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WWIII : Les Traîtres à la Nation préparent une très grave crise Politique. Poutine prend Macron dans ses bras pour l'étrangler.

Publié le par José Pedro

Élections législatives : La désertion – par Guy Rouvrais

 

La fracture béante entre la France d’en bas et celle d’en haut, entre les bénéficiaires de la mondialisation et ses victimes, n’a pas fondu au soleil de juin, pas plus qu’elle n’a disparu en mai avec l’élection d’Emmanuel Macron. C’est la sociologie électorale qui le dit : ceux qui ont voté pour lui le mois dernier et dimanche pour ses candidats, ce sont ceux que les économistes et les têtes chercheuses du marketing et de la publicité appellent les CSP +, les bobos intégrés, comblés par la libéralisation de notre économie, jouissant de confortables revenus. En Marche leur en promet davantage.

Ils sont donc en pâmoison devant le nouveau président, ils chantent le « formidable succès » de ce premier tour. Mais les autres existent toujours, les exclus, les oubliés, les laissés pour compte de la mondialisation, qui souffrent de la condescendance des prétendues élites dont le macronisme est le dernier avatar. Ce sont ceux-là qui sont restés chez eux dimanche, aboutissant à ce triste record d’abstention sous la Ve République, plus de 51 %.

Dans ces conditions, il est indécent que les dévots du gourou Macron célèbrent une victoire bâtie sur la désertion, l’écœurement, le rejet d’un électeur sur deux. Le chef de l’Etat s’est pourtant déclaré « heureux » de ce résultat. Mais comment peut-il l’être quand tant de ses compatriotes ont dit, en boudant les urnes, combien ils étaient malheureux ? Que les vainqueurs n’oublient pas que leur quelque 32 % ne représentent finalement que 15 % des électeurs inscrits, la « majorité » est un colosse aux pieds d’argile.

Que tant de Français ne se sentent plus concernés par le gouvernement, et donc le destin de leur pays, parle plus haut et plus fort que les clameurs triomphalistes des macronistes. Pour combien de temps les premiers se contenteront-ils de cette protestation silencieuse ? Car cette indifférence dissimule aussi de la colère. Si elle ne peut pas s’exprimer à l’Assemblée nationale, c’est dans la rue qu’elle le fera, et nul ne sait jusqu’où elle peut aller quand ce qui, dans le domaine fiscal et social, était projet deviendra réalité, lorsque la majorité des godillots – et des escarpins – d’Emmanuel Macron auront voté sans barguigner tout ce qu’il leur présentera.

Sans le Front national, cette abstention eût été encore plus grande. Car ses détracteurs doivent au moins lui reconnaître ce mérite civique d’avoir ramené aux urnes les milieux populaires qui en étaient détachés. C’est un combat de chaque instant qui n’est pas toujours gagné. Quand le découragement gagne même ceux-là, alors le FN en fait les frais. Son score n’égale pas celui de Marine Le Pen, mais il y a toujours eu ce décalage à la baisse entre le scrutin présidentiel, très personnalisé, et le législatif où les candidatures sont éclatées, sachant qu’il y a une prime aux sortants, or le Front national n’en avait que deux. Il en aura sans doute davantage, ne serait-ce que Marine Le Pen dans sa circonscription. Cela dit, il reste possible pour les patriotes d’arracher des sièges encore en balance à condition que, devant la déferlante Macron, ceux qui refusent une Assemblée nationale sans opposition crédible se mobilisent immédiatement avec ardeur pour que la voix des oubliés puisse résonner fortement sous les voûtes du Palais Bourbon.

Guy Rouvrais

France-Russie : 300 ans d’amitiés et de ruptures en 7 dates

Depuis la Macronite aigüe préparée sous le Quinquennat Hollande, et depuis que l'ex Président a dû se plier aux exigences de la Finance qui prévaut au dessus des Lois, et au dessus du Droit, les partis se sont scindés en deux, avec une partie dans Macron et une autre partie dans l'enveloppe vide de leur ancien parti. La collusion illicite entre anciens partis et Macronite est évidente. La Classe Politique dans son ensemble s'est vendue à la Finance et aux guerres de l'Otan. 

Nous n'avons plus en France de personnes qui se battent pour le bien des Français, et à contrario, nous n'avons que des profiteurs qui ne pensent qu'à leurs situations personnelles. La Franc-Maçonnerie jubile d'avoir joué encore contre la France et les Français.

Dans la démarche d'un pied dehors et d'un pied dedans, qui semble acceptable au bon citoyen qui croit en tout et en rien, en espérant toujours que les Politiques vont s'occuper de sa situation personnelle, et non de la traite des veaux, l'électeur Lambda se dit nous avons une puissance Politique toute réunie autour d'un seul homme, même si c'est la femme du couple.

Les Traîtres opportunistes ont rejoint Macron, et les responsables des anciens partis, les ont laissé partir, avec la possibilité de revenir. "Ils s'excluent d'eux-mêmes en rejoignant Macron disent-ils, et ils reviennent comme  l'enfant prodigue ou Fils perdu, quand la situation se détériore ou se dégrade sans perdre son grade.

Bien entendu il n'est plus question de l'électeur dont on a pu se passer, ni du citoyen victime collatérale  d'un Putsch réussi, dont on maîtrise à la fois les résultats des votes et les candidats à présenter au Peuple, dont l'unique choix consiste a faire semblant d'aller voter pour une figurine qu'on lui a imposée, mais dont les résultats sont connus par avance, et la Politique confisquée dans les mains sales de la Providence.

La réciprocité entre l'action de la providence maligne et le libre-arbitre de l'homme sont aux antipodes.

444 députés Macronistes sur 577 dont les restes sont affectés aux partis disparus dans le brouillard de la comptabilité Publique.

Le régime des Partis  a donc fait peau-neuve avec des dilettants qui n'avaient pas d'emploi, et qui grâce au Pôle Emploi des services Macron, ont été recrutés pour leurs capacités à obtempérer afin de remplacer quelques fois le 49/3.

L'objectif est de nous faire rentrer dans la Guerre, dans l'immigration de Masses chère à Edouard-Philippe, le premier Ministrable des Mosquées Islamistes, dans l'Otan sous commandement Allemand, et de nous envoyer (pour les plus jeunes) aux fronts de déstabilisation. 

Macron était très à l'aise avec Poutine à Versailles, pour ceux qui ne l'auraient pas remarquer, car il avait la charge de le remettre en place au nom de la Coalition.

En mai 1717, le tsar russe Pierre Ier prenait dans ses bras Louis XV, alors âgé de 7 ans. Trois siècles plus tard, Vladimir Poutine, en visite en France, se contente d'une poignée de main avec le jeune Emmanuel Macron. 

Après la mort en 1715 du  Roi Soleil, qui avait refusé de le recevoir il y a trois cents ans, le tsar Pierre le Grand se rendait pour la première fois en France et  à Versailles, inaugurant les relations diplomatiques entre la France et la Russie. 

Logé au Grand Trianon lors de son passage, le fils du tsar Alexis Mikhaïlovitch est reçu à la cour de France par le jeune roi Louis XV, âgé de 7 ans, et le régent du royaume de France, Philippe d’Orléans. Pour Pierre Ier, ce voyage, qui durera du 21 avril au 21 juin 1717, aux  visées politiques et économiques, devait constituer aussi une source d’inspiration. Ce tsar réformateur souhaitait voir ce qu’il y avait de plus remarquable dans le royaume de France, pour l’adapter dans son empire et inspirer les travaux qu’il entreprenait depuis 1703 à Saint-Pétersbourg. Les relations franco-russes seront scellées par l’envoi d’un premier ambassadeur russe à Paris.

1812 : L’échec de l’invasion de la Russie par Napoléon Ier

«La retraite de Moscou», d'Adolph Northen.

« La retraite de Moscou », d’Adolph Northen. 

CRÉDIT PHOTO : WIKI COMMONS.

La Grande armée de Napoléon Ier ayant vaincu l’armée russe à la bataille de Friedland en juin 1807, le 7 juillet de la même année, la France et Alexandre Ier de Russie signent letraité de Tilsit qui fait des deux pays des alliés. En 1812, après voir conquis presque toute l’Europe, l’empereur français veut s’emparer de l’Inde, colonie anglaise à l’époque. L’Angleterre ayant la maîtrise des mers, son seul espoir est de prendre l’Inde par la terre. Pour ce faire, il doit contrôler la Russie.

En juin 1812, l’armée napoléonienne pénètre en Pologne : c’est le début de la campagne de Russie. Napoléon entre dans Moscou en septembre 1812, mais c’est une victoire à la Pyrrhus : les Russes ont abandonné à une armée française décimée une ville aux trois-quarts brûlée, sans nourriture ni aucune sorte de provisions. Devant l’imminence de l’hiver russe, Napoléon n’a d’autre choix que de battre en retraite et de retourner en France. La victoire russe, commémorée par l’"Ouverture 1812" de Tchaïkovski, est restée dans les mémoires comme l’un des grands revers de l’histoire militaire.

1896 : La visite de Nicolas II à Paris scelle l’alliance franco-russe

Le 5 octobre 1896, le tsar russe Nicolas II et la tsarine Alexandra arrivent à Paris, en visite impériale en France, sous la présidence de Félix Faure. Le même jour, un décret paraît au Journal officiel : le pont qui doit être établi sur la Seine à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1900 est nommé "Pont Alexandre III", en l’honneur du père du tsar Nicolas, artisan de l’alliance franco-russe signée en 1891. Le 6, le tsar est reçu seul à seul au palais de l’Elysée par le président français dans le Salon des Grâces. En se quittant quatre jours plus tard à Châlons, Nicolas II et Félix Faure se donnent l’accolade. Nicolas, ému, dit, "C’est pour toujours, n’est-ce pas ?". Félix Faure lui répond : "Oui Sire, pour toujours !". L’Histoire les démentira. 

L'alliance franco-russe était d'abord un accord de coopération militaire signé entre la France et l'Empire russe qui fut en vigueur de 1892 à 1917.

Cet accord stipulait que les deux pays devaient se soutenir mutuellement s’ils étaient attaqués par un des pays de la Triple Alliance (dite aussi Triplice) : l'Empire allemand, l'Autriche-Hongrie et le Royaume d'Italie.

Au sens large, il s'agissait d'une coopération militaire, économique et financière entre les deux puissances.

1917 : La rupture de la révolution d’Octobre

Le 20 juillet 1914, le président français Raymond Poincaré et son ministre Viviani, en voyage en Russie, sont accueillis à Cronstadt, près de Saint-Pétersbourg, par le tsar Nicolas II. Les deux pays s’offrent assistance militaire mutuelle en cas de conflit. Le règne de Nicolas II et des Romanov se termine en 1917, il y a 100 ans. Un an avant la fin de la première guerre mondiale, l’empire russe est renversé par la révolution d’Octobre. La jeune République bolchevique ne reconnaît pas l’alliance avec Paris et, peu après son arrivée au pouvoir, le régime communiste répudie les emprunts émis par la Russie tsariste aux XIXe et XXe siècles auprès de la France.

1935 :  Le pacte franco-soviétique d’assistance mutuelle

La France a reconnu l’URSS en 1924. Le 2 mai 1935, un an avant le Front populaire, Pierre Laval, président français du Conseil des ministres, et Joseph  Staline, secrétaire général du Comité central du Parti communiste d’URSS, adoptent un traité d’assistance mutuelle. Le traité débouchera sur l’envoi d’un escadron de la France libre sur le front de l’Est, durant la Seconde guerre mondiale, l’URSS s’étant engagée aux côtés des Alliés contre l’Allemagne nazie. Les deux pays signeront un traité d’alliance franco-soviétique à Moscou, le 10 décembre 1944.

1968 : Un net refroidissement après l’invasion de la Tchécoslovaquie

Les chars soviétiques dans Prague, en 1968.

Les chars soviétiques dans Prague, en 1968. 

