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WWIII : MACRON vient de gagner ses premiers galons de caporal CHEF. Celui qui n'a jamais été Militaire commence au bas de l'échelle.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

En nommant Lecointre, l'armée Française qui cherchait à se disculper des massacres du RWANDA, sera montrée du doigt par le TPI et certainement condamnée, pour sa complicité des massacres sur un million de morts dans des charniers, la France vient de perdre ce qui lui restait d'honneur...

Dernier coup de Gueule et baroud d'Honneur, d'une famille qui aime la France. Mais la France n'est plus ... qu'un Länder Allemand aux ordres de l'OTAN. Pire qu'une défaite, une mise à la retraite anticipée. Philippe de Villiers : “Le moment est venu de les déférer pour haute trahison”, "Macron ce n'est pas la France, c'est le Parti de l'Etranger." Pour le général Didier TAUZIN on est parti vers la Guerre Civile et au mieux pour renverser les traîtres. Pour Pierre:

Le président Macron se veut être le « maître des horloges ». Mais avec la démission du général Pierre de Villiers, le chef d’état-major, qu’il devait rencontrer en tête en tête, le 21 juillet, pour prendre « ensemble » une décision sur l’avenir de ce dernier, le locataire de l’Élysée s’est fait surprendre.

Cela étant, à la lecture des différentes « Lettres à un jeune engagé », cette issue correspond parfaitement à l’état d’esprit du général de Villiers. Dans celle publiée le 7 juillet et ayant pour thème la surprise, le désormais ancien CEMA reprenait la devise du maréchal de Lattre (vendéen, comme lui) : « Ne pas subir! ». Un antidote « salutaire », expliquait-il » car « qui « ‘l’oublie s’expose ». Et d’ajouter : « Celui qui n’écoute que ses certitudes s’engage sur la pente funeste qui conduit à la défaite. Combien de chefs, grands et petits, se sont laissé aveugler par ce qu’ils tenaient pour des évidences. Ils se sont laissé surprendre sur le lieu, le moment ou les modalités ; et parfois les trois en même temps. »

Une autre « lettre à un jeune engagé », publiée deux semaines plus tôt, évoquait « la liberté d’action ». Á l’opposé de cette dernière, écrivait le général de Villiers, on « trouve la passivité et le fatalisme » qui, « l’un comme l’autre conduisent à la défaite. »

« Une chôse est sûr : seuls les poissons morts suivent, scrupuleusement, le sens du courant! », estimait-il dans cette lettre. « La liberté d’action, celle du contre-courant, est fille de volonté. Je suis libre d’agir à la condition, expresse et première, de l’avoir décidé. C’est la force du courage, de l’imagination et du caractère qui nous rend libres de décider et d’agir. A l’inverse, l’abîme de la défaite guette les moutons de Panurge », expliquait ensuite l’ex-CEMA.

Après avoir abordé le thème de la confiance dans son avant-dernière lettre, comme une réponse aux propos tenus par le président Macron à son égard lors de la réception donnée à l’Hôtel de Brienne avant le défilé du 14-Juillet, le général de Villiers a livré son ultime message dans le cadre de ses fonctions en évoquant le « départ ».

« L’heure du départ est arrivée, plus rapidement que prévu. Cela ne vous étonnera pas, vous dont l’imprévu est le pain quotidien », commence-t-il. « Depuis le premier jour, nous avons appris à avoir, avec nous, un sac prêt pour partir ‘au coup de sifflet bref’. Choisir d’être militaire, c’est accepter de ne plus s’appartenir, tout-à-fait », rappelle le général de Villiers.

« Nous appartenons à une patrie que nous aimons; nous sommes les héritiers d’une histoire qui nous a façonnés; nous sommes porteurs de convictions qui nous font avancer. Sortir de sa zone de confort, c’est s’exposer, mais c’est aussi se révéler ; à soi-même, pour commencer. ‘Je vaux ce que je veux!' », plaide le général de Villiers, en citant le poète et essayiste Paul Valéry (« Les esprits valent selon ce qu’ils exigent. – Je vaux ce que je veux »).

Le général François Lecointre sera le prochain chef d’état-major des armées

Posté dans Politique de défense par Laurent Lagneau Le 19-07-2017

 

Pour espérer devenir chef d’état-major des armées (CEMA), il faut avoir été chef d’état-major d’une armée (comme les généraux Schmitt et Douin), ou chef de l’état-major particulier du président de la République (comme les amiraux Lanxade et Guillaud ainsi que les généraux Georgelin et Bentégeat) ou encore major général de l’état-major des armées (comme les générau Kelche et de Villiers).

Issu des Troupes de Marine, François Lecointre occupait depuis août 2016 le poste chef du cabinet militaire auprès de Manuel Valls, puis de Bernard Cazeneuve et d'Édouard Philippe.

Avant de s'illustrer au sein de l'état-major de l'armée de terre, puis du cabinet militaire du premier ministre, le général Lecointre s'est en effet largement distingué sur le terrain. Commandant le 3ème RIMa, il participe à la guerre du Golfe en Irak, en 1991, sert en Somalie et à Djibouti, puis au Rwanda lors de l'opération Turquoise (voir les réactions dans les vidéos ci-dessous du Général TAUZIN), en 1994 . Peu de temps après, il est envoyé en Serbie, et s'illustre lors de la reprise du pont de Vrbanja, à Sarajevo, le 27 mai 1995. À la tête de trente hommes, il parvient à reprendre ce poste capturé la veille par les forces serbes, avec 14 otages. Loin de tirer toute la gloire vers lui après ce coup d'éclat, il déclare à cette occasion, en citant Montesquieu: «Pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au-dessus des hommes, il faut être avec eux.»

Aussi, le choix qui a été annoncé, à l’issue du Conseil des ministres de ce 19 juillet, pour remplacer le général de Villiers, démissionnaire, a de quoi surprendre. Ainsi, c’est le chef du cabinet militaire du Premier ministre, le général François Lecointre, qui a été désigné pour être le « responsable de l’emploi opérationnel des forces » et du « commandement des opérations militaires ».

« Un seul nom sera proposé par la ministre des Armées, Florence Parly », avait-il été indiqué avant la tenue du Conseil des ministres, en précisant qu' »il y a pas eu d’hésitation sur le profil. »

Né le 6 février 1962 à Cherboug, le général François Lecointre, saint-cyrien ayant servi au sein des Troupes de Marine, s’était illustré, quand il était encore capitaine au 3e RIMa (Régiment d’Infanterie de Marine), lors de la reprise du poste Sierra Victor, alors tenu par les Serbes de Bosnie, sur le pont de Vrbanja, à Sarajevo, le 27 mai 1995.

Le général Lecointre a également servi en Irak, lors de l’opération « Tempête du Désert » (1994), en Somalie (opération Oryx), à Djibouti (opération Iskoutir, en 1993), au Rwanda (opération Turquoise, 1994), en Côte d’Ivoire (Licorne, en 2006) et, plus récemment, au Mali, en prenant le commandement de la mission européenne EUTM Mali, chargée de la formation des forces armées malienne (FAMa). Il a notamment été le chef de corps du 3e RIMa (2005-2007) avant de prendre les rênes de la 9e BIMa (Brigade d’Infanterie de Marine).

Après avoir été stagiaire au Collège interarmées de défense (CID, École de guerre) en 2000, le général Lecointre a aussi été officier « études » au bureau de conception des systèmes de forces, à l’état-major de l’armée de Terre.

La première chose qu'on lui demandera dans ses compétences c'est de faire la Guerre dans l'opération Zapad (Occident) 2017.(voir en fin de blog)

L’armée française (?) est mouillée jusqu’au cou:
« François Lecointre ( ) collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero [Rwanda; ndlr]. Nous en avons des preuves ( ) , les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge » rapporte l’Humanité citant Jacques Morel dans un entretien publié le 21 juillet 2017 à lire ci-dessous.

