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WWIII: La Turquie est "Propriétaire" de 90 Bombes Nucléaires dont 60 de type H, Autant qu'ISRAËL! Elle vient de se mettre sous la protection de la RUSSIE.

Publié le par José Pedro

De source turque (renseignements): Erdogan vient d'affronter l’OTAN et il a gagné après avoir pris le contrôle des bombes atomiques.

Tandis que les uns prétendent que l’ambitieuse et sanglante tentative de renverser Recep Tayyib Erdogan n’était qu’une mise en scène, les autres (surtout en Turquie) croient que le chef d’État a bien failli y perdre la vie, à cause de son rapprochement avec la Russie. Un expert sur le Moyen Orient et directeur du Centre Lev Gumilev, Pavel Zarifulline, a fait part à la Komsomolskaya Pravda des renseignements secrets qu’il a reçus de Turquie, d’un haut fonctionnaire turc et d’amis bien informés. Ce qu’ils lui ont dit, c’est que le coup d’État a été préparé avec l’aide de nos « partenaires » d’outremer.

LE BUT EST DE CONTRÔLER

– Pavel, qui sont ces gens qui vous ont donné ces informations depuis la Turquie ? Étant donné la répression en cours, comment restez-vous en contact avec eux ?

– Ils font partie de la classe dirigeante turque et je suis en contact avec eux pour mon travail depuis des années. Certains de ces collègues ont été emprisonnés par Erdogan en 2007, mais ça, c’est une autre histoire. En ce moment, je communique avec un des fameux professeurs turcs, consultant de leurs services de renseignements. Je ne peux évidemment pas vous révéler son nom. Comme des milliers d’autres, il marche sur le fil du rasoir – nous avons eu le même genre de répression en 1937 sous Staline. Nous correspondons dans une « tchat room » privée, par messages codés. Il fait partie de ceux qui soutiennent l’accession de la Turquie à l’Union Eurasienne et non à l’Union Européenne. Et il y a en Turquie beaucoup de personnes influentes qui sont dans le même cas. Pour le gouvernement, l’université et les services secrets, cela ne fait aucun doute: le coup d’État a été préparé par les Américains. Comme tous les autres coups dans le pays depuis 1960. L’armée a toujours interféré dans le processus politique et l’a toujours fait en coordination avec les Américains.

– Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

– Je le cite : « L’Occident, espérant prendre le contrôle du pays par un coup d’État militaire, comme en Égypte, a d’abord soutenu le putsch. Les putschistes n’étaient pas en mesure de réussir sans aide extérieure. Mais l’Occident a sous-évalué le fait que le peuple turc n’accepterait pas un processus anti-démocratique » Par l’Occident, il entend surtout les États-Unis, mais il est possible que les Allemands aient trempé dans l’affaire – eux aussi ont fait pression sur Erdogan. N’oubliez pas que le Bundestag (le Parlement allemand) n’a même pas reconnu le génocide des Arméniens par les Turcs.

TROP DE DIVERGENCES

– Je ne comprends pas pourquoi les USA et l’Allemagne avaient besoin de ce coup d’État.

– Ce n’est pas un secret. La raison principale, c’est le rapprochement avec la Russie. Voici un autre extrait de mes échanges avec ma source : « L’Union Européenne et l’OTAN n’appréciaient pas le rapprochement de la Turquie avec Israël et la Russie. Les États-Unis étaient furieux que la Turquie ait qualifié les séparatistes Kurdes en Syrie d’organisation terroriste, alors que les USA les soutenaient. Ankara et Washington n’étaient pas d’accord sur l’Irak et sur la Syrie. À propos de la crise des réfugiés, l’U.E. a critiqué la Turquie, estimant qu’elle avait le devoir de bloquer l’afflux de réfugiés à tout prix. »

– Le coup était donc inévitable. Et d’origine externe. Sait-on comment il a été préparé ?

– Le noyau organisateur du putsch a été la base aérienne américaine d’Incirlik [située sur la cote méditerranéenne de la Turquie, à quelques centaines de kilomètres de la frontière syrienne ; elle permet de contrôler le Moyen Orient. NdA.] Le commandant en chef de la base, le général turc Bekir Ercan Van, est aujourd’hui arrêté [la base sert aussi à l’armée de l’air turque ; après tout le pays fait partie de l’OTAN. NdA]. Tous les principaux protagonistes sont de là. Selon  mes informateurs, l’ambassadeur US en Turquie, John Bass (qui a d’abord été en poste en Géorgie, où il a aussi dirigé la politique anti-russe) a rencontré plusieurs fois l’ancien commandant de la base aérienne qui a dirigé le coup d’État, Akin Ozturk, et le chef actuel de la base, sous le prétexte de discuter les relations avec les Kurdes en Syrie et en Irak. Les militaires turcs d’un certain rang sortent en général des institutions militaires de l’OTAN ; ils sont pro-Américains. Comme le révèle le contenu des interrogatoires, les conspirateurs – constitués des premier et deuxième échelons – avaient reçu de sérieuses garanties de la part des autorités militaires et diplomatiques US. L’asile politique leur avait été promis en cas d’échec de l’entreprise.

IL Y AVAIT DES BOMBES À HYDROGÈNE

– Et on les a trompés ?

– Non. Mais les Turcs étaient prêts à prendre la base d’assaut en se contentant d’abord de couper l’alimentation électrique. Seulement… des armes nucléaires y sont entreposées.

Ce genre de chose n’était jamais arrivé avant ! C’est pourquoi les Américains ont accepté de ne pas se mêler des arrestations dans la partie turque de la base. Nous devons cette information inédite à notre source. L’hypothèse ridicule de la mise en scène est réservée aux Occidentaux. Alors que le nombre des morts et des blessés (au bout d’une seule nuit : 290 morts et près de 1.500 blessés) suffit à démontrer à quel point l’événement était sérieux.

– Est-ce que le prêcheur de l’opposition Gulen – qui réside aux USA et dont l’extradition a été réclamée par Erdogan – ment quand il dit qu’il n’a rien à voir avec le coup d’État ?

