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WWIII: Depuis que la CIA a créé DAESH, depuis les Printemps Arabes, depuis nos Guerres au M-O, nos gouvernements assassinent leurs propres populations.

Publié le par José Pedro

L’information se confirme: l’Occident finance et soutient le terrorisme!

Daesh a été créé par la CIA, financé, formé, armé, avec pour objectif le Grand Israël bien qu'il s'ensable à cause de la Russie et la main mise sur les ressources en Gaz et Hydrocarbures du Moyen Orient.

Pour ceux qui essaient de s’y retrouver dans les tumultes du monde actuel, les guerres qui ravagent le M-O et particulièrement celle de Syrie depuis mars 2011, donnent à mieux comprendre le jeu retors des puissances extérieures qui les alimentent.

 

Sous un départ qui s’apparentait à ce que d’aucuns nous ont vendu comme « les printemps arabes », cette terrible guerre fomentée et financée par l’Occident qui espérait la mettre à profit pour renverser le président B. al Assad et avoir ainsi un meilleur contrôle des réserves d’hydrocarbures et des oléoducs du pays, n’en finit pas de nous livrer les arcanes de ce qui se trame dans les couloirs obscurs des chancelleries.

 

Que l’on ne me rétorque pas que mon propos n’est pas étayé. Il y a aujourd’hui suffisamment de preuves qui attestent que c’est bien l’Occident qui est à la manœuvre derrière toutes ces pseudo révolutions populaires, tant au M-O qu’en Ukraine ou au Venezuela.

 

Et les dernières déclarations du secrétaire d’Etat américain Tex Tillerson en sont l’illustration la plus flagrante, dès lors qu’il a dit devant le comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants : « … soutenir des éléments à l’intérieur de l’Iran pour une transition pacifique (ben, voyons !) du régime. » 

 

De tels propos sont évidemment inacceptables, mais ils ont l’avantage d’indiquer à ceux qui en doutaient encore, que ce sont bien nos pays qui agissent de manière « terroriste » sur la scène internationale, en intervenant en sous-main pour tenter via quelques ONG « colorées » ou groupuscules d’opposants de renverser des gouvernements qui ne nous conviennent pas afin d’y installer des pions plus dociles et corvéables moyennant quelques avantages.

 

Cela s’apparente bien à des « complots », et nous pratiquons ainsi ce qu’il faut qualifier du seul nom qui convienne : le terrorisme d’Etat !

 

Les USA ont mis sur pied une coalition des plus douteuse à laquelle participent hélas nombre de pays européens via l’OTAN, ainsi que le gouvernement sioniste de Tel-Aviv en Palestine occupée. Cette coalition est intervenue en Syrie sans l’aval du gouvernement syrien.

 

Il s’agit donc d’une violation flagrante de l’espace souverain syrien. En effet, lequel de ces pays la Syrie aurait-elle menacé pour qu’ils lui fassent la guerre ? Aucun ! Et l’UE s’est alignée en rampant comme une hyène face aux dictats yankees. Voilà les faits ! Voilà l’état de nos diplomaties européennes !

 

A l’inverse, le gouvernement Syrien a demandé l’aide de la Russie, afin de contrer cette coalition contre laquelle son armée esseulée ne pouvait combattre par insuffisance de moyens. Ensuite, et vu la coalition mise en place par l’Occident, l’Iran et le Hezbollah libanais se sont également joints aux forces gouvernementales syriennes pour contrer les agressions de nos pays hostiles et belliqueux, toujours animés par cette arrogance propre à l’esprit colonial qui, décidément nous colle à la peau.

 

Depuis plus de six ans, le peuple syrien souffre d’une guerre qui se joue sur l’ensemble de son territoire, sans qu’il n’ait rien demandé à qui que ce soit. Des officines extérieures, principalement américaines et sionistes, ont longtemps préparé, formé, financé et armé des groupes de dissidents afin de provoquer un soulèvement du peuple, dans la foulée de ce qui se passait dans les pays voisins. Sauf que les incultes qui étaient à la manœuvre ne se sont pas aperçus que le Dr B. al Assad n’était ni S. Hussein, ni M. Khadafi… et que le peuple syrien est l’un des plus cultivés du monde arabe, capable d’une résistance et d’une résilience imprévues par ces « experts ».

 

Après avoir laminé l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et y avoir semé le chaos et la désolation sous les fallacieux prétextes de « menaces terroristes » qui nous guettaient, le décor syrien marque l’arrêt de ces piètres scenarii relayés par la clique habituelle des intellos promus au rang de « spécialistes » en stratégie militaire et singulièrement dévoués à l’essor du sionisme.

 

L’allié russe a dit STOP aux aventures occidentales sous couvert aisé des « Droits de l’Homme », et l’équilibre s’en trouve bouleversé, ce qui paraît sain dans un monde globalisé où un seul Etat devenu l’Empire ne peut prétendre à en être le seul gendarme, en fonction de ses stricts intérêts.

 

Par ailleurs, la Syrie, pays laïc où cohabitaient les différents courants religieux, peut assurément prétendre à une certaine forme de démocratie si l’on concède cette appellation à Israël qui ne s’embarrasse pas de discriminer une large partie de sa population ; pratique l’apartheid à l’encontre de millions d’habitants palestiniens, sans parler des villages non-reconnus et ne figurant même pas sur les cartes routières sous prétexte que ce sont des Arabes qui les habitent ; jette et détient de manière arbitraire des mineurs en prisons où y sont pratiquées la torture ; procède à des punitions collectives ce qui est interdit par les Traités internationaux,

(https://ihl-databases.icrc.org/dih-traites/com/380-600038)

; étrangle depuis 10 ans la population de Gaza qui n’a plus d’électricité que 2 heures par jour ; ne respecte aucune des Résolutions de l’ONU. Et j’en passe… Aucun gouvernement ne s’autoriserait un tel comportement sans être mis au ban de la société des Nations et subir sanctions et menaces diverses émanant de tous bords. C’est dire combien les notions de Démocratie et de Justice sont piétinées par de tels agissements, et combien les citoyens s’en méfient tant elles sont galvaudées par le microcosme politico-médiatique qui non seulement laissent perdurer ces exemples désastreux, mais pire, les alimentent !

 

(https://www.legrandsoir.info/au-bout-de-10-de-siege-gaza-atteint-un-point-de-rupture-humanitaire-et-politique-ma-an-news.html)

 

Ce que l’on apprend au fil des mois de ce qui se passe en Syrie est absolument confondant. Et il faut souligner combien le Droit international est mis à mal par ceux-là mêmes qui dénoncent toujours chez les autres, des comportements qu’ils pratiquent eux-mêmes et à grande échelle.

 

Mais ce qui dépasse l’entendement, ce sont ces révélations au fil des mois, où l’on voit les USA et cette coalition – donc, nos pays ! – soutenir les groupes qu’ils qualifient eux-mêmes de « terroristes » (Daesh, l’E.I., al-Nosra and c°…) qu’ils affirment combattre par tous les moyens…; ainsi qu’Israël financer directement et soigner les mercenaires issus de ces mêmes groupes ! (http://presstv.com/DetailFr/2017/06/21/526020/IsralAl-Nosra–rvlations-russes).

 

De plus, si cette criminelle coalition ne s’embarrasse pas des « dégâts collatéraux » lors de ses bombardements qui font des milliers de tués civils, elle aide et évacue directement les chefs de Daesh quand ceux-ci perdent du terrain et tentent d’échapper à l’alliance mise en place par le gouvernement syrien.

 

(http://presstv.com//DetailFr/2017/06/14/525261/Raqqa-Syrie-Commandants-de-Daech-hliports-par-les-USA-Etats-Unis).

 

Pourquoi nos médias et les « pleureuses d’Alep » d’il y a quelques mois passent-ils sous silence ces bombardements que s’autorisent les chasseurs US à l’encontre de l’armée régulière syrienne dès lors que celle-ci menace les positions de Daech ? Ou quand un F-16 américain abat un SU-22 syrien, comme cela s’est encore passé ce dernier week-end. Une telle collusion avec des fanatiques est inadmissible !

 

A chaque réunion officielle et/ou sommet international, les gouvernements de « nos exemplaires démocraties » dénoncent le terrorisme, mais dans l’ombre et sur le terrain, le soutiennent activement… Tout cela, faut-il le rappeler, avec l’argent de nos impôts ! Comment accepter un tel état de faits !?

 

(http://arretsurinfo.ch/syrie-selon-le-wall-street-journal-israel-soutient-les-combattants-des-groupes-terroristes/)

 

Comment se prêter encore au jeu infâme de ces cérémonies posthumes où les responsables de nos gouvernements pleurent quelques larmes de crocodile sur fond d’hymne national à la mémoire de civils pris pour cibles, quand dans les coulisses, ils arment et financent le terrorisme !? L’on voit clairement que les victimes du terrorisme dans nos pays sont le résultat direct des collusions de nos Etats avec les groupes terroristes qu’ils soutiennent sur le terrain des opérations. Ces funestes choix politiques se retournent contre nous de la société civile, qui les essuyons de plus en plus souvent.

 

Qui donc aura le courage de le dénoncer avec force !? Qui donc mettra ces responsables politiques face à leurs impostures afin qu’une procédure soit intentée à leur encontre !? Qui interpellera ces élus pour leur dire que de tels agissements méritent une condamnation sans aucune circonstance atténuante !?

 

Le constat est donc sans appel : oui, nos Etats occidentaux assassinent leur propre population par soutien direct au terrorisme international !

Daniel Vanhove

21.06.17

Le Préfet de Paris a empêché 30 gendarmes d’intervenir au Bataclan dès 22h, soit 48mn avant la BRI

La guerre des polices (police contre gendarmerie), Intérieur contre Défense, a-t-elle été jusqu’à cette extrémité, ou s’agit-il d’un ordre supérieur au Préfet ? Car la préfecture dépend directement du ministère de l’Intérieur, qui dépend du Premier ministre.

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Michel Cadot est à droite sur la photo
Ajustements au Moyen-Orient

Alors que les États du Moyen-Orient élargi se divisent entre partisans et adversaires du cléricalisme, Washington, Moscou et Pékin négocient une nouvelle donne. Thierry Meyssan évalue l’impact de ce tremblement de terre sur les conflits palestinien, irako-syrien et yéménite.

 | DAMAS (SYRIE)  

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La crise diplomatique autour du Qatar a gelé divers conflits régionaux et a masqué des tentatives de règlements de quelques autres. Nul ne sait quand aura lieu le lever de rideau, mais il devrait faire apparaître une région profondément transformée.

1— Le conflit palestinien

Depuis l’expulsion de la majorité des Palestiniens hors de chez eux (la Nakhba, le 15 mai 1948) et le refus par les peuples arabes de ce nettoyage ethnique, seules la paix séparée israélo-égyptienne des accords de Camp David (1978) et la promesse d’une solution à deux États des accords d’Oslo (1993) ont partiellement modifié la donne.

Cependant lorsque l’on révéla les négociations secrètes entre l’Iran et les États-Unis, l’Arabie saoudite et Israël décidèrent à leur tour de discuter. À l’issue de 17 mois de rencontres secrètes, un accord fut conclu entre le Gardien des deux mosquées et l’État juif [1]. Celui-ci se concrétisa à travers la participation de Tsahal à la guerre du Yémen [2] et le transfert de bombes atomiques tactiques [3].

Rappelons que cet accord prévoyait également de faire évoluer l’Arabie saoudite de sorte que sa société reste salafiste et que ses institutions deviennent laïques. Il prévoyait aussi l’indépendance du Kurdistan irakien (qui tiendra un référendum en septembre) et l’exploitation à la fois des champs gaziers du « quart vide » (qui sont à cheval sur l’Arabie et le Yémen, d’où la guerre actuelle) et de ceux de l’Ogaden (d’où le retrait cette semaine des troupes qataries de la frontière djiboutienne).

En définitive, l’Égypte a décidé de céder les îles de Tiran et de Sanafir à l’Arabie saoudite, comme elle s’y était engagée il y a un an. Ce faisant, Riyad a reconnu de facto les accords de Camp David qui gèrent notamment le statut de ces territoires. Israël a confirmé avoir obtenu des garanties saoudiennes.

Observons que la décision égyptienne n’a pas été prise sous la pression saoudienne (Riyad avait vainement bloqué ses livraisons de pétroles, puis un prêt de 12 milliards de dollars), mais en raison de la crise du Golfe. Les Séoud ont officialisé leur rupture avec les Frères musulmans qui couvait depuis la transmission par le président al-Sissi de documents attestant d’un projet de coup d’État de certains membres de la Confrérie contre eux. Dans un premier temps, l’Arabie avait cru pouvoir discerner entre de bons et de mauvais Frères musulmans. Elle avait déjà accusé le Qatar de soutenir les putschistes, mais les choses avaient évolué pacifiquement cette fois. Désormais Riyad entend combattre toute la Confrérie ce qui le conduit à revoir sa position à propos de la Syrie.

La cession de ces îles, égyptiennes depuis la Convention de Londres de 1840, n’a d’autre sens que de permettre à l’Arabie saoudite de reconnaître implicitement, 39 ans plus tard, les accords de paix égypto-israéliens de Camp David.

De son côté, Téhéran a accueilli la direction politique du Hamas (laquelle est principalement composée de Frères musulmans) à la fois au nom de la solidarité avec la cause palestinienne et parce qu’il partage la même conception de l’islam politique.

La prochaine étape sera l’établissement de relations commerciales publiques entre Riyad et Tel-Aviv ainsi que l’expose The Times du 17 juin (des sociétés israéliennes seraient autorisées en Arabie et la compagnie d’aviation El-Al pourrait utiliser l’espace aérien saoudien) [4], puis la reconnaissance de l’initiative de paix du prince Abdallah (Ligue arabe, 2002) et l’établissement de relations diplomatiques (le prince Walid ben Talal deviendrait ambassadeur) [5].

Ce projet pourrait amener à la paix en Palestine (reconnaissance d’un État palestinien et indemnisation des réfugiés), au Liban (retrait des fermes de Shebaa) et en Syrie (arrêt du soutien aux jihadistes et retrait du Golan).

