WWIII : BASES SECRETES US EN SYRIE. LE NOUVEAU DECOUPAGE DU MOYEN-ORIENT ET DE LA SYRIE: LES GRANDS KURDISTAN ET ISRAËL, ET LE KHALIFAT AMERICAIN DU PETROLE.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

La France Présente avec ses forces spéciales et ses unités de tirs, est présente sur le terrain en Syrie, Le Président Bachar al-Assad indique que c'est une violation du territoire et une déclaration de Guerre, et veut le départ immédiat de ces troupes ainsi que le Président Vladimir Poutine. Le Clash est inévitable. La coalition veut partitionner la Syrie et l'Irak pour s'accaparer le gaz et le pétrole, ainsi que les installations d'oléoducs et de gazoducs.

La Turquie met les forces américaines dans l'embarrât  en Syrie. Le "Turkish news wire Anadolu" a publié une carte de 10 bases et avant-postes américains en Syrie. "L'agence de presse Anadolu a même répertorié le nombre de troupes américaines dans plusieurs endroits et, dans deux cas, a précisé la présence de forces spéciales françaises", rapporte The Daily Beast sur l'épisode. La liste "indique une présence américaine d'un bout à l'autre de la région d'auto-administration kurde sur une distance de plus de 200 milles".
Rappelons, bien sûr, que "la Turquie a ouvertement critiqué l'administration Trump - et l'administration Obama avant elle - pour avoir recours à la bataille contre ISIS avec une milice dirigée par des Kurdes affiliés au Kurdistan Workers Party ou au PKK", écrit TDB. "Un mouvement séparatiste en guerre avec la Turquie, le PKK a été classé par les États-Unis, l'UE et la Turquie comme une organisation terroriste".
Notes TDB: "Anadolu avait déjà publié l'information lundi sur son service de langue turque, puis l'a publié sur ses services en langue anglaise mardi. En outre, certains des sites de la liste Anadolu étaient déjà connus en public. L'agence de presse iranienne Tasnim, Par exemple, en novembre dernier, ont publié les noms de deux bases et deux avant-postes, et le Jusour Centre, un groupe de réflexion syrien, a publié les emplacements de deux avant-postes supplémentaires en avril ".
Proposé par Leidos
Le DoD a révolutionné son réseau mondial de données, ce qui rend l'expérience plus sûre et plus simple pour plus de 3 millions d'utilisateurs. Trouver comment.
Le reax de la coalition: "Publier ce type d'information serait professionnellement irresponsable et nous vous demandons [sic] de ne pas divulguer toute information qui mettrait Coalition en danger", a déclaré à la TDB le colonel Joe Scrocca, directeur des affaires publiques de la coalition. Dans un courriel. En savoir plus sur chaque emplacement, par l'intermédiaire de l'écriture de TDB, ici. 

Ci-dessous carte des implantations Américaines et Françaises en Syrie, mélangées aux forces Américaines.

Pour le Grand Israël : voir blog 1 et Blog 2

 

Où se situent Saleh Muslim et le PYD kurde dans la révolution en Syrie ?

Invité par l’Union des Journalistes Arabisants en France (UJAF), Mohammed Saleh Muslim, président du Parti de l’Union Démocratique, a été, mardi 26 février, l’hôte du Centre d’Accueil de la Presse Etrangère. Le compte-rendu de sa conférence, qui n’a eu les honneurs d’aucun média français mais uniquement de quotidiens libanais, ne manque pas d’intérêt. Il y est très peu question de la Syrie et des agissements du régime syrien. Rien n’y est dit du soutien des Russes, de l’omniprésence des Iraniens ou des interventions directes du Hizbollah. En revanche, il ne nous laisse rien ignorer des faits et gestes de la Turquie, responsable de la violence en Syrie et deus ex machina de tous les drames qui s’y déroulent depuis bientôt deux ans. C’est du moins ce que les quotidiens en question ont retenu de ses propos. Mais cela n’est pas pour étonner.

Mohammed Saleh Muslim

Créé en 2003, le Parti de l’Union Démocratique est la branche syrienne de l’ancien Parti des Travailleurs du Kurdistan d’Abdullah Öcalan (Partiya Karkerên Kurdistan / PKK), auquel il est apparu préférable, pour surmonter l’affaiblissement et les divisions provoquées par l’arrestation et la condamnation de son leader historique, de se réorganiser en partis nationaux. Regroupés sous le chapeau du Partiya Yekîtiya Demokrat, d’où le sigle PYD sous lequel il est connu, les militants et les combattants syriens de l’ex-PKK ont profité de la crise qui a éclaté en Syrie en mars 2011 et, surtout, de la bienveillance à leur endroit du régime de Bachar Al Assad, pour revenir dans leur pays. Avec l’aval et le soutien des services de sécurité, ils se sont imposés au détriment des autres partis politiques et des coordinations locales créées en soutien à la révolution, se comportant en véritable « parti dirigeant de l’Etat et de la société » kurde dans la région.

Les bonnes dispositions du régime à l’égard du PYD ont une explication. Elles sont dues aux relations historiques et aux échanges de bons procédés qui ont fait durant longtemps de la Syrie de Hafez Al Assad et du PKK d’Abdullah Öcalan, des alliés contre la Turquie.

A la fin des années 1970, la Syrie souffre des restrictions que les Turcs apportent au débit de l’Euphrate. Dans le cadre d’un énorme « Projet de l’Anatolie du Sud-Est » (GAP), ils se sont lancés dans la construction d’une série de 22 barrages sur les cours du Tigre et de l’Euphrate, dont 14 pour le seul Euphrate qui traverse la Syrie du nord à l’est, tandis que le Tigre ne fait qu’en marquer la frontière à l’extrême nord-est. Ces barrages viennent s’ajouter à 10 autres ouvrages plus anciennement réalisés, et leur édification comme leur remplissage perturbent le débit du fleuve, essentiel pour l’approvisionnement en eau de tout le nord de la Syrie, de Jarablus à Al Bou Kamal, sur la frontière avec l’Irak. Engagées depuis longtemps, les négociations sur l’eau entre Ankara et Damas n’ont jamais mené à rien, les Turcs se montrant peu flexibles et liant tout accord sur des quotas à un aval des Syriens à la construction d’un barrage turc sur l’Oronte. Or, un tel accord est impossible pour les Syriens, car cela équivaudrait pour eux à reconnaître la souveraineté de la Turquie sur le Liwa d’Iskanderun (le Sandjak d’Alexandrette), cédé par la France mandataire à la Turquie, en 1939, pour garantir la neutralité de ce pays dans la Seconde Guerre Mondiale qui s’annonce.

Implantation des barrages du GAP

Réfugié en Syrie depuis 1979, et bénéficiant de toutes les facilités à Damas et dans la Beqaa pour y former et y entraîner ses hommes, c’est depuis le territoire syrien qu’Abdullah Öcalan, dit « Apo », chef incontesté du PKK, lance, en août 1984, sa première grande opération armée : l’attaque du poste de gendarmerie d’Eruh, au sud-est de la Turquie.

