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WWIII : La Terre est en voie d'être saccagée par les Illuminatis, Massacres au Yemen, les Guerres s'intensifient sur tous les fronts.

Publié le par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

« Les Hommes doivent quitter la Terre » : de l’urgence de se préoccuper d’un départ car on ne peut plus sauver la Terre.

Pour Stephen Hawking – une « autorité scientifique » qui n’est quand même pas le Messie – les humains doivent quitter la Terre pour se préserver… d’eux-mêmes. Nous devrions l’écouter. S’il est aussi écouté, c’est qu’il y a de bonnes raisons. Nous devons quitter la terre.

Mais Hawking milite aussi pour le gouvernement Mondial des Illuminatis:

Hawking veut un "gouvernement mondial" pour empêcher les robots de détruire l'humanité

En effet, non seulement on épuise, on exploite, on vit à crédit sur le compte de la planète, mais en plus on la pollue à toute vitesse, et il est indéniable que la Terre souffre, qu’elle est donc « déréglée » et donc que les événements climatiques d’importance se multiplient et s’enchaînent. La Terre est un gigantesque organisme et l’humain est son virus (pensez à Matrix !), et la maladie humaine métastase la Terre.

Désormais, on craint également les dégagements de méthane dans les profondeurs des océans ou en surface en Sibérie (et pas seulement le pergélisol). De plus, nous craignons toujours la chute d’une météorite dévastatrice, d’un tsunami qui naîtrait d’un effondrement sous-marin, ou encore l’explosion d’une caldeira. Nous ne pouvons pas nier tous ces faits. Nous devons les accepter. L’humanité a suffisamment fait de mal à son vaisseau spatial – certes qui lui survivra, car « L’humanité ne survivra pas 1.000 ans de plus sur Terre », ajoute donc encore Stephen Hawking .

Sans cesse, la NASA et d’autres nous annoncent, comme de grandes découvertes, avoir identifié des planètes potentiellement habitables… mais situées à des milliers de milliards de km de nous. Quel intérêt ? Ira-t-on ? Ferons-nous comme dans Interstellar ? Le font-ils déjà ? Nous prépare-t-on psychologiquement à une vraie rencontre, ou à déménager subitement ? À quoi bon nous faire languir alors que matériellement il est impossible de faire de tels voyages intergalactiques ? Aurait-on donc trouvé un moyen aisé de voyager dans l’espace ? Ou le Temps ? Pour Hawking, « Les trous noirs sont des portes vers des univers parallèles ».

Stephen Hawking a néanmoins encore une autre peur : que ce ne soit pas Nous qui les trouvions, mais ce que soit « Eux » qui nous trouvent : « Avec l’âge, je suis convaincu, plus que jamais, que nous ne sommes pas seuls. Après une vie consacrée à la recherche, je contribue aujourd’hui à lancer une nouvelle initiative mondiale pour connaître la vérité ». Il a peur du Premier Contact.

Cette nouvelle initiative mondiale pour aller à la recherche des E-T., se nomme « Starshot » : « elle vise à envoyer un mini-vaisseau non habité sur Alpha du Centaure. Il faudra 20 ans pour atteindre l’étoile la plus proche de notre système solaire située à 40 milliards de kilomètres (soit 4,37 années-lumière) ».

Donc, il faut quitter la Terre pour une autre, que la NASA et consorts cherchent de plus en plus activement car notre temps est compté – et seule une infime partie de l’humanité sauvera sa peau. De plus, elle devra se méfier des « autres » qu’elle trouvera en chemin. Mais si ça tombe, nous n’aurons même pas le temps de préparer notre départ : en effet, d’ici-là tous les pouvoirs seront donnés aux machines, robots, et Intelligences Artificielles. Stephen Hawking, toujours lui, a déclaré : « Je ne pense pas que le développement de l’intelligence artificielle soit forcément pour le mieux. Quand les machines auront atteint une étape critique et évolueront indépendamment », avait déjà souligné Stephen Hawking en 2016, « on ne pourra pas prédire si elles auront les mêmes objectifs que nous ».

Voilà : la technologie, c’est beau, c’est bien, on en veut toujours plus et l’on saigne la planète Terre pour elle. Le dernier téléphone qui tue ? tout le monde le veut ! du pétrole ? en veux-tu en voilà, il nous en faut toujours plus ! de l’énergie électronucléaire ? idem ! bref, on se gave, on est insatiable, on imagine que tout ce cirque va durer éternellement, et cela sans faire attention au fait que, comme on le sait, la Troisième Guerre Mondiale a déjà commencé. Et la quatrième, comme disait Einstein, se fera avec des cailloux… Mais donc, la technologie, qui n’est qu’un outil, est surtout mortifère, pour nous mais aussi la Terre. Il s’agira donc de redevenir humble, moins démiurgique, de n’en faire qu’un outil servant à l’élévation de l’humain et non à l’enterrement de celui-ci, mais surtout, elle doit nous servir à plier bagage. Vous voyez, je ne suis même plus luddiste, je pense que la technologie peut-être utile/outil et non un moyen de ravager d’une manière ou d’une autre, la Terre et/ou l’humanité. Ce qui est certain, c’est que des gens comme Hawking disent aujourd’hui : « Eh les gens, on doit se barrer, fissa ! ». Il nous faut donc lever les yeux aux ciel et réfléchir aux moyens de partir. Il nous faut user de technologie afin de quitter la Terre pour une autre. Il nous faut aussi réfléchir pour de bon à nos comportements destructeurs.

En dernier ressort, devant tout ce que nous avons pu observer des horreurs commises par l’humanité, et au regard des belles choses qu’elle a accomplies, il nous faut peser le pour et le contre : finalement, cela vaut-il la peine que l’espèce humaine survive à elle-même ? Elle a foutu par terre son vaisseau spatial terrien : sera-t-elle plus sage quand elle posera les pieds sur le prochain ? Le temps de son voyage intersidéral, ou bien plus rapidement au travers d’un trou noir, aura-t-elle acquis la sagesse nécessaire afin de ne pas reproduire ses erreurs passées ?

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3 Juil 2017

Résurrection de la défense européenne : La plaisanterie ! Par Guillaume Berlat

Source : Proche & Moyen Orient, Guillaume Berlat,  19-06-2017

« L’histoire est un perpétuel recommencement » nous enseigne Thucydide ! Nous avons l’occasion de le vérifier chaque jour. C’est devenu un classique du genre. La période actuelle n’échappe pas à la règle. Quand la construction européenne se meurt, ce qui est le cas de nos jours, on nous ressort du chapeau bruxellois la martingale usée de la défense européenne qui renaîtrait tel Lazare de ses cendres. Sans la moindre hésitation, nos folliculaires préférés nous annoncent à grands coups de trompette la renaissance prochaine d’une Europe de la défense. Alléluia.

À gauche avec le Monde, c’est « une étape décisive vers une Europe de la défense »1 complété sous la rubrique éditoriale par « Défense européenne : la fin d’un tabou »2. Bigre. À droite, avec le Figaro, on choisit la voie d’une certaine retenue : « UE : un fonds pour redémarrer la politique de défense »3. Mazette ! Personne ne nous avait avertis qu’elle avait été interrompue. Les Européens seraient décidés, cette fois-ci, de tirer tous les enseignements du « Brexit », des facéties de Donald Trump (sur l’OTAN) et des menaces posées par le terrorisme (multiplication des attentats en Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni…) et la prolifération des armes de destruction massive (multiplication des provocations de la Corée du nord). On reste sans voix devant tant d’audace.

Un retour en arrière s’impose pour mieux appréhender la décision prise par la Commission européenne (organe le moins démocratique de l’Union européenne) et, surtout, ses limites intrinsèques (tenant à l’existence d’un machin qualifié d’Alliance atlantique).

