessous la Monnaie en forme de grosse Olive de SAPPHO  LAOS et MNAS.

 Depuis 594-593 av. J.-C. : Naissance de la démocratie en Grèce antique, grâce à Solon, qui écrit la première constitution d'Athènes (sous forme de poème), première constitution écrite au monde, on a la même chose qui s'est produite sur l'île de LESBOS ou Mytilène, avec une création monétaire qui est antérieure aux statères de l'île d'Egine ou aux créseides de Crésus et Alyates. Cette monnaie MNAS LAOS se trouve en fin et à gauche de chacun des plateaux ci-dessous, qui sont des trouvailles originales.

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Il s'agit de la ville Antique entourée de rouge de Skala Eresou ou Eréssos, la ville natale et la ville ou la prêtresse a officié le culte d'Aphrodite dans le temple indiqué sur la photo, lieu ou a été retrouvé le jeton monnaie de 30 grammes environ en argent de forme oblongue, comme une grosse olive marquée des deux mots grecs MNAS et LAOS. Ce jeton monnaie donnait droit à chaque citoyen de la ville de sièger aux réunions du Peuple et de voter les lois et les décrêts. On pourrait imaginer qu'il a appartenu à SAPPHO elle-même. 

 Depuis 594-593 av. J.-C. : Naissance de la démocratie en Grèce antique, grâce à Solon, qui écrit la première constitution d'Athènes (sous forme de poème), première constitution écrite au monde, on a la même chose qui s'est produite sur l'île de LESBOS ou Mytilène, avec une création monétaire qui est antérieure aux statères de l'île d'Egine ou aux créseides de Crésus et Alyates. Cette monnaie MNAS LAOS se trouve en fin et à gauche de chacun des plateaux ci-dessous, qui sont des trouvailles originales.

« Qu’a donc l’islam d’exceptionnel pour refuser la laïcité? »

par Christian Bibollet

Christian Bibollet, membre de l’Institut pour les questions relatives à l’islam au sein du Réseau évangélique suisse (RES), réagit dans Le Temps du 10 avril à un débat sur l’inscription de l’islam dans la société «laïque» Helvétique. Ce débat oppose différentes personnalités genevoises, au nombre desquelles : Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, et Pierre Kunz, président de l’Institut national genevois.

 

 

Par Christian Bibollet | le mercredi, 13 avril 2016

« Qu’a donc l’islam d’exceptionnel pour refuser la laïcité? » par Christian Bibollet

Dans deux articles récents, MM. Pierre Kunz et Hani Ramadan ont fait le procès d’une laïcité qui ne permet pas aux musulmans de vivre pleinement leur religion. A la suite de Pierre Manent dont il reprend les idées, M. Kunz nous recommande d’accepter et d’intégrer «les musulmans comme ils sont, avec leurs coutumes et leurs mœurs». Absolument enchanté par ces propos, Hani Ramadan surenchérit: «Disons-le sans détour: il faut aller encore plus loin pour se rendre compte que la grande civilisation de l’islam, dans son essence même, n’est doctrinalement pas soluble dans la laïcité.»

L’islam classique ne conçoit pas de cohabitation avec d’autres religions

Cette affirmation directe a le mérite d’être vraie. En effet, l’islam classique, quand il est majoritaire, ne conçoit pas de cohabitation avec les membres d’autres religions, à l’exception des «gens du Livre» (Juifs et chrétiens), mais à condition que ces derniers acceptent leur état de citoyens de seconde zone, situation dans laquelle vivent les Coptes d’Egypte depuis le VIIIe siècle. Quant aux représentants des autres religions et aux athées, ils ont le choix entre se convertir à l’islam et se retrouver dans la catégorie de ceux dont le «sang est licite», c’est-à-dire qu’on peut légitimement tuer. Le cas des Yézidis d’Irak tombés aux mains de l’Etat islamique a récemment illustré ce point.

L’islam est, par essence, hostile à la notion de démocratie

La «grande civilisation de l’islam n’est doctrinalement pas soluble dans la laïcité» pour une autre raison: elle est, par essence, totalement hostile à la notion de démocratie. L’islam affirme en effet que «Allah» est le seul législateur légitime et que l’homme n’est absolument pas habilité à élaborer des lois et à se doter d’un gouvernement démocratiquement élu. Que certains pays musulmans aient adopté des principes démocratiques est dû aux influences extérieures qu’ils ont subies plutôt qu’à l’islam. L’islam n’est pleinement lui-même qu’en soumettant individus et sociétés à sa loi. Hani Ramadan ne nous dit rien d’autre quand il oppose au processus de sécularisation qui a caractérisé l’Occident le fait que l’islam, au contraire, «définit les normes auxquelles obéissent l’individu musulman, la famille musulmane, la communauté musulmane, et même l’Etat islamique».

