WWIII : LA FRANCE CONFISQUEE PAR L'OTAN ET LA GUERRE COMME RESERVE DE SOLDATS. LES FRANCAIS DOIVENT MOURIR POUR LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ET POUR LE GRAND ISRAËL, POUR CELA IL FAUT Y ALLER PAR ORDONNANCES EN MARCHE FORCEE SANS LIBERTE DE PENSER.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

WWIII : LA FRANCE CONFISQUEE PAR L'OTAN ET LA GUERRE COMME RESERVE DE SOLDATS. LES FRANCAIS DOIVENT MOURIR POUR LE NOUVEL ORDRE MONDIAL ET POUR LE GRAND ISRAËL, POUR CELA IL FAUT Y ALLER PAR ORDONNANCES EN MARCHE FORCEE SANS LIBERTE DE PENSER.

Sur le briefing conjoint du Ministère russe des Affaires étrangères, du Ministère russe de la Défense et du Ministère russe de l'Industrie et du Commerce concernant l'"affaire Skripal", 21 mars 2018

Mercredi 21 mars, les directeurs des services compétents du Ministère russe des Affaires étrangères, du Ministère russe de la Défense et du Ministère russe de l'Industrie et du Commerce ont organisé un briefing conjoint pour les ambassadeurs de pays étrangers accrédités à Moscou. Cette activité visait à expliquer la position de la Fédération de Russie concernant l'attisement infondé de la situation sur les plateformes internationales et dans les médias autour de l'incident du 4 mars 2018 à Salisbury (Royaume-Uni).

Les accusations infondées visant la Russie, qui continuent d'être avancées par le Royaume-Uni et ses alliés, ont été balayées.

Une sérieuse préoccupation a été exprimée concernant l'absence d'informations sur l'état de Ioulia Skripal et de son père.

A été noté ce qui suit.

La Fédération de Russie, en conformité avec l'Article III de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC), a déclaré toutes les réserves d'armes chimiques présentes dans le pays. Le 27 septembre 2017 a été terminée la destruction complète de tout l'arsenal chimique russe, ce qui a été confirmé par une structure internationale compétente: l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dont font partie 192 pays, Royaume-Uni y compris.

Le gaz neuro-paralytique baptisé "Novitchok" en Occident, et que notre pays est gratuitement accusé par le Royaume-Uni d'avoir utilisé, n'a jamais été fabriqué, stocké ni mis en service en Fédération de Russie.

En dépit de la situation extrêmement malsaine provoquée par les autorités britanniques autour de l'"affaire Skripal", nous réaffirmons notre disposition à une coopération ouverte et constructive avec le Royaume-Uni dans le champ juridique de la CIAC et d'autres accords internationaux qui peuvent s'appliquer à la situation concernant l'enquête sur l'incident de Salisbury.

La Russie remplit consciencieusement tous ses engagements internationaux. Nous prônons constamment et de manière cohérente le renforcement de la paix et de la sécurité internationales et le règlement de toutes les situations, même les plus difficiles, à travers le dialogue et la coopération.

Les informations du briefing sont accessibles sur le site du Ministère.

La guerre est le prolongement de la Politique par d'autres moyens. Voir les cinq stades de l'effondrement des civilisations par DMITRY ORLOV en fin de page. Idem pour Thierry Meyssan, qui parle des 4 jours pendant lesquels la Grande Bretagne a failli créer une crise majeure, qui n'est pas encore résolue, et qui montre la détermination du DEEP STATE à créer le conflit à tout prix.

Pour la population Française, planifiez des grèves sur 6 mois reconductibles, jusqu'à ce qu'elle en bave, et se retrouve dans les restos du Cœur, (Titre tellement chaleureux que personne ne voudrait y aller, car les restos de l'Administration et de l'Elysée sont autrement mieux achalandés) Le Pape François dit que dans ce cas là il suffit de prier pour la France d'en bas, et de souhaiter que cette période transitoire au NOUVEL ORDRE MONDIAL, se passe sans trop de douleur dans des médias qui ne relaterons plus l'évènement et dans le WEB qui sera bientôt aseptisé par le service PASTEUR de la DGSI-DGSE.

La France recrute tous les jours des soldats  par groupe de 15000 sur tous vos médias, qu'elle ne trouve pas, ou chez les plus démunis qui acceptent de se battre pour des conflits de Milliardaires, qui ont envie de s'imposer dans un concept unilatéral pour l'Humanité : Le Nouvel Ordre Mondial par le Chaos contrôlé des Pays à faire tomber. La géopolitique, qui est basée sur la confiscation des ressources des autres, comme le Pétrole et le Gaz ainsi que pour les minerais qui nous font défaut, quitte à tout saccager pour les obtenir, se heurte à des forces qui au départ étaient complaisantes, mais qui sont devenue résistante, au point de s'entretuer.

On pourrait croire que Macron s'attaque aux régimes privilégiés des Francs-Maçons, il n'en n'est rien, rassurez-vous mes biens chers frères, vous aurez toujours droit pour votre loyauté et pour vos services rendus, à la garantie des salaires et des hauts revenus pour les hauts grades, de l'emploi, des postes privilégiés, des cantines 4 et 5 étoiles, des avions de location et des taxis et véhicules de luxe, des réunions pour Dieux et demi-Dieu, des soirées de luxures, de débauches et de crimes sataniques, d'enfants vierges à dépuceler, de trafic d'organes pour vous conserver et de sang frais pour vous régaler.

Comme d'habitude, la France et ses fonctionnaires mal aimés, qui gagnent deux à trois fois plus que la moyenne, et qui ne s'occupent pas des problèmes de la Nation, vont repartir en grève pour de nombreux mois, en souvenir de mai 1968 dont on fête cette année le Jubilé. Selon les mélenchonades chez Boudin ce Matin avec Mélenchon, il ne faut pas regarder dans l'assiette du voisin, qui a des avantages certains, et qui mange à sa faim, mais dans sa propre assiette pour soutenir ceux qui ne s'occupent que des grèves qui les concernent, et qu'on ne voit jamais demandé un revenu minimum d'humanité, et un resserrement des salaires pour tous entre trois à quatre fois le SMIC, dans un système de travail garanti par la constitution comme le droit au logement qui est un vœu pieux, mais jamais observé.

Ceux qui gagnent bien dans notre société, et qui bénéficient d'avantages certains et à vie, trouvent cette situation normale, de vivre au crochet des autres sous prétexte qu'ils sont des dieux, du 1 au 33ème degré, et que leur vie à eux, c'est de diriger un troupeau et de faire en sorte qu'il rapporte et ne se retourne pas contre les chiens qui l'encadre, et le berger qui les tond.

Mélenchon avec son accent sincère de faux cul Franc-Maçon, parle des petits salaires comme d'une affection contagieuse, qui ne devrait pas monter dans la société, en tout cas menacer ceux comme lui qui ne savent même plus ce qu'ils gagnent et qui sont des privilégiés qui se goinfrent d'argent public, et de privilèges de toutes sortes, ne craignant jamais Pôle Emploi, du fait qu'il n'en sont pas, des travailleurs réguliers, dans un système d'emploi qui te prend et qui te jette au bon vouloir des nécessités que eux n'ont jamais eu à connaître.