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, TOUT SAUF UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombreuses ont été les initiatives lancées en vue de mettre sur pied ce que l’on qualifie improprement dans le langage journalistique de défense européenne. Nous devons établir une distinction entre les grands projets et les petits projets.

L’acte de décès des grands projets

De facto, ce sont trois coups de poignards successifs qui vont tuer dans l’œuf le projet d’une défense européenne imaginée, au départ, pour amarrer l’Allemagne au continent et prévenir les folies du IIIème Reich. C’est d’abord la France qui est la manœuvre. Le projet de Communauté européenne de défense (CED) envisage la mise en place d’une armée européenne permettant d’intégrer les futures unités allemandes dans un ensemble placé sous une autorité européenne unique, militaire et politique. Il suscite de très vifs débats en France. Accepté par la plupart des États occidentaux, le projet est rejeté en août 1954 par l’Assemblée nationale française. Finalement, le refus de l’Assemblée nationale française de ratifier le traité instituant la CED entraîne également automatiquement l’abandon du projet de Communauté politique européenne dont il est le corollaire institutionnel.

Ensuite, c’est l’Allemagne qui œuvre. S’il scelle le rapprochement des deux anciens ennemis, la traite d’amitié franco-allemand du 22 janvier 1963, dit traité de l’Élysée soulève un problème de la plus haute importance. En effet, il est vidé de son contenu par le préambule unilatéralement voté par le Bundestag, le 15 juin 1963 : les députés allemands réaffirment à cette occasion leur lien avec les États-Unis et le Royaume-Uni, à la grande colère de De Gaulle, qui voit réduite à néant son aspiration à une Europe indépendante… Enfin, les Britanniques s’opposeront à toutes les velléités françaises de développer une politique de sécurité commune à travers l’Union de l’Europe occidentale (UEO) pour éviter toute duplication avec l’OTAN. Faute de disposer d’architectes, l’Europe doit se contenter de pompiers.

La prolifération des petits projets

Faute de penser un avenir, un grand dessein pour l’Europe sur le long terme, les Européens en sont conduits à multiplier les déclarations et initiatives sans lendemain. À l’évidence, elles relèvent de l’inventaire à la Prévert et sont d’une importance inégale : création en 2001 d’un État-major de l’Union européenne (EMUE) chargé de fournir une capacité d’alerte rapide, de planifier, d’évaluer et de faire des recommandations relatives au concept de gestion des crises et la stratégie militaire générale ; adoption d’une stratégie européenne de sécurité en 20034 ; lancement en 2003 de première opération militaire autonome de l’Union européenne baptisée Artemis ; création en 2004 de l’Agence européenne de défense (AED) visant à soutenir les efforts de défense de l’Union européenne ; adoption en 2006 du concept de « groupements tactiques » en application des décisions du Conseil européen d’Helsinki de 1999 (importance d’une capacité de réaction rapide) ; … conclusions des conseils européens de 2013 et de 2015 dans le domaine de la défense ; proposition franco-allemande de revitalisation de la PSDC du 11 septembre 2016…

Les dernières initiatives européennes sont les suivantes : adoption d’un « paquet défense » en novembre 2016 complété en mars 2017 par la déclaration de Rome promettant d’œuvrer à une industrie de la défense plus compétitive et plus intégrée « en complément de l’OTAN ». Chassez le naturel, il revient au galop dans une Europe atlantiste sans parler de la France depuis qu’elle a retrouvé les chemins de l’organisation militaire intégrée grâce à Nicolas Sarkozy en 20095.

Quelles sont les novations principales de la dernière des initiatives prise par la Commission pour relancer l’idée d’une défense européenne ?

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, UN SIGNE D’ÉMANCIPATION ?

À en croire les récents écrits de la presse gavée aux éléments de langage (EDL) bruxellois, nous assisterions au grand retour de la défense européenne rendu possible grâce au grand retour du moteur franco-allemand en espérant qu’il ne fonctionne pas au diesel.

Le grand retour de l’Europe de la défense européenne

On l’aura compris, ce que l’on nous présente aujourd’hui, c’est du sérieux. Oubliés les états-majors fantômes, les « groupements tactiques » et autres « Eurocorps » qui ne s’animent que sur le papier et parfois dans les défilés. Brisé le tabou vieux de plusieurs décennies, celui qui voulait que le projet européen dans le domaine de la sécurité ne soit que civil (le « soft »), le militaire (le « hard ») étant de la compétence exclusive de l’Alliance atlantique (plus précisément de la puissance tutélaire, les États-Unis) située à Evere à quelques arpents de terre du Berlaymont à Bruxelles. On va voir ce que l’on va voir, les Européens vont prendre leur destin en main. En effet, la Commission européenne a proposé le 7 juin 2017 la création d’un tout premier Fonds pour la Défense. Elle suggère aux États membres un plan ambitieux : un budget annuel de 500 millions d’euros pour la recherche à partir de 2020 auquel s’ajouterait la mobilisation (par l’Union et les États) de 5,5 milliards d’euros dans le cadre d’un « volet capacités » doté d’un instrument financier (le mot est lâché) permettant aux pays d’acquérir des équipements militaires en réduisant leurs coûts. Les capitales définiraient en commun leurs besoins d’investissement.

L’objectif poursuivi, parfaitement logique au demeurant, est de dépenser mieux en période de fortes restrictions budgétaires. Dans les milieux bien informés, on précise que l’objectif n’est pas de créer un fonds mais de « mettre en place toute une palette de financements pour soutenir l’intégralité du cycle de développement des capacités de défense ». Telle Ponce Pilate en évitant de parler d’armée européenne, la Commission propose aux États membres le choix entre trois options allant de la minimaliste à la maximaliste : plus de coopération, une sécurité partagée et une défense vraiment commune. Une sorte de QCM.

Le grand retour du moteur franco-allemand dans la construction européenne

Signe supplémentaire de cette volonté d’aller de l’avant au niveau européen (celle des 28 et bientôt des 27 après le départ du Royaume-Uni), l’Allemagne et la France prépareraient des propositions sur un fonds de défense de l’Union européenne à présenter lors d’une réunion ministérielle bilatérale prévue le 13 juillet, déclare la ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen. Une coopération sur des drones, des moyens de transport militaires et sur des efforts conjoints pour stabiliser la région du Sahel sont autant de projets qui pourraient être financés par ce nouveau plan, explique-t-elle. « L’Allemagne et la France veulent devenir le moteur d’une union européenne de la défense et mettre en œuvre intelligemment le fonds de défense » précise-t-elle. « Le référendum sur le Brexit et les élections américaines nous ont ouvert les yeux. Les Européens doivent davantage assumer leur propre sécurité ». Elle conclut en indiquant que les ministres des Finances des deux pays œuvrent pour mettre au point des mécanismes, tandis que les ministres de la Défense s’emploient à définir les différents chantiers à lancer.

La Commission européenne n’aurait fait qu’apporter cette semaine son soutien aux projets franco-allemands d’intégration des armées et des industries de l’armement de l’Union européenne. Heureuse initiative6. Reste désormais à savoir ce qu’en penseront nos partenaires peu enclins à faire l’Europe de la défense ailleurs que sous la forme d’un vulgaire pilier européen de l’OTAN et sous la tutelle exigeante du grand frère américain ? Même si nous ne disposons pas encore de leur réponse à cette question, nous imaginons ce qu’elle pourrait être : au mieux embarrassée, au pire dilatoire pour ne froisser personne mais surtout pour ne rien faire de très concret pour faire avancer la recherche de la solution du problème.