– C’est là encore une « rubrique » à l’américaine, destinée aux Occidentaux bien sûr. Voici ce que ma source a écrit dans son dernier message (nous avons communiqué dans la nuit du 20 juillet):

« Ils [Poutine et Erdogan. NdA] doivent se rencontrer aussi rapidement que possible. Ici, les gens n’arrêtent pas de parler de cette rencontre. Les USA ont tout fait et feront tout pour l’empêcher. Y compris un putsch s’il faut un putsch pour que les deux chefs d’État ne puissent pas se parler. Nous [les Eurasianistes de Turquie, NdA] voyons le salut du pays dans cette rencontre avec Poutine. » J’espère que les répressions ne toucheront pas mon expert et qu’il pourra assister avec les autres Turcs à notre conférence eurasienne d’Ankara, juste après la rencontre des présidents de Russie et de Turquie. Aujourd’hui, on parle de plus en plus de quitter l’OTAN. Erdogan ferait mieux de choisir cette voie et de devenir l’Hugo Chavez islamique. Sinon, il lui faudra se préparer au prochain coup d’État.

COMMENTAIRE D’UN EXPERT MILITAIRE

Igor Korotchenko, rédacteur en chef du magazine Défense Nationale

– Je n’ai rien de sûr qui me permette d’affirmer que le coup a été préparé par les Américains. Mais le fait qu’ils étaient au courant (grâce aux compétences de la CIA et de la NSA) et qu’ils y avaient intérêt est certain. Ils se sont contentés de ne pas en informer Erdogan, dans l’espoir que la réussite du putsch leur serait favorable. La base d’Incirlik héberge des Américains, donc des employés de la CIA. Je n’y ai jamais mis les pieds et ne sais donc rien de l’organisation de sa sécurité et de sa défense, ni comment elle est approvisionnée en énergie de sauvegarde. Mais dans nos bases russes, il est impossible d’arrêter l’alimentation en énergie, même quand on coupe l’électricité.

Victor BARANETS, observateur militaire « KP »:

– Selon les diverses évaluations, la base aérienne d’Incirlik abrite jusqu’à 100 bombes nucléaires américaines. On a réellement besoin d’électricité pour contrôler l’état des munitions, pour assurer leur protection. En cas d’accident, des moteurs diesel se déclenchent automatiquement, mais ils ne peuvent pas fonctionner indéfiniment. Si les Américains tombaient à court de combustible, il pourrait y avoir du vilain. Bien qu’il fût turc, le commandant de la base n’a donné l’ordre de couper que la partie turque d’Incirlik. Vous devez comprendre que cette base héberge des avions américains et des avions turcs, et quand il y a des opérations, il s’y trouve aussi des avions de Grande Bretagne, d’Allemagne, d’Arabie Saoudite et du Qatar. Toutefois, au moment du coup d’État, il n’y en avait pas.

Permettez-moi de vous rappeler que le commandant de la base, le général turc Van, a demandé l’asile politique aux États-Unis et que cet asile lui a été refusé. Si on le lui avait accordé, il serait aussitôt devenu évident que les USA voyaient ce putsch d’un bon oeil et qu’ils y avaient peu-être trempé. Quoi qu’il en soit, quand les arrestations ont été terminées dans la partie turque de la base, les vols ont repris, l’électricité est revenue dans la partie turque, et la base a recommencé à fonctionner comme à l’accoutumée.

Leonid Timoshin

Source :  http://www.kp.ru/daily/26557/3573608/

Via :  http://www.fort-russ.com/2016/07/secret-turkish-intellige…

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/

24 juillet 2016

Turquie, mais qui soutenait Erdogan ?

« On aurait pu s’attendre, considère Peter Schwarz, à ce qu’une insurrection armée dans les rangs de la deuxième plus grande armée de l’OTAN, avec laquelle l’armée américaine et l’armée allemande collaborent dans la structure de commandement de l’Alliance et dans des missions de guerre quotidiennes, aurait déclenché une tempête de condamnations, de commentaires et de débats. Mais il ne s’est rien passé de tel. Depuis ces brèves déclarations de défense de la démocratie pour la forme, les politiciens et les médias dirigent presque exclusivement leur critique contre la cible de la tentative de putsch, le président turc Erdogan. Les élites dirigeantes américaines et allemandes sont furieuses qu’Erdogan purge l’État et l’appareil militaire de leurs agents et utilise le coup d’État manqué pour agir contre ses adversaires internes et pour renforcer ses partisans islamistes droitiers. Il n’est pas concevable que les officiers turcs aient osé déclencher le coup d’État sans soutien ni encouragement du côté américain et allemand... »

Revenons au texte de Peter Schwarz...

Michel Peyret


 

Les États-Unis et l’Allemagne furieux de l’échec du putsch en Turquie

Par Peter Schwarz 
20 juillet 2016

À en juger par les réactions des gouvernements américain et allemand au coup d’État manqué en Turquie, il ne fait aucun doute qu’ils soutenaient les rebelles politiquement et avaient espéré qu’ils réussiraient.

Washington, comme Berlin, a laissé passer beaucoup de temps avant de condamner laconiquement le coup d’État; tous deux ne parlèrent clairement qu’une fois avéré l’échec des rebelles.

Le premier à parler dans la nuit du coup d’État fut le secrétaire d’État américain John Kerry, qui a fait une déclaration depuis Moscou à 23 heures, heure locale. À ce moment, il semblait que le coup pouvait réussir et Kerry a évité avec soin de s’engager de façon définitive.

Il a appelé en termes généraux à « la stabilité et à la continuité en Turquie. » Ce fut seulement après que le président turc Recep Tayyip Erdogan eut appelé via « FaceTime » les gens à résister, une demi-heure plus tard, et que la situation eut commencé à tourner, que Kerry et le président Barack Obama ont appelé au soutien du « gouvernement démocratiquement élu de la Turquie. »

Le gouvernement allemand lui, a attendu encore plus longtemps. Ce n’est que samedi, à 1heure du matin, heure allemande, que le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, a envoyé un bref message sur Twitter appelant au respect de l’ordre démocratique et à la protection des vies humaines. Plus tard, samedi matin, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier renchérissait et condamnait « toute tentative de modifier l’ordre démocratique en Turquie par la force. » La chancelière Angela Merkel a ensuite condamné la tentative de coup d’État dans une brève déclaration à la presse l’après-midi.