Si la Syrie avait eu d’autres moyens – militaires ou diplomatiques – à sa disposition pour régler son conflit sur l’eau avec la Turquie et récupérer le Liwa, il est vraisemblable qu’elle ne se serait pas lancée dans un soutien à Öcalan qui semble paradoxal. Il est en effet surprenant de voir la Syrie apporter son appui au leader le plus résolu d’un « peuple kurde » auquel le régime baathiste se refuse à reconnaître chez lui les droits les plus légitimes. Dans la République =Arabe= Syrienne dirigée par le Parti Baath =Arabe= Socialiste, les Kurdes, qui représentent près de 15 % de la population mais qui ne sont pas arabes, n’ont le droit ni d’enseigner la langue kurde, ni de parler le kurde en public, ni de publier livres ou journaux dans leur langue, ni de disposer d’une radio ou d’une télévision, ni d’avoir des programmes particuliers sur les chaînes nationales, ni de célébrer leurs fêtes du Nawruz, ni d’entretenir de groupes folkloriques, ni d’arborer le drapeau kurde, ni de porter des vêtements aux couleurs du Kurdistan…

« Répression des droits politiques et culturels
des Kurdes en Syrie » (Rapport HRW 2009)

Ignorant cette contradiction, les Syriens ne se contentent pas d’ouvrir les portes de leur pays à Abdullah Öcalan. Ils mettent l’ensemble de leurs moyens à sa disposition. Ils lui procurent des planques en Syrie et au Liban. Ils lui garantissent une protection sécuritaire à Damas. Ils lui fournissent des armes et des finances. Ils facilitent l’installation de ses camps d’entraînement dans la Bekaa libanaise, de manière à pouvoir affirmer qu’ils « ignorent tout… de ce qui se ne passe pas chez eux », alors qu’ils exercent à cette époque un contrôle étroit sur cette région sensible et sur les trafics en tous genres dont elle est le théâtre. Ils le laissent enrôler plusieurs centaines – au total plusieurs milliers – de Kurdes syriens. Une partie d’entre eux sont des sans papier. Ils espèrent, en échange de leur collaboration avec un ami du pouvoir syrien, récupérer la nationalité syrienne dont leurs parents ou eux-mêmes ont été dépouillés, suite au recensement organisé dans ce but dans le seul gouvernorat de Hassakeh en octobre 1962.

En contrepartie de ce soutien logistique, les Syriens obtiennent du chef du PKK que celui-ci précise, dans son projet politique, que le « Grand Kurdistan » dans lequel il rêve de réunir les Kurdes de Turquie, de Syrie, d’Irak et d’Iran, ne concerne que la partie turque du Kurdistan. Autrement dit, les Kurdes habitant le Kurdistan occidental (la Jazireh syrienne), ne doivent pas se bercer d’illusion. S’ils se battent pour la création d’un territoire national kurde en Turquie, ils ne doivent pas rêver le voir intégrer dans ses frontières le gouvernorat de Hassakeh dont ils constituent une partie importante, si ce n’est majoritaire, de la population.

Le « Grand Kurdistan »

Pour être sûr que rien ne leur échappe des agissements de cet ami, les Syriens infiltrent dans son entourage plusieurs agents et informateurs des moukhabarat, chargés de surveiller aussi bien ses faits et gestes, que ses déplacements, ses propos, ses relations… et ses comptes. Finalement, dans une habile répartition des rôles, ils confient à un service de renseignements le soin d’apporter son concours aux entreprises d’Abdullah Öcalan et de son PKK, tandis que, pour donner des gages de leur bonne volonté à leur puissant voisin, un autre service est invité à poursuivre et à arrêter ses combattants… sans faire montre d’un zèle exagéré.

Cette aventure s’achève au début du mois d’octobre 1998. Le Conseil National de Sécurité turc, qui est préoccupé par les facilités logistiques accordées par la Syrie à une autre formation d’extrême gauche, le Parti et Front Populaire de Libération de la Turquie (THKP-C) dirigé par Mihraç Ural, un alaouite originaire du Liwa, est surtout mécontent de la surdité des Syriens. Priés de stopper leur soutien à Abdullah Öcalan, ils continuent de protester de leur bonne foi. Ils prétendent tout ignorer de l’homme et de ses agissements. Et ils se contentent, quand la tension monte par trop avec Ankara, de capturer et de lui livrer quelques combattants indépendantistes du PKK. Finalement excédés par ce double jeu et par les attentats planifiés en Syrie qui se déroulent sur leur territoire, les Turcs menacent la Syrie d’une opération militaire de grande ampleur qui règlera définitivement le problème.

Prenant les choses de haut, le premier ministre syrien Mahmoud Al Zoubi réplique à cette mise en demeure en affirmant que « la Syrie répondra à toute agression par les armes ». Mais la présence massive de troupes turques à la frontière et la claire perception par Hafez Al Assad de la disproportion des forces en présence rendent soudain la mémoire aux Syriens : ils découvrent où « Apo » se terre chez eux et ils le persuadent en quelques heures de quitter leur pays – autrement dit ils l’expulsent – pour aller finalement se faire capturer ailleurs. Kidnappé au Kenya par des agents des services de renseignements turcs assistés par des Israéliens, il est ramené en Turquie où il est jugé et condamné à la prison à perpétuité. Il croupit, depuis 2002, dans l’île d’Imrali, dans une prison dont il est l’unique pensionnaire. Pour prix de l’asile trop longtemps donné au chef du PKK, les Syriens sont contraints de signer un certain nombre d’engagements, lors d’une réunion tenue à Adana, le 20 octobre 1998. Ils s’engagent en particulier à ne plus soutenir le PKK et à entamer une coopération sécuritaire avec la Turquie, à qui ils devront désormais remettre tous les combattants kurdes capturés sur leur territoire.

Abdullah Öcalan, dans les années 1990

Cette aventure a coûté cher à la Syrie. Si elle a évité le pire, une invasion turque qui aurait pu être fatale au régime de Hafez Al Assad, heureusement assez perspicace pour prendre la décision adéquate au dernier moment, la Syrie a en effet laissé dans l’affaire son dernier espoir de récupérer un jour le Liwa d’Iskenderun. Signe que la Syrie reconnaît cette perte, le Liwa n’est plus inclus comme il l’était précédemment dans certaines cartes publiées à Damas. Qui plus est, les deux pays signent, le 7 janvier 2010, un accord naguère encore impensable sur la construction en commun d’un barrage sur l’Oronte qui portera le nom symbolique de… Barrage de l’Amitié.

La qualité des relations qui se nouent entre Damas et Ankara, une fois Bachar Al Assad installé au pouvoir, n’est pas liée au dénouement de cette affaire, qui a vu les Syriens aller à Canossa. Elle tient à d’autres facteurs : d’une part, le besoin de la Syrie de diversifier ses relations, de manière à sortir d’un tête à tête exclusif avec Téhéran qui dérange sa population et son environnement régional, et d’autre part la nécessité d’accorder à sa majorité sunnite une compensation symbolique, les Turcs étant aussi massivement sunnites que les Iraniens sont chiites.

De son refuge en Irak, où il s’est sauvé pour échapper à une nouvelle arrestation et à une probable livraison aux Turcs, Saleh Muslim, président du PYD, décide, un mois après le début du soulèvement contre le régime de Bachar Al Assad, de rentrer dans son pays. Avant de franchir la frontière, le 20 avril 2011, il prend soin d’annoncer son intention. Les responsables sécuritaires syriens ne réagissant pas, alors que l’intéressé figure en bonne place sur la liste des militants kurdes réclamés par leurs homologues turcs, il franchit la frontière et il revient en Syrie. La question reste ouverte de savoir s’il a pris lui-même cette initiative ou si sa démarche lui a été inspirée par ceux qui avaient tout intérêt à sa présence et au retour de ses hommes en Syrie. Quoi qu’il en soit, il tient dès le lendemain un meeting public que la Sécurité politique s’abstient d’interdire et de perturber. Il apparaît alors sans ambiguïté possible qu’une décision politique a été prise à son sujet au sommet de l’Etat et qu’il aura les mains libres dans la Jazireh et, plus largement, le long de la frontière qui s’étend du Kurdistan d’Irak au Liwa d’Iskanderun.

Implantation des Kurdes en Syrie

Cette décision s’explique par plusieurs raisons.

D’une part, elle s’inscrit dans la ligne des efforts alors déployés par le régime pour maintenir le calme parmi les Kurdes. Le chef de l’Etat n’espère pas faire basculer de son côté ceux qu’il a sévèrement châtiés, en mars 2004 : il entendait les dissuader alors  d’imaginer se doter en Syrie d’une zone autonome à l’instar du Kurdistan d’Irak. Il souhaite uniquement les désolidariser de leurs compatriotes arabes et s’assurer de leur neutralité, le temps de réduire ailleurs par la force le mouvement de mécontentement. Si Saleh Muslim accepte de reprendre l’ancienne collaboration qui avait fait la fortune – avant de faire le malheur… – de son ancien chef, il se révèlera un auxiliaire précieux. Il dispose dans la région d’une base populaire et il aura à sa disposition les combattants bien armés, formés et entraînés, sur le retour desquels les moukhabarat ferment aussi les yeux lorsqu’ils franchissent la frontière avec armes et bagages en provenance du Jebel Qandil. Pour l’aider dans la mission qui lui est confiée, la préservation du calme et le contrôle des manifestations de mécontentement populaire dans la Jazireh et les zones kurdes entourant Alep, les services de renseignements syriens procèdent à la remise en liberté des militants du PKK qu’ils détenaient en prison, dans l’attente du moment opportun de les livrer à la Turquie. Parmi eux figurent l’épouse de l’intéressé. Enfin, pour contribuer à l’apaisement, Bachar Al Assad ordonne d’entamer les procédures de récupération de leur nationalité par les quelque 300 000 Kurdes sans papier.

