WWIII : GUERRE CIVILE EST GUERRE MONDIALE. ILS NOUS FONT LA GUERRE ET ILS L'ONT PREPAREE. REPRENEZ VITE VOS ECONOMIES DANS LES BANQUES.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Le patron de la DGSI : « Nous sommes au bord de la guerre civile ». Au bord ? Non, nous y sommes déjà !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un constat effrayant. Formulé par un homme qui sait de quoi il parle. 

Patrick Calvar est le chef de la DGSI, les services de renseignements intérieurs. À ce titre, il sait plus de choses que nous autres. À ce titre aussi, il peut, en petit comité, nommer les choses. Donc dire la vérité débarrassée des voiles opaques du journalisme loukoumesque et du politiquement soumis. Voilà donc ce qu’il a dit, selon Le Figaro, devant la commission parlementaire chargée d’enquêter sur les attentats du 13 novembre.

« La France est au bord de la guerre civile« . Des précisions ? Le Figaro, qui avait accès à la déposition de Patrick Calvar, les donne.

D’où viendrait l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres, transformerait la France en territoire incontrôlé où des groupes prendraient les armes et se feraient justice eux-mêmes ?

Qui verrait une nation en décomposition où alterneraient violences et vengeances du camp d’en face. Où la spirale des affrontements ne s’arrêterait plus. Rien n’est à exclure dans un pays aussi éruptif que la France d’aujourd’hui. (…)

Mais l’élément déclencheur peut aussi surgir (…) d’une expédition punitive dans les banlieues ou pour prendre un exemple plus lointain, d’un viol collectif comme celui commis par des immigrés maghrébins à Cologne lors du Nouvel An…

Parmi toutes ces sources de dérapage, la plus redoutée reste l’attentat dirigé contre des enfants, la prise d’otages dans une école qui susciterait en retour un déferlement de violence. Le plus haut niveau sur l’échelle de l’insupportable…

Benoit Rayski

Patrick Calvar, le "moine-soldat" de l'antiterrorisme prend sa retraite

Inconnu du grand public, il dirigeait la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis 2012 face à une menace djihadiste inédite.

Publié le | Le Point.fr

Il était l'un des piliers de la lutte antiterroriste, Patrick Calvar prend sa retraite ce mercredi, après avoir exercé pendant 40 ans dans le silence sa mission de policier. Sa carrière dans le renseignement a débuté pendant la guerre froide pour s'achever face au groupe État islamique. « Moine-soldat » : l'expression revient en boucle chez ceux qui ont côtoyé ce maître-espion de 61 ans à l'air sévère. Inconnu du public, mais unanimement reconnu par ses pairs, sans étiquette politique, il a eu la lourde tâche de commander la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) face à une menace djihadiste inédite.

Si le procureur de Paris François Molins incarne le visage de l'antiterrorisme, Patrick Calvar, dont on aperçoit la silhouette massive à la sortie des réunions de crise à l'Élysée, est son bras armé. Ensemble, ils ont affronté la vague d'attentats qui a frappé la France depuis janvier 2015, faisant 239 morts. C'est « un grand policier qui, en toutes circonstances, a dégagé une très grande lucidité, un sang-froid à toute épreuve et le courage de dire la vérité et la réalité au politique », déclare à l'Agence France-Presse François Molins. « Son départ est une perte. »

Affaire Temperville

De la DST (Direction de la surveillance du territoire) à la DGSI en passant par les RG (Renseignements généraux) et la DGSE (surveillance extérieure), il aura arpenté, une cigarette toujours à portée de main, tous les services d'espionnage français, au rythme de l'évolution des menaces. Né le 26 novembre 1955 à Madagascar, fils d'un gendarme combattant d'Indochine, ce Finistérien débute comme inspecteur en région parisienne avant de devenir commissaire. En 1984, il trouve sa vocation à la DST, appelé par Raymond Nart, légende du contre-espionnage. Chargé de traquer les espions de l'Est, ce lecteur assidu de John le Carré est au cœur de l'affaire Temperville, du nom de l'ingénieur au Commissariat à l'énergie atomique qui a livré des documents au KGB en 1989-1990. Il est en première ligne lors de la vague d'attentats du Groupe islamique armé (GIA) en France en 1995. Après un passage en 2009 à la DGSE, Patrick Calvar gravit les échelons du renseignement intérieur.

En 2012, le nouvel exécutif socialiste évince le sarkozyste Bernard Squarcini de la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), née de la fusion des RG et de la DST. Patrick Calvar le remplace et prend les clés, dans la foulée, de la nouvelle DGSI censée tirer les enseignements des failles mises en lumière par les attentats de Mohamed Merah. Il façonne un service d'environ 4 000 personnes, allant chercher de nouveaux profils, des linguistes arabophones aux ingénieurs en cybersécurité. À ses débuts en 2014, la DGSI ne comptait que 5 % de contractuels de ce genre. Ils seront 17 % en 2018.

« Fusible »

Et puis, les attentats frappent. « Des épreuves dramatiques qui nous ont marqués et resteront à jamais gravées dans nos mémoires », dit-il. Les critiques pleuvent. « Ce n'était absolument pas son échec personnel », mais « dans les grandes démocraties, face à ce genre de drame, il y a des fusibles et le patron du renseignement est souvent ce fusible », relève le président de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats, Georges Fenech (LR), tout en saluant « une personnalité hors norme ». Le patron de la DGSI reste à son poste. Il « encaisse les coups, ne cherche pas à se dédouaner sur ses équipes », affirme le procureur Molins, expliquant que tous deux ont cherché « à tirer le système vers le haut ».

Viendront aussi des succès quand des attentats d'ampleur sont déjoués, comme avec l'arrestation de Reda Kriket en 2016 ou celle de deux Français à Marseille avant la présidentielle. Ses collaborateurs, qui craignent son regard noir et son froncement de sourcils, goûtent alors de rares moments de détente dans l'intimité de la petite salle de réunion jouxtant son bureau spartiate de Levallois-Perret, en région parisienne. Décoré des insignes d'officier de la Légion d'honneur en mars, ce père de famille a évoqué son « métier de passion qui fait que le temps passe trop vite ». Et remercié le modèle français et son « ascenseur social ». Il garde le silence sur son avenir. L'œil pétillant, il lâche seulement qu'il « continuera de servir le drapeau ».

Pour le président Macron, « la déflagration mondiale est, pour les réalistes, une hypothèse sérieuse »

Posté dans Politique de défense par Laurent Lagneau Le 04-07-2017

Va-t-on vers une troisième guerre mondiale? Poser cette question n’a rien d’incongru et ne vous classe pas parmi les adeptes de sectes apocalyptiques ou autres survivalistes qui voient un danger à chaque coin de rue. Ces derniers mois, plusieurs médias l’ont posée, comme l’a récemment fait France Culture.