La cité idéale est soumise à la charia

Il faut par ailleurs noter que cette cité idéale, soumise à la charia, produit sa propre hiérarchie. Au sommet, il y a «Allah», Maître absolu et inapprochable devant qui le croyant se présente comme un humble esclave. Au-dessous se tiennent ses messagers et ses prophètes. Viennent ensuite les musulmans qui se répartissent en plusieurs catégories. Au plan religieux, il y a l’élite des savants auxquels obéissent les croyants. Au plan social, les hommes libres occupent un rang supérieur à celui des esclaves et les hommes un rang supérieur à celui des femmes. Au-dessous du segment musulman de la pyramide, on trouve les «gens du Livre», et, tout en bas, ce qui reste: les croyants de toutes les autres religions et les athées auxquels l’islam ne reconnaît que les droits mentionnés plus haut: se convertir, fuir ou mourir.

Comme le dit Pierre Kunz, «Contrairement aux catholiques, aux protestants et aux Juifs, les musulmans sont en effet «extérieurs» à l’histoire, à la culture européenne et à nos valeurs». Mais pourquoi le sont-ils? Parce que leurs «coutumes» et leurs «mœurs» sont fondées sur une conception de Dieu et de l’homme particulière. Et pour le montrer, nul besoin d’engager un grand «débat de civilisation» comme le suggère Hani Ramadan. Un débat théologique simple suffirait à expliquer qu’une société établie sur le principe d’un «Dieu rédempteur» diffère profondément d’une société fondée sur celui d’un «Dieu «chef dominateur suprême» (Coran, Sourate 6.18)». Le premier demande la foi et appelle à la vie. Le second exige la soumission et glorifie le martyr.

L’islam est une proposition alternative à la tradition judéo-chrétienne

Il est certain que la religion constitue une «motivation puissante et significative» et qu’elle exerce une influence considérable sur la réalité sociale et politique. Et parce que c’est vrai de l’islam aussi, il est nécessaire d’approcher cette religion pour ce qu’elle est: une proposition alternative à la tradition judéo-chrétienne occidentale. Posons donc la question: pourquoi le principe de laïcité que l’Etat et les religions se sont mis d’accord d’observer conviendrait à tous à l’exception des musulmans? Qu’est-ce que les musulmans ont de plus ou de moins que les autres pour qu’il leur faille des aménagements particuliers?

Les sociétés occidentales ont bien des défauts et une histoire qui n’est pas sans reproche. Mais pourquoi tant de musulmans choisissent-ils de venir y vivre? N’est-ce pas parce qu’ils y trouvent de nombreux avantages qui sont loin d’être exclusivement matériels? Contrairement à ce qu’affirme M. Kunz, ce n’est donc pas d’abord à nous d’avoir «l’ambition d’intégrer les musulmans dans notre société». C’est à ceux qui nous rejoignent de montrer une telle ambition afin de contribuer au bien commun. Une telle attitude rassurera la population et la disposera à se montrer accueillante envers les nouveaux venus. A cet égard, il est juste de saluer ici les efforts de tous ceux qui ont accepté de relever un tel défi.

Christian Bibollet, membre de l’Institut pour les questions relatives à l’islam au sein du Réseau évangélique suisse (RES)

 

« Les racines évangéliques de la laïcité : Roger Williams (1603-1683) » par Jacques Blandenier

FIGURES ÉVANGÉLIQUES 

On le sait trop peu ! L’un des principaux inventeurs de la laïcité est un évangélique ! Il s’agit du pasteur et homme politique Roger Williams. Au XVIIe siècle, bien avant les Lumières et la Révolution française, il donna une constitution à l’Etat de Rhode Island en Amérique du Nord où Eglise et Etat étaient clairement séparés et où la liberté de conscience, y compris pour les musulmans, était garantie. A découvrir.

Par Jacques Blandenier | le jeudi, 14 avril 2016

 
 

Le pasteur et homme politique Roger Williams figure sur le Mur de la Réformation à Genève. Il est pourtant un illustre inconnu pour la plupart d’entre nous ! Fondateur de la première Eglise baptiste aux Etats-Unis (1638) (1), il est un précurseur dans la lutte pour la liberté religieuse et le principe de la séparation entre l’Eglise et l’Etat. On a dit avec raison qu’il est « l’un des principaux inventeurs de la laïcité » (2).

Né en Angleterre en 1603, il fut scandalisé par les luttes sanglantes qui opposaient anglicans et catholiques, ainsi que par la persécution dont souffraient puritains et indépendants de la part l’Eglise anglicane (3). Parmi les victimes, certains quittèrent leur pays pour fonder les premières colonies américaines. Les premiers de ces immigrants, les Pères Pèlerins, vécurent la célèbre aventure du Mayflower (1620), et obtinrent une charte royale autorisant la fondation de la colonie du Massachusetts, avec les agglomérations de Plymouth, puis de Boston.

