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WWIII : Une Guerre de 30 ans qui va épuiser l'humanité et rendre les plus riches encore plus riche. Les Arabes et les Juifs vont disparaître au profit des Chinois. Daesh a doublé de volume, la Coalition investi dans les valeurs refuges.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII : Une Guerre de 30 ans qui va épuiser l'humanité et rendre les plus riches encore plus riche. Les Arabes et les Juifs vont disparaître au profit des Chinois. Daesh a doublé de volume, la Coalition investi dans les valeurs refuges. Les Juifs avaient déjà disparu puisqu'il restait moins de 1% de Sémites, les autres sont une forme de cooptation par adhésion. par contre le Plan pour se débarrasser des Arabes est imparable. Même Macron y a souscrit par une Guerre Civile en France et en Europe. Bien sûr qui dit Guerre Civile, dit mort de part et d'autres d'autant plus que les Français de souche ne sont plus bien nombreux et feront comme pour les Chrétiens d'Orient de bonnes cibles qui n'ont pas le droit de se défendre et d'avoir des armes. (Plan Kalergi ou Plan du Génocide des Européens).

Les prophéties de la semaine sainte

Les présidents chinois et russe sont sur le point de devenir des élus à vie, ou si on préfère, devenir un des 10 rois de l'Apocalypse. C'est majeur.

Et, malgré la trêve des olympiques, tout est mis en œuvre pour faire monter la tension.

Juste à lire les gros titres, nous constatons facilement que tout est fait pour démoniser la Russie aux États-Unis. Bref l'élite anglo-sioniste doit absolument trouver une raison de faire la dernière guerre, au nom d'Israël, tout comme c'est prévu dans le plan d'Albert Pike, quitte à créer un prétexte intentionnellement, ce qu'ils feront probablement puisque le ''Grand Éclair à l'Orient'' de Jean XXIII arrive par surprise.

La Chine militarise les îles de la Mer Jaune, on le sait depuis longtemps, mais les dernières images confirment qu'il y a plus que ce que les géopoliticiens croyaient (zerohedge.com). De plus, la Chine a massé dernièrement plus de 300 000 soldats et équipement à la frontière de la Corée du Nord.

Sans oublier tout ce qui se passe en Syrie et qui sera bientôt le lot du Liban. Même la Turquie est de la partie avec son attaque en Syrie, et ce que peu savent, une attaque contre un destroyer grec la semaine dernière, dans une poussée pour récupérer des îles perdues à la Grèce après la chute de l'Empire Ottoman.

L'Empire maçonnique sera bâti sur les ruines du christianisme. Mgr Delassus a fait un remarquable travail sur ce sujet. Déjà Rome tombe en ruines, le ver qui ronge détruit les fondations, le lobby gay est omniprésent, ce qui amène des cris du coeur (sources: benoit-et-moi.fr), mais il est maintenant trop tard. Même Paul VI sera canonisé annonce-t-on cette semaine, probablement sur la base de faux miracles. Si on se refère à sa prophétie de Jean XXIII, cela ne devrait pas avoir lieu. Vatican II a besoin de ses saints, et vite. Santo subito avons nous entendu aussitôt le décès de Jean-Paul II. Même François évoque sa sainteté de son vivant!

Autre signe. Vous serez martyrisés à cause de mon nom disait NSJC. Pour les uns dans leur univers confortable, bref, acquis aux maçonniques, l'informatique et le portable intelligent ont fait le travail. Les églises se vident et le peuple est égocentrique. La charité s'est refroidie. La fille aînée de l'Église se meurt. Marche ou crève ce que va devenir la France - Pierre Hillard.

Mais pour les bastions chrétiens où le nouveau temple doit être construit (et la Grande Israël, car c'est de cela qu'il s'agit), c'est le martyr.

D'où le cri de douleur du Vatican cette semaine avec le colisée de Rome rouge de sang en arrière plan (vaticannews.va). L'image est forte. Elle  confirme que nous y sommes. Elle est un marqueur du temps prophétisé par NSJC. Mais, il n'y avait pas seulement que le colisée qui était teinté de rouge, il y avait aussi la cathédrale maronite de Saint-Elie, dans la ville syrienne d'Alep, et l'église Saint-Paul de la ville irakienne de Mossoul. Deux endroits, et deux noms qui renforcent cet avertissement. Il faut voir les signes que le Ciel nous envoit. Cela fait penser aux deux témoins de l'Apocalypse. Ce n'est pas un hasard. Alep se situe près du fleuve Tigre et Mossoul sur l'Euphrate. L'Euphrate, c'est l'évocation de la 6ème trompette de l'Apocalypse. Le Tigre et l'Euphrate sont les deux fleuves issus de l'Éden. Le cycle est sur le point d'être bouclé. L'Alpha et l'Oméga, l'Éden et l'Apocalypse, le début et la fin.

Veillez et priez.

Veillez et priez (Mgr Williamson)

SYRIE : QUE SE PASSE-T-IL VRAIMENT A LA GHOUTA ?

Depuis le 18 février, l’aviation syrienne bombarde à nouveau la Ghouta, cette vaste banlieue qui ceinture Damas. En 2013, à l’apogée de l’insurrection, les islamistes contrôlaient 150.000 kilomètres carrés de ce territoire où les zones urbaines alternent avec les vergers.
Cette proximité rendait la vie difficile à Damas, en raison des obus qui tombaient quotidiennement dans la capitale, où les quartiers chrétiens étaient particulièrement visés. Depuis, l’armée syrienne a méthodiquement repris le contrôle du terrain perdu.
Seules deux enclaves islamistes subsistent : une petite au sud (avec plusieurs centaines de combattants de Daech) et une plus importante à l’est, 110 kilomètres carrés qui échappent à Damas. 400.000 civils y vivent.
C’est cette dernière enclave qui fait l’objet de l’offensive syrienne, d’ailleurs pas si récente : depuis plusieurs mois, l’armée a repris plusieurs dizaines de villages et tente de négocier avec les milices islamistes pour une reddition puis un transfert vers Idleb, comme cela avait été le cas à la fin du siège d’Alep.
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Si l’Armée de l’islam (soutenue par l’Arabie saoudite) est prête à discuter, ce n’est pas le cas de ses deux concurrents : Fatah al-Cham (l’ex Al-Nosra, proche d’Al-Qaïda) et Faylak al-Rahman (affilié aux Frères musulmans et au Qatar). Ces groupes reproduisent exactement la même tactique qu’à Alep : prise en otage de la population (tout civil qui veut quitter la zone est abattu), installation d’armes lourdes dans les hôpitaux (pour obliger l’aviation à les bombarder et, ainsi, discréditer le régime), interception des rares convois de ravitaillement à leur profit.
L’impact médiatique compte beaucoup dans cette guerre et est utilisé avec maestria par les insurgés : les fameux Casques blancs tant célébrés en Europe, sont tous, sans exception, des militants ou des combattants islamistes. Ce sont eux que l’on voit partout en photo, évacuant les blessés après un raid aérien. Les photographes autorisés à opérer dans ces zones sont triés sur le volet par les islamistes : il ne faudrait pas qu’ils révèlent le dessous de certains montages…
Quant au bilan des pertes, il est invérifiable mais a une source unique : l’Observatoire syrien des droits de l’homme, OSDH. Basé à Londres, affilié aux Frères musulmans, c’est lui qui, depuis le début de la guerre, donne les chiffres des morts et des blessés, docilement reproduits en boucle, sans la moindre vérification. La guerre en Syrie est un magnifique monument de désinformation.
Cette offensive syrienne était inévitable. Les obus tombent sans cesse sur la capitale et cette situation ne pouvait durer. L’armée syrienne, depuis la libération de Deir ez-Zor, peut maintenant concentrer ses efforts sur la Ghouta orientale.
La résolution de l’ONU votée le 24 février va permettre le ravitaillement de la population. La Russie n’a pas mis son veto. Mais la paix ne pourra revenir que lorsque les islamistes seront totalement vaincus et éradiqués.
Depuis Sarkozy et les Printemps Arabes, histoire de mettre un coup de pied dans la fourmilière de ceux qui ont de l'argent sans rien faire, avec le Dieu pétrole et le gazpromi, Israël et devenu le Pays de cocagne, et les Palestiniens le pays de rocailles entouré de fils barbelés, et soumis à l'Armée Sioniste pour le meilleur et pour le pire. Hollande a mené également ses guerres Africaines, pour les intérêts de quelques Français et des Américains qui lui ont demandé de continuer le travail que Sarkozy n'aurait jamais dû abandonner. Macron qui représente le profit à l'état pur, ferme un cycle préparatif de 15 ans de Guerres Coloniales, avec des débouchés colossaux sur le Moyen Orient, les steppes de Russie, le Caucase et la route de la Soie,  sans oublier Bagdad, l'iraq, la Syrie, l'Iran, et l'enjeu principal, le Grand Kurdistan qui sera récupéré, on l'espère par le Grand Israël, le Nouvel Ordre Mondial des Mondialistes, la Jérusalem terrestre qui va cohabiter avec la céleste, et le Grand Pardon des tous Pourim, qui va cohabiter avec les Altermondialistes et les BRICS qui ont une vue Politique de la domination Mondiale.