En février, Slate a ainsi publié un article du politologue américain Robert Kagan qui prévenait d’une telle éventualité, en appelant à « mettre un frein aux ambitions de la Russie et de la Chine avant qu’il ne soit trop tard » car « les laisser décider de leurs sphères d’influence ne pourrait que mener à la catastrophe. »

Un mois plus tôt, Mikhaïl Gorbatchev, le dernier dirigeant de l’Union soviétique, a dit craindre une « troisième guerre mondiale » dans les colonnes de l’hebdomadaire Time. « Depuis plusieurs années, les relations entre les grandes puissances vont de mal en pis. Les partisans de l’armement et du complexe militaro-industriel se frottent les mains. […] C’est comme si le monde se préparait pour la guerre », a-t-il estimé.

Dans la même veine, Courrier International a traduit un article du site moscovite Vzgliad en se demandant si « la troisième guerre mondiale commencera à Kaliningrad », l’enclave russe coincée entre la Lituanie et la Pologne. Enfin, MSN.com a publié un portefolio montrant les « 20 signes que la troisième guerre mondiale a déjà commencé », en citant la faiblesse des organisations internationales, les disputes territoriales ou encore les politiques de puissance.

Cela étant, le dernier rapport de prospective du National Intelligence Council (*) ne va pas jusqu’à parler explicitement d’une telle issue. Mais il évoque des « dynamiques » qui « exacerbent les tensions entre pays, élevant ainsi le risque de conflit entre États au cours des cinq prochaines années. »

Et d’expliquer : « L’affaiblissement de l’Europe, l’incertitude sur le rôle que joueront les États-Unis sur la scène internationale et la remise en question des conventions de maintien de la paix et de respect des droits humains représentent des opportunités pour la Chine et la Russie. Cette situation encouragera également les agresseurs non gouvernementaux et apportera un nouveau souffle aux rivalités régionales, par exemple entre Riyad et Téhéran, Islamabad et New Delhi ou encore sur la péninsule coréenne. Les échecs de gouvernance contribueront aussi à développer un sentiment de menace et d’insécurité dans des pays comme le Pakistan et la Corée du Nord. »

Dans son discours prononcé devant le Parlement réuni en congrès, le 3 juillet, le président Macron a abordé, lui aussi, cette question. « Nous le savons, ce monde dans lequel nous dessinons pour la France un chemin, à la fois neuf et fidèle à sa vocation ancienne, est un monde dangereux. Notre environnement, y compris notre environnement proche, se caractérise par l’accumulation des menaces. C’est bien l’ombre de la guerre qui, à chaque nouvelle crise, se profile », a-t-il dit.

Aussi, a-t-il continué, « la déflagration mondiale n’est plus le spectre que brandissent les pessimistes : elle est pour les réalistes une hypothèse sérieuse. » Et de citer les « affirmations de puissance reviennent ou émergent », les « mouvements terroristes » qui « se développent dans de multiples régions avec des moyens qui augmentent leur capacité de nuisance », les « guerres régionales », qui « atteignent des degrés nouveaux de barbarie », les « alliances d’hier qui s’effritent », un « ordre multilatéral qui doute de lui-même », des « autoritaires et les démocraties illibérales qui fleurissent » ou encore « l’espace cybernétique » qui « propage et amplifie les instruments de cette guerre du tout contre tous. »

Face à cette situation, la vocation de la France, a déclaré M. Macron, est de « savoir construire la paix et promouvoir la dignité des personnes » et d’agir « d’abord » pour protéger ses intérêts et sa sécurité. Ce qui passe par une action diplomatique afin de « construire les solutions politiques permettant la sortie de crise. »

« La France doit construire des équilibres multiples, même si parfois ils deviennent fragiles. Notre outil militaire revêt dans ces circonstances une importance majeure », a encore continué le locataire de l’Élysée.

Aussi, la revue stratégique de défense et de sécurité qu’il vient d’ordonner aura comme fils directeurs « les principes d’indépendance et d’autonomie de décision », avec l’accent mis sur la dissuasion, « clé de voûte de notre sécurité », la « protection de nos concitoyens et de nos intérêts » et « l’intervention là où le respect du droit et de la stabilité internationale sont menacées. »

« L’indépendance que j’appelle de mes vœux ne veut pas dire solitude. La France sera fidèle à toutes ses Alliances. Les prochaines années seront pour nos armées celles d’un renouvellement stratégique et tactique. Je sais qu’elles y sont prêtes car elles sont aux avant-postes du monde tel qu’il va, avec cette vigilance et cet engagement qui font honneur à notre pays. Vous le voyez, les menaces n’ont jamais été si grandes », a conclu le président Macron.

Source Zone Militaire Opex360.com

Père Hamel: Macron salue les catholiques de France, "inlassables artisans de paix"

Emmanuel Macron a exprimé sa gratitude aux catholiques de France lors d'une cérémonie en la mémoire du père Hamel, assassiné il y a un an en pleine messe par deux djihadistes.

Le père Hamel, prêtre à la paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray

Il y a un an le père Hamel était assassiné en pleine messe par des terroristes (c) Afp

Le 26 juillet 2016, le père Hamel était assassiné en pleine messe par deux djihadistes dans sa paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray. Une cérémonie en sa mémoire était organisée ce mercredi. Le président de la République y a rendu hommage à l'esprit de "pardon" des catholiques de France.

"En assassinant le père Hamel au pied de son autel, les deux terroristes ont certainement cru semer parmi les catholiques de France la soif de vengeance et de représailles. Ils ont échoué", a déclaré le chef de l'Etat dans son discours. "Je vous remercie d'avoir donné à toute la France le même exemple, d'avoir refusé cette soif de vengeance et de représailles", a-t-il ajouté, à l'adresse des croyants et des citoyens réunis devant lui. "En ces temps troublés où tant de vos frères et de nos concitoyens subissent le terrorisme, pour certains la persécution, vous restez d'inlassables artisans de la paix. L'exemple d'apaisement que vous avez offert à la France appelle toute notre gratitude".

Emmanuel Macron a également rappelé l'importance de la laïcité, pilier de la République française, arguant que: "La République n'a pas à combattre une religion, ni à vouloir se substituer à elle. Elle oeuvre chaque jour à ce que chacun puisse croire ou pas, dans l'intensité et l'intimité de sa foi, en homme libre", a déclaré le chef de l'Etat. "Mais chaque religion (...) a à mener sa part de combat pour que jamais la haine, le repli, la réduction de ce que nous sommes ne puissent triompher".

"Plus fidèles encore à ce à quoi nous ne céderons jamais"

Une cérémonie religieuse a ouvert cette journée de commémoration, sous l'égide de l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, dans l'église où le prêtre avait été assassiné à l'arme blanche par deux djihadistes, tués ensuite par la police sur le parvis de l'édifice. L'attaque avait été revendiquée le jour même par le groupe Etat islamique (EI). "Sans en diminuer l'horreur, le martyre du père Hamel n'aura pas eu lieu pour rien", a souligné le président de la République. "Un an après nous en discernons le sens. Cela nous a rendus plus fidèles encore à ce que nous sommes, plus fidèles encore à ce qu'ils ont voulu abattre, plus fidèles encore à ce à quoi nous ne céderons jamais".