La question du Golan sera particulièrement difficile car l’administration Netanyahu a affirmé —non sans provocation— son annexion tandis que les États-Unis et la Russie ont violemment réagi à l’expulsion de la Force des Nations unies chargée d’observer le dégagement (FNUOD) et à sa substitution par al-Qaïda [6]. Il n’est cependant pas impossible qu’au cours de la guerre de Syrie, Washington ou Moscou ait pris l’engagement auprès de Tel-Aviv de ne pas modifier le statu quo du Golan.

Ce projet de règlement général reflète la méthode des hommes d’affaire Donald Trump et Jared Kushner : créer une situation économique qui impose un changement politique. Il se heurtera nécessairement à l’opposition des Frères musulmans (Hamas), et du triangle de l’islam politique : l’Iran, le Qatar et la Turquie.

2— Le conflit irako-syrien

La totalité des acteurs de la région s’accordent à considérer qu’aujourd’hui l’Irak et la Syrie forment un unique champ de bataille. Toutefois les Occidentaux, qui s’accrochent aux mensonges de l’administration Bush Jr. (même s’ils admettent l’inanité des armes de destruction massives imputées à Saddam Hussein) et à la narration romantique des « printemps arabes » (même s’ils reconnaissent que ce mouvement n’a jamais tenté d’apporter de liberté mais au contraire d’imposer l’islam politique), s’entêtent à les considérer comme distincts.

Nous renvoyons nos lecteurs à mon livre Sous nos yeux pour ce qui concerne la manière dont la guerre a débuté [7]. Toujours est-il que depuis le début de la crise autour du Qatar, la guerre se limite en Irak et en Syrie à
(1) la lutte contre Daesh (Mossoul et Rakka) et à
(2) celle contre la Turquie (Baachiqa et Al-Bab) [8].

Ce qui est évident pour tous dans la région, c’est que depuis l’accession au pouvoir à Pékin du président Xi Jinping porteur du projet des deux routes de la soie, Washington a poussé à la création d’un « Sunnistan » à cheval sur l’Irak et la Syrie. Pour ce faire, il a financé, armé et encadré Daesh afin de couper l’axe de communication Beyrouth-Damas-Bagdad-Téhéran-Pékin.

Depuis quatre mois, l’administration Trump étudie et négocie la manière dont elle pourrait modifier cette politique et conclure un partenariat avec Pékin au lieu de la confrontation actuelle [9].

Alors que sur le terrain, s’enchaînent des événements contradictoires, les armées irakienne et syrienne ont subitement avancé depuis le début de la crise autour du Qatar. Elles ont libéré de Daesh leurs territoires frontaliers et sont aujourd’hui sur le point d’établir leur jonction (c’est-à-dire de rétablir la route de la soie). Les deux armées ne sont plus séparées que par deux cent mètres de terrain contrôlés illégalement par l’armée US [10].

Quant aux combats au Sud de la Syrie, ils ont miraculeusement cessé. Un cessez-le-feu a été proclamé unilatéralement par Damas à Deraa. En réalité, Moscou et Washington ont donné l’assurance à Tel-Aviv que la Syrie ne laisserait se déployer à sa frontière que des troupes russes et non pas iraniennes, pas plus que celles du Hezbollah libanais.

Bref, si le Pentagone suit les ordres de la Maison-Blanche, le conflit devrait largement cesser. Il ne resterait que l’occupation turque de l’Irak et de la Syrie, sur le modèle de l’occupation turque de Chypre dont l’Union européenne s’est lâchement accommodée. Les États-Unis et l’Arabie saoudite qui étaient des ennemis de l’Irak et de la Syrie redeviendraient à nouveau leurs alliés.

3— Le conflit yéménite

Les Yéménites pourraient faire les frais de l’évolution actuelle. S’il est clair que l’Arabie saoudite est entrée en guerre pour installer un gouvernement favorable à l’exploitation jointe des champs pétroliers du « Quart vide » et pour la gloire personnelle du prince Mohamed Ben Salman, il semble que l’aide apportée par l’Iran aux Houthis et à l’ancien président Saleh détourne les yeux des pays arabes et de la « communauté internationale » des crimes qui s’y commettent.

Il faut en effet choisir son camp et presque tous ont opté pour l’Arabie saoudite contre le Qatar et ses alliés turc et iranien. Ce qui était positif en Palestine, en Irak et en Syrie, s’avère négatif au Yémen.

Conclusion

Depuis le 5 juin et la rupture des relations diplomatiques entre Riyad et Doha, les chancelleries se préparent toutes à une possible guerre, même si seule l’Allemagne l’a évoquée publiquement. Cette situation est d’autant plus surprenante que c’est le Qatar et non l’Arabie saoudite qui est observateur à l’Otan [11].

Des démissions s’enchaînent à Doha, de l’ambassadrice des États-Unis Dana Shell Smith, au sélectionneur de l’équipe nationale de football Jorge Fossati. Non seulement les États alignés sur Riyad ont coupé leurs relations commerciales avec l’émirat, mais de nombreuses sociétés sans liens particulier avec le Golfe en ont fait de même au vu du risque de guerre. C’est le cas par exemple de COSCO, la plus grande compagnie maritime chinoise.

Quoi qu’il en soit, malgré ses revendications historiques justifiées, il semble impossible que l’Arabie saoudite annexe le Qatar alors qu’elle s’était opposée à l’annexion du Koweït par l’Irak pour les mêmes raisons. Une règle s’est imposée dans le monde depuis la décolonisation britannique : nul n’a le droit de toucher à des frontières conçues par Londres, dans le seul et unique but de maintenir des problèmes insolubles pour les nouveaux États indépendants. De cette manière Londres maintient de facto leur dépendance perpétuelle à son égard. Au demeurant l’arrivée prochaine de 43 000 soldats pakistanais et turcs venus défendre le Qatar devrait renforcer sa position.

Thierry Meyssan

[1] « Exclusif : Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 juin 2015.

[2] « La Force « arabe » de Défense commune », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 20 avril 2015.

[3] « Le Proche-Orient nucléarisé ! », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 7 mars 2016.

[4] “Saudi trade talks with Israel are historic first”, Michael Binyon & Gregg Carlstrom, The Times, June 17th, 2017.

[5] « Exclusif : L’Arabie saoudite construit une ambassade en Israël », Réseau Voltaire, 29 mai 2016.

[6] « Le Conseil de sécurité s’apprête à enjoindre à Israël de rompre avec al-Qaïda », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 juillet 2016.

[7] Sous nos Yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, éditions Demi-Lune, 2017.

[8] « Invasion militaire turque de l’Irak », par Ibrahim Al-Jaafari, Réseau Voltaire, 19 octobre 2016.

[9] « Trump : le business contre la guerre », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 février 2017.

[10] « Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ? », Réseau Voltaire, 17 juin 2017.

[11] « Israël et des émirs dans l’Otan », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie) , Réseau Voltaire, 13 mai 2016.

 
 
Au bout de dix ans de siège, Gaza atteint un point de rupture humanitaire et politique (Ma’an News)
Gaza, juillet 2014 - Dans l’hôpital Khan Younis, une femme du village de Khusa’a tient dans ses bras un enfant blessé. Les habitants de Khuza’a ont cherché refuge dans cet hôpital après avoir fui les bombardements israéliens. Beaucoup d’habitants de Khusa’a ont été tués ou blessés alors qu’ils s’enfuyaient - Photo : ActiveStills.org

BETHLEHEM (Ma’an) - Alors que la bande de Gaza vient de passer la barre des 10 ans du siège israélien de la petite enclave palestinienne, jeudi, la situation humanitaire continue à préoccuper les groupes de défense des droits humains, qui ne cessent de dénoncer les « conditions de vie les plus inhumaines du monde moderne. »

Gaza, qui a souvent été comparée à une « prison à ciel ouvert » pour ses 1,9 million d’habitants entassés dans 365 kilomètres carrés, vient de subir une décennie d’isolement et de privations, aggravée par trois agressions militaires israéliennes dévastatrices et une persistante lutte politique entre deux factions palestiniennes.

La décision récente de l’Autorité palestinienne (PA) de demander à Israël de réduire l’approvisionnement en électricité de la bande de Gaza a fait craindre que la situation à Gaza n’atteigne rapidement un niveau de dégradation politique et humanitaire aux conséquences imprévisibles.

Une décennie de restrictions épouvantables

Six mois après qu’Israël a évacué ses colonies illégales dans la bande de Gaza, le mouvement du Hamas a remporté des élections législatives palestiniennes en janvier 2006 avec une victoire écrasante : il a remporté 74 sièges au Conseil législatif palestinien (PLC), tandis que le Fatah, le parti de l’AP au pouvoir, n’en remportait que 45.

Ce « tsunami » comme le Fatah l’a appelé, n’a pas enchanté les responsables du Fatah, et les tensions entre le Hamas et le Fatah se sont aggravées d’autant plus que les israéliens et les Etatsuniens ont décidé d’imposer des sanctions économiques à l’AP, parce qu’ils considéraient le Hamas comme un groupe terroriste.

Les tensions ont abouti à la bataille de Gaza entre le 10 juin et le 15 juin 2007, au cours de laquelle le Hamas a pris le plein contrôle de la côte. Israël a réagi en imposant le blocus militaire total de Gaza.

Depuis 10 ans, les autorités israéliennes restreignent sévèrement la liberté de circulation des Gazaouis, exigeant que tous les Palestiniens – y compris les malades en traitement, les hommes d’affaires et les hommes âgés qui veulent aller prier – aient un permis pour entrer ou sortir des territoires occupés à travers le checkpoint d’Erez.

L’Égypte, le seul autre pays qui partage une frontière avec Gaza, a également intensifié le blocus depuis qu’Abd al-Fattah al-Sisi a renversé le gouvernement dirigé par les Frères musulmans en 2013 et est devenu président.

La plupart des Gazaouis ne peuvent ni sortir de l’enclave côtière assiégée ni y entrer, parfois pendant des mois d’affilée, parce que les autorités égyptiennes n’ouvrent que sporadiquement le poste frontière de Rafah. Selon les Nations Unies, il n’a été ouvert que 44 jours en 2016, et 21 jours en 2015.

L’Égypte a récemment tenté de faire pression sur le gouvernement de Gaza pour qu’il coopère avec ses violentes opérations de « contre-terrorisme » en échange de la fourniture d’électricité dont Gaza a un besoin impérieux.

Israël a également maintenu des restrictions draconiennes sur l’approvisionnement de l’enclave assiégée, arguant que des matériaux de construction comme le ciment pouvaient être utilisés par le Hamas et d’autres groupes de résistance palestinienne à des fins militaires.

Les dossiers du ministère israélien de la Défense publiés en 2012 ont également révélé que les autorités israéliennes ont aussi limité l’entrée de la nourriture dans Gaza ; selon l’ONG juridique Gisha, des produits tels que la cardamome, le chocolat et les chips étaient interdits d’importation dans Gaza en 2010. De plus, le secteur agricole de Gaza a beaucoup souffert des « zones tampons » créées par Israël à la fois sur terre et en mer ; les agriculteurs palestiniens risquent leur vie lorsqu’ils s’approchent trop près de la clôture de la frontière et les pêcheurs lorsqu’ils s’éloignent de la petite « zone de pêche délimitée » (par Israël) au large de la bande de Gaza.

Le profond impact de trois guerres

Israël a inlassablement tenté d’écraser la résistance palestinienne dans la bande de Gaza pendant toutes ces années, en prétendant que les roquettes sporadiquement tirées de la petite enclave palestinienne, ou que les tunnels construits entre Gaza et Israël ou l’Égypte justifiaient ses mesures punitives contre Gaza.

A Fish Out of Water : Gaza’s First Fisherwoman

Alors que les tunnels entre Gaza et Israël sont utilisés par des groupes de la résistance pour attaquer Israël, les tunnels vers l’Égypte sont utilisés par le Hamas comme une source de revenus et d’armes et aussi pour faire rentrer des produits de première nécessité pour les Gazaouis, comme de la nourriture, des médicaments et des matériaux de constructions indispensables.

Le blocage déjà rigoureux a vu son impact multiplié par plusieurs attaques militaires israéliennes de grande envergure sur Gaza pendant ces dix ans ; des groupes de défense des droits humains ont accusé Israël d’un usage disproportionné de la force qui s’apparente à des crimes de guerre.

Pendant l’opération « Plomb durci », une guerre de trois semaines qui a commencé à la fin de décembre 2008 et s’est terminée en janvier 2009, 1 391 Palestiniens ont été tués – dont 926 civils – et plus de 5 000 ont été blessés, selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR). Dans le même temps, 13 Israéliens ont été tués – quatre d’entre eux par un feu ami – et 518 ont été blessés. En novembre 2012, les frappes militaires israéliennes d’une durée d’une semaine connues sous le nom de « Opération Pilier de Défense » ont tué 160 Palestiniens tués et fait 1 000 blessés, selon le PCHR, tandis que, selon le gouvernement israélien, 6 Israéliens ont été tués et 229 blessés.

Le conflit le plus dévastateur, toutefois, a eu lieu à l’été 2014, lorsqu’une guerre de sept semaines a coûté la vie à 2 310 Palestiniens, 70% d’entre eux des civils selon le ministère de la Santé de Gaza, et en a blessé plus de 10 500 autres. Pendant ce temps, 72 Israéliens, dont 67 soldats, ont été tués et 555 blessés.

Le Hamas n’a pas revendiqué d’attaques de roquette depuis que le cessez-le-feu a été déclaré après la guerre de 2014 et il a même essayé d’empêcher les plus petits groupes de lancer des roquettes. Les officiels israéliens ont néanmoins accusé le Hamas de « préparer » une autre guerre avec Israël et ont mené des opérations de représailles sur toute la bande de Gaza –par des frappes aériennes en 2016 et plus tôt dans l’année notamment. Les autorités israéliennes tiennent le Hamas pour responsable de toutes les attaques contre des cibles israéliennes en provenance de la bande de Gaza.