Les mouvements altermondialistes regroupent divers acteurs qui, opposés à ce qu'ils appellent le « mondialisme néolibéral », jugé injuste et dangereux, revendiquent la mise en place d'une autre mondialisation. Leur diversité incite à parler davantage de mouvance que de mouvement au singulier. L'altermondialisme met en avant des valeurs comme la démocratie participative, le pouvoir direct du Peuple, les mandats de représentativité des élus "porte-parole", la « justice économique et sociale », la protection de l'environnement et les droits humains. Il s'agit donc pour ses acteurs de concevoir et d’œuvrer à une mondialisation maîtrisée et solidaire, par opposition à la mondialisation actuelle ou mondialisme.

Hétérogène, marqué par une culture qui pourrait se rattacher à la tradition libertaire ou à l'écologie radicale, le mouvement oscille entre réformisme (par exemple à travers la revendication d'une Taxe Tobin proposée par Attac) et radicalisme, mais se rassemble autour du slogan « Un autre monde est possible » ou plus récemment, « D'autres mondes sont possibles ».

Néanmoins, on distingue des prises de position et des revendications communes à de nombreuses organisations concernant :

  • une contestation de l'organisation interne, du statut et des politiques des institutions mondiales, telles que l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le G8 et la Banque mondiale ;
  • des revendications de démocratie selon les différentes orientations politiques;
  • la justice économique ;
  • l'autonomie des peuples ;
  • La surexploitation des ressources pas, peu, lentement, difficilement ou coûteusement renouvelables. Par exemple certains auteurs, attribuant à la libre concurrence et aux subventions la responsabilité de l'aggravation de la surpêche, plaident pour une « altermondialisation halieutique » ;
  • la protection de l'environnement[10] ;
  • les droits humains fondamentaux;
  • une recherche d'alternatives, globales et systémiques, à l'ordre international de la finance et du commerce.

Ces thèmes se retrouvent d'une part dans un certain nombre d'ouvrages, de films ou encore de médias[12], d'autre part dans des textes de diverses organisations du mouvement altermondialiste : plate-forme proposée par Attac, manifestes ou rapports élaborés durant les forums sociaux mondiaux, dont le manifeste de Porto Alegre, des textes de l'Organisation des Nations unies de déclarations de droit et d'autonomie dont les altermondialistes « réformateurs » veulent l'application concrète.

Pour les BRICS Politique et accords transversaux, c'est une vision Multipolaire et non Unipolaire comme le Nouvel Ordre Mondial, qu'ils veulent, d'où la Guerre de 30 ans qui dit se terminer aux environs de 2037, par une quasi régression vers l'âge de Pierre. En fait 2037 n'est qu'une étape qui doit nous emmener vers 2064.

Cette prédiction est liée au visionnaire du 16ème siècle - Michael Nostradamus qui a prédit des événements futurs avec une précision étonnante. Le Seigneur Kalki naîtra dans le village shambala d'Andhra Pradesh en l'an 2025. Le kalgnanam prédit qu'il gouvernera la terre pendant une période de 108 ans après la fin de la troisième guerre mondiale en 2064. L'auteur Ravi Shankar Burada était engagé dans La recherche pendant 4 ans sur Nostradamus, les prophéties hindoues, les prophéties islamiques, le livre de l'Apocalypse et diverses autres prophéties sur le début de la 3ème guerre mondiale féroce qui éteindra des milliards de vies avec des calamités naturelles qui se dérouleront simultanément. Dans ses quatrains Nostradamus à travers l'utilisation de codes donne une indication quant au début de la troisième guerre mondiale de 27 ans. Il déclare que 92 années de paix subsisteront entre la 2ème guerre mondiale et la 3ème guerre mondiale. Ainsi, l'année 2037 verrait les calamités artificielles et naturelles (dues au réchauffement de la planète) à une échelle sans précédent.
Une comète mentionnée par Nostradamus comme étant sept stades (à l'œil nu) apparaîtrait en décembre 2036 et toucherait de grands pays (une partie des USA et de la Grande-Bretagne en totalité), l'Afrique du Sud, Singapour, le Japon et des civilisations anciennes comme un couteau. les inondations et les submergeant finalement. L'année 2037 verrait les actions mondiales et les rendements des cours des obligations s'effondrer comme un paquet de cartes. Les actions mondiales connaîtraient un essor dans les années 2013-2019 et 2031-2037, le BSE Sensex atteignant un niveau de 50 000 et 75 000 respectivement. 2019-2031 serait un marché baissier dans les actions avec les investisseurs étant bien avisés de garer leurs fonds dans des dépôts fixes.
La tourmente verrait l'élu le Mahdi de la Grande Arabie arriver en Europe dans le cadre d'une mission de paix de lancement de secours et de réhabilitation. Matthews mentionne dans la Bible que la paix serait de courte durée car elle ne dure que 3 ans et demi. Le Mahdi promet aussi de grandes richesses aux masses pour les séduire.
Un astéroïde en mai 2040 plongerait dans la mer et détruirait un tiers des animaux aquatiques et un tiers des navires. La comète et l'astéroïde activeraient les volcans, les tremblements de terre et les tsunamis. Les hostilites vont éclater en juin 2040 ouvrant la voie à 23 ans à partir de 2041. L'Europe serait dévastée par la guerre.
Le Seigneur Kalki (Sree Veerabhoga Vasantharaya) est mentionné comme le dernier et le dixième avatara de Vishnu qui détruirait tous les mauvais rois et les dirigeants tyranniques. Lord Kalki, qui est né au cours de l'année Vishwavasu 1965-66, révéla sa viswaroopa aux sages érudits tout comme Krishna bhagwan révéla sa rupa à Arjuna ouvrant la voie à une guerre. On peut passer par les prophéties complètes de Sree Veerabrahmendra Swamy par Santosh Kumar Ayalasomayajula. (site Web: http: //veerabrahmendraswami-biography.blogspot.in). Un autre bon lien vers les prédictions faites par Sree Veerabrahmendra Swamy est un blog de Nagaraju- (site web http://www.indiaprophecy.blogspot.in/).

Nostradamus a mentionné dans ses quatrains que des pièces de monnaie en cuir de mauvaise qualité seraient utilisées par les gens. La Russie et la Chine se seraient d'abord battues les unes contre les autres dans la guerre mais dans un accord décident de cibler les Etats-Unis. Ils ciblent la côte ouest et est des États-Unis avec des missiles nucléaires avant d'annexer le pays. Les Etats-Unis deviendraient significativement faibles alors que Gerald Celente prédisait que le dollar américain se déprécierait de 90% et connaîtrait une hyperinflation et des émeutes de nourriture (estimation par moi) en 2019. Inde du Nord (région de l'Himalaya) (vision et prédiction de Craig Parker) et les parties du monde verraient Tremblements de terre de 7 dans l'échelle de Richter avec des pertes de vie et de biens selon les prédictions de Sree Veerabrahmendra Swamy de novembre 2016 à décembre 2017. Occupation chinoise et pakistanaise de l'Inde (la Chine et l'Inde se battront une guerre sanglante dans laquelle des milliards mourront prédits par un prophète vietnamien - Nguyen Binh Khiem ainsi que Swami Vivekananda) et l'Europe sous les chefs islamiques seraient les fronts de la guerre. Près de 3 milliards de personnes périraient au cours de la 3ème guerre mondiale aux mains de 200 millions d'alliances bouddhistes musulmanes. Après la fin de la guerre, en 2064, le Seigneur Kalki gouvernera la terre avec sagesse et justice pendant 108 ans et ses successeurs le reste des 1000 ans de paix mentionnés dans la Bible. Un autre bon lien vers Nostradamus est un site Web: http://nostradamuspredictions.org.

Nostradamus dans une lettre à son fils-Ceasar écrit qu'en 3797 AD une série de comètes tomberait sur la Terre et détruirait toute la vie sur la terre excepté le temps et l'espace. La Terre sera remplie d'eau de tous les côtés. La population humaine aurait disparu. On suppose que les réincarnations animales de Vishnu comme Matsya, Kurma, Varaha ont eu lieu quand la terre a été inondée d'eau et donc après les réincarnations Narasimha et Vamana que les humains vont repeupler la terre en Satya-Yuga.

Kali Yuga qui a débuté en 3102 av. J.-C. se terminerait en l'année 2064 AD. Ainsi, il ne s'agit que de 5 166 années et non pas de 432 000 années calculées et souvent citées. Le 49ème cycle de Satya Yuga de 20.664 ans commencerait après l'année 2064.
Mantra pour gagner Ashtaaishwarya (huit types de richesse) bénédictions de Sree Veerabrahmendra Swamy Om Hreem Kleem Shreem Namah Shivaya Shree Veerabrahmendra Swamine Namaha
Vasudhaiva Kutumbakam
Le monde entier est ma famille.