La messe, en présence notamment du chef de l'Etat, du Premier ministre Edouard Philippe, du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a débuté à l'heure précise où le père Hamel, 85 ans, avait commencé son office, le 26 juillet 2016, en présence de cinq fidèles. Plusieurs centaines de personnes qui n'avaient pu prendre place à l'intérieur de l'église ont suivi la messe à l'extérieur sur un écran géant.

"La haine n'a pas triomphé et elle ne triomphera pas", a dit Mgr Lebrun, qui avait appelé à choisir "la paix, le pardon et la vie" à la suite de l'assassinat du prêtre, aujourd'hui le sujet d'un "procès en béatification" par dispense spéciale du pape. "Tuer au nom de Dieu est inhumain", a poursuivi Mgr Lebrun, après avoir remercié la communauté musulmane de sa présence à la cérémonie.

A Saint-Etienne-du-Rouvray, la mosquée jouxte l'église. Une stèle et une plaque commémorative ont été inaugurées devant l'église. "Pourquoi en vouloir à ces jeunes? Ils sont morts (_). La chrétienté a tellement évolué qu'aujourd'hui, le pardon fait partie de notre vocabulaire, et non la haine. La haine est destructive", a déclaré mercredi matin sur Europe 1 la soeur du père Hamel, Roselyne Hamel.

(Avec AFP)

Les assassins du père Hamel ont “échoué” à “exacerber la peur des Français” et “la soif de représailles”, a affirmé mercredi 26 juillet le président Emmanuel Macron à Saint-Etiennne du Rouvray, en soulignant que “la République n’a pas à combattre une religion”.

“La République n’a pas à combattre une religion, ni à vouloir se substituer à elle”, a-t-il dit lors de l’hommage national au père Jacques Hamel, à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, où le prêtre octogénaire a été égorgé le 26 juillet 2016 dans son église.

Mais “chaque religion, dont les responsables sont ici présents, a à mener sa part de combat pour que jamais la haine, le repli, la réduction de ce que nous sommes ne puisse triompher”, a-il souligné.

La solidarité exprimée après cet attentat jihadiste a rappelé “à tous les Français que la République n’est pas le règne du relativisme”, a encore déclaré le chef de l’Etat lors de la cérémonie d’hommage au prêtre assassiné en pleine messe par deux jihadistes.

“Au coeur de nos lois et de nos codes forgés par l’Histoire, il est une part qui ne se négocie pas, une part sur laquelle on ne porte pas la main, une part , j’ose le mot, sacrée. Cette part, c’est la vie d’autrui”, a-t-il ajouté. Auparavant, il avait assisté à une messe célébrée par l’archevêque de Rouen, Dominique Lebrun, en présence du Premier ministre Edouard Philipe et du ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

La République “oeuvre chaque jour à ce que chacun puisse croire ou pas, dans l’intensité et l’intimité de sa foi en homme libre”, a rappelé M. Macron.

“Elle est là, la force de notre Nation, dans cette capacité à entendre et faire siennes les paroles de fraternité et de charité que l’Eglise de France prononça voici un an, dans cette capacité à réunir autour du corps supplicié d’un prêtre, l’imam, le pasteur et le rabbin”, a ajouté le chef de l’Etat.

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"Frère, mon âme est faible": les échanges hallucinés des tueurs du père Hamel

L'Express a eu accès à la correspondance entre les deux terroristes sur la messagerie chiffrée Telegram, les jours précédant l'attaque. Un mélange de froide détermination, d'improvisation totale et de doutes mystiques.

L’Arabie saoudite se dirige vers la guerre civile

L’Arabie saoudite se dirige vers la guerre civile

La stratégie de la corde raide de l’Arabie saoudite et les politiques d’interventions lourdes au Moyen-Orient hantent-elles à nouveau le royaume du désert ?

Après des décennies pendant lesquelles elle a joué le rôle d’intermédiaire entre les États étrangers en s’établissant comme pouvoir régional, la politique de l’Arabie saoudite d’ingérence dans les affaires des pays voisins et le soutien à la terreur semblent avoir exacerbé les problèmes du pays et pourraient menacer de le plonger dans le chaos. Le mécontentement croissant devant les tentatives d’instauration de l’austérité, les problèmes économiques liés au prix fluctuant du pétrole et les signes du désaccord royal historique au sujet du successeur du roi Salman bin Abdulaziz Al Saud signifient que les aventures saoudiennes à l’étranger préparent une tempête parfaite pour un conflit civil qui pourrait conduire à une nouvelle instabilité au Moyen-Orient. La perturbation survient alors que d’autres États comme l’Iran et la Turquie se positionnent comme des concurrents potentiels pour le leadership de facto du monde arabe.

1-L’Arabie saoudite connaît des signes croissants d’instabilité

L’Arabie saoudite a connu un certain nombre de problèmes qui contribuent à sa déstabilisation interne. En avril 2017, Bloomberg a signalé que le roi Salman était obligé de rétablir les primes et les indemnités pour les employés de l’État, en revenant sur les tentatives de réforme des généreux programmes d’austérité de l’Arabie saoudite. Le gouvernement saoudien a insisté sur le fait que la décision était due aux « revenus supérieurs aux prévisions » malgré le fait que les observateurs notaient en mars que les réserves en devises étrangères de l’Arabie saoudite plongeaient alors qu’un tiers des États du Conseil de coopération du Golfe comprenant les Émirats arabes unis, Bahreïn, L’Arabie saoudite, Oman, le Qatar et le Koweït ont vu leurs cotes de crédit réduites et sont de plus en plus en désaccord sur une politique étrangère commune vis-à-vis de l’Iran.

Les problèmes financiers croissants du royaume s’expliquent en partie par la baisse du prix du pétrole. En janvier 2016, The Independent a noté que la baisse du prix du pétrole compromettrait les programmes de dépenses de l’Arabie saoudite et qu’un tiers des jeunes de 15 à 24 ans dans le pays ne travaillait pas. Le Journal of Petroleum Science and Engineering estime que l’Arabie saoudite connaîtra un pic dans sa production de pétrole d’ici 2028, mais cela peut être une sous-estimation incroyable. The Middle East Eye a cité des experts américains affirmant que les exportations nettes de pétrole de l’Arabie saoudite ont commencé à diminuer en 2006, continuant de baisser chaque année de 1,4% par année de 2005 à 2015. Citigroup a estimé que le Royaume pourrait manquer de pétrole à exporter d’ici 2030. La fin de la vache à lait du Royaume est susceptible de causer des problèmes dans une nation que The Atlantic a accusé de se gérer comme une « entreprise criminelle sophistiquée ».

