WWIII : LES USA PROVOQUENT LA RUSSIE. LES USA ATTAQUENT LE VENEZUELA. APRES LE VENEZUELA, LE NICARAGUA ?

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Un avion piloté à distance par le MQ-9 Reaper survole le ciel de la Californie du Sud lors d'un vol d'entraînement en direction de la base de la réserve aérienne de March, en Californie, le 15 septembre 2016. © Air National Guard

 
Un avion piloté à distance par le MQ-9 Reaper survole le ciel de la Californie du Sud lors d'un vol d'entraînement en direction de la base de la réserve aérienne de March, en Californie, le 15 septembre 2016. © Air National Guard

Les États-Unis lancent des vols de surveillance militaire au-dessus de la Russie pour la 1re fois depuis plus d’un an, et ce après les menaces balistiques proférées par Poutine contre les USA.   

Le Pentagone a annoncé, jeudi 21 février, être en train de mener un vol d'observation au-dessus de la Russie. Une décision prise alors que les États-Unis ont annoncé début février leur retrait du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé avec la Russie en 1987. Le président russe Vladimir Poutine a mis en garde contre des représailles militaires face à une éventuelle course aux armements.

Ces vols d’observation au-dessus de la Russie serviront à évaluer l’état et les activités des forces armées russes, conformément au traité international dit « Open Sky » (Ciel ouvert), a annoncé le Pentagone. Le traité en question qui a certes été ces dernières années une source de tension entre les deux pays autorise les États membres à piloter des avions non armés dans l'espace aérien des pays membres afin d’effectuer des missions de reconnaissance.

Les responsables du Pentagone ont déclaré que la Russie était au courant de ce projet américain qui a été repris après plus d’un an. Le président Poutine n'a pas encore réagi à ce sujet. Les deux pays sont dans une impasse depuis la fin de 2017, les États-Unis ayant récemment refusé de laisser les avions russes traverser l'espace aérien américain.

Le chef du Centre de réduction des risques nucléaires de Russie, Sergei Ryzhkov, a déclaré dans une déclaration en septembre 2018 :

« En violant le Traité Open Sky, le chef de la délégation américaine a refusé de signer le document final, sans donner d'explications ni de motifs, et en invoquant des instructions directes de Washington. »

Certains rapports rendus publics par les Russes annonçaient que les États-Unis avaient abandonné le traité, mais le département d'État américain a insisté sur le contraire.

Après la Syrie, le scénario de l’envoi d’armes aux fronts pro-US au nom d’aides humanitaires se réalise cette fois au Venezuela.

Au mépris de l’ordre du président vénézuélien lui interdisant de quitter le territoire, le président autoproclamé Guaido s'est rendu vendredi en Colombie pour récupérer la livraison d'armes envoyées par Washington et ce, sous couverture d'aide humanitaire.

Selon l’agence de presse Fars News, la soi-disant aide humanitaire américaine s'accumule depuis le 7 février dans des entrepôts de la ville frontalière de Cucuta, en Colombie. Une aide destinée aux opposants au gouvernement de Nicolas Maduro et qui vient d'être acheminée par avion.

Défiant les ordres lui interdisant de quitter le Venezuela, le chef de l’opposition a fait une apparition surprise en Colombie voisine, pour recevoir les aides américaines. Le président vénézuélien a récemment annoncé la fermeture des frontières communes avec le Brésil, et il est sur le point de fermer ses frontières avec la Colombie, les deux pays qui ont déjà apporté leur soutien à Guaido. Celui-ci prétend que l’armée l'aurait aidé à violer les ordres présidentiels pour se rendre en Colombie et pourtant les sources indépendantes évoquent elles, les opérations des forces spéciales US l'aidant leur mercenaire à franchir les frontières et à se rendre dans le QG des opérations militaires en Colombie. 

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé sur Twitter que son pays avait répondu à la demande des opposants à Maduro, avec en tête Juan Guaido, pour envoyer des aides humanitaires au Venezuela. En concert avec la stratégie interventionniste de la Maison-Blanche, il a par ailleurs appelé le gouvernement vénézuélien à autoriser la distribution des prétendues aides américaines dont la valeur s’élèverait, est-il dit, à 100 millions de dollars.

Or cette aide "humanitaire" comprend un important lot d'armes et de munitions évalué à 15 tonnes. Elle aurait été transportée par avion de ligne éthiopien depuis un pays de l’Europe de l’Est en Colombie, affirment certaines sources sur le terrain. 

Simultanément aux tentatives d'armer les opposants au gouvernement de Maduro, la Marine US a débuté des agissements non loin des eaux territoriales du Venezuela. Le Pentagone a procédé à expédier une flotte composée du porte-avions USS Abrahm Lincoln (CVN-72), d'un croiseur antimissile et de quatre destroyers, en plus d'une frégate de la Marine espagnole, invitée à participer à l’opération anti-Maduro des États-Unis.

Le même rapport souligne :

« Des Antonov ukrainiens ont établi un pont aérien continuel entre trois pays d’Europe de l’Est et la Colombie pour acheminer des armes de l’ancien bloc de l’Est […] la même logistique ayant servie à approvisionner [les terroristes syriens qui] est en train d’être mise en place pour le Venezuela. »

Les va-t-en-guerre américains, procurant une nouvelle guerre civile cette fois en Amérique du Sud, prétendent que 60 % des Vénézuéliens ne veulent plus le gouvernement de Maduro. Parallèlement au départ de l'agent Guaido en Colombie, le président Maduro a ordonné vendredi la fermeture des frontières avec le Brésil. Un début de violence dans des villages vénézuéliens près des frontières a été rapporté. Il semblerait que les USA, bien aguerris par leur expérience syrienne, ait décidé d'ouvrir un double front de combat contre l'État vénézuélien, à la fois en Colombie mais aussi au Brésil.  