Mais quand est-il au juste dans la réalité ? Essayons d’aller un petit peu plus loin que les analyses aseptisées que nous servent quotidiennement nos brillants journalistes français « embedded » sous contrôle7.

LA DÉFENSE EUROPÉENNE, OTAGE DE L’ALLIANCE ATLANTIQUE

Si novateur et si attrayant soit-il, le projet tel qu’il nous est présenté par la Commission européenne, est malheureusement grevé de plusieurs hypothèques qui tiennent aux différentes logiques qui le sous-tendent.

Tout d’abord, il privilégie une logique financière à une logique politique. Il met la charrue avant les bœufs. Nous n’avons aucune précision sur le véritable dessein politique qui préside à ce qui nous est présenté à Bruxelles comme une révolution copernicienne. Robert Azevêdo, directeur général de l’Organisation mondiale pour le commerce souligne que : « L’OMC a besoin de capital politique »8.

C’est bien ce qu’il manque à l’Union européenne. Sur un sujet aussi important, il aurait été plus logique que cette décision de la Commission européenne (l’administration de l’Union) se cantonne à mettre en œuvre sur le plan technique et financier une décision éminemment politique adoptée sous forme de déclaration politique formelle par l’instance politique suprême de l’Union, à savoir le Conseil des chefs d’État et de gouvernement des 27 (l’exécutif sans le Royaume-Uni). Or, il n’en est rien. Mais, comme aurait dit Coluche dans son sketch sur les journalistes : « ne rigolez-pas, c’est avec votre pognon ! ». Les solutions aux problèmes politiques ne sont pas uniquement financières. Elles sont avant tout politiques.

Ensuite, corollaire de la précédente, il privilégie une logique institutionnelle à une logique fonctionnelle. Comme souvent dans la construction européenne, on met en place des structures couteuses sans leur assigner auparavant d’objectif politique précis. À titre d’exemple, on crée un Service européen d’action extérieure (SEAE), sorte de corps diplomatique européen (pléthorique, une authentique armée mexicaine), ayant à sa tête un haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, l’évanescente Federica Mogherini (sorte de ministre des Affaires étrangères qui parle pour ne rien dire si ce n’est réciter quelques éléments de langage de pure langue de bois) pour mettre en œuvre une politique étrangère et de sécurité commune (PSDC qui n’existe toujours pas).

Avec cette logique d’épicier, nous sommes à l’évidence plus au royaume de Franz Kafka et d’Alfred Jarry que dans celui du général de Gaulle attachée à une Europe qui fonctionne dans l’interdépendance entre ses membres et dans l’indépendance avec les États-Unis. Cette manie du millefeuille institutionnel n’est-elle pas la cause de la crise de confiance croissante entre les citoyens et les institutions européennes ?

Enfin, et c’est là que le bât blesse assurément le plus, il privilégie une logique de soumission (à l’OTAN) à une logique d’indépendance (de l’Union européenne). Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, il faut que tout change pour que rien ne change. Tout est dit par la taiseuse Federica Mogherini qui déclare : « il n’est pas question non plus de remplacer l’OTAN » même si le plan de la Commission nous explique doctement en langage diplomatique que : « la protection de l’Europe dépendrait désormais d’une responsabilité commune se renforçant mutuellement, celle de l’OTAN et de l’UE ».

En définitive, l’Union européenne demeurerait, ce qu’elle a toujours été dans le passé, une « succursale de l’OTAN ». Comme l’a écrit un jour Régis Debray : « L’occident n’a qu’un seul numéro de téléphone en cas de crise, celui de la Maison-Blanche ». Quand la Maison-Blanche tarde à répondre, c’est l’affolement général. Le président Trump de les rassurer en réaffirmant qu’il ne les abandonnera pas et qu’il restera le chef suprême d’une organisation « obsolète » comme il l’a pourtant dit avec raison9. Tant que ce point essentiel n’aura pas été éclairci et que les 28 n’auront pas abandonné leur ambiguïté constructive en la matière (vouloir plus d’Europe dans les mots en se ruant dans la servitude de l’Amérique dans les faits), rien ne se passera et la défense européenne restera pour longtemps encore dans l’ordre des chimères. « Jouer le bon élève et le meilleur allié des États-Unis ne paie pas »10.

« La première raison de la servitude volontaire, c’est l’habitude » nous enseigne Etienne de la Boétie dans son célèbre, et trop méconnu de nos dirigeants politiques, Discours de la servitude volontaire. Est, c’est bien de cela dont il s’agit lorsqu’on évoque la problématique de la défense européenne ! Que n’a-t-on vu les membres de l’Union européenne, allongés devant leur maître, Donald Trump posant devant le nouveau bunker de l’OTAN à Evere lors du récent sommet des chefs d’État et de gouvernement du 25 mai 2017 après avoir quémandé son engagement envers l’Organisation qu’il avait auparavant qualifiée « d’obsolète » ?11?

À cette occasion, notre grand inquisiteur tweeter écarte de la photo de famille le premier ministre du Monténégro, État tout juste admis à prier dans l’église de la famille occidentale. C’est du bout des lèvres qu’il vient de leur concéder, le 9 juin 2017, son engagement à mettre en œuvre les dispositions de l’article 5 du traité de Washington en cas d’agression contre l’un de ses membres.

Mais, il attend d’eux qu’ils mettent la main au portefeuille pour augmenter leurs budgets de défense avec de l’argent qu’ils n’ont pas, pour la plupart d’entre eux. Au fond, ce n’est pas la création de ce fonds ou de tout autre bidule technocratique qui contribuera, de près ou de loin, à mettre sur pied une véritable défense européenne. Aujourd’hui, ce concept galvaudé relève encore et toujours de l’ordre de la grande illusion12, de la plaisanterie13.

Guillaume Berlat
19 juin 2017
http://prochetmoyen-orient.ch/wp-content/uploads/2014/11/horizontalsep.png
1 Jean-Pierre Stroobants/Nathalie Guibert, Une étape décisive vers une Europe de la défense, Le Monde, Économie & Entreprise, 8 juin 2017, p. 3.
2 Éditorial, Défense européenne, la fin d’un tabou, Le Monde, 8 juin 2017, p. 25.
3 Jean-Jacques Mével, UE : un fonds pour redémarrer la politique de défense, Le Monde, 8 juin 2017, p. 8.
4 « Une Europe sûre dans un monde meilleur. Stratégie européenne de sécurité », 12 décembre 2003, disponible sur le site internet www.consilium.europa.eu/uedocs
5 Hadrien Desuin, La France atlantiste ou le naufrage de la diplomatie, Cerf éditions, 2017.
6 Bernard de Montferrand, Dialogue franco-allemand : place aux actes, le Figaro, 8 juin 2017, p. 16.
7 S.Q., Des « embedded » sous contrôle, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 22.
8 Roberto Azevêdo (propos recueillis par Marie de Vergès), « L’OMC a besoin de capital politique », Le Monde, Économie & Entreprise, 10 juin 2017, p. 6.
9 Jack Dion, Avec le Monténégro, l’OTAN fait son marché à l’Est, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 9.
10 Hadrien Desuin précité, p. 81.
11 Francis Demay, La fuite en avant de l’OTAN, Courrier des lecteurs, Marianne, 9-15 juin 2017, p. 53.
12 Jean-Dominique Merchet, Défense européenne, la grande illusion, Larousse, 2009.
13 Milan Kundera, La plaisanterie, Gallimard, 1968.

Source : Proche & Moyen Orient, Guillaume Berlat,  19-06-2017

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Yémen : nouveau massacre saoudien à Mokha, 15 femmes et enfants brulés vifs

Plusieurs femmes et enfants yéménites sont tombés en martyre lundi suite à une frappe saoudo-US contre un domicile dans la région de Mokha, à l’ouest de Taez.