  1. Signaux croissants de conflit interne en Arabie saoudite

Il existe un certain nombre d’indications selon lesquelles la famille royale d’Arabie saoudite connaît également beaucoup de conflits internes. Le roi Salman a provoqué un bouleversement important dans le royaume en prenant l’initiative controversée de réviser totalement les règles de succession en Arabie saoudite et en nommant son fils, Mohammed bin Salman, en tant que prince héritier. Ce mouvement est dangereux étant donné qu’il a causé une division dans la famille royale. La revue Foreign Policy a noté que les forces de sécurité de l’Arabie saoudite ne sont pas sous l’autorité d’un seul commandant, ce qui signifie que l’armée court le risque de se fracturer en cas de conflit interne.

En 2015, The Independent a parlé avec un prince saoudien qui a révélé que huit des 11 frères de Salman étaient insatisfaits de son leadership et envisageaient de lui retirer le poste, en le remplaçant par l’ancien ministre de l’Intérieur, le prince Ahmed bin Abdulaziz. NBC News a révélé que la promotion du fils de Salman au poste de prince héritier a également mis en colère le prince Muhammad bin Nayef, qui était auparavant en ligne pour le trône et qui est connu pour sa position dure envers l’Iran. Le 28 juin 2017, le New York Times a rapporté que Nayef avait été empêché de quitter l’Arabie saoudite et avait été confiné à son palais à Jidda, avec ses gardes remplacés par d’autres fidèles à Mohammed bin Salman.

Nayef gouverne la région de l’Est de l’Arabie saoudite, qui est décrite comme l’une des provinces les plus susceptibles de se rebeller en cas de conflit civil en raison de la grande population de musulmans chiites de la région. Il est généralement considéré comme l’un des principaux avocats de l’exécution en 2016 du clerc chiite Nimr al-Nimr, un mouvement qui a provoqué une colère sérieuse chez les Iraniens. La famille de Nayef a également des liens historiques avec les groupes insurgés utilisés par l’Arabie saoudite comme outil de politique étrangère. Son père, Nayef bin Abdulaziz Al Saud, a été ministre de l’Intérieur et a contrôlé les services de renseignement interne de l’Arabie saoudite, la police, les forces spéciales, l’agence de répression des drogues et les forces des Moudjahidines.

Le roi Salman a utilisé la guerre au Yémen pour contrecarrer l’insatisfaction des élites en provoquant ce que le Washington Post décrit comme une poussée du sentiment nationaliste parmi les citoyens. La décision a également servi de tentative pour prendre des mesures proactives contre le soutien iranien aux rebelles Houthi du Yémen et prévenir la déstabilisation du printemps arabe. Mais si l’intervention a peut-être fourni à Arabie Saoudite des avantages à court terme, elle a également contribué à une fracture accrue du Moyen-Orient et a permis aux États voisins de prendre des mesures pour remplacer l’Arabie saoudite en tant que puissance dominante de la région.

  1. Les changements géopolitiques augmentent la vraisemblance des conflits

Ce n’est pas seulement le Yémen qui cause la préoccupation des Saoudiens. Des années d’ingérence signifient maintenant que le royaume mène de plus en plus ses affaires étrangères dans le but d’éviter la déstabilisation interne et d’équilibrer la donne du jeu de carte régionale. Les communiqués de câbles diplomatiques diffusés par WikiLeaks et provenant du ministère des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite montrent que les fonctionnaires s’engagent à continuer de détruire le régime syrien de peur que le gouvernement d’Assad puisse se livrer à des représailles pour la guerre civile destructrice. L’Arabie saoudite a contribué à alimenter la guerre en soutenant les groupes terroristes islamiques. Les câbles du département d’État publiés par WikiLeaks montrent que l’Arabie saoudite est considérée comme le bailleur de fonds le plus important des groupes terroristes sunnites à l’échelle internationale. Mais, comme pour les interventions étrangères, le terrorisme comme outil de politique étrangère sert à diriger au mieux l’énergie destructrice.

Il existe depuis longtemps des craintes que la méthode ne se développe de sa propre initiative et crée des problèmes pour les bienfaiteurs de la terreur. Les forces de sécurité saoudiennes ont régulièrement eu des problèmes d’infiltration par des groupes terroristes. En 2001, Stratfor a noté la préoccupation croissante de la famille royale concernant l’augmentation des sympathisants terroristes parmi les militaires en raison des craintes que certains des groupes insurgés ne soient pas amicaux envers le royaume. Des groupes de terroristes, tels que ISIS au cours des dernières années, se sont engagés dans un certain nombre d’attaques contre des cibles saoudiennes, y compris des attentats-suicides qui visaient la sainte ville islamique de Médine et la Grande mosquée de La Mecque.

Traditionnellement, le pouvoir au Moyen-Orient a été divisé entre les gouvernements israélien et saoudien. Cet ordre régional pourrait toutefois commencer à changer, en raison d’une combinaison de la stratégie américaine fluctuante et des tentatives d’autres États du Moyen-Orient de devenir des acteurs plus importants dans la région. En mars 2016, Julian Assange a noté dans New Internationalist que des stratèges américains comme John Brennan considéraient de plus en plus le lien israélo-saoudien comme un obstacle pour des intérêts stratégiques américains plus larges, en particulier en ce qui concerne l’Iran.

Ce changement politique se joue actuellement avec la crise au Qatar. Le Qatar s’est historiquement positionné comme un centre diplomatique au Moyen-Orient, restant amical avec l’Iran et offrant à plusieurs groupes insurgés tels que les talibans un lieu de négociation. Les courriels de John Podesta révèlent que le Qatar a soutenu des groupes terroristes tels que ISIS aux côtés de l’Arabie saoudite, mais l’a fait avec l’intention de rivaliser avec d’autres groupes terroristes. Des factions au Qatar ont également soutenu al-Qaïda, al-Nusra, le Hamas et les Talibans. De plus, le média Al-Jazeera du Qatar a également provoqué l’Arabie saoudite en fournissant une couverture dérangeante de problèmes précédemment non reconnus au Moyen-Orient (bien que la couverture critique de la politique qatarie ait été épargnée). NPR a également noté que le Qatar a été ouvertement en compétition avec l’Arabie saoudite pendant le printemps arabe, lorsque les deux parties ont appuyé des factions opposées dans des pays comme l’Égypte. Le conflit avec le Qatar crée un risque très réel que les hostilités puissent se répandre en Arabie saoudite, compte tenu du soutien des deux parties aux groupes terroristes.

L’éruption récente a également révélé l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient : les États qui défendent l’ancien lien israélo-saoudien et ceux qui souhaitent redessiner l’équilibre du pouvoir. L’Arabie saoudite est soutenue par l’Égypte, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et les Maldives. Le Qatar a été soutenu par l’adversaire régional de l’Arabie saoudite, l’Iran et la Turquie. La Turquie a continué d’augmenter son rôle au Moyen-Orient ces dernières années et est perçue par les États-Unis comme un acteur approprié pour équilibrer l’influence saoudienne dans des pays comme le Pakistan. La Turquie et l’Iran sont maintenant activement chargés de contester l’Arabie saoudite, car la Turquie déploie des troupes au Qatar et l’Iran soutient le petit état du Golfe avec une aide alimentaire. Si les deux États survivent à la déstabilisation des coups et du terrorisme, ils sont bien placés pour bénéficier de toute réduction future de l’influence saoudienne.