CRÉDIT PHOTO : ARCHIVES AFP

Entamé le 20 juin 1966, le voyage d’Etat en URSS du président De Gaulle est le point d’orgue d’une vingtaine d’années de relations plutôt bonnes entre les deux pays, marquées par la conclusion d’un accord commercial franco-soviétique à long terme en 1964 ou encore la  visite du premier cosmonaute, Youri Gagarine, au Havre, le 20 juin 1965. En pleine guerre froide, l'invasion de la Tchécoslovaquie dans la nuit du 20 au 21 août 1968, par les troupes du Pacte de Varsovie, pour mettre fin au Printemps de Prague, entraîne un refroidissement majeur des relations franco-russes. De Gaulle, en voyage officiel en Roumanie, condamne les "hégémonies" mais affirme que l’URSS est un "pilier essentiel" de l’Europe.

1992 : La France reconnaît la fédération de Russie

Disloqué, l’Etat fédéral de l’Union soviétique se dissout, de 1990 à 1991, en plusieurs États indépendants issus de ses anciennes Républiques. Un processus qui s’inscrit dans la chute des régimes communistes en Europe que n’ont pu empêcher ni la politique de glasnost (transparence) ni la perestroïka (réforme ou restructuration) promues par Mikhaïl Gorbatchev, président de l’ex-URSS.

Jacques Chirac remet la Légion d'honneur à Vladimir Poutine en septembre 2006.

Jacques Chirac remet la Légion d’honneur à Vladimir Poutine en septembre 2006. 

CRÉDIT PHOTO : ARCHIVES TASS / AFP

Trois mois après l’éclatement de l’Union soviétique, la France reconnaît la Russie (Fédération de Russie) comme son Etat successeur. Depuis, les relations n’ont jamais été rompues entre les deux pays. En 2000, Jacques Chirac a bien condamné le déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie. Mais après quelques mois et une visite parisienne de Vladimir Poutine en 2002, les choses ont évolué favorablement.

Idem avec son successeur, Nicolas Sarkozy. Après des débuts difficiles, les deux présidents ont appris à s’apprécier de 2007 à 2012. C’est avec François Hollande que les relations franco-russes ont connu une nette dégradation, avec notamment l’annulation du contrat des porte-hélicoptères Mistral. En cinq ans, les deux présidents n’ont jamais réussi à briser la glace.

Le Pacte Russo-Allemand avec Staline, qui a duré 666 jours, n'a pas empêché Hitler de combattre les Russes, et de demander du secours aux Américains dans un  premier temps.

2018 L'Allemagne et l'OTAN sont en Guerre contre la Russie !!!?

Merkel est à la barre, et le sous-Off de service était Macron, donneur de leçons à Poutine.

«Ils nous préparent une très grave crise politique»

«Ils nous préparent une très grave crise politique»© Philippe Wojazer Source: Reuters

Les nouveaux députés LREM, traîtres à leurs partis, individus sans la moindre conscience politique, lobbyistes... vont devoir faire face aux mobilisations sociales visant à entraver la politique ultralibérale, estime l'économiste Jacques Nikonoff.

RT France : Voyez-vous le score du parti d’Emmanuel Macron aux élections législatives comme un succès ?

Jacques Nikonoff (J. N.) : En termes de nombre de sièges de députés obtenu, si la tendance du premier tour de l’élection se confirme au second, la majorité absolue serait un indéniable succès. Mais en termes de voix, les candidats soutenus par Monsieur Macron ont fait beaucoup moins que ce dernier. Alors que monsieur Macron avait obtenu 8,6 millions de voix au premier tour de la présidentielle et 20,7 millions au second, ses candidats n’ont obtenu que 6,4 millions de voix.

Les forces politiques mal représentées au Parlement du fait d’une loi électorale injuste devront s’appuyer sur les mobilisations sociales pour empêcher la politique ultralibérale qui se prépare

Par ailleurs, les 24,4 millions de citoyens qui se sont abstenus (51,29%, record historique), n'ont jamais souhaité soutenir Macron. Celui-ci, probablement ultra-majoritaire à l’Assemblée nationale, sera très minoritaire dans la société. Cette assemblée manquera de légitimité. Les forces politiques mal représentées au Parlement du fait d’une loi électorale injuste devront s’appuyer sur les mobilisations sociales pour empêcher la politique ultralibérale qui se prépare. Car monsieur Macron est un agent du système de la mondialisation néolibérale, soutenu activement par les milieux dirigeants américains, la chancelière Merkel et l’Union européenne.

RT France : Pensez-vous que ces législatives signent la fin des Républicains et du PS ?

J. N. : On ne sait pas comment les choses vont tourner pour ces deux partis. Qu’ils survivent ou qu’ils disparaissent n’a finalement que peu d’importance, car sur le fond ils partagent les mêmes conceptions socio-économiques, institutionnelles et de politique étrangère. Ils sont néolibéraux (politique qui favorise le capital au détriment du travail), européiste et atlantistes. C’est exactement la ligne stratégique de monsieur Macron. En fait, les résidus qui demeurent des Républicains et du Parti socialiste ne comprennent pour l’essentiel que les membres de différentes factions de l’oligarchie qui n’ont pas été recyclés dans la grande lessiveuse qu’est le mouvement En Marche !

Il y a une cohorte de lobbyistes entrés chez monsieur Macron pour défendre dans l’Etat des intérêts privés qu’ils représentent, ceux de très grandes entreprises. Le sens de l’intérêt général est totalement absent de l’esprit et de la culture de ces individus

RT France : La nouvelle majorité absolue, composée de personnalités de gauche et de droite, saura-t-elle être cohérente pour gouverner ?

J. N. : Cette nouvelle majorité est composée de trois catégories de personnes. Il y a d’abord les traîtres, des gens qui ont quitté leur ancien parti (Les Républicains et le Parti socialiste) pour celui de monsieur Macron car la gamelle était plus attrayante. Il y a ensuite des membres des classes moyennes supérieures qui sont entrés en politique pour s’amuser, sans avoir la moindre conscience des responsabilités qui seront les leurs s’ils sont élus. Il y a enfin une cohorte de lobbyistes entrés chez monsieur Macron pour défendre dans l’Etat des intérêts privés qu’ils représentent, ceux de très grandes entreprises. Le sens de l’intérêt général, du dévouement au bien public est totalement absent de l’esprit et de la culture de ces individus. Ils nous préparent une très grave crise politique.

Lire aussi : Législatives 2017 : une vague en trompe l’œil

Crise de Cuba 2.0 : «La Russie, entourée par les bases de l'OTAN et les systèmes de missiles US»

Crise de Cuba 2.0 : «La Russie, entourée par les bases de l'OTAN et les systèmes de missiles US»© U.S. European Command
L’USS Mahan (DDG-72) américain dans la Baltique

De dangereuses provocations occidentales ont lieu aux frontières russes, mais personne ne semble être préoccupé par leurs possibles conséquences, selon le journaliste Martin Summers.

Alors que les tensions entre la Russie et l'Occident s'aggravent, Vladimir Poutine a de nouveau été confronté à des questions sur le piratage et l'ingérence russe dans les élections à venir en Allemagne lors d'une rencontre avec des journalistes étrangers en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.

Evoquant les systèmes de missiles américains actuellement stationnés en Alaska et en Corée du Sud, le président russe a déclaré : «Des éléments d’ABM apparaissent en Alaska, maintenant en Corée du Sud. Devons-nous, tout simplement, comme pour les parties occidentales de la Russie, observer cela sans réagir ? Bien sûr que non. Nous réfléchissons à la manière de répondre à ces défis.» 

Poutine a déclaré que la Russie ne croyait pas aux assurances occidentales selon lesquelles le système ABM ne visait pas la Russie et était supposé contrer les menaces pesant sur la sécurité nationale américaine et maintenir un équilibre stratégique mondial.

RT : Vladimir Poutine a souligné que le niveau de russophobie était plus élevé que jamais. Que faudrait-il faire pour apaiser la situation ?

Martin Summers (M. S.) : Pour mettre un terme à cette hostilité, il faut être le plus calme de la pièce. Si les Russes continuent à être calmes et raisonnables les gens sensés qui regardent le télévision en langue anglaise vont voir qui se comporte raisonnablement et qui est déraisonnable. Je crois qu'il est absolument dépourvu de raison de suggérer, dans le cas d'Emmanuel Macron, par exemple, que les Russes ont influencé la campagne. Cela semble absurde. Et si Donald Trump est une soi-disant «marionnette russe», alors pourquoi a-t-il opéré l'inacceptable – à mon sens – frappe aérienne en Syrie, qui était tout à fait contre les intérêts russes ? S'il était une marionnette, il ferait exactement ce que les Russes veulent, mais il n'en est pourtant pas ainsi, n'est-ce pas ?

C'est de la propagande de guerre

RT : En parlant de russophobie : la Russie est entourée de bases de l'OTAN. Vladimir Poutine a même dit que les forces américaines pourraient venir sur les îles Kouriles, si la Russie les donnaient au Japon. Pourquoi les médias occidentaux se concentrent-ils plus sur la supposée menace russe que sur les mouvements réels de l'OTAN ?

M. S. : C'est de la propagande de guerre. C'est la Russie qui est entourée de bases de l'OTAN. Il ne faut pas non plus oublier les systèmes de missiles américains en Roumanie et en Pologne, qui sont d'incroyables provocations. Les gens se souviendront que, lors de la crise des missiles de Cuba, lorsque l'Union soviétique avait placé des missiles à Cuba, près des côtes américaines, on a failli avoir une guerre.

Des provocations semblables sont en train de se dérouler, et personne ne semble être au courant de ce que cela implique. Lors des élections britanniques, Jeremy Corbyn a été attaqué pour avoir refusé de dire qu'il appuierait sur le bouton nucléaire. Parce que cela a toujours été la politique de l'OTAN : menacer d'opérer la première frappe. La plupart des gens ordinaires, s'ils y pensaient deux minutes, se rendraient compte que c'est une posture absurde, nous devrions nous en débarrasser dès que possible.

Face à des allégations enfantines, il faut rester sérieux et adulte

RT : Vladimir Poutine ne se montre favorable à aucun des candidats aux élections allemandes. Mais des questions similaires à celles qu'on a pu entendre lors des élections américaines et françaises ont été soulevées. Pourquoi de telles spéculations émergent-elles à chaque élection importante ?

M. S. : Ils essaient de diaboliser l'Etat russe et le peuple russe. La présentation de la politique russe en Occident est extrêmement unidimensionnelle. La pluralité de la politique russe n'est pas comprise. La Russie est une société moderne et démocratique avec un système pluraliste, une variété de partis politiques qui y opèrent, mais ce n'est pas ce qui ressort lorsque nous regardons nos médias. On en parle comme d'une sorte de dictature. Bien sûr, ce type de propagande est très nuisible à la paix dans le monde. Face à des allégations enfantines, il faut rester sérieux et adulte.

Lire aussi : Interrogé sur la sortie des USA de l'accord de Paris, Poutine répond : «Don't worry, be happy»

Emmanuel Macron repousserait l'introduction de la proportionnelle aux législatives

Emmanuel Macron repousserait l'introduction de la proportionnelle aux législatives© PATRICK KOVARIK Source: AFP

Pour cause de calendrier chargé, le gouvernement aurait décidé de repousser l'introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives. Un changement de programme qui surviendrait... au lendemain de résultats électoraux triomphaux.

Au lendemain du premier tour des élections législatives, Emmanuel Macron se serait décidé à repousser la modification du code électoral visant à introduire une dose de proportionnelle pour l'élection des députés. Selon France Info, la réforme ne serait pas à l'agenda du gouvernement avant 2018.

