Ukraine / Donbass : Kiev ne respectera pas l’accord de Minsk

Publié le par José Pedro

Insurgés près d'un char dans une banlieue de la ville de Gorlovka
Chaudron de Debaltsevo: la "république de Lougansk" retire l'artillerie lourde
© REUTERS/ Maxim Shemetov
INTERNATIONAL
(mis à jour 17:11 14.02.2015)
Situation dans le Donbass (60)
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La mise en application des accords de Minsk commence par le retrait d'armements lourds, notamment de la région du "chaudron de Debaltsevo".
 

 

Les forces d'autodéfense de la république populaire autoproclamée de Lougansk (LNR) retirent l'artillerie lourde du "chaudron de Debaltsevo", à l'intérieur duquel seraient encerclés 6.000 à 8.000 soldats ukrainiens, annonce samedi Alexeï Kariakine, président du parlement de la LNR.

 

"Nous retirons l'artillerie lourde (…) Ensuite, la trêve commence par un cessez-le-feu. Aussi, les militaires ukrainiens seront-ils obligés de se rendre et de déposer les armes", a déclaré M.Kariakine à l'agence d'information de Lougansk.

 

La petite ville de Debaltsevo, située dans la région de Donetsk, est un nœud ferroviaire stratégique où se croisent les lignes desservant Kharkov, Marioupol, Rostov-sur-le-Don, Taganrog et Moscou. Les hostilités ont paralysé le fonctionnement de la gare de Debaltsevo et le transport ferroviaire de marchandises entre le Donbass et le reste de l'Ukraine. Les troupes ukrainiennes y sont pratiquement encerclées dans une sorte de chaudron par les rebelles. 

 

L'accord signé jeudi 12 février à Minsk par les présidents russe, français, ukrainien et par la chancelière allemande prévoit un cessez-le-feu entre les belligérants, un retrait mutuel des armements lourds accompagné de la mise en place d'une "zone tampon" large de 50 à 140 kilomètres, le lancement d'une réforme constitutionnelle, y compris en vue d'une décentralisation, ainsi que l'attribution d'un "statut spécial" aux territoires contrôlés par les insurgés.


 

Ukraine / Donbass : Kiev ne respectera pas l’accord de Minsk

imageÀ peine le nouvel accord de Minsk a-t-il été signé que la chancelière allemande, Angela Merkel, a menacé la Russie de sanctions supplémentaires. L’Etat d’esprit occidental n’est donc pas à l’apaisement et on se doute bien que tout ce que la junte pourra entreprendre pour faire capoter cet accord sera soutenu par Berlin et son caniche français. D’ailleurs, Kiev poursuit son carnage contre les civils du Donbass, comme si de rien n’était : ce matin et en fin d’après-midi, des tirs de missiles tactiques ukrainiens à partir de la zone de l’aérodrome Kramatorsk étaient signalés par des témoins locaux ; et on déplore encore des morts et des blessés, dont des enfants, sur Gorlovka, Lugansk et Donetsk dus à des frappes de l’artillerie kiévienne. La junte pro-Europe et haine de Kiev ne respectera pas l’accord de Minsk, c’est une certitude.

85% des Russes affirment faire confiance à leur président. Cet accord de Minsk est un beau coup pour Vladimir Poutine qui voit sa cote de popularité monter à un niveau record. Et voici ce dont il est question :

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. En rose, le territoire contrôlé par la RPD (Donetsk) et la RPL (Lugansk).
. Ligne rouge : ligne de cesser le feu ce vendredi 13 février (on note au-dessus le chaudron de Debaltsevo, où sont piégés 8 à 10.000 hommes des forces de Kiev, à qui Poutine conseillait hier de se rendre suite aux accords).
. Ligne bleue : ligne cesser le feu du 1er septembre 2014 ; violée par Kiev dès le 4…
. En grisé rayures de part et d’autre de la ligne de front, la zone d’où devrait être retirée l’artillerie lourde.

Voici les principaux points de l’accord :
– Cessez-le feu le 15 à minuit,
– Retrait des armes lourdes ukrainiennes,
– Ligne de démarcation établie le 19 septembre 2014 à Minsk,
– Réforme constitutionnelle à Kiev,
– Reconnaissance des droits de la population du Donbass,
– Règlement politique frontalier en relation avec les milices,
– Statut particulier pour la République de Lugansk et celle de Donetsk.