La Franc-Maçonnerie est une Secte jamais enregistrée comme telle dans la liste des sectes représentées par la comptabilité de l'Assemblée Nationale. A chaque Jubilé, l'Histoire doit changer chez les Francs-Maçons comme en 1968, et nous devons organiser le Chaos de la Société et des Sociétés Humaines, car telle est notre devise, ORDO AB CHAOS, qui n'est valable que pour les autres, car nous n'irons pas jusqu'à leur permettre de mettre en danger notre République gagnée sur la Royauté, par la conquête de la bastille, par un Peuple, dont nous leur avons donné les fusils, pour qu'il renversent une Monarchie gardé par une centaine de soldats qui n'étaient même pas Français. Pour éviter que ces fusils se retournent sur nous, nous avions pris la précaution de ne pas donner les balles, et au cri de "ne poussez pas", le bon Peuple a pris la Bastille, en se faisant massacré pour les 150 premiers, puis les soldats n'ayant pas eu le temps de recharger, ils se sont fait piétiné, et la République dorée est née pour les tenants des Lumières, futurs Illuminatis demi-Dieux qui devaient avoir à gérer les sous-hommes que nous sommes. Pour la petite histoire, et voulant récupérer les fusils habilement prêtés à un Peuple ignare qui ne savait s'en servir, nous leur avons offert de les racheter 4 sous, ce qu'ils ont fait en ramenant leurs armes à la caserne des invalides qui leur avait donné 40000 fusils et même des cannons le 13 et 14 Juillet 1789.

Nous en sommes donc venu à réaliser le vieux rêve du plus merveilleux d'entre nous, notre cher et bien aimé Albert Pike, Maçon du 33ème degré, et avons avec nous l'ambition des Maçons du Monde entier, de nous sauver de la populace, et de rendre notre avenir merveilleux, par un génocide mondial miraculeux, qui ne rassemblera au final que notre famille réunie, actuellement séparée par notre traître momentané de Vladimir Poutine, qui a créé les BRICS pour faciliter la grande élimination des bêtes de somme, qui seront remplacées par la robotique, la cybernétique et la dialectique habile de nos beaux parleurs qui se meuvent sur nos média Mainstream, financés par les Milliardaires du Peuple élu des Rothschild et des Rockefeller, qui avons pillé le Monde et rendu tellement de zones insalubres, qu'il ne nous faudra que peu d'espace pour y installé notre Paradis sur Terre et dans l'espace qui nous attend.

Nous avons commencé à museler ceux qui nous attaquent en listant et en détruisant leurs sites conspirationnistes, dont la liste de Médiapart et communiquée à titre de prévention, car les trois premiers n'en sont pas, et le 800ème non plus. Nous avons nos agents qui travaillent de l'intérieur comme à l'extérieur, et ce n'est pas pour rien qu'on retrouve dans la Ghouta orientale libérée par l'armée de Bachar Al Assad, soutenue par l'Armée Russe, nos soldats de la DGSE et du MI6, qui recrutent par ailleurs dans les rangs de Daesh et dans les Mosquées Européennes, les salafistes qui soutiennent le Nouvel Ordre Mondial contre les BRICS, et sont recrutés en masse dans nos armées légales, suite aux bombardements que nous provoquons sur les populations civiles qui les font fuir, et que nous récupérons comme Migrants.

Nouvelle loi : le juge pourrait supprimer en 48 heures des articles ou bloquer des sites

Publié le 21 mars 2018 - par Emmanuelle Menard 

 

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Alors que le gouvernement envisage de durcir les lois contre le racisme et de renforcer la lutte contre la « cyber-haine », nous avons rencontré Emmanuelle Ménard, député de l’Hérault, et co-fondatrice du site Boulevard Voltaire, créé pour défendre la liberté d’expression, il y a 5 ans. Une bonne occasion pour approfondir certaines questions…

Nos sites obligent les médias traditionnels à traiter des informations qu’ils voulaient cacher

Riposte Laïque : Vous êtes d’abord la cofondatrice de Boulevard Voltaire, site dont l’objectif était de défendre la liberté d’expression. Avez-vous l’impression, cinq ans plus tard, que ce journal en ligne, dans le contexte politique actuel, est plus nécessaire que jamais ?

Emmanuelle Ménard : Oui, malheureusement… La tendance générale est vers toujours plus de propos convenus, policés, encadrés. Et lorsque vous sortez des sentiers battus, du politiquement correct, de la moraline, la mise à l’index est immédiate. Mais j’ai peut-être une sensibilité exacerbée dans ce domaine-là. Il est vrai que l’hémicycle de l’Assemblée nationale ne se prête pas beaucoup aux propos « iconoclastes ». J’ai en souvenir d’avoir osé poser une question, il y a quelques semaines, au sujet d’un article posant comme principe que la finalité de l’enseignement supérieur était de faire de nos étudiants des « citoyens éclairés ». J’ai demandé si quelqu’un pouvait me donner la définition d’un « citoyen éclairé » et surtout, qui allait décider que vous étiez éclairé ou non… Une députée LREM s’est levée pour dire que j’étais « la honte de l’hémicycle »… Rien que cela ! Alors, oui, des médias comme Boulevard Voltaire, où l’on peut encore s’exprimer librement, sont absolument nécessaires en ce qu’ils constituent une véritable soupape de liberté. Mais pas seulement ! Nos médias non seulement permettent d’informer mais ils obligent les médias traditionnels à traiter certaines informations qu’ils préfèreraient parfois garder bien cachées. Bref, une véritable mission d’utilité publique !

Riposte Laïque : Fidèle à vos idées, vous aviez durement critiqué l’article 1 de la régularisation de la vie publique, y voyant un véritable crime contre la liberté d’expression de ceux qui pensent différemment. Rappelons qu’il s’agissait d’interdire de vie politique quiconque aurait été condamné pour racisme ou incitation à la haine. Et pourtant, ce texte avait été voté par la presque totalité de vos collègues. Vous les pensez donc tous hostiles à la parole libre ?

https://www.youtube.com/watch?v=CTc5syONP6o

Emmanuelle Ménard : L’incrimination visée était plus large que « racisme » ou « incitation à la haine ». Il s’agissait plutôt de « discrimination ». Je me suis élevée contre ce texte, et de façon bien solitaire en effet, car il me semblait évident que ses conséquences pour la liberté d’expression auraient été dramatiques ! Et qu’il aurait accordé un pouvoir énorme aux juges ! Quelle belle épée de Damoclès nous aurions alors eu au-dessus de nos têtes ! Et quel encouragement adressé aux associations qui passent leur vie à intenter des procès pour des propos qu’elles jugent discriminatoires ! C’était la porte ouverte à tous les règlements de comptes et à tous les abus. Surtout, quel imparable argument pour faire taire un adversaire politique ! Mais attention ! Je suis persuadée que cet amendement, largement voté dans l’hémicycle, et heureusement retoqué par le Conseil constitutionnel, reviendra dans le débat. Je sais qu’une proposition de loi sur la moralisation politique (encore une !) est en préparation du côté du Sénat dans laquelle le casier judiciaire vierge est de nouveau exigé. Oui s’il s’agit d’empêcher des élus jugés coupables d’abus de confiance ou de détournements de fonds, non s’il s’agit de condamnations liées à la liberté d’expression. Malheureusement, la distinction n’est jamais faite.

Cette loi contre les fake news promet des débats agités dans l’hémicycle !

Riposte Laïque : De grandes inquiétudes ont été émises par ce qu’on appelle la réinfosphère, suite à l’annonce du nouveau président de la République, lors de ses vœux à la presse, de promouvoir au plus vite une loi contre ce qu’ils appellent « les fake news » et que nous préférons nommer « Bobards ». Des informations inquiétantes ont circulé, parlant d’un durcissement de la loi contre les hébergeurs, et des possibilités données à un juge de fermer un site en 48 heures, ou de faire supprimer un article. Dans un registre complémentaire, les associations dites antiracistes réclament un durcissement des lois, contre ce qu’ils appellent la libération de la parole raciste. Partagez-vous, devant tous ces faits, l’inquiétude de vos anciens collègues de la réinformation ?