«Faute irresponsable» : la classe politique fustige Macron après la démission du général de Villiers

«Faute irresponsable» : la classe politique fustige Macron après la démission du général de Villiers© Benoit Tessier Source: Reuters
Le général Pierre de Villiers
La démission muette du chef d'état-major des armées a vivement fait réagir les politiques français, qui ont rendu hommage à la décision du général Pierre de Villiers de ne pas faire de vagues, et condamné les coupes budgétaires menées par le gouvernement (snif), mais pas seulement car il y a l'OTAN également, car la France n'a plus d'armée, seulement des Mercenaires bien payés à la solde de l'OTAN, dont la mission principale va être de contenir le Peuple Souverain en lui faisant comprendre que c'est un moindre mal, et dont le train de vie ne les encouragera pas à défendre les valeurs Militaires de la Nation Française.
Positionnement croulant pour le frère de Philippe: Comme l'a annoncé en juin sur Twitter @jdomerchet, le général Pierre de Villiers 61 ans, est maintenu à son poste de chef d’état-major au delà du mois du juillet et, vraisemblablement pour une année de plus. Les autres chefs d’état-major resteront également en place jusqu’à l’été 2018 - date à laquelle un grand mercato (marché à la volaille) est prévisible. D’ici lors, les CEM auront le temps de boucler la revue stratégique, à la rédaction de laquelle ils participent, puis la préparation de loi de programmation militaire 2019-25, qui doit être approuvée avant l’été 2018.En revanche, un nouveau DGA devrait être nommé dans les prochaines semaines, Laurent Collet-Billon quittant son poste ce 30 juin. Sa cérémonie de départ aura lieu mardi prochain. Si plusieurs noms ont été évoqués pour lui succéder, l’incertitude demeure. L’hypothèse de recruter quelqu’un dans l’industrie, en dehors du monde de la défense, est évoquée, notamment pour conduire à bien la transformation numérique, sur laquelle insiste beaucoup la nouvelle équipe au pouvoir.
Une page vient d'être tournée, on est passé sur la dernière volonté du Peuple Français, en truquant les élections Présidentielles de 2017, pour échapper au Front National. On a mis le Peuple dans un enclos qu'on rempli avec de nouveaux troupeaux et l'Armée comme gardian de cet enclos.

Pour Florian Philippot, la démission du chef d'état-major des armées annoncée lors du conseil restreint de Défense du 19 juillet est «une mauvaise nouvelle pour l'armée et la Nation (concepts périmés, depuis le Soft Power Proxy ou SPP) ». «Macron choisit l'irresponsable sacrifice budgétaire», a-t-il ajouté, en totale adhésion avec Macron.

La SPP ou Société Psychanalytique de Paris est une association loi 1901 fondée en 1926 sous l’égide de Sigmund  Freud, Reconnue d’Utilité Publique en 1997 pour la validation des méthodes performantes d'enseignement 'voir l'Edito en dernière page'.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

De Villiers : "Je ne me ferai pas baiser par Macron comme Edouard Philippe", d'autant plus que l'Elysée aurait envie de nommer une Générale Française Monique Legrand-Larroche, pour remplacer la maman de Macron, et avoir des amis dans l'Armée.

Election 2017 truquée, les Généraux veulent une consultation populaire du Peuple Souverain pour valider le programme à Macron.

MACRON vient de gagner ses premiers galons de Caporal CHEF. Après avoir fait les Classes de 17C, entendez de l'année 2017 en Juillet, comme accompagnateur d'un Général 4 étoiles, pour le défilé, et après un premier essai en se tenant bien pour ne pas tomber, sur un véhicule blindé à découvert, sous le feu de l'ennemi qui applaudissait à rompre, il a rempli sa mission, sauf que le véhicule est tombé en panne d'essence devant la Tribune officielle. 

C'est à l'état de l'Armée Française, qu'il faut s'en prendre et à son budget, et pour cela nous soutenons le Général de Villiers, dans une pétition Officielle de l'Armée Française, qui n'est plus la grande muette.

Macron qui n'a jamais fait de Service Militaire auparavant,  ses propositions présidentielles pour la défense sont dans la continuité de la ligne menée par Jean-Yves Le Drian, incluant une implication dans l'OTAN, mais il s'en singularise par sa volonté de mettre en place un service national universel et obligatoire controversé d'un mois, pour intégrer des Djihadistes, qui n'auraient plus à payer le voyage pour aller au Moyen Orient, et qui pourraient revenir avec le label "Armée Française". A quand un Général Africain d'origine Française ou l'inverse, ce qui ne déplairait pas à Ali Philippe?

MACRON Caporal CHEF et Président en CHEF, cela redonne du poids au 5500 généraux sans armée dont la solde se situe entre 6000 et 10000 euros net par mois, sans compter les extras, les missions en France d'outremer, et les missions super-juteuses en Afrique et au Moyen-Orient.

Dans l'Armée on se bonifie en vieillissant ce qui est l'inverse des travailleurs du Privé, qui à partir de 40 ans ne trouvent plus d'emplois. Aussi les grades venant au fil du temps, avec les campagnes dans des bureaux, et des augmentations au mérite, pour n'avoir pas fait de vagues, et ne s'être pas trop fait remarquer dans des soirées bien arrosés, on fini par se retrouver en haut de la Pyramide des échelons, pour peu qu'on ait fait toute sa vie de la formation professionnelle continue.

Un ingénieur est Ingénieur Général dans l'Armée, et dans le civil, il devient très vite un demandeur d'emploi et fini en dessous du seuil de pauvreté pour beaucoup, et ce n'est pas parce qu'il ne s'est pas battu, au contraire, c'est un partant et un battant, mais le système dans lequel il travaille, ne lui autorise aucun filet de protection, et le chômage est l'arme ultime du grand Capital, pour faire baisser les revenus des autres travailleurs et avoir une main d'œuvre serviable, taillable et corvéable à merci, et c'est ce sur quoi l'Armée Française est garante, de l'ordre Républicain, et de la protection des intérêts Américains, partout dans le Monde, d'où un double travail rémunéré à sa juste peine, et pour se faire le matériel est subsidiaire. Pour faire la Guerre aux Français car les options de l'armée couvrent les révoltes civiles, les révolutions, et tous les soulèvements du Peuple Souverain, si cher au Général Tauzin, qui préfère se ranger aux côtés du Peuple que des élites nommées par les services spéciaux Américains.

Depuis le 17 Juillet 1791, l'armée et la gendarmerie ont tiré sur le Peuple Souverain à maintes reprises et l'ont même déporté en Allemagne. Mais ils y sont préparé pour l'avenir. Ce n'est pas à l'Armée de se révolter, c'est au Peuple de le faire, mais le Peuple a déjà trop souffert. Les Gardes commandés par Lafayette font donc feu sur la foule. Une cinquantaine de morts et des centaines de blessés jonchent rapidement le Champ de Mars. Pour montrer au peuple l’impossibilité de la voie vers une république, le pouvoir lance encore une charge de cavalerie qui nettoie la place alors que les familles se groupaient autour des blessés. 

Bien qu'en France on ait perdu tout espoir de gagner une Guerre depuis Jules César, surtout contre la Russie, (on a bien essayé, et c'est pour cela que la France revendique encore Sébastopol, et le retour de la Crimée dans l'Ukraine, mais même cette petite victoire à la Pyrrhus, a nécessité les Anglais et les Sardes), on s'efforce d'avoir une armée qui peut-être vaincue dans la semaine, afin de rentrer directement en collaboration avec l'ennemi, dans un traité avantageux, et de continuer le business de nos entreprises qui ne connaissent pas la crise.

Il faut savoir que la Russie a déploré 25 Millions de morts Russes dans la seconde Guerre Mondiale, alors que nos morts à nous proviennent essentiellement des alliés qui ont bombardé toutes les villes côtières de l'Ouest et que nous avons applaudi à la libération sur les Champs Elysées.

Aux dernières nouvelles, notre Ligne Maginot serait à nouveau opérationnelle, pour contrer l'Ours Russe, le Bolchévique de Marx à Hegel ou inversement.

Dans cet état d'esprit, Macron a tout fait pour que l'Armée Française dont il ne connaît que la Garde nationale à cheval dans la cour de l'Elysée, soit le fleuron des Musées du Monde entier.

Macron qui a obtenu maîtrise de philosophie sur Machiavel et qui ne connaît de l'Armée Française, que Georges Clémenceau, a essayé de l'imiter et de le contredire en s'asseyant sur la baïonnette de l'Armée Française.