 

Début mai, Emmanuel Macron avait pourtant annoncé à Mediapart sa volonté de procéder rapidement : «Il faut le faire avant la fin de l'année», avait-il déclaré. Devant l'insistance d'Edwy Plenel, le candidat d'En Marche ! avait même insisté : «Je ne le reporterai pas parce que je pense qu'il faut l'ancrer tout de suite dans notre vie démocratique.»

Invité sur RTL le 12 juin, le secrétaire général de La République en marche, Benjamin Grivaux, a assuré que «le débat [allait] s'ouvrir» sur cette question, sans pour autant avancer de dates. Mais selon une source gouvernementale proche du chef de l'Etat, citée par France Info, cette réforme ne serait pas à l'ordre du jour avant 2018. En effet, la réforme du Code du travail, la loi sur la moralisation de la vie publique et la préparation des lois budgétaires occuperaient déjà le gouvernement d'Edouard Philippe, qui ne souhaiterait pas ouvrir une modification de la loi électorale en parallèle.

En tout état de cause, les résultats du premier tour des législatives fournissent à Emmanuel Macron un solide motif pour ne pas se hâter d'introduire la fameuse «dose de proportionnelle» qu'il avait promise pendant sa campagne – sans jamais en définir l'ampleur. Avec le mode de scrutin actuel, LREM pourrait, selon les projections de plusieurs instituts de sondages, espérer obtenir près de 435 sièges le 18 juin prochain, ce qui constituerait un record historique sous la Ve République pour un parti politique.

© RT France
Comparaison entre les résultats espérés avec scrutin majoritaire à deux tours et résultats à la proportionnelle (sur base des scores du 1er tour)

En revanche, avec la proportionnelle intégrale, selon les calculs de RT, LREM et le MoDem n'obtiendraient que 187 sièges. La droite en gagnerait 125 (au lieu de 90 espérés), le Front national 85 (au lieu de quatre espérés), le Parti socialiste 79 (au lieu de 25 espérés) et la France insoumise et ses alliés 84 (au lieu de 32 espérés).

Lire aussi : «Le PS est mort. Il ne se relèvera pas» : Le Guen amer après la débâcle historique du parti

L'Iran affirme détenir des preuves d'un soutien américain à l'Etat islamique, on savait déjà que la CIA avait créé DAESH, rien d'annormal.

L'Iran affirme détenir des preuves d'un soutien américain à l'Etat islamiqueSource: Reuters
Funérailles des victimes de l'attentat du 7 juin à Téhéran

Un haut gradé de l'armée iranienne a déclaré que Téhéran avait en sa possession des documents démontrant que l'Etat islamique recevrait le soutien de Washington au Moyen-Orient. Il a accusé les Etats-Unis de propager la guerre dans la région.

 

Alors que les autorités iraniennes ont récemment accusé les Etats-Unis de s'être alliés avec l'Etat islamique, Téhéran a annoncé disposer d'éléments concrets permettant de prouver que Washington soutiendrait l'organisation terroriste au Moyen-Orient.

«Nous avons en notre possession des documents et des informations qui témoignent du soutien direct dont [l'Etat islamique] bénéficie de la part des impérialistes américains», a affirmé le général Mostafa Izadi, chef d'état-major adjoint de l'armée iranienne, dans une déclaration relayée par l'agence de presse iranienne Fars. Sur la base de ces informations, le haut gradé iranien a estimé que l'Etat islamique avait été «mandaté pour combattre dans la région» par les Etats-Unis.

En soutenant ce «mouvement monstrueux qui a détruit plusieurs pays musulmans et provoqué une vague de massacres et de conflits», les Etats-Unis joueraient la carte de la déstabilisation au Moyen-Orient, a poursuivi Mostafa Izadi. L'objectif poursuivi par Washington consisterait, d'après lui, à affaiblir l'Iran. Pour l'heure, les éléments dont l'armée iranienne affirme disposer n'ont pas encore été rendus publics.

Cette déclaration intervient quelques jours après les funérailles des victimes de l'attentat perpétré à Téhéran le 7 juin dernier et revendiqué par l'Etat islamique. A l'occasion d'une cérémonie officielle, le 9 juin dernier, le président de l'Assemblée consultative islamique d'Iran, Ali Larijani, avait déjà accusé les Etats-Unis de s'être «alignés sur les positions de l'Etat islamique». Une large foule s'était rassemblée aux cris de «Mort à l'Amérique !» et «Mort à l'Arabie saoudite !»

Lire aussi : Après l'attentat de Téhéran, Trump estime que l'Iran est «victime du mal qu'il encourage» 

Ali Khamenei qualifie les Etats-Unis de «pays terroriste» et accuse Washington d'avoir créé Daesh

Ali Khamenei qualifie les Etats-Unis de «pays terroriste» et accuse Washington d'avoir créé DaeshSource: Reuters
Ali Khamenei, le Guide suprême de la Révolution iranienne

Alors qu'Iran et Etats-Unis connaissent un regain de tensions dans leurs relations depuis les attentats de Téhéran et la visite de Trump à Riyad, le Guide suprême iranien Ali Khamenei a dénoncé le soutien supposé de Washington à l'Etat islamique.

Depuis plusieurs jours, l'Iran durcit le ton quant aux actions conduites par les Etats-Unis au Proche-Orient. Le 12 juin, le Guide de la Révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé directement Washington. Selon lui, loin de combattre l'Etat islamique, les Américains auraient au contraire participé à sa création.

«Vous et vos agents êtes la cause de l'instabilité au Moyen-Orient», a martelé Ali Khamenei en s'adressant aux Etats-Unis lors d'une déclaration citée par l'agence de presse Reuters. Le leader iranien, connu pour ses diatribes antiaméricaines et ses prises de position sans détours, a évoqué la question du terrorisme et de ses origines. «Qui a créé l'Etat islamique ? Les Américains... Leur prétendue lutte contre l'Etat islamique est un mensonge», a-t-il ainsi poursuivi. 

Considérant un éventuel rapprochement entre Téhéran et Washington, tel qu'il avait semblé s'amorcer sous la présidence de Barack Obama, le Rahbar a estimé qu'il était hautement improbable compte tenu des objectifs américains dans la région. Selon lui, les Etats-Unis, qu'il a qualifiés de «pays terroriste», seraient en effet opposés à l'idée même d'un Iran indépendant. Alors que la crise diplomatique entre le Qatar, allié à l'Iran, et l'Arabie saoudite, soutenue par Washington, vient de franchir un nouveau cap avec la rupture diplomatique décrétée par Riyad, une «normalisation» des relations entre Téhéran et Washington est désormais «impossible», selon Ali Khamenei.

Le 11 juin, un haut gradé de l'armée iranienne avait déjà déclaré que Téhéran avait en sa possession des documents démontrant que l'Etat islamique recevait le soutien de Washington au Moyen-Orient, assurant que l'organisation terroriste serait «mandatée» par Washington. Il avait également accusé les Etats-Unis de propager la guerre et de contribuer à accentuer les violences dans la région. 

Ces déclarations interviennent quelques jours après les funérailles des victimes de l'attentat perpétré à Téhéran le 7 juin dernier et revendiqué par l'Etat islamique. A l'occasion d'une cérémonie officielle, le 9 juin dernier, le président de l'Assemblée consultative islamique d'Iran, Ali Larijani, avait déjà accusé les Etats-Unis de s'être «alignés sur les positions de l'Etat islamique». Une large foule s'était alors rassemblée aux cris de «Mort à l'Amérique !» et «Mort à l'Arabie saoudite !»

Par Philippe MigaultTous les articles de cet auteur
Philippe Migault est directeur du Centre européen d'analyses stratégiques, analyste, enseignant, spécialiste des questions stratégiques.

Une «défense européenne» sous leadership allemand ?

Une  «défense européenne» sous leadership allemand ?© Denis Balibouse Source: Reuters
Angela Merkel et les militaires de la Bundeswehr

L'Allemagne cherche à s’emparer du leadership européen de la défense, la Bundeswehr intégrant déjà des brigades d’autres pays. Mais la France ne devrait pas se plier à ce jeu, explique Philippe Migault, spécialiste en matière de défense.

L’Europe de la défense relève, pour tous les observateurs, du vœu pieux. Les membres de l’Union Européenne (UE) ont, pour la plupart d’entre eux, confié leur sécurité aux Etats-Unis depuis près de soixante-dix ans dans le cadre de l’OTAN. Cet abandon de souveraineté leur convient si bien que le relatif désengagement américain de l’Europe les inquiète profondément. En conséquence, l’objectif d’une défense strictement européenne, perçue au mieux comme une coûteuse duplication inutile du dispositif otanien, au pire comme une dangereuse aventure nécessitant une volonté politique et d’indépendance susceptible de froisser la Maison Blanche, semble inatteignable. Tels des adolescents clamant leur amour de la liberté mais incapables de s’affranchir de la tutelle parentale, les Etats de l’UE ont donc systématiquement saboté toutes les tentatives visant à mettre sur pied ne fusse qu’un embryon de défense européenne autonome. La France, qui défend une vision d’Europe puissance et se veut le héraut de la défense européenne, en a fait la cruelle expérience à moult reprises depuis une vingtaine d’années.

Pourtant, aujourd’hui, la donne change.

Non pas du fait d’un désengagement américain. Certes, Donald Trump n’a pas renouvelé les assurances américaines vis-à-vis de l’article 5 de l’OTAN. Mais l’Allemagne ne réaffirme pas à chaque alternance à la Chancellerie son respect de la ligne Oder-Neisse. Et les Etats-Unis, loin de se désintéresser de la défense de l’Europe, accroissent au contraire leurs efforts aux frontières de la Russie. Le budget consacré par le Pentagone à la European Reassurance Initiative, va augmenter de 1,3 milliard de dollars en 2018, pour atteindre les 4,7 milliards, soit une augmentation de près de 500% depuis les débuts du programme de réassurance, en 2015.

Vers une Allemagne «décomplexée» ?

En revanche l’attitude allemande vis-à-vis des questions militaires enregistre une mutation, soulevant de nombreuses interrogations.

L’Allemagne, on le sait, bat sa coulpe en permanence depuis la défaite du nazisme en 1945. «Sans moi !» ont répondu des générations de jeunes allemands à leur convocation pour le service militaire, se préférant «rouges que morts». Quant aux autorités du pays, elles s’appliquent aujourd’hui à extirper tout ce qui pouvait rattacher la Bundeswehr aux anciennes traditions de la Wehrmacht, ou du militarisme prussien, sur l’air rebattu du «plus jamais ça». Comme si une armée n’avait pas, plus qu’une autre institution, besoin de se rattacher à ses racines pour demander le meilleur à ses combattants.

L’Allemagne souligne qu’elle donne l’exemple et a donc vocation plus qu’une autre à se faire entendre

Berlin, pourtant, fait peu à peu entendre une toute autre musique. Angela Merkel assume chaque jour un peu plus ouvertement ses prétentions au leadership en matière de sécurité sur le continent européen. La chancelière, dramatisant la rupture – inexistante sur le terrain militaire – entre l’Amérique de Donald Trump et les nations européennes de l’OTAN, a récemment affirmé que «l’époque où on pouvait compter les uns sur les autres est quasiment révolue» et qu’il fallait que les Européens prennent eux-mêmes leur défense en mains. Or elle semble déjà avoir une idée très nette du pays susceptible de succéder aux Etats-Unis pour coordonner ces efforts… Une tendance logique, dans le droit fil du Livre blanc allemand de la défense de 2016, qui affirme la vocation de l’Allemagne à jouer un rôle d’«acteur central en Europe». Mais un bouleversement pour un pays que l’on qualifiait encore il y a peu de «géant économique» mais de «nain politique».

Certes Berlin ne prône pas une révolution diplomatique visant à instaurer sa suprématie et sa vision. Les autorités allemandes répètent leur attachement aux institutions et aux méthodes auxquelles elles se référent traditionnellement pour orienter leur politique de défense. Elles entendent privilégier, comme d’habitude, le multilatéralisme et conduire leur action au sein des deux systèmes de sécurité actuels que sont l’OTAN et son article 5, l’UE et son article 42.7.