Emmanuelle Ménard : Cette loi contre les fake news promet des débats agités dans l’hémicycle ! Même le Syndicat national des journalistes met en garde contre une probable forme de censure, c’est dire ! En réalité, les médias visés derrière ce texte sont Russia Today et Sputnik. Mais ce qui est amusant, c’est que Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat au Numérique, a quand même expliqué, « avoué » devrais-je dire, que les griefs que son parti nourrit contre les journalistes de ces deux médias concernent plutôt « un état d’esprit » qui ne serait pas favorable au président Macron que de fausses informations à proprement parler… Pour ma part, je ne vois pas l’intérêt de légiférer sur cette question. Je trouve même cela dangereux. Et puis, les réponses judiciaires existent déjà. Alors, pourquoi voter de nouvelles lois quand la législation existante permet déjà de lutter contre les fausses informations ? Je vous rappelle que l’article 27 de la loi sur la liberté de la presse de 1881, condamne « la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de fausses nouvelles, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, fait de mauvaise foi, elle aura troublé l’ordre public ou aura été susceptible de le troubler ». Tout est dit ! Une nouvelle loi permettrait de supprimer très vite du web certains articles ou sujets, de fermer les comptes des utilisateurs ou de bloquer l’accès à certains sites. Lorsqu’elle a exposé les mesures envisagées par le Gouvernement, la ministre de la Culture a expliqué que la saisie du juge des référés pour faire cesser la diffusion de fausses nouvelles en période électorale serait assortie de véritables garanties pour protéger la liberté d’expression. Pour être interdite, il faudrait par exemple  que la nouvelle soit « manifestement fausse » ou que sa diffusion « soit massive » et « artificielle ». Mais est-ce à la justice, et surtout au juge des référés, de juger si une information est vraie ou fausse ? Emmanuel Macron a même évoqué la possibilité d’une certification – par qui ? – des médias qui respectent les règles de déontologie… Sous-entendu, ceux qui ne seront pas « certifiés », « tamponnés » seront, a contrario, soupçonnés de ne pas respecter la déontologie journalistique… Vous voyez les abus que cela pourrait entraîner !

La relaxe de Robert Ménard, un superbe signal d’espoir envers tous ceux qui sont poursuivis par la police de la pensée antiraciste !

Riposte Laïque : Votre époux Robert Ménard vient d’être relaxé par la Cour d’Appel de Paris, alors qu’il avait été condamné par la 17eChambre, pour avoir montré la réalité du Grand Remplacement à Béziers en publiant d’anciennes photos d’école. Que pensez-vous de ce verdict ? 

Emmanuelle Ménard : Vous imaginez comme nous avons été heureux d’apprendre cette décision ! Cette victoire est importante : c’est celle de la vérité, du réel sur une France fantasmée… Et puis, c’est aussi une sacrée bagarre contre les associations prétendument « antiracistes » qui vivent de subventions publiques et qui font des procès à répétition un véritable fonds de commerce. À titre plus personnel, je sais combien Robert était blessé par ces accusations de racisme (les plaidoiries des associations étaient vraiment ignobles), lui qui a passé sa vie à défendre les droits de l’homme et la liberté ! Il a abordé l’appel de ce procès dans un état d’esprit différent, en refusant de s’excuser puisqu’il avait sa conscience pour lui. Je pense qu’il a eu raison. Et je dois dire qu’avec son avocat, Gilles-William Goldnadel, ils ont fait un sacré tandem ! J’espère maintenant que cette jurisprudence sera confirmée. En tout cas, c’est un superbe signal d’espoir envers tous ceux qui sont poursuivis par la police de la pensée antiraciste !

Je reste persuadée que l’avenir ne réside plus dans les partis politiques

Riposte Laïque : Le Front national vient de changer de nom. Vous avez souvent, avec votre époux, exprimé des divergences quant à son orientation et à ce qu’on appelait la ligne Philippot, appelant plutôt à l’Union des droites. Ce congrès est-il porteur de l’évolution que vous souhaitiez ?

Emmanuelle Ménard : Si cela se limite au seul changement de nom, cela ne modifiera pas grand-chose. Si le nouveau nom s’accompagne d’un changement de ligne, pourquoi pas ? La proposition de Marine Le Pen de soutenir le candidat LR lors des législatives partielles à Mayotte est un signe encourageant. Mais je reste persuadée que l’avenir ne réside plus dans les partis politiques. Les Français s’en sont détournés et n’y croient plus. C’est flagrant depuis l’élection présidentielle. À Béziers, nous avons expérimenté depuis plus de quatre ans une nouvelle façon de faire. Avec des militants de différents partis mais surtout, une majorité de personnes qui n’appartiennent à aucune formation politique. Et ça fonctionne ! Nous remportons les élections successives et nos idées progressent. Je suis certaine que cette expérience pourrait être dupliquée ailleurs. Robert sort d’ailleurs un petit livre, « Pour une droite du réel », en avril prochain, dans lequel il s’appuie sur son expérience municipale pour nous rappeler l’absolue nécessité de nous unir si l’on veut vraiment emporter les élections un jour…

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Madame le député, chère Emmanuelle ?

Emmanuelle Ménard : Dire et redire à quel point nous avons besoin de tout le monde pour construire cette droite d’avenir que nous appelons de nos vœux. Au niveau des idées d’abord, en menant au quotidien un travail d’information, de persuasion et de conviction, par le biais de nos médias alternatifs qui mènent un vrai travail de fond et qu’il nous faut absolument soutenir… Mais au niveau des actes également, chacun à son niveau, parce que la France est le pays des libertés et qu’elle vaut d’être défendue, pour nos parents, pour nous-mêmes et surtout, pour nos enfants et petits-enfants… Le défi vaut d’être relevé !

Propos recueillis par Pierre Cassen

SNCF : limiter l’impact financier pour les grévistes, pas pour la population

Publié le 21 mars 2018 - par Jacques Chassaing

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La CGT-Cheminots veut perturber au maximum la circulation des trains par une grève soi-disant originale, en réalité une antique grève perlée qui ne dit pas son nom. L’entreprise d’exploitation ferroviaire, honnie des voyageurs et sous la coupe des syndicats, a depuis longtemps déraillé en grande partie à cause des privilèges de son statut aux frais des contribuables. Qu’importe pour la centrale subventionnée (1) de Philippe Martinez qui entend une fois encore – et espérons, la dernière – prendre non seulement les usagers-clients en otage, mais obérer le portefeuille de tous en compliquant les déplacements professionnels, comme ceux de convenances personnelles. Une atteinte insupportable au droit d’aller et de venir.