Le correspondant de la chaine yéménite AlMasirah a précisé qu’il s’agit de 15 martyrs tous des femmes et des enfants qui ont été brulés vifs.

« les avions de la coalition saoudo-US ont interdit aux services de secours de s’approcher du domicile bombardé, raison pour laquelle tous ceux qui y étaient ont trouvé la mort », a-t-il expliqué.  « Les cadavres de 7 enfants et 8 femmes, dont une enceinte, ont été retirés des décombres de la maison qui a été détruite », ont indiqué les médias yéménites.

Ce nouveau massacre vient s’ajouter aux dizaines de milliers de civils yéménites tués et blessés depuis plus de deux ans suite aux frappes saoudo-US.

Blocus et choléra

Par ailleurs, le blocus saoudien imposé contre ce pays pauvre continue à faucher la vie des civils. Le porte-parole du ministère yéménite de la Santé a annoncé la mort de 1500 personnes atteintes par l’épidémie de Choléra. Le nombre de personnes atteintes du choléra pourrait dépasser le seuil de 300 000, prévoit l’ONU, cité par PressTV.

21 provinces sur l’ensemble des 22 provinces yéménites sont touchées par cette maladie.

Fin mai 2017, l’ONU a mis en garde contre la dégradation de la situation humanitaire au Yémen: 17 millions de personnes sont menacées par la pénurie de denrées alimentaires et 7 millions d’entre elles sont exposées à la famine.

Même les infrastructures du Yémen n’ont pas été épargnées par cette guerre. Des centaines de stations de pompage d’eau, d’écoles, d’hôpitaux et des quartiers résidentiels ont été détruits par les bombardements saoudo-US depuis mars 2015.

Source: Médias

Plusieurs femmes et enfants yéménites sont tombés en martyre lundi suite à une frappe saoudo-US contre un domicile dans la région de Mokha, à l’ouest de Taez.

Le correspondant de la chaine yéménite AlMasirah a précisé qu’il s’agit de 15 martyrs tous des femmes et des enfants qui ont été brulés vifs.

« les avions de la coalition saoudo-US ont interdit aux services de secours de s’approcher du domicile bombardé, raison pour laquelle tous ceux qui y étaient ont trouvé la mort », a-t-il expliqué.  « Les cadavres de 7 enfants et 8 femmes, dont une enceinte, ont été retirés des décombres de la maison qui a été détruite », ont indiqué les médias yéménites.

Ce nouveau massacre vient s’ajouter aux dizaines de milliers de civils yéménites tués et blessés depuis plus de deux ans suite aux frappes saoudo-US.

Blocus et choléra

Par ailleurs, le blocus saoudien imposé contre ce pays pauvre continue à faucher la vie des civils. Le porte-parole du ministère yéménite de la Santé a annoncé la mort de 1500 personnes atteintes par l’épidémie de Choléra. Le nombre de personnes atteintes du choléra pourrait dépasser le seuil de 300 000, prévoit l’ONU, cité par PressTV.

21 provinces sur l’ensemble des 22 provinces yéménites sont touchées par cette maladie.

Fin mai 2017, l’ONU a mis en garde contre la dégradation de la situation humanitaire au Yémen: 17 millions de personnes sont menacées par la pénurie de denrées alimentaires et 7 millions d’entre elles sont exposées à la famine.

Même les infrastructures du Yémen n’ont pas été épargnées par cette guerre. Des centaines de stations de pompage d’eau, d’écoles, d’hôpitaux et des quartiers résidentiels ont été détruits par les bombardements saoudo-US depuis mars 2015.

Source: Médias http://french.almanar.com.lb/475704

Machiavel, Marx et les armes de migration massive
 

L’accueil euphorique des migrants est une vérité d’évangile, que je ne contesterai jamais. 12000 jeudi en Sicile, et soixante ans de prison pour le groupuscule de racistes qui s’y opposaient.

C’est bien fait.

Voyons le sujet.

La base d’un empire multiculturel – et un empire est toujours multiculturel – est de conquérir des territoires et de transférer des populations pour les amadouer et les contrôler (1). C’est maintenant ce que l’on fait en Europe. Il faut amener des colons, et remplacer les populations rétives qui sont dominées – ou se laissent mourir. Car comme le remarque Madison Grant dans son Passage d’une grande race, une immigration non désirée doit éteindre la natalité dans les pays nouvellement conquis ou occupés. C’est comme cela que le Wasp a commencé à disparaître en Amérique du Nord dans les années 1880. Kipling s’en plaint dans sa correspondance (il vivait alors à Boston), Lovecraft dans sa nouvelle La rue, Henry James dans son journal, O’Henry dans ses petits contes, Edward Ross dans son œuvre de sociologue, Scott Fitzgerald dans Gatsby (2).

On ne va pas pleurer le Wasp bien sûr, ni celui (comme dit Woody Allen, « la nature est un grand restaurant ») qui fut chassé de son île irlandaise par une politique froide de famine appliquée par Londres (qui toujours sut manipuler les famines dans un but politique). Le wasp lui-même avait remplacé les indiens peu avant. La tragédie des îles hawaïennes et autres fut identique. Des populations furent massacrées, empoisonnées et remplacées par d’autres plus soumises et plus travailleuses. Le Grand Remplacement est hélas une donnée éternelle, mais il importe de rappeler qu’il est rarement naturel ; il est presque toujours politique et il sert aussi à faire du fric. Le capitalisme joue ici avec le pouvoir et la militarisation. J’ai parlé de ces jeunes écossais qui dorment sous la tente en Ecosse alors qu’ils travaillent pour Amazon (entreprise qui me publie gentiment, ce n’est pas le problème). Simplement nous revenons à la plantation et au cannibalisme financier que la peur du gendarme soviétique avait calmé un temps.

La tactique est toujours la même. Car grand remplacement rime avec déplacement, mais aussi avec un ensemble de dépècements psychologiques, de brouillages de codes, ou de déprogrammation mentale (voyez l’école socialiste et son enseignement liquide en France et en Europe). On citera Tocqueville qui écrivait cette fois à propos des Indiens :

 « En affaiblissant parmi les Indiens de l’Amérique du Nord le sentiment de la patrie, en dispersant leurs familles, en obscurcissant leurs traditions, en interrompant la chaîne des souvenirs, en changeant toutes leurs habitudes, et en accroissant outre mesure leurs besoins, la tyrannie européenne les a rendus plus désordonnés et moins civilisés qu’ils n’étaient déjà. »

Les observations de Tocqueville sur le devenir des minorités US sont admirables.

Et j’en viens au cher Machiavel (3). Les italiens (plus haut QI d’Europe) seront toujours nos maîtres et nos éclaireurs, pour la bonne et simple raison qu’ils ont déjà vu et tout commenté, et le plus souvent pour rien hélas ! La connaissance, comme dit Salomon, ne sert qu’à accroitre sa douleur (qui auget scientiam, et auget dolorem, dit ma Vulgate !). La Renaissance permit de connaître de nouvelles  expériences passionnantes, et aussi de revivre l’antiquité d’une certaine manière. Voyez La Boétie qui publie à la même époque le meilleur texte sur notre aliénation moderne.