  1. Les dangers d’un conflit civil saoudien

Une guerre civile ou un conflit interne en Arabie saoudite prendrait rapidement une dimension internationale. Les entrepreneurs de la Défense sont de plus en plus courtisés par des fonds saoudiens dans le cadre d’un effort visant à réviser l’armée, dont une partie comprend le récent accord de 100 milliards de dollars avec les États-Unis. L’Arabie saoudite a de plus en plus utilisé des sociétés militaires privées telles que Blackwater, qui fournit actuellement du personnel à la coalition saoudienne au Yémen.

Le spectre de la prolifération nucléaire au Moyen-Orient soulève également des craintes que les armes puissent tomber dans de mauvaises mains ou être utilisées de manière indiscriminée. Julian Assange a répété les déclarations de 2010 du directeur d’Al-Jazeera selon lesquelles le Qatar est en possession d’une arme nucléaire. L’Arabie saoudite elle-même est également soupçonnée de posséder des armes nucléaires. En 2013, BBC News a signalé que l’Arabie saoudite avait des armes nucléaires « sur commande » en provenance du Pakistan, dont le programme nucléaire était financé par les Saoudiens. En 2012, les Saoudiens ont également conclu un accord de collaboration atomique avec la Chine qui prévoit que Riyad construira 16 réacteurs nucléaires dans le pays au plus tard en 2030. Les acquisitions d’armes de destruction massive par des pays arabes ont suscité des inquiétudes auprès des responsables du renseignement israélien qui craignent que les pays qui acquièrent ces systèmes d’armes ne les utilisent pas efficacement.

Si le conflit avec le Qatar (ou l’une des autres régions multiples où l’Arabie saoudite est intervenue) est hors de contrôle, la prolifération potentielle des systèmes d’armes nucléaires pose un grave danger. Les conflits internationaux, les interventions régionales et les opérations terroristes créent tous le risque que ces armes pourraient, intentionnelles ou par inadvertance, être utilisées. Une guerre civile saoudienne crée également un risque pour la communauté internationale, car il y aurait des troubles majeurs si les villes saintes de La Mecque et de Médine étaient endommagées lors d’un conflit.

La chute des réserves de devises, une diminution de l’offre de pétrole, les conflits au sein de la famille royale et la menace toujours présente que les réseaux terroristes provoquent des retombées pour leurs bienfaiteurs indiquent tous que l’Arabie saoudite est en pleine crise. Le conflit qatari continuant de s’envenimer, les vraies questions ne devraient pas porter sur la fin potentielle du terrorisme ni sur l’éthique des nouvelles ventes d’armes dans les pays arabes, mais sur ce à quoi le monde espère que le Moyen-Orient ressemblera une fois que la poussière sera retombée.

William Craddick

Source disobedientmedia.com

Syrie : la guerre civile a coûté 226 milliards de dollars au pays, d’après le Banque Mondiale

La guerre civile syrienne a causé de grands dommages à l’économie du pays. 226 milliards de dollars ont été perdus par le pays depuis le début du conflit en 2011

La population civile n’a pas été la seule victime de la guerre en Syrie. L’économie aussi. En effet, un rapport de la Banque Mondiale publiée cette semaine indique que la guerre civile qui a ravagé la Syrie ces six dernières années a fortement fragilisé l’économie de ce pays qui a ainsi enregistré une perte de 226 milliards de dollars.

« La guerre en Syrie est en train de déchirer le tissu social et économique du pays. Le nombre de victimes est alarmant, mais la guerre est aussi en train de détruire les institutions et les systèmes dont les sociétés ont besoin pour fonctionner, et les réparer sera un défi plus grand que reconstruire les infrastructures, un défi qui ne fera que prendre de l’ampleur si la guerre se poursuit », a constaté Hafez Ghanem, vice-président de la Banque Mondiale pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« 226 milliards de dollars, soit quatre fois le PIB syrien de 2010 »

D'après les conclusions du rapport de la Banque Mondiale, les pertes du Produit Intérieur Brut cumulé depuis que la guerre civile syrienne a éclaté « ont été estimées à 226 milliards de dollars, soit quatre fois le PIB syrien de 2010 », avant le début de la guerre. Les conclusions du rapport sont alarmantes.

La Banque Mondiale estime en effet que le conflit syrien a détruit 27% du marché immobilier syrien et la moitié des infrastructures éducationnelles et médicales. Et ce n’est pas tout. La Banque Mondiale ajoute que 538 000 emplois ont été perdus entre 2010 et 2015. L’institution note que 3 Syriens sur 4, environ 9 millions de personnes, n’étaient ni employés, ni inscrits dans un aucun cursus scolaire ou dans une formation.

La Banque Mondiale prévient que les conséquences à long-terme de cette inactivité seront la grosse perte de capitale humaine qui mènera à une carence de jeunes diplômés sur le marché de l’emploi. Rappelons que la guerre civile syrienne qui a éclaté en 2011 a déjà fait plus de 320 000 morts et a provoqué le déplacement de la moitié de la population.

Les trois prophètes du malheur français

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Apocalypse – Terminé la lecture des trois prophètes du malheur français, Zemmour le chevalier, Houellebecq le prince-évêque, et Obertone le varlet.

Dès le titre de son livre, La France Big Brother, Obertone navigue sous le vent d’Orwell, et cite 1984 à toutes les pages. Or, ce roman de science-fiction publié après-guerre, surnage encore grâce à ses intuitions prophétiques, certes, mais sombre aussi lentement, sous le poids d’une atmosphère aujourd’hui poussiéreuse. Cet entre-deux-eaux éclabousse inévitablement Obertone. Seule l’évocation de faits et de noms d’actualité le sauve du naufrage dans la généralité et le moralisme. Ces noms et ces faits sont assez nombreux pour donner parfois corps à ses jugements, mais ils ne sont pas en quantité suffisante pour lever l’impression d’une posture aux exemples choisis. Il en faudrait dix fois plus pour emporter notre conviction, pour être autre chose qu’un 1984 bis, autre chose qu’une fiction.

L’auteur transfert à notre société la soumission au Parti, qui est la thèse essentielle d’Orwell. Son héros, “Monsieur Moyen”, subit le joug des politiciens, des medias, des enseignants, des militants et des artistes, devenus à leur tour les instruments du Parti. Même la Présidence de la République n’est qu’un relais. Mais ce joug est consenti et même désiré à force de pression mentale et d’autocensure. Pour Obertone, l’idéologie dominante n’a d’autre fin que la domestication des citoyens au rang d’animaux de compagnie, en castrant leur nature sauvage rebelle. C’est la meilleure garantie, pour le Parti, de se maintenir au pouvoir. L’auteur revendique l’objectivité d’un sociologue qui ne porte pas de jugement moral ni n’apporte de solution, mais il n’en est rien. On devine aisément, en filigrane, toute la rancœur néo-darwinienne qui le brûle de l’intérieur.