Georges nous avait enseigné un principe de base des manuels dans l'usage des baïonnettes, que ce n'était pas des savonnettes, et qu'on pouvait tout faire avec une baïonnette, sauf s'asseoir dessus.

Bien entendu nos 5500 généraux qui n'ont pas d'armée, et qui ne souhaitent pas en avoir une, dans une campagne difficile à mener avec les moyens du bord si éprouvés par le temps et constamment révisés pour servir dans les prochaines armées, se retrouvent à vouloir faire la Guerre avec des armes de la dernière, en espérant en prendre sur l'ennemi, pour moderniser le parc endommagé et constamment en réparation dans des ateliers qui manquent de pièces détachées.

La Russie grand Pays en termes d'espaces, mais petit Pays en terme de PIB, est mieux lotie que nous, avec une armée moderne, qui utilise des armes scalaires, des avions et des fusées puissantes, un arsenal nucléaire hors normes, et se retrouve être  la seconde armée du Monde.

 

 

Depuis quelques semaines, il circule sur les réseaux sociaux une vidéo émanant d’un média russe affirme, en français dans le texte, qu’il y aurait en France plus de 5.500 généraux, en précisant toutefois qu’une partie a été placée en « section 2 » (sic), décrite comme étant une sorte de préretraite. Et de lancer une comparaison pour le moins spécieuse : l’armée française aurait ainsi plus de généraux que ses homologues russe et américaine réunies.

« Tout ça pourrait prêter à sourire, si cela ne nuisait pas gravement aux capacités opérationnelles des régiments qui eux, doivent diminuer leur effectifs, militaires du rang et sous-officiers », est-il affirmé dans ce « reportage », dont les affirmations ont été reprises pour argent comptant par beaucoup…

Des précisions sur la 2e section pour commencer. Elle compte dans ses rangs des officiers généraux qui, n’étant plus en activité, restent théoriquement à la disposition du ministère de la Défense pour des missions ponctuelles. Une centaine d’entre eux sont concernés chaque année.

Ces généraux perçoivent une solde de réserve, dont le montant est équivalent à celui d’une pension de retraite. Sauf que, sur le plan fiscal, cette dernière est considérée comme étant un revenu d’activité, ce qui donne droit à un abattement de 10% pour frais professionnels. En outre, ils gardent le bénéfice de réductions tarifaires pour leurs déplacements en train, ce qui, en 2008, a coûté 3,1 millions d’euros en indemnités SNCF. Ils sont en outre soumis à l’obligation de réserve comme les militaires en activité.

L’on peut discuter de la pertinence à conserver cette 2e section, créée en 1839 et qui correspond à une armée de conscription. Mais, de toute façon, il faudra bien payer les pensions de ces officiers généraux ayant quitté le service actif. Et sa suppression permettrait de revenir sur l’abattement fiscal des 10% et faire des économies très modestes (mais il n’y a pas de petites économies) sur les indemnités versées à la SNCF. En tout cas, ce n’est pas là que l’on trouvera les recettes exceptionnelles espérées par le ministre de la Défense pour boucler ses prochains budgets.

Cela étant, dire qu’il y plus de généraux dans l’armée française que dans les forces russes relève de la manipulation : pour comparer, encore eût-il fallu prendre en compte les généraux russes en retraite. Et au vu des réformes en cours en Russie, ils doivent être nombreux. En 2010, l’armée russe comptait 1,2 million d’hommes, dont 355.000 officiers… Il n’y a là pas de quoi donner des leçons.

Selon la Cour des comptes, il y avait, en 2012, 303 généraux en activité pour les trois armées (Terre, Air, Marine) pour 228.656 militaires, soit un ratio d’un général pour 754 personnels. A cela, il faut ajouter 235 officiers généraux d’autres services du ministère de la Défense (SSA, SEA, CGA, etc). Là encore, l’on peut estimer que ces chiffres sont trop élevés, ce que n’ont pas manqué de faire les magistrats de la rue Cambon. Mais on est loin des 5.500 généraux!

MACRON VEUT RETABLIR LE SEVICE MILITAIRE POUR TOUS AVEC DES BENEVOLES.

Selon un rapport d'information du Sénat, les coûts initiaux et récurrents estimés du service national universel obligatoire s'élèverait entre "20 et 30 milliards d'euros sur cinq ans".

Selon un rapport d'information du Sénat, les coûts initiaux et récurrents estimés du service national universel obligatoire, proposé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, s'élèverait entre "20 et 30 milliards d'euros sur cinq ans". Le coût estimé des infrastructures (60 centres de formation de 1.000 personnes) représente, selon ce rapport de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, 10 à 15 milliards d'euros (coût initial) pour accueillir 60.000 jeunes par mois sur dix mois. Et si on y ajoute les acquisitions foncières, la facture s'élève à 2 à 3 milliards de plus.

"Ce projet a bien sûr un coût significatif et je l'assumerai", affirmait, dès sa présentation,  Emmanuel Macron.

S'agissant de l'encadrement des appelés, du quotidien et de l'habillement, il est estimé à 2,5 à 3 milliards d'euros par an. Soit 12,5 à 15 milliards sur une période de cinq ans. Juste pour l'habillement, l'addition atteint 400 millions d'euros en coût initial, puis 80 millions d'euros par an. Enfin, le Sénat n'a pas estimé le coût du transport, des équipements  (fusils?) et de la rémunération des appelés. Les deux rapporteurs Jean-Pierre Raffarin (les Républicains) et Daniel Reiner (PS) considèrent que ce projet est "a priori particulièrement coûteux en infrastructures, en ressources humaines et en fonctionnement". Ce projet-gadget arrive au moment même où la France doit se serrer la ceinture pour atteindre les 3% de déficit public et où le budget de la défense doit être renforcé pour faire face à un nouveau contexte géopolitique.

16.000 à 18.000 encadrants

En conservant une hypothèse de 60.000 appelés par mois, le service national en projet mobiliserait "quelque 16.000 à 18.000 encadrants - auxquels il faudrait ajouter les personnels de direction et de sélection, soit environ 1 600 ETP", souligne le Sénat. La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées estime qu'il est nécessaire de disposer d'un taux d'encadrement de l'ordre de 30 %, qui correspond à celui actuellement en vigueur pour les classes d'incorporation. Un taux d'encadrement "légitime s'agissant d'un dispositif qui ne viserait pas spécifiquement des jeunes en difficulté", explique-t-elle.

"Il s'agirait d'un effort colossal en termes de ressources humaines, dont on peut craindre qu'elle absorbe l'énergie des armées" a pointé le rapport du Sénat.

Si ce projet devait être concrétisé, "il ne devrait pas affecter la trajectoire financière prévue pour la défense", estiment les deux rapporteurs. Ce qui devrait être le cas puisque le candidat Macron avait d'emblée indiqué que "son financement comme les effectifs d'encadrement nécessaires s'inscriront au-delà de l'enveloppe de 2 % du PIB de la programmation militaire, la mise en œuvre du service national universel étant indépendante du renforcement planifié de notre outil de défense". Les rapporteurs souhaiteraient "pouvoir se tenir pour certains de cette étanchéité des enveloppes budgétaires, et appellent à la plus grande vigilance à cet égard".

Selon un rapport d'information du Sénat, les coûts initiaux et récurrents estimés du service national universel obligatoire s'élèverait entre "20 et 30 milliards d'euros sur cinq ans".

Selon un rapport d'information du Sénat, les coûts initiaux et récurrents estimés du service national universel obligatoire, proposé par Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle, s'élèverait entre "20 et 30 milliards d'euros sur cinq ans". Le coût estimé des infrastructures (60 centres de formation de 1.000 personnes) représente, selon ce rapport de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, 10 à 15 milliards d'euros (coût initial) pour accueillir 60.000 jeunes par mois sur dix mois. Et si on y ajoute les acquisitions foncières, la facture s'élève à 2 à 3 milliards de plus.

"Ce projet a bien sûr un coût significatif et je l'assumerai", affirmait, dès sa présentation,  Emmanuel Macron.