J’ignore si Machiavel connaissait le procédé inca du mitmac (remplacement de population après la conquête de ce même « empire socialiste inca »), mais il savait décrire comment s’y prenaient les princes néo-grecs de la Renaissance :

 « Pour conserver une conquête… Le meilleur moyen qui se présente ensuite est d’établir des colonies dans un ou deux endroits qui soient comme les clefs du pays : sans cela, on est obligé d’y entretenir un grand nombre de gens d’armes et d’infanterie. »

Oui, mieux vaut des « colons » que des gens d’armes pour assurer l’ordre. D’autant que l’on peut comme en Allemagne nommer ces réfugiés policiers : ils empêcheront les machos allemands de violer leurs compatriotes, m’a dit une étudiante espagnole vivant à Bamberg ! Cette ânesse passe son nez toute la journée dans son téléphone portable, et on peut dire que le système la tient bien en laisse, comme un ou deux milliards d’autres « jeunes » de son acabit, bien formatés et surtout distraits, tous sortis des pires cauchemars de Plutarque ou de La Boétie (de qui ?).

Machiavel et sa prose impeccable :

« L’établissement des colonies est peu dispendieux pour le prince ; il peut, sans frais ou du moins presque sans dépense, les envoyer et les entretenir ; il ne blesse que ceux auxquels il enlève leurs champs et leurs maisons pour les donner aux nouveaux habitants.

Ce que vit l’Italie en ce moment est incroyable. On ruine le contribuable pour sauvegarder des banques insolvables, on vire un peuple vieillissant pour le plaisir de plaire à des élites humanitaires, on remet au pouvoir des gens qui ont été reniés par les urnes mais choisis par l’Otan, Bruxelles ou les banquiers…

Machiavel explique comment on divise la population.

Or, les hommes ainsi offensés n’étant qu’une très faible partie de la population, et demeurant dispersés et pauvres, ne peuvent jamais devenir nuisibles ; tandis que tous ceux que sa rigueur n’a pas atteints demeurent tranquilles par cette seule raison ; ils n’osent d’ailleurs se mal conduire, dans la crainte qu’il ne leur arrive aussi d’être dépouillés. »

La lâcheté et le refus de s’informer font partie du complot. Macluhan, le héraut catholique-cathodique du village global, aurait dit « les plus grands secrets sont gardés par l’incrédulité publique.»

On recommandera au lecteur la lecture de Kelly Greenhill sur ces armes de migration massive. Greenhill en bon agent impérial les impute à des tyrans putatifs et néglige les responsabilités impériales de ses financiers (un autre cas Goulard…).

C’est pourquoi je recommande les classiques. Il n’est pas de situation qu’ils n’expliquent mieux que nos experts. Marx nous parle du dépeuplement nazi (féodal) des clans écossais au profit du gibier et d’une certaine duchesse Sutherland :

« Mais à tout seigneur tout honneur. L’initiative la plus mongolique revient à la duchesse de Sutherland.

Cette femme, dressée de bonne main, avait à peine pris les rênes de l’administration qu’elle résolut d’avoir recours aux grands moyens et de convertir en pâturage tout le comté, dont la population, grâce à des expériences analogues, mais faites sur une plus petite échelle, se trouvait déjà réduite au chiffre de quinze mille.

De 1814 à 1820, ces quinze mille individus, formant environ trois mille familles, furent systématiquement expulsés. Leurs villages furent détruits et brûlés, leurs champs convertis en pâturages. Des soldats anglais, commandés pour prêter main-forte, en vinrent aux prises avec les indigènes. Une vieille femme qui refusait d’abandonner sa hutte périt dans les flammes. C’est ainsi que la noble dame accapara 794 000 acres de terres qui appartenaient au clan de temps immémorial (4). »

Marx ajoute que la duchesse était bien sûr philanthrope, qu’elle reçut une certaine Harriet Beecher Stowe (sans son oncle Tom toutefois) ; car il manque une case aux philanthropes, ne le saviez-vous pas ?

Pourquoi changer une équipe – et une méthode – qui gagne ? La faiblesse de vos réactions favorise le retour du comportement préhistorique (Freud) chez les élites. Elles n’ont plus peur de vous.

Nicolas Bonnal

Notes

  • Kelly Greenhill, Weapons of Mass Migration: Forced Displacement as an Instrument of Coercion
  • Naomi Klein, la thérapie de choc, chapitre II
  • Nicolas Bonnal, Trump et les antisystèmes, Amazon.fr
  • Machiavel, Le Prince, chapitre III.
  • Marx, le Capital, livre I, chapitre VIII, l’accumulation primitive.

En savoir plus sur http://reseauinternational.net/machiavel-marx-et-les-armes-de-migration-massive/#pVhcqbLQfCX4RpC5.99

Migrants Méditerranée

La Méditerranée a vu passer plus de 100 000 migrants en six mois
 

04/07/2017 – FRANCE (NOVOpress) : « Plus de 100 000 migrants et réfugiés sont arrivés depuis janvier en Europe en traversant la Méditerranée, et 2 247 sont décédés ou portés disparus », rapporte l’AFP selon des chiffres communiqués aujourd’hui à Genève par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui dépend de l’ONU.

Toujours selon l’OIM, « plus de 85 000 migrants » sont arrivés en Italie, « près de 9 300 en Grèce » et « près de 6 500 en Espagne.

En fin de semaine dernière, l’OIM estimait que le nombre de migrants arrivés en Europe par la Méditerranée depuis le 1er janvier était de 95 768 (tableau ci-dessous). « La différence avec les chiffres de mardi s’explique par l’actualisation des données de l’Espagne », explique l’AFP.

Et comme le montre le second tableau, issu des données du ministère italien de l’Intérieur, l’Italie est plus que jamais la destination privilégiée…

Migrants Méditerranées 2017

Migrants Italie

Publié le - Modifié le 4 juillet 2017

Ironie du sort, le porte-avion USS George H.W. Bush, un bâtiment de la classe Nimitz propulsé par deux réacteurs nucléaires, haut d’une vingtaine d’étages, ayant 333 mètres de longueur et emportant 80 appareils de combat, se retrouve pour la première fois à la portée des missiles anti-navire (SS-N) du Hezbollah libanais.

 

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De la quadrature du cercle ou comment une crise au Levant a transformé le monde.
Les positions du Hezbollah libanais au Liban-Sud et en Syrie se retrouvent également à la portée de la formidable puissance de frappe de l’armada embarquée à bord du porte-avions US, venu accoster pour la première fois depuis 17 ans à 4 kilomètres au nord du port de Haïfa, l’une des plus grandes villes israéliennes, mais également celle qui est désormais la plus vulnérable à d’éventuelles incursions des forces combinées de ce que l’on appelle l’axe de la résistance.

Le Hezbollah libanais est depuis 1982 sous la menace de la puissance de feu exponentielle de l’État sioniste. C’est d’ailleurs des cendres encore fumantes de la périphérie Sud de Beyrouth, détruite par les obus israéliens en 1982, qu’ont surgi les premiers éléments de ce qui allait être l’un des mouvements militaires non-étatiques les plus disciplinés et les mieux dirigés de la planète.

Nul ne prédisait que le Hezbollah allait forcer le retrait israélien du Liban-Sud en 2000. Encore moins le fait qu’il a pu tenir en échec une armée israélienne déchaînée, trop confiante en l’invincibilité de ses chars de bataille lourds Merkava, dont chaque modèle est un concentré des meilleures technologies US, allemande et britannique en la matière, en 33 jours de guerre. Un conflit intense et bref durant lequel le Hezbollah avait reçu, presque en plein jour, un soutien logistique et militaire de la part de la Syrie.

