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WWIII : Les Conditions d'une Guerre généralisée et Mondiale se mettent en place, l'Armée Européenne de l'OTAN est indépendante des Nations de l'UE.

Publié le par José Pedro

Marche pour la Paix à Moscou en fin d'année 2016, organisée par des Associations Franco-Russes, en hommage à Poutine, qui fait tout pour préserver la Paix.

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De gauche à droite: Jean Sayad, Chargé de Missions Consulat Russe de Marseille, Jean-Claude Louistisserand, ingénieur et rédacteur dans LAOSOPHIE originaire de Belfort, Marc Jutier, Ingénieur et Candidat à la Primaire SocialisteMonsieur Sergey MOLCHANOV, Consul de Russie à Marseille et seconde personnalité de la Diplomatie Russe en France, son attaché Aleksei EZHOV, et madame Alfia Fabre, association Franco-Russe de Montpellier.

Le second diplomate de la Russie en France minimise les exercices d'alertes nucléaires de l'administration Russe.

 

Le 30 Août 2016, lors d'un déjeuner à Montpellier, le second diplomate Russe en France, le Consul Général de la Fédération de Russie à Marseille Monsieur Sergey MOLCHANOV, son attaché Aleksei EZHOV ainsi que Marc JUTIER ont échangé des propos plutôt optimistes d'une diplomatie constructive. Le consul de Russie a minimisé l'importance des exercices d'alertes nucléaires de l'administration Russe (voir En une) et les points de tension internationale. Marc JUTIER a soutenu un discours de paix avec Moscou et de sortie de la France de l'OTAN.

 

Marc Jutier, premier candidat à la Primaire du PS pour la Présidentielle de 2017, a été reçu par le Consul de Russie, pour son action en faveur de la Paix Mondiale, avec Vladimir POUTINE et avec la Russie, contre les actes délibérés de l'OTAN, de l'Europe, et des USA de contraindre la Russie par la force à des actes de Guerre en Ukraine et au Moyen Orient.

 

Le Voyage pour la Paix à Moscou, prévu en fin d'année 2016, est plus que nécessaire face aux actes de Guerre qui s'amplifient et qui mobilisent de plus en plus de pays du Moyen Orient, d'Europe et du Pacifique.

 

Les réservations pour ce voyage de 3-4 jours sont actuellement en cours. Les députés qui voudraient s'inscrire dans cette démarche citoyenne pour la Paix doivent contacter le groupe d'amitié France-Russie à l'Assemblée Nationale (www2.assemblee-nationale.fr/instances/fiche/OMC_PO675791) qui se chargera de contacter la Douma pour une rencontre bilatérale des parlementaires.

 

Les services consulaires de Russie se chargent d'inviter la Presse Russe et nous invitons par la présente la Presse Française à se joindre à ce Voyage pour la Paix à Moscou.

 

L'atmosphère ensoleillée de la Place de la Comédie était propice à cette rencontre dans un des plus beaux restaurant de Montpellier, ou l'Amitié Franco-Russe n'est pas un vain mot, autour d'un déjeuner de travail pour l'organisation du voyage, avec une marche pour la Paix et un dépôt de gerbe sur la tombe du soldat inconnu, place rouge à Moscou.

Les Sondages se suivent et ne se ressemblent pas, suivant la question qui est posée, le panel et l'élimination de certains dans les citoyens interrogés, la confusion donnée, les bons d'achats distribués, les incitations données, les enquêteurs sélectionnés, les bonimenteurs employés, le montant du sondage facturé.

SONDAGE – Pour les Français, l’ex-Premier ministre Alain Juppé inspire le plus confiance dans la lutte contre le terrorisme. Sarkozy convainc davantage à droite et Valls à gauche.

Alain Juppé inspire le plus confiance dans la lutte contre le terrorisme. (Reuters)

Si la question de la sécurité face au terrorisme est au cœur de la primaire, Nicolas Sarkozy peut en tirer un avantage significatif. Selon notre sondage, l’ancien président apparaît nettement le plus rassurant sur ce front (83%), devant Alain Juppé, François Fillon et… Emmanuel Macron. En revanche, c’est Alain Juppé qui inspire le plus confiance à l’ensemble des Français (58%), avec 8 points d’avance sur Nicolas Sarkozy.

Le discrédit de François Hollande est profond (seuls 33% lui font confiance) mais il épargne Manuel Valls (49%), visiblement crédité d’un surcroît d’autorité.

 

S'il le dit et si le JDD le dit, c'est gagné. Seulement 88% des Français ne veulent plus de la Droite, et 90% des Français ne veulent plus de la Gauche. La DROITE dans des conditions d'abstention monumentales aurait deux points d'avance sur la GAUCHE. Mais pour Alain Juppé, suivant nos dernières informations, il serait prêt à rejoindre le Centre avec son ami de 30 ans François Bayrou, qui lui ferait une petite place, en remplacement de Robert Rochefort, ex-vicieux Président du MoDem pris en flagrant délit d'exhibition sexuelle et limogé pour prosélytisme aggravé. Une place en or pour Alain Juppé dont sa famille l'a répudié et hué.

En attendant son programme ne change pas et il tient en trois lettres bâties sur le nombre d'Or, son triptyque, "RAR" ou ".:." pour "Rassembler, Apaiser, Réformer". Pour ce qui est de rassembler sa famille politique le "R" tient toujours mais est remplacé par Rater, le "A" tient toujours mais est remplacé par "Accuser", en effet un haut fonctionnaire français a invité , le 19 mars 2012, des journalistes arabes basés à Paris pour leur révéler la bataille qui s'est livrée au sein du gouvernement français en général et du Quai d’Orsay en particulier à propos de la Syrie.

Selon cette personnalité, l’ambassadeur de France à Damas, Éric Chevallier, dont l’ambassade a été fermée et qui est rentré à Paris, a pris à partie son ministre devant ses collègues. Il a accusé Alain Juppé de ne pas avoir tenu compte de ses rapports et d’avoir falsifié les synthèses pour provoquer une guerre contre la Syrie. La Libye et l'IRAK c'est SARKOZY, La SYRIE c'est JUPPE.

