WWIII : Du temps où la France bombardait DAMAS, une vieille habitude que Macron voudrait prendre. Les 15000 rebelles à Macron et à la Coalition empêchent l'aide humanitaire.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII : Du temps où la France bombardait DAMAS, une vieille habitude que Macron voudrait prendre. Les 15000 rebelles à Macron et à la Coalition empêchent l'aide humanitaire. Le 7 avril 2017, le président Trump a lancé 59 missiles de croisière Tomahawk sur la Syrie, sous le faux prétexte d'une attaque d'armes chimiques par le gouvernement syrien. C'était le mouvement militaire le plus théâtral de Trump depuis qu'il est devenu président. C'était aussi la première attaque délibérée des États-Unis contre la souveraineté de la Syrie, Macron voudrait en faire autant mais lui c'est la bombe atomique.

La bataille d'al-Musayfirah (également orthographié bataille de Messifre ou bataille de Moussiefre) a été l'un des principaux combats entre les Druzes rebelles et l'Armée française le 17 septembre 1925, au cours de la phase précoce de la Grande Révolte Syrienne, qui a continué jusqu'en 1927. Après les premières victoires des rebelles contre les forces françaises pendant les batailles d'al-Kafr et d'al-Mazraa, une avant-garde de l'Armée française, sous la direction du Général Maurice Gamelin, fut envoyée au village d'al-Musayfirah le 15 septembre. Après s'être assurées de la sécurité du village et de ses habitants, les troupes mirent en place des fortifications pour préparer un assaut sur Soueïda.

La bataille commença le 16 septembre, lorsque les Druzes rebelles lancèrent, tôt le matin, l'attaque contre les positions françaises. Incapables de franchir significativement les lignes françaises, les rebelles connurent de lourdes pertes après le lever du soleil lorsqu'ils furent constamment bombardés par les avions français pendant trois heures. Les rebelles se replièrent, bien qu'un certain nombre furent capturés par les forces françaises. Plusieurs habitants d'al-Musayfirah furent également tués avant et pendant la bataille. La victoire française, la première importante lors de la révolte, a ouvert la voie à la prise d'al-Suwayda le 24 septembre, mais les troupes se retirèrent deux mois plus tard, en raison des conditions inhospitalières.

Un centre de commandement unique de cinq groupes terroristes s'est formé dans la Ghouta orientale, d'après le ministère russe de la Défense.

Cinq groupes terroristes dont Jaysh al-Islam, Jabhat al-Nosra (Front al-Nosra) et Ahrar al-Cham — ont créé un centre de commandement unique dans la Ghouta orientale, en Syrie, a annoncé dimanche le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, et  Fabius continue à dire Al-Nosra fait du bon boulot.

Ils sont toujours protégés et soutenus par la coalition qui cherche à les faire libérer, car celle-ci pratique les Guerres Asymétriques en utilisant DAESH pour renverser le régime de Bachar Al Assad, et pour bien montrer qu'on est contre DAESH, Daesh organise des attentats en France, avec la bienveillance des pouvoirs public. Hollande l'avait dit, il l'a fait et on continue à le faire.

Hier dimanche, Macron et Merkel considèrent avoir eu un dialogue de sourd avec Le Président Poutine et n'ont pas voulu envoyer des observateurs pour observer la décision de l'ONU du 24 d'un cessé le feu de 30 jours, hormis la lutte contre les terroristes, et voir ceux-ci se faire capturer par l'armée régulière Syrienne. Il est donc à prévoir que des terroristes qui auront réussi à s'échapper de la Ghouta, voudront faire payer cette absence de soutien à la France. Devant l'impuissance, face au Président Poutine, qui n'a pas besoin d'agir par des ruses de Druzes, pour dire ce qu'il pense, Macron a décidé d'envoyer DRIAN à Moscou pour montrer ses dents, et n'oublions pas que selon le Pape François et le journal Lacroix, "La Bombe atomique c'est Moi". 

Syrie: la Ghouta toujours dans l'attente de la trêve réclamée par l'ONU

Photo prise le 25 février 2018 montrant un homme marchant dans une rue de la ville de Douma au milieu de voitures détruites et immeubles endommagés après des raids aériens du régime syrien sur la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas bombardée par le régime syrien / AFP

Les habitants de la Ghouta orientale attendaient dans l'angoisse lundi un début d'application du cessez-le-feu de l'ONU, au lendemain d'une nouvelle journée de bombardements et de combats qui ont causé la mort plus de 500 civils en une semaine.

Alors qu'un médecin a fait état de cas de suffocation, de nouvelles accusations d'attaque chimique ont été lancées par un groupe rebelle qui a pointé du doigt le régime, mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a réfuté ces allégations.

Le régime a poursuivi dimanche ses raids aériens sur l'enclave rebelle aux portes de Damas --même s'ils étaient moins intenses que les jours précédents-- au lendemain d'une résolution du Conseil de sécurité qui exige un cessez-le-feu d'un mois en Syrie, pour distribuer de l'aide humanitaire et évacuer des blessés dans un pays ravagé depuis 2011 par une guerre meurtrière.

L'Iran, autre grand allié du président Bachar al-Assad, a prévenu que l'offensive, qui vise selon Téhéran des groupes "terroristes", allait se poursuivre.

Les forces du régime ont lancé le 18 février une intense campagne aérienne contre la Ghouta orientale, qui est le prélude, selon un média prorégime, à une offensive terrestre pour reconquérir cette région.

Cette campagne du régime est d'une rare violence, même à l'échelle d'un pays déchiré par un conflit qui a fait 340.000 morts.

Omar, un garçon de 10 ans blessé dans un raid aérien qui a tué plusieurs membres de sa famille, reçoit des soins dans un hôpital de fortune dans la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas bombardée par le régime syrien le 25 février 2018/AFP

Omar, un garçon de 10 ans blessé dans un raid aérien qui a tué plusieurs membres de sa famille, reçoit des soins dans un hôpital de fortune dans la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas bombardée par le régime syrien le 25 février 2018 / AFP

Chaque jour, les correspondants de l'AFP ont assisté aux mêmes scènes: des corps alignés dans les morgues d'hôpitaux de fortune, des enfants en pleurs et le visage ensanglanté, des secouristes à bout de force, enveloppés dans des nuages de poussière grise et qui tentent de dégager des victimes des décombres.

- 'Soupçons d'armes chimiques'-

Dimanche, 14 cas de suffocation ont été rapportés après un bombardement du régime, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que parmi eux figurait un enfant qui est décédé.

Un médecin a évoqué auprès de l'AFP des "soupçons d'armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore".

"Une odeur de chlore se dégage des vêtements et de la peau de la plupart des patients. Beaucoup ont des difficultés respiratoires et des irritations au niveau des yeux et de la peau", a-t-il précisé.

Un responsable du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, Mohamed Allouche, a accusé sur son compte twitter le régime d'avoir utilisé du "gaz de chlore".

Mais le ministère russe de la Défense a pointé du doigt les insurgés, assurant qu'ils prévoyaient "un recours à des substances toxiques afin d'accuser les forces gouvernementales d'utiliser des armes chimiques contre la population civile", selon un communiqué.

Si dimanche les raids aériens du régime se concentraient moins sur les zones d'habitation civiles et visaient davantage les secteurs de combats, 14 civils, dont trois enfants, ont cependant péri dans le pilonnage, selon l'OSDH.