On aurait pu s’attendre à ce qu’une insurrection armée dans les rangs de la deuxième plus grande armée de l’OTAN, avec laquelle l’armée américaine et l’armée allemande collaborent dans la structure de commandement de l’Alliance et dans des missions de guerre quotidiennes, aurait déclenché une tempête de condamnations, de commentaires et de débats. Mais il ne s’est rien passé de tel.

Depuis ces brèves déclarations de défense de la démocratie pour la forme, les politiciens et les médias dirigent presque exclusivement leur critique contre la cible de la tentative de putsch, le président turc Erdogan. Les élites dirigeantes américaines et allemandes sont furieuses qu’Erdogan purge l’État et l’appareil militaire de leurs agents et utilise le coup d’État manqué pour agir contre ses adversaires internes et pour renforcer ses partisans islamistes droitiers.

Il n’est pas concevable que les officiers turcs aient osé déclencher le coup d’État sans soutien ni encouragement du côté américain et allemand. Les tensions entre le gouvernement Erdogan et Washington et Berlin se sont intensifiées ces dernières semaines à propos de la question kurde, de la guerre en Syrie et du rapprochement entre la Turquie et la Russie.

Mais les rebelles et ceux qui tirent les ficelles avaient de toute évidence fait un mauvais calcul. Pour des raisons encore non élucidées, le putsch a mal tourné. Ceux qui l’ont dirigé avaient probablement sous-estimé le soutien public qu’Erdogan pouvait mobiliser.

Si le coup d’Etat avait réussi, Washington et Berlin l’auraient soutenu, comme ils avaient soutenu le coup d’État de 2014 en Ukraine et la contre-révolution sanglante en Égypte l’année d’avant. Si Erdogan était maintenant en prison, comme l’ancien président égyptien Mohamed Morsi, lui aussi démocratiquement élu, ils n’auraient aucun scrupule démocratique. Ils n’ont soulevé la question de la démocratie que parce que cela convenait à leurs calculs politiques.

Alors qu’il n’y a presque pas de critiques des putschistes, les politiciens des deux côtés de l’Atlantique mettent le régime turc en garde contre « la vengeance, les agissements arbitraires, et l’abus de pouvoir » et exigent le respect de « l’Etat de droit et des principes démocratiques. »

Suite à une réunion avec les ministres des Affaires étrangères de l’UE lundi, Kerry a indirectement mis en garde la Turquie qu’elle pourrait perdre son statut de membre de l’OTAN si le gouvernement continuait d’agir contre ses opposants politiques. « L’Adhésion à l’OTAN suppose le respect des principes démocratiques, » a-t-il annoncé.

Merkel, qui n’a manifesté aucun scrupule à signer avec Erdogan le sale accord sur le renvoi des réfugiés vers les pays ravagés par la guerre, a menacé d’arrêter immédiatement les négociations d’adhésion à l’UE si le gouvernement turc mettait ses menaces à exécution et rétablissait la peine de mort.

Les médias jouent dans cette campagne un rôle particulièrement cynique, répandant la propagande gouvernementale et ne cachant pas leur sympathie pour les rebelles.

Dans un éditorial intitulé « Le contrecoup en Turquie, » le New York Times concentre son feu sur la répression par Erdogan et son gouvernement de leurs opposants politiques après le coup d’État. Cachant à peine sa surprise et sa déception devant l’échec du putsch, le journal écrit: « M. Erdogan n’a pas été un ami de la libre expression, affirmant impitoyablement son contrôle sur les médias d’information et restreignant les droits de l’homme et la liberté d’expression. Pourtant, les gens ont répondu par milliers à son appel, faisant reculer les rebelles et démontrant qu’ils appréciaient encore la démocratie, même si M. Erdogan en a réduit le sens. »

Le conservateur Die Welt a publié un éditorial intitulé « Recep Tayyip Erdogan, la victime éternelle, » où il demande carrément: « N’est-ce pas le cas que le seul reproche qui puisse être fait aux rebelles est qu’ils ont échoué? » Bien que le journal réponde par « non », il ne le fait pas pour des raisons démocratiques, mais parce qu’« un coup d’État ne fait qu’entraîner le coup suivant » et qu’une prise de pouvoir militaire crée des martyrs.

Le Welt am Sonntag a accusé les officiers putschistes d’amateurisme, leur attribuant une place « au palmarès des dix tentatives de coup d’État les plus maladroites. » Le journal conclut en exprimant l'espoir que la prochaine tentative ira mieux: « Quand Erdogan aura fermement installé sa dictature islamique présidentielle, il peut arriver que ceux qui ont bloqué le chemin aux chars hier souhaitent un interrègne militaire pragmatique afin de rétablir une démocratie kémaliste. »

Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung fustige le dilettantisme des rebelles sous le titre « Pourquoi le coup a échoué. » Il offre des conseils sur la façon de mieux faire les choses la prochaine fois.

« La question immédiate la plus importante », écrit Rainer Herrmann, « est de savoir comment une armée qui a une longue histoire de coups “réussis” a pu entreprendre une tentative de prise du pouvoir d’un tel dilettantisme. »

« Si les dirigeants des putschistes voulaient réussir », poursuit-il, « ils auraient essayé de contrôler immédiatement les institutions les plus importantes de l’État. Comme leurs prédécesseurs, ils auraient éliminé l’apex civil de l’État. »

Herrmann soutient expressément les objectifs des rebelles. Leur déclaration, écrit-il, contenait des points « que la plupart des opposants de M. Erdogan et son gouvernement sous Binali Yildirim pouvaient également soutenir. » Cependant, les rebelles n’avaient pas réussi à présenter « une feuille de route ou un programme pour les mois à venir. »

Mais cela pouvait être rectifié. « La tentative de coup d’État a été vaincue. Cependant, le mécontentement dans d’autres sections de l’armée et de la police – responsables de la sécurité publique en dehors des grandes villes – est toujours là. »

D’autres articles ont accusé Erdogan de mettre en scène le coup d’État lui-même dans le but de créer un prétexte pour la mise en place d’une dictature personnelle. Politico aux États-Unis a écrit : « Certains responsables et analystes occidentaux prédisent que le coup d’État déjoué deviendra ‘l’incendie du Reichstag’ d’Erdogan – une référence à l’incendie criminel en 1933 du parlement de l’Allemagne qui a servi de justification à Hitler pour suspendre les libertés civiles, marquant le début de la dictature nazie. » Le journal Junge Welt, proche du Parti de gauche allemand, décrit également le coup d’État comme un possible « incendie du Reichstag turc. » Le putsch avorté était « une étape supplémentaire dans un coup planifié de longue date par M. Erdogan, » écrit-t-il

Kerry, Steinmeier et d’autres défenseurs impitoyables des intérêts impérialistes étaient en faveur du coup d’État. Le fait que la base aérienne d’Incirlik, l’un des centres des rebelles, stocke 50 têtes nucléaires américaines est une indication de la sensibilité des intérêts américains impliqués.