Une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver

Les trois offensives israéliennes ont causé des dégâts considérables à l’eau, à l’assainissement, à l’énergie et à l’infrastructure médicale de Gaza et ont détruit des milliers de maisons dont La reconstruction a été sérieusement bloquée par les limitations israéliennes imposées à l’importation de matériaux, ainsi que par les retards dans le règlement de l’aide internationale. En août 2016, environ 50% des bâtiments qui ont été complètement détruits pendant la guerre dévastatrice de 2014 attendaient encore d’être reconstruits, et un rapport de l’ONU d’avril 2016 estimait que 75 000 Palestiniens étaient encore sans abri presque deux ans après la dernière guerre.

Souffrant d’un taux de chômage de 44 %, un des plus élevés du monde, environ 80 % de la population de Gaza dépend de l’aide humanitaire.

En 2015, l’ONU a averti que la bande de Gaza pourrait devenir « invivable » d’ici 2020 si rien n’était fait pour améliorer la situation, mais les développements récents font craindre que la détérioration du niveau de vie puisse se produire beaucoup plus vite que prévu.

Alors que Gaza lutte depuis des années avec des pénuries d’électricité du fait de l’accès limité aux carburants et des infrastructures dégradées, la seule centrale électrique de Gaza a fermé en avril, parce que les responsables de l’électricité de Gaza disent qu’ils ne peuvent pas payer la taxe imposée par l’AP sur le carburant diesel, qui a doublé le coût d’exploitation de la centrale.

En conséquence, les Gazaouis sont passés de huit heures d’électricité par jour à trois ou quatre. Et la décision d’Israël de limiter l’alimentation en électricité de Gaza à la demande de l’AP qui accuse le Hamas de ne pas lui transférer l’argent des taxes, pourrait encore réduire de moitié l’accès à l’électricité.

Un groupe de 16 organisations de la société civile a exhorté mercredi les autorités israéliennes à reconsidérer leur décision de restreindre la fourniture d’électricité à Gaza, affirmant que la décision n’avait « pas de rapport avec les besoins concrets de sécurité » et qu’elle était « de nature politique », et que, par conséquent elle violait le droit international.

« Israël ne peut prétendre être un simple fournisseur de services répondant de manière neutre à la demande d’un client. Compte-tenu de son contrôle absolu sur la vie dans la bande de Gaza, Israël a le devoir, en tant que force d’occupation, de faire en sorte que ses habitants aient une vie normale », ont déclaré ces organisations.

« Les dommages que causeraient aux Israéliens et aux Palestiniens de la région dans son ensemble une escalade des hostilités, sont beaucoup plus importants que le bénéfice (politique ou autre) qui peut être retiré de la mise en œuvre d’une telle décision. » L’accès aux soins de santé a été fortement affecté par le blocus, les pénuries d’électricité et les compressions budgétaires de l’AP, et la vie de centaines de malades est en danger.

« Le secteur de la santé ne peut fournir que des soins élémentaires – les hôpitaux sont obligés d’annuler certaines opérations et de réduire l’intendance et ils dépendent des Nations Unies pour le carburant nécessaires aux générateurs de secours », a dit, jeudi, Michael Lynk, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Lynk a ajouté que, du fait que les stations de traitement de l’eau de Gaza fonctionnent à environ de 15 % de leur capacité en raison de la pénurie d’électricité, les eaux usées se déversent dans la mer Méditerranée, et l’accès à l’eau potable à Gaza devient de plus en plus rare.

Lynk a également indiqué que le prix des denrées de première nécessité, comme la nourriture, augmentait, tandis que l’augmentation des coupures d’électricité obligeait les entreprises à fermer ou à réduire les heures de travail, entraînant encore plus de chômage.

Les rivalités politiques palestiniennes perdurent

Au cours de la décennie, la rivalité entre le Hamas et le Fatah a persisté sans relâche, et les récentes décisions de l’Autorité palestinienne ont encore aggravé les difficiles conditions de vie à Gaza.

Les tensions n’ont fait que s’intensifier au cours des derniers mois à cause de la crise de l’électricité à Gaza ; dans les deux camps, en Cisjordanie et à Gaza, il y a eu des soupçons d’arrestations politiques ; l’AP a réduit les salaires des fonctionnaires de Gaza ; et des élections locales ont été tenues en Cisjordanie, malgré le boycott du Hamas et d’autres partis.

Durant sa décennie au pouvoir à Gaza, le Hamas a été accusé de violations des droits de l’homme, notamment pour l’utilisation de la peine de mort contre les personnes accusées de « collaboration » avec Israël et sa répression des voix dissidentes.

Le journal d’information israélien Ynet a rapporté mercredi que l’AP, dans une déclaration sur les 10 ans de blocus, avait accusé le Hamas d’être responsable de la situation à Gaza.

« La deuxième Nakba qui a frappé notre peuple », disait la déclaration, en faisant référence au déplacement forcé de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création de l’état d’Israël en 1948. « Le Hamas a transformé Gaza en un enfer intolérable. »

Gaza : Energy shortage adds to plight of residents

Lynk, le rapporteur spécial de l’ONU, a dit qu’Israël, l’AP et le Hamas avaient tous « une responsabilité directe dans la crise », et il les a exhortés à agir tous pour le bien-être des résidents de Gaza. 

« Je les invite à mettre de côté leur différend, à se montrer à la hauteur de leurs obligations juridiques et politiques, et à s’assurer que les besoins en électricité de la population soient pleinement satisfaits et que les besoins immédiats en matière d’infrastructures indispensables soient pris en compte, » a-t-il déclaré.

« Maintenir Gaza économiquement paralysé et socialement isolé engendre obligatoirement une grande détresse humanitaire et aboutira à un autre conflit dans un proche avenir », a ajouté Lynk. « Les droits de chacun à la liberté et à la sécurité doivent être respectés pour que la paix règne ».

Alors que le coordinateur humanitaire de l’ONU dans les territoires palestiniens occupés, Robert Piper a qualifié mercredi la crise qui s’aggrave sans cesse à Gaza de « conflit palestinien interne » les associations de défense des droits humains en rendent largement responsables le siège et le blocus israéliens.

L’ONG israélienne B’Tselem a accusé le blocus de jeter Gaza « dans les affres d’une catastrophe humanitaire », ajoutant qu’Israël « contraint les résidents de Gaza à vivre dans une pauvreté extrême et dans des conditions inhumaines sans précédent dans le monde moderne. » Et B’Tselem a ajouté : « Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, si cela avait été le cas, Israël aurait probablement envoyé une mission d’aide humanitaire. Au lieu de cela, la réalité à Gaza est l’œuvre d’Israël, le résultat d’une décennie de décisions politiques brutales. »

Chloe Benoist
Ma’an News https://www.maannews.com/Content.aspx?id=777650

Chloé Benoist est une journaliste française ayant vécu au Liban de 2011 à 2016. Elle vit et travaille actuellement en Cisjordanie occupée. Elle y couvre l’actualité politique, mais écrit aussi sur des sujets économiques, sociaux et culturels.

Traduction : Dominique Muselet

»» http://chroniquepalestine.com/10-ans-de-blocus-gaza-rupture-humanitair...
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Wed Jun 21, 2017 7:50AM
Les terroristes d'Al Nosra et les soldats israéliens en aparté dans un village du Golan. (Photo d'archives)
Les terroristes d'Al Nosra et les soldats israéliens en aparté dans un village du Golan. (Photo d'archives)

Quelques jours après les démentis apportés par Israël sur son soutien financier aux terroristes takfiristes, Russia Today fait d'importantes révélations. Israël n'a jamais cessé de soutenir les terroristes takfiristes actifs dans le Sud syrien et ce, dans l'objectif de "créer une zone tampon" à Deraa. 

Russia Today reprend mot par mot les aveux de "six chefs terroristes" ainsi que les déclarations de "trois personnalités" au fait de ce qui se passe dans les coulisses de l'appareil de direction israélienne. Ces personnes qui se confient à Wall Street Journal, font état d'importantes assistances de Tel-Aviv aux "groupes armés opposés à Assad, et à ses alliés russes, iraniens et libanais". 

"En 2016, une unité militaire spéciale a été formée par Israël, unité chargée de distribuer l'aide israélienne aux groupes armés. Cette aide comprenait outre "armements et munitions", "le salaire" à verser aux terroristes takfiristes. Ehud Yaari, journaliste et expert israélien du Moyen-Orient avait même trouvé un nom pour le soutien israélien aux terroristes du Golan : " Bon voisinage"! C'est sous l'auspice de Moshé Yaalon, ancien ministre israélien des Affaires militaires, que cette "assistance financière et militaire" était prodiguée aux terroristes takfiristes. 

Interrogé par Wall Street Journal, Motassam al-Golani, porte-parle du groupe armé baptisé " Combattants du Golan" a d'ailleurs rendu "un vibrant hommage" à Israël pour "s'être bravement tenu à nos côtés" : " Si ce n'était pas l'aide d'Israël, on ne pourrait jamais tenir tête à l'armée syrienne." 

Abou Sahib, chef d'un autre groupe terroriste lève un autre coin du voile sur l'opération israélienne "Bon voisinage" : " À titre de commandant, je perçois un salaire annuel de 5 000 dollars versé par Israël. Et mon groupe travaille avec Tel-Aviv depuis 2013, soit depuis une première offensive d'envergure de l'armée syrienne contre nos positions. Nous avons demandé aux Israéliens de nous venir en aide, d'accueillir nos blessés dans leurs hôpitaux." Abou Sahib qualifie "le contact avec Israël" de " tournant" pour son groupe terroriste puisque ce fut après ce contact que " Tel-Aviv nous a envoyé argent et munitions non pas seulement à notre groupe mais aussi aux autres groupes qui se battaient à nos côtés au Golan".   

Le chef du groupe terroriste avoue que des criminels takfiristes qui agissent au Golan veulent " dans leur majorité une plus étroite coopération avec Tel-Aviv". La milice "Combattants du Golan", déployée à Quneitra dans les hauteurs du Golan, est composée de 400 terroristes et est alliée à quatre autres groupes takfiristes. Mais outre ces 400 terroristes, Israël apporte son soutien financier à 800 autres miliciens takfiristes éparpillés dans près de 12 villages. Tel-Aviv cherche, via cet appui direct aux terroristes de Daech et d'Al Nosra, à renverser le président Assad et surtout à annexer les hauteurs occupées du Golan à Israël. Le régime israélien a par ailleurs procédé à plusieurs frappes aériennes d'envergure contre l'armée syrienne et ses alliés sur le sol syrien. 

En décembre 2016, la DCA syrienne a abattu un drone et un F16 israéliens qui avaient agressé une région non loin de Damas. Depuis le déploiement des batteries de missiles S300 et S400 syriens dans le nord et le sud du pays, Israël craint de bombarder directement le sol syrien.  

Les réseaux takfiristes qu'Israël soutient en Syrie fournissent les terroristes qui commettent des attentats en Europe. 

Wed Jun 14, 2017 10:8AM
Les Américains ont héliporté les commandants de Daech de nationalité occidentale. (Photo d'illustration) ©AFP
Les Américains ont héliporté les commandants de Daech de nationalité occidentale. (Photo d'illustration) ©AFP

« Les Américains ont héliporté, depuis Raqqa, les commandants de Daech de nationalité occidentale », a-t-on appris d’un membre du Parlement syrien.

Ammar Assad, un député du Parlement syrien, a révélé une opération héliportée des Américains à Raqqa, au profit des terroristes de Daech.

« Les États-Unis ont permis à 120 éléments armés de Daech de quitter Raqqa pour se rendre à As-Sukhnah alors qu’ils pouvaient ainsi mettre en danger Palmyre et ses alentours », a déploré Ammar Assad, ajoutant pourtant que ces terroristes ont été abattus par les frappes aériennes russes et syriennes.

« Les Américains et les miliciens des Forces démocratiques syriennes agissent de concert. Ce qui se passe sur le terrain est au contraire de ce qui se dit aux médias. De nombreux événements surprenants ont lieu sur le terrain. Il y a trois semaines, les avions de la coalition internationale, dirigée par les États-Unis, ont héliporté les commandants de Daech de nationalité occidentale, depuis Raqqa vers des destinations inconnues ».

Et d’ajouter : « Les États-Unis prêtent une attention toute particulière à Raqqa. Comment est-ce possible qu’un accord aurait été conclu entre Daech et les Forces démocratiques syrienne malgré les divergences idéologiques qui existent entre ces deux groupes ? Comment est-ce possible qu’un couloir sûr aurait été offert aux terroristes de Daech pour qu’ils puissent quitter facilement la ville de Raqqa ? Un tel accord n’est conclu que pour assurer des intérêts particuliers ».

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Syrie: Selon le Wall Street Journal, Israël soutient les combattants des groupes terroristes

Crises Israël Syrie
 
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Visite de Netanyahou auprès de combattants rebelles syriens soignés dans les hôpitaux israéliens

Selon le Wall Street Journal, Israël a ouvert ses frontières avec la Syrie afin de fournir des soins médicaux au groupe terroriste d’Al-Nosra et aux combattants blessés d’al-Qaida dans la guerre civile en cours en Syrie.

Le journal étatsunien [pro-israélien] a signalé que le Front al-Nosra, émanation musulmane sunnite terroriste d’al-Qaida qui lutte contre Bachar al-Assad et le Hezbollah soutenu par l’Iran, est soutenu par Israël.