La capacité de nuisance est au centre  des préoccupations de la CGT : son plan secret pour paralyser le trafic

Le Parisien nous informe : « La désorganisation du travail devra se faire également sur les jours ouvrés mais je ne vous en dis pas plus sur ce mail, je pense que vous avez compris où l’on veut en venir», écrit le délégué de la CGT-Cheminots dans un mail que nous avons pu consulter (AFP). Dans un mail interne envoyé à ses militants, la CGT-Cheminots annonce vouloir perturber au maximum la circulation des trains tout en limitant l’impact financier pour les grévistes… « Nous pouvons tenir trois mois »

(mail interne à la CGT-Cheminots, envoyé samedi dernier à plusieurs militants de la zone Paris-Sud Est)… » http://www.leparisien.fr/economie/greve-a-la-sncf-comment-la-cgt-veut-perturber-au-maximum-la-circulation-des-trains-20-03-2018-7619832.php

« Et pour ceux qui douteraient encore de la détermination de la CGT-cheminots à faire fléchir le gouvernement, le syndicaliste précise, dans le mail envoyé aux militants : « Si jamais nous voyons que ces deux jours (NDLR : de grève) ne suffisent pas à désorganiser la production alors nous pourrons toujours durcir le ton ». « Une mauvaise surprise quand on sait que seulement deux des quatre organisations représentatives de la SNCF, l’Unsa et SUD Rail ont appelé à faire grève jeudi. »

Ajoutons que, comme à l’accoutumée la CGT oeuvre à étendre le conflit aux personnels du prétendu service public qu’elle noyaute. La centrale syndicale qui a été utile à l’élection de Macron et à la représentation Mélenchon et leurs députés pignoufs, comme elle avait été utile à celle de Hollande, semble cette-fois être aux abois en manquant même de trains pour emmener ses grévistes !

On pourra par ailleurs s’étonner que le président de la République de la France en guerre et en état d’urgence prolongé, tolère qu’une partie des citoyens expose l’autre à tous les dangers :

https://ripostelaique.com/manifs-a-la-rentree-melenchon-et-martinez-envoient-un-signal-fort-aux-islamistes.html

Il est vrai que le risque d’attentat islamique n’est pas le souci majeur du corpus syndical aux trois-quart issu de la fonction publique : https://ripostelaique.com/delegue-cgt-dair-france-vire-une-diversion-du-pouvoir-socialiste.html

Le service rendu aux voyageurs captifs est déplorable

Malgré des injections continues d’argent public (10,5 Md€ par an), la SNCF est perpétuellement en déficit de 3 Md€.

« L’endettement s’élève à près de 50 milliards d’euros fin 2017. Le statut des cheminots est l’un des problèmes qui fragilisent les comptes de la SNCF. Tous leurs avantages ont un coût. Le rapport Spinetta pointe du doigt ce statut qui génère du sureffectif et des frais de formations importants. La masse salariale de la SNCF représente environ 8 Md€ »

Et si encore la SNCF remplissait sa mission. Or la règle n’est plus aux trains à l’heure et à la desserte de tout le territoire, mais aux retards, suppressions, grèves, insécurité, gares fantômes, prix du billet prohibitif, et trop souvent aux accidents.

Les privilèges des cheminots et des retraités cheminots, parlons-en

Voir des gens qui partent en retraite à la cinquantaine avec une grassouillette pension et encore certains de leurs privilèges, sans décote de leurs années de grèves syndicales, sans avoir jeté la moindre pelletée de charbon dans la loco, c’est insupportable pour le cochon payant de voyageur-contribuable. Un bruit court même que des conducteurs de trains à la SNCF sont tellement épuisés qu’une fois à la retraite ils vont se faire embaucher pour conduire des trains de compagnies privées. A vérifier.

Le site Contrepoints a publié un dossier accablant sur la question. Extraits :

« Que contient le statut des cheminots ? Quand on examine les nombreux avantages associés au statut de cheminot, il n’est pas exagéré de dire que les 140 000 salariés qui en bénéficient (soit 92% des effectifs de la SNCF) sont des privilégiés en comparaison du salarié moyen. Jugez-en plutôt » : Emploi à vie, Hausse de rémunération garantie et avancement de carrière planifié, Avantages en nature, Congés et RTT, Régime spécial de protection sociale.

Lisez bien et n’hésitez pas à télécharger la brochure syndicale dont il est question ici, elle émane de Sud Rail et s’intitule Guide pratique indemnités, allocations, gratifications http://www.sudraillyon.org/wp-content/uploads/2017/03/brochure_indemnites_2017.pdf

« En outre, les cheminots disposent de nombreux bonus (indemnités, allocations, gratifications et primes, dont on trouvera une liste exhaustive impressionnante dans cette brochure syndicale), qui viennent gonfler leur salaire fixe et représentent selon les corps de métier de 10% à 25% de leur rémunération globale. Ces éléments de rémunération variables viennent la plupart du temps compenser la pénibilité au travail, et non valoriser le mérite ou les contributions individuelles. »

L’argument épouvantail de la privatisation ne tient pas car il ne s’agit plus de vrais services publics depuis longtemps, mais d’un repaire de syndicalistes subventionnés pour se gaver sur le dos des contribuables. La preuve : où sont forts les syndicats ? Dans le secteur public et assimilé, là il y a du gras, comme aussi dans le secteur de la Formation qu’ils noyautent. Au terme de chaque grande grève (la dernière c’était contre la réforme des retraites), les directions pourries des syndicats de ces secteurs ont tiré leur épingle du jeu en laissant bien sacrifier les salariés du privé. Pire les caisses du privé sont siphonnées par eux.

Le régime des retraites des cheminots est déficitaire, le contribuable verse chaque année près de 3,5 Md€ pour l’équilibrer

L’âge de départ à la retraite est de 62 ans dans le régime général, mais pas pour les conducteurs de train qui peuvent cesser leur activité entre 52 et 55 ans.

« les agents « sédentaires » peuvent partir entre 55 et 57 ans. La pension représente 75% du salaire des 6 derniers mois d’activité, comme pour les fonctionnaires, quand dans le privé elle est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années. Le dernier rapport 2017 sur les retraites établi par le service statistiques du ministère des Affaires sociales (DREES) révèle une pension moyenne brute de 2100 euros environ pour un cheminot, contre 1376 euros pour les salariés du régime général. Le régime des retraites des cheminots étant déficitaire, le contribuable verse chaque année près de 3,5 Md€ pour l’équilibrer. » https://www.contrepoints.org/2018/02/28/310698-statut-cheminots-faut-supprimer?

En outre, les cheminots bénéficient d’un régime particulier de Sécurité sociale qui leur donne accès à des centres médicaux gratuits.

La SNCF n’est pas la seule privilégiée, il reste au moins dix-huit régimes spéciaux en vigueur

« La plupart des régimes spéciaux – EDF, GDF, SNCF, RATP, etc. ont été épargnés par les lois Balladur (1993), Fillon et Woerth, et sont de plus en plus financés par un siphonnage savamment orchestré des caisses de retraite du privé » : https://www.sauvegarde-retraites.org/qui-est-sauvegarde-retraite.php

 

– Fonctionnaires civils de la fonction publique de l’Etat

– Fonctionnaires militaires de la Fonction civile de l’Etat

– Fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL)

– Ouvriers d’Etat (FSPOEIE),

– SNCF,

– Industries électriques et gazières (IEG),

– RATP,

– Marins (ENIM),

– Mineurs (CANSSM),

– Banque de France,

– Opéra national de Paris,

– Comédie française

– Clercs et employés de notaires (CRPCEN)

– Elus de l’Assemblée nationale

– Fonctionnaires de l’Assemblée nationale

– Elus du Sénat

– Fonctionnaires du Sénat

– Conseil économique, social et environnemental (Cese)

(1) Pleine aux as, la CGT manque d’effectifs

L’association Contribuables associés https://www.contribuables.org s’est penchée sur ces intouchables qui dirigent le pays, avec la complicité des gouvernants successifs. De ce constat, c’est, on l’avait deviné, la CGT qui est la première étrillée : https://ripostelaique.com/pleine-aux-as-la-cgt-na-plus-dadherents.html