Dans la tête de Vladimir Poutine : pour comprendre la vision géopolitique russe du monde

Presse 23 février 2014
Interview de Nicolas Mazzuchi, chercheur associé à l’IRIS, par Théophile Sourdille

Derrière la crise en Ukraine plane l'ombre de la Russie, soutien de Viktor Ianoukovitch. Dans ce dossier comme dans celui de la Syrie, le président russe s'est placé à contre-courant du monde occidental. Une manière pour lui de remettre la Russie sur l'échiquier géopolitique mondial.
Sur fond de relative accalmie de la crise ukrainienne, Barack Obama s'est entretenu le 21 février au soir avec le président russe afin de trouver une voie de sortie viable. Un fait qui n'est pas sans rappeler la résolution de la crise syrienne il y a quelques mois. Souvent qualifié de "nouveau Tsar", l'homme fort du Kremlin semble ainsi peaufiner son image de médiateur sur la scène internationale. Peut-on essayer de définir ce qu'est, au-delà des clichés, la vision géopolitique de Vladimir Poutine ?

Il faut en effet dépasser une vision occidentale qui fait souvent de V. Poutine une sorte de mélange entre Staline et Pierre le Grand qui serait occupé à souffler sur les braises de la Guerre Froide pour relancer un affrontement Est-Ouest. En réalité la vision géopolitique du Kremlin est bien plus subtile et complexe, loin du manichéisme que certains tentent de propager, d’un côté comme de l’autre. Les Russes ont parfaitement compris que le monde des années 2010 n’est plus celui de la fin des années 1980 et que la puissance de la Russie ne doit plus s’appréhender de la même manière que sous l’Union Soviétique.

La meilleure approche de l’appréhension des relations internationales de V. Poutine se trouve dans un document tout à fait officiel : le Concept de Politique Etrangère de la Fédération de Russie. Ce dernier a été rédigé par le ministère des affaires étrangères sur proposition du président fin 2012 et officiellement publié début 2013. Ce concept met en avant la coopération multilatérale comme l’un des principaux axes de la politique étrangère russe dans une volonté accrue d’institutionnalisation du pays. En effet, V. Poutine tente de positionner son pays comme une alternative aux voies américaine et chinoise en jouant sur le multilatéralisme, la redéfinition d’un ordre international post-crise financière et la coopération économique accrue. La multiplication des initiatives russes en ce sens (renforcement de l’OCS, entrée à l’OMC, création du Forum des Pays Exportateurs de Gaz, renforcement de l’Organisation de Coopération Economique de la Mer Noire) montre cette volonté russe. La plupart du temps la Russie y investit les groupes de coopération énergétique afin de se servir de son principal point fort économique dans le but d’augmenter sa puissance.

En dépit d'une capacité à négocier, M. Poutine n'en oublie pas pour autant de pousser ses pions aux frontières de la Russie, comme ce fut le cas en Géorgie en 2008 mais aussi plus récemment en Ukraine comme chacun a pu le voir. Quelles sont concrètement les ambitions de Moscou dans la restauration de la puissance russe ? Jusqu'où est-il prêt à aller ?

La géopolitique traditionnelle russe distingue un espace appelé « l’étranger proche ». Ce dernier correspond peu ou prou aux limites de l’ex-URSS avec à l’Ouest la Biélorussie et l’Ukraine, au Sud le Caucase et à l’Est l’Asie centrale. Cet espace est considéré par Moscou comme le sanctuaire de son influence « naturelle » pour des raisons aussi bien économiques qu’historiques. La volonté de certaines puissances de s’immiscer dans cet espace que ce soit les Etats-Unis qui voulaient intégrer l’Ukraine et la Géorgie à l’OTAN ou la Chine qui se fait de plus en plus présente en Asie centrale, est perçue comme une forme « d’agression ». La Russie qui ne se voit pas créer des bastions d’influence aux frontières des autres grands pays, n’accepte pas que les autres puisse le faire ce qui peut parfois inclure des réactions brutales comme en 2008 en Géorgie où, en plus de régler une affaire régionale complexe dans le Caucase, V. Poutine a également envoyé un signal clair aux Etats-Unis.

A l’heure actuelle V. Poutine tente de recréer une forme d’association économique prenant en compte cet « étranger proche » par la création d’une Union eurasiatique qui comprend déjà la Biélorussie et le Kazakhstan et souhaite y intégrer l’Ukraine. Cette Union ressemblerait assez à l’OCS qui se révèle un vrai succès en Asie centrale et dont l’élargissement est programmé à des pays comme l’Inde ou le Pakistan qui en sont pour le moment des observateurs. En réalité cela s’inscrit également dans la vision multilatérale de Moscou qui cherche à unir ses affidés au sein d’une même organisation. Le problème est que cette volonté, acceptée par Kiev qui y voit un intérêt économique direct, se heurte aux problématiques internes de l’Ukraine, historiquement divisé en deux entités culturelles distinctes, l’une de tradition catholique et pro-européenne et l’autre de tradition orthodoxe et pro-russe. Ce n’est pas pour rien que le nom du pays dérive du mot « frontière ».

Le dirigeant du Kremlin n'en finit pas par ailleurs de cliver, d'aucuns le voyant comme l'un des derniers hommes politiques tandis que les autres y voient un tyran sans scrupules. Est-il possible de faire la part des choses ?

Le film de Karl Zéro « Dans la peau de Vladimir Poutine » était à ce sujet tout à fait édifiant. Alors que l’auteur voulait faire un film à charge, le fait d’adopter le point de vue russe et de s’exprimer à la première personne renverse totalement l’effet. Vu d’Europe occidentale, V. Poutine est un inénarrable despote mais il faut comprendre l’histoire et la réalité russes pour saisir le personnage. Quand il arrive au pouvoir, présenté par ses promoteurs les oligarques, Berezovsky, Abramovitch et consorts, comme un pantin manipulable, V. Poutine trouve un pays économiquement en ruines. La crise de 1998, provoquée par une insertion trop brutale dans le marché mondial, a été catastrophique pour la Russie. Il a donc hérité d’une situation très compliquée avec une corruption galopante qui perdure d’ailleurs aujourd’hui. Le premier succès de V. Poutine, celui sur lequel il capitalise toujours en réalité, a été de sortir le pays de la crise en reprenant en main les actifs gaziers et pétroliers des oligarques pour les placer sous tutelle de l’Etat, inaugurant une nouvelle période de prospérité. Les Russes lui sont toujours reconnaissants de cela ce qui explique en grande partie sa popularité. D’un autre côté il faut également comprendre que le contrat social russe se fonde sur une délégation de pouvoir absolu contre la prospérité et une certaine forme de grandeur du pays ; c’est en ce sens que V. Poutine peut être vu comme l’héritier tant des tsars que des dirigeants soviétiques. Il se place ainsi dans la droite ligne de ses grands prédécesseurs vus comme les bâtisseurs de la Russie et d’une certaine façon à contre-courant de B. Eltsine, même si c’est lui qui l’a amené au pouvoir.

Le discours de Munich prononcé par Vladimir Poutine en 2008 avait théorisé la vision d'un monde multipolaire émancipé de la domination unilatérale de Washington. Faut-il voir cette théorie comme une représentation honnête des ambitions de l'ancien membre du KGB ou comme un moyen consensuel d'imposer petit à petit ses prérogatives dans les rapports de force internationaux ?

C’est à mon avis une vision honnête des volontés russes. Toutefois il faut bien se garder d’y voir un quelconque angélisme. Le multilatéralisme dans la vision russe doit avant tout promouvoir la stabilité politique et permettre à la Russie de déployer son influence, d’abord économique, dans ses zones de projection choisies : étranger proche avant tout mais aussi Asie, Moyen-Orient et Méditerranée. La Russie est consciente qu’elle ne peut plus rivaliser directement avec les Etats-Unis ou même la Chine d’où la volonté de trouver des relais régionaux, de créer des alliances ou des unions économiques et d’instrumentaliser des organisations internationales. Le cas de l’AIEA est très intéressant. Actant la volonté de nombreux pays d’accéder à l’énergie nucléaire (Turquie, Vietnam, Jordanie, Arabie Saoudite) ou de développer leur secteur existant (Brésil, Inde, Chine), la Russie a réussi à ce qu’un ses centres d’enrichissement d’uranium soit choisi comme banque internationale en 2010 par l’AIEA. Cela permet de bénéficier de l’effet d’autorité de l’AIEA et d’augmenter par-là les revenus de l’entreprise nationale qui le gère.

Cette vision se trouve relayée par des officiels et des diplomates russes, montrant bien qu’il s’agit d’une véritable volonté du Kremlin de jouer de la baisse de puissance relative du pays pour apparaître moins « dangereux » que les Etats-Unis ou la Chine et ainsi faire valoir ses vues dans des cadres multilatéraux via des alliés de circonstance. Le but ultime de la Russie reste une restauration de sa puissance mais dans une forme différente de ce qu’elle a pu être au cours du XXe siècle.