S'agissant de l'encadrement des appelés, du quotidien et de l'habillement, il est estimé à 2,5 à 3 milliards d'euros par an. Soit 12,5 à 15 milliards sur une période de cinq ans. Juste pour l'habillement, l'addition atteint 400 millions d'euros en coût initial, puis 80 millions d'euros par an. Enfin, le Sénat n'a pas estimé le coût du transport, des équipements  (fusils?) et de la rémunération des appelés. Les deux rapporteurs Jean-Pierre Raffarin (les Républicains) et Daniel Reiner (PS) considèrent que ce projet est "a priori particulièrement coûteux en infrastructures, en ressources humaines et en fonctionnement". Ce projet-gadget arrive au moment même où la France doit se serrer la ceinture pour atteindre les 3% de déficit public et où le budget de la défense doit être renforcé pour faire face à un nouveau contexte géopolitique.

16.000 à 18.000 encadrants

En conservant une hypothèse de 60.000 appelés par mois, le service national en projet mobiliserait "quelque 16.000 à 18.000 encadrants - auxquels il faudrait ajouter les personnels de direction et de sélection, soit environ 1 600 ETP", souligne le Sénat. La commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées estime qu'il est nécessaire de disposer d'un taux d'encadrement de l'ordre de 30 %, qui correspond à celui actuellement en vigueur pour les classes d'incorporation. Un taux d'encadrement "légitime s'agissant d'un dispositif qui ne viserait pas spécifiquement des jeunes en difficulté", explique-t-elle.

"Il s'agirait d'un effort colossal en termes de ressources humaines, dont on peut craindre qu'elle absorbe l'énergie des armées" a pointé le rapport du Sénat.

Si ce projet devait être concrétisé, "il ne devrait pas affecter la trajectoire financière prévue pour la défense", estiment les deux rapporteurs. Ce qui devrait être le cas puisque le candidat Macron avait d'emblée indiqué que "son financement comme les effectifs d'encadrement nécessaires s'inscriront au-delà de l'enveloppe de 2 % du PIB de la programmation militaire, la mise en œuvre du service national universel étant indépendante du renforcement planifié de notre outil de défense". Les rapporteurs souhaiteraient "pouvoir se tenir pour certains de cette étanchéité des enveloppes budgétaires, et appellent à la plus grande vigilance à cet égard".

samedi 22 juillet 2017

L’armée française (?) est mouillée jusqu’au cou:
« François Lecointre ( ) collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero [Rwanda; ndlr]. Nous en avons des preuves ( ) , les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge » rapporte l’Humanité citant Jacques Morel dans un entretien publié le 21 juillet 2017 à lire ci-dessous.
Bonne lecture
Jacques Morel : « Le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais »
Entretien réalisé par Lola Ruscio pour l’Humanité, 21 Juillet, 2017
 
 
Le chef de l’Etat a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain.
 
Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?
 
Jacques Morel : Il était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsis cachés chez des Hutus. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 
 
Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?
 
Jacques Morel : Il poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide rwandais. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.
 
Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?
 
Jacques Morel : François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guibert, impliqué lui aussi dans le génocide rwandais, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

L'HUMANITE.FR

Jacques Morel : « Le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais »

Entretien réalisé par Lola Ruscio
Vendredi, 21 Juillet, 2017
L'Humanité

Le chef de l’Etat a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain.

Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?

Jacques Morel Il était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsis cachés chez des Hutus. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?

Jacques Morel Il poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide rwandais. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?

Jacques Morel François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guibert, impliqué lui aussi dans le génocide rwandais, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

14:37 à Paris, 23 juillet 2017

 
Pourquoi le général Lecointre est-il accusé d'avoir «collaboré» avec un génocidaire rwandais ?
Pourquoi le général Lecointre est-il accusé d'avoir «collaboré» avec un génocidaire rwandais ?© Anne-Christine Poujoulat Source: AFP
Le président français Emmanuel Macron et le nouveau chef d'état-major des armées, le général François Lecointre
 

Dans les colonnes de l'Humanité, Jacques Morel, spécialiste de l'Afrique, a affirmé que François Lecointre avait «défend[u] les auteurs du génocide rwandais». En 1994, l'actuel chef d'état-major était en poste au Rwanda lors de l'opération Turquoise.

«De fait, le nouveau chef d’état-major [le général François Lecointre] défendait les auteurs du génocide rwandais», a accusé Jacques Morel, spécialiste de la politique française en Afrique et auteur du livre La France au coeur du génocide des Tutsi, dans un entretien accordé le 21 juillet au journal L'Humanité.

A peine nommé chef d'état-major des armées en remplacement du général Pierre de Villiers, François Lecointre pourrait d'ores et déjà faire face à une polémique de long terme : celle du rôle des militaires français lors du génocide rwandais.

Jacques Morel a étayé ses allégations en affirmant, entre autres, que François Lecointre avait «collaboré» avec Alfred Musema, le directeur d'une usine à thé qui avait rendu possible l'hébergement dans celle-ci de soldats de l'armée française, en juillet 1994. 

Problème : impliqué dans le génocide des Tutsis, Alfred Musema a été condamné à une peine d'emprisonnement à perpétuité le 27 janvier 2000 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Or, selon Jacques Morel, une lettre rédigée par François Lecointre et adressée le 18 juillet 1994 à Alfred Musema attesterait d'une relation «cordiale» entre les deux hommes. «Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui», ajoute le spécialiste.

Selon Jacques Morel, «l’armée française est mouillée jusqu’au cou [au Rwanda]». Dans les colonnes de L'Humanité, il n'a d'ailleurs pas hésité à élargir ses accusations en mentionnant nommément  l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, ainsi que le général Bruno Guibert, commandant de l’opération Barkhane au Sahel. 

Au moment des massacres perpétrés par les Hutus contre les Tutsis, François Lecointre était capitaine d'infanterie de marine. Il était en charge du secteur de la commune de Gisovu dans le cadre de l'opération militaire française Turquoise, déclenchée en 1994 au Rwanda pour mettre fin aux massacres. 

Lire aussi : Le Rwanda veut enquêter sur le rôle de vingt responsables français dans le génocide de 1994

Emmanuel Macron se fait tailler un costard militaire par son ancien camarade de l'ENA.

UN CAMEROUNAIS ANCIEN CAMARADE DE MACRON LUI REPOND.

Le camerounais Joël Teubissi Noutsa, ancien élève de l’ENA, cette école de laquelle est issu le président français, vient de lui répondre, suite à ses déclarations polémiques lors du récent sommet du G20. Une réponse magistrale qui revient sur des détails qu’a tendance à oublier le jeune CHEF TRIBAL de l’état français.

Habib Hassan

LETTRE OUVERTE A EMMANUEL MACRON.

Mon cher Emmanuel, J’ai appris avec consternation dans les médias les propos désobligeants, empreints de mépris, de sarcasme et de racisme, que tu as prononcés à l’égard de mon continent. Dois-je te rappeler que lorsque tu sollicitais le suffrage de ton peuple, tu as qualifié le colonialisme de « crime contre l’humanité » lors d’un séjour en Algérie.

Certainement dans l’objectif de rallier l’électorat français d’origine maghrébine et africaine. Quoique, entre les deux tours, sachant pertinemment que tu serais élu, tu t’es ravisé en parlant de « crime contre l’humain ». Il me souvient également que tu mettais en avant le choix de l’Ambassade de France au Nigeria comme lieu de stage lors de tes études à l’Ena, comme pour faire croire à cet électorat que tu souhaitais le connaître, bien avant d’aspirer à la Magistrature suprême.

Cependant, à peine élu, et surtout depuis que tu dînes régulièrement avec le nabot qui nous avait insultés à Dakar, tu es devenu moqueur et véhément à notre égard.

Il y a encore quelques semaines tu te moquais de nos frères comoriens, dont la Présidence de la République a qualifié ton écart de langage sur les Kwassa-kwassa « d’inconsidéré (…) et à mettre sur le compte de (ta) jeunesse ». Tes excuses sont d’ailleurs toujours attendues. Aujourd’hui tu expliques à la face du monde, en plein sommet du G20, que le sous-développement de l’Afrique est « civilisationnel ».