Erdogan est un homme politique réactionnaire aux ambitions autoritaires. Mais le règlement de comptes avec lui est la tâche de la classe ouvrière turque et internationale, pas de l’armée turque ou des puissances impérialistes. Un des objectifs, et non des moindres, de la tentative de coup d’État était d’anticiper un tel mouvement venu d’en bas. Si le coup avait réussi l’armée aurait détenu, comme dans les putschs militaires précédents, des dizaines de milliers d’ouvriers militants, les aurait torturés et assassinés, sans que Washington ou Berlin n’y voient rien à redire.

(Article paru d’abord en anglais le 18 juillet 2016)

Des milliers de pro-Kurdes ont manifesté samedi en faveur de la démocratie

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (d.) et son Premier ministre Binali Yildirim le 22 juillet 2016 lors d'une conférence de presse.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (d.) et son Premier ministre Binali Yildirim le 22 juillet 2016 lors d'une conférence de presse. [ADEM ALTAN - TURKISH PRESIDENTIAL PRESS OFFICE - AFP]

Les purges et les mesures fortes après le putsch raté en Turquie se poursuivent. La garde présidentielle, dont presque 300 membres ont été arrêtés, va être dissoute, a annoncé samedi le Premier ministre Binali Yildirim.

"Il n'y aura plus de garde présidentielle, elle n'a pas de raison d'être, on n'en a pas besoin", a déclaré Binali Yildirim samedi à la chaîne A Haber. Au moins 283 membres de cette garde présidentielle, un régiment comptant 2500 hommes, ont été arrêtés après le putsch manqué.

Des membres de cette unité faisaient partie d'un groupe qui a pénétré dans les bâtiments de la télévision publique TRT durant la tentative de coup d'Etat de la semaine dernière, a déclaré Binali Yildirim. Ce groupe a forcé une présentatrice à lire une déclaration proclamant la loi martiale et l'instauration d'un couvre-feu.

Plus de 10'000 passeports annulés

Le ministre de l'Intérieur Efkan Ala a également fait état de l'annulation de 10'856 passeports. Les documents appartiennent soit à des personnes déjà arrêtées soit présentant un risque de fuite.

Il s'agit pour l'immense majorité de passeports de service, verts (anciens députés, certains fonctionnaires, maires,...) ou gris (fonctionnaires en mission à l'étranger, sportifs, membres d'organisations internationales...), ainsi que leur famille proche.

Arrestation de proches de Fethullah Gülen

Une vaste purge est en cours dans le pays contre les réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusé de la tentative de putsch.

Un neveu de Fethullah Gülen a été interpellé à Erzurum (nord-est) et placé en garde à vue, a rapporté samedi l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

La présidence turque a annoncé aussi, samedi soir, l'arrestation de Halis Hanci, présenté comme le bras droit de Fethullah Gülen. Il serait arrivé en Turquie deux jours avant le coup de force, a dit la présidence à la presse.

1200 militaires relâchés

Avant les mandats d'arrêt contre les membres de la garde présidentielle, le président Recep Tayyip Erdogan avait annoncé les gardes à vue de 10'410 militaires, juges, fonctionnaires, et la détention de 4060 personnes, dont plus de 100 généraux et amiraux.

Samedi après-midi, un procureur d'Ankara a annoncé que la justice turque avait remis en liberté quelque 1200 militaires, précisant qu'il s'agit uniquement de soldats non gradés".

Coup porté à l'armée

Autre mesure forte, le passage sous tutelle du ministère de l'Intérieur de la gendarmerie, qui dépendait jusqu'à présent de la Défense. Cette décision est considérée comme un coup porté au prestige de l'armée.

"La gendarmerie dépendra entièrement et définitivement du ministère de l'Intérieur", a déclaré le ministre de l'Intérieur Efkan Ala.

Des gardes à vue de 30 jours

Les gardes à vue pourront durer jusqu'à 30 jours (contre 4 jours actuellement) pour les personnes soupçonnées d'implication dans le putsch manqué du 15 juillet en Turquie, selon un décret sur l'état d'urgence paru samedi au Journal officiel. Celui-ci dissout aussi des milliers de structures considérées comme liées à Fethullah Gülen.

Les organisations qui ont été fermées par le décret sont 1043 établissements d'enseignement privés, 1229 associations et fondations, 19 syndicats, fédérations et confédérations, et 35 établissements de santé, a précisé l'agence Anadolu.

>> Des milliers de pro-Kurdes ont manifesté samedi en faveur de la démocratie:

 

L'actu en vidéo - Publié hier à 17:27

 

ats/fme

Publié hier à 10:01 - modifié hier à 23:00

Des opposants au président Erdogan se rassemblent à Zurich

Turcs et Kurdes se sont entendus samedi à Zurich pour dénoncer à la fois l'état d'urgence en Turquie et le coup d'Etat militaire avorté du 15 juillet. Environ 120 personnes ont répondu présentes à l'appel à manifester.

"Pas de putsch, ni d'AKP (Parti de la justice et du développement, ndlr). La démocratie est la seule solution", pouvait-on lire sur l'une des nombreuses banderoles qui flottaient sur l'Helvetiaplatz, brandies par les protestataires. 

La section européenne du Parti démocratique des peuples (HDP) est derrière l'événement.

Plus de 5000 personnes placées en détention

Selon les chiffres de l'agence Anadolu, plus de 12'500 gardes à vue ont été prononcées depuis les événements de la nuit du 15 au 16 juillet. Et, selon la même source, 5600 personnes ont été placées en détention, militaires, magistrats et policiers mais aussi des "civils", professeurs ou fonctionnaires.

Les armes nucléaires US sont-elles encore en sécurité en Turquie?

La base aérienne d'Incirlik

Les médias occidentaux craignent pour le sort des armes nucléaires américaines déployées en Turquie et exhortent Washington à les retirer de ce pays.