Le dernier "R" tient toujours, mais est remplacé par "Redonner". Pas Dieudonné, mais « Redonner à la politique familiale toute sa place », et pendant qu'on y est sur le redonner :

(la France aux Français et sortir de l'OTAN et de l'EUROPE (BREXIT oblige), une politique Industrielle à la France, l'indépendance de la France, la consultation aux Français sur tous les choix de société et le respect du Peuple Souverain, la non aliénation des pouvoirs Régaliens, du Travail pour tous et des emplois choisis et rémunérateurs, un avenir pour nos Jeunes, et des perspectives pour nos entreprises, la Paix aux Français et arrêter de les emmerder, le plaisir d'investir dans les métiers de l'avenir, aux grandes écoles (pas HEC ni ENA qui sont des couveuses à flemmards) mais aux écoles d'ingénieurs, les techniques du futur, des emplois dans le secteur privé que le secteur public ne sait pas faire ou mal, aux Français les prérogatives des incitations de créations d'entreprises et de regroupement des secteurs industriels et commerciaux, aux vrais travailleurs le goût du travail et renoncer à privilégier les vendeurs d'illusions et les beaux parleurs de confession)

Notre France ne vit que par les fossoyeurs de la République, les médias affiliés aux 10 Milliardaires de la Constitution, les sondages que l'on paye pour apparaître suivant ce que l'on voudrait être, les tricheurs, les voleurs, les affairistes, les frères la grattouille, les mafieux, les véreux, les partis de l'infamie, les faux culs, les traîtres, les jounalopes, les socialopes, les merdias, les gauchiasses, la voyoucratie, les putaclics, les feminazis, les Bobos de l'UMPSS.

Que D.ieu nous pardonne de mêler Juppé à cette infamie:

Juppé :

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers (Irak, Syrie)
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?
Mon bras, qu’avec respect toute la France admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
Nouvelle dignité fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon honneur !
Faut-il de votre éclat voir triompher le comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur :
Ce haut rang n’admet point un homme sans honneur ;
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne ,
Malgré le choix du roi, m’en a su rendre indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d’un corps tout de glace inutile ornement,
Fer , jadis tant à craindre, et qui, dans cette offense,
M’as servi de parade , et non pas de défense,
Va, quitte désormais le derniers des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

 

La nouvelle Armée Européenne de la Légion Internationale des USA sous mandat de l'OTAN. Une armée d'occupation répartie dans les Nations sans que ces Nations ne soient plus concernées par le commandement.

 

Paris et Berlin entendent renforcer la défense européenne en établissant un état-major conjoint et en unifiant les armées européennes dans le cadre de l'OTAN avec aucune décision nationale possible des Etats!, selon la Süddeutsche Zeitung. L'initiative serait présentée, le 16 septembre, au sommet de l’UE à Bratislava.

Un document de six pages révèle un plan préparé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et son homologue allemande, Ursula von der Leyen, qui pourrait être présenté, le 16 septembre, lors du sommet de l’UE à Bratislava, rapporte le journal allemand Süddeutsche Zeitung, après s'être procuré le rapport.

La proposition implique la création d’un «quartier général européen conjoint et permanent» pour surveiller les déploiements européens à l’étranger. Le document franco-allemand mentionne aussi la mise en place d’un centre commun en matière d’observation par satellite et la mutualisation des capacités logistiques et des moyens dans le domaine de la médecine militaire.

Dans les grande lignes, il y aurait «un cercle plus petit» de pays de l’UE qui prendraient part à des projets ou des missions militaires dans les cas où l'unanimité des Etats-membres est impossible à obtenir, révèle le média allemand.

Le document porte aussi sur la création d’une école européenne d’officiers ou sur l’introduction d’un programme commun pour les écoles militaires nationales afin de promouvoir «l’esprit de corps».

Ce document servirait donc de «base de réflexion sur une relance de la défense européenne», rapporte un responsable du ministère français de la Défense. L’objectif principal est de rendre la politique militaire européenne «plus active et plus utile sans se substituer aux appareils nationaux de défense qui restent par définition la clé de la sécurité des Etats-membres de l’UE», d’après cette même source interrogée par l’AFP.

«Nous cherchons à déclencher plus facilement les opérations de l’UE», a ajouté ce responsable sans révéler plus de détails. Il a souligné que le document contenait des mesures «concrètes» et pas seulement de grandes idées.

Les discussions européennes sur la création d'une armée commune ont été «paralysées» par la Grande-Bretagne, estime Ursula von der Leyen. Mais après le Brexit, la France et l’Allemagne semblent vouloir jouer des rôles de premier plan dans la politique européenne de défense.

 

 

Après la victoire du Brexit, les ministres des Affaires étrangères français et allemand ont développé un nouveau concept d’Union caractérisé par un degré d’intégration très élevé de ses membres, esquissant les contours de cette UE du futur.

Le document, baptisé Une Europe forte dans un monde d'insécurité a été publié le 27 juin sur le site internet du ministère allemand.

Accédez au document Une Europe forte dans un monde d'insécurité

Le nouveau concept pour l’UE est né en réaction à la décision des Britanniques de sortir de l’UE, confortant le point de vue de la France et de l’Allemagne qui estime que davantage d’Europe est nécessaire.

Le document publié sur le site de la diplomatie allemande prévoit «agenda sécuritaire européen» face aux menaces «intérieures et extérieures». Avant tout, les deux ministères proposent de bâtir une «politique européenne d'Asile et de migrations» grâce à laquelle on verra «le premier système multinational de gardes-frontières et garde-côtes dans le monde» dirigée par une «Agence européenne de l’asile».

Sur le plan économique, Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier demandent des «ajustements» pour satisfaire les pays qui portent le fardeau d'austérité, tels que l’Italie, le Portugal, l’Espagne et la Grèce qui avait aussi menacé de sortir de l'UE.

 

François Hollande a-il-perdu le sens des réalités face à la décision des Britanniques sur le Brexit ? Jacques Sapir analyse la déclaration présidentielle, dramatique et pleine d'émotions.

François Hollande a fait le vendredi 24 une déclaration consécutive au vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ce que l’on appelle le Brexit. Cette déclaration est importante car elle révèle, par ce qu’elle dit mais surtout ce qu’elle ne dit pas, l’imaginaire de la construction européenne de notre président et, au delà, de l’élite politique.

On est dans le monde des affects et pas dans celui de l’analyse, dans celui des sentiments et non celui des intérêts politiques

Quand l’émotion remplace la politique

François Hollande commence par dramatiser l’événement, et le présente comme une cause de souffrance avérée ou potentielle. Il se situe donc sur le terrain de l’émotion. On le constate dès la seconde phrase : «C’est un choix douloureux et je le regrette profondément pour le Royaume-Uni et pour l’Europe.» De même place-t-il la question des relations entre la France et la Grande-Bretagne sur le terrain de l’amitié : «La France pour elle-même et pour la Grande-Bretagne continuera à travailler avec ce grand pays ami, auquel l’Histoire et la géographie nous unissent par tant de liens, sur le plan économique, humain, culturel…». D’emblée la question de ce référendum est ici dépolitisée. On est dans le monde des affects et pas dans celui de l’analyse, dans celui des sentiments et non celui des intérêts politiques. Ceci est révélateur de l’approche que François Hollande à d’un tel événement. Ceci lui permet d’esquiver la question du «pourquoi» de ce dit événement, et donc, par conséquence, les remises en causes qu’il implique. Ou, plus exactement, après avoir situé le débat sur le plan émotionnel, de dénaturer le nécessaire bilan de l’Union européenne.