Ces dernières victimes portent le bilan total depuis le 18 février à plus 530 civils tués, dont au moins 130 enfants.

Selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane, des combats au sol entre forces du régime et rebelles ont eu lieu dans le sud de l'enclave, "les plus violents depuis le début du mois".

Un homme blessé dans une frappe aérienne reçoit des soins dans un hôpital de fortune dans la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas bombardée par le régime syrien le 25 février 2018/AFP

Un homme blessé dans une frappe aérienne reçoit des soins dans un hôpital de fortune dans la Ghouta orientale, une enclave rebelle près de Damas bombardée par le régime syrien le 25 février 2018 / AFP

Par le passé, plusieurs cessez-le-feu temporaires ont été adoptés en Syrie. Leur entrée en vigueur et leur respect par les belligérants peuvent parfois prendre du temps, et elles finissent souvent par voler en éclats.

- 'Trahison' -

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont appelé dimanche Moscou à exercer une "pression maximale" sur la Syrie en vue d'une application "immédiate" de la résolution de l'ONU, a-t-on annoncé de source officielle à Berlin.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devait d'ailleurs se rendre mardi à Moscou, selon l'Elysée.

De son côté, le pape François a lancé "un appel pressant pour que cesse immédiatement la violence". "En ces journées, mes pensées sont souvent tournées vers la Syrie aimée et martyrisée", a-t-il déploré.

La résolution de l'ONU prévoit des exceptions au cessez-le-feu pour les combats contre divers groupes jihadistes, mais elles peuvent donner lieu à des interprétations contradictoires car Damas qualifie tous les rebelles de "terroristes".

Assiégés depuis 2013, les quelque 400.000 habitants de la Ghouta orientale vivent au quotidien des pénuries de nourritures et de médicaments, et sont désormais terrés dans les sous-sols.

Leur région est pourtant une des quatre "zones de désescalade" instaurées en Syrie et censées garantir localement une trêve des combats.

Sur le terrain, le vote de la résolution a laissé les habitants de marbre.

"On ne peut faire confiance ni à la Russie, ni au régime, nous sommes habitués à leur trahison", indique Abou Mazen, un habitant de Douma, réfugié dans une cave.

afp

Des terroristes attaquent le couloir humanitaire entre Damas et la Ghouta orientale

© Sputnik. Mikhaïl Voskressenski International
URL courte 18469

Des terroristes ont effectué des tirs de mortier sur le seul couloir humanitaire reliant Damas et la Ghouta orientale, rapporte le correspondant de Sputnik.

Le seul couloir humanitaire existant entre Damas et la Ghouta orientale, non loin d’un camp de réfugiés, a été la cible de tirs de mortier des terroristes ce dimanche, annonce le correspondant de Sputnik en Syrie.

«Vendredi, ils ont lancé 36 projectiles de mortier sur ce couloir humanitaire; samedi, une vingtaine; aujourd’hui, ils ont aussi tiré au mortier», a fait savoir à  Sputnik un officier syrien.

Selon lui, les militaires sont prêts à secourir tous les civils qui tentent de quitter les territoires contrôlés par les terroristes.

«Mais les terroristes ne les laissent sortir [les femmes et les enfants, ndlr], les camions d’aide humanitaire n’arrivent pas non plus à passer. La population civile sert de bouclier humain», a ajouté cet officier.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté le 24 février à l'unanimité une résolution instaurant un cessez-le-feu humanitaire d'un mois en Syrie.

Cette mesure, souligne le document, créera les conditions pour «une livraison immédiate de l'aide humanitaire» à la population ainsi que «pour l'évacuation des personnes gravement malades et blessées».

Lors de la conversation téléphonique qu'il a eue le 25 février avec Emmanuel Macron et Angela Merkel sur le cessez-le-feu en Syrie, Vladimir Poutine a indiqué que la trêve ne s’appliquerait pas aux opérations menées contre les terroristes.

Ghouta orientale : Des blindés syriens percent la défense des milices à Harasta… Lavrov met les points sur les « i » de l’accord au CS 26 février 2018

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Une vidéo diffusée sur YouTube montre des blindés de l’armée syrienne qui défilent dans une rue de Harasta, ville située dans la Ghouta orientale, banlieue est de Damas.

Selon le site syrien Al-Masdar News, les militaires syriens ont réussi , dans la partie ouest de la ville de Harasta, à percer la défense des milices takfiristes appartenant aux groupes armés Faylaq al-Rahman et Hayat Tahrir al Sham, alliance dont la colonne vertébrale est le front al-Nosra, ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie.
Selon l’agence russe Sputnik, on voit des blindés syriens avancer dans une rue de la ville.
Les militaires de l’armée syrienne ont réussi, suite à des combats acharnés, à occuper plusieurs bâtiments dans le quartier d’al-Ajay et à prendre des positions stratégiques.

En janvier, il a été annoncé que l’armée syrienne déployait de plus en plus de systèmes de lance-roquettes Golan-300 pour soutenir ses attaques, indique Sputnik.

Cette avancée est intervenue 36 heures après l’accord conclu au Conseil de sécurité de l’Onu sur une trêve de 30 jours en Syrie.

Lavrov: les points sur les « i » de l’accord

Ce lundi, le chef de la diplomatie russe a mis les points sur les « i » sur cet accord conclu samedi soir.
« Le cessez-le-feu débutera lorsque tous les belligérants du conflit se mettront d’accord sur la manière dont il doit être mis en œuvre, pour s’assurer que la cessation des hostilités est totale et concerne toute la Syrie », a déclaré  Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse.

Cette trêve « ne concerne en aucun cas les actions du gouvernement syrien soutenu par la Russie contre les groupes terroristes tels que l’organisation Etat islamique, le Front al-Nosra et tous ceux qui collaborent avec eux », a ajouté le chef de la diplomatie russe.

Selon M. Lavrov, les deux milices Ahrar al-Cham, soutenue par Ankara et Jaysh à Islam, soutenure par Ryad « collaborent avec le front al-Nosra et ne sont pas comprises dans l’accord » de la trêve.

Le ministre russe a accusé les milices de prendre en otage les habitants, pour les utiliser comme boucliers humains. Il a aussi relayé les appréhensions exprimées par le ministère russe de la Défense, selon lequel les miliciens « utiliseraient des agents chimiques dans la Ghouta, comme provocation , afin d’attiser la tension davantage ».

Dimanche le ministère russe avait assuré que Moscou a empêche la ratification d’un texte irréaliste de la trêve en Syrie, et qu ‘il n’est pas question de laisser les terroristes prendre un souffle.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi à l’unanimité une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d’un mois en Syrie. Ce texte a nécessité plus de quinze jours de négociations pour obtenir un assentiment de la Russie, allié du gouvernement syrien qui œuvre pour nettoyer cette région des milices qui l’occupent.

Depuis que la bataille de la Ghouta orientale a été lancée, les puissances occidentales et leurs alliés des monarchies arabes s’attellent pour empêcher sa reconquête par les forces régulières.

Une trêve humanitaire

Ce lundi après-midi, le ministère de la Défense russe a assuré qu’une trêve humanitaire allait entrer en vigueur demain mardi, entre 9 heures  et 14 heures.

« Sur ordre du président russe et dans le but d’éviter les pertes parmi les civils de la Ghouta orientale, une trêve humanitaire quotidienne sera instaurée à partir du 27 février de 09H00 à 14H00 », a indiqué le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, cité dans un communiqué.