Bien qu’Israël considère al-Qaida et ses alliés comme des ennemis, l’entité sioniste est beaucoup plus déstabilisée par ce qu’elle considère comme une menace encore plus grande à savoir l’Iran. Selon leWall Street Journal, cette attitude a provoqué des tensions avec les États-Unis. Mais ce n’est un secret de polichinelle pour personne que les USA et Israël soutiennent les groupes terroristes se revendiquant d’Al-Quaïda pour affaiblir le pouvoir en place en Syrie depuis le début de la guerre civile en Syrie. L’accueil des combattants blessés d’Al-Quaïda dans les hôpitaux israéliens n’est pas un scoop puisqu’il était connu depuis au moins 2 ans. Cela confirme également les informations qui avaient fuité depuis des années sur le soutien apporté par Israël aux groupes terroristes qui ravagent la Syrie (La Turquie et Israël soutiennent directement l’Etat islamique (EI) et les terroristes d’Al-Qaïda en Syrie (Washington’s Blog) ). Récemment Press TV avait publié des photos (voir plus bas) montrant la collusion entre l’armée israélienne et Al-Nosra (Des photos prouvent la coopération entre Israël et al-Nosra (Press TV) ). Mais l’on ne doit pas minimiser le rôle des USA, occulté par le Wall Street Journal, sur la volonté de Washington d’apporter un soutien logistique plus important au groupe terroriste d’Al-Nosra. Le ministre des Affaires étrangères français,Laurent Fabius, en son temps, avait qualifié l’action de ce groupe comme « faisant du bon boulot » , quant au « chef de guerre » François Hollande il avait reconnu la livraison d’armes françaises aux rebelles « modérés » de l’ASL dont on connaît les liens étroits avec les groupes islamistes radicaux d’Al-Quaïda et d’Al-Nosra ! Le WSJ semble cibler Israël et épargner la responsabilité étatsunienne et otanienne, alors qu’il semble que toute la coalition atlantiste soutienne les terroristes pour créer le chaos en Syrie comme ce fut le cas en Libye. Récemment des conseillers militaires avec la double nationalité étatsunienne et israélienne ont été arrêtés avec des combattants du groupe de l’Etat islamique en Irak. La Deutsche Welle, quant à elle, avait déja documenté le soutien logistique et militaire de l’Etat turque – appartenant à la coalition otanesque – envers l’EI en Syrie.

Le Wall Street Journal a cité « un officier militaire israélien » qui a déclaré que la plupart des combattants traités étaient des rebelles armés qui combattent le régime loyaliste syrien.

« Nous ne demandons pas qui ils sont, nous ne faisons pas de contrôle« , a déclaré l’officier. « Une fois que le traitement est fait, nous les amenons à la frontière et ils poursuivent leur chemin. »

Selon Amos Yadlin, ancien chef des services de renseignement militaire israéliens qui pourraient devenir ministre de la Défense israélien si le parti politique du centre gauche, mené par Isaac Herzog, passait aux prochaines élections, il y a une communauté d’intérêt entre le groupe terroriste Al-Nosra affilié à Al-Quaïda et Israël : « Ces éléments sunnites (terroristes d’Al-Nosra, ndlr) qui contrôlent environ les deux tiers à 90% de la frontière syrienne sur le Golan n’attaquent pas Israël. Cela laisse à penser qu’ils comprennent qui est leur véritable ennemi, qui n’est sans doute pas Israël« .

Mais Eyal Zisser, doyen à la faculté de sciences humaines à Tel Aviv, se demande pour combien de temps.

Par Sam La Touch | 15 mars 2016

Voir l'article du Wall Street Journal: Al Qaeda a Lesser Evil? Syria War Pulls U.S., Israel Apart

LA LOI DE DIEU

DERNIERE ALLIANCE AVEC DIEU : JESUS Matthieu 19
17Il lui répondit: Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. 18Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d'adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; 19honore ton père et ta mère; et: tu aimeras ton prochain comme toi-même.…

Exode 20
12Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l'Eternel, ton Dieu, te donne. 13Tu ne tueras point. 14Tu ne commettras point d'adultère.…
Références Croisées
Matthieu 5:21
Vous avez entendu qu'il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d'être puni par les juges.

Matthieu 19:18
Lesquels? lui dit-il. Et Jésus répondit: Tu ne tueras point; tu ne commettras point d'adultère; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage;

Marc 10:19
Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d'adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; tu ne feras tort à personne; honore ton père et ta mère.

Luc 18:20
Tu connais les commandements: Tu ne commettras point d'adultère; tu ne tueras point; tu ne déroberas point; tu ne diras point de faux témoignage; honore ton père et ta mère.

Romains 13:9
En effet, les commandements: Tu ne commettras point d'adultère, tu ne tueras point, tu ne déroberas point, tu ne convoiteras point, et ceux qu'il peut encore y avoir, se résument dans cette parole: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Jacques 2:11
En effet, celui qui a dit: Tu ne commettras point d'adultère, a dit aussi: Tu ne tueras point. Or, si tu ne commets point d'adultère, mais que tu commettes un meurtre, tu deviens transgresseur de la loi.

Genèse 4:23
Lémec dit à ses femmes: Ada et Tsilla, écoutez ma voix! Femmes de Lémec, écoutez ma parole! J'ai tué un homme pour ma blessure, Et un jeune homme pour ma meurtrissure.

Genèse 9:5
Sachez-le aussi, je redemanderai le sang de vos âmes, je le redemanderai à tout animal; et je redemanderai l'âme de l'homme à l'homme, à l'homme qui est son frère.

Genèse 9:6
Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme à son image.

Exode 21:12
Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort.

Exode 23:7
Tu ne prononceras point de sentence inique, et tu ne feras point mourir l'innocent et le juste; car je n'absoudrai point le coupable.

Lévitique 24:17
Celui qui frappera un homme mortellement sera puni de mort. (par qui? Dieu)

Deutéronome 5:17
Tu ne tueras point.
La conquête de Canaan : un génocide ?
La conquête de Canaan :
un génocide ?
Ronald BERGEY
 

Une lecture rapide du livre de Josué achoppe sur les récits de guerre aux chapitres 6 à 12. De cette narration de la conquête de Canaan ressortent souvent deux impressions inquiétantes, d’abord celle d’une vague de destruction de villes rasées et de terres désolées, puis celle d’habitants vaincus, massacrés dans un véritable bain de sang. Ces impressions semblent confirmées par le narrateur des récits de bataille. Il martèle son message: « Josué battit tout le pays (…) il ne laissa aucun survivant. Il frappa d’anathème tout ce qui respirait », et le clou est d’autant plus enfoncé par l’affirmation « comme l’avait ordonné le Seigneur, le Dieu d’Israël » (Jos 10:40).

Le Pentateuque dépeint en termes durs la manière dont Dieu va, ou Israël doit, traiter les nations en Canaan. Elles seront effacées (khd Ex 23:23), chassées (grs Ex 23:28-31; Dt 7:1), expulsées (nsl Dt 7:1), repoussées (hdp Dt 9:4), retranchées (krt Dt 12:29), détruites (smd Dt 12:29), ou dépossédées (yrs Dt 9:5, 12:29)1. Le verbe le plus dur est heherîm(hrm) d’où est dérivé le nom herem. Deux lois deutéronomiques prescrivent cette sanction pour les sept nations de Canaan: « Tu les voueras à l’interdit » ou, traduit autrement, « tu les frapperas d’anathème » (Dt 7:2, 20:17)2. C’est d’abord en Transjordanie, selon les récits de guerre en Deutéronome 2 et 3, et puis en Cisjordanie, d’après Josué 6 à 12, où l’anathème est appliqué3. La politique d’anathème, selon les sommaires des campagnes militaires majeures (Jos 10:40, 11:20), semble s’étendre sur la majorité sinon toutes les villes dont les Israélites ont pu s’emparer.

Dans les récapitulatifs de batailles individuelles où le herem a été appliqué se trouvent également les expressions dures comme « ils les passèrent au fil de l’épée », ou « il ne resta rien de ce qui respirait », rendues parfois plus poignantes par le rajout « hommes, femmes et enfants » (Dt 2:34, 3:6; Jos 6:21, 10:40, 11:11, 14, 12:40).

Comment donc ne pas tirer la conclusion qu’Israël était bénéficiaire d’un pays donné en héritage découlant de lait et de miel au prix du sang coulé des populations vaincues? Quel meilleur mot choisir pour qualifier ces impressions si ce n’est le génocide? Et ne peut-on pas, comme A. de Pury, sérieusement se demander: « Si le dieu d’Israël est vraiment… un dieu sanguinaire qui appelle son peuple au combat et qui ordonne des massacres, comment confesser que ce dieu est le même que le dieu du NT, le Père de Jésus-Christ? »4Croire en l’extermination des Cananéens sur l’ordre de Dieu pose un problème de taille d’ordre éthique et théologique.

Plusieurs données restant dans le dossier biblique perturbent, pourtant, cette lecture lapidaire et troublent les premières impressions. Elles nous obligent à rouvrir le dossier « génocide » et à mener une nouvelle enquête en deux temps. D’abord, quant au pays conquis, l’aspect matériel sera abordé, puis à l’égard du peuple vaincu, l’aspect moral sera sondé pour déterminer la nature de l’anathème des habitants de Canaan.

I. Le pays de Canaan: l’aspect matériel de la conquête

1. Une vague de destruction?

Contrairement à ce qu’on peut penser, seules trois villes, parmi la trentaine vaincues mentionnées (Jos 12), auraient été brûlées: Jéricho (6:24), Aï (8:19, 28) et Hatsor (11:10-11). A propos de la campagne militaire au nord, il est précisé: « Mais Israël ne brûla aucune des villes à l’exception seulement de Hatsor. » (11:13)5

Dans le Pentateuque, les passages relatifs à l’installation préconisent que les Israélites posséderaient les villes et les maisons qu’ils n’avaient pas bâties et les terres qu’ils n’avaient pas cultivées (Dt 6:10-11, 19:1-2; cf. Nb 35:1-5). Le massif central sous contrôle israélite demeurait couvert de forêts denses (Jos 17:14-18) et l’usage, même restreint, des arbres pour assiéger une ville fait l’objet d’une loi deutéronomique (20:19-20). Rien ne laisse penser qu’ils avaient comme objet la destruction des villes et de leurs terres.

En revanche, les Israélites devaient détruire les lieux de culte. La loi d’anathème de Deutéronome 7 stipule: « Vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles, vous abattrez leurs poteaux d’Achéra et vous brûlerez au feu leurs statues. » (Dt 7:5; cf. Ex 23:10-30; Nb 33:51-56; Dt 6:14-19, 7:22-24, 12:2-3, 29-31) Comme le résume A. Millard: « Les récits bibliques de l’arrivée du peuple d’Israël en Canaan ne mentionnent la destruction que de quelques villes (…) il lui suffisait de détruire les rites païens des Cananéens et les accessoires de leur culte (…) [A] part ces trois villes [Jéricho, Aï, Hatsor], on ne doit guère retrouver de trace physique de la conquête, hors du domaine religieux. »6

2. Une conquête de la terre promise entière sous Josué?

En effet, le territoire conquis sous Josué ne comprenait que certaines régions. Le narrateur, dans ses bilans de la conquête en Josué 10 et 11, fait ressortir les territoires sous contrôle israélite. Ce sont des enclaves des coteaux occidentaux du massif central et de la haute Galilée, c’est-à-dire le pays des Amoréens. Puis, en introduisant les récits de l’installation en Josué 13 à 19, ce narrateur fait également remarquer « le pays qui reste ». C’est la majeure partie du pays, le territoire qui reste sous le contrôle des Cananéens.

Il constate aussi que les tribus individuelles, surtout en Cisjordanie, n’ont pas pu (ykl) déposséder les habitants (Jos 15:63, 16:10, 17:12; cf. 17:16-18; Jg 1:21, 27; Nb 13:29; Dt 7:22) ou encore les régions où les Cananéens et les Amoréens ont persisté (y’l) à rester (Jos 17:12; Jg 1:27, 35). Ce constat est renforcé par le refrain se référant à chacune des tribus mentionnées: tribu x « ne déposséda pas les habitants » de son héritage (Jos 13:13, 16:10; Jg 1:19, 21, 27, 29, 30, 31, 33). Par conséquent, ces peuples ont continué à habiter, dit le narrateur, « au sein d’Israël jusqu’à aujourd’hui » (Jos 13:13, 15:63, 16:10; Jg 1:21, 29, 32, 33; cf. 2 S 24:7).

Quelle que soit la datation de l’arrivée en Canaan des Israélites, fin du XVe ou milieu du XIIIe siècle, l’évidence archéologique montre la continuité générale de la culture cananéenne pendant l’âge du bronze récent (1550-1200) et l’âge du fer I (1200-1000), même si certaines villes ont été détruites et reconstruites plusieurs fois (par exemple Hatsor)7. Du côté israélite, les XIVe et XIIe siècles sont les périodes de nouvelles implantations et de reconstruction d’anciennes villes inhabitées parfois depuis plusieurs siècles. Ces sites sont précisément dans les régions mentionnées dans les récits bibliques, c’est-à-dire dans les coteaux du massif central pas ou peu habités par les Cananéens8.

Comment alors interpréter ces expressions « le pays qui reste » et les habitants pas dépossédés demeurant « au sein d’Israël jusqu’à aujourd’hui », juxtaposées aux résumés de la conquête disant que « Josué prit donc tout le pays exactement comme le Seigneur l’avait dit à Moïse », ou « le Seigneur livra tous leurs ennemis entre leurs mains » (Jos 11:23, 21:44; cf. 10:40, 42, 11:16, 23)?9Or, c’est dans ces mêmes versets que la réponse réside.

« Tout le pays » est précisé: « la montagne, le Néguev, le Bas-Pays (Shephéla), les coteaux » (10:40; cf. 11:16). Ce pays signifie, dans ce contexte, partout où les Israélites sont allés et toutes les enclaves stratégiques dont ils ont pris possession dans cette première phase de leur pénétration10. L’expression inverse, « le pays qui reste », est également qualifiée. Il s’agit des vastes plaines fertiles parsemées de grandes villes fortifiées cananéennes que traversait la route internationale reliant la Mésopotamie et l’Egypte: la plaine côtière, la plaine est-ouest d’Yizréel et la plaine au sud et au nord du lac de Galilée (Jos 13:1-6; Jg 3:3). Ces territoires restaient dans les mains des Cananéens (Jos 11:3; cf. Nb 13:29).