Poutine évoque aussi les 8.000 ou 10.000 soldats et paramilitaires ukrainiens encerclés dans le chaudron de Debaltsevo [un chiffre nettement supérieur aux quelque 6.000 combattants selon nos estimations]. Il ne faut pas qu’ils cherchent à sortir, ni que leur camp essaie de les en extirper… Donc ils devront se rendre en abandonnant armes et matériels ou… mourir.

On peut au final avoir des doutes sur la volonté de Kiev d’appliquer ce compromis, d’autant plus que l’autorité de Porochenko est maintenant toute théorique. Comme l’explique à juste titre Yves Bataille (Iv Bataj) sur sa page Facebook, c’est une nouvelle situation comparable à celle de la Transnistrie qui est créé sur le flanc sud-ouest de la Fédération de Russie, avec tout ce que cela signifie.

Les troupes ukrainiennes coincées dans le chaudron doivent de facto déposer les armes. Reste à savoir si Kiev se pliera à cette exigence et de quelle manière. Comme l’explique Le Saker francophone, « les États-Unis se sont invités dans la négociation par l’intermédiaire du Fonds monétaire international, qu’ils contrôlent. Deux heures avant la fin de la rencontre, le FMI a annoncé un nouveau plan de 17 milliards de dollars pour l’Ukraine, sur quatre ans. C’était le joker états-unien signifiant à Porochenko qu’il aurait assez d’argent pour continuer à se battre et qu’il n’était pas obligé de renoncer à ses positions. L’annonce a dû profondément irriter Merkel et Hollande qui s’épuisaient à arracher plus de concessions à Porochenko. Pour le moment, le plan de Minsk 2.0 est un vrai soulagement. En particulier pour les gens de Donetsk et de Lugansk qui sont sous le feu constant de l’artillerie ukrainienne. Les pays de l’UE seront heureux que la pression pour de nouvelles sanctions se relâche et les faucons américains devront remiser leur campagne armons l’Ukraine pour l’instant. Mais le cessez-le-feu ne résout pas les principales questions. La partie la plus radicale du gouvernement putschiste ukrainien va vouloir continuer à punir l’Est, et les habitants de l’Est, qui ne seront pas mieux représentés, rejetteront toutes les demandes du gouvernement central. On peut donc penser que les combats ne s’arrêteront pas très longtemps. La guerre sans merci devrait reprendre dans un mois, ou deux tout au plus.»

Lugansk dans la soirée le 12 Février et toute la nuit a été soumis à des pilonnages à l’artillerie lourde sans relâche. Vers 20h00 (heure locale), trois quartiers résidentiels de la ville ont été touchés, puis au cours de la nuit des batteries Uragan, Smerch, des pièces de 152 et même de 203 ont frappé l’ensemble de l’agglomération… Après minuit, après avoir touché les quartiers est, le pilonnage s’est étendu au reste de Lugansk, jusqu’à environ 4h00 (heure locale).

Sur le secteur de la T1303, alors que ces derniers jours l’activité militaire se limitait à des accrochages et des duels d’artillerie, il semblerait que les forces ukrainiennes aient décidé de mener une offensive localisée au niveau du point fort 29 (nord immédiat du bourg de Donetsky). Les affrontements ont duré toute la journée de même que d’intenses tirs d’artillerie de part et d’autre.

Chaudron de Debaltsevo : coups d’arrêts successifs sur la M03

Alors que Pervomaïsk a été frappée à plusieurs reprises par l’artillerie ukrainienne dans la journée, on constatait ce matin un silence inhabituel sur Debaltsevo.

Le journaliste ukrainien Andriy Tsaplienko a rapporté ce matin que l’observation d’artillerie des forces de Kiev sur le nord de ce qui reste de la poche de Debaltsevo, avait aperçu à 09h10 (heure locale), au nord-est du chaudron, un important mouvement est-ouest de troupes républicaines motorisées (chars, camions Ural, mortiers tractés Vasilek) venant de la localité de Vergulevka et allant vers Logvinovo. Des renforts pour compléter ce point fortifié sur la M03 qui verrouille l’encerclement.