Mais Obertone ne croit pas à l’existence d’un Parti aujourd’hui en France ; il évoque plutôt la confluence spontanée, comme par une main invisible, des vices humains : addictions, domination et sexe du côté du pouvoir, peur et consommation de l’autre. Il refuse la “théorie du complot”. Il suffirait pourtant, pour donner la véritable réponse, d’écrire “Big Brother:.”. Alors seulement, le livre aurait pris la dimension d’un diagnostic politique de première importance. L’auteur s’approche en citant des clubs de pensée influents, mais ne franchit pas la douane. Lui-aussi, finalement, s’est laissé domestiquer. Son livre restera un roman plus ou moins réaliste, mais on est loin d’une étude scientifique.

Il en va tout autrement avec Zemmour. Son essai, Le suicide français est une véritable somme historique sur 40 ans d’évolution politique et sociale de la France depuis 1968. Année après année, l’auteur rejoue les faits cruciaux qui ont modifié durablement la société et ses mœurs. Un contemporain de cette époque se prend d’une émotion nostalgique pour ce livre. Ah ! oui, c’est vrai, il y eut ça … et ça … Tout est si évocateur qu’il faut faire un grand effort de recul pour repérer les événements qu’il aurait pu omettre ou fausser. Nous ne reviendrons pas sur les polémiques dont l’ouvrage fut l’objet de la part des myopes et des amnésiques. Zemmour suit le déclin français à la trace avec toute la compétence d’un politologue mais avec aussi le vécu d’un enfant de ce temps. Il ne l’explique pas, néanmoins, car il n’a pas l’intention d’y remédier, mais seulement de le diagnostiquer.

Il ne le pourrait pas, non plus, car mai 68 fut la phase éruptive de la maladie. Quand celle-ci paraît, il est souvent trop tard pour guérir. On n’a pas encore écrit l’histoire du XXe siècle, qui fut le plus sanguinaire et le plus moralisateur de tous les temps. La France connut au moins quatre séries d’événements cruciaux. La guerre de 14, tout d’abord, fut le creuset de l’égalité des sexes et de la remise en cause de la “Nation”.

Les chrétiens, ensuite, ont fraternisé avec les communistes dans les maquis, puis les deux ont partagé la souffrance et la mort avec les juifs et les déportés de toute l’Europe dans les camps. À la libération, leur regard sur l’autre ne pouvait plus être celui d’ennemis ; la fraternisation européenne et l’œcuménisme étaient en germe. Les français libres découvrirent aussi la puissance de la richesse avec le débarquement des alliés ; le rêve américain et ses dollars mettaient un pied vainqueur sur notre continent.

La troisième ligne de force fut forgée par les trois hommes politiques les plus charismatiques de ce siècle. Tous trois furent maurrassiens et pétainistes. Tous trois furent ovationnés par le peuple comme des sauveurs. Tous trois échouèrent : Pétain sombra à Sigmaringen ; De gaulle, poulain du Maréchal, dont le fils porte le prénom, s’est enfui devant Mai 68 ; et Mitterrand, ministre vichyssois décoré de la Francisque, intime jusqu’à la fin de René Bousquet, fut perdu par les affaires (Elf, Rainbow-Warrior, les écoutes, …) et les morts suspectes (Hernu, Bérégovoy, de Grossouvre, Bousquet, …) Tous trois avaient pour ligne de conduite le “Politique d’abord” de Maurras ; inconsciemment le peuple le leur reprocha, car ils avaient refusé ce supplément d’âme qui magnifie la politique : “Dieu premier servi”. On leur doit le laïcisme d’aujourd’hui.

La quatrième est beaucoup plus ancienne et pernicieuse. Dès la fin du dix-neuvième siècle, la franc-maçonnerie entama un travail de sape acharné contre l’ordre familial naturel. Quelques dates et quelques noms le rythment : légalisation du divorce avec Alfred Naquet en 1884. Légalisation de la pilule contraceptive en 1967 par Lucien Neuwirth et Pierre Simon qui deviendra Grand Maître de la Grande Loge de France ; cette date marque un point de fracture et de non-retour dans la relation homme / femme, et dans la place de la famille. Le même docteur Simon fonda le planning familial et seconda Simone Weil dans la légalisation de l’avortement en 1974. Pierre Bergé, enfin, finança et imposa le “Mariage pour tous” en 2013, en rançon de son soutien à Hollande.

La France couvait mai 68 depuis bien des décennies.

Avec Soumission, Houellebecq offre un roman qui se prête à trois niveaux de lecture :

1ère lecture : L’auteur décrit une tranche de vie de François, professeur de Lettres à Paris VII. Très intelligent mais sans caractère, il vit solitaire, incapable d’attachement durable. Son esprit sceptique et sa libido anarchique en sont sans doute la cause et la conséquence. Sa carrière universitaire est en stand-by depuis longtemps et il ressent les premières atteintes de l’âge : pannes sexuelles et acédie spirituelle. Il se maintient en vie grâce à son admiration pour Huysmans, qu’il prit autrefois pour sujet d’une thèse très remarquée ; la seule chose, au fond, qu’il ait réussie et son dernier lien avec le Ciel.

2ème lecture : En arrière-plan de la morosité du héros, se déroulent des événements révélateurs d’une décomposition accélérée de la société. C’est là, on le comprend, le sujet véritable du livre. Sa jeune maîtresse l’abandonne pour suivre ses parents en Israël ; les attentats se multiplient en banlieue proche ; un couple d’amis très informés s’enfuit en province ; lui-même prend peur et quitte Paris au prétexte d’un pèlerinage vers Huysmans et la Vierge noire de Rocamadour. Nous sommes en 2022, dans un monde futur mais où les principaux acteurs d’aujourd’hui sont encore en scène : François Hollande et Manuel Valls, Marine Le Pen, David Pujadas, François Bayrou (transformé en benêt utile), etc. Nous ne savons plus s’il s’agit de fiction ou de réalité. C’est tout l’attrait du livre ; l’auteur joue avec son lecteur pour le plaisir de tous les deux, à l’inverse d’Obertone.

2022, c’est aussi l’échéance présidentielle. On assiste, depuis plusieurs années, à la montée en puissance du Front National et à la croissance rapide d’un nouvel acteur, la “Fraternité Musulmane”. Le rapport de force est tel que les partis traditionnels doivent s’allier entre eux et avec cette Fraternité, pour contrer le FN. La coalition l’emporte de justesse, et la France se dote d’un président musulman. Alors commence une islamisation très “gentleman” du pays, qui pose, avec douceur et beaucoup d’argent venu d’Arabie, les bases de la Shari’a et de la Dhimmitude. D’où le titre du livre. À partir de là, néanmoins, le roman échoue. Houellebecq est-il lui-même trop parisianisé ? Il n’envisage aucune résistance de la part de la gent féminine, ni aucune chouannerie de province. C’est fort peu crédible.