La longue durée de la prise de possession du pays donné en héritage est signalée dans le Pentateuque et dans les récits en Josué et en Juges. Par exemple: « Je ne les chasserai pas en une seule année loin de toi, de peur que le pays ne soit désolé et que les animaux sauvages ne se multiplient contre toi. Je les chasserai peu à peu loin de ta face, jusqu’à ce que tu puisses hériter du pays. » (Ex 23:29-30; Jos 23:12-13; Jg 2:21-23; cf. Ex 34:24; Dt 7:22, 12:20) Ce n’est qu’à partir du règne de David, et finalement à l’époque de Salomon, que l’étendue territoriale promise, « depuis le fleuve d’Egypte jusqu’au grand fleuve, à savoir, l’Euphrate » (Gn 15:18), a été soumise à Israël (1 R 4:21-25; cf. Dt 12:20, 19:8).

II. Les peuples de Canaan: l’aspect moral de la conquête

Les Israélites, s’ils n’ont pas semé la destruction matérielle, devaient-ils, à l’ordre de Dieu, exterminer les habitants de la terre promise? D’abord, entremêlées avec les ordres de détruire ou de frapper d’anathème les sept nations, sont les choses interdites aux Israélites à l’égard de ces mêmes habitants: il ne faudra pas conclure d’alliances avec eux (Ex 23:32; Dt 7:2), ni se marier avec eux (Dt 7:3), ni imiter leurs mœurs ou leur culte (Dt 12:2-4, 29-31), ni se rallier à d’autres dieux, d’entre les dieux des peuples qui sont autour de vous (Dt 6:14). Au fond, ces lois stipulent, noir sur blanc, que les habitants autochtones, toujours culturellement intacts, vont se trouver au milieu d’Israël dans la terre promise.

Josué, lui-même, solennellement, avertit le peuple: « Si vous vous détournez et que vous vous attachiez à ces autres nations qui restent avec vous, si vous vous unissez avec elles par des mariages et si vous vous mêlez à elles, sachez bien que le Seigneur, votre Dieu, ne continuera pas à déposséder ces nations devant vous… » (Jos 23:12-13) Il est clair, selon cet avertissement, que les Cananéens ne seraient pas exterminés.

Ne pas avoir annihilé les Cananéens, s’agit-il d’un échec de la part d’Israël ou, pire encore, de la désobéissance à un ordre de Dieu? Comment alors interpréter les lois du herem en Deutéronome (7:1-2, 20:16-18)? Est-il réellement question d’une prescription du génocide de la population autochtone?

1. La réponse rabbinique

D’après des sources anciennes et médiévales rabbiniques, Josué a rédigé une lettre laissant le choix aux sept nations, soit de s’enfuir, soit de faire la paix avec Israël, soit de lui faire la guerre11. La possibilité de faire la paix avec Israël existait à condition de s’engager à respecter les sept lois morales des Noahides12. En effet, puisque l’objet de la loi du herem était de protéger les Israélites des pratiques religieuses païennes (Dt 20:18), si les Cananéens acceptaient de garder ces lois, il ne serait plus nécessaire de les exterminer. Maïmonide, le grand interprète halakhique du XIIe siècle, en commentant la loi d’anathème en Deutéronome 20, résume cette pensée: « On ne livre une guerre à quiconque sans l’avoir invité à la paix… Si les gens acceptent la paix et les sept lois des Noahides, on ne tue personne: ils deviennent tributaires et serviteurs des Juifs. »13

Quand il a proposé la paix au roi amoréen, Sihon (Dt 2:26), bien qu’il ait reçu l’ordre de Dieu de faire la guerre (2:24), Moïse s’est permis de prendre cette initiative. Cette pratique serait donc à l’origine de la loi du Deutéronome 20:10 relative à la proposition de paix et elle établit que la tradition orale basée sur la pratique est aussi valable que la Torah écrite. Même à l’égard des villes assiégées qui ont refusé la paix (Dt 20:12), le siège, une fois commencé, ne devait encercler que trois côtés d’une ville pour permettre à ceux qui voulaient s’échapper de se sauver par le quatrième côté14.

Il était également permis d’offrir aux habitants de Canaan la liberté d’émigrer. Les Guirgasiens figurent dans certaines listes de sept nations (cf. Dt 7:1) mais sont absents dans d’autres (cf. Dt 20:17). Pourquoi? Ils ont quitté Canaan par peur des Israélites pour s’enfuir en Afrique du Nord. Selon une autre version, tous les Cananéens ont volontairement donné le pays aux Israélites et en récompense Dieu leur a donné le pays d’Afrique15.

2. La réponse de la critique littéraire

Les récits de la conquête font partie intégrale, selon la critique de la rédaction, d’une grande histoire relatée dans l’ensemble littéraire, du Deutéronome à 2 Rois. Cette histoire, dite deutéronomiste, est amorcée en Deutéronome par la pénétration des Israélites en Transjordanie, poursuivie en Josué par l’installation en Cisjordanie et achevée par la chute du royaume du sud et l’exil des Judéens à Babylone en 2 Rois. En traçant l’histoire du peuple d’Israël dans la terre promise, à partir des anciens matériaux et ceux de son cru, le rédacteur de cette œuvre voulait démontrer les conséquences tragiques du péché de l’adoration des dieux des nations, d’où la déportation et l’exil d’abord en Assyrie, et puis en Babylonie16.

Pour ce rédacteur deutéronomiste, la conquête est un thème clef de son histoire et le herem est au cœur de la conquête17. Si l’exil a été la conséquence de l’idolâtrie, ceci était dû au fait que les Israélites n’ont pas agi conformément aux lois relatives aux nations idolâtres de Canaan. C’est lui, dans un sommaire de la chute du royaume du nord, qui interprète la cause de la ruine d’Israël: « Cela arriva parce que les Israélites avaient péché contre le Seigneur, leur Dieu (…) ils avaient suivi les prescriptions des nations que le Seigneur avait dépossédées devant les Israélites (…) Ils se sont ralliés aux nations qui les entouraient et que le Seigneur leur avait défendu d’imiter. » (2 R 17:7-8, 15) Ce bilan concerne également Juda (verset 19).

Or les lois d’anathème et les récits où cette pratique est mentionnée sont tous mis au compte du deutéronomiste18. R. de Vaux exprime ce qui demeure le consensus critique: « (…) l’extermination des Cananéens est l’un des thèmes dominants du deutéronomiste qui a été le premier à donner des prescriptions sur le hérèm, spécialement Dt 2:34-35, 7:2, 20:16-17. »19Ailleurs il dit: « Il est difficile de dire dans quelle mesure ces prescriptions ont été réellement appliquées. Il est remarquable qu’elles soient formulées dans le Deutéronome, édité à une époque où la guerre sainte n’était plus guère qu’un souvenir, et que les exemples concrets se trouvent dans le livre de Josué dont la rédaction finale est également tardive… »20Selon P. Buis, l’auteur de la loi du herem, en Dt 7:2, « sait parfaitement que cette prescription n’a jamais été exécutée et qu’elle ne le sera jamais: au verset suivant, il suppose que les Cananéens sont encore là, bien vivants, pas même assimilés »21.

Repousser la question au deutéronomiste n’enlève pourtant pas l’embarras de la doctrine de l’anathème dans la loi du Deutéronome et sa fidèle exécution par Josué en obéissance à Dieu. Certains de ces commentateurs et d’autres critiques cherchent donc à atténuer la connotation brutale du herem par les justifications théologiques.

J. Briend explique: « Pour comprendre une telle violence, on ne peut oublier qu’il s’agit d’une relecture de l’histoire passée et d’un désir d’expliquer ce qu’il aurait fallu faire pour qu’Israël ne tombe pas dans l’infidélité. »22D. Bach ajoute que l’anathème était « un thème spirituel dans la lutte pour le maintien de la pureté religieuse d’Israël, dans le cadre de la prédication deutéronomiste »23. P. Buis, avec J. Leclercq, commentant Deutéronome 7, concluent: « La loi du verset 2 est donc une loi idéale, qui ressuscite de façon artificielle une ancienne coutume (en définitive rarement pratiquée) pour faire mieux saisir avec quelle vigueur les compromis doivent être rejetés. »24

3. La réponse « rhétorique »

M. Weinfeld attire l’attention sur les parallèles linguistiques des expressions de guerre employées, d’un côté, en Deutéronome et dans les récits de bataille en Josué, et de l’autre, dans les annales de guerre assyriennes, où figurent les expressions « il ne laissa pas un rescapé » (cf. Dt 2:34; Jos 10:28, 30, 37, 39), « sans laisser de rescapé » (cf. Dt 3:3; Jos 10:33, 11:8), « il ne laissa aucun rescapé » (cf. Jos 10:40), ou « il ne resta rien de ce qui respirait » (cf. Dt 20:16; Jos 11:11, 14). Il est clair, à partir des sources bibliques et assyriennes, que ces expressions ne se traduisaient pas dans la pratique au sens strict. C’est du langage conventionnel de guerre d’intimidation du Proche-Orient ancien25.

Certains commentateurs détectent dans les lois sur la guerre un élément polémique ou ironique. Pour J.G. McConville, il s’agit, peut-être, d’une polémique contre les dieux de Canaan. L’ordre de détruire les Cananéens vise aussi à la destruction de leur religion. Quand Dieu placera son nom dans le lieu qu’il choisira, Israël doit faire disparaître les lieux de culte des nations, même les noms de leurs dieux (Dt 12:2-3). Du fait que, dans cette même loi, il existe le non-sequitur, il faut détruire les nations et il ne faut pas se mêler à elles, suggère l’ironie. Elle prévoit le manque de rigueur de la part d’Israël en implantant l’anathème26.

D’une certaine manière, on peut dire, selon Ch. Wright, que vouer en anathème est rhétorique, car la loi d’anathème du Deutéronome 7 prescrit la destruction des lieux de culte païens et proscrit l’adoration des dieux des nations et les mariages avec elles (versets 2-4)27. Même Israël, frappé d’anathème, n’a pas été exterminé (Dt 7:26; Es 43:2; Mal 3:24; cf. Dt 6:15, 7:4, 8:20; Jos 24:20).

4. La réponse des milieux conservateurs

Les commentateurs conservateurs affichent un souci apologétique. Comme Abraham confronté avec la destruction imminente des Cananéens de son époque interroge Dieu en demandant: « Le juge de toute la terre n’agirait-il pas selon l’équité? » (Gn 18:25; cf. Jb 8:3) Dans un paragraphe intitulé « La question de l’anéantissement des Cananéens », P. Hoff pose la question: « Comment peut-on justifier cet ordre de Dieu? »28G.L. Archer, en s’exprimant au sujet de « L’extermination des Cananéens », demande: « Comment justifier cette destruction totale? »29

Certains textes bibliques leur fournissent en grandes lignes les éléments de réponse: « Car c’est à cause de la méchanceté de ces nations que le Seigneur les dépossède devant toi. » (Dt 9:4; cf. Gn 15:16; Lv 18:25)30Ou encore: « Car tu les voueras à l’interdit… afin qu’ils ne vous apprennent pas à imiter toutes les horreurs qu’ils font pour leurs dieux et pécher contre le Seigneur, votre Dieu. » (Dt 20:17-18; cf. 7:4; Ex 34:16; Lv 20:23) De plus, l’application de l’anathème aux nations de Canaan est justifiée dans les récits de guerre par le renvoi aux lois deutéronomiques « comme l’avait ordonné le Seigneur » (Jos 10:40, 11:12, 15, 20). Ces interprètes insistent donc sur le rôle d’instrument que jouait Israël. C’est Dieu qui a ordonné l’extermination afin d’exécuter son jugement sur les nations perverses et, en même temps, de préserver son peuple du naufrage moral à cause de l’influence néfaste de ces populations.

Le coup dur de l’anathème est souvent amorcé par d’autres considérations. Si les Cananéens n’avaient pas été exterminés, le peuple élu aurait été corrompu par leur religion dépravée et leurs mœurs dégénérées. En l’occurrence, Israël aurait été détruit, entravant ainsi, voire empêchant totalement, le plan du salut dans le Messie qui viendrait de cette postérité sainte. Vu sous cet angle, on voit davantage la miséricorde de Dieu31. Ou encore, l’anathème des nations est la mise en œuvre du même principe de justice divine qui opérait lors du jugement du monde (sauf huit personnes) par le déluge, ou lors du jugement des habitants de Sodome, ou encore de celui des premiers-nés d’Egypte et de l’armée du Pharaon32. Pourtant, tous ces jugements précédents, ensemble, perdent toute importance comparés au jugement dernier universel et éternel.

Comment résumer ces réponses divergentes? Pour diverses raisons, les rabbins juristes ont cru que l’ordre d’exterminer les sept nations était réel, mais en même temps abrogé par leur acceptation des conditions imposées par Israël. Selon la critique de la rédaction, l’anathème des nations était utopique, théorique et une fiction littéraire deutéronomiste. Pour d’autres, le herem faisait partie du langage conventionnel de guerre de l’époque, réel et inconditionnel seulement dans un sens polémique ou rhétorique. En revanche, la lecture conservatrice veut que l’extinction des Cananéens soit réelle, inconditionnelle et théologiquement correcte. Quelle lecture tient mieux compte des données à propos du herem?

5. Une lecture à partir des lois d’anathème deutéronomique

Pour démêler ce problème exégétique, il est nécessaire d’éviter l’amalgame des deux lois deutéronomiques d’anathème concernant les nations occupant la terre promise33. L’assise de chacune est différente. La loi en Deutéronome 7 légifère sur la séparation d’Israël des sept nations en son sein. La jurisprudence en Deutéronome 20 statue sur le comportement lors d’une guerre. On peut qualifier Deutéronome 7:1-5 de loi d’anathème « culturel », et Deutéronome 20:10-18 de loi d’anathème « de guerre ». Ces lois envisagent des situations radicalement différentes.

La loi d’anathème en Deutéronome 20:10-18 concerne les villes assiégées. La clause principale régissant les cas particuliers adressés dans cette loi stipule: « Quand tu t’approcheras d’une ville pour l’attaquer, tu lui proposeras la paix. » (Verset 10) Cette stipulation est ensuite circonstanciée (versets 11-15). Premièrement, que faire dans le cas où la paix est acceptée, puis que faire dans le cas où elle est refusée?