 

"La Turquie n'est plus un endroit sûr pour stocker des bombes nucléaires américaines", écrit dans un article publié par la revue The Foreign PolicyJeffrey Lewis, directeur du programme de l'Asie orientale pour la non-prolifération des armes nucléaires du Centre James Martin pour les  recherches sur la non-prolifération auprès de l'Institut d'études internationales de Monterey.

 

Selon lui, les nombreuses vidéos montrant des chasseurs F-16 survolant à rase-mottes Ankara et Istanbul constituent une des images les plus marquantes de la tentative avortée du coup d'Etat en Turquie. Les chasseurs pilotés par les mutins avaient évidemment besoin d'être ravitaillés en carburant  pour atteindre ces villes. L'avion de ravitaillement avait décollé depuis la base militaire d'Incirlik, l’endroit précis où les armes nucléaires américaines sont stockées. Selon Lewis, ce détail suscite une certaine préoccupation.

"Est-ce une bonne idée de déployer des armes nucléaires américaines dans une base aérienne commandée par quelqu'un qui aurait été impliqué dans la tentative et qui aurait contribué à bombarder le parlement de son propre pays?", s’interroge l'auteur de l'article. 

Selon lui, l'Otan a récemment dépensé 160 millions de dollars pour perfectionner la sécurité dans les sites de stockage  des armes nucléaires, en créant notamment  un nouveau périmètre de sécurité à Incirlik.

Toutefois, si les forces adverses réussissent à contrôler la situation dans un pays  où est stockée l'arme nucléaire américaine, la situation deviendra risquée.

"Une base aérienne n'est pas une forteresse, et elle n'est pas plus capable qu'une ambassade de tenir le siège d'un gouvernement adverse", conclut l'expert.

La base aérienne d'Incirlik

"Les bombes à hydrogènes en Turquie attendent que les malfaiteurs les utilisent"

URL courte

84664227

Selon un magazine américain, le coup d'État en Turquie témoigne d'une situation sécuritaire instable sur la base aérienne d'Incirlik, disposant d'un important stock d'armes nucléaires.

 

L'une des questions les plus importantes pour la sécurité nationale de l'ensemble des pays du monde dans le contexte du coup d'État avorté en Turquie le 15 juillet est celle de savoir à quel point la protection des stocks de bombes à hydrogène sur la base turque d'Incirlik est fiable, lit-on sous la plume de l'observateur du magazine New Yorker Eric Schlosser.

 

"La base d'Incirlik dans le sud-est de la Turquie contient le plus important stock d'armes nucléaire de l'Otan. Samedi matin, l'ambassade américaine à Ankara a publié un +Avertissement sur la situation d'urgence aux citoyens américains+ qui disait que la base d'Incirlik avait été privée d'électricité et qu'il n'était plus possible ni d'y entrer ni d'en sortir. Incirlik a eu à utiliser des générateurs de secours. Il a également été interdit aux avions déployés sur cette base de décoller et d'atterrir. Le niveau d'alerte a été augmenté jusqu'à celui du régime de renforcement des mesures antiterroristes Delta. C'est le niveau le plus haut que l'on décrète en cas d'attentat ou de menace d'attentat", lit-on dans l'article.

 

Dimanche, l'ex-commandant de la base aérienne Incirlik, le général Bekir Ercan Van, avait été accusé de complicité dans l'affaire de la tentative de coup d'État perpétrée en Turquie le 15 juillet dernier et avait été arrêté. A la date de la rédaction du présent article, les vols d'avions américains ont repris, mais la base était toujours privée d'électricité, rapporte le New Yorker. 

 

Par ailleurs, selon Hans M. Kristensen, directeur du Nuclear Information Project at the Federation of American Scientists, plus de 50 bombes à hydrogènes B-61 se trouvent dans les stocks d'Incirlik, soit 35% du nombre total ce type d'armes nucléaires inclus dans l'arsenal otanien. La charge nucléaire de la B-61  peut être modifiée en fonction de la mission concrète et peut s'élever de 0,3 à 170 kilotonnes. A titre de comparaison: la charge ayant détruit la ville japonaise de Hiroshima atteignait 15 kilotonnes. 

Incerlik se situe près de la frontière turco-syrienne et les avions et les drones qui y sont déployés attaquent les troupes du groupe terroriste État islamique. En raison de la proximité de la base des régions syriennes contrôlées par les terroristes et au regard de la vagues d'attentats terroristes commis en Turquie ces derniers temps, le Pentagone a ordonné aux membres des familles des militaires américains qui servent à Incerlik de quitter la base sur-le-champ.

Même si la base d'Incerlik abrite plus de munitions nucléaires que n'importe quelle autre base de l'Otan, elle ne dispose d'aucun avion américain ou turc capable de les transporter.

"Les bombes ne font qu'attendre sous terre le moment d'être utilisées, probablement par des malfaiteurs", conclut l'auteur.

 
 
Lire aussi:
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Erdogan entend rétablir au plus vite la peine de mort

Qui veut une bombe H?

 

Des ogives auraient disparues, cédées à DAESH, et les Américains avec leur flotte en Mer Noire, arrivent sur la Turquie pour espérer, récupérer ce qui reste.

 

Rappel : Samedi 16 Juillet 2016, à Ankara, six F-16s partent de la base d’Akinci, survolent la capitale, brisent le mur du son et bombardent le Parlement, le Palais présidentiel et l’immeuble du MIT. Ils sont ravitaillés grâce à quatre avions citernes provenant de la base Incirlik. C’est de cette base, sous commandement turc, que partent les vols de la coalition contre l’organisation de l’Etat islamique et où sont postées les unités américaines ainsi que quelque 60 têtes nucléaires type H. Ce qui va nourrir la théorie d’une complicité des Etats-Unis, largement sous-entendue par le Président turc lui-même.

Trois hélicoptères sont chargés de mitrailler Turksat (Satellite TV) et Golbasi, le quartier général des forces spéciales de police.
Selon certaines sources, huit avions cargo, chargés d’armes pour les putschistes, partent de Kayseri pour Malatya. Ces derniers auraient prévu de faire envoyer 5000 soldats de Sirnak à Ankara afin d’assurer la sécurité des bâtiments officiels.