A cet égard, une phrase est marquante : «La décision britannique exige aussi de prendre lucidement conscience des insuffisances du fonctionnement de l’Europe et de la perte de confiance des peuples dans le projet qu’elle porte.» Le début de cette phrase donne le sentiment, voire l’illusion, que l’heure du bilan est arrivée. La seconde proposition de cette même phrase enterre cela. En effet on parle des «insuffisances du fonctionnement», ce qui implique que le problème posé est uniquement de mise en pratique (le «fonctionnement»), mais surtout on parle de «la perte de confiance des peuples dans le projet qu’elle porte», ce qui revient à dire que l’on est sur un problème de pédagogie et non un problème d’options politiques. Or, un projet peut être bien expliqué, bien mis en pratique, et par ailleurs critiquable. Dans l’imaginaire profondément européiste de François Hollande il ne peut s’agir d’une remise en cause du projet. C’est pourtant de cela même dont il est question avec le Brexit. Les britanniques ne se sont pas prononcés «contre» l’Europe, et les déclarations de Boris Johnson sur ce point l’attestent. C’est bien une remise en cause du projet fédéral qui est mené, en catimini, par l’Union européenne à travers l’Union Economique et Monétaire (vulgo : la zone Euro) qui est mis en cause. Mais admettre que c’est cette partie du projet qui a motivé une remise en cause de l’Union européenne par les britanniques, c’est visiblement trop pour l’estomac, à vrai dire bien délicat, de notre président.

Le glissement auquel il se livre traduit la constitution d’un monde imaginaire, dominé par l’idée fédérale, dans l’esprit de François Hollande

Un profond déni des réalités

Evidemment, cela se traduit dans la réaction de François Hollande, dans ce qu’il entend proposer à l’UE pour répondre au Brexit. L’ordre des priorités est, lui aussi, révélateur : « La France sera donc à l’initiative pour que l’Europe se concentre sur l’essentiel : la sécurité et la défense de notre continent pour protéger nos frontières et pour préserver la paix face aux menaces ; l’investissement pour la croissance et pour l’emploi pour mettre en œuvre des politiques industrielles dans le domaine des nouvelles technologies et de la transition énergétique ; l’harmonisation fiscale et sociale pour donner à nos économies des règles et à nos concitoyens des garanties ; enfin le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance démocratique.» Notons que, quand il est question de sécurité, François Hollande ne parle que de l’Europe alors que, concrètement, ce sont les Etats qui ont en charge cette sécurité. Il affecte de croire qu’il existe une politique de sécurité européenne alors qu’il n’y a, au mieux, qu’une coordination entre les Etats. La formule adéquate aurait du être que l’Union européenne devait se recentrer sur la coordination des politiques de sécurité et de défense des Etats. Le glissement auquel il se livre n’est pas seulement faux ; il traduit la constitution d’un monde imaginaire, dominé par l’idée fédérale, dans l’esprit de François Hollande.

Mais, surtout, ces priorités ne correspondent pas à celles qui ont été exprimées dans le débat sur le Brexit et que l’on retrouve dans divers sondages au sujet de l’UE. Le problème central aujourd’hui est celui de la démocratie en Europe. D’ailleurs, l’argument le plus fort des partisans du Brexit a bien été celui du rétablissement de la démocratie. Or, ce point arrive en dernier (la «gouvernance démocratique»), venant juste après la zone Euro. Cet ordre de présentation est important. Pour François Hollande il n’est pas question de toucher à l’Euro. Au mieux faut-il le «renforcer», alors que les conséquences politiques de la mise en œuvre de la monnaie unique ont été premières dans les réactions des britanniques qui se sont sentis floués par le «fédéralisme furtif» mis en œuvre par l’UE.

Ce déni des réalités et cette radicalisation dans la posture fédérale trahit une incapacité profonde à tirer la leçon des différents événements et un refus radical à procéder à la moindre remise en cause

François Hollande, en réalité, n’entend pas remettre en cause la stratégie de «fédéralisme furtif» menée par l’UE depuis maintenant près de 20 ans. Or, c’est très précisément cet aspect là du projet politique de l’UE qui est mis en cause, et sous des formes très diverses, par le vote des Britanniques mais aussi par les différents soulèvements contre l’austérité et contre cette idée de retirer aux parlements nationaux le droit final de contrôle sur la politique économique et budgétaire. En fait, François Hollande fait mine de prendre conscience que quelque chose ne va pas dans l’UE, mais c’est pour – en réalité – proposer la poursuite et l’approfondissement, du même projet politique qui a été rejeté par les électeurs britanniques.

Ce déni des réalités et cette radicalisation dans la posture fédérale trahit une incapacité profonde à tirer la leçon des différents événements et un refus radical, on pourrait même dire congénital, à procéder à la moindre remise en cause. C’est un phénomène qui s’apparente à une clôture psychologique qui caractérise les grandes psychoses. Elle annonce un approfondissement de la rupture entre les peuples et les élites européistes, une rupture qui pourrait avoir des conséquences tragiques dans un proche futur.

Source : russeurope.hypotheses.org

Les ministres évoquent également dans le document le renforcement de la convergence économico-budgétaire et proposent de créer un budget commun pour les pays de l'union monétaire.

Un projet de «super Etat européen» ?

Il est intéressant de constater qu’à la veille de la publication de ce document, la chaîne de télévision polonaise, TVP, avait révélé l'existence d'un projet portant le même nom, également imputé à Jean-Marc Ayrault et Frank-Walter Steinmeier, mais dont le contenu est beaucoup plus ambitieux.

Ce projet diffère considérablement de celui qui a été présenté le 27 juin car il fait état d'une volonté franco-allemande de créer un «Etat européen uni articulé autour des pays les plus forts de l'UE actuelle».

D’après le document cité par les journalistes polonais, les pays membres de ce nouvel Etat perdraient le droit d’avoir leur propre armée, services de sécurité et code pénal. Les Etats membres ne pourraient par ailleurs plus disposer de leur propre banque centrale ni de leur monnaie pour «défendre leurs intérêts [nationaux]».

 

En outre, les Etats membres de cette nouvelle Union «perdraient le contrôle de leurs propres frontières et des procédures de répartition des migrants sur leur territoire». Les journalistes ont aussi indiqué que Frank-Walter Steinmeier évoquerait l’introduction d'un système de visas unifié et d'une politique extérieure commune.