Juriste et théologien

Roger Williams avait fait des études de droit et de théologie. Devenu pasteur, il dut affronter de vives résistances et des menaces en raison de sa conviction séparatiste (voir note 2). C’est ce qui motiva son départ pour l’Amérique. Il embarqua avec sa jeune épouse en décembre 1630. Mais dès son arrivée à Boston, il fut choqué en apprenant que le pouvoir civil emprisonnait ou mettait au pilori ceux qui désobéissaient à l’un des Dix Commandements. Et que la peine de mort était appliquée pour divers délits de religion.

En outre, il prit à maintes reprises et avec énergie la défense des Indiens, tentant de plaider leur cause face aux injustices qu’ils subissaient de la part des colons, ce qui lui valut l'inimitié de ses compatriotes, surtout lorsque, dans divers pamphlets, il se mit à traiter de voleurs les colons qui s'emparaient par la force et sans aucun dédommagement des terres que les Indiens occupaient depuis des temps immémoriaux. Il contesta la valeur légale de la charte octroyée par le roi d’Angleterre à la colonie du Massachusetts, dont les colons se réclamaient pour occuper les terres des Indiens. « Le roi d’Angleterre n’est pas en droit d’octroyer à quiconque ce qui ne lui appartient pas ! » affirmait-t-il. Les génocides successifs dont ont souffert les Indiens, étaient en totale contradiction avec la conviction pacifiste qui animait Williams (4).

Non à l’Etat chrétien !

Résolu à refuser tout salaire de l'Eglise établie, financée par le pouvoir civil, il entreprit de subvenir aux besoins de sa famille et de son ministère en cultivant la terre et en commerçant avec les Indiens. Grâce à sa grande facilité à apprendre les langues étrangères (il publia même une Clef pour comprendre les rudiments des langues indigènes), il put nouer d’excellents contacts avec eux. « Dès le commencement de ses randonnées parmi les tepees et les wigwams, il reçut un accueil courtois et même chaleureux. Son respect pour les traditions, les coutumes et les intérêts indigènes, sa déférence pour les chefs indiens, lui avaient ouvert bien des portes. » (5)

En raison de ses conflits avec les dirigeants de la colonie, et de son désaccord avec le projet des puritains d'instituer des Etats chrétiens en Amérique, Roger Williams fut banni « pour avoir conçu et divulgué diverses opinions nouvelles et dangereuses contre l’autorité des magistrats ». Il quitta le Massachusetts et créa en 1536 la colonie du Rhode Island (le plus petit des 50 Etats formant les Etats-Unis actuels), où sa femme et ses enfants le rejoignirent. Malgré ses nombreuses activités politiques et pastorales, il continua à se consacrer aux Indiens et à les évangéliser avec des résultats encourageants – une mission qui n’était nullement apparue comme nécessaire aux yeux des puritains.

La liberté de conscience et de culte, y compris pour les musulmans !

Avec quelques amis, il rédigea pour Rhode Island des statuts qui en firent le premier Etat au monde ayant inscrit dans sa constitution la liberté de conscience et de culte. A ce titre, il devrait être reconnu pour occuper une place éminente et novatrice dans l’histoire de l’Eglise et de la philosophie politique (6). Dès sa fondation, la colonie se voulut terre d’asile pour toutes les minorités religieuses. En raison de la politique répressive des autres colonies de Nouvelle-Angleterre, Williams et ses concitoyens accueillirent massivement sur leur territoire des réfugiés quakers et, en 1658, une quinzaine de familles juives sépharades. Il admettra aussi sans hésitation le principe d’accorder aux catholiques et aux musulmans la liberté de s’établir dans la colonie.

Selon la charte de 1663, « personne dans la colonie ne devra être molesté, puni, inquiété ou mis en examen pour une quelconque différence d’opinion en matière de religion, dans la mesure où elle ne perturbe pas la paix civile dans ladite colonie. »On reconnaît l’influence prépondérante de la pensée de Williams dans la claire séparation qui existe toujours aux Etats-Unis entre le pouvoir politique et le statut de totale liberté dont jouissent les communautés religieuses de toute obédience, si nombreuses et influentes qu’elles soient.

Le socilogue français Jean Baubérot écrit : « Il a énoncé les principes fondateurs [de la laïcité] aussi bien au niveau des finalités (la liberté de conscience, la non-discrimination pour raisons religieuses) qu’à celui des moyens mis en œuvre (la séparation du pouvoir politique et des autorités religieuses, la neutralité de la puissance publique à l’égard des diverses convictions). Et il a appliqué ces principes quand il a exercé des responsabilités civiles. » (7)

Pas de relativisme doctrinal pour autant !