Des années plus tard, le Hezbollah accourait prêter main forte à une Syrie aux prises avec l’hydre monstrueuse d’une guerre hybride polymorphique provoquée par ses ennemis traditionnels. C’est sur les champs de bataille syriens, des confins syro-libanais à la Turquie et de la périphérie Sud de Damas à Homs que le Hezbollah s’est transformé d’une petite armée composée essentiellement d’une force d’artillerie soutenue par des éléments d’infanterie et de groupes de commandos pratiquant la guérilla, en une véritable armée non-étatique ayant appris à combattre sur des fronts s’étendant sur des centaines de kilomètres, combinant l’usage de l’artillerie de campagne avec des tactiques d’assaut de plus en plus innovantes, se dotant de moyens antiaériens et de missiles anti-navires de plus en plus sophistiquées.

A Tel-Aviv où l’on se prépare depuis 2006 à une revanche, malgré des coups durs portés au mouvement libanais, notamment à travers l’élimination à Damas de son chef des opérations militaires, on craint au plus haut point la transposition du dispositif défensif du Hezbollah au Liban-Sud, inspiré du modèle asymétrique Nord-Coréen, au Golan. Un plateau stratégique partiellement occupé par Israël et illégalement annexé, dont la possession est devenue une question de survie pour l’État hébreu.

Tel-Aviv a applaudi des deux mains lorsque la Syrie, un pays avec lequel il est techniquement en guerre depuis 1973 a basculé dans la guerre « civile » un certain 15 mars 2011. Ayant d’abord adopté un profil bas en insistant qu’ils n’avaient rien à voir avec ce qui se passait dans les pays du voisinage, les israéliens se sont rendus compte avec effroi que l’appareil d’État syrien, loin de tomber au premier coup de vent, a non seulement habilement utilisé les liens stratégiques avec des pays amis pour amortir l’assaut mais a intégré le Hezbollah aux côtés de ses forces armées avant de faire appel à l’aide militaire de son allié russe, tout en cherchant à établir un continuum stratégique avec l’Iran à travers le territoire d’un Irak, qui il n’y a pas longtemps était hostile et occupé par les américains.

La Russie est intervenue en Syrie suivant une stratégie nouvelle ayant pris en compte les dures leçons des guerres d’Afghanistan mais également les enseignements de l’immense fiasco de Washington en Irak. Les russes ont réalisé au Levant avec peu de moyens ce que beaucoup n’avaient pu achever avec des moyens colossaux. Pour Moscou, gagner la guerre au Levant est un des gages permettant de mettre en échec les provocations de l’OTAN sur ses marches occidentales. La Russie ne lâchera jamais le morceau au Levant après l’immense affront ukrainien.

Dans les deux cas, ceux qui sont derrière les guerres en Syrie et en Ukraine ont probablement commis les plus grandes erreurs stratégiques du 21e siècle. Leur stratégie douteuse a abouti à ce que l’élite dirigeante israélienne se sente pour la première fois si menacée par la tournure des évènements, qu’elle fasse appel aux groupes aéronavals US. Et comme par hasard, c’est l’USS George H.W. Bush du nom du président ayant une fois déclaré le début d’un nouvel ordre mondial en déclenchant une très longue série de guerres au Moyen-Orient, dont les Etats-Unis ne se remettront jamais, qui vient à la rescousse des israéliens.

Les Russes avaient envoyé leur unique porte-avions en Syrie à chaque fois qu’ils avaient senti un danger imminent. Cette fois-ci, c’est le camp d’en face qui vient de le faire. Les Israéliens réussiront-ils à persuader les Américains de passer directement à l’action en Syrie ? C’est peu sûr avec un président US atypique qui nargue ceux qui l’ont propulsé et critique sans ambages les médias sclérosés et propagandistes de son pays. Une chose est sûre, le choix des options offertes actuellement est des plus limités. La volonté des russes à empêcher des ripostes à la suite de chaque agression américano-israélienne en soutien à leurs groupes terroristes a grandement payé : il a dévoilé au monde entier qui est qui et qui fait quoi. Par dessus tout que le fallacieux prétexte forgé autour de la guerre sans fin contre le terrorisme n’existe pas et que ce terrorisme international n’est qu’un outil des puissances qui se sont longtemps targués d’être des démocraties ou des membres à part entière d’un monde dit libre. Le singe est nu.

Quelle sera d’abord l’utilité d’une intervention directe contre la Syrie après toutes ces années de guerre et trois grands bouleversements géostratégiques ? La carte du gaz de la Méditerranée orientale n’est pas aussi déterminante qu’on le dit. La péninsule arabique est en guerre (et il y a désormais un risque avéré de guerre susceptible de mettre en péril la sécurité et l’indépendance du Qatar), les Balkans sont sur une poudrière, L’Europe orientale est toujours aussi instable qu’avant la seconde guerre mondiale malgré un calme apparent, l’Europe occidentale est en phase d’agonie « douce », les Etats-Unis en net déclin et sont terrifiés par l’idée de quitter l’Afghanistan, la Russie et la Chine appréhendent plus des menaces endogènes induites par le péril démographique ou de récession économique qu’exogènes. Seuls les Israéliens auraient intérêt à un changement de régime en Syrie même si celui-ci aboutira à un chaos durable pire que celui prévalant actuellement en Libye car cela servira un obscur plan poussiéreux préconisant une myriade de Bantoustans (après tout Gaza s’est bien détachée de la Ci-Jordanie) dans la périphérie immédiate de Tel-Aviv, assurant ainsi une relative suprématie pour les quelques années à venir. Une idée fixe vouée à l’échec. Paradoxalement, c’est au moment où l’Arabie Saoudite dirige la Ligue Arabe d’où ont été évincés tous les régimes Arabes plus ou moins progressistes qu’Israël a le plus de chances d’intégrer son environnement géopolitique, c’est à dire la zone Arabe ou le Moyen-Orient vu la conjonction parfaite des objectifs entre Ryad et Tel-Aviv. C’est là que l’on se rend compte du poids d’un certain conservatisme basé sur des idées comme celle présentant Israël comme un îlot démocratique entouré d’une mer d’autocraties hostiles est plus un fond de commerce qu’une perception stratégique. Cela en dit long sur la déliquescence de la vie intellectuelle israélienne et la crise dans laquelle se débat actuellement le sionisme, que certains veulent enrayer en revenant à des réactions primaires et chauvinistes favorisant la supériorité ethnique et/ou culturelle comme le concept anachronique de « Judéité ». Cela rappelle certaines notions ayant été derrière certaines catastrophes aussi bien en Afrique (ces dernières années) qu’en Europe.

Le monde change. Il n’y a plus de nouvel ordre mondial. L’histoire retiendra que c’est des terres de l’ancienne Canaan qu’est venu le grand bouleversement que nous vivons actuellement.

source:https://strategika51.wordpress.com/2017/07/03/de-la-quadrature-du-cercle-ou-comment-une-crise-au-levant-a-transforme-le-monde/

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La dernière escalade en Syrie – que se passe-t-il vraiment ?

 

La Russie a répondu cette fois encore, mais d’une manière très ambiguë et mal comprise. Les Russes ont annoncé, parmi d’autres mesures, qu’à partir de maintenant « tout objet volant, y compris des avions et des véhicules sans pilotes de la coalition internationale [dirigée par les États-Unis], situés à l’ouest de l’Euphrate, seront suivis par les forces de défense terrestres et aériennes comme des cibles aériennes », ce que j’ai transcrit par « le ministère de la Défense russe déclare qu’il abattra tout avion volant à l’ouest de l’Euphrate ». Alors que je donnais la citation russe exacte, je n’ai pas expliqué pourquoi je paraphrasais les mots russes comme je l’ai fait. Maintenant, c’est le moment de l’expliquer.