Lire aussi : Brexit : Londres souhaite sortir au bon moment, Hollande et Merkel veulent une sortie rapide

A l'heure actuelle, on ne sait pas si le document mentionné par les journalistes polonais est un faux ou si, après sa publication, les ministres français et allemand ont décidé d'en présenter une version plus édulcorée.

Angela Merkel se tient à l’écart 

La chancellerie allemande a rapidement relativisé la portée de ce document, soulignant qu'il constituait la «réflexion» de ministres mais n'engageait pas Angela Merkel. Depuis le vote du Brexit, cette dernière appelle à l'inverse à la patience et à la retenue.

 

Cette proposition pourrait être soutenue par d’autres Etats-membres de l’UE. Ainsi, la Hongrie et la République tchèque se sont déclarées favorables à une telle initiative. Et en juin dernier, Elmar Brok, président du Comité des Affaires étrangères du Parlement européen, avait confié à Die Welt que l’unification des forces armées européennes «renforcerait le rôle des Européens en matière de sécurité et de politique de défense tout en permettant à l’Europe de mieux s’acquitter de ses responsabilités dans le monde».

 

Jean-Sylvestre Mongrenier

 

Jean-Sylvestre Mongrenier est docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie et chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII Vincennes-Saint-Denis).

Il est membre de l'Institut Thomas More.

 

Atlantico : Le 17 mars 2009, François Fillon a fait voter la confiance de son gouvernement sur la question de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Sept ans plus tard, quel bilan peut-on faire du retour de la France dans les hautes sphères de cette instance ?

Jean-Sylvestre Mongrenier : De prime abord, rappelons que la France est l’un des Etats fondateurs de l’Alliance atlantique. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, elle travaille en concertation avec le Royaume-Uni à convaincre les Etats-Unis de rester engagés en Europe, afin de contrer la menace soviétique et de mettre en place un système de défense collective qui évite aux Etats européens de basculer à nouveau dans des jeux d’alliances et de contre-alliances. Lorsque le traité de l’Atlantique Nord est signé le 4 avril 1949, Paris insiste pour que l’organisation militaire prévue par le texte (l’OTAN proprement dite) soit mise sur pied le plus vite possible ; la guerre de Corée et la crainte d’une attaque surprise de l’URSS, qui profiterait de l’engagement américain en Extrême-Orient, accélèrent le processus.

 

 

 

Jusqu’à la décision de De Gaulle de retirer la France non pas de l’OTAN, mais de la structure militaire intégrée (les chaînes de commandement), le 7 mars 1966, la France est l’ombilic du dispositif politico-militaire atlantique (elle accueille la plupart des institutions atlantiques ainsi que les grands commandements interalliés). Pour limiter les dommages occasionnés par la décision de De Gaulle, des accords militaires et logistiques sont signés dès l’année suivante (accords Ailleret-Lemnitzer, 1967). En 1974, ils ont été renforcés par les accords Valentin-Ferber.

Pourtant, il y avait un décalage entre l’idée que le commun se fait des rapports entre la France et l’OTAN d’une part, les réalités politiques, stratégiques et militaires de l’autre. La réduction de ces "dissonances cognitives" est amorcée dans les années 1980 : le plein retour de la France dans les structures militaires intégrées est une histoire de longue haleine. Elle commence sous François Mitterrand, qui accepte le principe de la rénovation de l’OTAN à la fin de la Guerre froide et cherche à négocier en contrepartie une redistribution des responsabilités politico-militaires entre les deux rives de l’Atlantique, plus précisément entre l’OTAN et l’Union européenne (le traité de Maastricht est signé en 1991). Cette négociation entre la France et ses alliés est poursuivie par Jacques Chirac, avec une participation active de la France à la "transformation" de l’OTAN, et elle aboutit sous Nicolas Sarkozy (sommet de Strasbourg-Kehl, 3-4 avril 2009). La décision de participer pleinement à la structure militaire intégrée a le mérite de mettre fin aux "dissonances cognitives" : l’OTAN n’est pas un lointain "objet" mais une alliance de première importance pour la défense de l’Europe, et la France est l’un de ses principaux contributeurs. Plus concrètement, les officiers français sont désormais en nombre dans les chaînes de commandement et ils peuvent influencer le processus décisionnel, avant même que la question à trancher arrive au niveau du Conseil de l’Atlantique Nord (l’instance politico-décisionnelle de l’OTAN) : Paris n’est plus contraint à un choix binaire en fin de processus.

La France a aussi obtenu deux grands commandements : le Commandement de la Transformation, sis à Norfolk (un commandement de niveau stratégique) ; le commandement régional de Lisbonne (de niveau opératif). Enfin, la clarification opérée par la France consolide l’alliance en charge de la défense de l’Europe et elle renforce son pouvoir de négociation sur le plan bilatéral, avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni (voir les accords de Lancaster House, 2 novembre 2010). Une coopération politico-militaire plus étroite entre Paris et Londres est essentielle à l’avenir de l’Europe, dans un monde dont les grands équilibres se dérobent, particulièrement à l’Est et au Sud du Vieux Continent. Nul doute que la décision prise l’année précédent ait facilité ce nouveau rapprochement franco-britannique.

 

Si la France a sans doute gagné en terme de capacités opérationnelles sur le terrain, a-t-elle perdu une part de son indépendance en liant un peu plus le sort de sa défense à l'OTAN ? Avant cette décision, la voix de la France aurait-elle été aussi audible si elle avait fait partie du commandement de l'OTAN (exemple de la guerre en Irak en 2003) ?

Comme indiqué plus haut, la France a surtout gagné en influence et en crédibilité, encore que le départ précipité d’Afghanistan, décidé par François Hollande en début de mandat, ait compromis cette clarification (le retrait d’Afghanistan a été compensé par l’engagement au Mali, mené en étroite intelligence avec Washington). L’indépendance - qui ne doit pas être confondue avec un fantasme de toute-puissance ou réduite à un simple nihilisme -, n’est pas remise en cause par l’OTAN. Les décisions se prennent par consensus et l’OTAN ne peut intervenir que si tous ses membres le décident. Autrement dit, l’OTAN n’est ni un grand être agissant, ni un simple instrument des Etats-Unis : les diverses crises à l’intérieur de l’OTAN et le recours aux "coalitions de bonnes volontés", plus souples et plus pratiques qu’une alliance instituée, le montrent bien. Si l’on se reporte à l’Irak, la France n’était pas le seul pays à s’opposer à une intervention militaire et c’est aussi pour cela que l’OTAN n’a pas été utilisée (les Etats-Unis n’y songeaient pas vraiment). L’Allemagne et la Belgique s’opposaient également à un tel engagement, malgré leur intégration dans l’OTAN. A noter qu’une crise de ce type était déjà intervenue lors de la guerre du Golfe (1990-1991) : la France participait à la coalition mais elle refusait l’emploi de l’OTAN qui avait donc été mise de côté.