Il y a eu hier pas moins de quatre tentatives des forces de Kiev pour briser l’encerclement de leurs troupes dans le chaudron de Debaltsevo. Outre une compagnie de « Donbass », une autre du « bataillon » spécial de police « Lviv » (une compagnie renforcée de plus de 200 hommes) a été engagée hier sur cette route et a perdu 12 combattants (dont son chef le lieutenant de police Igor Volsky dit Antonischak, dû à l’exposition d’une mine), appuyées par des T-64BV de la 17e brigade et quelques blindés d’infanterie, en plus de l’artillerie lourde. Toutes ces attaques ont échoué. Ce qui est confirmé par Semenchenko et les FAN, mais démenti par l’état-major opérationnel ukrainien.

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Photo prise hier vers Logvinovo : une colonne de « Donbass » vient d’être détruite et les FAN ont commencé à déblayer les cadavres du terrain. Ces paramilitaires ukrainiens ont encore utilisé des véhicules civils pour se déplacer…

Et les combats se sont déplacés au nord de la poche, entre Longvinovo, Mironovskoe et Luganskoe, au détriment des Ukrainiens. Les FAN ont aussi détruit un poste de commandement et des véhicules vers Svetlodarsk (2 km au sud-ouest de Luganskoe).

Ce matin, au moins deux colonnes d’infanterie portée accompagnées de blindés ont été vues se déplaçant en direction Logvinova par Svetlodarsk, ainsi que sur la M03, mais n’ont pu atteindre leur objectif parce qu’elles ont été stoppées par les chars lourds des forces républicaines (sans doute la compagnie de T-64BV du bataillon « Somali » qui était déjà intervenue hier).

En cours de journée, les forces de Kiev ont recommencé leurs pilonnages massifs contre les villages alentours avec toutes sortes de batteries d’artillerie disponibles, y compris des Grad (122 mm) et des Uragan (220 mm), afin de préparer un nouvel assaut.

Dans la journée, un important nuage noir était signalé sur Debaltsevo : il semblerait que les forces de Kiev encerclées aient commencé à brûler des munitions ou du carburant. Les combats se poursuivent aussi dans Chernukhino où des îlots tenus par les forces kiéviennes encerclées résistent encore.

Pilonnages des populations et frappes de contre-batterie vers Donetsk

Ce matin, le pilonnage massif de Yasinovata a laissé la ville sans électricité, ni téléphone. Ces attaques de l’artillerie lourde kiévienne ont tué 7 civils (4 à Gorlovka et 3 à Donetsk), 15 ont été blessés. A Gorlovka, l’exposition d’un projectile dans une maison a tué trois enfants : un bébé de 12 mois et 2 petites filles de 6 et 12 ans. Leur mère, grièvement blessés, a été évacuée vers un hôpital local.

Dans la nuit, les FAN semblent avoir détruit près de Krasnogorovka (sud-ouest de Donetsk), plusieurs véhicules blindés, des canons automoteurs, des BMP et élimité quelques combattants de Kiev par des frappes de leur artillerie. A Novomihaylovka (6 km au sud de Marinka), une position de BM-21 Grad a sauté avec ses munitions et son personnel. Les frappes de contre-batterie ou contre des concentrations des forces ukrainiennes se poursuivent du côté des indépendantistes.

Contre-attaque indépendantiste à l’est de Mariupol

Sur l’est de Mariupol, « Azov » a beaucoup de mal à tenir le peu de terrain acquis dans l’ancienne zone tampon entre les lignes ukrainiennes et républicaines, d’autant que ses colonnes de logistique sont constamment la cible de l’artillerie de Nouvelle Russie. Un groupe de blindés républicains (4 chars et 4 blindés d’infanterie) aurait été engagé ce matin sur Sakhanka. De plus, plusieurs T-64BV1 (ex lots destinés au Congo) qui accompagnaient certains groupes de combat d’ « Azov » ont été soit détruits soit endommagés dans les affrontements. Et on apprend que, le 11 février, jour de « l’offensive », un des membres de cette unité néonazie est tombé au feu près de Sakhanka. « Azov » a perdu plusieurs véhicules, dont quelques blindés. Mais pour le moment, aucune info ne filtre sur les nombreux paramilitaires et mercenaires blessés lors de ces trois jours d’affrontements, ni sur les prisonniers. « Azov » ne tient plus que quatre gros villages, quasiment vidés de leurs habitants. L’unité bénéficie pourtant d’un appui-feu important de l’artillerie lourde de l’armée de Kiev. On attend toujours les photos et les vidéos des destructions « importantes » infligées à « ces chiens de Moskali », selon l’expression en usage dans ce bataillon de dégénérés…