D’autre part, elle permet de faire savoir au gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan, que les responsables syriens goutent peu les marges de liberté qu’il a commencé à laisser en Turquie à certains mouvements de l’opposition syrienne, et en particulier à la bête noire du régime syrien, l’Association des Frères Musulmans. Le message syrien est clair : si les Turcs « jouent » avec les opposants, les Syriens n’hésiteront pas, en fermant les yeux sur la présence de Saleh Muslim, qui contrevient à l’Accord d’Adana mais qui sert leurs intérêts immédiats, à utiliser de nouveau contre eux la carte des autonomistes kurdes. On relèvera en passant que, si l’accueil des Frères Musulmans syriens en Turquie est considéré comme un comportement hostile, voire comme une provocation par les autorités syriennes, ces mêmes autorités ne s’étaient pas privées, en accueillant en Syrie en 1999 la direction du Bureau politique du Hamas, branche armée des Frères Musulmans palestiniens, d’interférer dans les affaires palestiniennes. Ils ont ainsi entravé durant longtemps la conclusion d’un accord politique entre ce même Hamas et l’Autorité palestinienne, finalement signé au Caire, le 3 mai 2011.

La présence de Mohammed Saleh Muslim dans la Coordination Nationale pour le Changement Démocratique (CNCD), au sein de laquelle il occupe la fonction de vice-président pour l’intérieur, ne suffit pas à en faire un opposant. Cette qualité lui est déniée aussi bien par des membres de cette Coordination que par un certain nombre d’autres partis kurdes.

Logo de la CNCD

Le 14 décembre 2012, plusieurs membres importants de la CNCD ont fait savoir, depuis le Caire, qu’ils quitteraient ce rassemblement au cas où celui-ci refuserait de prendre deux mesures de mise à l’écart. La première concernait le PYD, qui était « un parti problématique », la seconde le Dr Haytham Manna, président de la CNCD pour l’extérieur, qui avait « fait main basse sur la Coordination » et dont « les déclarations à la presse n’étaient pas en harmonie avec la révolution ». Leur présence et leur action contribuaient à déconsidérer la CNCD aux yeux de la rue et de l’opposition syrienne, pour qui la préservation du caractère pacifique de la révolution pouvait s’accommoder de l’existence et de l’action de l’Armée Syrienne libre, nécessaire à la protection des populations.

Les autres partis politiques kurdes n’ont pas les moyens militaires du PYD, et ils ne souhaitent pas recourir à la violence. Mais ils bénéficient, dans la Jazireh et ailleurs dans le pays, d’une certaine légitimité parce qu’ils n’ont jamais collaboré, à l’inverse du PKK et de son avatar, avec le régime baathiste, principal obstacle à la démocratie en Syrie. Pour ces partis, comme pour une majorité de Kurdes qui veulent à la fois le renversement du régime et l’inscription de leurs droits légitimes dans la Constitution de la nouvelle Syrie, l’ennemi principal est à Damas et non à Ankara. Même s’ils ne sont pas dupes du jeu de la Turquie. Ils entendent bien, comme le PYD, profiter de la période actuelle pour obtenir la reconnaissance de leurs droits par les forces de la révolution et de l’opposition. Mais, alors qu’ils appellent de leurs vœux à haute voix et sans hésiter la chute du régime, ils s’étonnent de n’avoir jamais entendu, même en tendant l’oreille, le PYD et son président formuler un tel slogan.

Au sein de la population de la Jazireh comme dans les rangs des autres partis politiques kurdes, les velléités hégémoniques et les méthodes brutales du PYD provoquent, depuis des mois, des tensions et des affrontements. Des reproches sont constamment formulés contre les limitations aux libertés dont ses militants, aujourd’hui secondés par les miliciens de ses Unités de Protection Populaire, se rendent coupables. Arrêtant qui ils veulent, maintenant en détention ceux qui contestent leur autorité, livrant aux services compétents ceux qu’ils appréhendent aux frontières, surveillant et protégeant les puits de pétrole et de gaz contre rémunération du gouvernement, occupant les locaux du Parti Baath mis gracieusement à leur disposition, roulant dans les véhicules tout-terrain appartenant aux administrations, interdisant certaines manifestations et certains slogans, confisquant les « drapeaux de l’indépendance »…, ils ne se distinguent des moukhabarat et des chabbiha que par l’affichage généralisé des photos de leur leader Abdullah Öcalan. Mais, faute de disposer des moyens de coercition du PYD, les formations politiques concurrentes n’ont eu d’autre solution que de courber la tête.

« Nous ne voulons pas d’écoles enseignant le kurde.
Nous voulons le départ de ce régime fasciste »

Elles n’en pensent pas moins. Pour se rendre compte de l’état d’exaspération suscité par le comportement du PYD dans la Jazireh et par les déclarations de son président, il suffit de lire ce qu’écrivait, le 6 février 2013, le Dr Abdel-Hakim Bachar, secrétaire général du Parti Démocratique Kurde en Syrie (PDKS) et premier président du Conseil National Kurde (CNK) :

Le 1er février, le quotidien libanais Al Safir a publié un entretien avec Mohammed Saleh Muslim, président du Parti de l’Union Démocratique (PYD) qui contenait, à côté de quelques vérités, nombre d’erreurs et de contradictions.

Saleh Muslim a raison de dire que « le contact politique avec le régime est interrompu depuis le début de crise et jusqu’à maintenant ». De notoriété publique, les relations qu’il entretient avec le régime n’ont rien de politique. Elles sont purement sécuritaires. Elles prennent la forme d’instructions transmises par des officiers de grade subalterne.

Saleh Muslim a également raison d’affirmer que son parti « tente, en collaboration avec quelques forces kurdes de moindre importance, de protéger les zones kurdes ». Les partis politiques qu’il évoque auraient refusé de lui emboiter le pas si, précisément, leur taille leur avait permis de le faire. Il est inexact en revanche qu’il « administre » les zones en question, puisque ce sont les services syriens de sécurité qui continuent d’y détenir la décision et d’y exercer le pouvoir. Peut-on savoir si c’est par la force que les partisans de Saleh Muslim se sont emparés du siège d’un seul service de renseignements ? Peut-on savoir s’ils ont tué un seul membre des services de sécurité ? Peut-on savoir s’ils ont déchiré les photos du dictateur Bachar Al Assad qu’ils y ont trouvées ? N’ont-ils conservé toutes ses photos et les slogans à sa gloire que pour témoigner de leurs exploits ?

Saleh Muslim a aussi raison d’indiquer que ni lui ni son parti ne veulent de droits nationaux pour le peuple kurde de Syrie. Ce qu’ils veulent en effet, c’est uniquement l’autogestion mise en œuvre par l’actuel régime sous la forme de l’administration locale.

Saleh Muslim se contredit lorsqu’il prétend que « Massoud Barzani agit sous la pression de la Turquie », et que celle-ci « interdit à l’opposition d’accueillir son parti dans ses rangs ». Comment explique-t-il alors, d’une part, l’Accord d’Irbil auquel il est partie prenante, conclu sous les auspices de Massoud Barzani ? Comment explique-t-il, d’autre part, la liberté d’accès au Kurdistan d’Irak dont bénéficient jusqu’à ce jour les responsables du PYD, qui y trouvent toutes les facilités dont ils ont besoin ?