Alors qu'il y a près de sept ans maintenant que l'armée française a réintégré le commandement intégré de l'OTAN, la France a semble-t-il bénéficié de ce retour aux affaires sur le plan militaire.
Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/retour-france-au-commandement-integre-otan-7-ans-apres-inflexion-majeure-politique-etrangere-francaise-francois-hollande-nicolas-2626853.html#EpKvQC4sA4bvUcBc.99


 

1135 – Stratégies des conflits mondiaux : Une guerre contre la Chine et la Russie?

Conception militaire de Washington en Asie-Pacifique

 

Stratégies des conflits mondiaux : Une guerre contre la Chine et la Russie?

Le texte qui suit est un résumé thématique point par point d’une allocution du prof. Michel Chossudovsky lors d’une conférence à l’Université des Philippines (Cebu), qui portait sur l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et le monde. 

UP Cebu, Cebu, 24 et 25 août 2016.

* * *

Introduction

Il est important d’examiner la situation en Asie du Sud-Est et en Asie de l’Est dans un contexte géopolitique plus large. La Chine, la Corée du Nord et la Russie sont des cibles potentielles en du « pivot vers l’Asie » d’Obama, qui comprend la menace conjuguée du déploiement de missiles, de la puissance navale et d’une guerre nucléaire préventive.

Il ne s’agit pas d’initiatives militaires fragmentaires. Le programme militaire de la région Asie-Pacifique sous l’égide du Commandement militaire des USA pour le Pacifique (USPACOM) entre dans un processus global de planification militaire de la part des USA et de l’OTAN.

Les interventions militaires des USA sont menées en étroite coordination. Des opérations militaires et de renseignement clandestines majeures sont en cours simultanément au Moyen‑Orient, en Europe de l’Est, en Afrique sub‑saharienne, en Asie centrale et en Asie‑Pacifique. La planification des opérations militaires se fait en coordination avec des moyens de faire la guerre non conventionnels comme les changements de régime, la guerre financière et les sanctions économiques.

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La situation actuelle est d’autant plus critique que le débat en cette campagne présidentielle aux USA porte notamment sur une guerre menée par les USA et l’OTAN contre la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran. La guerre est présentée à l’opinion publique occidentale comme une option politique et militaire.Le programme militaire des USA et de l’OTAN englobe à la fois les principaux théâtres d’opérations et les activités clandestines visant à déstabiliser des États souverains. Le projet hégémonique des USA consiste à déstabiliser et à détruire des pays par des actes de guerre, le soutien à des organisations terroristes, des changements de régime et la guerre économique.

Bien qu’un scénario de Troisième Guerre Mondiale demeure sur la planche de travail du Pentagone depuis plus de dix ans, une intervention militaire contre la Russie et la Chine est maintenant envisagée à « l’échelle opérationnelle ». Les forces des USA et de l’OTAN sont déployées essentiellement dans trois grandes régions du monde :

  1. Moyen-Orient et Afrique du Nord. Les théâtres de guerre et les insurrections commanditées par les USA et l’OTAN contre l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et le Yémen sous la bannière de la « lutte mondiale contre le terrorisme ».
  2. Europe de l’Est, y compris la Pologne et l’Ukraine, où les manœuvres militaires, les jeux de guerre et le déploiement de matériel militaire aux portes mêmes de la Russiepourraient mener à un affrontement avec la Fédération de Russie.
  3. Les USA et leurs alliés menacent aussi la Chine dans le cadre du « pivot vers l’Asie »du président Obama.
  4. Le déploiement du NORAD-Northcom menace aussi la Russie à sa frontière nord‑est.
  5. Dans les autres régions du monde, y compris en Amérique latine et en Afrique sub‑saharienne, l’intervention des USA est axée sur les changements de régime et une guerre économique livrée contre des pays non conformistes comme le Venezuela, le Brésil, l’Argentine, l’Équateur, la Bolivie, Cuba, le Salvador, le Honduras et le Nicaragua.

En Afrique sub-saharienne, l’offensive consiste à utiliser principalement le prétexte du « terrorisme islamiste » pour lancer des opérations de contreterrorisme sous l’égide du Commandement militaire des USA pour l’Afrique (USAFRICOM).

En Asie du Sud, Washington a l’intention de créer une alliance avec l’Inde pour mieux affronter la Chine.

Le pivot vers l’Asie et la menace d’une guerre nucléaire

Dans la région Asie-Pacifique, la Chine, la Corée du Nord et la Russie sont visées parune attaque nucléaire préventive venant des USA. Il est important de revenir sur l’histoire de la guerre et des menaces nucléaires et sur la doctrine nucléaire des USA telle qu’elle a été formulée pour la première fois en 1945 sous l’administration Truman.

HIROSHIMA ET NAGASAKI

« Nous avons découvert la bombe la plus terrible de l’histoire du monde. C’est peut‑être la destruction par le feu prophétisée dans la période dite de la vallée de l’Euphrate, après l’histoire de Noé et son arche fabuleuse (…). Cette arme est sur le point d’être utilisée contre le Japon (…) [Nous] l’utiliserons de sorte que les cibles soient des objectifs militaires, des soldats et marins, et non des femmes et des enfants. Même si les Japs sont sauvages, impitoyables, sans merci et fanatiques, nous, comme dirigeants du monde, pour le bien‑être commun, nous ne pouvons larguer cette terrible bombe sur l’ancienne capitale ou la nouvelle(…) La cible sera purement militaire (…) Il semble que ce soit la chose la plus terrible jamais découverte, mais on peut faire en sorte qu’elle soit la plus utile. » (Journal du président Harry S. Truman, 25 juillet 1945)

« Le monde notera que la première bombe atomique a été larguée sur une base militaire d’Hiroshima. Ceci parce que nous voulions dans cette première attaque éviter, le plus possible, de tuer des civils. » (Discours à la nation du président Harry S. Truman radiodiffusée le 9 août 1945).

[Nota : La première bombe atomique a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945; la deuxième sur Nagasaki le 9 août, le même jour que le discours à la nation de Truman livré à la radio.]

(Audio-vidéo d’Hiroshima comprenant des extraits de ce discours.)

 Hiroshima après la bombe

La notion de « dommages collatéraux » de Truman en cas de guerre nucléaire tient‑elle toujours? Des documents militaires accessibles au public confirment qu’une guerre nucléaire demeure sur la planche de travail du Pentagone.