Urgent:
Les USA préparent les Européens à l'utilisation d'armes nucléaires contre la Russie
© Sputnik. Eduard Pesov Russie
URL courte 669100

Les militaires américains préparent les forces armées des pays européens à l’utilisation des armes nucléaires tactiques contre la Russie, selon Sergueï Lavrov.

Intervenant lors d'une session de la conférence sur le désarmement à Genève, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a exprimé l'espoir que les Européen opposent un «non» ferme au déploiement sur leur territoire des armes nucléaires américaines.

«Le maintien des armes nucléaires non stratégiques des États-Unis en Europe, accompagné de la pratique déstabilisante de "missions nucléaires communes" entrave le désarmement nucléaire en Europe», a-t-il signalé

Selon lui, dans le cadre de ces missions, «les membres non nucléarisés de l'Otan, violant grossièrement le Traité sur la non-prolifération, participent aux planifications d'utilisation des armes nucléaires non stratégiques des États-Unis et s'entrainent aux compétences adéquates».

«Tout le monde doit comprendre que les militaires américains préparent ainsi les forces armées des pays européens à l'utilisation des armes nucléaires tactiques contre la Russie», a relevé Sergueï Lavrov.

Le ministre a assuré que Moscou était prêt à la reprise des négociations lors de la conférence sur le désarmement et qu'aucun tabou n'existait pour lui sur aucun des points à l'ordre du jour.

«La Russie est prête à la reprise des négociations dans le cadre de la conférence sur la base de tout programme équilibré et issu d'un consensus. La Russie n'a de tabou sur aucun point à l'ordre du jour. Nous avons la volonté politique et la capacité d'expertise pour entamer un travail de négociation», a assuré Sergueï Lavrov.

«Le règlement des questions d'actualité liées au contrôle des armements et à la non-prolifération nous impose une reprise des négociations dans les meilleures délais», a-t-il précisé.

Daesh n’est pas vaincu, il a doublé de volume! et doublera encore tant que les Arabes aimerons la Guerre et que l'on voudra se débarrasser d'eux, la revanche des Templiers©

 

PAR THOMAS JOSCELYN | 22 février 2018 | tjoscelyn@gmail.com | @thomasjoscelyn

La carte de l’ODNI des zones où Daesh et al-Qaïda opèrent. 

Note de l’éditeur: Cet article a d’ abord été publié par The Weekly Standard.

Le 19 janvier, le Pentagone a publié sa nouvelle stratégie de défense nationale. Le deuxième paragraphe du résumé déclassifié de 14 pages dresse un tableau désastreux. “Aujourd’hui, nous sortons d’une période d’atrophie stratégique, conscients que notre avantage militaire, jusque-là compétitif, s’est érodé”, a averti le Département de la Défense. “Nous sommes confrontés à un désordre global accru, caractérisé par le déclin de l’ordre international, fondé sur des règles établies de longue date, créant un environnement sécuritaire plus complexe et plus volatil que tout ce que nous avons connu, de mémoire récente. C’est la concurrence stratégique interétatique, et non le terrorisme, qui est maintenant la principale préoccupation pour la sécurité nationale des États-Unis. “:

Cette dernière ligne a suscité beaucoup d’attention. Elle signale que les planificateurs de la défense ne veulent plus que les guerres (anti-)djihadistes déclenchées par les attentats du 11 septembre soient leur principal objectif. Le reste de la synthèse explique pourquoi. La Chine est désormais un “concurrent stratégique” tandis que la Russie cherche à “briser l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et à changer les structures économiques et sécuritaires européennes et du Moyen-Orient à leur avantage”. La Chine et la Russie “veulent façonner un monde conforme à leur modèle autoritaire –en s’octroyant un droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires des autres nations. »Pendant ce temps, des États voyous tels que la Corée du Nord et l’Iran constituent des menaces accrues pour les intérêts américains. Alors que le département de la Défense reconnaît que l’Etat islamique et d’autres “groupes terroristes” continueront à “assassiner les innocents et menacer plus largement la paix, Washington doit « recentrer son attention sur le contexte des rivalités stratégiques internationale ».

À bien des égards, le document de planification du Pentagone a du sens. La Chine et la Russie commandent des ressources qui dépassent de loin les capacités des djihadistes. Ils ont des missiles nucléaires de pointe ; pas les djihadistes. L’écart entre leurs prouesses militaires conventionnelles et celles de l’Amérique s’est quelque peu resserré. La Russie et la Chine utilisent aussi d’autres moyens, allant de la pression économique aux cyberattaques en passant par l’espionnage et la désinformation, pour défier la suprématie américaine. Pendant ce temps, les guerres déclenchées par le 11 septembre ont été coûteuses. Mais aussi menaçants qu’ils puissent être, les djihadistes n’ont pas la capacité industrielle et la puissance militaire de se propulser en tant que rival de haut niveau. Il est naturel, compte tenu de ces faits, que le Département de la Défense cherche un rééquilibrage.

Cependant, il ne sera pas aussi facile que cela de pivoter pour s’éloigner des djihadistes. L’Etat islamique et al-Qaïda se sont attachés l’attention des services de sécurité à travers tout l’occcident, durant toutes ces années. Des milliers de terroristes présumés en Europe doivent être surveillés. Le FBI a été submergé par des centaines de dossiers en Amérique, où des terroristes potentiels étaient ou pouvaient être impliqués. La CIA et les agences de renseignement alliées continuent de traquer les terroristes professionnels qui complotent des attentats de destruction massive en Occident. Les membres de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda menacent toujours l’aviation civile avec des bombes intelligentes dissimulées dans des portables ou autres objets miniaturisés. Et tandis que l’EI a perdu son territoire du califat, la lutte est loin d’être terminée.

La semaine dernière, le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI) a présenté son évaluation annuelle des menaces devant le Sénat. Elle contient de nombreux avertissements montrant à quel point le complet changement de perspective envisagé par le Département d’Etat pourrait bien s’avérer prématuré :

“L’année prochaine, nous prévoyons que l’Etat islamique se concentrera probablement sur son regroupement en Irak et en Syrie, renforcera sa présence mondiale, défendra sa cause, planifiera des attaques internationales et encouragera ses partisans, membres et simples sympathisants, à mener des attaques dans leurs pays d’origine. “Daesh, avertit l’ODNI,” a commencé – et va probablement poursuivre durablement – une insurrection renforcée, en Irak et en Syrie, dans le cadre d’une stratégie à long terme, visant à permettre, en définitive, la réapparition de son soit-disant califat, et il continuera à «menacer les intérêts américains dans la région».

Conclusion : (la lutte contre) Daesh est loin d’être fini(e). Alors que la plus grande partie du territoire jadis sous son contrôle en Irak et en Syrie a été «libérée», le groupe conserve toujours les ressources nécessaires pour mener une guérilla indéfiniment.

Une carte produite par l’ODNI souligne la nature globale de la menace. En dehors de l’Irak et de la Syrie, les combattants de l’EI continuent de mener des insurrections dans plusieurs pays et régions divsersifiées. Et certaines de ces branches du soi-disant califat menacent encore les États-Unis et leurs alliés.

Considérons la situation en Egypte. En novembre 2014, un groupe lié à Al-Qaïda connu sous le nom d’Ansar Bayt al-Maqdis a juré allégeance à l’émir Abu Bakr al-Baghdadi. Le groupe a ensuite été rebaptisé Wilayat Sinaï, ou la province du (califat) Sinaï, et a promis de se battre pour la cause du califat. Wilayat Sinaï reste une menace pour la sécurité de l’Etat égyptien. Ses membres ont fait exploser un avion de ligne russe en octobre 2015 (sans doute avec l’aide du MIT turc), tuant les 224 passagers et membres d’équipage à bord. L’attentat a été la première attaque réussie des jihadistes contre l’aviation commerciale depuis les détournements du 11 septembre. Le Wilayat Sinai a assassiné des responsables égyptiens, harcelé des résidents locaux et mené une série d’attentats à la bombe contre des mosquées, des tribus bédouines et des chrétiens. À certains moments, la branche sinaïtique de Daesh s’est avérée assez puissante pour capturer des points de contrôle égyptiens et envahir les installations de la sécurité.