 La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, a averti vendredi les États-Unis de toute ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela avant d’indiquer :

« Les États-Unis ont l’intention de déployer les dispositifs de l’armée à la portée du Venezuela d’aplanir le terrain de la chute du président au pouvoir. »

L'opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l'Assemblée nationale vénézuélienne sur la décision de la Cour suprême, s'est autoproclamé président en exercice du pays et a prêté serment pendant une manifestation à Caracas. Donald Trump l'a par la suite reconnu comme président par intérim.

Depuis, les États-Unis et leurs alliés ont apporté leur soutien au président autoproclamé tout en menaçant régulièrement le gouvernement légal d’une intervention militaire.

Après le Venezuela, le Nicaragua ? Pour John Bolton, les jours du président Ortega «sont comptés»

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Alors que le président du Nicaragua Daniel Ortega s’apprête à ouvrir des négociations avec l’opposition pour mettre fin à la crise, le conseiller américain à la sécurité John Bolton a affirmé que les jours du dirigeant sud-américain étaient comptés.

John Bolton nourrit une rancune tenace envers Daniel Ortega, le président du Nicaragua. Laissant entendre qu’un changement de régime désiré par Washington pourrait être imminent dans ce pays d’Amérique centrale depuis longtemps dans le viseur de l’Oncle Sam.

Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump a écrit sur son compte Twitter le 20 février : «Comme l’a dit lundi le président Trump, les jours d’Ortega sont comptés et le peuple nicaraguayen sera bientôt libre.»

Le président du Nicaragua Daniel Ortega a pour sa part annoncé le 21 février des «négociations» avec l’opposition pour tenter de mettre fin à la crise politique, commencée le 18 avril 2018 et qui a fait 325 morts depuis dix mois, selon l’AFP.

Le gouvernement souhaite «préparer la table des négociations» le 27 février avec des représentants désignés par l’opposition pour «ouvrir une nouvelle voie» politique pour le pays, «car il n’est plus question de revenir à la situation antérieure» aux manifestations, a déclaré Daniel Ortega.

L’Alliance civique pour la justice et la démocratie, qui regroupe étudiants, entreprises, organisations de la société civile et des syndicats, a immédiatement annoncé qu’elle acceptait ces pourparlers et qu’elle y enverrait une équipe de six négociateurs.

Au pouvoir depuis 2007, le président Daniel Ortega est en effet confronté depuis le mois d’avril 2018 à des manifestations massives.

Celles-ci avaient initialement pour objet l’opposition à la réforme de la sécurité sociale que proposait le président du Nicaragua afin de réduire son déficit, suivant les recommandations du FMI.

Il s’agissait d’augmenter le montant des contributions des salariés et des employeurs, et de diminuer le montant des retraites de 5%.

Si la réforme a vite été abandonnée, le mouvement s’est peu à peu transformé en une campagne plus générale et violente pour le renversement du président, soutenue par Washington.

Une vieille rancune sur fond d’ingérence

 

Les États-Unis ont soutenu à maintes reprises le soulèvement populaire contre le gouvernement de gauche nicaraguayen.

En novembre 2018, John Bolton prononçait déjà un discours appelant à «l’effritement» de ce qu’il a appelé la «troïka de la tyrannie» composée, selon lui, du Venezuela, du Nicaragua et de Cuba, affirmant que ces États représentaient un «berceau sordide du communisme dans l’hémisphère occidental».

Ce n’est pas la première fois que John Bolton s’en prend à Daniel Ortega, qui a dirigé le Nicaragua de 1979 à 1990, avant de retrouver le pouvoir en 2007, sans toutefois parvenir à le déloger.

Déjà, dans les années 1980, le président des Etats-Unis Ronald Reagan avait dépensé beaucoup d’énergie et d’argent pour soutenir les rebelles de droite, appelés «contras», provoquant ainsi une guerre civile qui a duré presque toute la décennie et fait des dizaines de milliers de morts.

Les «contras», ou «contre-révolutionnaires», ont ainsi reçu un soutien massif de Washington, soutien fortement médiatisé par le scandale de l’affaire Iran-Contra.

John Bolton occupait plusieurs responsabilités à la Maison-Blanche sous Ronald Reagan. Il est très régulièrement accusé d’avoir joué un rôle crucial dans ce qui est devenu l’un des scandales politico-militaires les plus retentissants de l’histoire contemporaine des Etats-Unis.

Plusieurs hauts responsables du gouvernement fédéral américain avaient encouragé un trafic d’armes vers l’Iran en autorisant le transfert aux «contras» d’une partie des sommes reçues en échange, et ce malgré l’interdiction explicite du Congrès des États-Unis de financer ces combattants armés. L’affaire est toujours obscure à ce jour.

John Bolton aurait également joué un rôle dans la tentative d’entraver l’enquête du sénateur John Kerry sur les affaires de trafic de drogue dans lesquelles étaient impliqués les «contras». Un rapport de 1989 du comité des Affaires étrangères du Sénat américain sur les activités des «contras» dans le trafic de drogue concluait en effet que «des seniors politiques des États-Unis n’étaient pas opposés à l’idée que l’argent de la drogue était une solution parfaite pour les problèmes de financement des « contras »».

Le rapport poursuivait : «Les activités des « contras » inclut des paiements aux trafiquants de drogue par le département d’État des États-Unis autorisés par le Congrès en tant qu’aide humanitaire, dans certains cas après l’inculpation de trafiquants par des agences fédérales, dans d’autres alors que les trafiquants étaient sous enquête par ces mêmes agences».