En évoquant les néonazis, on aurait presque oublié l’inénarrable Dmytro Yaroch : sur son lit d’hôpital, le Führer de Praviy Sektor affirme « se réserver le droit » de continuer les opérations subversives de ses bandes armées (il prétend contrôler par moins de 17 « bataillons » de la garde nationale – prière de ne pas rire !-) conformément à ses propres « plans opérationnels » (sic) pour mener à bien la libération des terres ukrainiennes. Terres historiquement russes et qui ne sont ukrainiennes que grâce à la volonté des dirigeants de l’URSS… En fait, Yaroch ne contrôle plus grand-chose depuis la débâcle de l’été dernier où une grande partie de ses troupes a passé l’arme à gauche dans la poche d’Ilovaisk. Il reste bien deux ou trois « bataillons » (en fait des compagnies renforcées) DUK (corps des volontaires ukrainiens) sur le terrain, mais ils ont été placés sous la tutelle d’autres unités. « OUN » lui échappe totalement, « Shakhtarsk » n’existe plus, « Dnepr-1 » a été reconstitué sans son aval, « Aydar » est en petits morceaux et dépendrait plutôt politiquement de Svoboda et de l’UNA-UNSO, « Azov » dépend de l’Assemblée nationale sociale – Patriotes ukrainiens et « Donbass » répond toujours à Semenchenko-Grishin (du moins ce qu’il en reste… de Grishin et de « Donbass »). Tout ce petit monde étant bien évidemment toujours financé par Ihor Kolomoïsky. Praviy Sektor n’est donc plus qu’une marque de fabrique, une griffe, comparable à la nébuleuse al-Qaïda, mais en nettement moins efficace et, surtout, aujourd’hui Secteur droit ressemble à s’y méprendre à l’état dans lequel Yaroch se trouve en ce moment sur son lit d’hôpital.

Source : http://www.nationspresse.info/mondialisme/atlantisme/ukraine-donbass-kiev-ne-respectera-pas-laccord-de-minsk

 
Insurgés près d'un char dans une banlieue de la ville de Gorlovka
Chaudron de Debaltsevo: la "république de Lougansk" retire l'artillerie lourde
© REUTERS/ Maxim Shemetov
INTERNATIONAL
(mis à jour 17:11 14.02.2015)
Situation dans le Donbass (60)
3407322
La mise en application des accords de Minsk commence par le retrait d'armements lourds, notamment de la région du "chaudron de Debaltsevo".
 

 

Les forces d'autodéfense de la république populaire autoproclamée de Lougansk (LNR) retirent l'artillerie lourde du "chaudron de Debaltsevo", à l'intérieur duquel seraient encerclés 6.000 à 8.000 soldats ukrainiens, annonce samedi Alexeï Kariakine, président du parlement de la LNR.

 

"Nous retirons l'artillerie lourde (…) Ensuite, la trêve commence par un cessez-le-feu. Aussi, les militaires ukrainiens seront-ils obligés de se rendre et de déposer les armes", a déclaré M.Kariakine à l'agence d'information de Lougansk.

 

La petite ville de Debaltsevo, située dans la région de Donetsk, est un nœud ferroviaire stratégique où se croisent les lignes desservant Kharkov, Marioupol, Rostov-sur-le-Don, Taganrog et Moscou. Les hostilités ont paralysé le fonctionnement de la gare de Debaltsevo et le transport ferroviaire de marchandises entre le Donbass et le reste de l'Ukraine. Les troupes ukrainiennes y sont pratiquement encerclées dans une sorte de chaudron par les rebelles. 

 

L'accord signé jeudi 12 février à Minsk par les présidents russe, français, ukrainien et par la chancelière allemande prévoit un cessez-le-feu entre les belligérants, un retrait mutuel des armements lourds accompagné de la mise en place d'une "zone tampon" large de 50 à 140 kilomètres, le lancement d'une réforme constitutionnelle, y compris en vue d'une décentralisation, ainsi que l'attribution d'un "statut spécial" aux territoires contrôlés par les insurgés.

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Tags:
cessez-le-feuLNRAlexeï KariakineDebaltsevoLouganskDonbassUkraine
 


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