Ce n’est pas au terme de combats que le parti de Saleh Muslim a étendu « militairement » son influence sur les zones kurdes de Syrie, mais à la suite d’accords conclus avec des représentants du régime qui les lui ont attribuées ou concédées. Cet abandon a été démontré par la remise de stations de gaz, à Soueïdia et dans d’autres régions. Il a déclaré lui-même qu’il allait « bientôt récupérer les champs de Roumeilan ». Comment pourrait-il tenir de tels propos s’il ne s’était précédemment entendu à ce sujet avec le régime ?

Saleh Mouslim affirme que le président du Parti Démocratique Kurde n’a aucune base populaire dans le Kurdistan syrien. La réponse lui est venue du peuple kurde de Syrie : au moment où il s’exprimait ainsi, des manifestations considérables de jeunes et d’habitants de tous les âges se déroulaient dans plusieurs quartiers de Qamichli, à Deirik et ailleurs, portant des photos du président Massoud Barzani et appelant au renversement du régime syrien.

Saleh Muslim affirme que la frontière avec le Kurdistan d’Irak est fermée. En réalité, c’est lui qui la maintient fermée, car, si elle était ouverte, il ne pourrait plus, comme il le fait actuellement, se livrer à la contrebande et approvisionner le marché noir. Un ordre enjoignant de fermer cette frontière a bien été donné, non pas par le gouvernement régional du Kurdistan mais par le gouvernement central de Bagdad qui détient seul cette prérogative. Massoud Barzani a pris ses responsabilités et il a décidé de la maintenir ouverte, pour faire parvenir au Kurdistan syrien les produits de première nécessité.

Les accusations de Saleh Muslim contre Massoud Barzani lui sont dictées par ses alliés : le régime syrien, le Premier ministre irakien Nouri Al Maliki et l’Iran. Ce sont eux qui lui inspirent ses propos. On peut d’ailleurs s’attendre à ce que, au cours des semaines à venir, au fur et à mesure qu’augmenteront les pressions nationales et internationales contre ce régime, il élève davantage le ton contre le Kurdistan d’Irak et intensifie ses attaques contre les partis kurdes opposés au pouvoir en place à Damas.

Nous, nous approuvons fermement le dialogue entamé entre la Turquie et Abdullah Öcalan, qui devrait bénéficier du soutien de l’ensemble des Kurdes. Nous espérons que ce dialogue apportera une solution pacifique et démocratique à la question kurde au Kurdistan de Turquie. C’est pourquoi nous sommes stupéfaits d’entendre Saleh Muslim déclarer qu’il « ne croit pas » à un tel dialogue, parce qu’il n’en connaît pas les résultats. Une telle prise de position ne peut que semer le doute et susciter les interrogations.

Mais, un jour prochain, la chute du régime syrien dévoilera le dessous d’un grand nombre de cartes…

Deux mots encore. Quel Saleh Muslim faut-il croire ?

Celui qui, au risque de passer pour un propagandiste de la pensée officielle syrienne, affirme à Paris que la Coalition Nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne a des « relations étroites avec le régime turc et ne veut pas traiter avec le Conseil Suprême Kurde« , alors que la Coalition, pour marquer son indépendance avec le gouvernement d’Ankara, a précisément choisi d’installer ses bureaux au Caire et non à Istanbul, comme le Conseil National Syrien ?

Ou celui qui, sentant le vent tourner, se rend au Caire – en même temps qu’une « délégation secrète » d’Ali Haydar, mais c’est un hasard du calendrier – pour s’entretenir discrètement avec Ahmed Moazz Al Khatib et tenter de dissiper les doutes de sa Coalition sur un PYD dont les pratiques se sont révélées, jusqu’à ce jour, très en retard sur la révolution, pour ne pas dire hostiles aux révolutionnaires au sein de la communauté kurde de Syrie ? Comme le rappelle à juste titre le quotidien Asharq al Awsat qui lève le voile sur cette visite, intervenue samedi 23 février, le refus de la Coalition de traiter avec le Haut Comité kurde issu de l’Accord d’Irbil n’a rien à voir avec un rejet des Kurdes dans leur ensemble. D’ailleurs, lors de sa création à Doha, au début du mois de novembre 2012, la Coalition leur a réservé 3 sièges et un poste de vice-président. Il est justifié – il était justifié… si Saleh Muslim s’est montré convaincant – par l’impossibilité pour la Coalition d’admettre dans ses rangs une organisation politique à la fois décriée par la plupart des autres partis politiques kurdes, réunis dans le Conseil National Kurde, et accusée par la plupart des Syriens de  profiter des circonstances pour imposer son autorité sur les régions kurdes et monopoliser les ressources de la Jazireh, sans contribuer de quelque manière que ce soit à la chute du régime de Bachar Al Assad, premier objectif de la révolution.

Confirmant les propos du Dr Abdel-Hakim Bachar et les doutes sur la nature des relations qui continuent de lier le PYD et le régime syrien, le site All4Syria rapporte, le 1er mars, que des Forces de Protection Populaire, les milices constituées par le PYD,  sont entrées ce matin dans la ville pétrolière de Roumeilan, à 65 km à l’est de Qamichli. Aucun coup de feu n’a été échangé entre elles et les services de sécurité. Un habitant d’un village voisin qui se rendait à son travail sur le champ pétrolier a été arrêté à un poste de contrôle installé par les miliciens. Ils lui ont demandé de faire demi-tour et affirmé que toute activité y était suspendue sine die, comme dans l’ensemble des administrations de la ville. Il a constaté que des miliciens du PYD occupaient les bâtiments publics, le siège du Parti Baath et les postes des services de sécurité. D’autres étaient déployés sur les remblais de terre édifiés près du mur de clôture de la base pétrolière.

Ce développement intervient alors que des brigades de l’Armée Syrienne Libre se rapprochent des villages situés au sud de Qamichli et d’al Qahtanieh, à une vingtaine de kilomètres, et que des informations font état d’opérations imminentes. Une source médiatique proche de l’ASL a indiqué que cette dernière attaquerait toutes les villes dans lesquelles subsistaient encore des postes de moukhabarat et de chabbiha, estimant que ce qui se passait à Roumeilan était un échange de bons procédés et ne pouvait en aucune manière passer pour une « libération »…

Des milliards de dollars d’armes contre la Syrie

Depuis sept ans, plusieurs milliards de dollars d’armement sont parvenus illégalement en Syrie ; un fait qui suffit à démentir la narration selon laquelle cette guerre serait une révolution démocratique. De nombreux documents attestent que ce trafic a été organisé par le général David Petraeus, d’abord à titre public depuis la CIA dont il était directeur, puis à titre privé depuis la société financière KKR avec l’aide de hauts fonctionnaires états-uniens et internationaux, dont le secrétaire général adjoint de l’Onu, Jeffrey Feltman. Ainsi, le conflit, qui était initialement une opération impérialiste des États-Unis et du Royaume-Uni, s’est transformé en une opération capitaliste privée, tandis qu’à Washington l’autorité de la Maison-Blanche était contestée par l’État profond. De nouveaux éléments mettent en lumière le rôle secret de l’Azerbaïdjan dans l’évolution de cette guerre.

Comment les jihadistes d’Alep étaient-ils approvisionnés en armes bulgares ?