3ème lecture : Le message de Houellebecq se dévoile petit à petit. Son personnage d’individualiste foncier, au scepticisme brillant et amoral et dont l’irresponsabilité est épongée par le statut de fonctionnaire, ce personnage est le symbole même de la putréfaction de la France. Il en est tout à la fois la cause et le pur produit. Or, la loi islamique, en rétablissant un minimum de règles naturelles, restaure rapidement la prospérité familiale, la dignité morale et la paix sociale, pour le plus grand bonheur de la population. Notre héros, en se soumettant lui-aussi à l’ordre nouveau (à défaut de Vierge noire), retrouve goût de vivre, activité littéraire et dignité. Passer d’un État laïc à religieux représente un progrès de civilisation. Mais ce bien-être recouvré tend son cou, encore trop chrétien, au joug de plomb que prépare un Islam vainqueur.http://www.voltairenet.org/article141185.html

Aucun des trois prophètes n’ose mettre le doigt sur la blessure, semble-t-il. La déchristianisation du peuple français l’exilera-t-il vers La Mec, comme Les hébreux à Babylone ? Ils ont pleuré avec amertume la perte de la Terre Promise et leur longue soumission à un peuple étranger. Même au retour du petit nombre, plus rien ne fut comme avant, et la nostalgie de leur splendeur perdue s’empara pour toujours de leur cœur. Au point que la plupart ne sut accepter le projet de salut de Yahvé. L’Islam sera-t-il le bras vengeur de Dieu abattu sur une France blasphématrice ? La civilisation catholique fut la source de sa grandeur et de sa douceur. Sa gloire passée ne survivra-t-elle plus que dans nos mémoires aveuglées par la souffrance ?

Xavier Lemoine (UMP) : « les musulmans ont déclaré la guerre à la France, c’est eux ou c’est nous »

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Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil

Le journal israélien de gauche Ha’aretz revient sur la provocation anti-sémite montée par le groupuscule Tribu KA dans la Rue des Rosiers et en profite pour dresser un état des lieux , très orienté, des questions d’immigration en France, vues essentiellement à travers les émeutes des banlieues et les revendications des descendants d’esclaves « qui veulent obtenir le même statut que les survivants de l’Holocauste ».

Pour illustrer son article, le correspondant local de Ha’aretz, Daniel Ben Simon, a rendu visite à Xavier Lemoine, le maire UMP de Montfermeil. Celui-ci a déjà plusieurs fois présenté ses idées de « guerre des civilisations« dans la presse française, mais s’était visiblement à chaque fois auto-censuré pour ne pas tomber sous le coup de la loi anti-raciste. Par contre, comme l’avait déjà fait Alain Finkielkraut - également à un journal israélien, quand il parle à la presse étrangère, Xavier Lemoine prend moins de précautions.

Pour Xavier Lemoine, les « musulmans » ont déclaré la guerre à la France et cherchent à la soumettre. Pour les Français (sous-entendu, les musulmans ne sont pas Français) c’est une question de vie ou de mort. La France doit prendre exemple sur Israël pour s’occuper des musulmans sur son sol.

Il est intéressant de noter que Daniel Ben Simon est tellement occupé à communier avec Xavier Lemoine dans leur détestation commune des « Arabes« qu’il ne se rend pas compte que le discours de Lemoine reprend l’imagerie nazie des années 1930 sur le complot juif mondial.

Comme le dit le sociologue Didier Cavin dans Le Journal de Quebec : « Car, si les musulmans ne sont pas compatibles avec la France, que faut il en faire ? Les forcer à se convertir comme le firent les rois catholiques d’Espagne en 1492 ? Les expulser ? Mais que faire des millions de Français musulmans ? Les déchoir de leur citoyenneté comme le firent les allemands avec les juifs dans les années 30 ? Les parquer dans des camps de concentration comme le firent les États-unis avec les citoyens d’origine japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale ? Si la France est en guerre avec les musulmans, faut il envoyer l’armée « pacifier » les ghettos comme elle a pacifié les Aurès et la Mitidja, en Algérie, dans les années 50 ? Les guerriers de la civilisation occidentale se gardent bien de répondre publiquement à ces questions, qui découlent pourtant directement de leur argumentation. »

Morceaux choisis :

« Regardez », dit-il, debout devant la fenêtre de son bureau et pointant du doigt le voisinage peuplé d’immigrés. « C’est eux ou c’est nous. S’ils gagnent, nous sommes morts. Je suis fier d’être Français et catholique et je n’ai pas l’intention de vivre comme un ’dhimmi’ [1] dans mon propre pays. Nous sommes différents d’eux et ces gens ne sont pas compatibles avec la France. Nous sommes pris au beau milieu d’une guerre islamique menée sur tous les fronts - Irak, Iran, Pakistan et Afghanistan. Tout ce qui se passe là-bas a des répercussions ici en France et influence les immigrés. »

Au départ il pensait que la « rébellion » était causée par la pauvreté et les problèmes d’intégration dans une nouvelle société. Mais il a vite réalisé que les musulmans représentent un défi culturel pour son pays. Un incident, par exemple, continue à le hanter.

« C’était deux mois après le 11 Septembre » se souvient-il. « Nous avions fait un concours de dessin dans nos jardins d’enfant et nos écoles maternelles. J’ai été abasourdi de découvrir que 20 % des enfants, tous musulmans, avaient dessiné Ousama ben Laden sous la figure d’un héros culturel. Cette découverte continue à me faire froid dans le dos. »

Suite aux récentes émeutes à Montfermeil, il a été poursuivi par des cauchemars ces dernières nuits. En rêve, il voit les immigrés sortir de leurs maisons et brûler la ville. Il est persuadé que les immigrés musulmans ont déclaré la guerre à la France et ont l’intention de la mettre à genoux. Il considère que, dans cette guerre, les juifs sont des alliés. « Je souffre de penser que mon pays a honte de sa culture et de ses valeurs. Quand la France nie sa propre histoire et ne cesse de demander pardon pour l’esclavage, pour la conquête et pour la colonisation, comment alors s’étonner que les immigrés se dressent contre elle et ne montrent plus aucun respect pour elle ? Malheureusement, en les accueillant, la France n’a pas exigé d’eux qu’ils changent. Elle les a autorisés à parler Arabe et à cultiver leur culture aux dépens de la culture française. »

À Montfermeil va bientôt commencer le chantier d’une mosquée dotée d’un minaret de 12 mètres de haut. Aux dires de Lemoine, il a cédé à la pression et accordé le permis de construire afin de lutter contre la pénurie de lieux de culte musulmans. La nouvelle mosquée servira les 25 000 musulmans du secteur. Il espère que les prières et les activités culturelles offertes permettront de calmer les esprits ; mais il ne se fait pas d’illusions. « C’est une lutte entre deux cultures » soupire-t-il. « C’est une guerre entre l’islam et la culture occidentale. La France et toute l’Europe sont en danger. Si nous refusons de voir l’étendue de la menace musulmane, nous sommes gravement en péril. »