Mais l’Allemagne souligne qu’elle donne l’exemple et a donc vocation plus qu’une autre à se faire entendre.

La force de réaction rapide allemande compte désormais dans ses effectifs une brigade néerlandaise et une brigade roumaine, tandis qu’une autre brigade néerlandaise et une brigade tchèque ont intégré des divisions blindées de l’armée allemande

Elle assume son rôle de Nation-cadre au sein des dispositifs de l’OTAN visant à rassurer les Etats d’Europe centrale vis-à-vis d’une hypothétique menace russe, notamment la Very High Readiness Joint Task Force (VJTF). Elle a, à ce titre, récemment déployé des troupes en Lituanie, tout en déployant des avions de combat en Estonie à des fins de police de l’air. Elle a envoyé des troupes au Kosovo, en Afghanistan, au Mali. Elle a annoncé qu’elle allait se doter d’une centaine de chars de combat supplémentaires pour faire face à la montée en puissance de la Russie. Peu importe que les soldats allemands envoyés en mission ne fassent pas la guerre parce que leur gouvernement ne les y autorise pas. Peu importe que les nouveaux chars Léopard commandés ne soient pas nécessairement en mesure de combattre à armes égales avec leurs homologues russes pour des motifs de respect de l’environnement. Peu importe en fait que l’armée allemande, qui n’a pas livré une bataille depuis plus de 70 ans, ne soit pas combat proven et ait sans doute perdu toutes les qualités combattives de ses devancières. Ce qui compte c’est l’affichage. Et l’argent.

Derrière le leadership sécuritaire, l’ambition industrielle

Si Berlin refuse de céder aux injonctions américaines et de porter son budget de la défense à hauteur de 2% de son PIB, elle consent cependant une substantielle augmentation de ses dépenses militaires. Cette hausse, sensible et constante, ne lui permet pas de recruter alors qu’elle est confrontée à une grave crise démographique et que ses jeunes ont, pour la plupart, l’armée en horreur.

Elle propose donc aux nations désargentées, ou refusant de faire davantage de sacrifices pour leurs armées, une intégration d’une partie de leurs troupes au sein de la Bundeswehr, dans le cadre du Framework Nation Concept de l’OTAN. La force de réaction rapide allemande compte désormais dans ses effectifs une brigade néerlandaise et une brigade roumaine, tandis qu’une autre brigade néerlandaise et une brigade tchèque ont intégré des divisions blindées de l’armée allemande. Echange de bon procédé : les troupes des Etats partenaires peuvent bénéficier d’un cadre professionnel mettant en œuvre le meilleur de la technologie militaire, tandis que les forces armées allemandes se voient renforcées d’unités placées sous leur commandement. Peu à peu se constitue donc une force européenne ayant pour pilier central les armées allemandes. En catimini, Berlin bâtit à son profit cette défense européenne que Paris appelle de ses vœux depuis la fin de la guerre froide.

Bien entendu, il est possible d’objecter que la brigade franco-allemande (BFA) est déjà une unité ancienne, que ce modèle, vertueux, a fait école et que nous devons nous en féliciter.

C’est oublier d’une part que la BFA n’a jamais eu aucune cohésion, les composantes française et allemande évoluant côte à côte, mais chacune selon leurs règles, la valeur militaire de la brigade étant en conséquence proche du néant.

Du fait de notre coopération avec l’Allemagne, nous devons déjà donner des assurances aux Allemands quant au sort futur de Renault Trucks Defense (RTD), un des fleurons de notre industrie de défense

C’est ignorer d’autre part que les unités internationales qui se constituent au sein de la Bundeswehr ne reposent pas sur un partenariat entre égaux, mais sur un abandon de souveraineté partiel des Etats qui choisissent d’intégrer une partie de leurs moyens au sein de l’armée allemande faute de moyens économiques ou de volonté politique.

C’est ne pas voir, enfin, que le programme de Framework Nation Concept est l’occasion rêvée, pour l’Allemagne, de truster les marchés de défense au détriment des industries européennes concurrentes.

La standardisation des matériels au sein des forces armées est un atout opérationnel, logistique, économique considérable. Il serait donc logique que les unités mixtes de la Bundeswehr partagent le même armement. Or ce ne sont pas les industries de défense néerlandaise, roumaine ou tchèque qui peuvent le fournir, mais Krauss-Maffei-Wegmann, Rheinmetall, Heckler & Koch…déjà leaders européens de l’armement terrestre. Et cette suprématie allemande se décline aussi sur le segment naval. La Pologne, tournant chaque jour un peu plus le dos à la France, semble décidée à équiper sa flotte de sous-marins de classe U-212, produits par le groupe allemand Thyssen-Krupp Marine Systems (TKMS). Cette entreprise, dont les submersibles équipent déjà l’Italie et la Grèce, vient de convaincre la Norvège d’acquérir quatre de ses navires. Elle est tellement ambitieuse qu’elle a acheté en 2005 un concurrent suédois, Kockums, dans le but de l’étouffer, ce qui a provoqué une réaction de rejet des autorités suédoises, qui ont repris en 2014 le contrôle de l’entreprise. Cette ambition menace de plus en plus les intérêts français sur le segment naval en Europe.

Sauvegarder le rang de la France

Dans un tel contexte, la récente visite en Allemagne de Sylvie Goulard, ministre des armées française, au terme de laquelle elle s’est prononcée en faveur d’un effacement partiel de l’industrie de défense française, au bénéfice de l’Allemagne selon toutes probabilités, est clairement irresponsable.

Du fait de notre coopération avec l’Allemagne, nous devons déjà donner des assurances aux Allemands quant au sort futur de Renault Trucks Defense (RTD), un des fleurons de notre industrie de défense, détenu jusqu’ici par le Suédois Volvo qui souhaite s’en séparer. Alors que son intégration au sein de Nexter, le leader français d’armement terrestre, aurait un sens, les Allemands de Krauss-Maffei-Wegmann, partenaires de Nexter au sein du groupe franco-allemand KNDS, entendent conduire l’acquisition, bien décidés à ce que celle-ci, si elle se réalise, ne provoque pas un déséquilibre entre Français et Allemands au sein de la société. Les Français ont dû accepter que ce soit la banque conseil de Krauss-Maffei-Wegmann qui pilote l’opération, montrant ainsi clairement qui, au sein de KNDS, «porte la culotte» pour reprendre les termes de notre excellent confrère de La Tribune.

Or ménager les susceptibilités allemandes au sein des consortiums franco-allemands est une précaution superflue. Les Allemands savent fort bien pousser leurs pions, imposer leur leadership et pousser les Français de côté pour imposer leur stratégie. Alors que l’équilibre franco-allemand était censé être la règle au sein d’Airbus, l’entreprise est aujourd’hui pilotée sans aucun contre-pouvoir par l’Allemand Tom Enders, qui s’est attiré une mise en garde peu diplomatique de Jean-Yves Le Drian, avertissement qui ne semble guère l’avoir ébranlé. Dès lors qu’attendre des futurs consortiums franco-allemands si chers à Sylvie Goulard ? Les entreprises françaises concernées devront-elles, elles aussi, aller à Canossa devant le plus riche ? Ce serait brader les plus beaux joyaux de notre industrie alors qu’ils possèdent une indéniable supériorité technologique sur leurs homologues allemands et une meilleure assise financière.

La France ne doit pas rentrer dans le jeu de l'Allemagne

Certes l’Allemagne sait produire d’excellents blindés, des armes légères extrêmement performantes, des submersibles à la fois peu onéreux et performants. C’est le seul legs de la Wehrmacht et de la Prusse qu’elle accepte. Mais elle ne possède pas le niveau d’excellence de DCNS sur le segment des navires de surface. Elle ne maîtrise pas la propulsion nucléaire. Elle ne sait plus construire un avion de combat comme Dassault Aviation. Sur le segment des moteurs ou de l’électronique de défense, elle est clairement inférieure à ces champions français que sont les systémiers Safran et Thales, même si elle possède des équipementiers de haut niveau.

Dès lors pourquoi devrions-nous tisser des liens avec un partenaire allemand qui, depuis le tournant de la décennie 2010, rejette quasi-systématiquement les propositions de programmes communs franco-allemands ? «Auparavant lorsque nous nous tournions vers les Allemands pour leur proposer un partenariat, ils s’empressaient de nous répondre et d’entamer la discussion. Aujourd’hui nous nous heurtons de plus en plus à une fin de non-recevoir», déclare un industriel français de l’armement, résumant l’opinion de la majorité de ses confrères. Si consortiums il doit y avoir, alors la France a, en conséquence, clairement vocation à prendre le lead en matière d’aéronautique et d’espace et à s’assurer, a minima, d’un partenariat à égalité en matière navale.

D’autant que les temps ont changé. «La guerre est l’industrie nationale de la Prusse», estimait Mirabeau. Tout cela est bien fini. L’Allemagne n’est plus une puissance militaire dont l’alliance soit susceptible de nous sécuriser. Société post-héroïque, les Allemands sont prêts à se battre, en Afrique ou ailleurs, jusqu’au dernier Français. Alors que Français et Britanniques partagent une culture proche du combat, disposent d’armés hautement professionnalisées et expérimentées, d’industries de défense complémentaires, l’Allemagne est, militairement, une puissance locale. Elle cherche à surfer sur la vague Trump et sur le Brexit pour s’emparer du leadership européen en matière de défense. Elle y réussit dans une certaine mesure. Mais il s’agit d’une usurpation plus que d’une consécration. La France ne doit pas rentrer dans son jeu.

Du même auteur : L'OTAN réuni : un sommet pour rien

L’ « Occident » et sa « guerre au terrorisme » : traitement des symptômes , mais pas des causes de la maladie

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Jeremy Corbyn en tête d’une manifestation en juillet 2014 protestant contre la guerre d’Israël contre Gaza. D.R.

Lorsque Jeremy Corbyn a établi un lien direct entre le bombardement de Manchester et les guerres de la Grande-Bretagne contre l’Irak, la Libye et la Syrie, il a été vivement attaqué pour « justification du terrorisme », « soutien au terrorisme », « complaisance envers le terrorisme » et faiblesse…Theresa May l’a accusé d’avoir dit que les attaques terroristes au Royaume-Uni « sont entièrement de notre faute ». Avant même qu’il n’ait parlé, le Sun faisait état « d’indignation » car « on a appris que Corbyn prétendra que la guerre de la Grande-Bretagne contre le terrorisme est responsable de l’attaque terroriste à Manchester. »

En fait, Jeremy Corbyn n’avait pas l’intention de faire une telle déclaration ni ne l’a faite. Le lien qu’il a fait, c’était avec les attaques britanniques contre d’autres pays, et non avec la « guerre contre le terrorisme », qu’il n’a mentionnée que comme étant un échec. Alors que les bombardements en Grande-Bretagne et dans d’autres pays se sont poursuivis au fil des années, il est certainement opportun de reconnaître qu’il a raison, ou du moins que quelque chose cloche dans la manière dont les gouvernements font face à cette menace.

La complicité officielle est l’un des sujets tabou. John Pilger et d’autres ont souligné le fait que le gouvernement britannique savait qu’il y avait une cellule terroriste potentielle à Manchester, formée d’adhérents du Groupe de lutte islamique libyenne (LIFG), interdit comme organisation terroriste par le gouvernement, mais qui s’est transformé en un outil utile pendant la guerre contre la Libye. Les sympathisants ou les membres du groupe étaient bien connus des autorités de Manchester. Beaucoup avaient été placés sous une forme d’assignation à domicile lorsque, en 2011, ils ont été libérés, leur passeport leur a été rendu et ils ont été autorisés – pratiquement encouragés – à retourner en Libye pour rejoindre des groupes affiliés à Al-Qaida se battant sous la couverture aérienne fournie par les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France.