Lors de la libération d’Alep et de la prise de l’état-major saoudien qui s’y trouvait, la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva constata la présence d’armes de son pays dans neufs entrepôts abandonnés par les jihadistes. Elle nota soigneusement les indications portées sur les caisses et, de retour dans son pays, enquêta sur la manière dont elles étaient arrivées en Syrie.
Depuis 2009 —à la brève exception de la période allant de mars 2013 à novembre 2014—, la Bulgarie est gouvernée par Boïko Borissov, un personnage haut en couleur, issu de l’une des principales organisations criminelles européennes, la SIC. Rappelons que la Bulgarie est à la fois membre de l’Otan et de l’Union européenne et qu’aucune de ces deux organisations n’a émis la moindre critique contre l’arrivée au pouvoir d’un chef mafieux identifié depuis longtemps par les services internationaux de police.
C’est donc clairement en mettant leur vie en jeu que Dilyana Gaytandzhieva a remonté la filière et que la rédaction du quotidien de Sofia, Trud, a publié son dossier [1]. Si la Bulgarie a été l’un des principaux exportateurs d’armes vers la Syrie, elle a bénéficié de l’aide de l’Azerbaïdjan.
Le gigantesque trafic d’armes de la CIA contre l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Inde
Depuis le début des printemps arabes, un gigantesque trafic d’armes a été organisé par la CIA et le Pentagone en violation de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’Onu. Toutes les opérations que nous allons récapituler ici sont illégales en droit international, y compris celles organisées publiquement par le Pentagone.
En matière de trafic d’armes, même lorsque des individus ou des sociétés privées servent de paravent, il est impossible d’exporter des matériels sensibles sans l’assentiment des gouvernements concernés.
Toutes les armes dont nous allons parler, sauf les systèmes de renseignement électronique, sont de type soviétique. Par définition, même si l’on prétend que des armées dotées d’armes de type Otan sont les destinataires finales de ces livraisons, c’est impossible. Ces armées servent juste à couvrir le trafic.
On savait déjà que la CIA avait fait appel à la SIC et à Boïko Borissov pour fabriquer en urgence du Captagon à destination des jihadistes en Libye, puis en Syrie. Depuis l’enquête de Maria Petkova publiée dans Balkan Investigative Reporting Network (BIRN), on savait que la CIA et le SOCOM (Special Operations Command du Pentagone) avaient acheté pour 500 millions de dollars d’armes à la Bulgarie, entre 2011 et 2014, pour les jihadistes. Puis que d’autres armes furent payées par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis et transportées par Saudi Arabian Cargo et Etihad Cargo [2].
Selon Krešimir Žabec du quotidien de Zagreb Jutarnji list, fin 2012, la Croatie livrait aux jihadistes syriens 230 tonnes d’armes pour une valeur 6,5 millions de dollars. Le transfert en Turquie était opéré par trois Iliouchine de la compagnie Jordan International Air Cargo, puis les armes étaient parachutées par l’Armée qatarie [3]. Selon Eric Schmitt du New York Times, l’ensemble de ce dispositif avait été imaginé par le général David Petraeus, directeur de la CIA [4].
Lorsqu’en 2012, le Hezbollah tenta de découvrir le trafic de la CIA et du SOCOM, un attentat fut perpétré contre des touristes israéliens à l’aéroport de Burgas, le centre névralgique du trafic. Contre l’enquête de la police bulgare et les constatations du médecin légiste, le gouvernement Borissov attribua ce crime au Hezbollah et l’Union européenne classa la Résistance libanaise comme « organisation terroriste » (sic). Il fallut attendre la chute provisoire de Borissov pour que le ministre des Affaires étrangères, Kristian Vigenine, souligne que cette accusation est sans aucun fondement.
Selon une source proche du PKK, en mai et juin 2014, les services secrets turcs ont affrété des trains spéciaux pour livrer à Rakka, c’est-à-dire à ce qui s’appelait alors l’Émirat islamique en Irak et en Syrie et qui est connu aujourd’hui comme Daesh, des armes ukrainiennes payées par l’Arabie saoudite et plus d’un millier de Toyota Hilux (pick-up double cabine) spécialement arrangés pour résister aux sables du désert. Selon une source belge, l’achat des véhicules avait été négocié avec le Japonais Toyota par la société saoudienne Abdul Latif Jameel.
Selon Andrey Fomin de l’Oriental Review, le Qatar qui ne voulait pas être en reste a acheté pour les jihadistes à la société d’État ukrainienne UkrOboronProm la version la plus récente de l’Air Missile Defense Complex "Pechora-2D". La livraison a été effectuée par la société chypriote Blessway Ltd [5].
Selon Jeremy Binnie et Neil Gibson de la revue professionnelle de l’armement Jane’s, l’US Navy Military Sealift Command a lancé en 2015 deux appels d’offres pour transporter des armes du port roumain de Constanta vers le port jordanien d’Aqaba. Le contrat a été emporté par Transatlantic Lines [6]. Il a été exécuté juste après la signature du cessez-le-feu par Washington, le 12 février 2016, en violation de son engagement.
Selon Pierre Balanian d’Asia News, ce dispositif s’est poursuivi en mars 2017 avec l’ouverture d’une ligne maritime régulière de la compagnie états-unienne Liberty Global Logistics reliant Livourne (Italie) / Aqaba (Jordanie) / Djeddah (Arabie saoudite) [7]. Selon le géographe Manlio Dinucci, elle était principalement destinée à la livraison de blindés vers la Syrie et le Yémen [8].
Selon les journalistes turcs Yörük Işık et Alper Beler, les derniers contrats de l’ère Obama ont été effectués par Orbital ATK qui a organisé, via Chemring et Danish H. Folmer & Co, une ligne régulière entre Burgas (Bulgarie) et Jeddah (Arabie saoudite). Pour la première fois, on parle ici non seulement d’armes produites par Vazovski Machine Building Factory (VMZ) (Bulgarie), mais aussi par Tatra Defense Industrial Ltd. (Tchéquie) [9].
Bien d’autres opérations ont eu lieu secrètement comme l’attestent par exemple les affaires du cargo Lutfallah II, arraisonné par la marine libanaise le 27 avril 2012, ou du cargo togolais, le Trader, arraisonné par la Grèce, le 1er mars 2016.
Le total de ces opérations représente des centaines de tonnes d’armes et de munition, peut-être des milliers, principalement payées par les monarchies absolues du Golfe, prétendument pour soutenir une « révolution démocratique ». En réalité, les pétro-dictatures ne sont intervenues que pour dispenser l’administration Obama de rendre des compte au Congrès US (Opération Timber Sycamore) et lui faire prendre des vessies pour des lanternes [10]. L’ensemble de ce trafic a été personnellement contrôlé par le général David Petraeus, d’abord depuis la CIA dont il était le directeur, puis depuis la société de placements financiers KKR qu’il a rejointe. Il a profité de l’aide de hauts-fonctionnaires, parfois sous la présidence de Barack Obama, puis massivement sous celle de Donald Trump.
 