Si elle te répond par la paix et t’ouvre ses portes, tout le peuple qui s’y trouvera te sera tributaire et te servira. Si elle n’accepte pas la paix avec toi et qu’elle te fasse la guerre, alors tu l’assiégeras. Le Seigneur, ton Dieu, la livrera entre tes mains et tu en feras passer tous les mâles au fil de l’épée. Mais les femmes, les enfants, le bétail, tout ce qui sera dans la ville, tout son butin, tu le pilleras et tu mangeras le butin pris sur tes ennemis que le Seigneur, ton Dieu, t’aura livré. C’est ainsi que tu agiras à l’égard de toutes les villes qui sont très éloignées de toi et qui ne font point partie des villes de ces nations-ci.

Le peuple d’une ville qui accepte la paix serait tributaire ou corvéable et servirait Israël (verset 11)34. La ville qui la refuse aurait des comptes à régler en termes de vie humaine, la mort pour les mâles et le pillage des autres (versets 12-14). Toute cette loi jusqu’ici, la clause générale et les cas particuliers, s’appliquerait, selon l’interprétation normalement admise, seulement aux villes en dehors de Canaan (cf. verset 15).

Deuxièmement, que faire dans le cas où la ville attaquée est en Canaan (verseets 16-17)? « Mais dans les villes de ces peuples que le Seigneur, ton Dieu, te donne en héritage, tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire. Car tu les voueras à l’interdit, les Hittites, les Amoréens, les Cananéens, les Perizzites, les Hivvites et les Jébusites, comme le Seigneur, ton Dieu, te l’a commandé. » La vaste majorité des commentateurs estime que l’anathème des nations prescrit dans cette clause s’applique systématiquement et sans exception à toutes les villes et leurs habitants dans la terre promise. Seules les autres villes, en dehors de ce territoire, auraient la possibilité de faire la paix.

Or, il y a une autre manière d’interpréter les versets 16-17. C’est que la clause concernant la proposition de paix (verset 10) n’est pas abrogée. L’anathème qui doit frapper les villes en Canaan s’applique uniquement aux villes hostiles, c’est-à-dire les villes qui ont refusé la proposition de paix prescrite dans la stipulation générale. A la différence de la stipulation relative aux villes éloignées où juste les mâles adultes sont tués, dans ce cas, tous les habitants des villes hostiles en Canaan subiraient de lourdes conséquences35. Vu de cette manière, la loi d’anathème de guerre éclaire certains comportements des Israélites lors de la conquête et certains commentaires au sujet des habitants de la terre promise.

D’abord, à l’occasion de la première bataille de la conquête, Moïse a envoyé une proposition de paix (shalôm) à Sihon, roi amoréen de Heshbôn. Lui, il a choisi la guerre (Dt 2:26, 32). Alors Israël a pris toutes ses villes et les a « vouées à l’interdit, hommes, femmes et enfants, sans en laisser échapper un seul » (verset 34). Og, roi de Bashân, lui aussi, a décidé de combattre Israël et le sort de ses villes et de leurs habitants a été le même (Dt 3:1, 6). Ces deux villes hostiles, faisant partie du pays donné en héritage, ont été vouées à l’interdit comme prescrit en Deutéronome 20:17 et ont subi de graves conséquences.

Quant à Jéricho, la première ville conquise en Cisjordanie, rien n’est dit au sujet d’une proposition de paix mais elle a eu au moins sept jours pour faire la paix (Jos 6:15-16). Pourtant, elle s’est avérée hostile, comme Josué le rappelle au peuple: « Les maîtres de Jéricho vous ont fait la guerre. » (24:11) Aï, la seconde ville, aurait pu, à deux reprises, faire la paix mais a choisi la guerre (8:21-25). En conséquence, ces deux villes ennemies ont été vouées en anathème et elles ont subi la perte de leurs habitants, hommes, femmes et enfants (6:21, 8:25-26), à l’exception de Rahab et de sa famille à Jéricho.

Après ces victoires, Israël se trouvait, d’abord, en face d’une coalition de cinq villes amoréennes du sud dirigée par le roi de Jérusalem (Jos 10), et puis d’une autre coalition avec, en tête de nombreuses villes au nord, la plus grande ville de Canaan, Hatsor (Jos 11)36. Israël à été attaqué successivement par ces coalisés et chaque fois a dû se battre pour se défendre. Les villes de ces coalitions, au sud et au nord, ont été vouées à l’interdit (11:40, 11:11, 20) et Israël, comme préconisé dans la loi d’anathème de guerre, n’a rien laissé qui respirait (10:28, 33, 37, 39, 40, 11:14)37.

On comprend, à la lumière de la loi deutéronomique d’anathème de guerre, la manière dont les Israélites se comportaient confrontés vis-à-vis de toutes ces villes hostiles. Bref, le herem de guerre n’était pas une pratique appliquée systématiquement ou automatiquement. Il s’appliquait uniquement soit aux villes qui ont refusé la paix, soit aux villes hostiles qui ont attaqué Israël (Nb 21:1-3, 23-26, 33-35; Dt 2:34-37, 3:4-7, 20:12; Jos 6:1, 17, 7:5, 8:5, 14, 9:1-2, 10:1-11, 34-39, 11:1-9)38.

En ce qui concerne les commentaires, on comprend mieux d’abord celui relatif à la trentaine de rois vaincus: « Car c’est du Seigneur que venait l’endurcissement de leur cœur à faire la guerre à Israël, afin que celui-ci puisse les vouer à l’interdit, sans leur faire grâce, et les détruire comme le Seigneur l’avait ordonné à Moïse. » (Jos 11:20; cf Dt 2:30)

Ensuite, dans un commentaire faisant partie du résumé global de la conquête, le narrateur dit: « Josué fit longtemps la guerre contre tous ces rois. Il n’y eut aucune ville à faire la paix avec les Israélites, excepté Gabaon… ils les prirent toutes en combattant. » (11:18-19) Les deux cas de figure mentionnés dans la loi d’anathème de guerre sont évoqués: une ville ayant fait la paix et les villes hostiles. En dépit du cas particulier de Gabaon – la ruse des habitants résultant en un traité de paix (Jos 9:10) -, Josué 11:18-19 laisse entendre qu’avant d’attaquer les villes de Canaan, les Israélites auraient préalablement, comme stipulé en Deutéronome 20:10, proposé la paix.

Enfin, selon Deutéronome 20:11, les habitants d’une ville en Canaan qui ont accepté la paix deviendraient tributaires ou corvéables (mas) et serviraient (‘bd ) Israël. Les Hivvites de Gabaon, avec les autres villes de la tétrapole gabaonite (Jos 9:17), y ont été ainsi astreints. Ils avaient donc, comme le narrateur le commente, à servir dans la « maison de Dieu » en « coupant le bois et en puisant l’eau pour la communauté et pour l’autel du Seigneur » (Jos 9:23, 27)39. Même si, à l’époque, Gabaon était la seule ville sous ce traité de vassalité (Jos 11:19), d’autres villes, lorsque Israël était devenu plus fort, ont été ultérieurement astreintes à la corvée (Jos 17:13; Jg 1:28; cf. Jos 9:23, 27, 16:10; Jg 1:30, 33b)40. Ceci implique qu’au fur et à mesure d’autres villes cananéennes ont aussi fait la paix avec Israël. Selon 1 Rois 9:20-21, à l’époque de Salomon, les habitants anciens, qui n’ont pas été frappés d’anathème lors de la conquête, ont été astreints à la corvée d’esclaves (mas-‘obed, verset 21)41.

Pour résumer, le comportement des Israélites rapporté dans les récits de guerre et les commentaires relatifs aux habitants de Canaan s’accordent très bien avec la loi d’anathème de guerre du Deutéronome 20. Les villes hostiles ont été sanctionnées très sévèrement. Les villes qui ont accepté la paix ont été graduellement astreintes à la corvée. A la lumière de cette situation, on saisit mieux la nécessité des restrictions relatives au culte et au mariage dans l’autre loi deutéronomique d’anathème. Tout au long de l’histoire du peuple d’Israël, il y aurait les Cananéens en son sein.

La loi du Deutéronome 7:1-5, après l’ordre « tu les frapperas d’anathème » (verset 2), proscrit le mariage des Israélites avec les nations et prescrit la destruction de leurs lieux de culte (versets 3-5). Cette loi envisage les rapports entre les Israélites et les Cananéens dans la terre promise et en établit les restrictions. Les interdictions relatives au mariage et au culte sont les éléments constitutifs de ce herem culturel. Selon P. Buis, il s’agit de l’obligation « d’éviter en particulier de conclure avec eux des alliances qui impliqueraient la reconnaissance de leurs dieux (cf. Ex 34:11ss) »42.

Ch. Wright pense que la meilleure interprétation de cette notion est le renoncement aux choses et aux peuples voués à l’interdit. On renonce à leur religion. On renonce aux mariages avec eux. Dans ce sens-là, on ne se mêle pas à eux. Ainsi, l’obéissance à cette loi d’anathème implique le renoncement aux choses et aux peuples démarqués par le herem et non leur anéantissement43. Vu de cette façon, l’anathème place les restrictions sur Israël plutôt que sur les Cananéens.

Que signifie donc l’anathème culturel concrètement si finalement cette loi, comme les autres, ne stipule que la séparation d’avec les Cananéens en matière de religion et de mariage?

Cette loi applique la notion générale de herem: la séparation. Dans le domaine du sacré, le herem signifie, selon R. de Vaux, le fait « de soustraire à l’usage profane et de réserver à un usage sacré ou bien il désigne ce qui est ainsi séparé, interdit à l’homme et consacré à Dieu »44. Ce qui est ainsi démarqué est irrévocablement très saint (herem qodesh-qadashîm, Lv 27:28; cf. Jos 6:19). Que ce soit un être humain, du bétail ou un champ, il ne peut pas être vendu ni racheté, car il devient consacré (sacralisé) de façon permanente au Seigneur (Lv 27:28-29) et, normalement, la propriété du prêtre (Lv 27:21; Nb 18:14; Ez 44:29).

 

En revanche, dans le cas où la chose ou la personne est vouée hors du domaine du sacré, elle est considérée comme une « abomination » (sheqets) ou une chose « horrible » (tô’evah). Pour les lois deutéronomiques du herem, rendre un culte à d’autres dieux est une abomination ou une horreur (Dt 7:25-26, 12:31, 20:18), tout comme les unions sexuelles illicites (Lv 18:26-30).

Vu sous cet angle, la loi d’anathème culturel place les nations hors de portée des Israélites. Elles sont mises à l’écart. Les rapports les plus profonds sont interdits. Entrer en union physique et spirituelle avec elles est interdit, car ceci constituerait le mélange du pur et de l’horrible ou de l’abominable. Cet amalgame souille irrémédiablement. Plus grave encore, le mélange du saint et du très impur désacralise irréversiblement. On ne peut que détruire ou isoler la chose ou la personne ainsi contaminée (Ex 22:19; Lv 18:25-30; Dt 13:13-19; Jos 7:12-15). En effet, éviter cet amalgame, c’est le motif de la loi d’anathème du Deutéronome 7: « Car tu es un peuple saint pour le Seigneur, ton Dieu… » (Verset 6)

A partir de cette lecture, on peut faire deux affirmations globales. Premièrement, même si les habitants des villes hostiles ont été tués, la conquête n’a pas été l’occasion d’un génocide. A cela, on peut ajouter que la notion de génocide est étrangère aux prescriptions du Pentateuque et aux récits relatifs à la prise de possession de la terre promise. Deuxièmement, l’échec d’Israël résultant dans l’exil ne réside pas dans un manquement quelconque à l’égard de l’extermination des nations, mais dans son refus de s’abstenir des rapports d’alliance, à savoir le mariage et le syncrétisme religieux, comme s’étonne l’ange du Seigneur en Juges 2:1-2: « J’ai dit (…) vous ne conclurez pas d’alliance avec les habitants de ce pays, vous renverserez leurs autels. Mais vous n’avez pas écouté ma voix. Pourquoi avez-vous fait cela? » (Cf. 2 R 17:7-8, 15; Ps 106:34-43) En revanche, ce qui est reproché aux Israélites entourés des nations sous l’anathème, c’est qu’« ils prirent leurs filles pour femmes, donnèrent à leurs fils leurs propres filles et rendirent un culte à leurs dieux » (Jg 3:5-6). C’est justement les deux choses qui ont été interdites (Ex 34:16; Dt 7:3; Jos 23:7, 11, 42). C’est pourquoi Israël, ayant violé la loi d’anathème culturel, lui aussi est devenu impur, « horrible » et anathème (Dt 7:26; Es 43:28; Mal 3:24; Ps 106:39).

 

Pour conclure, il y a des prolongements néotestamentaires et christologiques de l’anathème. Il semble clair que, pour l’apôtre Paul, la notion d’anathème est la toile de fond de son ministère de réconciliation des Juifs et des nations avec Dieu. Tous ceux qui sont en dehors de Christ sont hostiles, voire ennemis de Dieu (Rm 5:10; Col 1:21-22) et sous l’anathème (1 Co 16:22; cf. 12:3; Ga 1:8-9). Paul souhaiterait, à la place de ses frères israélites, qui ne sont pas soumis à la justice de Dieu, être lui-même anathème et séparé du Christ (Rm 9:3-4). Ils sont, en ce qui concerne l’Evangile, ennemis (Rm 11:28). Pourtant, c’est l’endurcissement partiel d’Israël qui permet aux nations d’entrer (Rm 11:25), tout comme celui des nations ouvrant la porte de Canaan aux Israélites (Dt 2:20; Jos 11:20).