En réponse à l’armada massive se dirigeant sur la Turquie pour l'attaquer, Erdogan a immédiatement riposté en prenant en otage les 1500 Américains, civils et militaires, vivant dans la base américaine d’Incirlik, au sud de la Turquie. Il garde aussi les 90 bombes nucléaires déposées dans les bunkers de la base, menaçant de céder la base avec ses bombes à la Russie en cas d’attaque venant de l’OTAN. Dès l'annonce du siège de la base américaine d'Incirlik, Obama a ordonné à l'OTAN de stopper son offensive maritime. Pendant ce temps, la flotte russe de la Mer Noire a été mise en alerte rouge, ainsi que les armées du Sud de la Russie.

Les médias traditionnels occidentaux ne font aucun rapport sur ces évènements, gardés top secret par l’OTAN, par les pays occidentaux et par la Russie. Les Américains sont furieux et Obama est dans la mélasse, parce qu’il ne sait pas comment réagir, à part stopper l’offensive maritime qui était lancée. A l’acte d’agression américain contre la Turquie, consistant à essayer de trucider Erdogan, celui-ci répond donc par un autre acte de guerre extrêmement dangereux : une prise d’otages. La Turquie a commis un acte de guerre contre les États-Unis et le président Barack Obama et le Pentagone ne savent absolument pas comment réagir. La base militaire US d'Incirlik en Turquie est en état de siège par la police turque et militaire depuis le coup d'État contre Recep Erdogan samedi dernier. L’électricité de la base a été coupée et personne n'est autorisé à entrer ou sortir. Cette histoire est rapportée par Rick Wiles de Trunews.com et aussi par Debka File.
De Debka File :

Quelque 1.500 aviateurs américains et leurs familles sont enfermés dans Incirlik, la base aérienne au sud de la Turquie, qui abrite aussi un stock de bombes nucléaires tactiques depuis que le président Recep Erdogan a écrasé une tentative de coup d'État, le samedi 16 Juillet. Depuis cette date, aucune frappe aérienne contre ISIS en Syrie et en Irak n’a été organisée à partir de cette base.


Cette situation exceptionnelle, rapportée ici par des sources militaires de DEBKAfile, dans lequel un grand nombre de militaires américains sont détenus en captivité virtuelle par un gouvernement allié, a été presque certainement soulevée dans l'appel téléphonique qui a eu lieu mardi entre les présidents Barack Obama et Erdogan. Mais l'aspect le plus bizarre de cette affaire est qu’aucun responsable américain n’a soulevé en public - ni même par les administrations la plupart des critiques vocales à la convention républicaine qui a nommé Donald Trump comme candidat à la présidence.

La base est en état de siège par de grands contingents de police, coupé de l'énergie électrique pendant plusieurs jours, sauf pour les générateurs locaux qui seront bientôt à court de carburant. Cette pression semble être la méthode d'Erdogan de tourner des centaines d'Américains sur la base en otages pour forcer Washington en extradant Fethullah Gulen, qu'il accuse d'avoir orchestré le coup d'État manqué de son lieu d'asile en Pennsylvanie.


Les victimes de la stratégie d'Erdogan d'extorsion sont plusieurs unités américaines déployées en Incirlik sous le commandement de l'escadron. Ils comprennent l'ingénierie, la communication, la logistique, le contrôle de l'air, un hôpital militaire avec des installations médicales et opérationnelles, le transport aérien et plus encore.

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De Trunews.com
Une femme d'un sous-officier piégé dans la base aérienne d'Incirlik a dit au correspondant de TRUNEWS, Edward Szall, que son mari a mangé un seul repas, samedi, dans le restaurant de la base, par manque de nourriture à cause de l’encerclement, et qu’il se nourrit de junk food.
« Il m'a dit que tout le monde est irritable car de nombreux équipements ont été enlevés par les Turcs » a déclaré l’épouse mardi soir.

Une mère d'un des aviateurs séquestrés à l'intérieur d’Incirlik a dit à TRUNEWS que son fils l’a informée son début mercredi que la police turque bloque l'entrée de la base, et que les générateurs électriques – alimentant les opérations aériennes et les bunkers souterrains où sont stockées les bombes nucléaires B-61 – étaient les seuls à fonctionner mais leur alimentation en carburant va s’épuiser. Son fils a également affirmé que le secrétaire d’État à e la Défense, Ash Carter, a mis son veto à un plan visant à transférer l'ensemble du personnel et de l'équipement de la base après le coup militaire a commencé vendredi soir, arguant du fait que ce transfert était «trop cher».

Le 19 Juillet TRUNEWS Rick Wiles a interviewé Hans Kristensen, le directeur du Nuclear Information Project à la Fédération des scientifiques américains, en ce qui concerne les armements nucléaires logés à la base aérienne d'Incirlik. Au cours de l'entrevue, M. Kristensen a déclaré que, pour déplacer les ogives B-61, il faudrait au minimum trois semaines en cas d’urgence, même en y affectant des services militaires d’urgence.
Également de Debka File.. ..
La base est en état de siège virtuel par de grands contingents de police, l'énergie électrique est coupée depuis plusieurs jours, sauf pour les générateurs locaux qui seront bientôt à court de carburant. Cette pression semble être la méthode d'Erdogan de tourner des centaines d'Américains sur la base en otages pour forcer Washington à extrader Fethullah Gulen, qu'il accuse d'avoir orchestré le coup d'État manqué de son lieu d'asile en Pennsylvanie.

Les victimes d'Erdogan sont plusieurs unités américaines déployées à Incirlik. Elles comprennent l'ingénierie, la communication, la logistique, le contrôle de l'air, un hôpital militaire avec des installations médicales et opérationnelles, le transport aérien et plus encore. 
Depuis cet encerclement de la base, les "faux bombardements" contre Daech par les avions américains se sont arrêtés. Ces bombardements consistaient essentiellement à larguer des armes et des munitions, de la nourriture et divers équipements, aux "gentils terroristes", ceux qui mangent le foie de leur victime, coupent la tête à un garçon de 10 ans accusé d'espionnage, ou bien vendent des esclaves sexuelles sur les marchés. Depuis l'encerclement de la base, ces gentils terroristes n'ont plus personne pour les ravitailler. Encore une bourde des Américains, et une petite victoire pour la Syrie et la Russie.
Le commandant de la base turque, le brigadier général Bekir Ercan, est en état d'arrestation, soupçonné d'avoir un rôle principal dans la planification et l'exécution du coup d'État, en attribuant l'avion et des hélicoptères pour le soutenir les comploteurs, il est responsable de la disparition d'un grand nombre d'avions et aurait aidé à la défection des équipages d'avions vers la Grèce.