L’opération Timber Sycamore (Bois de sycomore) est la plus importante affaire de trafic d’armes de l’Histoire.
Le rôle jusqu’ici secret de l’Azerbaïdjan
Selon l’ancienne fonctionnaire du FBI et fondatrice de la National Security Whistleblowers Coalition, Sibel Edmonds, de 1997 à 2001, l’Azerbaïdjan du président Heydar Aliyev hébergea à Bakou, à la demande de la CIA, le numéro 2 d’Al-Qaïda, Ayman el-Zawahiri. Bien qu’officiellement recherché par le FBI, celui qui était alors le numéro 2 du réseau jihadiste mondial se déplaçait régulièrement en avion de l’Otan en Afghanistan, en Albanie, en Égypte et en Turquie. Il recevait également des visites fréquentes du prince Bandar ben Sultan d’Arabie saoudite [11].
À ses relations sécuritaires avec Washington et Riyad, l’Azerbaïdjan —dont la population est pourtant principalement chiite— ajoute Ankara la sunnite qui le soutient dans son conflit contre l’Arménie à propos de la sécession de la République d’Artsakh (Haut-Karabagh).
À la mort d’Heydar Aliyev aux États-Unis, en 2003, son fils Ilham Aliyev, lui succède. La Chambre de commerce USA-Azerbaïdjan devient l’arrière-cour de Washington avec à côté du président Aliyev, Richard Armitage, James Baker III, Zbigniew Brzeziński, Dick Cheney, Henry Kissinger, Richard Perle, Brent Scowcroft et John Sununu.
Selon Dilyana Gaytandzhieva, le ministre des Transports, Ziya Mammadov, met en 2015 à disposition de la CIA la compagnie d’État Silk Way Airlines aux frais de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Le ministre des Affaires étrangères, le très peu scrupuleux Elmar Mammadyarov, envoie à plusieurs de ses ambassades des demandes d’homologation de « vols diplomatiques », ce qui interdit leurs fouilles au titre de la Convention de Vienne. En moins de trois ans, plus de 350 vols disposeront de ce privilège extraordinaire.
Bien que, selon les traités internationaux, ni les avions civils, ni les avions diplomatiques ne sont autorisés à transporter des matériels militaires, les demandes de reconnaissance comme « vols diplomatiques » portent mention explicites des chargements transportés. Cependant, à la demande du département d’État US, au moins l’Afghanistan, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, la Bulgarie, le Congo, les Émirats arabes unis, la Hongrie, Israël, le Pakistan, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovaquie, la Tchéquie, la Turquie et le Royaume-Uni fermèrent les yeux sur cette violation du droit international comme ils avaient ignoré les vols de la CIA entre leurs prisons secrètes.
En moins de trois ans, la Silk Way Airlines a ainsi transporté pour au moins 1 milliard de dollars d’armes.
De fil en aiguille, la journaliste Dilyana Gaytandzhieva a mis à jour un vaste système qui approvisionne également les jihadistes non seulement en Irak et en Syrie, mais aussi en Afghanistan, au Pakistan et au Congo, toujours aux frais des Saoudiens et des Émiratis. Certaines armes livrées en Arabie furent réexpédiées en Afrique du Sud.
Les armes transportées en Afghanistan seraient parvenues aux Talibans, sous le contrôle des États-Unis qui prétendent les combattre. Celles livrées au Pakistan étaient probablement destinées à commettre des attentats islamistes en Inde. On ignore qui sont les destinataires finaux des armes livrées à la Garde républicaine du président Sassou N’Guesso au Congo et à l’Afrique du Sud du président Jacob Zuma.
Les principaux négociants étaient les firmes états-uniennes Chemring (déjà citée), Culmen International, Orbital ATK (également déjà citée) et Purple Shovel.
Outre les armes de type soviétique produites par la Bulgarie, l’Azerbaïdjan acheta sous la responsabilité du ministre de l’Industrie de défense, Yavar Jamalov, des stocks en Serbie, en Tchéquie et accessoirement dans d’autres États, chaque fois en déclarant être le destinataire final de ces achats. Concernant les matériels de renseignement électronique, Israël mit à disposition la firme Elbit Systems qui prétendit être le destinataire final, l’Azerbaïdjan n’ayant pas le droit d’acheter ce type de matériel. Ces exceptions attestent que le programme azerbaïdjanais, s’il a été requis par les États-Unis et l’Arabie saoudite, était contrôlé de bout en bout depuis Tel-Aviv.
L’État hébreu, qui prétend être resté neutre durant l’ensemble du conflit syrien, a pourtant de nombreuses fois bombardé l’Armée arabe syrienne. Chaque fois où Tel-Aviv a reconnu les faits, il a prétendu avoir détruit des armes destinées au Hezbollah libanais. En réalité, toutes ces opérations, sauf peut-être une, étaient coordonnées avec les jihadistes. On apprend donc aujourd’hui que Tel-Aviv supervisait les livraisons d’armes à ces mêmes jihadistes, de sorte que si Israël s’est contenté d’utiliser son armée de l’Air pour les appuyer, il jouait en réalité un rôle central dans la guerre.
Selon les conventions internationales la falsification des certificats de livraison finale et l’envoi d’armes à des groupes mercenaires, qu’ils renversent des gouvernements légitimes ou détruisent des États reconnus sont des crimes internationaux.
L’opération Timber Sycamore, dans ses différents volets, est la plus importante affaire criminelle de trafic d’armes de l’Histoire. Dans les parties mises à jour, elle implique au moins 17 États et représente plusieurs dizaines de milliers de tonnes d’armes pour plusieurs milliards de dollars.
Thierry Meyssan
      
[1] “350 diplomatic flights carry weapons for terrorists”, Dilyana Gaytandzhieva, Trud, July 2, 2017.
[2] “War Gains : Bulgarian Arms Add Fuel to Middle East Conflicts”, Maria Petkova, Balkan Investigative Reporting Network, December 21, 2015.
[3] “TAJNA LETOVA JORDANSKIH AVIONA S PLESA Sirijski pobunjenici dobivaju oružje preko Zagreba !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 23 veljača 2013. « TRANSFER HRVATSKOG ORUŽJA POBUNJENICIMA U SIRIJI Sve je dogovoreno prošlog ljeta u Washingtonu ! », Krešimir Žabec, Jutarnji list, 26 veljača 2013. “VIDEO : JUTARNJI OTKRIVA U 4 mjeseca za Siriju sa zagrebačkog aerodroma Pleso otišlo 75 aviona sa 3000 tona oružja !”, Krešimir Žabec, Jutarnji list, 7 ožujak 2013. “PUT KROZ ASADOVU SIRIJU Nevjerojatna priča o državi sravnjenoj sa zemljom i njezinim uništenim ljudima : ’Živote su nam ukrali, snove ubili...’”, Antonija Handabaka, Jutarnji list, 9 ožujak 2013.
[4] “In Shift, Saudis Are Said to Arm Rebels in Syria” and “Airlift To Rebels In Syria Expands With C.I.A.’S Help”, C. J. Chivers & Eric Schmitt, The New York Times, February 26 and March 25, 2013.
[5] “Qatar and Ukraine come to deliver Pechora-2D to ISIS”, by Andrey Fomin, Oriental Review (Russia), Voltaire Network, 22 November 2015.
[6] “US arms shipment to Syrian rebels detailed”, Jeremy Binnie & Neil Gibson, Jane’s, April 7th, 2016.
[7] “Jordan strengthens military presence on border with Syria and Iraq”, Pierre Balanian, AsiaNews, April 11, 2017.
[8] « De Camp Darby, des armes US pour la guerre contre la Syrie et le Yémen », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 18 avril 2017.
[9] « Le Pentagone poursuit les contrats d’armement des jihadistes de l’ère Obama », Réseau Voltaire, 28 mai 2017.
[10] “U.S. Relies Heavily on Saudi Money to Support Syrian Rebels”, Mark Mazzetti & Matt Apuzzojan, The New York Times, January 23, 2016.
[11] Classified Woman. The Sibel Edmonds Story : A Memoir et The Lone Gladio, Sibel Edmonds.

 

La paix en Syrie au profit d’Israël et de la Turquie  ?

Alors que l’on s’approche de la fin de la guerre contre la Syrie, aucun des buts initiaux des Anglo-Saxons n’a été totalement atteint : non seulement les Frères musulmans n’ont pas triomphé lors des printemps arabes, mais ils semblent perdants dans l’ensemble de la région, hormis au Qatar et en Turquie ; si la Syrie est largement détruite, la société syrienne et son modèle multi-confessionnel ont résisté ; enfin la route de la soie devrait être rétablie. Quoi qu’il en soit, Israël et le Turquie sont sur le point de tirer les marrons du feux et de sortir à leur manière eux aussi vainqueurs de la guerre.

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Chacun prévoyait que la crise opposant l’Arabie saoudite au Qatar allait faciliter la résurgence de l’axe Riyad-Damas-Le Caire qui avait dominé la vie politique du monde arabe jusqu’au « printemps arabe ». Il n’en a rien été.

Peut-être le prince Mohammad ben Salmane espère toujours vaincre au Yémen et estime donc inutile de se rapprocher de la Syrie. Ou les Saoudiens, qui conduisirent jadis la révolte arabe contre les Ottomans, considèrent aujourd’hui comme trop dangereux de prendre le parti de la Syrie contre la Turquie. Il est vrai que, lors des négociations de Crans-Montana la semaine dernière, l’Onu, le FMI et l’Union européenne ont soutenu l’occupation, pourtant illégale au regard du droit international, de Chypre-Nord par l’armée turque. À l’évidence, bien qu’il soit devenu de bon ton en Occident de cracher sur la dictature d’Erdoğan, l’Otan soutient sans réserve le déploiement militaire turc à Chypre, en Syrie, en Irak et au Qatar.

« La Nature ayant horreur du vide », c’est le Qatar qui a établi des contacts avec Damas. Pour le président Bachar el-Assad c’est une prise moins significative que l’Arabie saoudite, mais une prise quand même. C’est un État de moins dans la guerre contre son pays dans laquelle ne restent en réalité, outre des multinationales US, que le Royaume-Uni, la Turquie et Israël.