Tout d’abord, voici le texte original russe exact :

« В районах выполнения боевых задач российской авиацией в небе Сирии любые воздушные объекты, включая самолёты и беспилотные аппараты международной коалиции, обнаруженные западнее реки Евфрат, будут приниматься на сопровождение российскими наземными и воздушными средствами противовоздушной обороны в качестве воздушных целей. »

Le traduction littérale serait :

« Dans les zones des missions de combat de l’aviation russe dans le ciel syrien, tout objet volant, y compris un avion et un véhicule sans pilote de la coalition internationale repéré à l’ouest de l’Euphrate sera suivi par les actifs russes terrestres et aéroportés comme des cibles aériennes. »

Qu’est-ce que cela signifie exactement en termes technico-militaires ?

Un coup d’œil rapide dans le cockpit d’un avion de combat américain

Quand un F/A-18 survole la Syrie, les détecteurs d’émission de bord (appelés récepteurs radar d’alerte ou RWR dans leur sigle anglais) informent le pilote du genre de signaux radar que l’avion détecte. Au-dessus de la Syrie, cela signifie que le pilote verrait beaucoup de radars de recherche regardant dans toutes les directions, essayant d’obtenir une image complète de ce qui se passe dans le ciel syrien. Le pilote américain sera informé qu’un certain nombre de batteries S-300 syriennes et S-400 russes scannent le ciel et très probablement le voient. Jusqu’ici tout va bien. S’il y a des zones de désescalade ou n’importe quel genre d’accord bilatéral pour s’avertir mutuellement sur des sorties planifiées, alors ce genre d’émissions radar n’est pas important. De même, les radars américains (au sol, en mer ou dans les airs) scannent eux aussi le ciel et « voient » les avions des Forces aérospatiales russes sur leurs radars et les Russes le savent. Dans cette situation, aucun côté ne traite personne de « cible aérienne ». Lorsqu’une décision est prise de traiter un objet comme une « cible aérienne », un signal radar complètement différent est utilisé et un faisceau d’énergie beaucoup plus étroit est dirigé sur la cible qui peut maintenant être suivie et prise. Le pilote en est, bien sûr, immédiatement informé. À ce stade, le pilote est dans une position très inconfortable : il sait qu’il est suivi mais il n’a aucun moyen de savoir si un missile a déjà été lancé contre lui ou non. Selon un certain nombre de facteurs, un AWACS pourrait être capable de détecter un lancement de missile, mais cela pourrait ne pas suffire et il pourrait aussi être trop tard.

Le genre de missiles tirés par les batteries S-300/S-400 sont extrêmement rapides, plus de 4000 miles à l’heure, ce qui signifie qu’un missile lancé à 120 miles vous atteint en deux minutes ou qu’un missile lancé à 30 miles vous atteint en 30 secondes. Et rien que pour aggraver les choses, le S-300 peut utiliser un mode radar spécial appelé « piste par missile », où le radar émet une impulsion vers la cible, dont le reflet est ensuite reçu non par le radar au sol mais par le missile approchant rapidement lui-même, qui renvoie ensuite sa lecture au radar basé au sol, qui transmet alors des corrections de direction au missile. Pourquoi est-ce mauvais pour l’avion ? Parce qu’il n’y a aucun moyen de dire, à partir des émissions, si un missile a été lancé et approche déjà à plus de 4000 milles à l’heure ou non. Les S-300 et les S-400 ont aussi d’autres modes, y compris la Seeker Aided Ground Guidance – SAGG (guidage au sol assisté par un renifleur), où le missile calcule aussi une solution de guidage (et pas uniquement le radar au sol) et ensuite les deux sont comparés et un mode Home On Jam (HOJ) intervient lorsque le missile brouillé pointe directement sur la source du brouillage (comme un dispositif de brouillage à bord). D’autres modes radars sont en outre disponibles comme le Ground Aided Inertial (GAI) qui guide le missile à proximité immédiate de la cible, où ce dernier commute sur son propre radar juste avant de frapper la cible. Enfin, il y a une assez bonne preuve que les Russes ont perfectionné un système complexe de transmission qui leur permet de fusionner en un seul tous les signaux qu’ils obtiennent de leurs missiles, de leurs avions en vol (chasseurs, intercepteurs ou AWACS) et de leurs radars au sol. Cela signifie qu’en théorie, si un avion américain est hors du domaine de vol (de la portée) des missiles basés au sol, les signaux obtenus par ces radars pourraient être utilisés pour tirer un missile air-air sur l’avion américain (nous savons que leurs MiG-31 sont capables de tels engagements, donc je ne vois pas pourquoi leurs Su-30/Su-35 ne le pourraient pas). Cela servirait à compliquer encore la connaissance de la situation par le pilote puisqu’un missile pourrait venir de n’importe quelle direction, littéralement. À ce stade, la seule réaction logique serait, pour le pilote américain, d’informer ses commandants et de sortir de là, rapidement. Bien sûr, en théorie, il pourrait simplement poursuivre sa mission, mais ce serait très difficile, en particulier s’il soupçonne que les Syriens pourraient avoir une autre défense aérienne, mobile, sur le chemin ou près de sa cible.

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Essayez d’imaginer : vous volez, en toute illégalité, au-dessus d’un territoire hostile et vous vous préparez à frapper une cible, lorsque soudain, votre radar récepteur d’alerte se déclenche et vous dit : « Vous avez 30 secondes ou (beaucoup) moins pour décider si une ogive de 150 kg vient sur vous à 4000 miles à l’heure (6400 km/h) ou non ». Comment vous sentiriez-vous si c’était vous qui étiez assis dans ce cockpit ? Penseriez-vous toujours à exécuter l’attaque planifiée ?

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La stratégie habituelle des États-Unis est de parvenir à ce qu’on appelle la « supériorité/suprématie aérienne » en supprimant totalement les défenses aériennes ennemies et en prenant le contrôle du ciel. Si je ne me trompe pas, la dernière fois que les chasseurs américains ont opéré dans un espace aérien véritablement contesté, c’était au Vietnam…

Par ailleurs, ces technologies ne sont pas uniquement russes, elles sont bien connues en Occident, par exemple le Patriot SAM américain utilise aussi TVM, mais les Russes les ont très bien intégrés dans leur redoutable système de défense aérienne.

Le résultat est le suivant : une fois que l’avion américain est « traité comme une cible », il n’y aucun moyen de savoir si les Syriens, ou les Russes, sont seulement insolents ou s’il lui reste quelques secondes à vivre. Pour le dire autrement : « traiter comme une cible » équivaut à coller un pistolet sur votre tempe et vous laisser deviner si/quand il va presser sur la gâchette.

Donc oui, la déclaration russe était très certainement une « menace d’abattre » !

Ensuite, un coup d’œil au côté russe de l’équation

Pour comprendre pourquoi les Russes ont utilisé les mots « traiter comme une cible aérienne » plutôt que « abattra », vous devez vous rappeler que la Russie est encore la partie plus faible ici. Il n’y a rien de pire que de ne pas tenir une menace. Si les Russes avaient dit : « Nous abattrons » puis ne l’avaient pas fait, leur menace aurait été vide. Au lieu de quoi ils ont dit : « traiterons comme une cible aérienne » parce que cela leur laisse une porte de sortie s’ils décidaient de ne pas presser sur la gâchette. Cependant, pour le pilote de la Marine ou de la Force aérienne américaine, ces considérations sont sans importance une fois que ses détecteurs lui communiquent qu’il est « peint » par le faisceau d’un engagement radar !

Donc ce que les Russes ont fait est de déconcerter gravement les équipages américains sans avoir à abattre personne dans les faits. Ce n’est pas une coïncidence si les Américains ont presque immédiatement cessé de voler à l’ouest de l’Euphrate tandis que les Australiens ont décidé officiellement de se retirer de toute future sortie aérienne.