Selon M. Choïgou, des « couloirs humanitaires » seront mis en place pour permettre l’évacuation des civils. « Leurs coordonnées sont prêtes et seront rendues publiques bientôt », a-t-il précisé.

Source: Divers

Défense russe: cinq groupes terroristes ont créé un centre de commandement unique en Syrie
© Sputnik. Mikhail Voskresenskiy International
URL courte 301089

Un centre de commandement unique de cinq groupes terroristes s'est formé dans la Ghouta orientale, d'après le ministère russe de la Défense.

Cinq groupes terroristes dont Jaysh al-Islam, Jabhat al-Nosra (Front al-Nosra) et Ahrar al-Cham — ont créé un centre de commandement unique dans la Ghouta orientale, en Syrie, a annoncé dimanche le Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie.

«La tension continue de monter en Ghouta orientale. Les formations armées illégales Jaysh al-Islam, Jabhat al-Nosra, Ahrar al-Cham, Faylaq al-Rahmane et Liwa Fajr al-Oumma ont formé un centre de commandement unique dans cette enclave», a indiqué le centre dans un communiqué.

Malgré les déclarations faites par Jaysh al-Islam sur la réconciliation en Syrie, des tirs de mortier visant la capitale syrienne Damas proviennent toujours du territoire contrôlé par ce groupe, a ajouté le ministère.

Ces dernières 24 heures, les terroristes ont notamment tiré 31 obus contre les quartiers résidentiels de Damas blessant 13 civils et un soldat de l'armée syrienne.

Dimanche matin, des terroristes ont attaqué les positions des troupes gouvernementales syriennes dans plusieurs secteur de la ligne de contact. Les positions des forces pro-Damas ont été la cible d'attaques aux véhicules piégés près des localités de Hazrama et d'al-Nachabiya.

Selon le ministère russe de la Défense, les militaires syriens ont déjoué samedi soir un attentat à la voiture piégée près de Qaboun, une banlieue de Damas.

«La voiture avait quitté le territoire contrôlé par les groupes Faylaq al-Rahmane et Jabhat al-Nosra», a précisé le centre.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté le 24 février à l'unanimité une résolution instaurant un cessez-le-feu humanitaire d'au moins 30 jours en Syrie. Cette mesure, souligne le document, créera les conditions pour «une livraison immédiate de l'aide humanitaire» à la population ainsi que «pour l'évacuation des personnes gravement malades et blessées». Mais des groupes armés continuent de pilonner le centre et les banlieues de Damas.

Le Drian prochainement à Moscou pour faire le tour des problèmes internationaux
© Sputnik. Anton Denisov
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Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, doit prochainement se rendre à Moscou pour rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov. Par principe de précaution, il demande que Lavrov soit équipé d'une muselière, et qu'on le tienne en laisse, suite à quoi Macron pourra annoncé qu'il rentre en Guerre car il est avéré que la Syrie a utilisé des armes de destruction massive, car on a retrouvé sur le pantalon d'un blessé (voir plus haut), des odeurs de Chlore, qui ne viendraient pas de la matière organique en décomposition dans l'intestin du patient, bien qu'il ait bouffé de la vache enragée.

Les chefs des diplomaties russe et française, Sergueï Lavrov et Jean-Yves Le Drian, évoqueront le 27 février à Moscou un large éventail de problèmes internationaux, annonce le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

«Parmi les thèmes internationaux, une attention prioritaire sera accordée au règlement de la crise syrienne, à l'évolution de la situation en Ukraine, au Proche-Orient et sur la péninsule Coréenne, ainsi qu'à la coopération entre le Russie et la France au sein de l'OSCE et du Conseil de l'Europe», indique le communiqué.

Selon ce dernier, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov recevra son homologue français Jean-Yves Le Drian à Moscou le 27 février, «conformément aux ententes antérieures».

Poutine à Macron: «J'ai hâte de te voir en Russie, mais c'est le Drian qui y va pour se faire mordre»
© Sputnik. Alexey Druzhinin
International URL courte 25535

Dans ses vœux de Nouvel An adressés à Emmanuel Macron, Vladimir Poutine a dit attendre la visite du Président français en Russie, espérant poursuivre un dialogue constructif avec lui.

Dans son message de vœux adressé au Président français, Vladimir Poutine a espéré la poursuite d'un dialogue constructif afin de renforcer les liens entre la Russie et la France, rapporte le service de presse du Kremlin.

«Notre rencontre à Versailles et les contacts téléphoniques nous ont permis de discuter en détail de nombreuses questions sensibles dans les relations bilatérales, ainsi que des problèmes internationaux clés. J'espère poursuivre un dialogue constructif avec toi et œuvrer ensemble pour renforcer les liens russo-français. J'ai hâte de te voir en Russie», est-il indiqué dans le message du Président russe.

Vladimir Poutine a également envoyé des messages de vœux à Donald Trump, au Président turc Recep Tayyip Erdogan, au Président syrien Bachar el-Assad, au Premier ministre japonais Shinzo Abe, au Président chinois Xi Jinping, au Président sud-coréen Moon Jae-in, à la chancelière allemande Angela Merkel et au Président allemand Frank-Walter Steinmeier, à la reine Elizabeth II et à la Première ministre britannique Theresa May, au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au Président biélorusse Alexandre Loukachenko, au Président arménien Serge Sargsian, au président de la FIFA Giani Infantino ainsi qu'au pape François.

L'ARMEE FRANCAISE ET LA GRANDE REVOLTE DRUZE (1925-1926)

Publié le 12 Juin 2015

Sheikh Sultan el-Atrash, leader of Druse revolt in October, 1925 possibly with a member of the American Colony

Sheikh Sultan el-Atrash, leader of Druse revolt in October, 1925 possibly with a member of the American Colony

En 1925, la France est la puissance mandataire en Syrie et au Liban quand les Druzes se rebellent contre son autorité. Parti du Djebel druze en juillet, le soulèvement gagne en ampleur et atteint Damas en octobre, où il se combine à un mouvement nationaliste. La France craint que le soulèvement s’étende encore et qu’il touche Beyrouth. Par conséquent, elle renforce ses moyens militaires et donne pour mission à l’armée du Levant d’écraser le soulèvement puis de pacifier le Djebel druze. Déjà engagée au Maroc dans la guerre du Rif, l’armée française met plus d’une année à venir à bout de l’un des mouvements insurrectionnels les plus durs qu’elle ait connus hors de métropole.

  1. Le mandat français au Levant
  2. La Grande révolte et les succès druzes
  3. La réaction militaire française et l’anéantissement

I/ Le mandat français au Levant

1) La France est présente depuis plusieurs siècles au Levant et ses soldats ont été amenés à y intervenir à maintes reprises.

Depuis la fin du XVIIIe siècle, l’autorité de l’Empire ottoman ne cesse de s’affaiblir dans cette région, en particulier après les attaques de l’Égyptien Ibrahim Pacha (1789-1848). En 1841, le Liban est divisé de part et d’autre de la route reliant Beyrouth à Damas avec au nord les Maronites et au sud les Druzes. Les tensions entre les deux communautés ne cessent de croître jusqu’en 1860. Des milliers de chrétiens sont massacrés au Liban mais aussi à Damas, ce qui provoque ainsi l’intervention des Européens. La France envoie des troupes, le corps expéditionnaire de Syrie, pour soutenir les Maronites. C’est dès cette époque que se tissent les alliances entre, d’une part, les Français et les Maronites et, d’autre part, les Britanniques et les Druzes. Réintégrés dans l’Empire Ottoman, de nombreux Druzes servent son armée notamment pendant les guerres balkaniques. Cependant, pendant la Première Guerre mondiale, ils s’opposent vigoureusement aux Ottomans. Après la guerre, l’Empire Ottoman est démantelé et occupé par les Alliés. À la conférence de San Remo en Italie le 20 avril 1920, les Français reçoivent un mandat sur la Syrie et le Liban tandis que les Britanniques obtiennent la Palestine et la Transjordanie.