La rencontre entre les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump, lors du G20 de Hambourg le 7 juillet 2017, a semble-t-il, renversé la table ! La réunion prévue pour une demi-heure a duré plus de quatre fois plus longtemps contraignant d’autres chefs d’État et de gouvernement étrangers à faire antichambre en attendant leur tour. Bien que l’on ignore ce que les deux présidents et leurs ministres des Affaires étrangères ont décidé, on sait ce qu’ils ont négocié.

Israël, l’Égypte et les Émirats arabes unis ont proposé de terminer la guerre contre la Syrie en actant la victoire de Tel-Aviv sur la Résistance palestinienne. Celle-ci est aujourd’hui divisée entre le Fatah qui gouverne à Ramallah et le Hamas à Gaza.

Or, le Fatah de Mahmoud Abbas a progressivement sombré dans la corruption et collabore ouvertement avec Israël. Tandis que le Hamas, créé par les Frères musulmans sous les auspices des services secrets israéliens pour affaiblir le Fatah, s’est discrédité d’abord par ses actions terroristes contre des civils, puis par son invraisemblable comportement durant la guerre contre la Syrie. De fait, seuls la Turquie et l’Iran persistent à soutenir le Hamas qui répugne la totalité des autres États. Sans honte, le Hamas qui s’était déjà allié au Mossad et à Al-Qaïda pour massacrer les dirigeants du FPLP au camp syrien de Yarmouk en 2012 [1], a imploré à nouveau le pardon de Tel-Aviv.

D’où ce plan ahurissant de réunir les deux principales factions palestiniennes, d’évincer le vieux Mahmoud Abbas (82 ans), de reconnaître un État palestinien fantoche et de placer à sa tête… le général Mohammed Dahlan.

Mohammed Dahlan, c’est ce leader du Fatah qui devint secrètement un agent israélien, lutta sauvagement contre le Hamas, puis empoisonna Yasser Arafat [2]. Démasqué, il fut exclu du Fatah, s’enfuit au Monténégro, et fut condamné par contumace. Il résidait ces dernières années aux Émirats arabes unis où il gérait une fortune de 120 millions de dollars détournés de l’Autorité palestinienne. Il devrait être accueilli à Gaza par ses ennemis historiques du Hamas, dont le nouveau « Premier ministre » Yahya Sinwar qui se trouve être un de ses amis d’enfance. Oubliant le passé, on lui confierait pour commencer la lutte contre l’Armée de l’islam, c’est-à-dire la branche palestinienne de Daesh.

Ce plan, s’il devait être mis en œuvre marquerait la liquidation définitive de la Résistance palestinienne, après 70 ans de lutte.

C’est dans ce contexte que l’on doit comprendre l’annonce d’un accord Poutine-Trump sur trois régions au Sud de la Syrie. Des troupes US seraient autorisées à s’y déployer, prétendument pour y maintenir la paix, en réalité pour créer une zone démilitarisée entre le Golan syrien et le reste du pays. Les troupes iraniennes ne seraient pas autorisées à s’approcher d’Israël. De la sorte, le Golan, occupé illégalement par Israël depuis quarante ans, serait considéré de facto comme annexé même si le mot ne serait pas prononcé. Des conseils locaux des villages seraient élus en octobre 2018 conformément à la loi israélienne. La Russie ne dirait rien et les États-Unis oublieraient quant à eux leur obsession criméenne.

La paix pourrait être conclue dans le reste de la Syrie à l’exception de la zone prise par des Kurdes à Daesh et de celle contrôlée par les Turcs. Washington et Moscou laisseraient ces derniers régler leurs compte avec ces Kurdes, c’est-à-dire les massacrer. Exactement comme Henry Kissinger soutint les Kurdes irakiens contre Saddam Hussein avant de les abandonner du jour au lendemain avec leur rêve de Kurdistan. En définitive, l’armée turque resterait occuper Al-Bab, comme elle occupe déjà Chypre-Nord et Baachiqa en Irak.

Les Palestiniens et les Kurdes payeraient leur erreur d’avoir combattu pour un pays en dehors de leur territoire (en Jordanie et au Liban au lieu de la Palestine pour les premiers, en Irak et en Syrie au lieu du Kurdistan pour les seconds [3]).

Israël et la Turquie seraient les deux seuls États à profiter de six ans de guerre contre le Peuple syrien.

Washington and Ankara are going to set up two new military bases in northern Syria.

US, Turkey to Set Up More Military Bases in Northern Syria

Photo: Getty Images / Vyacheslav Oseledko

The US and Turkey are going to set up new military bases in Aleppo and Hasaka provinces in northern Syria, the al-Hadath newspaper and the ARA news agency reported.

According to the al-Hadath newspaper, the Democratic Union Party (PYD) is going to withdraw its forces from its military base in Tal Bidar, located to the north of Hasaka city, in order to allow the US-led coalition establish a new military base there. Reportedly, the new base will be used for receiving and sending land and air cargos with arms.

At the same time, the ARA news agency reported that Turkey also plans to build a new military base in Kaljabrin village, located in northern Aleppo, where the Turkish side has been sending a lot of military hardware from Tal al-Hmar and al-Rai regions, located near the Syrian-Turkish border. Reportedly, Turkey is currently deploying its forces in various parts of Kaljabrin, as well as is building defense barriers, including trenches and barbed wire, there.

In November 2016, it was reported that the US-led coalition intensified its efforts to build a new military base on the Abdul Aziz mount in western Hasaka, which was under control of the Kurdish-led PYD, allied to Washington in northern Syria.

As the Sham Time newspaper reported at that time, Kurdish fighters and US soldiers cut hundreds of trees in Maqloujeh village, located near the Abdul Aziz mount, 30 kilometers to the west of Hasaka, in order to build a landing platform for helicopters of the US-led coalition. After this, the US side started to equip the base.

“A group of US soldiers went to the village on military vehicles every day. But they started to equip the base under the tight security measures of the Kurdish forces in Maqloujeh in recent days. The US forces have separated the base from the village by trenches and soil walls. They have tuned the base and its surrounding areas up to the Sakriyeh ancient citadel into a military zone,” the newspaper quoted its unnamed sources in November of the last year.

In August 2016, the Fars news agency reported, citing unnamed Kurdish sources, that the US deployed tens of its marines in the village of Mabrouka, located in the western part of Hasaka province in northeastern Syria, under the pretext of demining of Ra’s al-Ain city, which was fully controlled by the Kurdish forces. As the sources reported, the US-led coalition set up its military base in one of the buildings of the Syrian power department in Mabrouka, named Housh al-Kahroba.

Les États-Unis et la Turquie vont mettre en place de nouvelles bases militaires dans les provinces d'Alep et Hasaka dans le nord de la Syrie, ont rapporté le journal Al-Hadath et l'agence de presse ARA.
Selon le journal Al-Hadath, le Parti de l'Union démocratique (PYD) va retirer ses forces de sa base militaire à Tal Bidar, située au nord de la ville de Hasaka, afin de permettre à la coalition dirigée par les États-Unis d'établir une nouvelle armée Base là-bas. Selon le rapport, la nouvelle base sera utilisée pour recevoir et envoyer des cargaisons terrestres et aériennes avec des armes.
Parallèlement, l'agence de presse ARA a signalé que la Turquie prévoit également de construire une nouvelle base militaire dans le village de Kaljabrin, située dans le nord d'Alep, où le côté turc envoie beaucoup de matériel militaire de Tal al-Hmar et al-Rai Régions situées près de la frontière syro-turque. Selon le rapport, la Turquie déploie actuellement ses forces dans diverses parties de Kaljabrin, ainsi que construit des barrières de défense, y compris des tranchées et des barbelés, là-bas.
En novembre 2016, il a été signalé que la coalition dirigée par les États-Unis a intensifié ses efforts pour construire une nouvelle base militaire sur le mont Abdul Aziz dans l'ouest de Hasaka, qui était sous le contrôle du PYD dirigé par le Kurdou, allié à Washington dans le nord de la Syrie.
Comme le signalait le journal Sham Time à ce moment-là, des combattants kurdes et des soldats américains ont coupé des centaines d'arbres dans le village de Maqloujeh, situé près du mont Abdul Aziz, à 30 kilomètres à l'ouest de Hasaka, afin de construire une plate-forme d'atterissage pour les hélicoptères des États-Unis. . Après cela, le côté américain a commencé à équiper la base.
"Un groupe de soldats américains est allé au village sur des véhicules militaires tous les jours. Mais ils ont commencé à équiper la base sous les mesures de sécurité étroites des forces kurdes à Maqloujeh ces derniers jours. Les forces américaines ont séparé la base du village par des tranchées et des parois du sol. Ils ont accordé la base et ses alentours jusqu'à la citadelle ancienne de Sakriyeh dans une zone militaire ", a déclaré le journal citant ses sources anonymes en novembre de l'année dernière.
En août 2016, l'agence de presse Fars a signalé, citant des sources kurdes non identifiées, que les États-Unis ont déployé des dizaines de ses marines dans le village de Mabrouka, situé dans la partie occidentale de la province de Hasaka, dans le nord-est de la Syrie, sous prétexte de déminage de Ra's al- Ain, qui était entièrement contrôlée par les forces kurdes. Comme les sources l'ont signalé, la coalition dirigée par les États-Unis a mis en place sa base militaire dans l'un des bâtiments du département de l'électricité syrienne à Mabrouka, nommé Housh al-Kahroba.