Les djihadistes du Sinaï sont si féroces que les hommes du président Abdel Fattah el-Sisi n’ont pas été capables de les contenir par leurs seuls moyens. En début de ce mois-ci, le New York Times a confirmé un secret à peine masqué : Israël a aidé les Egyptiens à traquer les dirigeants et les commandants de l’Etat islamique dans le nord du Sinaï depuis 2015. Malgré cette aide des experts israéliens, Wilayat Sinai n’a pas été éradiqué. La semaine dernière, le groupe a menacé la prochaine élection présidentielle égyptienne, prévue pour fin mars. Dans une longue vidéo diffusée sur les canaux médiatiques de l’EI, les frères du Califat du Sinaï se sont engagés à faire couler le sang des «tyrans» et à célébrer certains de ses actes les plus odieux (décapitations, etc.). Dans une scène m ontrée dans cette vidéo, un djihadiste se faufile derrière un responsable de la sécurité égyptienne, levant lentement son pistolet sur la tête de l’homme avant d’appuyer sur la queue de détente. Ce meurtre en direct est censé envoyer un message au gouvernement égyptien : Personne n’est en sécurité. C’est une menace que Sisi a pris au sérieux. En début de ce mois-ci, son gouvernement a annoncé une campagne de grande ampleur contre les djihadistes du Sinaï. Les Egyptiens se sont efforcés de trouver la bonne formule de contre-insurrection, ce qui signifie qu’ils sont bien conscients que les djihadistes continueront probablement à menacer la région dans un proche avenir.

En Libye, l’EI ne contrôle plus les territoires les plus importants. Mais il y a des raisons de s’inquiéter que les hommes de Baghdadi puissent, là aussi, se  regrouper pour refaire surface. Au sommet de sa puissance en Afrique du Nord, à partir de 2015, l’Etat islamique a gouverné la ville de Syrte pendant plus d’un an. La ville natale de Muammar Qaddafi et le site de la mort du dictateur libyen en 2011, Syrte représentait plus qu’un simple bastion symbolique. L’Etat islamique l’a considérée comme l’une des trois villes les plus importantes sous son contrôle, se classant juste derrière Mossoul, en Irak et Raqqa, en Syrie. Mais la branche libyenne de l’Etat islamique a perdu le contrôle de la ville en décembre 2016, après un siège prolongé de forces locales (dont l’Armée Nationale du Général Haftar) soutenues par les Etats-Unis.

Certains des survivants de l’EI ont décampé dans des zones isolées au sud de Syrte, dans les déserts libyens, où ils ont tenté de se regrouper. Début 2017, le gouvernement américain a annoncé que deux de ses camps d’entraînement improvisés avaient été bombardés, après la découverte de «comploteurs extérieurs», c’est-à-dire des agents chargés de planifier des attentats terroristes en Europe ou aux États-Unis. Certains de ces terroristes ont peut-être été directement impliqués dans l’attentat de mai 2017 à l’Arena de Manchester, qui a fait 22 morts et des centaines de blessés.

De combien d’hommes dispose encore Daesh en Libye? Nous ne savons pas vraiment. Le Département d’Etat estime que l’Etat islamique comptait «jusqu’à 6 000 combattants dans ses rangs» en Libye au début de 2016, c’est-à-dire avant le début des combats les plus violents à l’intérieur de Syrte. Quelque 1 700 djihadistes de l’Etat islamique auraient été tués dans la ville ou aux alentours dans les mois qui ont suivi, lors des frappes aériennes américaines et lors des batailles terrestres. Cela implique que plus de 4 300 membres de Daesh se sont dispersés ou ont été évacués pour se stationner ailleurs en Libye. Il est possible que Daesh conserve un contingent significatif de purs et durs en Afrique du Nord.

Ailleurs en Afrique, Daesh a des branches émergentes qui cherchent à se développer. En Afrique de l’Ouest, un ancien commandant d’Al-Qaïda nommé Adnan Abu Walid al-Sahraoui dirige un groupe qui a revendiqué la responsabilité de l’assassinat de quatre soldats américains et cinq soldats nigériens en octobre dernier (2017). Les circonstances entourant leur mort sont troubles, mais ces hommes patrouillaient au Niger lorsque les djihadistes ont saisi l’occasion de frapper. Sahraoui et ses hommes combattent au nom du califat depuis 2015. Dans un cadre différent, le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a également prêté allégeance à Baghdadi en 2015. Boko Haram est tristement célèbre pour une série de meurtres et d’enlèvements de grande envergure, y compris l’enlèvement de centaines d’écolières nigérianes. Même par rapport aux psychopathes de Baghdadi, Shekau a toujours été l’un des djihadistes les plus mentalement perturbés de la planète. Ses manières de détraqué ont même conduit à ce qu’il soit désavoué en 2016, lorsque l’Etat islamique a nommé un nouveau chef à sa place pour diriger ses hommes en Afrique de l’Ouest. Shekau continue, néanmoins, à diriger son propre contingent de Boko Haram.

À l’est, dans la Corne de l’Afrique, l’EI a créé une petite force de combat, mais qui s’avère meurtrière. Ayant son quartier général dans la région autonome du nord du Puntland en Somalie, Abdulqadir Mumin, un autre ancien commandant d’Al-Qaïda, dirige un contingent de l’Etat islamique qui mène régulièrement des attaques. Les hommes de Mumin ont été incapables de conquérir et de tenir le terrain, depuis une durée significative, et leur éloignement de cette zone entrave leur efficacité. Mais ils ont exploité leurs sources locales, en s’appuyant sur la couverture d’affaires commerciales somaliennes pour financer leur entreprise.

À travers tout le Golfe d’Aden, au Yémen, les fanatiques de l’EI ont ajouté une autre dimension à une guerre déjà complexe et qui se déroule sur plusieurs fronts. En décembre 2017, le Commandement central des États-Unis a cité des «estimations des renseignements» selon lesquelles Daesh avait «doublé de taille au cours de l’année écoulée». Cela ne signifie guère que ses efforts seraient sur le déclin, bien au contraire. Pire encore, le Pentagone a averti que Daesh «a utilisé les espaces ingouvernables du Yémen pour comploter, diriger, inciter, et recruter pour mener des attaques contre l’Amérique et ses alliés dans le monde entier.» Les djihadistes utilisent ce pays déchiré par la guerre comme «un centre de recrutement, d’entraînement et de transit des terroristes. “

La campagne aérienne américaine dans le sud de la péninsule Arabique s’est considérablement accrue l’année dernière, avec un nombre record de frappes aériennes (131) prenant pour cibles les djihadistes au Yémen. La plupart d’entre elles ont frappé Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui rejette le califat de Baghdadi. Mais plusieurs autres, pour la première fois, ont frappé des foyers de présence grandissante de l’Etat islamique. En octobre, le Pentagone a déclaré que des «dizaines» de militants de l’Etat islamique avaient été tués dans deux camps d’entraînement yéménites. L’un des camps a été baptisé du nom d’Abu Muhammad al-Adnani, un porte-parole décédé de l’Etat islamique qui a aidé à construire la campagne médiatique de terreur des djihadistes à travers le monde. Adnani a joué un rôle direct dans l’instigation et la planification d’attentats en plein cœur de l’Occident. Le fait que les djihadistes yéménites s’entraînent maintenant en son nom est un présage menaçant.

En Afghanistan et au Pakistan, les fidèles de Daesh combattent leurs ennemis presque tous les jours. Wilayat Khorasan, ou la province du Califat de Khorasan, a perdu beaucoup de terrain dans l’est de l’Afghanistan, où elle contrôlait autrefois plusieurs districts. Les États-Unis ont systématiquement traqué plusieurs émirs du Wilayat Khorasan, perturbant ainsi sa chaîne de commandement. Mais les djihadistes restent résilients – survivant à des mesures aussi extrêmes que l’utilisation par les États-Unis d’une bombe à explosion massive, le GBU-43 (aussi connue sous le nom de MOAB ou «mère de toutes les bombes») dans la province de Nangarhar en avril 2017. C’était la première fois qu’un MOAB, la plus grande bombe non nucléaire de l’arsenal américain, a été déployé au combat.

Les représentants de Baghdadi revendiquent régulièrement des opérations au cœur de Kaboul, la capitale afghane. En janvier, une escouade d’inghimasis hautement entraînés (combattants de la guérilla qui se sont immergés dans les combats avant d’effectuer des attentats suicides) a frappé l’Université de la défense nationale du maréchal Fahim à Kaboul. En mars dernier, une escouade d’Inghimasis s’est infiltrée dans l’hôpital Sardar Mohammad Daud Khan, le plus grand centre médical d’Afghanistan pour le personnel militaire et leurs familles. Il a tué ou blessé des dizaines de personnes.

Certains prétendent que des groupements tels que le Wilayat Khorasan ont simplement adopté le sigle du califat, mais manquent de liens significatifs avec la multinationale de Baghdadi. Ce n’est pas le cas. L’armée américaine a découvert le tissu qui relie les extrémités à la tête. Le général John Nicholson, commandant des forces américaines en Afghanistan et du Soutien Déterminé de l’OTAN, a expliqué qu’il y avait un «lien» entre le Wilayat Khorasan et le quartier général de l’Etat islamique. Le premier responsable de Wilayat Khorasan a «suivi le processus de candidature» et le groupe a reçu des «conseils», de la «publicité» et un «soutien financier» de la part de Daesh. En juin 2017, les États-Unis ont bombardé un «centre de production en direction des médias» de Daesh dans l’est de l’Afghanistan. Le Pentagone a expliqué que les bombardemetns “perturbent [leurs] relations avec l’Etat islamique en Syrie”.