2) Les Druzes

Pour la Grande-Bretagne comme pour la France, les Druzes sont une communauté parmi d’autres (Alaouites, Maronites, Sunnites, Chiites, etc.). Dans le mandat britannique, les Druzes sont peu nombreux. En revanche, en Syrie et au Liban, ils représentent une force non négligeable. Il existe une vieille tradition de rébellion chez les Druzes. Au cours de leur histoire, ils ont lutté contre le califat et contre les Ottomans. Pendant la Première Guerre mondiale, les Druzes du Djebel ont soutenu la révolte arabe et se sont montrés favorables à l’avènement d’une monarchie arabe au Moyen-Orient, confiée à l’émir Fayçal. Après 1919, les Français, hostiles à ce projet, travaillent au morcellement du mandat afin de briser ce rêve d’unité arabe. Toutefois, après avoir organisé le mandat, les Français se heurtent rapidement à de nombreuses rébellions en Syrie et notamment dans le djebel au moment de l’occupation de celui-ci par l’armée française du Levant dès le milieu de l’année 1921. Néanmoins, et en dépit de quelques incidents, ils finissent par accepter l’autorité française. Au début de l’année 1921, un traité franco-druze est signé, qui envisage la mise en place d’un nouvel État druze. Les chefs de clans, réunis à Suwayda, la capitale du nouvel État, prennent alors pour gouverneur Salim al-Atrash qui reçoit le titre d’émir, en mai 1921. Le djebel paraît soumis aux Français, mais, comme le souligne Charles de Gaulle dans son Histoire des troupes du Levant, « sous un calme apparent d’ordinaire, le feu ne cessait de couver ».

3) L'administration française

Le 29 septembre 1923, le Conseil de la Société des Nations confirme le mandat français en Syrie et au Liban, qui s’articule autour du Grand-Liban, de la Syrie et du Djebel druze. Les effectifs de l’armée du Levant ne cessent de diminuer. A la veille du soulèvement druze, les forces françaises au Levant comprennent 20 000 soldats et 6 500 Syriens. La situation semble tellement apaisée qu’il est question d’envoyer au Maroc une partie de ces troupes pour renforcer l’armée française engagée dans la guerre du Rif. Pourtant, pour les élites druzes, il est difficile d’accepter de voir leur autorité réduite au seul djebel. Beaucoup parmi les notables rêvent de renouer avec la grandeur d’antan de l’émirat druze. Ce climat de tension est entretenu par les Britanniques.

En 1923, la mort de Salim al-Atrash provoque une querelle de succession et des tensions entre les grandes familles. En 1924, les Druzes ne sont toujours pas parvenus à désigner un successeur. Les Français proposent alors le capitaine Carbillet pour assurer temporairement les fonctions de gouverneur. Gabriel Carbillet (1884-1940) est alors âgé de 40 ans. C’est un officier énergique. Sorti de Saint-Cyr en 1907, Carbillet est un ancien de l’armée d’Afrique. Parti en campagne en 1914, il est blessé au combat de Mondement (Marne) le 8 septembre 1914. Cependant, à la demande du général Lyautey, il rejoint le Maroc en 1916 où il demeure jusqu’à la fin de la guerre. En 1919, il se porte volontaire pour servir au Levant. En qualité d’officier de renseignement, il sert à Tartous, en Cilicie, à Hamah, à Damas et à Beyrouth. Le 18 juillet 1923, le général Weygand le nomme chef du service de renseignement au Djebel druze, puis il assure les fonctions de gouverneur par intérim dès la fin de l’année 1924. Dans la grande tradition des coloniaux, Carbillet entend développer économiquement et socialement le Djebel. Cet officier républicain s’attaque aux privilèges, réforme les finances, s’attache à développer les infrastructures (routes, aqueduc, dispensaires, écoles, etc.). Il obtient quelques succès, mais son administration se caractérise aussi par une grande brutalité. En effet, il instaure un régime autoritaire pour développer le djebel. Pour les Druzes, l’officier français devient vite l’incarnation du diable. Ses réussites ainsi que son mépris des élites druzes font naître de fortes oppositions parmi les notables qui craignent de se voir marginaliser. Les méthodes du capitaine Carbillet et le resserrement de la tutelle mandataire contribuent donc grandement à expliquer le déclenchement de la Grande Révolte. En juin 1925, alors que le capitaine Carbillet est absent, des notables druzes emmenés par des hommes du clan Atrash se rendent à Beyrouth pour se plaindre de leur gouverneur. Le général Sarrail, haut-commissaire de la République française en Syrie et commandant en chef de l’armée du Levant, ne les rencontre pas, ce qui ne manque pas de provoquer des protestations. La tension monte d’un cran lorsque les autorités françaises arrêtent plusieurs notables protestataires.

II / La Grande révolte et les succès druzes

1) Une insurrection qui ne touche que le Djebel Druze...

Dans un premier temps, l’agitation, qui bénéficie d’un soutien populaire, ne touche que le djebel. Un jeune chef est à la tête des rebelles dans le sud du Djebel : Sultan al-Atrash (1891-1982). Celui-ci s’est déjà révolté contre les Ottomans avant de se battre à leurs côtés lors des Guerres Balkaniques. Proche de Fayçal, il combat contre les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale puis s’oppose aux Français dès lors qu’ils contrôlent la Syrie. Il dispose de plusieurs centaines de combattants. Quant aux forces françaises, elles sont peu nombreuses, environ 20 000 hommes. Il y a la gendarmerie syrienne (il existe aussi une gendarmerie libanaise), quelques unités mixtes, des troupes régulières et coloniales. Le 18 juillet, la garnison française de Suweyda est informée que deux aviateurs français sont tombés en panne à Imtane et qu’ils sont menacés par des rebelles druzes. Depuis la citadelle de Suwayda, les capitaines Normand et Druout forment deux colonnes avec des auxiliaires syriens et des spahis tunisiens de la garnison.

2) La destruction de la colonne Normand

Le 21 juillet, à al-Kafr, à quelques kilomètres au sud-est de Suwayda, la colonne du capitaine Normand est pratiquement détruite par des Druzes. Une centaine de soldats placés sous le commandement français et une cinquantaine de Druzes trouvent la mort dans cette bataille. Le lendemain, toujours à al-Kafr, la colonne formée par le capitaine Druout est contrainte à son tour de se replier face aux Druzes. Les Français sont maintenant assiégés dans la citadelle de Suwayda. Le général Sarrail ordonne de former une colonne de secours avec toutes les troupes et les moyens disponibles. Elle est commandée par le général Michaud et elle est forte de quatre bataillons d’infanterie (principalement des nord africains, des Sénégalais, des Malgaches et des Syriens), trois batteries d’artillerie, douze auto-mitrailleuses canons, de la cavalerie (spahis tunisiens et marocains et des éléments de la légion syrienne) et un convoi de ravitaillement. Ces soldats sont pour la plupart de jeunes recrues, peu entraînées et surement pas prêtes à aller au feu. Formée le 30 juillet, elle se met en marche le 1er août depuis Izraa à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Suwayda. Dès le début de la marche, les Français sont attaqués et pendant plusieurs jours ils sont harcelés par les cavaliers druzes. Ces derniers s’attaquent principalement au convoi, que les Français peinent à défendre. Finalement, le 3 août, le général Michaud ordonne de se replier en direction d’Izraa. L’expédition est un désastre car près de 650 soldats ont trouvé la mort. Au total, au cours de ces trois affaires, l’armée du Levant a probablement perdu 900 hommes et la citadelle de Suwayda est toujours assiégée. Ces succès druzes bénéficient d’un immense retentissement.