Que c’est parce que nous sommes « des cultivateurs de chanvre indien ; des guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie … des trafiquants d’êtres humains et de biens culturels … et des fornicateurs invétérés, au point d’avoir entre 7 et 9 enfants par femme… »

Mais tu as oublié de te poser les bonnes questions, comme celles de savoir qui sont les plus grands consommateurs de chanvre indien, fabricants d’armes, trafiquants en tout genre, esclavagistes, corrupteurs et exploiteurs ? 

Mon cher Emmanuel, si le cannabis a d’abord été qualifié de chanvre « indien » et pas « africain », c’est bien qu’il a commencé à être cultivé quelque part, là-bas en Asie. Etant donné que mes ancêtres n’étaient pas de grands navigateurs, on peut subodorer que ce sont les tiens qui l’ont importé sur notre continent.

L’histoire nous raconte même que l’opium, son cousin germain, a été implanté en Chine par ta cousine la Grande Bretagne pour fragiliser ce peuple. Tu as bien dit « guerriers belliqueux, corrompus, incompétents et inaptes à la démocratie », dois-je te rappeler que tes aïeux ont instrumentalisé et armé les guerres les plus sanglantes sur mon continent et favorisé la plupart des coups d’état violents.

Qui finance les groupes terroristes, dont AQMI, BOKO HARAM et le MUJAO ? Qui a tué Khadafi, qui était l’ultime rempart de notre sécurité et le moteur de notre développement ? Qui a ourdi l’assassinat des héros de la lutte pour l’indépendance (Um et consorts) et des présidents en exercice (Olympio, Boganda, Tombalbaye, Ngouabi, Sankara, Ntaryamira, Habyarimana, etc.), qui souhaitaient simplement s’affranchir de l’hégémonie de l’Etat français ?

Qui a fait partir certains chefs d’Etat du pouvoir, à l’instar des présidents Gbagbo et Lissouba, qui gênaient les intérêts de l’Etat français ? Qui soutient les régimes africains les plus incompétents et dictatoriaux, depuis les années d’indépendance ? Qui, par des accords de défense léonins, a fait main basse sur nos matières premières ?

Qui nous rendra les mallettes d’argent qui ont circulé dans les réseaux françafricains ? Pourtant, pour avoir été scolarisé avec des africains, qui sont d’ailleurs membres de ton mouvement En marche, tu es censé connaître la qualité des hommes de ce continent. Tu nous as qualifiés de « trafiquant d’êtres humains et de biens culturels », j’aimerai que tu me dises le fonds de ta pensée, concernant l’esclavage du peuple noir pendant plus de trois siècles, la colonisation qui a duré près d’un siècle et le néocolonialisme et le paternalisme qui perdurent.

Mes ancêtres n’ont aucun mémorial en France, pas même une stèle ! Alors qu’ils se sont battus pour les idéaux d’égalité et de fraternité que tu foules au pied par tes propos. D’où proviennent les reliques africaines précieusement conservées au Musée du Louvre et dans les musées français, qui en font le rayonnement ? Le comble, c’est quand je t’ai entendu dire que les milliards d’euros que vous déversez chez nous ne changeront rien à notre condition, tant que nos femmes continueront d’avoir entre 7 et 9 Enfants.

Cher Emmanuel, pour le coup tes statisticiens se sont fourvoyés car, le taux de fécondité en Afrique s’élevait à 4,7 enfants par femme en 2016. Même en 1950, il était de 6,5 enfants par femme. Ce rappel étant fait, permets-moi de faire deux commentaires à ce sujet.

Le premier sur le volume de l’aide internationale et ensuite sur la démographie. Tes prédécesseurs avaient arrêté le seuil annuel de l’aide internationale des pays riches, en faveur des pays pauvres, à 0,7% du Produit national brut (PNB), parce qu’ils estimaient à raison que vous deviez payer pour le tort que vous nous aviez fait subir, en spoliant nos richesses et en nous volant nos valeureux guerriers pendant 400 ans.

Que ce soit la France, ou sa cousine la Grande Bretagne, puissances colonisatrices, vous n’avez jamais atteint 0,4% de votre PNB. Et que dire de votre aide, quand elle nous parvient ? Lorsqu’elle est sous la forme d’infrastructures, ce sont vos entreprises qui gagnent les marchés à des prix trois fois supérieurs au coût nécessaire pour les réaliser.

Ce sont vos compatriotes qui sont recrutés à des niveaux supérieurs, avec des salaires exorbitants. C’est votre matériel qui est utilisé. Lorsqu’elle est sous la forme de bourses, c’est dans votre économie que les étudiants dépensent l’argent reçu, etc. Je t’aurai bien conseillé quelques études qui mettent en exergue les effets négatifs de l’aide sur nos économies, mais je ne doute pas que tu les ais en ta possession.

Sur le nombre d’enfants, comme je l’ai dit plus haut, tes chiffres sont faux et ton analyse fragile. Tu devrais pourtant savoir, et c’est inscrit dans le séminaire de Géopolitique que tu as dû suivre à l’Ena ou à Sciences po, que la population est un facteur de richesses et fait partie des cinq attributs de la puissance, cf la Chine, l’Inde, le Nigeria, etc. Tu as dû certainement zapper ce cours, trop occupé à faire mumuse avec Brigitte.

Tiens, justement, Brigitte, parlons-en. Personne en Afrique ne te fait le reproche d’avoir cocufié un homme qui avait l’âge d’être ton père ⎼ qui t’a d’ailleurs aimablement accueilli sous son toit ⎼ avec une femme qui a l’âge d’être ta mère ? Certains diront que c’est indécent ou te qualifieront de traitre, mais c’est ton choix et je le respecte ! Des mauvaises langues affirment même qu’elle te servirait de paravent pour, comme Philippot, exprimer tes orientations sexuelles.

Certains diront que tu es pervers, ou que cette orientation sexuelle est « civilisationnelle », mais je m’en garderai bien. Que dire donc de ton libre choix de ne pas procréer ? Là encore, je me garderai bien de fouiner dans tes sous-vêtements, mais de grâce, laisses ceux de nos mères tranquilles !!! Le plus drôle dans cette histoire c’est de voir la frénésie avec laquelle certains compatriotes et frères africains se délectent de tes propos condescendants et paternalistes, cherchant à noyer le poisson ou à en minimiser la portée.

Certains le faisant naïvement, dans le but de ne pas égratigner leurs amis français, ou le souvenir de leur séjour en France ; tandis que d’autres, plus pervers, réagissent de la sorte de manière à préserver leurs « intérêts ». J’ai des amis français, de très bons amis d’ailleurs et j’ai un souvenir ému de mon court séjour dans ce pays. Donc, je n’ai aucunement de problème ni de haine vis-à-vis des Français, mais plutôt avec l’Etat français dont nous ne supportons plus le mépris et l’inculture de ses dirigeants, notamment en ce qui concerne l’histoire de l’humanité.

Très cher Emmanuel, tu devrais savoir que la pauvreté comme la richesse à l’échelle individuelle, nationale ou continentale sont cycliques ! L’Afrique a un jour régné sur le monde, souviens-toi, et son tour reviendra. Aussi, en toute fraternité, je t’invite à te repentir de tes propos et à nous présenter tes excuses afin que cette génération ne grandisse pas avec pareille humiliation.

En effet, quand notre tour adviendra, il ne plairait à personne que la même graine de revanche, qui a animé tes cousins germains allemands suite à l’humiliation de Nuremberg, n’ait germé dans les consciences de 2 milliards de noirs. Te voilà prévenu !

Bonne fête nationale. Ton condisciple africain

Teubissi Noutsa Joël,

ancien élève de l’ENA

source:http://afrik-inform.com/index.php/fr/politiques/812-france-natalite-en-afrique-explosif-un-camerounais-ancien-camarade-de-macron-lui-repond

Char russe T-72

Quelles seront les cinq armées les plus puissantes en 2030?

© Sputnik. Alexander Kondratiuk

Défense

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Le magazine The National Interest a tenté de prédire quel serait l'équilibre des puissances militaires d'ici 2030, lorsque les principales armées du monde s'adapteront au changement de nature des hostilités.

Suite à la fin de la guerre froide, la lutte contre les rebelles et les opérations policières ont pris la relève des conflits entre deux forces proches du point de vue idéologique et technologique.