Les combattants de l’Etat islamique restent une menace dans des zones aussi éloignées de l’Irak et de la Syrie, que l’Asie du Sud-Est. Comme ailleurs, Daesh a construit un réseau en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines en attirant des djihadistes chevronnés à sa cause, tout en « électrisant » (galvanisant) les nouvelles recrues, dès ses premiers succès sur le champ de bataille en 2014.

Les autorités indonésiennes et malaisiennes ont coupé court à une série de complots terroristes, directement reliés aux agents centraux en Syrie et en Irak. Les gouvernements d’Australie et de Singapour y ont aussi participé. Dans un cas étonnant l’année dernière, les Australiens ont découvert, par l’intermédiaire de révélations et de l’alerte donnée par l’unité 8.200 israélienne, que Daesh avait envoyé des composants d’une bombe depuis la Syrie vers une cellule chargée de prendre l’aviation australienne pour cible. Pendant ce temps, durant plusieurs mois l’année dernière, les forces armées philippines se sont battues pour expulser les djihadistes de la ville de Marawi, sur l’île de Mindanao.

Regardons à nouveau la carte ODNI et on remarquera autre chose : Daesh n’est pas la seule menace djihadiste. Al-Qaïda vit, bel et bien, malgré les nombreuses tentatives de l’administration Obama pour le déclarer mort. Dans certains pays, tels que la Somalie et le Yémen, l’empreinte d’Al-Qaïda est plus vaste et plus profonde que celle des cellules de Daesh. Un nouveau chapitre de la vie d’al-Qaïda est particulièrement prolixe au Mali (là où la France est engagée) et dans les pays environnants. En Afghanistan, Al-Qaïda reste fortement investi dans l’insurrection menée par les talibans. Bien que beaucoup à Washington, en particulier au Département d’Etat, voudraient nous faire croire que les Talibans et Al-Qaïda sont des entités mutuellement exclusives, de nombreux détails montrent le contraire. Le chef adjoint des talibans, Siraj Haqqani, est un allié de longue date d’Al-Qaïda. Et certains des facilitateurs les plus importants des talibans servent également al-Qaïda.

En septembre 2014, Ayman al Zawahiri, le successeur d’Oussama ben Laden, a annoncé la formation de l’antenne d’Al-Qaïda dans le sous-continent indien (AQIS). Sa mission première est d’aider les talibans à reconquérir l’Afghanistan. Aujourd’hui, les talibans et leurs alliés disputent ou contrôlent plus de 40% des districts de l’Afghanistan, soit beaucoup plus de territoires que les porte-drapeaux du califat. Les talibans bombardent régulièrement Kaboul avec des attentats à la bombe à grande échelle et des raids de guérilla. Au Pakistan voisin, al-Qaïda a réorganisé des éléments de groupes djihadistes vieux de plusieurs décennies sous la bannière de l’AQIS, veillant à ce que l’organisation ait le pouvoir.

Al-Qaïda espère utiliser les pertes territoriales de l’Etat islamique pour s’octroyer la loyauté des djihadistes mécontents. Reste à voir à quel point ces efforts seront couronnés de succès, mais une campagne de recrutement d’Al-Qaïda est en cours dans plusieurs des points chauds de Daesh, évoqués plus haut. Récemment, par exemple, un groupe pro-al Qaïda connu sous le nom de Jund al-Islam a réémergé dans le Sinaï après plusieurs années d’invisibilité. Il se vend explicitement comme une alternative à Daesh. Des efforts similaires seraient en cours ailleurs, y compris en Syrie. Al-Qaïda a rencontré de graves problèmes de gestion dans le nord-ouest de la Syrie, où des milliers de combattants étaient autrefois sous son commandement (Al Nusra). Mais il est trop tôt pour compter qu’Al-Qaïda serait mis hors de ce combat.

Le Pentagone n’a pas tort dans sa stratégie de défense nationale. La Chine monte en puissance. Et Vladimir Poutine verra toujours l’Amérique comme l’adversaire de la Russie. Ce n’est pas une coïncidence si l’Iran et la Corée du Nord – les deux États voyous mis en lumière dans le nouveau document stratégique – ont bénéficié des largesses chinoises et russes. Le gouvernement américain devra faire face aux nouveaux défis de ces quatre nations. Mais la révolution des djihadistes s’est répandue à travers le monde au cours des 16 années écoulées depuis le 11 septembre. Dans de nombreux domaines mis en évidence sur la carte de l’ODNI, l’implication de l’Amérique sur le terrain est la seule chose qui empêche les nouveaux émirats islamiques de germer. Les djihadistes se battent pour revendiquer un nouveau territoire, soit pour le califat de Baghdadi, soit pour en construire un nouveau, ailleurs. Les États-Unis ne peuvent pas faire fi de cette menace. Daesh n’est pas vaincu. Al Qaïda non plus.

Thomas Joscelyn est Chercheur principal à la Fondation pour la défense des démocraties et rédacteur en chef du Long War Journal pour cette même FDD.

Balises: Al-Qaïda , Département de la Défense , ISIS , État islamique , Stratégie de défense nationale , ODNI , Bureau du directeur , Pentagone

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La Turquie accusée de recruter des ex-combattants de Daech par milliers pour attaquer les kurdes en Syrie.