En un an, la CGT a perdu 34% de ses adhérents  https://www.lecanardenchaine.fr/la-une-du-27-decembre-2017/

https://ripostelaique.com/200-cegetistes-stephanois-reclament-des-sous-au-conseil-municipal.html

https://ripostelaique.com/saint-etienne-plainte-de-raphaelle-jeanson-fn-contre-commando-cegetiste.html

https://ripostelaique.com/pleine-aux-as-la-cgt-na-plus-dadherents.html

Jacques CHASSAING

Tuer la diplomatie

Il y a le fameux aphorisme de Karl von Clausewitz : « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Cela peut être vrai, dans de nombreux cas, mais c’est rarement une issue heureuse. Tout le monde n’aime pas la politique, mais quand on a le choix entre la politique et la guerre, les gens les plus sains choisissent volontiers la politique, qui, même lorsqu’elle déborde de vitriol et de corruption, reste normalement non létale. Dans les relations entre les pays, la politique est connue sous le nom de diplomatie, et c’est un art formel qui s’appuie sur un ensemble spécifique d’instruments pour retenir les pays de se faire la guerre. Il s’agit notamment de maintenir des canaux de communication pour établir la confiance et le respect, des exercices pour trouver un terrain d’entente et des efforts pour définir des scénarios gagnant-gagnant sur lesquels toutes les parties seraient d’accord, y compris des instruments pour faire respecter ces accords.

La diplomatie est une activité professionnelle, tout comme la médecine, l’ingénierie et le droit, qui requiert un niveau élevé de formation spécialisée. Contrairement à ces autres professions, l’exercice réussi de la diplomatie exige beaucoup plus d’attention aux questions de comportement : un diplomate doit être affable, aimable, accessible, conciliant, scrupuleux, équilibré… En un mot, diplomatique. Bien sûr, afin de maintenir de bonnes relations saines avec un pays, il est également essentiel qu’un diplomate parle couramment sa langue, comprenne sa culture et connaisse son histoire. Il est particulièrement important d’avoir une connaissance très détaillée de l’histoire des relations diplomatiques d’un pays avec son propre pays, dans le but de maintenir une continuité, ce qui permet de se fonder sur ce qui a déjà été réalisé. La connaissance complète de tous les traités, conventions et accords précédemment conclus est évidemment une nécessité.

Les gens sensés choisiront la politique plutôt que la guerre, et les nations sensées (c’est-à-dire gouvernées avec compétence) choisiront la diplomatie plutôt que la belligérance et la confrontation. On peut faire une exception à ce cadre. Il s’agit des nations qui ne peuvent jamais espérer gagner au jeu de la diplomatie en raison d’une pénurie aiguë de diplomates compétents. Ils sont susceptibles d’enrager de frustration, sapant les institutions internationales qui sont conçues pour les empêcher d’avoir des ennuis. Il incombe ensuite à leurs homologues plus compétents dans d’autres pays de les en dissuader. Cela n’est peut-être pas toujours possible, surtout si les incapables en question ne peuvent pas être amenés à apprécier les risques qu’ils encourent en se confrontant aveuglément à leurs homologues diplomates.

Si nous regardons autour de nous à la recherche de nations aussi incompétentes, deux exemples se présentent facilement : les États-Unis et le Royaume-Uni. Il est plutôt difficile d’identifier le dernier moment de l’histoire où les États-Unis ont eu un secrétaire d’État vraiment compétent. Pour être sûr, disons le 20 janvier 1977, le jour où Henry Kissinger a démissionné de son poste.

Depuis lors, l’histoire diplomatique américaine a été, à un degré ou à un autre, une histoire d’erreurs fantastiques. Par exemple, si on remonte à avril 1990, l’ambassadeur des États-Unis en Irak, April Glaspie, a déclaré à Saddam Hussein : « Nous n’avons aucune opinion sur les conflits arabo-arabes, comme votre désaccord frontalier avec le Koweït » donnant en quelque sort un feu vert à l’invasion du Koweït et déclenchant la cascade d’événements qui nous a conduits à la triste situation actuelle dans la région. Un autre point culminant a été atteint avec Hillary Clinton, dont les seules références avaient à voir avec une sorte de fausse noblesse, découlant de son mariage avec un ancien président, et qui a utilisé sa position de secrétaire d’État pour s’enrichir en utilisant une variété de stratagèmes de corruption.

Dans les rangs inférieurs du corps diplomatique, la plupart des postes d’ambassadeurs ont été confiés à des personnes sans formation ou expérience diplomatique, dont les seules qualifications concernaient la collecte de fonds électoraux au nom du quidam occupant la Maison-Blanche et ayant des considérations politiques partisanes. Peu de ces personnes sont capables d’engager un dialogue constructif avec leurs homologues. La plupart sont à peine capables de lire une déclaration de politique programmatique à partir d’un bout de papier remis par un membre de leur équipe.

Entre-temps, l’establishment du Royaume-Uni s’est progressivement dégradé à sa manière post-impérialiste inimitable. Sa relation particulière avec les États-Unis a signifié qu’il n’avait plus aucune raison de maintenir une politique étrangère indépendante, jouant toujours le second rôle de Washington. Il est resté comme un territoire occupé par les États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale, tout comme l’Allemagne, et privé de sa pleine souveraineté. Cela a permis à ses organes internationaux de s’atrophier dans un lent abandon. L’avantage de cet arrangement est qu’il a permis à l’Empire britannique de s’effondrer au ralenti – l’effondrement le plus lent et le plus long de la longue histoire des empires.

Le peu de compétences qui restait a disparu progressivement, épuisé au cours de ce flirt temporaire du Royaume-Uni avec l’Union européenne, qui devrait se terminer l’année prochaine, au cours de laquelle la majeure partie de la souveraineté du Royaume-Uni a été abandonnée, par traité, à des bureaucrates non élus à Bruxelles. Et maintenant, à la fin de ce long processus de dégénérescence et de décadence, nous avons comme ministre des Affaires étrangères un clown du nom de Boris Johnson. Son chef tout aussi incompétent, Theresa May, a récemment jugé intelligent de violer publiquement et à voix haute les termes de la Convention sur les armes chimiques dont le Royaume-Uni est signataire.

Pour récapituler, Theresa May a prétendu qu’un certain espion russo-britannique vivant au Royaume-Uni avait été tué en utilisant un agent neurotoxique fabriqué en Russie et avait donné à la Russie vingt-quatre heures pour expliquer cette situation, d’une manière qui la satisfasse. La Russie est également signataire de la Convention sur les armes chimiques et elle a détruit les 39 967 tonnes de ses armes chimiques avant le 27 septembre 2017. À cette occasion, le Directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), l’ambassadeur Ahmet Üzümcü, a déclaré : « L’achèvement de la destruction vérifiée du programme d’armes chimiques de la Russie est une étape importante dans la réalisation des objectifs de la Convention sur les armes chimiques. Je félicite la Russie et je félicite tous les experts qui ont été impliqués pour leur professionnalisme et leur dévouement. »

Voici précisément la forfaiture de Theresa May. Dans les termes de l’OIAC, le Royaume-Uni était tenu de fournir à la Russie un échantillon de l’agent neurotoxique utilisé, ainsi que tous les éléments de preuve connexes découverts au cours de l’enquête. Après cela, le traité donne à la Russie dix jours pour répondre. Au lieu de cela, May n’a fourni aucune preuve et a donné à la Russie vingt-quatre heures pour répondre. Lorsque la Russie a officiellement demandé à voir la preuve, cette demande a été refusée. Nous pouvons seulement deviner pourquoi elle a refusé, mais une supposition raisonnable est qu’il n’y a aucune preuve, parce que :