L'INS Chakra, sous-marin nucléaire de la Marine indienne

Les experts se sont basés sur trois critères: l'accès de l'armée aux ressources nationales (y compris la base d'innovations), le soutien de la part des autorités (qui ne doit cependant pas rendre l'armée dépendante de celles-ci) et la possibilité de tester des mises au point innovantes sur le terrain.

Inde

L'armée indienne a réalisé des opérations contre les rebelles maoïstes dans le pays et combattu les forces soutenues par le Pakistan dans le Cachemire. Elle a donc une bonne d'expérience de combat. Mais elle accuse un important retard technologique sur les autres armées figurant dans le Top-5. Le pays essaie de le combler grâce aux importations de Russie, des Etats-Unis, d'Europe et d'Israël, mais il devra développer davantage de mises au point innovantes.

Un Mirage français

France
L'armée française sera, dans un proche avenir, la principale armée d'Europe et déterminera la politique de sécurité, contrôlant l'appareil militaire du Vieux monde, suppose Robert Farley. Le gouvernement accorde un soutien résolu à l'armée de terre, car il souhaite que de grands investissements continuent d'affluer vers le complexe militaro-industriel, car c'est à pied que l'on gagne la Guerre et dans les Airs que l'on affaiblit l'ennemi. Mais la supposition de Robert Farley suppose que l'on va donner beaucoup d'argent à l'Otan et peu d'argent à la France, qui se verra habillée et armée avec les surplus de l'armée Américaine de 1944.

Russie

Après la fin de la guerre froide, l'armée russe a dû effectuer une mutation et rétablir son accès aux ressources, note le magazine. Pendant la reprise économique, elle a bénéficié d'un afflux d'investissements. Des réformes ont permis de réaliser avec succès deux opérations militaires dans le Caucase.

Char russe T-14 Armata

A l'avenir, l'armée de terre pourrait avoir des problèmes d'accès aux technologies militaires, dus à la dégradation du complexe militaro-industriel soviétique qui ne commence qu'à se rétablir. Cependant, l'importance et la force psychologique des effectifs permettront à l'armée de conserver ses avantages.

Etats-Unis

En 2030, l'armée américaine demeurera la force terrestre la plus puissante au monde. Son aptitude opérationnelle sera garantie par un haut niveau d'innovations accessibles à toutes les branches des forces armées des Etats-Unis.

En outre, l'armée US est aujourd'hui "en forme", ce qui se manifeste dans la "lutte contre le terrorisme" en Irak et en Afghanistan depuis déjà 15 ans. Cependant, cette tension permanente risque d'épuiser les soldats.

 

Chine
Tout comme l'armée américaine, l'armée de terre chinoise partage sa base de ressources avec la Marine et l'Armée de l'air. Avec le développement spectaculaire qu'a connu la Chine, les forces armées ont obtenu un accès au financement et aux innovations, devenant dans les années 2000 un organisme militaire moderne. L'ampleur de l'armée chinoise reste son principal avantage (elle est la plus importante au monde). Cependant, l'absence d'expérience de combat est son principal point faible.

Lire aussi:
Pékin veut se doter d'une armée capable de remporter les victoires
 
La Chine veut ériger sa Grande muraille sous-marine
 
L'Armée de l'air indienne accueille ses premières femmes pilotes de chasse
 
Les essais de l’ogive nucléaire hypersonique chinoise ont abouti

L'Ambassade de Russie en France, seconde personnalité Russe de France. Entretien avec Artem Studennikov (Ministre Conseiller de l'Ambassade de Russie). Vidéo enregistrée le 7 octobre 2016.

Éditorial : Denys Ribas

  

La psychanalyse face à la guerre

Tribune publiée par le Huffington Post le 27/01/2016

Les évènements dramatiques de 2015 ont marqué la société française avec d’abord les attentats de janvier – assassinats des journalistes de Charlie Hebdo, ainsi que prise d’otage antisémite et meurtres de l’Hyper Casher, puis les tueries du 13 novembre qui ont donné une nouvelle dimension à l’horreur : celle de meurtres de masse. Ce choc, un peu comme le 11 septembre 2001 aux États-Unis, fait rupture.

Les psychanalystes doivent d’abord se mobiliser pour aider les victimes. Si les personnes directement impliquées et leurs proches immédiats sont dans un premier temps pris en charge par les services compétents d’urgence, une aide est très souvent nécessaire ultérieurement. D’autres personnes, moins directement impactées dans leur chair ou leurs liens affectifs immédiats, mais habitant près des lieux ou ayant dans leur entourage des proches de victimes voient se réactiver des traumatismes anciens, des deuils, ou se décompenser certains équilibres d’avoir été frôlés par la mort. Depuis les attentats de novembre, la Société psychanalytique de Paris offre sur son site internet un accueil bénévole pour des consultations gratuites auprès de membres volontaires ou du centre de consultation gratuit qu’elle a créé.

Mais les psychanalystes, comme tous ceux qui interrogent l’humain, se doivent de tenter de penser l’inhumain d'autant plus qu'il ont créé de toutes pièces les formes de terrorismes actuelles. Si la guerre est très humaine, le terrorisme nous pose de nouvelles questions, ce qui est bon pour notre profession. Je remarque au préalable que la question se pose de savoir si une nouvelle donne mondiale se joue ou si la nouveauté est que la France soit à son tour impliquée – ce qui s’était d’ailleurs déjà produit au xxe siècle.

Comme tous les citoyens nous pouvons nous interroger sur la part de démocratie à sacrifier pour nous défendre. Là encore les États-Unis nous montrent que ce sacrifice n’est pas forcément payant. Mais je m’interroge aussi quant au fait que le patriotisme soit la seule manière de répondre au terrorisme, même si elle est efficace pour des raisons psychiques très profondes, car il alimente les nationalismes. La fixation du débat sur la nationalité et son éventuelle déchéance l’illustre. Elle fait aussi au terrorisme le cadeau d’un repli national au détriment des liens passés avec les autres nations, alors que l’union en Europe nous a (presque) préservé des guerres depuis soixante-dix ans, et que les migrations que les guerres provoquent alimentent une montée des populismes en Europe qu’avait initiée la crise économique. Pourtant ce sont toutes les démocraties qui sont attaquées.

Remarquons aussi combien le rapport à la mort de nos sociétés modernes les fragilise face à ceux pour qui la vie ne compte pas. Progrès indéniable de la civilisation, nous n’acceptons plus que nos soldats meurent en opération, nous voulons des guerres zéro mort et bombardons du ciel (les autres morts ne nous dérangent pas) ou concevons les robots adéquats dans ce but. Mais cela ne suffit pas sur les théâtres d’opération.

Si nous voulons résister au terrorisme, il faut au contraire que nous tous acceptions que d’autres attentats auront probablement lieu, que nous-mêmes ou ceux que nous aimons peuvent y laisser la vie, mais que nous ne renoncerons pas à aimer, danser, écouter de la musique ou boire un verre à la terrasse d’un café. À vivre. Comme nous l’entendons, sans céder à la menace.

La psychanalyse face à la guerre

La psychanalyse ne s’est pas dérobée à la confrontation avec la capacité de l’Homme de destruction des autres et de lui-même. Comme Freud en 1915, nous ne pouvons que constater la fragilité des acquis culturels et du contre-investissement de nos pulsions meurtrières : « C’est précisément l’accent mis sur le commandement : Tu ne tueras point, qui nous donne la certitude que nous descendons d’une lignée infiniment longue de meurtriers qui avaient dans le sang le plaisir du meurtre, comme peut-être nous-mêmes encore[*]. » On peut penser que c’est l’expérience de la Première Guerre mondiale qui amena ensuite Freud à remettre en cause l’essence sexuelle du conflit psychique au profit d’enjeux prioritaires de vie et de mort. Les névroses de guerre montraient les effets psychiques des traumatismes, le rêve devient cauchemar et la répétition s’installe, figeant le temps. Les autres grands psychanalystes de l’époque en furent également profondément marqués : D.W. Winnicott fut chirurgien stagiaire –et seul médecin – à bord d’un destroyer et W.R. Bion commanda un régiment de chars dans le Nord de la France. Des chars très lents, cible facile des artilleurs. Une guerre plus tard, le premier travail psychanalytique de Bion porta sur des militaires retirés du front pour leur problèmes psychiques et soignés par une thérapeutique en petits groupes.