Selon le site Independent.co.uk , la Turquie recruterait les « djihadistes » de DAECH. En effet, d’après le célèbre journal britannique, la Turquie les enrôlerait à tour de bras pour aller combattre les Kurdes de Syrie…
En effet, un ancien combattant de Daech raconte  comment la Turquie utilise le nom de la désormais obsolète Armée Syrienne Libre soutenue par l’Occident pour dissimuler le recours à des mercenaires djihadistes.
La Turquie recrute et rééduque des combattants de Daech pour mener son invasion de l’enclave kurde d’Afrin dans le nord de la Syrie, selon une source anciennement membre de Daech.
« La plupart de ceux qui combattent à Afrin contre les YPG (Unités de protection du peuple) font partie de Daech, bien que la Turquie les ait entraînés à changer leurs tactiques d’assaut », a déclaré Faraj, un ancien combattant de Daech dans le nord-est de la Syrie encore en contact étroit avec le mouvement djihadiste.
Dans une interview téléphonique à The Independent, il a ajouté : « Au début de son opération la Turquie a essayé de tromper les gens en disant qu’elle combattait Daech, mais en fait elle forme les membres de Daech et les envoie à Afrin ».
Environ 6.000 soldats turcs et 10.000 miliciens de l’Armée syrienne libre (ASL) ont franchi la frontière syrienne le 20 janvier, s’engageant à chasser les YPG d’Afrin.
L’attaque a été menée par l’ASL, qui était un groupement de rebelles syriens non-djihadistes  soutenus par l’Occident. Maintenant, la plupart de ses combattants participant à « l’Opération Rameau d’Olivier » en Turquie étaient, jusqu’à récemment, membres de Daech.
Certaines des troupes de l’ASL sont étonnamment ouvertes au sujet de leur allégeance à al-Qaïda et à ses ramifications. Une vidéo postée en ligne montre trois djihadistes en uniforme qui chantent une chanson relatant leurs batailles passées et « comme nous étions implacables à Grozny (Tchétchénie) et au Daghestan (Caucase du Nord). Et nous avons pris Tora Bora (l’ancien quartier général d’Oussama ben Laden). Afrin nous appelle ».
Daech a subi de lourdes défaites l’année dernière, en perdant Mossoul en Irak après un siège de neuf mois et Raqqa en Syrie après un siège de quatre mois. Le califat, déclaré par son chef Abou Bakr al-Baghdadi en 2014, a été détruit et la plupart de ses commandants et combattants expérimentés ont été tués ou se sont volatilisés.
Mais l’organisation a montré des signes de tentatives de renaissance en Syrie et en Irak au cours des deux derniers mois, en assassinant des opposants locaux et en lançant des attaques de guérilla dans des endroits éloignés et mal défendus.
Des combattants de Daech rejoignent la force d’invasion de l’ASL et de l’armée turque à la suite de pressions exercées par les autorités turques. Du point de vue de la Turquie, le recrutement d’anciens combattants de Daech signifie qu’elle peut s’appuyer sur un grand nombre de terroristes professionnels et expérimentés. Le fait que ces combattants ne soient pas turcs présente un autre avantage, car s’ils subissent de sérieuses pertes cela n’affectera pas le gouvernement turc.
Daech et la Turquie cherchent à s’utiliser l’un-l’autre à leurs propres fins. Faraj, 32 ans, un Arabe de la province mixte kurdo-arabe de Hasakah dans le nord-est de la Syrie, dit qu’il n’aime pas les YPG, mais il se méfie de la Turquie et croit qu’elle essaie de manipuler Daech. « La Turquie traite Daech comme du papier toilette », dit-il. « Après utilisation, ils seront jetés ».
La Turquie est évidemment consciente que l’utilisation des combattants de Daech comme fer de lance de l’assaut contre Afrin, même s’ils sont rebaptisés ASL, risque d’attirer la critique internationale.
Faraj dit que les commandants turcs ont dissuadé Daech d’utiliser leur tactique traditionnelle d’utilisation intensive des kamikazes et de voitures piégées à Afrin, car cela rendrait leur coopération trop flagrante.
Il dit que les hommes de l’ASL sont des « professionnels dans la planification d’attentats à la voiture piégée comme ils l’ont déjà fait avec Daech à Raqqa et à Mossoul ».
Mais il mentionne des officiers turcs qui découragent de telles tactiques trop identifiables, citant l’un d’entre eux s’adressant à un groupe de l’ASL en formation : « Nous laissons les attaques suicides aux YPG et PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan qui poursuit la guérilla en Turquie), de sorte que le monde sera convaincu qu’ils sont des terroristes ».
La Turquie entretient des relations ambivalentes avec les groupes djihadistes depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011. Dans un premier temps, elle a permis aux combattants djihadistes étrangers et aux approvisionnements en armes de passer en Syrie, bien que cette tolérance ait diminué après la chute de Mossoul en juin 2014.
Néanmoins, Ankara a précisé par ses actions lors du siège de la ville kurde de Kobani qu’elle aurait préféré que la victoire aille à Daech plutôt qu’aux YPG.
Alors que les YPG progressaient vers Kobani soutenus par la puissance aérienne étatsunienne, la priorité de la Turquie était d’inverser la création d’un état de facto kurde en Syrie sous la protection militaire américaine.
Les États-Unis sont dans une position particulièrement difficile. Ce sont les YPG qui ont fourni les troupes au sol qui, soutenues par les frappes aériennes américaines, ont vaincu Daech dans de nombreuses batailles.
Sans eux, il n’y aurait pas eu de victoire sur Daech comme le prétendait le président Trump dans son message sur l’état de l’Union. Mais les YPG font maintenant face à certains des mêmes combattants de Daech à Afrin avec qui ils se sont battus au cours des quatre dernières années. Ça fera mauvaise figure si les États-Unis abandonnaient leurs fidèles alliés kurdes parce qu’ils ne veulent pas d’affrontement avec la Turquie.
Une telle confrontation pourrait arriver prochainement. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé ce week-end d’étendre l’invasion turque à la ville arabe de Manbij, capturée à Daech par les YPG en 2016 après un long siège. Il a déclaré que les Américains « nous disent : ne venez pas à Manbij. Nous viendrons à Manbij pour remettre ces territoires à leurs propriétaires légitimes ».
Les combats entre Turcs et Kurdes et l’affrontement grandissant entre les États-Unis et la Turquie sont tous dans l’intérêt Daech. Il n’a pas la force de se remettre de ses défaites écrasantes de l’an dernier, mais les adversaires qu’il affrontait alors sont maintenant en train de livrer d’autres batailles.
L’élimination des dernières poches de la résistance de Daech n’est plus leur première priorité. Le YPG a transféré des unités qui faisaient face à Daech dans l’extrême est de la Syrie à l’ouest où elles feront face aux Turcs.
La Turquie n’est pas dans une position très favorable militairement, trois semaines environ après son invasion d’Afrin. Elle ne peut gagner qu’en bombardant jour et nuit, et pour cela elle aura besoin de la permission russe, ce qu’elle n’obtiendra probablement pas. Si elle veut étendre ses attaques, elle aura besoin de plus de soldats de combat et cela donnera l’opportunité à Daech de rejoindre une nouvelle guerre.
Nous avons sollicité l’ambassade de Turquie au Royaume-Uni mais celle-ci n’a pas souhaité donner de commentaire au moment de la publication.
L'Aide d’Israël à la sécurité des Etats-Unis : la guerre froide, le Plan pour se débarrasser des Arabes est imparrable©

Malgré ces mésaventures, Washington et Jérusalem entretiennent depuis les années 1950 de solides relations dans le domaine des renseignements. Les bases de cette relation ont été posées en 1956, lorsque le Mossad a obtenu le texte d’un discours secret du dirigeant soviétique de l’époque, Nikita Khrouchtchev, au Congrès du Parti communiste, dans lequel il fustigeait les pratiques tyranniques de son prédécesseur Joseph Staline. Après que le discours ait été publié dans le New York Times, le choc probvoqué par la prise de conscience des crimes de Staline a contribué à délégitimer le régime soviétique dans l’opinion publique occidentale.

Pendant les années 1950 et 1960, le Moyen-Orient a servi de terrain d’essai pour la doctrine militaire soviétique et l’armement avancé. Mais, avec l’expérience accumulée par Israël lors de ses guerres contre les armées égyptienne, syrienne et irakienne – entraînées par des conseillers soviétiques et équipées d’armes souvent avancées – Israël a pu fournir à l’armée américaine des leçons à tirer sur le plan opérationnel, ainsi que des informations sur la mise au point de nouvelles technologies israéliennes pour neutraliser l’armement soviétique ; de ce fait, les Etats-Unis ont bénéficié d’un accès direct aux types d’armes soviétiques, capturés par Israël. Dans ce cadre :

  • En 1966, un pilote irakien a fait défection vers Israël à bord d’un avion de combat MiG-21.
  • Après la guerre de juin 1967, Israël a transféré aux États-Unis une batterie de missiles sol-air SA-2 saisie par Tsahal.
  • En août 1968, deux MiG-17 syriens ont atterri par erreur sur un site d’atterrissage en Galilée.
  • En décembre 1969, pendant la guerre d’usure israélo-égyptienne, des parachutistes israéliens ont attaqué une station radar égyptienne à Ras Gharib près de la rive ouest du golfe de Suez, ramenant un radar avancé du modèle P-12.
  • Selon le professeur Yuval Neeman, qui a participé aux réunions du cabinet et de l’état-major général de Tsahal pendant la guerre d’octobre 1973, la division du général Ariel Sharon a saisi (le 18 octobre) une batterie de missiles sol-air égyptiens complet SA-6.
  • De même, pendant les guerres de 1967 et de 1973, les soldats de Tsahal se sont emparés de plus d’un millier de chars égyptiens et syriens T-54 et T-55. Un grand nombre de chars T-62, dont certains intacts, ont été capturés sur le front syrien durant la guerre de 1973.
  • Dans son livre Drapeau rouge sur la Méditerranée (2017), Pessa’h Malovany a noté que lors de la guerre du Liban de 1982, Israël aurait obtenu des informations jusqu’alors inconnues concernant le char russe T-72.
  • Enfin, en octobre 1989, un pilote d’un MiG-23 syrien a déserté et est passé, avec armes et bagages, du côté israélien.

Une contribution israélienne particulièrement précieuse, cependant, est relatée, lors d’un mystérieux épisode, pour les services de renseignements, lié à une question d’importance existentielle pour les États-Unis : cela concerne la menace nucléaire soviétique contre le territoire de la patrie américaine, et, de ce fait, capitale pour la survie du monde occidental dans son ensemble. La gravité de cette menace a été clairement démontrée lors de la crise des missiles de Cuba en octobre 1962, lorsque Moscou a déployé des missiles nucléaires à Cuba à environ 240 kilomètres des côtes de la Floride. Considérant ce mouvement comme un casus belli, le président américain John Kennedy a imposé un blocus naval à Cuba, conduisant Khrouchtchev à reculer et à retirer ses missiles en échange du retrait des missiles nucléaires américains de Turquie.

Au moment de cette crise, les Soviétiques s’étaient déjà énormément avancés dans le développement de missiles balistiques intercontinentaux équipés d’ogives nucléaires. Le premier missile nucléaire opérationnel a été le R-16 à deux étages, qui, avec son modèle plus avancé, le R-16U, formait l’épine dorsale de la force de lancement de missiles stratégiques soviétiques, avec un total de 186 lanceurs, de 1961 à 1976. Durant les premières années, les lanceurs et les missiles étaient déployés au sol et cachés dans les forêts, mais au milieu des années 1960, ils avaient déjà été placés dans des silos souterrains. Selon les informations disponibles, ils ont d’abord été dispersés entre neuf sites à travers toute l’Union soviétique : Nizhny Tagil, dans les montagnes de l’Oural ; Yoshkar-Ola, à environ 640 kilomètres au nord-est de Moscou ; Bershet à environ 1. 250 kilomètres à l’est de Moscou ; Yurya, à environ 800 kilomètres au nord-est de Moscou ; Shadrinsk, à environ 1. 650 kilomètres à l’est de Moscou ; Itatka, dans le sud-ouest de la Sibérie ; Novossibirsk, dans le sud-ouest de la Sibérie; et Krasnoyarsk, au cœur de la Sibérie. Les dimensions du missile étaient impressionnantes : une hauteur de plus de 30 mètres et un diamètre d’environ 3 mètres. Il avait un rayon d’action de 10. 500 à 13. 000 kilomètres, en fonction du poids de l’ogive. Les missiles étaient équipés d’ogives thermonucléaires de trois à six mégatonnes capables de détruire de grandes villes comme New York ou Chicago.