2) Le 23 août, Sultan al-Atrash devient le chef suprême de l’armée nationale.

Pour les leaders du mouvement, l’objectif est de créer une Syrie libre et indépendante, intégrant le Liban et unissant toutes les communautés. Dans un premier temps, les autorités françaises demeurent prudentes, ne comprenant pas l’ampleur du soulèvement. Cependant, le général Gamelin, nommé adjoint au haut-commissaire commandant en chef, avec le titre de commandant des troupes à partir du 2 septembre, est conscient que les moyens militaires mis à sa disposition et les méthodes employées sont en inadéquation avec la situation. Il a peu de moyens et les soldats placés sous son commandement ne peuvent rivaliser avec un soulèvement qui s’étend et des rebelles qui excellent dans la guérilla. L’objectif pour les autorités françaises est de reprendre la main au plan militaire. Le haut-commissaire est soutenu par le gouvernement. Mais le général Gamelin est décidé à reprendre l’initiative.

III/ La réaction militaire française

1) De nouveaux moyens

Au début du mois de septembre, Gamelin peut compter sur l’arrivée de premiers renforts débarqués à Beyrouth. Il forme une colonne de 7 000 hommes soutenus par des avions et des chars. Le 17 septembre, à al Musayfrah, à mi-chemin entre Daraa et Suwayda, des légionnaires du 4e régiment étranger et du régiment étranger de cavalerie soutenus par des automitrailleuses canons résistent aux charges de centaines de combattants druzes jusqu’à l’arrivée des renforts. Plusieurs centaines de druzes périssent dans ce combat et les rebelles perdent huit bayraqs ou emblèmes. Le 24 septembre, les troupes françaises sont devant Suwayda. Elles pénètrent dans la ville en début d’après-midi et font la jonction avec la garnison assiégée depuis deux mois, avant d’abandonner la ville qui est de nouveau contrôlée par les rebelles le 26 septembre. Cependant, jusqu’à la mi-octobre, les Français tentent de s’imposer dans le djebel. Il y a quelques accrochages comme à Ressas le 7 octobre, où les Druzes perdent environ 500 hommes et les Français ont 300 tués ou blessés. Néanmoins, les rebelles demeurent insaisissables. Face à la guérilla, l’armée du Levant est impuissante : elle est le plus souvent inadaptée. En outre, les troupes déployées au djebel courent le risque de manquer de ravitaillement. Leur position est de plus en plus difficile à tenir, d’autant plus qu’elles doivent affronter d’autres foyers insurrectionnels à Damas, à la Ghuta, à Hamah et au sud Liban. À Damas, la rébellion établit des contacts avec les chefs du Parti du peuple. La révolte druze revêt dès lors une dimension nationaliste et se radicalise au plan politique. Finalement, au milieu du mois d’octobre 1925, les Français évacuent le Djebel.

2) La riposte française est terrible et disproportionnée.

Des opérations de police sont lancées à Damas et dans ses environs et plusieurs centaines de personnes sont arrêtées. Quelques villages sont incendiés et détruits pour semer la terreur. Le 18 octobre, une grande révolte éclate à Damas et dans ses environs ; des bandes de cavaliers druzes et bédouins gravitent autour de la ville. Le palais Azem, siège de l’autorité française en Syrie, est attaqué et les soldats sous commandement français trouvent refuge dans la citadelle. C’est dans ce contexte que le général Gamelin ordonne le bombardement de la ville le 19 octobre. Pendant près de 48 heures, l’artillerie française pilonne la perle de l’Orient, occasionnant d’importantes destructions et le déclenchement de plusieurs incendies. Enfin, dans la région de Nebek au nord de la Syrie et dans le mont Hermon dans le sud du Liban, de violents affrontements opposent troupes françaises et Druzes.

A l’hiver 1925, la situation n’est toujours pas maîtrisée. Au plan international, ces actions militaires sont unanimement condamnées. Le général Sarrail est rappelé à Paris. Le 5 novembre, le général Duport assure l’intérim à la direction du haut-commissariat jusqu’au début du mois de décembre. Ensuite, le général Gamelin reçoit le commandement supérieur des troupes du Levant aux côtés du haut-commissaire civil nommé par le gouvernement français, le sénateur Henri de Jouvenel. Cette nomination ouvre la voie à un règlement politique de la crise. Enfin, le 12 décembre, le capitaine Carbillet quitte définitivement le Levant. Pendant ce temps, les militaires planifient et préparent les opérations militaires pour le printemps. A la fin de l’hiver, les combats reprennent et les embuscades se multiplient à nouveau. Seuls Beyrouth, le mont Liban, le nord et l’est de la Syrie sont toujours contrôlés par la France. Le général Gamelin a reçu des renforts supplémentaires. Les troupes coloniales et la Légion étrangère présentes au Levant depuis plusieurs années sont renforcées par des bataillons d’infanterie venus de métropole (des éléments des 9e, 10e, 35e, 50e, 90e et 121e régiments d’infanterie). Le 27 mai 1926, la reddition d’Abdelkrim au Maroc permet à la France de libérer des forces supplémentaires. Dès lors, le général Gamelin dispose de troupes aguerries qui traquent sans relâche les rebelles tandis que les frontières, le long de l’Euphrate et de la Palestine, sont soumises à une stricte surveillance. Mais pour le commandement de l’armée du Levant, la priorité est le contrôle du terrain. Malgré les oppositions en France et dans le monde, la France n’entend pas abandonner le mandat. Quant aux Druzes, ils ne profitent pas de leurs succès et des difficultés que rencontrent leurs adversaires. Ils ne parviennent pas à s’unir et ne réussissent pas à définir leur objectif et leur stratégie. Leur armée n’offre pas de front uni : c’est une mosaïque de bandes et de clans.