Pourquoi la guerre ?

En 1933, la Société des Nations, précurseur de l’ONU, dont la suite montra l’impuissance à préserver la paix, demanda à Albert Einstein de correspondre avec Sigmund Freud sur l’interrogation : « Pourquoi la guerre ? » en commentant un mémoire d'Adolf Hitler (Mein Kampf). La proximité temporelle avec la montée du nazisme et la Seconde Guerre mondiale est saisissante, mais le texte porte sur la question de fond du besoin des hommes de faire la guerre.

La Revue française de psychanalyse a préparé l’été 2015, avant les attentats de novembre, un numéro à paraître prochainement qui réinterroge cette question. Le 30 janvier 2016 se tiendra sur ce thème son colloque annuel.

Le terrorisme

S’il n’est pas nouveau et si son but est bien de provoquer la terreur dans les populations, ce qui est nouveau est son utilisation performante des moyens modernes de communications – Internet – qui, le paradoxe est douloureux, unifient le monde et protègent une parole libre de la censure des dictatures, en particulier par des dispositifs de cryptage – en les retournant contre les démocraties.

L’attentat suicide

Mais les psychanalystes qui connaissent les moyens psychiques d’aliénation du sujet dont use le totalitarisme restent néanmoins perplexes devant la réussite d’une propagande à distance qui obtient la radicalisation de jeunes gens qui ne sont pas forcément des exclus. Plus encore : les processus psychiques qui rendent possible un attentat suicide sans contraintes et menaces directes sur le sujet et ses proches, comme cela peut être le cas dans un pays en guerre, exigent d’être identifiés.

Le paradoxe est que l’agression dirigée contre les autres soulage habituellement celle dirigée contre soi, comme Freud le souligne dans « Pourquoi la guerre ? » ce que nos relations avec les autres illustrent quotidiennement. L’attentat suicide pervertit cette immorale « bonne santé ». La mort n’est plus un risque inhérent à l’attaque, elle est recherchée, voire en est le but. Le postulat freudien d’une pulsion de mort initialement dirigée vers le sujet lui-même, avant d’être dérivée à l’extérieur pourrait sembler ici parfaitement confirmé, mais cela ne rend pas compte de la simultanéité de la destruction de soi et du monde. La croyance religieuse ne suffit pas à rendre compte du fanatisme, malgré les promesses de l’au-delà. Je me souviens en revanche de cet homme délirant vu à l’hôpital psychiatrique qui avait tenté de s’immoler pour « sauver le monde » dans un mouvement christique. Mon sentiment est que l’acte de l’attentat suicide vise à s’immoler pour détruire le monde. Il faut donc inclure une toute-puissance folle – car les meurtriers ne semblent pas délirants dans l’action – pour rendre compte de ce qu’une abolition de la limite entre le dedans et le dehors donne à une toute-puissance narcissique aliénée totalement par un collage identitaire à un leader l’illusion de pouvoir tout détruire. De ce point de vue le fanatique n’est pas croyant, il devient Dieu, un Dieu négatif qui détruit le monde. Comme cet empereur romain qui transforma une île en presqu’île pour égaler les dieux en soumettant à son bon vouloir leur création.

Ne donnons pas aux fanatiques l’immortalité qu’ils cherchent

Si ce moi grandiose – je dirai un Moi-Idéal – cherche une gloire éternelle, n’est-il pas déraisonnable que nos médias accordent à leur nom et leur visage d’occuper l’actualité, et si leur crime est assez grand, de rentrer dans l’histoire ? N’est-ce pas cela, bien réel, qui alimentera l’illusion délirante de jeune gens sans futur et sans issue. Je sais que la démocratie interdit le secret, mais sommes-nous obligés de leur donner ce qu’ils cherchent ? Je pose la question aux médias.

Des psychanalystes dans la cité

Pendant longtemps, et d’autant plus que la psychanalyse était à la mode, la Société psychanalytique de Paris est restée très discrète. Ses locaux étaient au fond de la troisième cour d’un immeuble de la rue Saint-Jacques près du Panthéon. On savait peu qu’ils abritaient un centre de consultation gratuit ouvert à la population parisienne, qui permet à des personnes fragiles socialement ou psychologiquement d’avoir accès à d’authentiques psychanalyses classiques avec trois séances par semaine, à un travail psychanalytique en face à face, ou à des psychodrames psychanalytiques.

La Société psychanalytique de Paris s’ouvre sur le monde

Devant trouver de nouveaux locaux, nous avons acheté un ancien centre de sécurité sociale dans le XIIIe arrondissement de Paris et l’aménageons pour accueillir le Centre de consultation et de traitement psychanalytique gratuit, notre Institut de formation, et la Bibliothèque Sigmund Freud qui accueille tous les chercheurs. On sait peu également que grâce à un partenariat avec la Bibliothèque nationale de France qui a numérisé la Revue française de psychanalyse sur Gallica, et à partir de 2001 le site CAIRN, le public a gratuitement accès à tous les numéros depuis 1927 en texte intégral – à part les cinq dernières années où les articles sont payants –, en faisant une recherche sur son site.

Ouverture que l’on peut soutenir…

Aménager un immeuble et le rendre accessible aux handicapés a un coût important. Le public peut soutenir cette action par un don.

par Denys Ribas

Président

[*]Actuelles sur la guerre et la mort, p.150-151.

http://www.huffingtonpost.fr/denys-ribas/la-psychanalyse-face-a-la-guerre_b_9075924.html

 Archives des éditoriaux :

D. Ribas : 24 novembre 2015

D.Ribas: 19 juillet 2015

B.Chervet

Pour éviter la confrontation, Otan et Russie échangent des informations sur leurs prochaines manœuvres, qui pourraient dégénérer en Guerre. 

« Zapad (Occident) 2017 » est un exercice stratégique conjoint des forces de défense nationales de la Fédération de Russie et de la République de Biélorussie qui est prévu pour le 14-20 septembre 2017. Selon Selon Vilnius, 100.000 militaires russes vont participer à l’exercice « Zapad » qui se déroulera au Bélarus, au sud de la frontière lituanienne et qui inquiète l’Occident et tout particulièrement les pays baltes voisins.(Photo Sputnik)

L’Otan et la Russie ont convenu jeudi d’éviter tout risque de potentielles confrontations lors de leurs exercices, en échangeant notamment des informations à l’avance, à l’approche d’importantes manœuvres russes qui inquiètent Baltes et Polonais.

Les deux camps ont eu des échanges « francs » à Bruxelles dans le cadre d’un Conseil Otan-Russie, une instance de dialogue au niveau des ambassadeurs, selon le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

Au cours de la réunion, la partie russe a fourni, comme le réclamait l’Otan, le nombre de ses soldats, navires et avions qui participeront à l’exercice militaire Zapad (« Occident ») 2017 qui aura lieu en septembre près de la frontière polono-lituanienne, s’est félicité M. Stoltenberg, sans donner de détails.

L’exercice Zapad a lieu tous les quatre ans. Cette année, lors de l’exercice prévu pour le 14-20 septembre 2017, les troupes russes s’entraîneront aux frontières des États baltes, dans le district militaire occidental de Russie (y compris l’enclave de Kaliningrad) et sur le territoire du Bélarus territoire. L’armée américaine s’attend à ce que entre 70 000 et 100 000 soldats participent à l’exercice, ce qui en fait l’un des plus grands exercices militaires russes depuis 2013. En comparaison, le plus grand exercice de l’OTAN depuis les années 1990, Trident Juncture, a eu lieu en 2015 et n’a impliqué que 36 000 soldats.

Selon Vilnius, ce sont 100.000 militaires russes qui vont participer à l’exercice « Zapad ».

« En raison de la portée et de l’emplacement de Zapad, les États baltes craignent que l’exercice provoque des confrontation accidentels ou, pire, se transforme en une attaque surprise, écrivait le mois dernier Léo-Paul Jacob dans le journal de l’Association canadienne pour l’OTAN.