Une guerre civile mondiale

Après l’attaque d’Aqmi à Ouagadougou [1][1]  16 janvier 2016 : attaque d’Al-Qaïda au Maghreb islamique..., le Premier ministre Manuel Valls a déclaré que « les terroristes ont de nouveau frappé le monde ». Poursuivant cette logique globale, divers responsables, y compris le pape François, commencent à parler de « Troisième guerre mondiale ». On ne sait pas très bien ce qu’ils veulent dire, mais on peut supposer qu’ils emploient ces termes en raison de la multiplicité des conflits et attentats qui se sont déroulés dans les mois et les années récentes : Paris, Beyrouth, le Sinaï, San Bernardino, l’Indonésie, la Tunisie, le Mali et tant d’autres. Ils incluent pêle-mêle dans cette liste les guerres de Syrie et d’Irak, d’Afghanistan et de Libye, du Yémen et du Nigeria avec Boko Haram.

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Une telle expression dramatise une situation parce qu’elle la globalise comme si le monde entier était entré en guerre. Elle veut être mobilisatrice, mais elle est trop floue pour être explicative d’une grande diversité d’actes de violence commis à travers le monde. L’attentat contre le Bataclan n’est pas de même nature que la guerre en Syrie. La tuerie de San Bernardino en Californie relève d’une autre logique que le conflit du Yémen. Il faut donc faire des distinctions. D’autant que la guerre en Afghanistan et celle d’Irak n’ont jamais poussé les responsables politiques à parler de « Troisième guerre mondiale ». C’est donc qu’il y a quelque chose de nouveau, la diversité et la fréquence des attaques à travers le monde qui viennent s’ajouter aux guerres locales récurrentes liées aux organisations terroristes, en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, en Asie, et qui laissent penser qu’un nouveau conflit mondial est en cours. Aucun pays ne semble être épargné, même les États-Unis qui sont pourtant surprotégés.

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Le nombre de victimes de ces guerres est élevé, certes, mais, même s’il est en forte croissance, il est incomparable avec celui des personnes ayant perdu la vie dans les conflits mondiaux de l’histoire. Entre 2013 et 2014, le nombre de victimes du terrorisme dans le monde s’élève à 32 658 morts , selon leGlobal Terrorism Index[2][2]  Publié le 17 novembre 2015 par l’Institute for Economics.... Boko Haram et Isis ont été responsables de 51 % des victimes. Onze pays ont déploré plus de 500 morts en 2014. Il faut préciser que 80 % des décès ont lieu dans cinq pays : l’Afghanistan, le Pakistan, le Nigeria et la Syrie, l’Irak restant le pays le plus touché.

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Ces chiffres comprennent les victimes des guerres localisées dans quelques pays, dont les ennemis sont des combattants identifiés, autant que celles du terrorisme [3][3]  Voir la définition du terrorisme dans l’article de..., qui est fait d’actes anonymes et isolés. Comme l’expression « Troisième guerre mondiale », ils ne font pas cette distinction. Au contraire, ces chiffres accroissent la confusion en procédant à un amalgame des deux réalités, guerres locales et terrorisme. La difficulté de l’analyse est qu’il y a un continuum de violence entre les centres conflictuels comme la Syrie ou l’Irak et les actes terroristes en Europe ou aux États-Unis, qui sont commandés par Isis, ou Al-Qaïda. Les formes de violence sont différentes mais les ennemis sont communs.

5

Certains ont été tentés d’analyser cette violence en termes de « clash de civilisation », les chrétiens contre les musulmans, puisque les auteurs d’attentats se présentent majoritairement comme des musulmans radicaux. On serait entré dans la phase violente de cette opposition. Ce clash des civilisations est un cliché commode, unepensée bloccomme dit Charles Taylor, mais ne correspond pas à la réalité politique puisque des pays musulmans, comme l’Indonésie ou la Tunisie sont victimes de ces actes terroristes, et que l’Arabie Saoudite affirme que 400 membres de Daech sont présents et actifs dans ses frontières.

6

Il s’agit donc d’un autre phénomène qu’il faut tenter de cerner. Faisons l’hypothèse que nous avons affaire à une guerre civile à l’échelle mondiale. On appelle guerre civile un « affrontement armé entre les habitants d’un même pays ». Cette définition suppose deux factions en train de s’opposer au sein d’une même nation, mais ne recouvre pas cette réalité internationale. Mais si nous considérons que ces événements se déroulent dans un monde globalisé, sans frontière, nous sommes dans un affrontement armé au niveau mondial, avec des particularités. Les deux factions sont très inégales puisque l’une utilise le terrorisme, moyen des faibles, pour déstabiliser les forts, la mondialisation libérale. Cette guerre n’est intensive que dans quelques secteurs localisés, en Syrie ou en Irak. Elle ne met pas en péril de très grande quantité de population et n’utilise pas de méthodes conventionnelles de guerre puisqu’on ne sait pas où, quand et qui sera l’auteur d’un acte terroriste. C’est une guerre extensive qui se dissémine en des lieux très épars et sur des temps imprévus.

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Cette guerre civile oppose deux représentations politiques du monde, une conception libérale gérée par le droit d’un côté, une idéologie fondamentaliste et brutale de l’autre qui a pris des formes institutionnelles comme Aqmi, Al-Qaïda, Daech et Boko Haram. Seul Daech tente de constituer une nation, les autres sont délocalisés. Le recrutement et la communication se font par Internet, réseau mondial sans frontière, preuve supplémentaire du caractère global du conflit.

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Comment sortir de cette guerre civile qui déchire les nations dans le monde ? Il n’y a pas de sortie armée possible, la nature même du fondamentalisme provoquant sa renaissance imprévisible dans l’esprit d’individus anonymes. Le terrorisme idéologique est indestructible par la force (sauf s’il est localisé comme en Syrie), à la différence d’un conflit mondial. Il n’y a d’autre issue que politique, non par la négociation avec des leaders fascistes et invisibles qui ne veulent pas négocier, mais par l’assèchement du recrutement, et la suppression des raisons, bonnes ou mauvaises, qui motivent cette haine. À nos sociétés libérales de s’interroger sur leur culture et leur anthropologie, et de tenter de comprendre pourquoi elles produisent autant de djihadistes, car il ne suffit pas de dire que des barbares attaquent nos valeurs, notre liberté, notre raison, notre façon de vivre. Encore faut-il comprendre ces traits politiques et culturels internes qui sont aujourd’hui refoulés.

Notes

[1]

16 janvier 2016 : attaque d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

[2]

Publié le 17 novembre 2015 par l’Institute for Economics and Peace, Londres.

[3]

Voir la définition du terrorisme dans l’article de Christian Mellon, « Face au terrorisme »,Études,novembre 2005.