  • May a prétendu que l’agent neurotoxique était le Novichok, développé en URSS. Pour l’identifier, les experts britanniques devaient en avoir un échantillon. Puisque ni l’URSS, ni la Russie, n’ont jamais été connus pour l’avoir exporté, nous devrions supposer qu’il a été synthétisé au Royaume-Uni. La formule et la liste des précurseurs sont dans le domaine public, publiées par le scientifique qui a développé le Novichok, qui a depuis déménagé aux États-Unis. Ainsi, les scientifiques britanniques travaillant à Porton Down auraient pu les synthétiser eux-mêmes. En tout état de cause, il n’est pas possible de déterminer dans quel pays un échantillon donné de la substance a été synthétisé et l’affirmation selon laquelle il provient de Russie n’est pas prouvable.
  • On a prétendu que les victimes, M. Skripal et sa fille, ont été empoisonnés avec du Novichok dans un restaurant. Mais comment cela a-t-il pu être fait ? L’agent en question est si puissant qu’un litre libéré dans l’atmosphère au-dessus de Londres tuerait la plupart de la population. Briser une fiole au dessus de l’assiette de la cible tuerait le meurtrier avec tout le monde à l’intérieur du restaurant. Tout ce qui aurait été touché par l’agent serait taché de jaune, et les gens autour se seraient plaints d’une odeur très inhabituelle et âcre. Les personnes empoisonnées auraient été instantanément paralysées et seraient mortes en quelques minutes, sans pouvoir aller se promener et s’asseoir sur le banc d’un parc où elles ont été trouvées. La ville entière aurait été évacuée, et le restaurant devrait avoir été scellé dans un sarcophage en béton par des travailleurs dans des combinaisons spatiales et détruit à haute température. Rien de tout cela n’est arrivé.
  • Compte tenu de ce qui précède, il semble improbable que ce qui a été décrit dans les médias britanniques et par le gouvernement de May ait réellement eu lieu. Une hypothèse alternative, et que nous devrions être prêts à explorer pleinement, est que tout cela est un travail de fiction. Aucune photo des deux victimes n’a été fournie. L’une d’elles – la fille de Skripal – est une citoyenne de la Fédération de Russie, et pourtant les Britanniques ont refusé de lui fournir un accès consulaire. Et maintenant, il apparait que tout le scénario, y compris l’utilisation du gaz neurotoxique, le Novichok, a été plagié à partir d’un feuilleton télévisé américano-britannique intitulé Strike Back. Si c’est le cas, c’était certainement efficace ; pourquoi inventer quand vous pouvez simplement plagier ?
  • Ce n’est qu’un élément (et sûrement pas le dernier) d’une série de meurtres et de suicides suspects et fort douteux sur des ressortissants russes anciens et actuels sur le sol britannique qui partagent certaines caractéristiques, comme l’utilisation de substances exotiques comme moyen de tuer, aucun motif discernable, aucune enquête crédible, et un effort concerté immédiat pour accuser la Russie. Votre seule certitude est de supposer que quelqu’un, qui prétend savoir exactement ce qui s’est passé ici, ment. Quant à savoir ce qui pourrait motiver un tel mensonge, c’est une question que les psychiatres doivent poser.

En considérant tout ce qui précède, un scepticisme sain est nécessaire. Tout ce que nous avons jusqu’ici est un prétendu double meurtre, sans motif, par des moyens douteux, plus de 140 millions de suspects (n’importe qui pourvu qu’il soit russe ?) et des déclarations publiques qui ressemblent à du théâtre politique. En ce qui concerne les répercussions, il y a très peu de choses que le gouvernement britannique puisse faire à la Russie. Il a expulsé quelques douzaines de diplomates russes (et la Russie leur rendra sans doute la pareille) ; la famille royale ne se rendra pas à la Coupe du monde en Russie cet été (ce qui n’est pas une grande perte, bien sûr) ; il y a aussi de vagues menaces non contraignantes.

Mais ce n’est pas ce qui est important. Pour le bien du monde entier, les (anciennes) grandes puissances, en particulier les puissances nucléaires, comme les États-Unis et le Royaume-Uni, devraient être gouvernées avec un minimum de compétences, et cette démonstration d’incompétence est très inquiétante. La destruction des institutions publiques aux États-Unis et au Royaume-Uni a été longue et n’est probablement plus réversible. Mais le moins que nous puissions faire, c’est de refuser d’avaler tout cru ce qui semble être des manipulations flagrantes et des provocations, d’exiger le respect du droit international et de continuer à poser des questions jusqu’à ce que nous obtenions des réponses.

Par Dmitry Orlov – Le 15 mars 2018 – Source Club Orlov

Le livre de Dmitry Orlov est l’un des ouvrages fondateur de cette nouvelle « discipline » que l’on nomme aujourd’hui : « collapsologie », c’est à-dire l’étude de l’effondrement des sociétés ou des civilisations.

 

Quatre jours pour déclarer une Guerre froide

La semaine qui vient de s’écouler a été extraordinairement riche en événements. Mais aucun média n’a été en mesure d’en rendre compte car tous ont délibérément masqué certains d’entre eux pour protéger la narration qu’en faisait leur gouvernement. Londres a tenté de provoquer un conflit majeur, mais a perdu face à la Russie, au président Trump et à la Syrie. 

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Bien que disposant de la quatrième armée au monde, le Royaume-Uni ne peut pas défier la Russie sans disposer d’alliés. Il doit donc inventer un casus belli, et faire réagir ses partenaires pour les conduire à s’exposer avec lui.

Le gouvernement britannique et certains de ses alliés, dont le secrétaire d’État Rex Tillerson, ont tenté de lancer une Guerre froide contre la Russie.

Leur plan prévoyait d’une part de mettre en scène un attentat contre un ex-agent double à Salisbury et d’autre part une attaque chimique contre les « rebelles modérés » dans la Ghouta. Les conspirateurs entendaient profiter de l’effort de la Syrie pour libérer la banlieue de sa capitale et de la désorganisation de la Russie à l’occasion de son élection présidentielle. À l’issue de ces manipulations, le Royaume-Uni aurait poussé les USA à bombarder Damas, dont le palais présidentiel syrien, et demandé à l’Assemblée générale de l’Onu d’exclure la Russie du Conseil de sécurité.

Cependant, les services de Renseignement syrien et russe ont eu vent de ce qui se tramait. Ils ont acquis la certitude que les agents US qui préparaient depuis la Ghouta une attaque chimique contre la Ghouta ne dépendaient pas du Pentagone, mais d’une autre agence US.

À Damas, le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Miqdad, a convoqué en urgence, le 10 mars, une conférence de presse pour alerter ses concitoyens. De son côté, Moscou a d’abord tenté de saisir Washington par la voie diplomatique. Mais sachant que l’ambassadeur US, Jon Huntsman Jr, est administrateur de Caterpillar qui a fourni des tunneliers aux djihadistes pour qu’ils construisent leurs fortifications, il tenta de contourner la voie diplomatique normale.

Voici comment les événements se sont enchaînés :

12 mars 2018

L’armée syrienne saisit deux laboratoires d’armes chimiques, le premier le 12 mars à Aftris et le second, le lendemain à Chifonya. Tandis que la diplomatie russe pousse l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à entrer dans l’enquête criminelle de Salisbury.

Le Premier ministre britannique, Theresa May, accuse violemment à la Chambre des Communes la Russie d’avoir commandité l’attentat de Salisbury. Selon elle, l’ex-agent double Sergueï Skripal et sa fille auraient été empoisonnés avec une substance militaire innervante du type « développé par la Russie » sous le nom de « novitchok ». Sachant que le Kremlin considère ses citoyens ayant fait défection comme des cibles légitimes, il serait donc hautement probable qu’il ait commandité le crime.