L’un d’eux était Ramadan Abedi, vivant maintenant à Tripoli, père de Salman, l’auteur de l’attentat suicide de Manchester. Salman était connu de la police, et figurait également sur une liste de terroristes du FBI. Récemment, le FBI avait alerté le gouvernement britannique de sa présence et de la menace qu’il représentait. Donc, très clairement, le gouvernement savait qui il était, où il était et où il était allé. Juste avant l’attentat, il s’était rendu en Syrie et était revenu en Grande-Bretagne de Libye sans attirer suffisamment l’attention pour être arrêté, interrogé et surveillé.

Donc, qu’est ce qui est plus important ici, les faiblesses de caractère présumées d’un jeune homme, tel que décrit par les médias, un marginal et un fumeur de drogues, un « loup solitaire », attiré par le terrorisme en raison d’un vide dans sa vie – ou le fait que ce vide se soit trouvé rempli par les conséquences de ce qu’il a vu en Libye et en Syrie ? Qu’il ait choisi de se faire exploser en Grande-Bretagne plutôt qu’en Syrie suggère qu’il considérait que c’était l’ »Occident » l’ennemi le plus sérieux et le plus dangereux, et non le gouvernement de Damas.

L’autre sujet tabou ce sont les guerres occidentales qui ont tué des millions de musulmans depuis l’invasion de l’Irak en 1991. Rien que les douze années de sanctions (1990-2002) ont causé la mort de centaines de milliers d’enfants irakiens. La première guerre contre l’Irak a été suivie de l’invasion de 2003, de la destruction de la Libye et de la guerre contre la Syrie. Si au nombre de victimes de ces guerres on ajoute celles d’Afghanistan, le nombre de morts s’élève alors au minimum à quatre millions, et certaines estimations atteignent les huit millions.

Innombrables millions d’autres Afghans, Irakiens, Libyens et Syriens ont été transformés en réfugiés sans-abris dans leur propre pays ou ont été chassés au-delà de leurs frontières. À la suite de ces guerres, des milliers de personnes, d’hommes, de femmes et d’enfants, nourrissons et bébés y compris, se sont noyés en mer Égée ou Méditerranée en essayant d’atteindre la sécurité en Europe. Les gouvernements ‘occidentaux’ qui ont fait la guerre à leur pays doivent être tenus totalement responsables des conséquences à court et à long terme de ce qu’ils ont fait même s’ils ne sont pas prêts à reconnaître une responsabilité personnelle.

Ces événements épouvantables sembleraient être une raison suffisante pour que tout musulman (ou arabe chrétien d’ailleurs) ressente une très grande colère contre ce qu’a fait l’‘Occident’ et la justification d’une volonté de riposter d’un très petit nombre. Avec en toile de fond l’étendue des dommages causés aux pays musulmans, le saisissement causé par les ‘attaques terroristes’ (les guerres qui prennent la vie de millions de personnes ne rentrent pas dans cette catégorie) devrait probablement être qu’il n’y en a pas eu davantage.

Nous devons dire précisément qui est responsable de ces crimes. L’OTAN n’a pas détruit la Libye: les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France l’ont fait avec l’aide marginale d’autres acteurs. Ces trois pays ont été au centre de toutes les catastrophes qui ont submergé le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord depuis l’invasion française de l’Algérie en 1830.

Il y a beaucoup de gens en ‘Occident qui ne sont pas musulmans ni même chrétiens, mais athées ou agnostiques, ou de conviction humaniste, qui sont tout aussi sensibles que les personnes de religion aux violations flagrantes du droit international et des droits de l’homme que sont les attaques « occidentales » contre des pays majoritairement musulmans. Néanmoins, ce sont les musulmans qui doivent supporter les conséquences de ces attaques, qui doivent assister à la destruction de leur pays et à l’oblitération de millions de leurs compatriotes ou coreligionnaires dans la poursuite des intérêts ‘occidentaux’. Ils savent, d’après leur propre histoire, que ces attaques se poursuivent sans interruption depuis deux siècles.

Au 19ème siècle, du Caucase aux frontières lointaines de l’Afrique du Nord, l’islam (‘fanatisme mahométan’) et non les invasions et l’occupation des terres musulmanes par les armées européennes était identifié comme le principal moteur de la haine de l’Europe ou de ‘l’Occident chrétien’. C’était un mensonge intéressé et maintenant nous voyons une répétition de la même déconnexion délibérée entre cause et effet, le refus obstiné de voir ce qui devrait être évident aux yeux de tous.

La recherche de la responsabilité ultime pour les attentats terroristes a été dirigée dans la direction des communautés musulmanes, contournant les conséquences contre-productives des politiques des gouvernements ‘occidentaux’. Ce sont les musulmans que l’on doit empêcher de recourir à l’extrémisme violent, pas les gouvernements; Les musulmans qui sont soupçonnés, pas les politiques gouvernementales fondées sur le mensonge, la propagande et l’illégalité flagrante; Et les musulmans qui sont confrontés à l’islamophobie alors que le gouvernement attise les inquiétudes du public à l’égard de leur communauté.

Ils ont raison d’avoir du ressentiment. Les musulmans n’ont pas seulement à l’esprit les événements actuels, mais deux siècles d’agression ‘occidentale’ constante, ce qui leur permet de conclure que l’ « Occident » ne change pas parce qu’il ne veut pas changer, car moins d’agression et plus de moralité à l’étranger entraveront la poursuite des bénéfices et du pouvoir et parce que le prix qu’il a dû payer pour ses guerres n’est pas encore assez élevé pour l’obliger à changer, malgré le 11 septembre, le Bataclan, Nice, Manchester et toutes les autres horreurs que nous avons vues récemment.

En amont, des mises en garde rebondissent sur sa peau dure comme des cailloux de la paroi d’un char. Il n’écoute pas parce qu’il ne veut pas écouter des arguments qui font obstacle à ses politiques, aussi logiques, humains et fondés sur le droit international soient-ils. Quand il subit les conséquences de son refus d’écouter, mineures par rapport aux dommages qu’il a causés ailleurs, il écarte ou nie la responsabilité, exprimant de l’indignation envers ceux qui font une suggestion si scandaleuse. Dans une impasse, parce que la loi ne fonctionne pas au niveau local ou international, et permet à ces gouvernements de s’en tirer impunément malgré le meurtre de masse, que sont censés faire les musulmans?

Ils protestent, ils font pression sur leurs députés locaux, ils écrivent des lettres au rédacteur et demandent à leurs concitoyens musulmans d’être plus actifs dans le soutien à leurs coreligionnaires bombardés et persécutés à l’étranger, au risque, en ces temps de surveillance accrue, d’attirer l’attention de la sécurité de l’État. Presque aucun d’entre eux ne recourra à la violence pour répondre à la violence dont ils sont les témoins obligés. Comme presque tout le monde partout, ils abhorrent la violence: ils ne le veulent pas pour eux-mêmes, pour leurs familles ou pour d’autres personnes, pour le pays dans lequel ils vivent ou leur pays d’origine.

Certains, un très petit nombre, vont franchir le pas et se rendre à l’étranger pour se battre avec le groupe de leur choix ou riposter contre, de leur point de vue, l’ennemi chez eux, tuant et blessant des personnes innocentes de tout crime tout comme les foules qui ont été tuées dans les guerres de l’‘Occident’ aux pays à majorité musulmane ou qui sont mortes en conséquence directe de ces dernières. Ces groupes justifient leur meurtre tout comme les gouvernements ‘occidentaux’ justifient les leurs. La ligne de démarcation morale entre eux est quasiment indiscernable, malgré la haine qu’ils professent se vouer.

L’un agit au nom de l’islam, alors que le meurtre de personnes innocentes, le meurtre de chrétiens, simplement parce qu’ils sont chrétiens et la destruction de leurs églises, ne sont pas seulement incompatibles avec l’islam, mais une violation de ses principes fondamentaux, et en font des renégats à l’égard de leur propre foi. Le massacre de civils par l’autre camps dans des guerres agressives constitue tout autant une violation des principes et des ‘valeurs partagées’ que les gouvernements ‘occidentaux’ disent défendre.

Si l’ »Occident » avait, ne serait-ce qu’une fois, traduit en justice l’un des responsables de ces crimes, disons, bien évidemment, Tony Blair, les musulmans pourraient au moins estimer qu’un tant soit peu de justice avait été rendue. Mais l’ « Occident » protège les siens quel que soit leurs crimes. Ni les politiciens qui font la guerre en violation du droit international, ni les soldats en tant qu’individus et les aviateurs responsables des atrocités, ne sont punis pour ce qu’ils ont fait…

Il y a très peu d’exceptions. Il y a la loi, mais personne pour la faire respecter et arrêter le contrevenant, de sorte que s’il n’y en avait pas ce serait pareil. Il existe une institution mondiale, l’ONU, sans le pouvoir de faire appliquer la loi. Il n’y a pas de policiers en service et comme une bande de voleurs de bijoux, collectivement l’ ‘Occident’, ayant impunément commis de nombreux crimes, ne voit aucune raison de s’arrêter.

Si la violation sans retenue du droit international est une question centrale du débat sur qui est finalement responsable du chaos dans lequel a été précipitée une grande partie du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, et qui revient maintenant comme un boomerang en Grande Bretagne et en Europe, les valeurs «partagées» ou «fondamentales» que les gouvernements «occidentaux» sont censées représenter en est une autre . Ces valeurs sont à la base des programmes de « déradicalisation » et de ‘réhabilitation’ mis en place en Grande-Bretagne et dans d’autres pays, ciblant spécifiquement les musulmans. Ceux qui sont en danger doivent être amenés à les comprendre et à les accepter. Partout où elles sont inscrites en ‘Occident’, elles reviennent à la même chose: respect de l’état de droit et respect des droits de l’homme.

L’extrémisme violent est défini par le gouvernement australien comme « croyances et les actions de personnes qui soutiennent ou utilisent la violence pour atteindre des objectifs idéologiques, religieux ou politiques. » La définition d’autres gouvernements impliqués dans des guerres d’agression contre des pays musulmans serait la même. Les contradictions doivent surgir d’emblée à l’esprit des musulmans, mais pas seulement : « Est-ce qu’attaquer d’autres pays en contravention du droit international fait partie de vos valeurs fondamentales ou partagées ? En Irak ou en Libye, n’avaient vous pas utilisé la violence pour parvenir à une fin politique ? En Syrie ne soutenez vous pas des groupes extrêmement violents pour atteindre des buts politiques ? Votre propre définition de l’ « extrémisme violent » ne s’applique-t-elle pas de fait à vous-mêmes ? Vos principes et valeurs ne sont-ils destinés qu’à usage interne ?

Ces contradictions ne semblent pas évidentes aux yeux des bureaucrates, des universitaires et experts de l’anti-terrorisme qui élaborent des programmes de « déradicalisation » : si elles sont évidentes ils choisissent de les ignorer sauf comme références notionnelles. Toutes les causes de l’’extrémisme violent’ sont examinées sauf celle qui doit être considérée comme la plus cruciale, le massacre de musulmans à grande échelle au cours de la vague récente des guerres ‘occidentales’. Ce refus d’accepter ce qui est sans doute la cause centrale de la riposte musulmane violente est probablement la raison pour laquelle on considère que ces programmes ont failli.

Le gouvernement australien finance des programmes universitaires de « déradicalisation », il donne de l’argent à des clubs de football, des conseils municipaux et à des organismes communautaires, mais tant qu’il ne prendra pas en compte les origines ‘occidentales’ de la violence au Moyen-Orient et ailleurs, et tant que les gouvernements ‘occidentaux’ refuseront de se conformer aux exigences du droit international, ces programmes n’aideront aucunement à éliminer la réponse terroriste à leur propre violence extrême.