Qu'a -t-on fait de toutes les ogives nucléaires stockées à INCIRLIK en Turquie. Dans une situation aussi cacophonique qu'un coup d'État, certains éléments ont besoin d'un peu de temps avant de pouvoir faire surface. Maintenant que la poussière semble finalement retombée en Turquie, il est temps de parler de quelque chose de fort troublant qui est simplement passé inaperçu. Pour bien saisir l'importance des événements d'apparence sans signification particulière, nous avez besoin d'un peu de contexte, je le concède.

À travers la mêlée des récentes turbulences, la base aérienne de Incirlik, au sud de la Turquie, fut mise sous son plus haut état d'alerte alors que le courant fut coupé pendant plusieurs heures. Jusque là, rien de vraiment surprenant. Quelque chose a dû arriver, après tout, le Parlement se prenait des bombes en pleine session donc pourquoi pas l'aéroport quant à y être? Oui, mais pas n'importe quelle base aérienne.

La base d'Incirlik est la base militaire que les Américains utilisent pour lancer des missions de bombardement contre l'État islamique au quotidien. Pendant la crise, les avions américains se sont vus interdits d'atterrir ou de décoller sur place «par ordre des autorités locales». Est-ce que la base est toujours en sûreté? Dimanche, le commandant de la base était arrêté avec neuf de ses officiers pour être suspecté d'avoir supporté le coup. Jusque là, je vous comprend encore de vous demander pourquoi je vous écœure avec cette histoire. Le big deal, ce n'est pas que la base que les Américains utilisent dans leurs opérations a été compromise pendant quelques heures par des tensions politiques internes, le BIG DEAL, c'est que cette base contient 25% de l'arsenal nucléaire de l'OTAN. Parmi cet arsenal sont entreposées, entre plusieurs autres, 50 bombes à hydrogène B-61 et 90 bombes nucléaires en tout.

Les bombes ont une puissance de 170 kilotonnes, assez pour faire rougir Little Boy, qui n'a eu besoin que de 16 petites kilotonnes pour complètement annihiler Hiroshima et mettre le Japon à genoux. On parle d'engins dix fois plus puissants. À quel point ces bombes sont-elles réellement sécuritaires aujourd'hui? Après que l'installation eut été mise en danger par le coup raté d'une portion limitée de l'armée, la question se pose très sérieusement et c'est toute la notion d'exportation de la puissance de feu nucléaire qui doit être remise en cause.

Impertinence

Lorsque la Turquie a rejoint l'OTAN en 1952, dans la foulée de la guerre froide, les États-Unis ont cru bon d'exploiter une base à Incirlik en raison de sa proximité avec l'Union Soviétique. À moins d'une heure de vol, elle était géographiquement parfaite pour déployer des bombardiers, des chasseurs ainsi que des avions espion U-2, mais aussi, pour étendre la zone d'influence américaine au Moyen-Orient. En octroyant à la Turquie le droit de rejoindre l'OTAN, les États-Unis avaient en tête que les Turcs seraient éventuellement une forteresse de démocratie séculaire dans un monde arabe toujours pris sous le joug de l'autoritarisme. À l'époque, les programmes de missiles balistiques n'étaient que très peu avancés à travers le monde.

Rappelez-vous que ce sont les Soviétiques qui ont pris le monde par surprise en 1957 en plaçant Sputnik en orbite autour de la terre. Jusqu'alors, il était impossible d'administrer une attaque nucléaire autrement que par un classique largage en règle au dessus de la cible. Évidemment, cette réalité stratégique poussait les deux côtés à développer des avions toujours plus avancés pour la transporter mais aussi pour se défendre contre une attaque ennemie: c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Canada a développé un chasseur-intercepteur supersonique 20 ans en avance sur son temps, l'Avro Arrow.

Ainsi, afin de faire peser la menace nucléaire sur un adversaire, il fallait déployer les bombes le plus près possible de cet adversaire afin de limiter le temps de vol et la vulnérabilité de l'appareil qui transporte l'arme. De plus, il était la croyance populaire dans les forces armées américaines que les armes nucléaires installées dans des pays de l'OTAN servaient aussi à envoyer un message au reste du monde. En déployant des bombes H en Turquie, le message est simple et clair: les Américains sont prêts à s'engager dans une guerre nucléaire dans le cas d'une invasion d'un pays de l'OTAN. Nous défendrons nos alliés comme nous défendrons notre propre pays. Donc, en plus de réaffirmer l'unité de l'alliance, elles étaient sensées décourager une invasion directe d'un pays de l'OTAN en rendant inévitable une réponse atomique.

Aujourd'hui, cette notion de destruction mutuellement assurée afin de préserver la paix peut sembler absurde et contre-intuitive, mais à l'époque, c'était la seule façon de sécuriser les pays limitrophes de l'URSS sans pour autant y déployer un nombre ahurissant de forces conventionnelles. La perception du temps était que les Soviétiques possédaient une armée supérieure à celle des Américains et qu'une confrontation face-à-face devait être évitée à tout prix. Après tout, l'armée rouge venait de libérer l'Europe au coût de 14 millions de morts et de s'établir comme une des plus grandes forces de combat du monde.

«Le simple fait qu'une base contenant de l'armement de guerre aussi sophistiqué puisse tomber entre les mains d'une force armée étrangère donne des frissons dans le dos.»
Progressivement, les bombes à hydrogène d'Incirlik sont devenues de plus en plus obsolètes. Difficiles à larguer, elles sont désormais plus des reliques que des menaces réelles pour la Russie. Quoiqu'elles servent encore un rôle de symbolisme au sein de l'alliance, le Pentagone considère aujourd'hui que leur plus gros avantage est qu'elles découragent les pays hôtes à développer leur propre arme nucléaire. La logique va comme suit: il serait préférable d'armer nos alliés de bombes dépassées plutôt que de les voir s'engager dans leurs propres essais nucléaires et remettre en question l'équilibre de la force et l'hégémonie américaine.