Le novitchok est connu à travers ce qu’en ont révélé deux personnalités soviétiques, Lev Fyodorov et Vil Mirzayanov. Le savant Fyodorov publia un article dans l’hebdomadaire russe Top Secret (Совершенно секретно) en juillet 1992, alertant sur l’extrême dangerosité de ce produit et mettant en garde contre l’usage des anciennes armes soviétiques par les Occidentaux pour détruire l’environnement en Russie et la rendre invivable. En octobre 1992, il publia un second article dans les Nouvelles de Moscou (Московские новости) avec un responsable du contre-espionnage, Mirzayanov, dénonçant la corruption de certains généraux et le trafic de novitchok auquel ils se livreraient. Ils ignoraient à qui ils auraient pu en vendre. Mirzayanov fut d’abord arrêté pour haute trahison, puis relâché. Si Fyodorov est mort en Russie en août dernier, Mirzayanov vit en exil aux États-Unis où il a collaboré avec le département de la Défense.

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L’ex-officier russe de contre-espionnage Vil Mirzayanov a fait défection aux États-Unis. À 83 ans, il commente l’affaire Skripal depuis Boston.

Le novitchok était fabriqué dans un laboratoire soviétique à Nurus, dans l’actuel Ouzbékistan. Lors de la dissolution de l’Union soviétique, il fut détruit par une équipe spécialisée états-unienne. L’Ouzbékistan et les États-Unis ont donc nécessairement possédé et étudié des échantillons de cette substance. Ils sont tous deux capables d’en produire.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, convoque l’ambassadeur russe à Londres, Alexandre Iakovenko. Il lui pose un ultimatum de 36 heures pour vérifier si du novitchok manque dans ses stocks. L’ambassadeur lui répond qu’il n’en manque pas car la Russie a détruit la totalité des armes chimiques héritées de l’Union soviétique et l’OIAC en a dressé procès-verbal.

Après un entretien téléphonique avec Boris Johnson, le secrétaire d’État US, Rex Tillerson, condamne à son tour la Russie pour l’attentat de Salisbury.

Pendant ce temps, un débat sur la situation dans la Ghouta se tient au Conseil de sécurité de l’Onu. La représentante permanente des États-Unis, Nikki Haley, y déclare : « Il y a près d’un an, après l’attaque au gaz sarin perpétrée à Khan Cheïkhoun par le régime syrien, les États-Unis avaient mis en garde le Conseil. Nous avons dit que face à l’inaction systématique de la communauté internationale, les États sont parfois obligés d’agir eux-mêmes. Le Conseil de sécurité n’a pas agi, et les États-Unis ont frappé la base aérienne à partir de laquelle Al Assad avait lancé son attaque à l’arme chimique. Nous réitérons la même mise en garde aujourd’hui ».

Les services de Renseignement russe font circuler des documents de l’état-major états-unien. Ils montrent que le Pentagone est prêt à bombarder le palais présidentiel et les ministères syriens, sur le modèle de ce qu’il a fait lors de la prise de Bagdad (3 au 12 avril 2003).

Commentant la déclaration de Nikki Haley, le ministère russe des Affaire étrangères, qui a toujours qualifié l’affaire de Khan Cheïkhoun de « manipulation occidentale », révèle que les fausses informations, qui ont induit à l’époque la Maison-Blanche en erreur et l’ont conduite à bombarder la base d’Al-Chaayrate, provenaient d’un laboratoire britannique qui n’a jamais indiqué comment il s’était procuré ses échantillons.

13 mars 2018

Le ministère russe des Affaires étrangères publie un communiqué condamnant une possible intervention militaire US et annonçant que si des ressortissants russes étaient touchés à Damas, Moscou riposterait de manière proportionnée ; le président russe étant constitutionnellement responsable de la sécurité de ses concitoyens.

Contournant la voie diplomatique officielle, le chef d’état-major russe, le général Valéri Guérassimov contacte son homologue US, le général Joseph Dunford, pour l’informer de ses craintes d’une attaque chimique sous faux drapeau dans la Ghouta. Dunford prend la chose très au sérieux et alerte le secrétaire US à la Défense, le général Jim Mattis, qui en réfère au président Donald Trump. Vu l’assurance des Russes selon qui ce coup tordu serait préparé à l’insu du Pentagone, la Maison-Blanche demande au directeur de la CIA, Mike Pompeo, d’identifier les responsables de ce complot.

Nous ignorons le résultat de cette enquête interne, mais le président Trump acquiert la conviction de l’implication de son secrétaire d’État, Rex Tillerson. Celui-ci est immédiatement prié d’interrompre son voyage officiel en Afrique et de rentrer à Washington.

Theresa May écrit au secrétaire général de l’Onu pour accuser la Russie d’avoir commandité l’attentat de Salisbury et pour convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Sans attendre, elle expulse 23 diplomates russes.

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Publié un mois et demi avant l’attentat de Salisbury, le livre d’Amy Knight présente ce qui va devenir la thèse du MI5. L’auteur affirme elle-même qu’elle n’a pas la moindre preuve de ce qu’elle avance.

À la demande de la présidente de la Commission de l’Intérieur de la Chambre des Communes, Yvette Cooper, la secrétaire britannique à l’Intérieur, Amber Rudd, annonce que le MI5 (services secrets militaires intérieurs) va réouvrir 14 enquêtes sur des morts qui, selon des sources US, auraient été commanditées par le Kremlin.

Ce faisant, le gouvernement britannique adopte les théories du professeur Amy Knight. Le 22 janvier 2018, cette soviétologue US publiait un bien étrange ouvrage : Ordres de tuer : le régime de Poutine et l’assassinat politique. L’auteure, qui est « la » spécialiste de l’ancien KGB, tente d’y démontrer que Vladimir Poutine est un tueur en série responsable de douzaines d’assassinats politiques, allant des attentats de Moscou en 1999 à celui du Marathon de Boston en 2013, en passant par l’exécution d’Alexandre Litvinenko à Londres en 2006 ou celle de Boris Nemtsov à Moscou en 2015. Cependant, elle avoue elle-même qu’il n’existe aucune preuve de ses accusations.

Les libéraux européens entrent dans la danse. L’ancien Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, qui préside leur groupe au Parlement européen, appelle l’Union européenne à prendre des sanctions contre la Russie. Son homologue à la tête de leur parti britannique, Sir Vince Cable, propose un boycott européen de la Coupe du monde de football. D’ores et déjà, Buckingham Palace annonce que la famille royale annule son voyage en Russie.

L’autorité de régulation britannique, l’Ofcom, annonce qu’elle pourrait interdire la chaîne Russia Today à titre de rétorsion, bien que celle-ci n’ait aucunement violé les lois britanniques.

Le ministère russe des Affaires étrangères convoque l’ambassadeur britannique à Moscou pour l’informer que des mesures de réciprocité lui seront indiquées sous peu en rétorsion de l’expulsion de diplomates russes de Londres.

Le président Trump annonce sur Twitter avoir limogé son secrétaire d’État avec lequel il n’était pas encore entré en contact. Il est remplacé par Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA, qui a confirmé la veille l’authenticité des informations russes transmises par le général Dunford. Arrivé à Washington, Tillerson obtient confirmation de son renvoi par le secrétaire général de la Maison-Blanche, le général John Kelly.