3) Les méthodes du général Andréa

La révolte druze entre dans sa deuxième phase à partir du printemps 1926. Celle-ci est marquée par la chute des principaux bastions de la rébellion. En effet, dès avril 1926, l’armée française contrôle de nouveau le mont Hermon après la chute de Majdal al-Shams. Puis les Français entament la reconquête du Djebel druze. Le général Gamelin confie 10 000 hommes au général Edouard Andréa (1871-1954). Cet officier, sorti du rang et passé par l’Ecole militaire d’infanterie, connaît bien le Levant et les Druzes. Il commande l’ensemble de l’opération. Ses troupes sont réparties en deux colonnes. La première est commandée par le général Andréa. Elle est rassemblée à Izraa à quarante kilomètres environ au nord-ouest de Suwayda. C’est une véritable colonne interarmes : une infanterie nombreuse et plusieurs escadrons de cavalerie soutenus par des sapeurs, des mitrailleuses, des canons, des automitrailleuses et des chars d’assaut. A Busra, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Suwayda, une colonne légère commandée par le colonel Pichot-Duclos s’apprête à partir en campagne. De leur côté, les Druzes ont rassemblés plusieurs milliers de combattants autour de la citadelle de Suwayda, appuyés par quelques canons saisis aux Français l’année précédente. Le 24 avril, les deux colonnes se mettent en marche. Le lendemain, au terme d’un court combat, les Français contrôlent de nouveau la citadelle de la capitale druze. De fin avril à début juin, le commandement français se lance dans la pacification du Djebel. D’une part, il sait profiter des divisions des clans mais sait aussi être à l’écoute des notables. D’autre part, il a l’idée, pour lutter contre la guérilla, de développer des escadrons de cavaliers druzes dès le printemps 1926. Il n’existe pas de troupes druzes avant le déclenchement de la grande révolte. Il n’y a qu’une gendarmerie comptant moins de 250 hommes en 1924 tandis qu’une quarantaine de Druzes servent à la légion syrienne. Le général Andréa donne les clés de la réussite d’une telle entreprise dans son livre La révolte druze et l’insurrection de Damas (1925-1926), publié en 1937. Il s’appuie sur les résultats obtenus par les escadrons tcherkesses dans les environs d’Alep et de Damas. Pour Andréa, le recrutement doit être local parce que les partisans connaissent le pays, la langue et sont « un puissant moyen de rapprochement avec une population qui fait le vide devant nos colonnes ». Andréa remarque que les Druzes sont aptes à la contreguérilla. Ils sont de bons cavaliers, plus légers que les spahis (ils n’ont pas de convois), et possèdent des chevaux résistants et habitués au terrain (montagnes, cailloux, sentiers difficiles et ravins). Au plan tactique, Andréa estime que les troupes auxiliaires doivent opérer conjointement avec les troupes régulières. Elles permettent de dépister les insurgés et peuvent entrer en contact avec eux. Grâce aux contacts qu’elles entretiennent avec les populations locales, elles obtiennent des renseignements. Enfin, le général français considère qu’une fois incorporés dans l’armée française, ces Druzes ne rejoindront pas la rébellion. Au printemps 1926, Andréa ne dispose que d’une trentaine de partisans. Mais grâce à la mise en place de conditions d’enrôlement intéressantes, les volontaires sont de plus en plus nombreux. En effet, chaque homme arrive avec son cheval et son armement. Avec un salaire de sept livres or mensuel, il peut aussi se nourrir et soigner sa monture. En quelques jours, au printemps 1926, 150 partisans sont regroupés au sein du 29e de gardes mobiles qui deviendra en septembre le 1er escadron de cavalerie druze. A la fin du mois, le 2e escadron est formé.

Grâce aux méthodes du général Andréa et à sa bonne compréhension de la situation, le Djebel est entièrement reconquis lorsque Salkhad, au sud du djebel, est réoccupée par les Français le 4 juin 1926. Le dernier bastion de la rébellion reste La Ghuta où règne un pouvoir révolutionnaire et depuis lequel des bandes opèrent dans les environs. Le haut commandement français cherche donc à contenir la rébellion. Depuis le 22 novembre 1925, Damas, protégée par une ligne fortifiée tout autour de la ville, vivait à l’heure de l’état de siège. Le quartier de La Ghuta est ensuite cerné par les troupes françaises, qui édifient des ouvrages fortifiés autour de l’oasis. Enfin, dans le plus grand secret, des renforts sont acheminés et, le 19 juillet au matin, La Ghuta est totalement investie. Dans les jours qui suivent, les rebelles en sont chassés. La chute de La Ghuta met un terme à la révolte druze. Quelques groupes de rebelles poursuivent le combat depuis les sommets de l’Anti-Liban ou du Djebel druze. Ils sont pourchassés jusqu’en mars 1927 par les troupes régulières et les escadrons druzes. Les succès français contribuent à accélérer le recrutement de partisans puisque qu’entre août et octobre 1926, quatre nouveaux escadrons druzes sont formés à Suwayda. A la fin des combats, le colonel Clément-Grandcourt est nommé gouverneur général du djebel et du Hauran. Il demeure dans ces fonctions de 1927 à 1932. Il œuvre considérablement à la reprise des relations entre les Druzes et les autorités françaises et contribue au développement économique du djebel. A l’écoute des notables, il entreprend la construction d’un certain nombre d’infrastructures tandis que les escadrons de partisans se multiplient.

Pour conclure

il a fallu plus d’une année à la meilleure armée du monde pour vaincre une rébellion tenace, déterminée et emmenée par un chef prestigieux, Soltan el-Atrash. Les Français ont mis un terme à l’insurrection grâce aux mesures libérales adoptées par le haut-commissaire Jouvenel mais aussi en déployant d’importants moyens militaires. Près de 40 000 soldats, parmi lesquels des hommes venus de métropole, ont été engagés au Levant, soutenus par une artillerie nombreuse, des dizaines d’avions et d’engins blindés. Pour obtenir ce résultat, l’armée du Levant a perdu environ 6 000 soldats, disparus ou morts au combat ou des suites de maladies. Plusieurs milliers de Druzes ont péri pendant la Grande révolte.

L'ARMEE FRANCAISE ET LA GRANDE REVOLTE DRUZE (1925-1926)

Les Druzes : les hérétiques de l’Islam

Les Druzes sont des Arabes qui se caractérisent par une doctrine religieuse née en Egypte au XIe siècle, qui est une variante du chiisme mais qui diverge fortement avec l’Islam (pas de mosquée, consommation d’alcool, monogamie, une certaine égalité entre les hommes et les femmes, réincarnation, etc.). Leur nom viendrait d’al-Darazi, un ministre du calife égyptien al-Hâkim (985-1021), qui serait la réincarnation de Dieu. Persécutés par les Chiites et les Sunnites en Egypte à la mort du calife, les Druzes trouvent refuge au sud Liban et non loin d’Alep. Au milieu du XIe siècle, la communauté druze se ferme au monde extérieur notamment en n’admettant plus les conversions. C’est une société rurale, encadrée par quelques Initiés, qui vit isolée ou cohabite parfois avec des Chrétiens. Pour la communauté druze, l’âge d’or commence au XVe siècle quand est terminée l’élaboration théologique et pratique de la religion druze. Il y a alors un émir qui règne sur la montagne libanaise, une partie de la Syrie, la Transjordanie et le nord de la Palestine. Cet âge d’or prend fin au XIXe siècle.

Les Druzes sont aujourd’hui installés au Liban, en Syrie, en Israël et en Jordanie (carte ci-dessous, zones orangées).

Liban : au sud-est de Beyrouth dans la région du mont Liban (le Chouf) et à l’est de la plaine de la Bekaa (versant occidental du mont Hermon, depuis le XIe siècle).

Syrie : sur les pentes de l’Hermon et dans la partie du Golan occupée par Israël ; dans les montagnes du Hauran (djebel Druze, depuis le XVIIe siècle) ; un petit djebel à l’ouest d’Alep (depuis le XIe siècle).

Jordanie : quelques communautés dans le nord.

Israël : en Galilée (une douzaine de villages druzes, depuis le début du XVIIe siècle) et sur le mont Carmel près d’Haïfa.