Le seul remède à cette hostilité, c’est la paix en Christ. « Car il a plu (à Dieu) (…) de tout réconcilier avec lui-même (…) en faisant la paix par lui (Christ) par le sang de sa croix. Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis (…) il vous a maintenant réconciliés par la mort dans le corps de sa chair. » (Col 1:19-22) Comme Moïse a envoyé les messagers à l’ennemi avec des paroles de paix (Dt 2:26), l’Eglise est envoyée auprès d’un peuple hostile à l’Evangile avec « la parole de réconciliation. Nous sommes donc ambassadeurs pour le Christ (…) nous vous en supplions au nom du Christ: Soyez réconciliés avec Dieu! » (2 Co 5:19-20) En effet, le Christ « est notre paix » et « est venu annoncer, comme une bonne nouvelle, la paix à vous qui étiez loin et la paix à ceux qui étaient proches » (Ep 2:14, 17). Selon cette citation en Ephésiens 2:17 d’Esaïe 57:19, qui à son tour fait allusion, semble-t-il, aux nations des villes éloignées et proches de la loi d’anathème en Deutéronome 20, accepter cette paix résulte de la guérison opérée par le Seigneur. La guérison du salut en Christ est le remède à l’anathème. Dans la nouvelle Jérusalem se trouve l’arbre de vie dont les feuilles, dit l’apôtre Jean, « servent à la guérison des nations »; en conséquence, « il n’y aura plus d’anathème » (Ap 22:2-3).

* R. Bergey est professeur d’Ancien Testament à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence.

1 Déposséder est le verbe presque exclusivement employé dans les récits de l’installation des Israélites en Transjordanie (Nb 21:21-35; cf. 33:52, 55) et en Cisjordanie (Jos 14-19; Jg 1).

2 La traduction de ce mot dans la version grecque de l’Ancien Testament, anathema, a donné la transcription française « anathème », d’où les traductions du verbe « frapper d’anathème » (BRabbinat, NBS), « dévouer par l’anathème » (BJ) ou « vouer à l’anathème » (Osty). D’autres versions modernes traduisent « vouer à l’interdit » (TOB, BC), « vouer à l’extermination » (Semeur) ou « exterminer » (FC). Cf. l’arabe haram « ce qui est défendu, sacré » (appartement ou ensemble des femmes).

3 Heshbôn et Bashân, Dt 2:34; 3:6; Jéricho, Jos 6:17, 21; Aï, 8:26; 10:1; les villes des coalisés du sud, 10:28, 35, 37, 38, 39; celles de la coalition du nord, 11:11-12.

4 A. de Pury, « La guerre sainte israélite: réalité historique ou fiction littéraire? », ETR 56 (1981): 5-38(5).

5 Après la mort de Josué, Jérusalem a été prise et brûlée (Jg 1:8).

6 A.R. Millard, « Les villes de la conquête », La Bible déchiffrée (Guebwiller: LLB, 1983), 212-213.

7 A. Mazar, Archaeology and the Land of the Bible (New York, Londres: Doubleday, 1990), 239, 296-297.

8 Y. Aharoni, The Archeology of the Land of Israel (Philadelphie: Westminster, 1982), 158-180.

9 Dans le résumé global de l’installation, cette seconde expression reflète, sans soute, la période après le long processus de l’installation et l’époque où les ennemis d’Israël ont été assujettis à Salomon (1 R 5:1; 9:20-21).

10 Josué dit: « [le Seigneur] a chassé devant nous ‹tous les peuples », expression qualifiée immédiatement après « les Amoréens qui habitent ce pays… » (Jos 24:18).

 

 

11 Lv Rabba 17:6; Dt Rabba 5:13-14; Talmud de Jérusalem Shevit 6:5; 36c.

12 Sifrei 20; Tosefta Sot. 8:7; Sot 35b. Ce sont les lois pour toute l’humanité avant et après Noé. Les sept, considérées comme le minimum pour maintenir l’ordre social, concernent l’idolâtrie, le blasphème, le meurtre, l’inceste et l’adultère, le vol, l’établissement des cours de justice et la consommation de la chair d’un animal vivant (Tosefta Av Zar 9(8):4; Sanh 56a; Hul 92a).

13 Maïmonide (Rab Moïse ben Maïmôn = Rambam, 1135-1202), Yad Hazakah (=Misneh Torah), Hilkhot Melakhîm 6:1. Nahmanide (Rab Moïse ben Nahman = Ramban, 1194-1270) suit cette interprétation.

14 Maïmonide, Hilkhot Melakhîm 6:7.

15 Mekilta de R. Ishmaël, Pisha 18:1-10. Cf. 1 Ch 4:40, où les « fils de Cham » désignent les Cananéens.

16 M. Noth, The Deuteronomic History, JSOTS 15, (Sheffield: Sheffield University, 1981), 36-41.

17 Pour A.D.H. Mayes, ce qui fait de Josué un livre deutéronomiste, ce sont les quatre notions clefs: 1) Israël une seule nation; 2) Israël un seul peuple en rapport d’alliance avec un seul Dieu; 3) Israël sous un seul chef; 4) le herem comme moyen de prendre possession de la terre promise. The Story of Israel from Settlement to Exile (Londres: SCM, 1983), 41-43.

18 Cf. N. Lohfink, « haram », TDOT V, 195-198; M. Fishbane, Biblical Interpretation in Ancient Israel (Oxford: Oxford University, 1989), 200-208; J. Tigay, Deuteronomy (Philadelphia: JPS, 1996), 470-472; M. Weinfeld, Deuteronomy 1-11, AB 5 (New York, Londres: Doubleday, 1991), 50-51. D. Noël, Les Originies d’Israël, CahEv 99 (Paris: Cerf, 1997), 50-51. Selon R. de Vaux: « Les préoccupations religieuses [du herem] ne paraissent que dans des textes de rédaction plus tardive, dans les prescriptions du Deutéronome sur le herem, Dt 7:2-5, 25, 20:17-18, dans le cadre deutéronomiste du livre des Juges, Jg 2:2-3, dans la rédaction plus tardive encore de la guerre de Moïse contre Madian, Nb 25:17-18, 31:15-16. » Les institutions de l’Ancien Testament II, 5e éd. (Paris: Cerf, 1991), 79.

19 R. de Vaux, Histoire ancienne d’Israël, des origines à l’installation en Canaan (Paris: Gabalda, 1971), 548.

20 R. de Vaux, Les Institutions II, 76-77.

21 P. Buis, Le Deutéronome (Paris: Beauchesne, 1969), 140.

22 J. Briend, « Les sources de l’historiographie deutéronomiste », Israël construit son histoire, A. de Pury, T. Romër, D. Macchi, éds (Genève: Labor & Fides, 1996), 344-366 (363).

23 D. Bach, « Anathème », DEB, 56-57.

24 P. Buis et J. Leclercq, Le Deutéronome (Paris: Gabalda, 1963), 81.

25 M. Weinfeld, Deuteronomy and the Deuteronomic School, (Oxford: Clarendon, 1972), 50-51; 343-344. D Bach opine: « A partir de 2 R 19:11; 2 Ch 20:23, 32:14, on a souvent conclu que les Assyriens et d’autres peuples connaissent l’a.[nathème], mais il est préférable de comprendre heherîm dans le sens atténué, d’autant plus que les textes assyriens et autres ne fournissent pas d’appui pour défendre ce sens fort. » « Anathème », DEB, 56-57. Les Assyriens ont pratiqué la déportation (2 R 17:6, 18:11), normalement des élites comme l’ont également fait les Babyloniens (2 R 24; Dn 11:1-3).

 

26 J.G. McConville, Grace in the End, A Study in Deuteronomic Theology (Grand Rapids: Zondervan, 1993), 139-140. Dans l’introduction au livre de Josué de la NBS, au sujet de l’anathème, on lit: « Le ton se fait ici polémique », 281.

27 C.J.H. Wright, Deuteronomy, NIBC (Peabody: Hendrickson, Pasternoster, 1996), 120.

28 P. Hoff, Livres historiques de l’Ancien Testament (Miami: Vida, 1987), 170.

29 G.L. Archer, Introduction à l’Ancien Testament (Saint-Légier: Emmaüs, 1984), 307-308.

30 Calvin, dans son commentaire sur la phrase « Car l’iniquité des Amoréens n’est pas encore accomplie » (Gn 15:16), dit: « Ce passage est excellent pour montrer que les habitations sont départies aux hommes par toute la terre de telle manière que le Seigneur conserve les peuples en repos, chacun en sa demeurance, sinon qu’eux-mêmes s’en chassent par leur propre méchanceté; car en polluant le lieu où ils habitent, ils arrachent, par manière de dire, les bornes que Dieu avait plantées de sa main, lesquelles fussent autrement demeurées immuables. » Le Livre de la Genèse (Aix-en-Provence/Fontenay-sous-Bois: Kerygma/Farel, 1978), 240-241.

31 W.B. Greene, « The Ethics of the Old Testament », Classical Evangelical Essays (Grand Rapids: Baker), 207-235 (221).

32 W.C. Kaiser, Toward Old Testament Ethics (Grand Rapids, Zondervan, 1983), 266-269; J.G. McConville, Grace in the End, 139-144.

33 La loi d’anathème en Dt 13:13-19 concerne l’apostasie des habitants d’une ville israélite (cf. Ex 22:19).

34 Accepter la paix (shalôm) proposée de la part des Israélites voulait dire, pour l’ennemi, se soumettre aux conditions d’un traité de vassalité. Cette pratique est connue des textes anciens de Mari (vers 1800 av. J.-C.). Cf. 2 S 10:19 = 1 Ch 19:19, où « faire la paix » (hishlîm) veut dire être assujetti (‘abad). Le verbe « faire la paix » se trouve aussi en Jos 10:1, 4, 11:19; 2 R 18:31.

35 C’est également l’interprétation de Maïmonide (Hilkot Melakhîm 6:1), qui est suivi par Ramban. N. Lohfink l’interprète de cette façon, « haram », TDOT V, 197. J. Tigay admet que cette interprétation est compatible avec le commentaire en Jos 11:19, « aucune ville ne fit la paix avec les Israélites, excepté…Gabaon » (voir notre discussion plus loin), Deuteronomy, 472.

36 Hazor avait une superficie de 200 acres (81 hectares). A. Mazar, Archeology of the Land of the Bible, 240. Elle était la capitale de tous les royaumes du nord (Jos 11:10).

37 Certains versets dans les récapitulatifs semblent laisser entendre que l’anathème s’appliquait uniquement aux rois (Jos 10:40-42, 11:12; cf. Dt 7:24).

38 La défaite des ennemis d’Israël est l’accomplissement des anciennes prophéties du Pentateuque (Gn 49:8; Nb 24:8; Dt 32:27, 31, 41-42).

39 Les Hivvites de Gabaon et des autres villes coalisées n’ont été assujettis qu’à partir de l’époque de David (2 S 21:1-9). Son recensement d’Israël comprenait les Cananéens et Hivvites (2 S 24:7). Il se peut que les Hivvites soient parmi les Néthiniens et les serviteurs de Salomon qui faisaient partie des exilés retournés en Judée (Esd 2:43-58; Né 7:46-62; Talmud de Babylone, Yeb 78b-79). Selon la Mishnah, les Gabaonites ont survécu à la destruction du second temple. Y. Kauffmann, The Religion of Israel (New York: Schocken), 250-251.

 

40 La corvée relève d’une période lointaine de la conquête, comme le suggèrent plusieurs textes narrant les séquelles de la conquête: « Lorsque les Israélites furent assez forts, ils soumirent les Cananéens à la corvée. » (Jos 17:13; Jg 1:28) Il paraît clair que ces commentaires reflètent la période du roi David (2 S 20:24) ou de Salomon. Ce dernier se servait des hommes de corvée non-Israélites pour la réalisation de ses vastes projets de construction (1 R 9:15- 20; cf. 5:27 au nombre de 30 000; 2 Ch 2:16-1, 8:7-9). D’après J.A. Soggin, « corvée » (mas) est mieux traduit « soumis au tribut ». Il l’interprète comme une forme de vassalité et non pas un asservissement. Le livre des Juges, CAT Vb (Genève: Labor & Fides, 1987), 28. En revanche, M.J. Lagrange opine que mas ne signifie pas le tribut, mais la corvée, l’instrument indispensable de tous les grands travaux de l’Orient. Il mentionne l’exemple de Salomon car « [c’]est sous son règne que les Cananéens furent le plus universellement soumis à la corvée (1 R 9:20ss) à cause de ses entreprises considérables. » Le livre des Juges (Paris: Lecoffre, 1903), 17. Cf. E. Lipinski, « Corvée », DEB, 306-307. R. North, « mas », TDOT VIII, 427-430.

41 Ce travail, au cours de l’histoire d’Israël, était effectué, à tour de rôle (1 R 5:28), dans des projets de construction royale, dans un service rendu au temple ou même dans le service militaire (1 R 9:15-22; Né 3:7; 1 Ch 12:4). Ceux qui y étaient ainsi astreints étaient les serviteurs à perpétuité des Israélites, non comme esclaves privés, mais en tant qu’esclaves royaux et serviteurs des prêtres. Cette servitude fait l’objet d’une ancienne prophétie au sujet des Cananéens qui seraient, au sein des descendants de Sem, ses esclaves (Gn 9:25-27).

42 P. Buis, Le Deutéronome, 140. Il ajoute: « Concrètement, la loi de séparation [Dt 7:1-6] consistera à éviter les mariages (alliances familiales) avec les non-Israélites et à détruire les sanctuaires païens avec tout leur mobilier. » Idem. Cf. P. Buis et J. Leclercq, Le Deutéronome, 81.

43 Ch. J.H. Wright, Deuteronomy, 109.

44 R. de Vaux, Institutions II, 76.

Les versets violents de la Bible

 

J’ai utilisé pour ce travail, la Bible, version Louis Segond 1910, disponible sur le site :

http://www.info-bible.org/index.htm

(disponible aussi sur le site : http://www.lirelabible.net/texte_integral.php ).

 

Verset contenant le commandement de « tuer » ou « lapider » :

 

Lévitique 20.15.  Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort; et vous tuerez la bête.

 

Josué 8.18 L'Éternel dit à Josué: Étends vers Aï le javelot que tu as à la main, car je vais la livrer en ton pouvoir. Et Josué étendit vers la ville le javelot qu'il avait à la main.

Josué 8.24 Lorsqu'Israël eut achevé de tuer tous les habitants d'Aï dans la campagne, dans le désert, où ils l'avaient poursuivi, et que tous furent entièrement passés au fil de l'épée, tout Israël revint vers Aï et la frappa du tranchant de l'épée.