Dans un excellent exposé récemment mis en ligne sur le site de la London Review of Books, Karma Nabulsi souligne les idées fausses du « Prevent » Program (programme de prévention) britannique. Elle y décrit un état d’esprit gouvernemental proche de la paranoïa, et les soupçons et l’islamophobie engendrés par les gouvernements dans l’esprit des gens qui peinent à comprendre ce qui se passe.

Les étudiants musulmans à l’université et même les élèves d’école primaire, sont soumis à une surveillance généralisée par les services de sécurité, la police, les médecins, les opticiens, les enseignants, les conférenciers universitaires, toute personne entrant en contact avec eux. Ces derniers sont légalement tenus de remplir des déclarations « d’évaluation des risques » et de donner des exemples concrets de la façon dont ils sont attentifs aux signes de radicalisme en classe et les mesures qu’ils ont prises. S’ils ne le font pas ou refusent de se conformer à cette obligation leur institution peut se voir refuser son financement. Les membres du public sont invités à appeler une hotline de sécurité nationale pour faire part de leurs soupçons, qui pourraient porter sur n’importe qui, une femme avec un foulard, un homme portant une longue barbe, une djellaba et des sandales ou quelqu’un qui parle arabe dans un bus ou un train.

Mme Nabulsi décrit un petit garçon syrien d’âge préscolaire qui passait son temps à dessiner des avions larguant des bombes. Au lieu d’essayer de comprendre pourquoi et de consulter les parents, l’institutrice appela la police. A de nombreuses reprises des étudiants musulmans n’ont pu avoir accès à des salles pour des conférences sur l’Islam. La chambre d’un étudiant sikh a été fouillée après que quelqu’un l’eut entendu prier en punjabi. Porter un badge d’identification avec les Palestiniens peut être suffisant à éveiller les soupçons.

Dans l’énumération des causes de radicalisation, le Prevent program inclut les crises identitaires, l’éloignement à l’égard des valeurs britanniques, les expériences négatives avec les autorités, le sentiment d’échec et les activités criminelles. Il veut « empêcher » des jeunes de se radicaliser d’abord, puis peut-être, emportés par le « tapis roulant », de passer à des actes de violence. Que les mêmes gouvernements qui mettent en place des programmes de « déradicalisation » chez eux vendent des armes à des gouvernements largement considérés comme facilitant l’extrémisme violent à l’étranger n’est qu’un autre aspect contradictoire de leur comportement.

Donald Trump, par exemple, vient de signer un contrat d’affaires et de vente d’armes d’un montant de 350 milliards de dollars avec l’Arabie Saoudite, avant de se rendre à Jérusalem pour discuter avec un gouvernement dont l’extrémisme idéologique violent prend pour cible les Palestiniens tous les jours de la semaine. Theresa May a fait le même voyage dans le Golfe : les gouvernements conservateurs britanniques au fil des ans ont vendu pour des dizaines de milliards de livres d’armes aux États du Golfe.

Que des armes puissent être livrées au gouvernement saoudien alors qu’il s’efforce de soumettre le peuple yéménite en l’affamant ou en le bombardant témoigne de l’absence de principes des politiques « occidentales » derrière les discours sur la démocratie et les préoccupations humanitaires. Des milliers d’enfants entre autres ont été tués par des frappes de missiles sur le Yémen, ou sont morts et meurent encore de malnutrition. Donald Trump et Theresa May ont-ils la peau si dure qu’ils y sont insensibles ? A en juger par leur comportement nous devons en conclure que la réponse est ‘oui.’

Le programme « Vivons ensemble » du gouvernement australien semble être largement inspiré du modèle « Prévention » britannique. De vastes sommes d’argent sont mises à la disposition des universités qui mettent sur pied des programmes de « déradicalisation », de réhabilitation, et d’anti-terrorisme, ainsi qu’à des universitaires individuels faisant des recherches sur des formes « modérées » de l’islam. En abordant les « motivations sociétales » de la radicalisation le programme australien se réfère à l’extrémisme lié à des questions thématiques, donnant en exemple les droits des animaux, le militantisme pour la préservation de l’environnement, l’extrémisme séparatiste ou ethno-national et le contrôle des armes à feu qui, tout en étant une question importante aux États-Unis, n’est guère pertinente en Australie.

Sous la rubrique violence « ethno-national »’ il est noté que les Australiens sont allés en Yougoslavie, et plus récemment en Afghanistan, Syrie, Liban et en Somalie pour participer « illégalement » à des conflits dans ces pays. L’illégalité du rôle que joue l’Australie dans des guerres étrangères et son soutien de longue date à Israël, état qui viole le droit international et qui a été condamné à maintes reprises par des organisations de défense des droits de l’homme en raison de son comportement violent, extrémiste s’il en est, n’est même pas mentionnée.

Une publication du parlement du New South Wales intitulée, « Radicalisation et extrémisme violent : Causes et Réponses » (février 2016) mentionne entre autres causes de radicalisation : l’idéologie, les relations personnelles, les questions d’identité et l’exclusion sociale, et la « perception » d’une injustice faite aux musulmans, comme dans les cas d’Israël/Palestine et d’Afghanistan (aucune mention de l’Irak) qui figure bien bas sur la liste. La formulation elle-même trahit la mentalité officielle parce que la Palestine et l’assassinat de civils en Afghanistan, sans parler de l’Irak, de la Somalie ou du Yémen ne sont pas des perceptions d’injustice, mais de l’injustice pure et simple, brutale et validée par le droit international.

Malheureusement, il n’y a pas que le refus des gouvernements de reconnaître les crimes qu’ils ont commis, mais il y a aussi leur soutien constant aux politiques violentes d’autres gouvernements. Donald Trump soutient la colonisation totale du territoire palestinien de Cisjordanie, et appuie sa décision de construire un mur le long de la frontière mexicaine en se référant au mur de « séparation » ou d’ »apartheid » érigé par Israël. Lui et d’autres hommes/femmes politiques n’hésitent pas à se rendre à Jérusalem, ville occupée selon le droit international, dont une grande partie de la terre et de nombreux bâtiments sont toujours la propriété de Palestiniens quoiqu’en en dise la loi de l’occupant.

Julia Gillard, ex-première ministre d’Australie, tint le Hamas pour responsable des attaques de Gaza par Israël, refusant systématiquement de qualifier d’illégales les colonies israéliennes et essaya d’empêcher que la Palestine n’obtienne le statut d’observateur à l’ONU. Elle fut ‘horrifiée’ par ‘les immenses pertes en vies humaines’ dans les attentats de Paris, mais pas une seule fois au cours de sa carrière politique elle n’a exprimé l’horreur que pouvait lui susciter les massacres en masse de civils à Gaza et au Liban perpétrés par Israël. Elle se présente comme le défenseur mondial des droits des femmes et des enfants mais n’a jamais condamné les massacres à grande échelle des deux catégories par Israël à Gaza, au Liban et en Palestine occupée.

Les jeunes doivent être encadrés et tenus à l’écart d’activités dommageables pour eux-mêmes et les autres autant que possible. De ce point de vue ces programmes de « déradicalisation » ont un but méritoire, mais lorsque l’un des « moteurs » principaux de radicalisation, sinon le principal, est ignoré, les gouvernement qui mettent en place ces programmes traitent les symptômes mais ne soignent pas la maladie. Tant qu’ils refuseront d’admettre les conséquences de ce qu’ils ont fait leur ‘guerre au terrorisme’ échouera forcément.

Regarder en face, avec honnêteté, leur propre comportement nécessitera, toutefois, qu’ils renoncent au modèle de conduite systématique qui consiste à condamner la violence chez eux tout en la pratiquant à l’extérieur. Les victimes de violence où que ce soit, quelles que soient les circonstances et quel que soit le temps, ont besoin que l’auteur cesse de faire ce qu’il fait et demande pardon. Dans les relations personnelles, ou à l’échelle nationale ou mondiale, ce sont les premiers pas indispensables pour revenir à un comportement rationnel, humain et fondé sur des principes, mais l’‘Occident’ n’arrête jamais et ne demande jamais pardon.

Comme le mauvais étudiant, indiscipliné, et égoïste qu’il est, il refuse d’apprendre, il cherche des excuses et d’autres explications, il accuse tout et tout le monde sauf lui-même, et ainsi les dures leçons vont continuer.

Jeremy Salt | 2 juin 2017 | The Palestine Chronicle

Jeremy Salt a enseigné l’histoire moderne du Moyen-Orient à l’Université de Melbourne, à la Bosporus University à Istanbul et à la Bilkent University à Ankara pendant de nombreuses années. Parmi ses publications récentes son livre paru en 2008 : The Unmaking of the Middle East. A History of Western Disorder in Arab Lands (University of California Press).

 Traduction: Chronique de Palestine 

État d’urgence dans le droit commun : l’exception devient la règle.

 

État d’urgence dans le droit commun : l’exception devient la règle.

L’état d’urgence est un dispositif d’exception visant à réduire les libertés publiques fondamentales, notamment celles de réunion et de manifestation. Réactivé après les attentats du 13 novembre 2015, il est censé en théorie répondre à la menace terroriste. Dans les faits, il s’applique à ce qu’on appelle les « troubles à l’ordre public » : depuis sa dernière mise en oeuvre, il a permis d’interdire des centaines de manifestations, notamment les mobilisations contre la loi travail, d’ordonner des interdictions individuelles de manifester (près d’un millier), de réaliser des milliers de perquisitions administratives et des centaines d’assignations à résidence hors de tout cadre judiciaire dont seules une extrême minorité ont donné lieu à des mises en examen pour des faits associés au terrorisme. Pas de djihadistes, donc, mais des militants écologistes, des restaurateurs, des personnes figurant comme « mis en cause » dans le Traitement des Antécédents Judiciaires (qui regroupe près d’un Français sur cinq…), des fidèles d’une mosquée, des maraîchers bio ou de simples manifestants dont l’indocilité pouvait perturber la bonne marche de l’exercice du pouvoir, notamment lors de la tenue de la COP21 ou du passage en force de la loi travail. Amnesty International note à propos de l’état d’urgence dans l’un de ses rapports : « des stratégies de maintien de l’ordre sont mises en place qui impactent fortement des droits fondamentaux dans l’objectif de prévenir des risques qui pourraient avoir lieu, sans aucune preuve concrète et solide que des événements dangereux pour la nation vont en effet arriver et que la seule solution pour y faire face est la restriction d’un ou de plusieurs droits fondamentaux ».

Hasard de calendrier ? Le gouvernement va normaliser ce dispositif d’exception alors même qu’il s’apprête à réformer le droit du travail par ordonnances dans un sens très défavorable au salarié…

Face au chaos ambiant, l’institutionnalisation de ce régime d’exception répond à un double objectif pour l’exécutif : durcir sa main-mise sur la vie politique et institutionnelle en limitant les possibilités de contestation sociale, s’affranchir des règles propres à l’état de droit qui encadrent l’exercice de son pouvoir. Ou dit autrement : réduire l’incertitude de la société civile en serrant le verrou administratif tout en augmentant l’arbitraire de son pouvoir discrétionnaire.

Après les différentes lois sur le terrorisme, la loi de programmation militaire, celle sur le renseignement, le gouvernement franchit un nouveau cap avec le projet de loi « renforçant la lutte contre le terrorisme et la sécurité intérieure » qui inscrira dans le droit les mesures dérogatoires de l’état d’urgence (censées être temporaires et exceptionnelles). Rappelons le bilan de sa mise en oeuvre : depuis fin 2015, sur l’ensemble des perquisitions administratives pratiquées dans le cadre de l’état d’urgence, soit plus de 4000, près de 700 d’entre elles ont abouti à l’ouverture d’une procédure judiciaire, tous chefs infractionnels confondus ; depuis le 22 juillet 2016, plus d’une centaine d’arrêtés d’assignation à résidence ont été pris. Fin 2016, on comptait encore  244 mesures d’interdiction de sortie du territoire et 202 interdictions administratives du territoire concernant des individus liés aux mouvances terroristes et islamistes radicales ; 82 mesures d’expulsion de personnes en lien avec le terrorisme et 319 mesures de déréférencement de sites faisant l’apologie du terrorisme ont été prises depuis le début de l’année 2015.