Pendant la guerre froide, les services de renseignements américains ont eu du mal à recueillir des informations derrière le rideau de fer, se concentrant plutôt sur des moyens techniques de collecte, en particulier la photographie aérienne : d’abord grâce aux avions U-2, puis grâce aux satellites. Ainsi, en particulier, dans des domaines de nature clairement technologique, tels que la menace nucléaire soviétique, il était facile de se tromper, par surestimation ou sous-estimation.

Pourtant, l’épais manteau du secret, entourant l’Union Soviétique était aussi son talon d’Achille. C’est la nécessité même d’assurer la préservation du secret dans tous les domaines de la vie qui a provoqué une “explosion de l’information”, puisque cela exigeait de conserver d’énormes bases de données dans une quantité infinie de fichiers contenus dans des cartons bourrés de documents ; et plus ils se multipliaient, plus difficile cela devenait d’y avoir accès. Il devenait aussi plus probable que les dossiers personnels de quelques membres de l’appareil de la défense soviétique, disposant d’une classification de haute sécurité, se perdent au fil des années, et à un moment donné, après leur retraite, leur classification de sécurité disparaissait. En effet, ils devenaient des agents libérés de leurs obligations, mais on avait encore des difficultés à les localiser et à avoir accès à eux. Dans ce contexte, la communauté du renseignement israélien a réussi, dans la seconde moitié des années 1970 et au début des années 1980, a fournir à ses homologues américains des informations originales de très haute valeur sur le rayonnement des missiles stratégiques soviétiques, tels qu’ils existaient à la fin des années 1960.

Sur la base des informations fournies par Israël, on pouvait construire une image détaillée et assez précise de la structure et de la dispersion d’au moins certaines des brigades de missiles stratégiques de l’armée soviétique. Les informations comprenaient également des détails sur les terrains d’essai de ces missiles : ils étaient lancés depuis un champ à Baïkonour au Kazakhstan, ou depuis le champ de Plesetsk dans la région d’Arkhangelsk à environ 800 kilomètres au nord de Moscou. Les missiles visaient le terrain d’essai de Kora dans le nord de la péninsule du Kamtchatka, à plus de 8 000 kilomètres à l’est de Baïkonour et à environ 5 500 kilomètres à l’est de Plesetsk. En même temps, il semble que l’importance essentielle de l’information fournie par Israël était technique ; elle contenait des données techniques détaillées sur le missile intercontinental R-16 et son fonctionnement.

Certaines informations de ces renseignements ont pu être vérifiées avec des photographies aériennes. Mais ils comprenaient également des données techniques détaillées, parfois obstruées par des rumeurs, qui ne pouvaient être vérifiées seulement que plus tard. Par exemple, il y avait une rumeur au sujet de la catastrophe survenue le 24 octobre 1960 dans le champ de Baïkonour, où le maréchal Mitrofan Nedelin, premier commandant de la force de missiles stratégiques soviétiques, avait été tué avec une centaine de membres de son personnel. Il s’agissait alors du premier lancement de test d’un missile R-16 pour marquer l’anniversaire de la révolution bolchevique. Peu de temps après l’incident, les autorités soviétiques ont tâché de maquiller l’affaire en signalant que le maréchal Nedelin avait été tué dans un accident d’avion. Peu de temps après, cependant, une agence de presse italienne a fait un bref reportage sur la catastrophe. Néanmoins, l’incident avec tous ses détails restait un secret en Russie. C’est seulement en 1989, près de 30 ans plus tard, que l’hebdomadaire russe Ogonek a révélé les circonstances de la mort tragique de Nedelin et de son équipage. L’accident s’est produit lorsqu’un court-circuit dans le moteur du prototype du missile a provoqué une explosion, alors qu’il était positionné et alimenté sur la rampe de lancement. Khrouchtchev a continué de pousser Nedelin pour qu’il effectue le test. C’est lorsqu’on a découvert le problème qui a empêché le lancement du missile que le maréchal s’est précipité, avec son entourage, vers la rampe de lancement pour comprendre ce qui s’était passé, que l’explosion s’est produite. Le planificateur du missile, Mikhail Yangel, a été sauvé parce qu’il se trouvait dans un bunker loin de la rampe de lancement pour fumer une cigarette. Après le désastre, Khrouchtchev a convoqué Yangel et lui a demandé avec une grande colère mêlée d’un profond cynisme de colère : «Comment se fait-il que tu sois resté en vie?» Khrouchtchev a aussi nommé Leonid Brejnev, qui allait lui succéder en tant que dirigeant soviétique, à la tête de la commission d’enquête. Ironiquement, Brejnev a déclaré que “Les coupables ont déjà subi leur punition!” [La mort au moment de l’explosion].

Une autre rumeur à vérifier, rapportée par les services israéliens, concernait le “désastre de Kyshtym” (Kyshtym était la ville proche du site de cette autre explosion). Il s’agissait d’un accident par contamination radiologique survenu le 29 septembre 1957 à l’usine soviétique de Mayak, spécialisée dans le recyclage du combustible nucléaire irradié et l’extraction du plutonium pour les armes nucléaires. L’usine opérait dans la «ville fermée» de Tcheliabinsk-40 sur le versant oriental des montagnes du sud de l’Oural. La catastrophe s’est déroulée, lorsque le système de refroidissement de l’un des réservoirs, qui contenait 70 à 80 tonnes de déchets nucléaires liquides à un niveau élevé de radioactivité, a mal fonctionné et n’a pas été immédiatement réparé. Les déchets nucléaires dans les réservoirs évaporés, et la haute température ont provoqué une explosion chimique ayant la puissance de 70 à 100 tonnes de TNT. Le nuage des retombées radioactives s’est étendu sur environ 300 kilomètres, et au cours des années suivantes, des milliers de personnes sont mortes des conséquences de cette catastrophe.

Une autre anecdote qui a été relatée, mais déjà connue en Occident, concernait la Tsar Bomba – «le Tsar des bombes» – l’explosion d’une bombe à hydrogène de 50 mégatonnes, le plus grand record d’explosion jamais enregistré. La bombe a été larguée le 30 octobre 1961 par un bombardier Tu-16 au-dessus de l’archipel de Novaya Zemlya dans l’océan Arctique – sur les ordres de Khrouchtchev, dans le but de défier l’Amérique : “Nous allons vous montrer de quoi nous sommes capables!”. La boule de feu qui est sortie de l’explosion avait huit kilomètres de diamètre et lorsque l’onde de choc a atteint Arkhangelsk, à environ 2 000 kilomètres au sud-ouest du site de l’explosion, elle a provoqué un écrasement généralisé, les uns contre les autres, des navires accostés dans le port.

La CIA a exprimé sa gratitude envers la communauté du renseignement israélienne, en soulignant que les informations reçues étaient «exceptionnelles» et avaient permis à l’agence de rectifier ses surestimations préalables, en matière de renseignement sur les problèmes en question. Selon un haut responsable de la CIA, les informations obtenues de la part d’Israël indiquaient que la technologie des missiles stratégiques soviétiques était de qualité inférieure à ce que la CIA avait cru jusque-là. Selon le responsable, la communauté du renseignement américain craignait, à cause des lacunes dans ses informations disponibles, que dans les années 1970, les Soviétiques avaient déjà développé une capacité technologique leur permettant d’équiper leurs missiles intercontinentaux d’ogives MIRV (Multiple Independently Targetable Reentry Vehicle : Vecteur à entrées multiples et Indépendantes). Cette technologie permet au missile, lorsqu’il atteint la cible, de frapper simultanément plusieurs autres objectifs. En outre, Si une ogive MIRV comprend des dispositifs de leurre, en plus des bombes nucléaires, elle multiplie ses chances d’échapper à l’interception. Ainsi, les informations israéliennes ont apporté une contribution particulièrement importante à la capacité de défense américaine contre une frappe nucléaire soviétique.

L’histoire, cependant, a tendance à se répéter, dans une certaine mesure. La menace nucléaire actuelle pour les États-Unis provient de Corée du Nord et, comme dans les années 1970 et 1980, la communauté du renseignement américain a bien des difficultés, -au-delà de ses renseignements obtenus par des moyens technologiques sophistiqués-,  à recueillir des renseignements de première main et à les évaluer. Mais, contrairement au commandement soviétique pendant la guerre froide, qui a agi de manière rationnelle et calculatrice, la principale caractéristique de Kim Jong-Un reste son imprévisibilité.

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Le lieutenant-colonel (à la retraite) M. Raphael Ofek est un expert dans le domaine de la physique et de la technologie nucléaires, qui dispose d’un passé d’analyste principal dans la communauté du renseignement israélien.

Il peut être atteint à rhofek@gmail.com

BESA Center Perspectives Papers sont publiés grâce à la générosité de la famille de Greg Rosshandler.

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Adaptation : Marc Brzustowski