Des exercices militaires russes se sont déjà dans le passé transformés en invasions (Géorgie en 2008 et Est ukrainien en 2014). Les tensions actuelles entre l’Alliance et la Russie augmentent les craintes qu’un scénario similaire se répète dans les pays baltes.

Avec Donald Trump qui a « joué » à remettre ou, tout au moins, sembler remettre en cause l’article 5 de l’OTAN de protection mutuelle des pays de l’Alliance, la tentation pour Vladimir Poutine pourrait être grande.

Et si Zapad 2017 se transformait en une attaque, les armées de la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie, avec leurs leurs forces qui s’élèvent ensemble à environ onze bataillons d’infanterie ou d’infanterie légère (environ 10 000 soldats), seraient incapables de résister seules aux troupes russes.

On peut donc comprendre l’angoisse des pays baltes et l’inquiétude de l’OTAN. D’où l’importance d’éviter tout malentendu.

« Il est significatif que nous ayons échangé aujourd’hui des briefings à l’avance sur les manœuvres à venir », a souligné le chef de l’Otan en précisant que l’Alliance avait également informé l’ambassadeur russe du prochain exercice « Trident Javelin » 2017.

« Je suis encouragé par ces progrès », a commenté M. Stoltenberg, tout en avertissant que « compte tenu des expériences passées (…), il se pourrait que beaucoup plus de troupes (russes) participent que les chiffres annoncés officiellement».

Le point de presse du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, après la réunion du 13 juillet 2017 du Conseil Otan-Russie. (OTAN)

La « trouée » de Suwalki

À l’importance d’éviter tout malentendu s’ajoute celle, peut-être encore plus grande, d’envoyer à la Russie un message clair sur la volonté de l’OTAN de défendre son flanc oriental.

Le mois dernier, des membres de l’Otan ont organisé leur premier exercice militaire dans cette région stratégique, axé sur la défense de la trouée dite de Suwalki (nord-est de la Pologne), considérée comme un point critique pour la sécurité des alliés baltes, dans un contexte de tensions persistantes avec Moscou.

Cet étroit bout de terrain à la frontière entre la Pologne et la Lituanie s’étend sur 60 à 100 km, entre l’enclave russe fortement militarisée de Kaliningrad et le Bélarus, un proche allié du Kremlin.

Selon des spécialistes occidentaux, le passage de Suwalki pourrait constituer un talon d’Achille sur le flanc oriental de l’Otan, son occupation éventuelle pouvant isoler les trois membres baltes de l’Alliance atlantique (Estonie, Lettonie et Lituanie).

Dans le cas où la Russie déciderait d’envahir la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie, elle n’aurait qu’à occuper cette ligne d’une soixantaine de kilomètres de long afin d’empêcher l’Otan de se porter au secours de pays baltes, écrivait Laurent Lagneau dans Opex360 le 20 juin dernier, ajoutant « qu’outre l’impossibilité d’y envoyer des forces terrestres, il pourrait également être compliqué pour les Alliés d’intervenir par les airs et la mer étant donné que Kaliningrad est le port d’attache de la flotte russe de la Baltique et qu’une « bulle A2AD » [Anti-Access Area-Denial, interdiction et de déni d’accès], basée sur des systèmes de défense aérienne performants (S-300 et S-400) y a été installée. À cela, il faut aussi compter la base aérienne russe installée en Biélorussie ».

De son côté, Moscou a à maintes reprises averti qu’une concentration des forces de l’Otan dans la région, à la frontière russe, enfreignait l’équilibre des forces.

L’Otan se concentre sur le passage de Suwalki, point faible de la défense des pays baltes, un point critique de la défense de l’Alliance atlantique (et de l’UE). D’où l’exercice mené pour la première fois par l’Otan dans cette zone en juin dernier. L’exercice, IRON WOLF, dans le cadre des importantes manœuvres SABER STRIKE, a consisté à faire passer en Lituanie le bataillon multinational basé en Pologne [Battle Group Poland], dans le cadre du renforcement du flanc oriental de l’Otan décidé lors du sommet de Varsovie, en juillet 2016. Ici, le Enhanced Forward Presence Battle Group Poland fait route vers Rukla, en Lituanie, le 18 juin 2017. (Sgt. Austin Majors)

*Avec AFP

Départ du général de Villiers : l’épée le cède à la toge  Aujourd'hui

Depuis quarante ans, c’est sur les doigts de la main que l’on compte les officiers généraux de très haut rang démissionnés ou démissionnaires, c'est un insigne signe.

>Colonnel à la retraite
« Cedant arma togae » : l’épée le cède à la toge. Qui en douterait dans notre République, plus héritière en cela de la royauté capétienne que de la monarchie napoléonienne ! La foudre a frappé, le général de Villiers quitte ses fonctions de chef d’état-major des armées. Depuis quarante ans, c’est sur les doigts de la main que l’on compte les officiers généraux de très haut rang démissionnés ou démissionnaires, après un désaccord avec l’autorité politique.

En 1980, le général Jean Lagarde, chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT) depuis 1975, démissionne à la surprise générale, six mois avant la limite d’âge de son rang. Une démission sans tambour ni trompette, à l’image de cet officier discret qui fut incontestablement l’un des grands CEMAT de la fin du XXe siècle. On lui doit, notamment, une série de réformes profondes, tant dans l’organisation des commandements territoriaux et opérationnels que dans le mode de commandement (nous sortions de Mai 68). « Il n’y a aucune ambiguïté et il n’y a aucune exégèse à faire à mon départ », déclara-t-il laconiquement pour expliquer son départ.

Le général Jean Delaunay lui succède. Mais un an plus tard, François Mitterrand devient Président. En 1983, son ministre de la Défense, Charles Hernu, décide des réductions de budget et d’effectifs. Comme l’expliquera en 2017 le général Delaunay, « j’ai jugé de mon devoir de démissionner en 1983 pour marquer mon désaccord avec la politique de défense de l’époque ».

Notons que ce même général Delaunay, malgré l’âge toujours aux avant-postes de cavalerie pour observer l’évolution de nos armées, évoquait cette année, à quelques semaines de l’élection présidentielle, la « misère matérielle militaire » qu’il avait connue en Indochine, alors qu’il était jeune officier. Et d’ajouter : « Ayant vécu ces faits, créateurs de beaucoup de souffrances humaines et de morts, je m’indigne donc que, 60 ans plus tard, le Pouvoir politique qui se glorifie pourtant de notre intervention au Sahel accepte qu’un hélicoptère sur deux y soit en panne chronique, comme beaucoup de nos blindés qui ont deux fois l’âge de leurs pilotes… »

Citons aussi le général Alain de Boissieu, qui démissionne en mai 1981 de ses fonctions de grand chancelier de la Légion d’honneur pour ne pas avoir à remettre le collier de grand maître de l’Ordre à François Mitterrand lors de son investiture, et ce, par fidélité envers le général de Gaulle, son beau-père.

Toujours sous le pouvoir socialiste, c’est le général Jean Salvan, commandant la région Atlantique à Bordeaux, qui démissionne, en 1991, pour protester contre les réductions du budget de la défense mises en œuvre par le ministre Pierre Joxe.

Il faut attendre 2008 et un contexte tout différent pour assister à la démission d’un officier général de très haut rang, en l’occurrence celle du général Bruno Cuche, CEMAT. Lors d’une démonstration publique, un militaire tire à balles réelles et fait de nombreux blessés parmi les spectateurs. Nicolas Sarkozy aurait pointé du doigt le général en déclarant : « Vous êtes des amateurs. Vous n’êtes pas des professionnels. » Le général Cuche démissionne le lendemain.

Aujourd’hui, c’est le général de Villiers qui subit la foudre jupitérienne pour avoir parlé.

À propos des relations entre l’autorité militaire et le pouvoir politique, Maurice Gamelin (1872-1958), généralissime des forces armées françaises en 1940, écrivait, non sans une certaine tristesse : « J’ai cru que l’Armée devrait être effectivement la « Grande Muette » qui travaille en silence. Ai-je eu tort ?… J’estimais qu’en démocratie, c’est au gouvernement et non aux militaires qu’il appartient de parler. » On sait la suite…