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L’ancien patron de la plus grande multinationale au monde, ExxonMobil, se pensait au dessus de la mêlée. À sa grande surprise, Rex Tillerson a été brutalement limogé par Donald Trump. Le premier pensait servir le monde anglo-saxon, tandis que le second le considère comme un traître à sa patrie.

L’ex-secrétaire d’État, Rex Tillerson, est issu de la bourgeoisie texane. Sa famille et lui-même se sont investis dans les Scouts états-uniens, dont il devint le président national (2010-12). Culturellement proche de l’Angleterre, il n’hésita pas, lorsqu’il devint président de la méga multinationale Exxon-Mobil (2006-16) aussi bien à mener une campagne politiquement correcte pour accepter les jeunes gays parmi les Scouts que pour recruter des mercenaires en Guyane britannique. Il serait membre de la Pilgrims Society, le plus prestigieux club anglo-US présidé par la reine Elisabeth II, dont de nombreux membres firent partie de l’administration Obama.

Durant ses fonctions au secrétariat d’État, sa bonne éducation fournit une caution à Donald Trump, considéré par la haute société US comme un histrion. Il entra en conflit avec son président sur trois sujets majeurs qui nous permettent de cerner l’idéologie des conspirateurs :
- Comme Londres et l’État profond US, il pensait utile de diaboliser la Russie pour consolider le Pouvoir des Anglo-Saxons dans le camp occidental ;
- Comme Londres, il pensait que pour maintenir le colonialisme occidental au Moyen-Orient, il fallait favoriser le président iranien cheikh Rohani contre le Guide de la Révolution l’ayatollah Khamenei. Il soutenait donc l’accord 5+1.
- Comme l’État profond US, il considérait que le basculement de la Corée du Nord vers les États-Unis devait rester secret et être utilisé pour justifier un déploiement militaire en réalité dirigé contre la Chine populaire. Il était donc favorable à des pourparlers officiels avec Pyongyang, mais opposé à une rencontre entre les deux chefs d’État.

 

14 mars 2018

Alors que Washington est sous le choc, Theresa May intervient à nouveau devant la Chambre des Communes pour y développer son accusation, tandis que partout dans le monde, les diplomates britanniques prennent la parole dans de nombreuses organisations inter-gouvernementales pour leur transmettre le message. Répondant au Premier ministre, le député blairiste Chris Leslie qualifie la Russie d’État voyou et demande sa suspension du Conseil de sécurité de l’Onu. Theresa May s’engage à examiner la question tout en soulignant que cela ne pourrait être décidé que par l’Assemblée générale pour contourner le veto russe.

Le Conseil de l’Atlantique-Nord (Otan) se réunit à Bruxelles à la demande du Royaume-Uni. Les 29 États membres établissent un lien entre l’usage d’armes chimiques en Syrie et l’attentat de Salisbury. Ils considèrent la Russie comme « probablement » responsable de ces deux événements.

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Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, et la représentante permanente du Royaume-Uni au Conseil de l’Atlantique-Nord, Sarah MacIntosh. Celle-ci est l’ancienne directrice des questions de Défense et de Renseignement au ministère britannique des Affaires étrangères, poste qu’elle laissa à Jonathan Allen, actuel chargé d’affaires à l’Onu.

À New York, le représentant permanent de la Russie, Vasily Nebenzya, propose aux membres du Conseil de sécurité d’adopter une déclaration attestant de leur volonté commune de faire la lumière sur l’attentat de Salisbury et confiant l’enquête à l’OIAC dans le respect des procédures internationales. Mais le Royaume-Uni refuse tout texte qui ne comporte pas l’expression selon laquelle la Russie serait « probablement responsable » de l’attaque.

Lors du débat public qui suit, le chargé d’affaire du Royaume-Uni, Jonathan Allen, représente son pays. C’est un agent du MI6 qui a créé le service de propagande de guerre du Royaume-Uni et apporté activement son soutien aux jihadistes en Syrie. Il déclare : « La Russie a déjà interféré dans les affaires des autres pays, la Russie a déjà bafoué le droit international en Ukraine, la Russie méprise la vie civile comme le montre l’attaque d’un avion commercial au-dessus de l’Ukraine par des mercenaires russes, la Russie protège l’emploi par Assad d’armes chimiques (…) L’État russe est responsable de cette tentative d’assassinat ». Le représentant permanent de la France, François Delattre, qui en vertu d’un décret dérogatoire du président Sarkozy a été formé au département d’État US, rappelle que son pays a lancé une initiative pour mettre fin à l’impunité de ceux qui utilisent des armes chimiques. Il laisse entendre que cette initiative dirigée contre la Syrie pourrait être tournée contre la Russie.

L’ambassadeur de Russie, Vasily Nebenzya, rappelle que la séance a été convoquée à la demande de Londres, mais qu’elle est publique à la demande de Moscou. Il observe que le Royaume-Uni viole le droit international en évoquant cette affaire au Conseil de sécurité alors qu’il tient l’OIAC en dehors de son enquête. Il note que si Londres a pu identifier le Novitchok, c’est qu’il en a la formule et peut donc en fabriquer lui-même. Il rappelle le souhait de la Russie de collaborer avec l’OIAC dans le respect des procédures internationales.

15 mars 2018

Le Royaume-Uni publie une déclaration commune cosignée la veille par la France, l’Allemagne, ainsi que par Rex Tillerson qui était encore secrétaire d’État des États-Unis. Le texte reprend la suspicion britannique. Il dénonce l’emploi « d’un agent neurotoxique de qualité militaire, d’un type développé par la Russie ». Il affirme qu’il est « hautement probable que la Russie soit responsable de l’attaque ».

Le Washington Post publie une tribune libre de Boris Johnson, tandis que le secrétaire US au Trésor, Steven Mnuchin, prend de nouvelles sanctions contre la Russie. Celles-ci ne sont pas liées à l’affaire en cours, mais aux allégations d’ingérence dans la vie publique US. Le décret cite néanmoins l’attentat de Salisbury comme une preuve des agissements sournois de la Russie.

Le secrétaire britannique à la Défense, le jeune Gavin Williamson, déclare qu’après l’expulsion de ses diplomates, la Russie devrait « la fermer » (sic). C’est la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’un dirigeant d’un État membre permanent du Conseil de sécurité emploie un tel vocabulaire à l’encontre d’un autre membre du Conseil. Sergueï Lavrov commente : « C’est un charmant jeune homme. Il veut sûrement gagner sa place dans l’histoire, en faisant des déclarations choc [...] Peut-être manque-t-il d’éducation ».

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Le Royaume-Uni n’a pas hésité, tout au long de son histoire, à mentir et à trahir sa parole pour défendre ses intérêts. D’où son surnom français de « perfide Albion » (en référence au nom latin de l’Angleterre)
Conclusion

En quatre jours le Royaume-Uni est ses alliés ont lancé les prémisses d’une nouvelle division du monde, d’une Guerre froide.

Cependant, la Syrie n’est pas l’Irak et l’Onu n’est pas le G8 (dont la Russie a été exclue en raison de l’adhésion de la Crimée à sa fédération et de son soutien à la Syrie). Les États-Unis ne vont pas détruire Damas et la Russie ne sera pas exclue du Conseil de sécurité. Après s’être retiré de l’Union européenne, puis avoir refusé de signer la déclaration chinoise sur la route de la soie, le Royaume-Uni pensait rehausser sa stature en éliminant un concurrent. Par ce coup tordu, il imaginait acquérir une nouvelle dimension et devenir la « Global Britain » annoncée par Madame May. Mais il détruit lui-même sa crédibilité.

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