L'ARMEE FRANCAISE ET LA GRANDE REVOLTE DRUZE (1925-1926)

Bibliographie

  • Charles de Gaulle, chef de bataillon Yvon, Jean de Mierry, Histoire des troupes du Levant, Paris, Imprimerie nationale, 1931.
  • Edouard Andréa, La révolte druze et l’insurrection de Damas (1925-1926), Paris, Payot, 1937.
  • Thierry et Mary Moné, Burnous bleu. Tombô vert, Les spahis du 1er marocains dans l’Entre-deux-guerres au Levant, Association La Gandoura, 2005.
  • François Villeneuve, « Voyage chez les hérétiques de l’islam. Le mystère druze », L’Histoire, n° 252, mars 2001.
  • Jean-David Mizrahi, Genèse de l’état mandataire. Service de renseignements et bandes armées en Syrie et au Liban dans les années vingt, Paris, publication de la Sorbonne, 2003.
Juin 1941 : des Français tirent sur des Français

La campagne de Syrie et du Liban, par Nabucco

En 1941, La Syrie et le Liban vivent depuis plus de 20 ans sous mandat français. Dés 1917-1918, la province de Syrie (regroupant à l’époque Syrie, Liban, Palestine, Jordanie) a apporté son aide aux alliés contre l’Empire Ottoman dont elle constitue une des plus riches provinces. Cependant, le rêve d’un Grand Orient indépendant est rapidement douché par la Conférence de San Remo et le Traité de Sèvres qui, en 1920, entérinent la dissolution de l’éphémère Royaume Arabe de Syrie et consacrent la présence française.

Les troupes françaises du Levant mettront sept ans ans (révolte de 1920-1923 et 1925-1927) pour pacifier le pays. Particulièrement le Nord où subsiste une forte hostilité des Alaouites et des Druzes. A partir de 1927, à défaut de souveraineté, la région se développe et se modernise (électrification, tramway, routes, écoles, agriculture moderne). Un début de libéralisation politique voit timidement le jour. En 1936, la France envisage d’accorder l’indépendance à la Syrie dans un délai de cinq ans. Néanmoins ce projet est définitivement enterré par le Parlement Français en 1938. Pour les puissances coloniales, à l’approche de la Seconde Guerre Mondiale, l’heure est au statu quo frileux, loin des grands bouleversements émancipateurs.

En 1939, nouveau camouflet pour les nationalistes arabes Syriens. Les Français désireux d’obtenir les bonnes grâces de la Turquie, cèdent à l’état kémaliste le sandjak d’Alexandrette, une petite province au Nord-Ouest de la Syrie où vit une minorité turque importante. Il s’agit de ménager la Turquie afin de conserver sa neutralité, voire de s’en faire une alliée contre l’Allemagne avec qui la guerre paraît imminente. Cette perte, considérée comme une annexion par les Syriens est encore, de nos jours, un sujet de querelle entre Turcs et Syriens.

Juin 1940. L’armée Française est défaite en six semaines par la Wehrmacht. Le Parlement Français vote à 88 % les pleins pouvoirs au Maréchal Philippe Pétain. Le 18 juin, un obscur général de brigade à titre temporaire nommé Charles de Gaulle lance un appel à la Résistance depuis la Radio de Londres. En juillet, à Vichy, dans la zone demeurée libre de l’occupant allemand, s’installe le gouvernement de l’État Français. Les forces militaires en métropole sont réduites à 100 000 hommes, sans aviation. La Marine de Guerre est neutralisée dans les ports de Toulon et Bizerte en Tunisie. L’escadre Française qui mouillait dans la rade de Mers el-Kebir en Algérie est bloquée, puis détruite par les Anglais le 3 juillet 1940 (1 300 morts, deux cuirassés, un croiseur et un contre-torpilleur mis hors de combat). Dans ce contexte, l’Armée du Levant (45 000 hommes, 120 canons, 90 chars et 289 appareils) constitue un enjeu stratégique en Méditerranée Orientale.

Troupes de l’Armée du Levant 1941.

Mai 1941. L’Irak, sous mandat britannique s’insurge et fait appel aux forces germano-italiennes pour combattre les Anglais (voir article précédent : Irak : d’une guerre l’autre http://www.egaliteetreconciliation..... Les Allemands négocient avec le gouvernement de Vichy le protocole de Paris (28 mai 1941). En échange d’un hypothétique allègement des conditions d’armistice, les Français accordent des facilités aux Allemands et à leurs alliés italiens en Méditerranée Orientale. Les Allemands et les Italiens sont autorisés à faire escale dans les aérodromes Syriens avant de rejoindre l’Irak en guerre contre les Britanniques (120 appareils de l’Axe transiteront pas la Syrie en mai 1941). Par ailleurs, une partie des armes stockées au Levant est livrée par les Français aux Irakiens. La Turquie autorise le transite de deux convois ferroviaires sur son territoire. Ce matériel obsolète, livré en renâclant, arrivera trop tard pour empêcher l’écrasement de la rébellion Irakienne par les Anglais. Le 12 mai 1941, en représailles, l’aviation britannique bombarde les aérodromes de Syrie.

Juin 1941. La conduite de la guerre en Syrie oppose les Britanniques aux Français Libres du général de Gaulle. Ces derniers veulent pénétrer en Syrie avec une petite force symbolique aux couleurs françaises dans le but de rallier les 45 000 hommes de l’Armée du Levant. L’idée n’est pas saugrenue, d’autant plus que les soldats Français ont été très perturbés par le transit vers l’Irak des appareils de la Luftwaffe et de la Regia Aeronautica italienne via les aérodromes syriens. Un an après le pire désastre de l’histoire de France, les cœurs ne sont pas apaisés. Le désir d’en découdre couve toujours sous la botte allemande. Mais il y a la manière. Les Britanniques en décident autrement. Ils veulent, une entrée en force. Une opération commune sous commandement britannique est décidée fin mai 1941. Désormais, on ne parlera plus de Français, mais de Gaullistes et de Vichystes.

7 juin 1941. Dans la nuit, les Britanniques déclenchent l’opération Exporter. Une force de 20 000 hommes attaque l’Armée Française du Levant forte de presque 40 000 militaires. Les Anglais qui s’attendaient à une randonnée de ’’Scouting for boys’’* sont confrontés à une résistance opiniâtre qui va durer cinq semaines. Les Français demeurés fidèles à ce qui leur semble le seul gouvernement national légitime suivent les ordres de Vichy et ne comprennent pas cet assaut. Du reste, plus aucun appareil allemand ou italien ne transite par la Syrie. Par ailleurs, l’intervention des Forces Françaises Libres de De Gaulle aux côtés des Britanniques apparaît comme un coup de poignard dans le dos.

L’opération Exporter est très académique dans sa conception et s’articule sur quatre axes. A l’extrême nord, les 17ème et 20ème Brigades d’infanterie Indienne sont chargées de cheminer au sud de la voie ferrée turque qui longe la frontière syrienne. Le but, malgré la faiblesse des moyens mis en œuvre, est important : interdire l’approvisionnement des troupes du Levant par la Turquie. Au centre, la 10ème division d’infanterie Indienne doit progresser sur la rive sud de l’Euphrate vers Alep la capitale du Nord. Plus au Sud, la Habforce (Légion Arabe et 4ème brigade de cavalerie Britannique) est chargée de se diriger, en plein désert, vers Palmyre et le terminal pétrolier de Tripoli au Liban. Enfin, à l’extrême Sud, le long de la côte libanaise et vers Damas, ont lieu, les attaques les plus importantes. Elles sont menées par la 7ème division australienne (moins sa 18ème Brigade qui se bat à Tobrouk en Lybie), deux brigades françaises libres (les 1ère et 2ème BFL de la 1ère Division Française Libre) et la 5ème Brigade indienne. La Royal Navy est chargée d’appuyer les troupes avec son artillerie de marine.