Mais comparativement aux années 1950, les armes nucléaires d’aujourd’hui sont beaucoup plus perfectionnées et peuvent atteindre leurs cibles avec plus de précision. Outre la Chine et la Russie, l’Iran et la Corée du Nord pourraient être visées par une première frappe nucléaire préventive.

Des documents militaires étasuniens affirment que la nouvelle génération d’armes nucléaires tactiques est inoffensive pour les civils. Tout dépendant du modèle, la mini‑bombe nucléaire B61 a une capacité explosive variable (du tiers de la force de la bombe d’Hiroshima à presque 12 fois plus).

DOCTRINE NUCLÉAIRE ET FOLIE POLITIQUE

Ne nous berçons pas d’illusions, le plan du Pentagone de faire « exploser la planète » au moyen d’armes nucléaires perfectionnées s’applique toujours.

Les armes nucléaires tactiques ont été fabriquées en vue d’être utilisées dans des « conflits conventionnels avec des pays du Tiers‑Monde » de l’Après‑guerre froide. En octobre 2001, soit juste avant le 11 septembre, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld envisageait d’utiliser la bombe nucléaire tactique B61-11 en Afghanistan. Les cibles étaient les cavernes transformées en bunkers d’Al‑Qaïda dans les montagnes de Tora Bora.

Rumsfeld disait à l’époque que les « bombes antibunker conventionnelles pourront faire le travail, (…) mais il n’a pas écarté le recours éventuel à des armes nucléaires. » (Citation tirée du Houston Chronicle, 20 octobre 2001, soulignement ajouté.)

L’utilisation de la B61-11 a également été envisagée lors du bombardement et de l’invasion de l’Irak en 2003 et du bombardement de la Libye par l’OTAN en 2011.

À cet égard, la B61-11 a été décrite comme « une arme nucléaire de pénétration du sol à petit rayon d’action précise » pouvant être utilisée contre les bunkers souterrains de Saddam Hussein :

« Si Saddam était à la rigueur la cible ayant la plus forte valeur en Irak, on aurait pu utiliser une arme nucléaire comme la B61-11 pour s’assurer de le tuer et de décapiter le régime. » (Defense News, 8 décembre 2003)

Bombe nucléaire tactique B61-11. En 1996, sous l’administration Clinton, l’utilisation de l’arme nucléaire tactique B61-11 était envisagée par les USA en cas d’attaque contre la Libye.

Toutes les garanties de l’époque de la Guerre froide, où l’on considérait la bombe nucléaire comme « l’arme du dernier recours », ont été mises au rebut. Les interventions militaires« offensives » à l’aide d’ogives nucléaires sont maintenant décrites comme des actes « d’autodéfense ». Pendant la Guerre froide, c’est la doctrine de la « destruction mutuelle assurée » qui prévalait, c’est‑à‑dire que l’utilisation d’armes nucléaires contre l’Union soviétique engendrerait la « destruction à la fois de l’attaquant et du défenseur ».

En cette période de l’Après-guerre froide, on a redéfini la doctrine nucléaire des USA. Ce qui est appelé euphémiquement la politique étrangère étasunienne est totalement insensé.

Depuis que la première bombe atomique a été larguée sur Hiroshima le 6 août 1945, jamais l’humanité n’a été aussi proche de l’impensable…

Une guerre nucléaire, c’est bon pour les affaires

Aiguillonnée par les « entrepreneurs de la défense » (Lockheed Martin, Northrop Grumman, Boeing, British Aerospace, et al), l’administration Obama prévoit dépenser 1 000 milliards de dollars ces 30 prochaines années pour le développement d’une nouvelle génération d’armes, de bombes, de sous‑marins et de missiles balistiques intercontinentaux nucléaires dirigés principalement contre la Russie et la Chine.

Russie : de la Guerre froide à la Nouvelle guerre froide

Faire sauter la Russie en ciblant des villes russes est toujours dans les cartons du Pentagone. Cette possibilité fait même l’objet d’une loi habilitante au Congrès des USA.

Résolution 758 de la Chambre des représentants des USA

Le 18 novembre 2014, l’importante résolution 758 a été présentée à la Chambre des représentants. Son idée maîtresse consiste à présenter la Russie comme un « pays agresseur » qui a envahi l’Ukraine et à réclamer une intervention militaire contre la Russie.

Pour Hillary Clinton, l’option nucléaire est sur la table. Elle parle de guerre nucléaire préventive dans sa campagne électorale.

Source : National Security Archive

D’après un plan datant de 1956, la « puissance aérienne » devait larguer des bombes H contre des cibles jugées prioritaires en Union soviétique, en Chine et en Europe de l’Est.

Des grandes villes du bloc soviétique, y compris Berlin‑Est, étaient en tête des priorités pour la « destruction systématique » par des bombes atomiques. (William Burr a publié la liste des cibles d’attaque nucléaire par les USA durant la Guerre froide comprenant 1 200 villes du bloc de l’Est « de l’Allemagne de l’Est à la Chine », National Security Archive Electronic Briefing Book No. 538, décembre 2015.)

Extrait de la liste des 1 200 villes ciblées par une attaque nucléaire, classée en ordre alphabétique. (National Security Archive)

Le document déclassifié ci-dessus fait ressortir toute la magnitude d’une première frappe nucléaire qui ciblait plus de 1 000 villes russes.

Le contexte actuel prévoit un scénario d’attaque nucléaire contre la Russie. 

« Tuer les Russes » : la nouvelle Guerre froide a cessé d’être froide

Un ancien responsable de la CIA appelle à « tuer les Russes ». Les médias et le département d’État des USA applaudissent :

Pivot vers l’Asie : la Chine menacée militairement par les USA en mer de Chine méridionale et orientale

UNE GUERRE CONTRE LA CHINE EST ACTUELLEMENT DANS LES CARTONS DU PENTAGONE, COMME L’INDIQUE UN RAPPORT RAND COMMANDÉ PAR LES FORCES ARMÉES DES USA.

 

D’après le rapport Rand :

Bien qu’une victoire nette des USA a déjà été considérée comme probable, il est de plus en plus clair qu’un conflit peut engendrer des combats peu concluants avec d’énormes pertes des deux côtés. Les États‑Unis ne peuvent s’attendre à maîtriser un conflit qu’ils ne peuvent dominer militairement.(lien1)

 

Attaque préventive de la Chine (« par autodéfense »)

Le rapport est notoirement ambigu. Il se penche sur la façon d’éviter une guerre tout en analysant les circonstances en vertu desquelles les USA pourraient gagner une guerre préventive contre la Chine :

Le développement des capacités militaires fait en sorte qu’il est d’autant plus important de sérieusement réfléchir à une guerre contre la Chine. Les senseurs, le guidage d’armements, les réseaux numériques et d’autres technologies de l’information utilisées pour cibler les forces ennemies ont progressé au point où les forces militaires étasuniennes et chinoises menacent sérieusement de se détruire l’une et l’autre. Cela fournit les moyens et les incitatifs d’une frappe contre les forces ennemies avant elles. Ce qui favorise à son tour des frappes réciproques brusques dès le déclenchement d’une guerre sans qu’on ne puisse, d’un côté comme de l’autre, prendre le contrôle, mais en disposant d’une capacité suffisante pour poursuivre le combat, même si les pertes militaires et les coûts économiques grimpent.