OUTRAGES DE L'UNESCO

Publié le 10 juillet, 2017 | par Equipe de Pleinsfeux

OUTRAGES DE L’UNESCO
Par Aaron Klein – Le 5 juillet 2017
Quatre outrages dans la résolution de l’UNESCO anti-Israël sur Jérusalem.

TEL AVIV – L’Organisation pour l’Éducation, la Science et la Culture (UNESCO) de l’Organisation des Nations Unies a adopté mardi une résolution anti-israélienne très biaisée concernant la vieille ville de Jérusalem et ses anciens murs.

Ci-dessous, dans aucun ordre particulier, quatre outrages se trouvent dans le texte abrégé de la résolution parrainée par la Jordanie, affirmée par le Conseil du Patrimoine Mondial de l’Organisation des Nations Unies :

1 –  La résolution se réfère à la vieille ville de Jérusalem en tant que « territoires occupés » et prétend qu’Israël est la « puissance d’occupation » là-bas.

Cela ferait d’Israël la « puissance occupante » sur le Mont du Temple et le Mur Occidental, et implique que l’Autorité Palestinienne, qui n’a jamais eu d’état ou d’entité juridique à Jérusalem (ou en Cisjordanie, pour être exact) soit l’autorité légitime sur l’ancienne Ville de Jérusalem.

La Jordanie avait occupé illégalement et avait annexé Jérusalem-Est, qui comprend la vieille ville, de 1948 jusqu’à ce que Israël s’empare de ces terres dans une guerre défensive, en 1967.  Connu sous le nom de Guerre des Six Jours, le conflit a été lancé après que les pays arabes aient utilisé la Cisjordanie et  Jérusalem-Est pour mettre en place des attaques contre l’État Juif.  En 1988, la Jordanie a officiellement renoncé à ses prétentions à la Cisjordanie et à Jérusalem-Est, et a unilatéralement le terroriste Yasser Arafat de l’Organisation de Libération de la Palestine, comme « le seul représentant légitime du peuple palestinien ».

2 –  Le texte se réfère à « Jérusalem-Est », une entité inexistante.

Ici, l’Organisation des Nations Unies a entièrement fabriqué l’existence d’une entité appelée Jérusalem-Est.  En réalité, Jérusalem est une seule ville ; Il n’y a pas de Jérusalem-Est.  Le terme est largement utilisé pour prétendre qu’Israël occupe « Jérusalem-Est », se référant aux sections orientales de la ville, qui devraient devenir une partie d’un futur état palestinien.

Les Juifs ont maintenu une présence historique à Jérusalem, y compris dans les sections orientales, jusqu’à ce qu’ils soient forcés de quitter la Vieille Ville en masse, en 1948, et la partie orientale de Jérusalem est tombée sous l’occupation illégale jordanienne.

3 -  L’UNESCO a exigé qu’Israël cesse ses fouilles dans sa propre capitale.

Le texte a fortement critiqué « l’échec des autorités d’occupation israéliennes à cesser les fouilles persistantes, les tunnels, les travaux, les projets et les autres pratiques illégales à Jérusalem-Est, en particulier dans et autour de la Vieille Ville de Jérusalem ».

L’UNESCO semble avoir peur des fouilles dans ces régions parce que les chercheurs découvrent régulièrement des preuves archéologiques qui attachent les Juifs à Jérusalem.  Par exemple, les découvertes dans la Ville de David, un site archéologique juste à l’extérieur du Mont du Temple, ont déterré le cœur de l’ancienne Jérusalem, y compris le Tunnel d’Ézéchias, la preuve de la source de Gihon, des objets du Temple Juif, des bassins de purification du Temple, et plus encore.

La résolution a également ignoré l’histoire Palestinienne de la destruction des artefacts juifs découverts dans les fouilles de Jérusalem.

Comme je l’ai déjà signalé :

« En 1997, le Wafq a mené une grande fouille sur le Mont du Temple lors de la construction d’une mosquée massive dans une zone appelée les Étables de Salomon.  Le Wafq, à l’époque, disposait de pleins camions de terre contenant des artefacts juifs des périodes du Premier et du Second Temple. » 

« Après que les médias aient signalé les rejets, les autorités israéliennes ont gelé le permis de construction donné au Waqf et la terre a été transférée aux archéologues israéliens pour analyse.  Les autorités israéliennes ont trouvé des dizaines de reliques du Temple Juif dans la saleté presque rejetée, y compris des pièces d’écritures hébraïques faisant référence au Temple, une partie d’une lampe Hasmonéenne, plusieurs autres lampes du Second Temple, une poterie de l’époque du Temple avec des marques juives, un pilier en marbre et d’autres artefacts de la période des Temples. »

« Le Waqf a été largement accusé d’avoir tenté de cacher des preuves de l’existence des temples juifs. »

Et, en 2007, ce journaliste a signalé à partir d’un site d’une fouille inhabituelle sur le Mont du Temple où les gardiens islamiques du Waqf sur le Mont avaient utilisé des engins lourds pour creuser dans un des complexes archéologiques les plus sensibles au monde, et ils ont de nouveau été pris en flagrant délit de destruction d’antiquités de l’époque du temple.

4 –   La Résolution maintient la « Vieille Ville de Jérusalem et ses Murs sur la liste du Patrimoine Mondial en Danger ».

Israël est le seul pays du Moyen-Orient qui garantit la liberté de culte pour toutes les religions.  L’UNESCO qualifie farouchement la Vieille Ville de Jérusalem comme étant en « danger » alors qu’Israël est bien connu pour protéger de manière responsable l’intégrité de la ville et de ses sites.

Pendant ce temps, l’UNESCO n’avait rien à dire lorsque les Palestiniens ont mis le feu plusieurs fois à la tombe de Joseph, à Naplouse, ce qui a causé de graves dégâts à la sépulture vénérée, considérée comme le troisième site le plus saint du Judaïsme.  Les Palestiniens ont également peint le dôme de la tombe en vert et ont brûlé une yeshiva à l’endroit, des événements également ignorés par l’UNESCO.

Le corps de l’Organisation des Nations Unies était particulièrement silencieux lorsque les bandes palestiniennes, en 2015, utilisaient la mosquée d’Al Aqsa, le troisième site le plus sanctifié de l’Islam, comme base de rassemblement pour attaquer les forces de sécurité israéliennes.

Et, l’UNESCO était également absente du débat lorsque les terroristes du Fatah fuyant une opération antiterroriste israélienne, en 2002, se sont cachés dans l’église de la Nativité à Bethléem pendant 39 jours, où ils avaient pris en otages des prêtres et des religieuses.  Selon les rapports, les djihadistes ont souillé l’église et ont laissé le lieu traditionnel de la naissance de Jésus en ruines.

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