Les perquisitions et saisies de matériel ou de données informatiques vont pouvoir se poursuivre sans garde-fou judiciaire, de même que celles menées à domicile de jour comme de nuit. L’État pourra placer n’importe qui sous bracelet électronique, décréter la fermeture provisoire des salles de spectacle, des lieux de réunion, des lieux de culte ou encore instaurer des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé ». Il lui suffira d’invoquer « des raisons sérieuses de penser que [le lieu visé] est fréquenté par une personne dont le comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics » (article 11 du texte de loi).

Rappelons que toutes ces mesures sont ordonnées sur décision du préfet (qui représente l’État au niveau local). La mise en oeuvre du projet de loi aura donc pour effet de renforcer ses pouvoirs au détriment de ceux du juge judiciaire, censé protéger les droits des citoyens contre d’éventuels abus policiers. L’enjeu est bien de renforcer la main-mise de l’exécutif en période de crise.

L’exception devient peu à peu la règle. La prochaine étape sera sans doute d’instaurer l’état de siège. Le silence assourdissant des associations de défense des droits de l’homme et des médias en général en dit long sur la banalisation de ces dispositifs liberticides qui font désormais partie du paysage politique ordinaire. Répondant paradoxalement aux réserves du Conseil d’État pour qui « les renouvellements de l’état d’urgence ne sauraient se succéder indéfiniment et que l’état d’urgence doit demeurer temporaire », le gouvernement vient d’ajouter une pierre de plus à l’édifice sécuritaire qui lui sera bien utile pour mater les contestations que sa politique ultralibérale ne manquera pas de provoquer.

Nicolas Bourgoin

Nicolas Bourgoin, né à Paris, est démographe, docteur de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et enseignant-chercheur. Il est l’auteur de quatre ouvrages scientifiques : « La révolution sécuritaire (1976-2012) » aux Éditions Champ Social (2013), « La République contre les libertés. Le virage autoritaire de la gauche libérale » (Paris, L’Harmattan, 2015), « Le suicide en prison » (Paris, L’Harmattan, 1994) et « Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social » (Paris, L’Harmattan, 2008). « Les Quatre cavaliers. 1. Apocalypse orange » (Gunten, 2016), premier volet d’une trilogie, est son premier roman

source:https://bourgoinblog.wordpress.com/2017/06/11/etat-durgence-dans-le-droit-commun-lexception-devient-la-regle/

10/01/2012

Critique de la notion de Libre-Arbitre et éloge du déterminisme

Cet essai se veut comme étant une critique de la notion de « Libre-Arbitre », et s’appuiera donc sur des définitions précises afin de mettre en exergue les aspects qui me semblent inadéquats avec la véritable condition de l’être humain.

Premièrement, qu’est-ce que la notion de « Libre-Arbitre » ?

Voici une définition, obtenu dans le dictionnaire « Vocabulaire technique et critique de la philosophie » d’André Lalande1 :

Liberté, Libre-Arbitre

« F. 1° Puissance d’agir sans autre cause que l’existence même de cette puissance, c’est-à-dire sans aucune raison relative au contenu de l’acte accompli.

« … Plus je recherche en moi-même la raison qui me détermine, plus je sens que je n’en ai aucune autre que ma seule volonté : je sens par-là clairement ma liberté, qui consiste uniquement dans un tel choix. Ce qui me fait comprendre que je suis fait à l’image de Dieu ; parce que, n’y ayant rien dans la matière qui le détermine à la mouvoir plutôt qu’à la laisser en repos, ou à la mouvoir d’un côté plutôt que d’un autre, il n’y aucune raison d’un si grand effet que sa seule volonté, où il me paraît souverainement libre. »

(BOSSUET, Traité du Libre-Arbitre, chap. II.)

« L’homme se croit libre : en d’autres termes il s’emploie à diriger son activité comme si les mouvements de sa conscience et par suite les actes qui en dépendent… pouvaient varier par l’effet de quelque chose qui est en lui, et que rien, non pas même ce que lui-même est avant le dernier qui précède l’action, ne prédétermine pas. »

(RENOUVIER, Science de la morale, I, 2.)

L’indétermination de la volonté relativement à son objet sous cette forme s’appelle en général liberté d’indifférence*.

2° Pouvoir par lequel le fond individuel et inexprimable de l’être se manifeste et se crée en partie lui-même dans ses actes, – pouvoir dont nous avons conscience comme d’une réalité immédiatement sentie, et qui caractérise un ordre de faits où les concepts de l’entendement, et notamment l’idée de détermination, perdent toute signification.

« On appelle liberté le rapport du moi concret à l’acte qu’il accomplit. Ce rapport est indéfinissable, précisément parce que nous sommes libres : on analyse en effet une chose, mais non pas un progrès ; on décompose de l’étendue, mais non pas de la durée… C’est pourquoi toute définition de la liberté donnerait raison au déterminisme. »

(H. BERGSON, Essai sur les données immédiates de la Conscience, p. 167.) »

La définition que voici, agrémentée de citations d’auteurs célèbres, permet une meilleure approche de l’acception qui lui a été donnée. Dans la réédition que je possède de cette encyclopédie technique, une approche plus longue explicite mieux encore les diverses approches de cette notion. C’est bien de le savoir, cependant je n’ai pas jugé nécessaire (bien qu’utile) de recopier la totalité de sa définition par soucis de lisibilité. Cependant, il est possible au lecteur de se procurer l’ouvrage susmentionné pour étudier la question avec la totalité de l’apport offert par ses définitions.

Ce qui nous intéressera ici, c’est la citation relevée de Bergson, qui dit explicitement que toute tentative de définir la liberté donnerait raison au déterminisme.

Un nouveau terme qu’il va me falloir définir également, toujours en citant le même ouvrage, afin de clarifier les deux termes fondamentaux qui seront opposés durant cet essai.

Déterminisme2

« A. Sens concret : ensemble des conditions nécessaire à la détermination (au sens D), d’un phénomène donné.

« Le médecin expérimentateur exercera successivement son influence sur les maladies dès qu’il en connaîtra expérimentalement le déterminisme exact, c’est-à-dire la cause prochaine. »

(Claude BERNARD, Introd. à la médecine expérimentale, 376.)

B. Sens abstrait : caractère d’un ordre de faits dans lequel chaque élément dépend de certains autres d’une façon telle qu’il peut être prévu, produit, ou empêché à coup sûr suivant que l’on connaît, que l’on produit ou que l’on empêche ceux-ci.

« La critique expérimentale met tout en doute, excepté le principe du déterminisme scientifique. »

(Ibid., 303)

C. Doctrine philosophique suivant laquelle tous les événements de l’univers, et en particulier les actions humaines, sont liés d’une façon telle que les choses étant ce qu’elles sont à un moment quelconque du temps, il n’y ait pour chacun des moments antérieurs ou ultérieurs, qu’un état et un seul qui soit compatible avec le premier.

D. Improprement, fatalisme : doctrine suivant laquelle certains événements sont fixés d’avance par une puissance extérieure et supérieure à la volonté, en sorte que, quoi qu’on fasse, ils se produiront infailliblement. On dit parfois en ce sens « déterminisme externe », et l’on oppose alors au « déterminisme interne », ou liaisons des causes et effets constituant la volonté. »

Pour le déterminisme, j’utiliserai le terme selon l’acception A. et C. car c’est celle-ci en particulier qui m’intéressera pour mon étude.

Nous avons donc patiemment extirpé les définitions des notions de Libre-Arbitre et de déterminisme, ce qui va dès maintenant nous permettre de rentrer dans le vif du sujet.

Le Libre-Arbitre est issu du christianisme, et tend à prouver la responsabilité du mal que chacun commet. Il s’agit donc d’un terme théologique. Manifestement, cette notion avait été dégagée afin de désengager la responsabilité de Dieu dans les actes criminels desquels peuvent se rendre coupables ses créatures, les êtres humains. Cette notion n’était pas appelée à rester dans l’unique patrimoine théologique, mais s’est propagée rapidement. Dans notre société judéo-chrétienne, la loi se fonde sur l’axiomatique du Libre-Arbitre, puisqu’elle condamne et punit les personnes responsables de leurs actes. La portée de son évolution est donc complexe, parce qu’elle est ancrée dans une culture qui tient tête depuis deux millénaires à toute autre culture extérieure, en gardant bien de se remettre en question. Ceci n’étant pas une accusation mesquine mais une réalité que je ne développerai pas ici car là n’est pas la question, mais que bon nombre d’auteurs ont décrit et mieux que je ne saurais le faire. Politiquement, le Libre-Arbitre a donc son impact, et culturellement également. Ce qu’il faut mettre en avant ici, c’est que cette notion est un lieu-commun de la doxa, ou opinion publique. Peut-être même le lecteur se fait de la liberté une perception proche ou strictement identique à la définition effectuée au-dessus. Qui ne s’est jamais octroyé en lui-même la portée d’une liberté d’action totale ? Personne, j’ose penser, et c’est humain.

Je me permets ici de citer Albert Einstein, qui par sa maxime entamera l’essence même de cet essai :

« Je ne crois point, au sens philosophique du terme, à la liberté de l'homme. Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure, mais aussi d'après une nécessité intérieure. »

Paroles très sages. Rappelons que ce génie mathématicien et physicien était profondément déiste.

Pour ma part, malgré mes jeunes années, et d’ailleurs le lecteur ne saura m’en tenir rigueur, j’ai pu observer à de nombreuses reprises la justesse de ces propos. Pour apporter une analyse correctement agencée, je vais diviser en deux temps l’explication des contraintes, les internes et les externes à l’être humain. J’aborderai en fin d’étude les conclusions qui s’imposent concrètement par rapport aux différents aspects que j’aurai préalablement distingués sur ces contraintes présupposées par la phrase citée plus haut.

 

I. Les contraintes internes

Elles sont multiples, et je ne me propose donc pas d’en faire une énumération exhaustive, car cela serait une perte de temps puisque cet essai se veut relativement court.

Néanmoins, il est intéressant d’en mettre à jour quelques-unes et les contextualiser pour démontrer l’impact qu’elles ont sur la liberté d’action d’un individu donné.

Tout d’abord, l’instinct. À lui seul, il permettrait de mettre en lumière que le libre-arbitre n’est que chimère inaccessible à la condition inhérente à tout être humain, et si nous prenons en considérations les autres êtres vivants tout comme j’aime à le faire, car je vois en eux mes semblables d’un point de vue biologique, inapplicable aux animaux également.

Relevons ici un paradoxe, et pas des moindres, qui est à mon sens un truisme. Ceux qui voyaient en l’animal la conception cartésienne (c’est-à-dire émise par Descartes) de l’animal-machine n’avaient aucune difficulté à les déterminer comme soumis à leurs instincts, et donc leur soustrayaient par-là même toute accession à la notion de Libre-Arbitre. Absurde à première vue, mais le christianisme peut expliquer cette apparente contradiction dans les faits, puisque d’après les écrits saints de la Bible, l’âme n’a été donnée qu’aux êtres humains, ce qui impliquait évidemment le Libre-Arbitre vendu avec, tel qu’il serait présenté s’il s’agissait d’un lot promotionnel comme il nous arrive d’en voir dans divers supermarchés. Ironie mise à part, je prends les arguments théologiques comme étant irrecevables, car ils sont issus d’une dialectique éristique à laquelle je ne puis adhérer, philosophiquement parlant. Pour celles et ceux qui désirent un approfondissement de la notion d’argument éristique puis de dialectique éristique, je ne saurais trop recommander le Ménon de Platon pour le développement premier de ce qui constitue l’éristique, et ensuite l’Art d’avoir toujours raison d’Arthur Schopenhauer qui renvoie toutes les formes de dialectiques (comme elles ont été approfondies par Aristote dans ses Topique) à la seule acception de dialectique éristique.