Pour Roger Williams, cette tolérance ne débouche aucunement sur un relativisme doctrinal. Puisque l’Etat n’est pas, comme tel, concerné par l’enseignement religieux et la question du salut, cela doit inciter les chrétiens à s’engager dans l’évangélisation pour éviter que la majorité de la population reste dans l’ignorance de l’Evangile. Il admet l’idée de l’excommunication en insistant cependant pour que l’excommunié ne subisse aucun dommage civil – ce qui diffère évidemment de la pratique de l’Eglise protestante genevoise du temps de Calvin. Williams cependant était un calviniste convaincu sur le plan doctrinal, et, comme tel, il tenait fermement au principe de l’autorité souveraine de la Parole de Dieu (ce en quoi, dit un de ses biographes, il n’était pas « tolérant »). Par contre, il s’appuyait sur l’Evangile pour se distancer de Calvin sur un seul point : le système plus ou moins théocratique établi dans la Genève calviniste. Roger Williams affirme que « c’est en vain que les Parlements d’Angleterre ont autorisé la Bible en anglais dans les maisons anglaises les plus pauvres, et permis aux hommes et aux femmes les plus simples d’étudier les Ecritures, si néanmoins (…) ils doivent être forcés de croire selon ce que l’Eglise croit. »(8) Dans sa verve polémique, il écrit aussi : « Que jamais, ni à Rome ni à Oxford, on puisse dire du Parlement d’Angleterre qu’il a commis quelque acte de violence sanguinaire sur les consciences d’autrui, car ce serait un plus grand viol que s’il avait forcé ou violenté les corps de toutes les femmes sur la terre. »(9)

Dans son combat contre toute coercition dans le domaine de la foi dont chacun est redevable devant Dieu et Dieu seul, Williams fait penser à Sébastien Castellion (dont on a célébré en 2015 le 500e anniversaire de la naissance) qui, un siècle plus tôt, refusant totalement l’usage de la violence dans le domaine religieux, s’était fermement opposé à Calvin suite à la condamnation à mort de Michel Servet. Contrairement à Castellion cependant, Williams ne manifestait aucune tendance au relativisme religieux. Surtout, alors que Castellion était un (brillant) intellectuel de bibliothèque sans responsabilités ni politiques ni ecclésiastiques, Williams était un homme de terrain, profondément engagé à la fois dans l’Eglise et dans la cité – sans aucun risque de mélange entre ces deux domaines. Quelles que soient les vertus de Castellion (fort admirées par les théologiens libéraux d’aujourd’hui), il n’a pas, et il s’en faut de beaucoup, une influence comparable à celle de Roger Williams.

Jacques Blandenier

Notes

1 A ce titre il est étonnant et remarquable qu’il figure sur le Mur de la Réformation, dans la Genève historiquement calviniste !

2 Selon l’historien et sociologue protestant Jean Baubérot, dans sa préface à : Roger Williams, Genèse religieuse de l’Etat laïc, textes choisis par Marc Boss, Genève, Labor & Fides, 2013.

3 L’Eglise anglicane est née de la rupture entre le roi Henry VIII et le pape. Elle conserva néanmoins une structure semblable à celle du catholicisme (épiscopalisme). Durant le règne d’Elisabeth Ière, elle adopta la théologie de la Réforme. Les puritains cependant voulurent aller jusqu’au bout de la réforme de l’Eglise en abolissant l’épiscopat et en instaurant le régime presbytérien préconisé par le calvinisme. L’aile la plus à « gauche » des puritains, baptistes et séparatistes, s’opposaient à tout régime théocratique, en plaidant pour la démocratie et une claire séparation entre l’Eglise et l’Etat.

4 C’est du vivant de Roger Williams qu’eut lieu, en 1674 et1675 le terrible drame de la Guerre du Roi Philip, ce chef indien révolté par la brutalité des colons. Une guerre qui se termina par la totale élimination, entre autres, de la tribu des Mohicans.

5 Robert Farelly, Roger Williams, pionnier de la liberté de conscience, Paris, Carnets de Croire et Servir 95-97, 1989, p. 45.

6 On notera que, deux siècles plus tard, au moment du Réveil spirituel et de la fondation des premières « Assemblées de Frères » (les Eglises à l’origine des communautés qui composent la FREE), le canton de Vaud notamment était encore très éloigné de cette compréhension de la liberté individuelle dans le domaine religieux !

7 Roger Williams, op. cit., préface de Jean Baubérot, p. 3.

8 Roger Williams, Adresse au lecteur, in op.cit., p. 73.

Op. cit., p. 69.

Site de l’Institut pour les questions relatives à l’islam (IQRI)

 
 

Et si l'Histoire se répétait, et si l'on voulait qu'elle se répète?