La présomption de ce rapport, c’est que la Chine nous menace et que cela justifie une guerre préventive. Il n’existe aucune preuve de menace militaire chinoise.

Au niveau du commerce et des investissements, la Chine constitue cependant un concurrent potentiel à l’hégémonie économique des USA. Selon James Petras 

Pour contrer les progrès économiques de la Chine, le régime Obama a adopté une politique d’érection de murs économiques sur le plan intérieur, de restrictions commerciales à l’étranger et de confrontation militaire en mer de Chine méridionale, une route commerciale stratégique de la Chine.

Le but du rapport RAND est qu’il soit lu par les responsables politiques chinois. Il s’agit là d’un processus d’intimidation militaire laissant planer des menaces :

Bien que cette étude s’adresse principalement à la communauté politique des USA, il est à espérer que les responsables politiques chinois réfléchiront aussi aux conséquences possibles d’une guerre contre les États‑Unis, y compris aux dommages potentiels au développement économique de la Chine et aux menaces à l’équilibre et à la cohésion de la Chine. Nous avons trouvé peu de choses dans le domaine public qui indique que les dirigeants politiques chinois accordent à cette question toute l’attention qu’elle mérite.

Le rapport précise « quatre scénarios analytiques » sur la façon dont une guerre contre la Chine se déroulerait :

La voie de la guerre serait principalement définie par deux variables : son degré d’intensité (de modéré à élevé) et sa durée (de quelques jours à un an ou plus).Ce qui nous amène à analyser quatre possibilités :
  1. guerre courte à intensité élevée,
  2. guerre longue à intensité élevée,
  3. guerre courte à intensité modérée,
  4. guerre longue à intensité modérée.
Le facteur déterminant du degré d’intensité dépend de si, d’entrée de jeu, les dirigeants politiques étasuniens et chinois autorisent ou non leurs forces armées respectives à exécuter leurs plans d’attaque des forces ennemis sans hésiter.

Les observations finales du rapport soulignent les faiblesses potentielles de la Chine par rapport aux USA et aux forces alliées : « (…) [les progrès de la Chine] ne révèlent pas une domination ou une victoire de la Chine ».

Le rapport emploie un ton de guerre idéologique. Il manque de rigueur dans sa compréhension de la guerre moderne et des systèmes d’armement. Il s’agit pour une large part d’une ruse de propagande à l’intention des dirigeants chinois. Il ignore complètement l’histoire chinoise et les perceptions militaires de la Chine, qui reposent en grande partie sur la défense des frontières nationales historiques du pays.

La majeure partie de l’analyse porte sur une guerre conventionnelle prolongée s’étalant sur plusieurs années. L’utilisation d’armes nucléaires n’est pas envisagée dans le rapport RAND, malgré le fait qu’elles sont actuellement déployées contre la Chine à titre préventif. Les assertions suivantes sont en porte‑à‑faux avec la doctrine nucléaire des USA définie dans la revue de la posture nucléaire de 2002, qui autorise l’utilisation d’armes nucléaires tactiques dans un théâtre de guerre conventionnelle :

Il est peu probable que des armes nucléaires seraient utilisées. Même en cas d’affrontement conventionnel violent, aucune des deux parties ne considérerait la gravité de ses pertes, de sa situation ou des enjeux en cause au point de courir le risque d’une riposte nucléaire dévastatrice en utilisant des armes nucléaires en premier. Nous présumons aussi que la Chine n’attaquerait pas les USA sur son territoire, sauf via le cyberespace.

Bien que les USA n’envisagent pas de recourir à des armes nucléaires si l’on en croit le rapport, il s’attarde néanmoins sur les circonstances en vertu desquelles la Chine pourrait utiliser des armes nucléaires contre les USA pour éviter une défaite. L’analyse est diabolique :

Ainsi, il n’est pas totalement exclu que les dirigeants chinois n’en viennent à conclure que seule l’utilisation d’armes nucléaires empêcherait une défaite totale et la destruction de l’État. Cependant, même dans de telles conditions désespérées, le recours à des armes nucléaires ne serait pas la seule option de la Chine : elle peut toujours accepter sa défaite.En effet, comme la riposte nucléaire des USA rendrait la destruction de l’État et l’effondrement du pays d’autant plus certains, une acceptation de la défaite (tout dépendant de la sévérité des conditions des USA) vaudrait mieux qu’une escalade nucléaire. Cette logique, de pair avec la politique de non‑recours en premier profondément ancrée en Chine, fait en sorte qu’il est très peu probable que la Chine aille de l’avant en premier. (p. 30)

Autrement dit, la Chine a le choix soit d’être totalement détruite, soit de se soumettre aux USA. Le rapport conclut par ces mots :

Pour résumer, malgré les tendances militaires qui la favorisent, la Chine ne peut gagner, et pourrait perdre, une guerre d’envergure contre les USA en 2025, surtout si elle se prolonge. De plus, les coûts économiques et les dangers politiques d’une telle guerre mettraient en péril la stabilité de la Chine, stopperaient son développement et nuiraient à la légitimité de l’État chinois. (p 68)

Asie du Sud-Est

L’objectif de Washington est d’entraîner l’Asie du Sud‑Est et l’Extrême‑Orient dans un conflit armé prolongé en créant des divisions entre la Chine et les pays de l’ANASE, dont la plupart sont des victimes du colonialisme et de l’agression militaire de l’Occident : des crimes contre l’humanité d’une grande ampleur ont été commis contre le Japon, le Vietnam, le Cambodge, la Corée, les Philippines et l’Indonésie. Ironie du sort, ces pays sont aujourd’hui alliés des USA. Voici quelques extraits qui confirment l’ampleur des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par les USA :


LES CRIMES DE GUERRE ET LES CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ COMMIS PAR LES USA

Indonésie 

Jusqu’à un million de personnes tuées en Indonésie, la CIA n’en reconnaissant que 105 000. Les listes de sympathisants communistes (et des membres de leur famille) ont été dressées par la CIA.