Victor Egger écrivait, selon ses dires sous la dictée de son père Émile Egger « le mot instinct signifie un aiguillon intérieur, une piqûre intérieure. » de par sa racine latine, instinctus.

Cela concorde bien avec cet aspect inaltérable de l’instinct tel que nous le ressentons en tant que contrainte, je veux dire lorsque nos passions primaires refont surface et prennent le contrôle de nous-mêmes. Cependant il est nécessaire de noter que nos instincts primordiaux sont nettement anesthésiés dans notre société où l’opulence fait taire pour beaucoup celui de la survie, bien que l’animalité qui se terre en chacun de nous s’exprime toujours sous des formes diverses, maquillées le plus souvent par nécessité. Rentrons dans une conception freudienne, sans pour autant trop m’y avancer, l’instinct serait influencé par le surmoi, en quelque sorte, et par le préconscient.

Donc l’instinct, indissécable de notre condition d’être humain, veille à la conservation de l’espèce (survie) et à son expansion (sexuelle). Il ne serait pas de trop de dire que, en gardant un certain recul, à la lumière des faits, nous sommes soumis à lui et qu’il agit sur nous à sa manière, nous prédéterminant ainsi à certaines passions et émotions, tout contexte restitué, dans un but précis. Ceci est biologique, nullement métaphysique, je le souligne, car je ne saurai que trop être indigné à l’idée d’être catégorisé parmi les métaphysiciens par une espèce de dialectisation de mes propos.

Je vais également m’aventurer sur un domaine que je ne connais que peu, mais qui me semble indispensable en l’occurrence pour étayer mon étude : les avancées scientifiques en neuroscience.

Nous entrons là dans le domaine de la neurochimie inhérente à notre cerveau. De ce qui suivra dans ce domaine, il ne s’agit pas d’établir une thèse scientifique, mais de dépeindre des arguments favorables au déterminisme lié à ces fameuses contraintes intérieures dont il est présentement question. Mes connaissances en la matière, je le rappelle, sont restreintes, et ne sauraient donc se substituer à de véritables ouvrages qui traitent de la neuroscience cognitive. Avertissement effectué, je puis continuer mon développement.

L’humeur est donc affectée par la neurochimie de notre cerveau, et plus particulièrement par la sérotonine qui est entre autre un neurotransmetteur. Cette molécule aurait une influence sur l’état émotionnel, donc l’humeur, dans les deux sens. Comprendre : chimiquement et psychologiquement. Ce qui peut se traduire par une interconnexion psychosomatique et somatopsychologique.

Sans entrer plus en profondeur dans le vif du sujet, il est donc imputable à la chimie de notre cerveau, facteur interne tout comme la psyché en constitue un autre, une palette de réactions comportementales et cognitives, plus ou moins prédéterminées3 d’après les assemblages moléculaires. La sérotonine serait particulièrement déterminante dans la dépression.

Nos émotions sont également constituées d’après de tels assemblages chimiques, évidemment selon une série de déterminations précise que je ne saurais malheureusement énumérer ici-même et qui interfère sur d’autres aspects. Tout cela relève d’une science et ce que je me propose de disputer dans cet essai n’implique pas que je développe plus avant toute cette problématique.

Néanmoins, les lumières émises au-dessus nous démontrent aisément que nous sommes soumis à des réactions qui dépassent notre volonté propre, et que nous ignorons totalement.

Le plus souvent, nous n’avons pas conscience de nos contraintes intérieures, et c’est par ces mots que je conclurai ce sous-chapitre.

 

II. Contraintes extérieures

Ici j’aborderai les éléments externes qui peuvent influer sur nos actions, notre fonctionnement, notre réflexion, bref sur tout ce qui constitue notre être.

Le thème principal se trouve être l’environnement, qui d’après moi est une constante indissociable de la psychologie humaine, ce que Freud a plus ou moins occulté dans ses travaux. Je ne vais bien sûr point procéder à une critique de ce dernier, je n’en ai ni l’envie ni les moyens, et ce n’est pas dans mon intérêt de remettre en cause les découvertes fondamentales de ce monsieur, que je ne présente pas. Je préfère être circonspect, qualité qui me semble indispensable.

Je m’efforcerai de présenter diverses causes environnementales qui ont une influence directe (ou très proche) sur notre comportement.

Tout d’abord, la principale cause qui nous détermine, et ce indépendamment de notre volonté et de notre liberté, tenons-le pour dit, est notre naissance. Qui prétendrait le contraire ? Naître dans un milieu privilégié ou dans la misère, de parents intellectuellement épanouis, conscients d’eux-mêmes ou limités, l’éducation reçue, les événements extérieurs tels que décès d’un proche, violences physiques, psychologiques, les valeurs enseignées, la culture imprégnée, tout cela détermine un être humain, cependant de manière relative, et cette constatation est d’importance fondamentale, car je ne crois pas à un déterminisme fataliste qui impliquerait que dans les mêmes situations au détail près, deux personnes distinctes seraient semblables d’après leurs comportements en conséquence de ce déterminisme environnemental. D’une part car il s’agit de deux êtres foncièrement différents, ce qui implique qu’ils ont en eux-mêmes des (pré)déterminations étrangères à l’autre et vice-versa, et d’autre part car chacun réagit différemment face à une situation, ce qui peut d’ailleurs être directement lié au précédent point, les déterminations intérieures et tout ce qu’elles comportent.

Cependant, le mélange de ces deux facteurs déterministes, environnemental (dans la totalité de son acception, pas uniquement l’environnement parental, précisons-le) et intérieur, qui lui-même se décompose en facteur physiologique et psychologique, crée un déterminisme global, auquel nous sommes tous, d’après moi, soumis consciemment ou non, bien que celui-ci soit entièrement différent d’un individu à un autre. Je reviendrai sur cela plus tard.

Il y a donc l’environnement familial qui se trouve impliqué directement et de façon importante dans le processus de détermination de l’être. Plus extérieure encore, il me semble qu’une grande part se situe dans l’information qui lui sera imposée dès ses premières années. Cela est indépendant de toute volonté, si ce n’est celle des parents eux-mêmes qui, avec une limite évidente, peuvent minimiser certains impacts et inversement. De nos jours, le débit quasi-inaltérable d’informations soumises à un individu lambda vivant dans une société, mettons occidentale, pour parler d’expérience, est considérable. Tout cela est inévitablement réceptionné et traité par le cerveau, l’impact occasionné étant relatif selon chaque individu. Au XXIe siècle, de nombreuses institutions influent directement sur le développement infantile et continuent de le faire tout au long de la vie de notre vie. Les médias sont majoritairement responsables de cette influence, bonne ou mauvaise, qui détermine les êtres humains touchés par eux une forme spécifique de la pensée. Cette prééminence des médias au quotidien induit des lieux-communs, des préjugés et une certaine normalisation stricte de réactions face à tel ou tel aspect de la vie. Je me risquerai à dire que cet amour de nos ancêtres, de la sagesse des anciens, est une forme d’expression de cette détermination extérieure, puisqu’environnementale. Par le passé, certains peuples cultivaient uniquement les enseignements de leurs ancêtres au détriment de toute évolution, leur liberté était-elle synonyme de la notion qui convient au Libre-Arbitre ?

Bien évidemment, et je m’évertue à le répéter, tout est relatif. Ce qui fonctionne parfaitement bien dans une démonstration pourra en être tout à fait autrement dans une autre, je veux dire l’expérience du déterminisme est très compliquée puisque inhérente à nos vies tout en étant différent pour chacun d’entre nous !

Les préjugés peuvent être particulièrement utiles pour donner un exemple commun à tous. Par essence, le préjugé précède la réflexion, et souvent, celui qui s’en rend coupable, s’il réfléchit par ses propres moyens, se sentira honteux d’avoir avancé un tel propos par automatisme.

Là aussi, il y a matière à creuser, en psychologie les réponses automatiques constituent une partie importante de la psyché humaine. Toujours par déduction logique, et sans se risquer à une quelconque dialectique éristique, dont j’aimerais me prémunir au maximum, les automatismes sont prédéterminés tout en étant également déterminés par un contexte précis.

En effet, la liste est longue, et plus je creuse, plus d’éléments m’apparaissent comme une évidence dans la conception du déterminisme de la condition humaine, qui je le répète, est propre à chacun.

À la lumière de ce qui a été relevé précédemment, je conclurai ce paragraphe en disant que nous sommes tous, à notre façon, l’expression d’un univers unique, déterminé par des facteurs tant externes qu’internes.

 

III. Développement et conclusion

Tout ce que j’ai énuméré et développé préalablement apporte une évidence : notre liberté est bien plus restreinte que nous ne voulons l’admettre.

Bien sûr, accepter d’être déterminé et d’avoir une liberté limitée de ce fait est une atteinte profonde à l’égo, et plus encore à l’amour propre. C’est, je pense, une blessure narcissique très importante, pour reprendre une formule freudienne. Il faut mettre de côté ses intérêts, et son rapport égocentré au monde, pour se concilier avec cette détermination qui nous constitue. Ce n’est pas une fatalité, contrairement à ce qui a pu être opposé à ce déterminisme par le passé, car comme je l’ai dit, nous jouissons malgré tout d’une liberté d’action, bien que restreinte, et d’une volonté qui peut nous soustraire à certaines prédéterminations.

Cependant, pour mettre fin à une superstition qui galvanise la pensée magique au détriment du rationalisme, resituons l’idée commune de chance. Un exemple pour les joueurs de loteries, lorsqu’un individu lambda tire un ticket d’un quelconque jeu, puis le gratte et gagne, ou à contrario, perd. Il s’exprimera soit qu’il a de la chance, soit qu’il n’en a pas, selon le cas. Pourquoi ? Parce que ce dernier voit devant lui, et non en arrière. Or, pour contextualiser le déterminisme, il faut penser à rebours. Il a gagné ou perdu parce que certains événements l’ont poussé à aller s’acheter son billet à ce moment précis, et pour une raison intérieure, il a tiré celui de gauche plutôt que celui de droite. Peu avant, un autre joueur avait fait de même. De ce fait, par certaines déterminations indépendantes de sa volonté, il lui a fallu acquérir celui-ci (puisque les autres avaient déjà été tirés), et en conséquence le résultat qui s’impose : gain ou perte.

Néanmoins, je reste persuadé que d’une manière ou d’une autre, nous pouvons, en y réfléchissant préalablement, influencer sur le déterminisme des choses, et celui des êtres, de par sa volonté propre, sans pour autant nécessairement en deviner toutes les conséquences liées.

Tout cela est bien évidemment de l’ordre de la supposition.

Pour conclure, sans trop m’étendre futilement, je dirais que pour ma part, et d’après les analyses qui précèdent, la notion de Libre-Arbitre est non-avenue dans son acception citée au début de cet essai et que nous sommes au contraire, comme le disait déjà Einstein, déterminés par des contraintes internes et externes, ce qui n’exclut pas pour autant une forme restreinte de liberté, un champ d’action spécifique sur lequel nous avons le pouvoir d’influer.

Je me rappelle, avant de mettre fin à cette étude, qu’un oracle répondait au protagoniste d’une épopée fantastique, ce dernier lui ayant précédemment demandé pourquoi il était là s’il ne pouvait changer ses choix, prédéterminés, qu’il était justement venu non pour les transformer, chose impossible, mais les comprendre… Ce qui, je l’espère, laissera le lecteur sur sa faim et lui donnera l’envie de réfléchir à cette question, que sommairement étudiée par mes soins.

 

1 « Vocabulaire technique et critique de la philosophie », Paris, 2010 p. 558, art. Liberté, F : libero arbitrio

2 « Vocabulaire technique et critique de la philosophie », Paris, 2010 p. 221, art. Déterminisme

3 Sous réserve de confirmation scientifique.