Josué 8.25  Il y eut au total douze mille personnes tuées ce jour-là, hommes et femmes, tous gens d'Aï.

Josué 8.26  Josué ne retira point sa main qu'il tenait étendue avec le javelot, jusqu'à ce que tous les habitants eussent été dévoués par interdit.

Josué 8.27 Seulement Israël garda pour lui le bétail et le butin de cette ville, selon l'ordre que l'Éternel avait prescrit à Josué.

Josué 8.28 Josué brûla Aï, et en fit à jamais un monceau de ruines, qui subsiste encore aujourd'hui.

Josué 8.29 Il fit pendre à un bois le roi d'Aï, et l'y laissa jusqu'au soir. Au coucher du soleil, Josué ordonna qu'on descendît son cadavre du bois; on le jeta à l'entrée de la porte de la ville, et l'on éleva sur lui un grand monceau de pierres, qui subsiste encore aujourd'hui.

 

Samuel 4.9 David répondit à Récab et à Baana, son frère, fils de Rimmon de Beéroth: L'Éternel qui m'a délivré de tout péril est vivant!

Samuel 4.10 celui qui est venu me dire: Voici, Saül est mort, et qui croyait m'annoncer une bonne nouvelle, je l'ai fait saisir et tuer à Tsiklag, pour lui donner le salaire de son message;

Samuel 4.11 et quand des méchants ont assassiné un homme juste dans sa maison et sur sa couche, combien plus ne redemanderai-je pas son sang de vos mains et ne vous exterminerai-je pas de la terre ?

Samuel 4.12 Et David ordonna à ses gens de les tuer; ils leur coupèrent les mains et les pieds, et les pendirent au bord de l'étang d'Hébron. Ils prirent ensuite la tête d'Isch Boscheth, et l'enterrèrent dans le sépulcre d'Abner à Hébron.

 

Esther 8.11 Par ces lettres, le roi donnait aux Juifs, en quelque ville qu'ils fussent, la permission de se rassembler et de défendre leur vie, de détruire, de tuer et de faire périr, avec leurs petits enfants et leurs femmes, tous ceux de chaque peuple et de chaque province qui prendraient les armes pour les attaquer, et de livrer leurs biens au pillage,

 

Exode 19.10  Et l'Éternel dit à Moïse: Va vers le peuple; sanctifie-les aujourd'hui et demain, qu'ils lavent leurs vêtements.

Exode 19.11 Qu'ils soient prêts pour le troisième jour; car le troisième jour l'Éternel descendra, aux yeux de tout le peuple, sur la montagne de Sinaï.

Exode 19.12 Tu fixeras au peuple des limites tout à l'entour, et tu diras: Gardez-vous de monter sur la montagne, ou d'en toucher le bord. Quiconque touchera la montagne sera puni de mort.

Exode 19.13  On ne mettra pas la main sur lui, mais on le lapidera, ou on le percera de flèches: animal ou homme, il ne vivra point. Quand la trompette sonnera, ils s'avanceront près de la montagne.

 

Lévitique 20.2  Tu diras aux enfants d'Israël: Si un homme des enfants d'Israël ou des étrangers qui séjournent en Israël livre à Moloc l'un de ses enfants, il sera puni de mort: le peuple du pays le lapidera.

 

Nombre 15.35  L'Éternel dit à Moïse: Cet homme sera puni de mort, toute l'assemblée le lapidera hors du camp.

Nombre 15.36  Toute l'assemblée le fit sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse.

 

Deutéronome 13.1  S'il s'élève au milieu de toi un prophète ou un songeur qui t'annonce un signe ou un prodige,

Deutéronome 13.2 et qu'il y ait accomplissement du signe ou du prodige dont il t'a parlé en disant: Allons après d'autres dieux, -des dieux que tu ne connais point, -et servons-les!

Deutéronome 13.3  tu n'écouteras pas les paroles de ce prophète ou de ce songeur, car c'est l'Éternel, votre Dieu, qui vous met à l'épreuve pour savoir si vous aimez l'Éternel, votre Dieu, de tout votre coeur et de toute votre âme.

Deutéronome 13.4 Vous irez après l'Éternel, votre Dieu, et vous le craindrez; vous observerez ses commandements, vous obéirez à sa voix, vous le servirez, et vous vous attacherez à lui.

Deutéronome 13.5  Ce prophète ou ce songeur sera puni de mort, car il a parlé de révolte contre l'Éternel, votre Dieu, qui vous a fait sortir du pays d'Égypte et vous a délivrés de la maison de servitude, et il a voulu te détourner de la voie dans laquelle l'Éternel, ton Dieu, t'a ordonné de marcher. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi.

Deutéronome 13.6  Si ton frère, fils de ta mère, ou ton fils, ou ta fille, ou la femme qui repose sur ton sein, ou ton ami que tu aimes comme toi-même, t'incite secrètement en disant: Allons, et servons d'autres dieux! -des dieux que ni toi ni tes pères n'avez connus,

Deutéronome 13.7 d'entre les dieux des peuples qui vous entourent, près de toi ou loin de toi, d'une extrémité de la terre à l'autre-

Deutéronome 13.8  tu n'y consentiras pas, et tu ne l'écouteras pas; tu ne jetteras pas sur lui un regard de pitié, tu ne l'épargneras pas, et tu ne le couvriras pas.

Deutéronome 13.9  Mais tu le feras mourir; ta main se lèvera la première sur lui pour le mettre à mort, et la main de tout le peuple ensuite;

Deutéronome 13.10 tu le lapideras, et il mourra, parce qu'il a cherché à te détourner de l'Éternel, ton Dieu, qui t'a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.

13.11  Il en sera ainsi, afin que tout Israël entende et craigne, ….

 

Josué 7.25  Josué dit: Pourquoi nous as-tu troublés? L'Éternel te troublera aujourd'hui. Et tout Israël le lapida. On les brûla au feu, on les lapida,

Roi 21.9 Voici ce qu'elle [Jézabel, femme d'Achab, roi de Samarie] écrivit dans ces lettres: Publiez un jeûne; placez Naboth à la tête du peuple,

Roi 21.10 et mettez en face de lui deux méchants hommes qui déposeront ainsi contre lui: Tu as maudit Dieu et le roi! Puis menez-le dehors, lapidez-le, et qu'il meure.

 

Ézéchiel 16.36 Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Parce que tes trésors ont été dissipés, et que ta nudité a été découverte dans tes prostitutions avec tes amants et avec toutes tes abominables idoles, et à cause du sang de tes enfants que tu leur as donnés,

Ézéchiel 16.37 voici, je rassemblerai tous tes amants avec lesquels tu te plaisais, tous ceux que tu as aimés et tous ceux que tu as haïs, je les rassemblerai de toutes parts contre toi, je leur découvrirai ta nudité, et ils verront toute ta nudité.

Ézéchiel 16.38 Je te jugerai comme on juge les femmes adultères et celles qui répandent le sang, et je ferai de toi une victime sanglante de la fureur et de la jalousie.

Ézéchiel 16.39  Je te livrerai entre leurs mains; ils abattront tes maisons de prostitution et détruiront tes hauts lieux; ils te dépouilleront de tes vêtements, prendront ta magnifique parure, et te laisseront nue, entièrement nue.

Ézéchiel 16.40 Ils amèneront la foule contre toi, ils te lapideront et te perceront à coups d'épée;

Ézéchiel 16.41 ils brûleront tes maisons par le feu, et ils feront justice de toi, aux yeux d'une multitude de femmes. Je ferai cesser ainsi ton impudicité et tu ne donneras plus de salaire.

Ézéchiel 16.42 J'assouvirai ma colère contre toi, et tu ne seras plus l'objet de ma jalousie; je m'apaiserai, je ne serai plus irrité.

16.43 Parce que tu ne t'es pas souvenue du temps de ta jeunesse, parce que tu m'as provoqué par toutes ces choses, voici, je ferai retomber ta conduite sur ta tête, dit le Seigneur, l'Éternel, et tu ne commettras plus le crime avec toutes tes abominations.

16.44 Voici, tous ceux qui disent des proverbes, t'appliqueront ce proverbe: Telle mère, telle fille!

Deutéronome 13.13  Des gens pervers sont sortis du milieu de toi, et ont séduit les habitants de leur ville en disant: Allons, et servons d'autres dieux! des dieux que tu ne connais point

Deutéronome 13.14  tu feras des recherches, tu examineras, tu interrogeras avec soin. La chose est-elle vraie, le fait est-il établi, cette abomination a-t-elle été commise au milieu de toi,

Deutéronome 13.15 alors tu frapperas du tranchant de l'épée les habitants de cette ville, tu la dévoueras par interdit avec tout ce qui s'y trouvera, et tu en passeras le bétail au fil de l'épée.

 

Josué 6.16. A la septième fois, comme les sacrificateurs sonnaient des trompettes, Josué dit au peuple: Poussez des cris, car l'Éternel vous a livré la ville!

Josué 6.17 La ville sera dévouée à l'Éternel par interdit, elle et tout ce qui s'y trouve; mais on laissera la vie à Rahab la prostituée et à tous ceux qui seront avec elle dans la maison, parce qu'elle a caché les messagers que nous avions envoyés.

Josué 6.18 Gardez-vous seulement de ce qui sera dévoué par interdit; car si vous preniez de ce que vous aurez dévoué par interdit, vous mettriez le camp d'Israël en interdit et vous y jetteriez le trouble.

Josué 6.19 Tout l'argent et tout l'or, tous les objets d'airain et de fer, seront consacrés à l'Éternel, et entreront dans le trésor de l'Éternel.

Josué 6.20 Le peuple poussa des cris, et les sacrificateurs sonnèrent des trompettes. Lorsque le peuple entendit le son de la trompette, il poussa de grands cris, et la muraille [de Jéricho] s'écroula; le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Ils s'emparèrent de la ville,

Josué 6.21 et ils dévouèrent par interdit, au fil de l'épée, tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu'aux boeufs, aux brebis et aux ânes.

Josué 6.22 Josué dit aux deux hommes qui avaient exploré le pays: Entrez dans la maison de la femme prostituée, et faites-en sortir cette femme et tous ceux qui lui appartiennent, comme vous le lui avez juré.

Josué 6.23 Les jeunes gens, les espions, entrèrent et firent sortir Rahab, son père, sa mère, ses frères, et tous ceux qui lui appartenaient; ils firent sortir tous les gens de sa famille, et ils les déposèrent hors du camp d'Israël.

Josué 6.24 Ils brûlèrent la ville et tout ce qui s'y trouvait; seulement ils mirent dans le trésor de la maison de l'Éternel l'argent, l'or et tous les objets d'airain et de fer.

Josué 6.25 Josué laissa la vie à Rahab la prostituée, à la maison de son père, et à tous ceux qui lui appartenaient; elle a habité au milieu d'Israël jusqu'à ce jour, parce qu'elle avait caché les messagers que Josué avait envoyés pour explorer Jéricho.

Josué 6.26 Ce fut alors que Josué jura, en disant: Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils.

Josué 6.27 L'Éternel fut avec Josué, dont la renommée se répandit dans tout le pays.

 

En conclusion partielle

 

La Bible (ancien testament) a un discours très vengeur.

Des prophètes comme Moïse et Elie n’ont pas hésité à mettre à mort.

 

On voit que des personnes comme le roi David (« élu de Dieu ») a un discours très paranoïaque et la plupart des psaumes de David en témoignent.

 

Parfois on ne sait pas pourquoi sur quels critères certains textes ont été retenus dans la Bible, et d’autres non (comme le livre de Jasser, qui relate la vie de Moïse, … peut-être parce qu’il relate trop les massacres de Moïse, et que cela peut être dérangeant ( ?), l’apocalypse de Baruch etc … et bien d’autres apocryphes).

 

Il a dans la Bible un mélange de très beaux textes (le psaume 22 de David en est un très bel exemple, le Sermon sur la montagne de Jésus aussi) et de textes ou versets plus discutables.

 

Des personnes comme Jésus sont extrêmement respectables (et à part l’épisode des marchants du temple où il fait preuve de violence, et l’épisode avec Judas où j’aurais tendance à décèler qu’il le pousse à la faute et qu’il est dur avec lui et son orgueil, il y a peu de critique à faire à l’encontre de Jésus).

 

Dans l’antiquité, les mœurs étaient dures et « barbares » (selon nos critères actuels). On mettait facilement à mort ou en esclavage (chez les Romains, les Grecs, les Celtes, …). Rares étaient les peuples non belliqueux (peuples bouddhistes parfois, civilisation de l’Indus …).

Et dans la lignées des peuples conquérants de l’époque, le peuple juifs s’est accaparé, au « nom de Dieu », un territoire au détriment des autochtones.

 

Mais on s’étonne quand même.

 

On peut s’étonne qu’un Dieu « bon » puisse demandé au prophète et chef du peuple d’Israël Josué de passer au fil de l’épée toute une ville,  celle d’Aï (soit 12 000 personnes. Josué 8.25 ) et que le « Dieu d’Israël ou Yaveh» peut pousser au génocide.

 

Cela m’a toujours étonné que ces violences revenant à de nombreuses fois, dans la Bible, n’ont pas pllus interpellé les grands théologiens chrétiens (Luther …) ou juifs, ou du moins au XX° siècle, que tous ces fait n’aient pas développé un certaine esprit critique envers la Bible chez ces penseurs.

 

Le problème est qu’il est souvent perçu, par un penseur croyant, comme beau que de faire confiance en Dieu, d’avoir foi en quelqu’un, en un prophète ou un être supérieur (qui nous dépasse ou/et qu’on admire), comme la confiance que se porte deux conjoints.

 

Mais dans la réalité, le monde n’est pas un monde rêvé, idéal, (un monde de « bizounours »). Justement, notre capacité de survie dépend essentiellement de notre raison, de notre intelligence, de notre discernement et de notre esprit critique.

 

Dans les livres sacrés, il a beaucoup de légendes dorées, mais trop souvent croire au merveilleux c’est peut-être beau mais dangereux et le réveil peut être brutal et douloureux.