Corée

 

Vietnam

 
THE LIST OF US CRIMES IS EXTENSIVE: 37 “VICTIM NATIONS” SINCE WORLD WAR II
 

Chine et Association des nations de l’Asie du Sud-Est

Une déstabilisation des relations économiques bilatérales avec la Chine est prévue. Le Partenariat transpacifique est un projet hégémonique étasunien qui vise à contrôler entre autres le commerce, les investissements et la propriété intellectuelle dans la région Asie‑Pacifique.

Le rapport RAND indique en termes clairs que les différends maritimes et territoriaux en mer de Chine méridionale et en mer de Chine orientale auraient un effet dévastateur sur les pays asiatiques, de l’Inde au Japon :

La possibilité que d’autres puissances et de nombreux États risquent d’être entraînés dans une guerre sino‑étasunienne n’est pas à exclure. Outre le Japon, il se pourrait que l’Inde, le Vietnam et l’OTAN soient du côté des USA, tandis que la Russie et la Corée du Nord appuieraient la Chine. Les combats peuvent s’étendre à l’extérieur de la région. Les objectifs militaires peuvent s’élargir et augmenter ainsi les coûts d’une défaite. Même si des armes nucléaires n’étaient pas utilisées, la Chine pourrait trouver d’autres façons d’attaquer le territoire étasunien.  (p. 65)

Les déploiements des USA en Asie-Pacifique. La Chine est encerclée de bases militaires étasuniennes.

Source : Antiwar.com

LE DÉPLOIEMENT DE MISSILES THAAD EN CORÉE DU SUD DIRIGÉS CONTRE LA CHINE

Des missiles THAAD sont déployés en Corée du Sud contre la Chine, la Russie et la Corée du Nord. Washington affirme qu’il ne s’agit que d’un bouclier antimissile contre la Corée du Nord.

Système THAAD

LA BASE MILITAIRE DE L’ÎLE JEJU EST DIRIGÉE CONTRE LA CHINE 

Elle se trouve à moins de 500 km de Shanghai.

LA REMILITARISATION DU JAPON SOUS LE GOUVERNEMENT DU PREMIER MINISTRE ABE

Le Japon est résolument derrière les USA. Il utilise la base militaire de l’île Jeju à titre de partenaire. Des rapports récents confirment le déploiement, par le Japon, de missiles anti‑navire en mer de Chine orientale.

Le Japon planifie le déploiement d’un nouveau type de missile en mer de Chine orientale, où Tokyo est impliqué dans un différend territorial tendu avec Pékin. Cette décision constitue un jalon important dans la volonté du gouvernement du premier ministre Shinzo Abe et du Parti libéral démocrate au pouvoir de remilitariser le Japon. Le système de missiles planifié sera conçu localement, par l’industrie de la défense du pays qui est en pleine expansion, au lieu d’être fourni par les États‑Unis ou un autre allié.

Les médias japonais ont laissé entendre que « le missile aura la capacité prédéfinie de frapper des cibles au sol. »

Les USA avaient des accords de coopération militaire avec la Corée du Sud, les Philippines, le Japon, le Vietnam et le Cambodge. Plus récemment, la Malaisie est devenue un allié des USA par voie de traité, dans le cadre du pivot vers l’Asie de Washington. Selon South Front :

Cela est perçu comme un virage majeur dans la politique étrangère de la Malaisie, qui entretenait des relations limitées lorsque l’ancien premier ministre Mahathir Mohamad était au pouvoir, car il s’opposait ouvertement aux tentatives de l’Occident de créer un monde unipolaire.

BASE MILITAIRE ÉTASUNIENNE PROPOSÉE À SABAH, À L’EST DE LA MALAISIE? 

L’enjeu du point de vue de Washington, c’est le contrôle des voies navigables stratégiques.

Le gouvernement de la Malaisie a établi des relations étroites avec les USA, marquées par l’achat d’équipement militaire étasunien et l’exécution des jeux de guerre entre les USA et la Malaisie en 2014.

Selon des rapports non confirmés, le gouvernement de Kuala Lumpur songe à l’installation d’une base militaire étasunienne. Toutes ces initiatives visent à déstabiliser les relations bilatérales entre la Malaisie et la Chine.

La guerre des USA contre le terrorisme en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est

La stratégie antiterroriste mise en œuvre au Moyen-Orient et en Afrique est également envisagée en Asie du Sud‑Est. C’est le prétexte invoqué pour justifier des déploiements militaires, y compris la construction de bases militaires.

Les pays cibles potentiels sont le Pakistan, le Bengladesh, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie et les Philippines. Autre élément à considérer dans les discussions à propos du pivot vers l’Asie de Washington, les services secrets des USA soutiennent aussi l’insurrection islamiste dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.

La guerre mondiale contre le terrorisme est un énorme mensonge. Al-Qaïda est la création des services secrets des USA.

Du déclenchement de la guerre soviéto-afghane en 1979 jusqu’à maintenant, diverses organisations paramilitaires formées d’intégristes islamistes sont devenues de facto des instruments des services secrets des USA et, de façon plus globale, de l’alliance militaire regroupant les USA, l’OTAN et Israël.

Les USA soutiennent activement des organisations terroristes affiliées à Al-Qaïda depuis l’offensive de la guerre soviéto‑afghane. Washington a orchestré l’installation de régimes islamistes en Afghanistan et au Pakistan. Il a détruit le tissu social de pays laïques.

Les combattants de l’opposition syrienne affiliée à Al-Qaïda sont recrutés par les USA et l’OTAN et par le haut commandement turc, ce qui a été confirmé dans les médias des services secrets israéliens.

Ce sont les fantassins de l’alliance militaire occidentale, qui intègre d’ailleurs des membres de ses forces spéciales dans leurs rangs. Les organisations terroristes « modérées » affiliées à Al-Qaïda sont soutenues par l’Arabie Saoudite et la Turquie.

Le programme de lutte contre le terrorisme est bidon. Il s’agit plutôt d’une entreprise criminelle. Ce qu’on bombarde, c’est l’infrastructure civile d’un pays souverain.

Pour de plus amples détails, voir le dossier de la guerre contre le terrorisme.

Michel Chossudovsky

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lien1/http://www.rand.org/content/dam/rand/pubs/research_reports/RR1100/RR1140/RAND_RR1140.pdf

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Article original en anglais : The Strategies of Global Warfare: War with China and Russia? Washington’s Military Design in the Asia-Pacificpublié le 24 août 2016.

Traduit par Daniel pour Mondialisation.ca

source:http://www.mondialisation.ca/strategies-des-conflits-mondiaux-une-guerre-contre-la-chine-et-la-russie-conception-militaire-de-washington-en-asie-pacifique/5544880