De nos jours, il n'est pas question de larguer une ogive nucléaire depuis un bombardier qui vole 40 000 pieds dans les airs, cet avion se ferait descendre en quelques minutes par un système de défense aérienne. Plutôt, une guerre nucléaire serait menée par le biais de missiles balistiques armés d'une tête nucléaire. Ces projectiles pourraient être dissimulés dans des silos sous-terrains ou encore mieux, être montés à bord d'un destroyer ou d'un sous-marin. Les temps ont changé et lorsque les stratégies défensives changent, les stratégies offensives s'adaptent et vice-versa. La défense ne se fait maintenant plus par système anti-aérien, mais bien par système anti-missile, témoignant de l'évolution de la menace.

Risque incalculé

Cette semaine, nous avons été témoins de la saisie de l'aéroport d'Incirlik. Survolez la base sur Google Maps et vous verrez vous-mêmes les Stratotankers, les A-10 et les F-15 stationnés à ciel ouvert et prêts à décoller. Le simple fait qu'une base contenant de l'armement de guerre aussi sophistiqué puisse tomber entre les mains d'une force armée étrangère donne des frissons dans le dos. Et si la prochaine fois c'était un groupe terroriste? Et si les bombes H tombaient entre les mains d'une organisation qui ne promet pas «maintenir tous les engagements internationaux» de la Turquie? Le jour où ça va arriver, à Incirlik ou ailleurs, il sera trop tard pour y réfléchir.

Depuis le premier jour de leur déploiement, les bombes ont toujours sensées être sous surveillance américaine exclusivement. C'était l'entente. C'est pourquoi lorsque des sénateurs américains ont visité les installations militaires à l'étranger dans les années 60, ils ont été choqués de constater l'étendue de l'amateurisme et du laisser-aller qui s'était installé dans la façon de les protéger. Ils ont écrit un rapport fort critique pour le Président où ils énuméraient leurs inquiétudes: vol d'une arme par un pays allié, utilisation non-autorisée, équipes de surveillance insuffisantes, entretien déficient sur les sites où les Américains n'avaient en fait souvent même pas accès.

Ils sont devenus si nerveux avec la question qu'ils ont même été jusqu'à saboter leurs propres armes déployées à l'étranger. Par-exemple, lors de la crise de Chypre, qui a opposé la Turquie et la Grèce, les Américains étaient si inquiets par la perspective d'une guerre nucléaire entre ses deux alliés de l'OTAN qu'ils ont envoyé des agents secrets pour placer des dispositifs sur les bombes qui empêcheraient une détonation non-autorisée. Le message était clair: ce n'est pas votre jouet, c'est celui de l'OTAN.

Pour en ajouter une couche, en 2010, des activistes pour la paix ont réussi à entrer sur une base militaire en Belgique. Ils ont sauté par-dessus la première clôture et coupé la deuxième avec des cutters avant de pénétrer dans un silo contenant des bombes nucléaires actives où ils ont posé des autocollants pour la paix. Ils se sont promenés pendant une heure sur le site avant d'être interceptés par un soldat belge armé d'un fusil même pas chargé, histoire d'ajouter du ridicule à l'absurde.

Incirlik étant à 150 kilomètres de la frontière syrienne, près des zones contrôlées par l'État islamique, le pentagone était particulièrement nerveux avec la sécurité des lieux. L'armée a même ordonné le retour au pays des familles du personnel de la base afin de limiter le nombre de citoyens américains sur place. Récemment, les clôtures ont été améliorées autour des installations nucléaires d'Incirlik afin de limiter le risque d'entrée par effraction. Toutefois, le débat est loin d'être terminé.

Pourquoi conserver des bombes atomiques à hydrogène dans un pays étranger en pleine période de turbulence alors que ces bombes n'ont même plus la capacité d'être utilisées? Pourquoi volontairement placer une cible de choix à portée des factions terroristes? Malgré le dispositif qui empêche l'utilisation du détonateur sans autorisation, quelques heures de manipulation technique suffiraient pour contourner le mécanisme et quelques secondes suffiraient pour simplement placer une charge explosive sur la bombe et relâcher un nuage radioactif dans l'air.

Fort éloquent de l'inutilité des bombes H en Turquie, aucun appareil présentement stationné à la base n'a les capacités techniques pour larguer les bombes. Ni les Américains, ni les Turcs ne pourraient employer la bombe dans le cas d'un échange thermonucléaire. Elles attendent simplement patiemment dans le silo d'être utilisées, mais pas par les Américains ou les Turcs. Je vous laisse vous questionner sur la pertinence de leur présence à la lumière de ce fait.

Pourquoi prendre une chance avec le sort du Moyen-Orient au nom d'une confrontation d'une autre époque avec un État qui n'existe même plus (l'URSS)? La question se pose. Considérant que toutes les puissances du monde signent et re-signent des accords de non-prolifération nucléaire entre-elles, force est d'admettre que le maintien injustifié de têtes nucléaires en Turquie et ailleurs en Europe de l'Est est une politique fondamentalement contradictoire avec l'esprit des conventions. Si militairement inutilisables, le symbolisme de leur présence a perdu énormément de sa pertinence aussi.

Aux États-Unis, des problèmes de surveillance et de maintenance des silos nucléaires ont aussi fait surface dans les médias. L'an dernier, un livreur de pizza disait avoir découvert deux officiers en train de dormir dans le centre de contrôle et les avoir réveillés lui-même. Ailleurs, les mécanismes pour verrouiller la porte ne fonctionnaient même plus. Puis, il fut question de la remise à jour des systèmes de lancement: ceux-ci sont encore opérés par des disques souples comme dans les années 50, juste pour mettre la cerise sur le Sunday de grossière incompétence que présente l'Amérique dans sa gestion de son arsenal nucléaire.

Il n'est pas question que le monde connaisse une tragédie de dimensions historiques à cause de la négligence du gouvernement américain pour la sécurité nucléaire. La notion de destruction mutuelle assurée est peut-être oubliée, mais ses reliques polluent encore les perspectives de paix au Moyen-Orient et mettent toujours en danger des millions de personnes dans la région en les exposant à un risque absolument inutile et injustifiable.

Les États-Unis doivent ramener leur arsenal nucléaire en lieu sûr, au nom de la santé et de la paix.
José Pedro et Benjamin Tremblay huffingtonpost