Durant une semaine, les attaques Britanniques marquent le pas et se heurtent à une résistance farouche de l’Armée du Levant. L’attaque frontale depuis le Nord de la Palestine est un échec. Il n’existe qu’une seule route côtière dominée par les Monts du Liban qui culmine à 3 000 mètres d’altitude. Un cadeau pour la défense qui fait des ravages parmi les troupes franco-australiennes. En parallèle, la percée vers Damas s’immobilise pour les mêmes raisons (relief escarpé). L’attaque de la Habforce progresse aisément dans le désert pour finir par stagner à l’approche des premiers contreforts des monts de l’anti-Liban, avant la vallée de la Bekaa. Globalement, il s’agit d’un échec pour cette première manche. Le général Wavell doit repenser son plan de bataille et d’abord recevoir des renforts.

Artillerie française de l’armée du Levant pendant les combats.

13 juin 1941. Deux Brigades de la 6ème division d’infanterie Britannique viennent renforcer le front au Sud de Damas. La Royal Air Force est renforcée par des prélèvements sur les forces positionnées en Egypte et en Irak. L’attaque Britannique reprend lentement. Sur le littoral, malgré la prise de Saïda, les progrès des franco-australiens sont très lents. Au Centre, la Habforce assiège la ville de Palmyre. Le 21 juin, Damas en Syrie tombe sous la pression des Britanniques, des Indiens et des Français libres.

Troupes Britanniques après la reddition de Palmyre le 3 juillet 1941.

A partir du 23 juin, la résistance des troupes françaises du Levant commence à donner des signes de faiblesse. A cette date, la Syrie est sous la pression d’un blocus naval et terrestre presque complet. Les unités françaises de l’Armée du Levant doivent se battre sans renfort et subissent une forte attrition. Les troupes du Commonwealth sont désormais plus nombreuses, mieux rafraîchies. Elles dominent la mer et les airs. Le 3 juillet 1941, Palmyre tombe. La 10ème division Indienne qui progresse le long de l’Euphrate s’approche dangereusement du centre de la Syrie, tandis que le 8 juillet les défenses françaises au sud de Beyrouth commencent à lâcher menaçant la capitale du Levant.

12 juillet 1941. Le Général Dentz, gouverneur de la province du Levant, après accord des autorités de Vichy, demande un cessez-le-feu et autorise la négociation d’un armistice. Celui-ci est signé, à Saint-Jean-d’Acre entre les Britanniques et les autorités de la Syrie mandataire le 14 juillet 1941. Les forces alliées ont perdu 4 000 hommes. Les Français de l’Armée du Levant dénombrent 6 000 victimes dont 1 000 tués, 37 000 d’entre eux sont faits prisonniers. Moins de 6 000 décideront de rallier la France Libre, les autres sont désarmés et renvoyés en France en août-septembre 1941.

Le Général Wilson signe la Convention de Saint Jean d’Acre en présence des délégués de Vichy.

Même si le pouvoir virtuel est détenu par les français libres, ceux-doivent compter sur la présence militaire amicale des Britanniques qui favorisent en sous-main les indépendantistes libanais et syriens. Les élections législatives de l’été 1943 portent au pouvoir les nationalistes syriens et libanais. Les gaullistes qui étaient intervenus en juin 1941 à la fois contre les forces de l’Axe, mais aussi les velléités hégémoniques britanniques doivent progressivement passer la main. Fin 1943 et début 1944, le Liban et la Syrie obtiennent leur indépendance. Au printemps 1945, Damas se soulève contre les derniers éléments militaires français qui y tiennent garnison. Un an plus tard, le 17 avril 1946, les dernières troupes françaises quittent le pays.

La campagne de Syrie-Liban s’inscrit dans la lutte entre les Britanniques et les forces de l’Axe germano-italien pour le contrôle de la Méditerranée Orientale et l’accès aux formidables réserves de pétrole du Moyen-Orient. En ce sens, cette bataille est le prolongement de la guerre d’Irak qui se déroula un mois auparavant (mai 1941). Le conflit qui oppose les Français de l’Armée du Levant aux Britanniques alliés aux forces françaises libres, bien que périphérique, revêt une grande importance stratégique pour l’effort de guerre allié.

En juin 1941, les Allemands mènent le siège du port de Tobrouk en Lybie, à quelques pas de la frontière égyptienne. Le 22 juin 1941, la Wehrmacht envahit l’URSS. La plupart des observateurs de l’époque ne donnent que quelques semaines de survie à l’Armée Rouge. Les Britanniques qui ont déchiffré les codes cryptés de la Wehrmacht (machine enigma) sont au courant depuis plusieurs semaines des projets d’Hitler concernant la Russie. A juste titre, ils craignent une poussée combinée de l’Afrika Korps vers le Proche Orient et de l’Ostheer, l’armée allemande en Russie, vers le Caucase et le Moyen-Orient. En ce sens, la présence d’une force de 40 000 français en Syrie et au Liban apparaît comme une menace pour les Britanniques qui se méfient de la neutralité du gouvernement de Vichy.

Par ailleurs, il ne sert à rien aux Britanniques de contrôler les champs pétroliers de Mossoul en Irak si la côte libano-syrienne n’est pas sécurisée. Les terminaux pétroliers des oléoducs se situent tous sur la côte méditerranéenne, l’un à Tripoli au Liban, l’autre à Haïfa en Palestine, à quelques kilomètres de la frontière libanaise. En mai 1941, les Irakiens coupent le pipeline reliant Kirkouk en Irak à Haïfa et redirigent le flux de pétrole vers le Liban vichyste au profit exclusif de l’axe germano-italien. Cette mesure de rétorsion est ressentie comme un casus belli par les Anglais qui décident alors de régler leur compte d’abord aux Irakiens, ensuite aux Français de l’Armée du Levant.

En ce qui concerne les Français, cette campagne est un épisode pénible de leur histoire. D’un côté, fidèle à une vieille tradition bourgeoise de compromission des élites , le gouvernement de Vichy, traîne des pieds, louvoie, ménage la chèvre et le chou, l’anglais et l’Allemand, pour finalement, perdre la chemise et le pantalon au profit de ses faux-amis ou de ses vrais ennemis. Cette vraie-fausse neutralité durera jusqu’en 1944 et l’arrivée des troupes alliées. Pour les gaullistes, le choix de l’alliance avec les Britanniques est net, même s’il n’est pas exempt d’arrière pensées. Les intérêts des Britanniques et de leur empire ne sont pas vraiment les mêmes que ceux des Français et le rapport de force est en défaveur de ces derniers. Dans ces conditions, à plusieurs reprises durant la Seconde Guerre Mondiale, on aura le sentiment d’assister à un marché de dupes.

La campagne de Syrie-Liban ne clôt pas la série des interventions Britanniques. Ceux-ci ont en juin sécurisé leur flanc sud en Syrie. Seule, au Nord-est, l’Iran demeure neutre, même si ses amitiés vont plutôt vers l’Axe par anglophobie. Le dernier acte de ce conflit périphérique se jouera dans ce pays en août et septembre 1941.

* Scouting for Boy : « Éclaireurs » est un ouvrage écrit par Robert Baden-Powell sur les fondements du scoutisme.