On ne soulignera jamais assez que la toute dernière chose dont la Russie a besoin est d’abattre un avion américain au-dessus de la Syrie, ce qui est exactement ce que certains éléments du Pentagone semblent vouloir. Non seulement la Russie est la partie la plus faible dans ce conflit, mais les Russes comprennent aussi les importantes conséquences politiques de ce qui se passerait s’ils franchissaient le pas décisif d’abattre un avion américain : un rêve devenu réalité pour les néocons et un désastre pour tous les autres.

Un rapide coup d’œil sur le Néoconistan américain et la recherche d’une « guerre tiède »

La dynamique en Syrie n’est pas fondamentalement différente de celle qui se joue en Ukraine. Les néocons savent qu’ils ont échoué à atteindre leur objectif principal : contrôler le pays entier. Ils savent aussi que leurs divers schémas financiers se sont effondrés. Enfin, ils sont totalement conscients qu’ils doivent cette défaite à la Russie et, en particulier, à Vladimir Poutine. Donc ils se sont rabattus sur le plan B. Le plan B est presque aussi bon que le plan A (contrôle total), parce qu’il a des conséquences beaucoup plus larges. Le plan B est également très simple : provoquer une crise majeure avec la Russie mais rester en deçà d’une guerre à grande échelle. Idéalement, le plan B devrait tourner autour d’une « réaction » « ferme » à l’« agression » russe et d’une « défense » des « alliés » des États-Unis dans la région. En pratique, cela signifie simplement : obtenir que les Russes envoient ouvertement des forces en Novorussie ou obtenir que les Russes prennent des mesures militaires contre les États-Unis ou leurs alliés en Syrie. Une fois que vous saisissez cela, vous pouvez facilement voir que les dernières attaques en Syrie ont un but local mineur – effrayer ou ralentir les Syriens – et un but global important – provoquer les Russes à utiliser la force contre les États-Unis ou un allié. Il faut répéter ici que ce que veulent réellement les néocons est ce que j’appelle une guerre « tiède » avec la Russie : une escalade de tensions à des niveaux même pas encore vus dans la Guerre froide, mais pas une Troisième Guerre mondiale « chaude » à large échelle. Une guerre tiède requalifierait l’OTAN au moins pour un certain type de buts (protéger « nos amis et alliés européens » de la « menace russe ») : les politiciens de l’UE, déjà définitivement invertébrés, seraient tous amenés à un état de soumission encore plus avancé, les budgets militaires augmenteraient même et Trump serait en mesure de dire qu’il a « rendu à l’Amérique sa grandeur ». Et, qui sait, peut-être le peuple russe finirait par se soulever contre Poutine, on ne sait jamais ! (Il ne le fera pas – mais les néocons n’ont jamais été dissuadés de leurs théories loufoques par des choses aussi mineures et totalement négligeables tels que les faits ou la logique).

Aparté

J’ai remarqué cette fois encore que chaque fois que les États-Unis essaient d’appâter la Russie pour l’inciter à un certain type de réaction hostile et que la Russie refuse l’appât, cela provoque une augmentation immédiate du nombre de commentaires qui déplorent avec véhémence que la Russie agit comme un chaton, que Poutine est un faux, qu’il est « de mèche » avec les États-Unis et/ou Israël et que les Russes sont faibles ou qu’ils ont « bradé ». J’ai l’impression que nous avons affaire à des opérateurs de PSYOP américains stipendiés dont la mission est d’utiliser les médias sociaux pour essayer de mettre le Kremlin sous pression avec ces éternelles accusations de faiblesse et de lâchage. Puisque je n’ai aucun intérêt à récompenser ces gens de quelque façon que ce soit, j’envoie la plupart du temps leurs récriminations là où elles doivent être : à la poubelle.

Est-ce que la stratégie russe fonctionne ?

Pour répondre, ne regardez pas ce que les Russes font ou ne font pas immédiatement après une provocation américaine. Prenez de la hauteur et regardez uniquement ce qui se passe à moyen et long terme. Exactement comme aux échecs, attaquer d’entrée n’est pas toujours la stratégie correcte.

Je soutiens que pour évaluer si la politique de Poutine est efficace ou non, pour voir s’il a « vendu » ou « cédé », il vous faut, par exemple, regarder la situation en Syrie (ou en Ukraine, d’ailleurs) telle qu’elle était il y a deux ans puis la comparer à ce qu’elle est aujourd’hui. Ou, sinon, regarder la situation telle qu’elle est aujourd’hui et revenir pour la réexaminer dans six mois.

Une immense différence entre la culture occidentale et la manière dont les Russes (ou les Chinois, d’ailleurs) considèrent la géostratégie est que les Occidentaux regardent toujours tout à court terme et au niveau tactique. C’est fondamentalement la raison principale pour laquelle Napoléon et Hitler ont perdu leurs guerres contre la Russie : un accent presque exclusif sur le court terme et la tactique. En revanche, les Russes sont les maîtres incontestés de l’art opérationnel (dans un sens purement militaire) et, tout comme les Chinois, ils tendent à toujours garder les yeux sur l’horizon à long terme. Regardez les Turcs qui abattent un Su-24 russe : tout le monde a déploré le manque de réaction « énergique » de Moscou. Et ensuite, six mois plus tard – qu’avons-nous, Exactement ?

La culture occidentale moderne est centrée sur diverses formes de gratification instantanée, et c’est également vrai pour la géopolitique. Si l’autre type fait quelque chose, les dirigeants occidentaux fournissent une réponse « ferme ». Ils aiment « envoyer des messages » et ils croient fermement que faire quelque chose, quel qu’en soit le degré symbolique, vaut mieux que même l’apparence de ne rien faire. Quant à l’apparence de ne rien faire, c’est universellement interprété comme un signe de faiblesse. Les Russes ne pensent pas comme ça. Ils ne se soucient pas des gratifications immédiates, ils ne se soucient que d’une chose : la victoire. Et si cela signifie paraître faible, c’est bien : d’un point de vue russe, envoyer des « messages » ou prendre des mesures symboliques (comme quatre des récentes attaques américaines en Syrie) ne sont pas des signes de force, mais de faiblesse. En général, les Russes n’aiment pas utiliser la force, qu’ils considèrent comme intrinsèquement dangereuse. Mais lorsqu’ils le font, ils ne menacent ou n’avertissent jamais, ils prennent des mesures immédiates et pragmatiques (non symboliques) qui les rapprochent d’un objectif spécifique.

Conclusion

La réaction russe à la dernière attaque américaine sur la Syrie n’était pas conçue pour susciter l’approbation maximale des nombreux stratèges en chambre sur Internet. Elle était destinée à rendre maximum l’inconfort de la « coalition » dirigée par les États-Unis en Syrie, tout en minimisant les risques pour la Russie. C’est précisément en utilisant un langage ambigu que les civils interpréteraient d’une manière et le personnel militaire d’une autre que les Russes ont introduit un élément très perturbateur d’imprévisibilité dans la planification des opérations aériennes américaines en Syrie.

Les Russes ne sont pas sans fautes et mauvaises habitudes et ils commettent des erreurs (reconnaître la junte ukronazie à Kiev après le coup d’État était probablement une de ces erreurs), mais il est important de différencier entre leur réelle faiblesse et leurs erreurs et leurs stratégies très soigneusement conçues. Qu’ils n’agissent pas à la manière dont leurs « partisans » putatifs en Occident le voudraient ne signifie pas qu’ils ont « cédé, cillé en premier » ou autre absurdité. La première étape pour comprendre comment les Russes fonctionnent est de cesser d’attendre qu’ils agissent exactement comme des Américains le feraient.

The Saker

 

image: http://reseauinternational.net/wp-content/uploads/2017/07/Rescued-Syrian-pilot.jpg

Rescued-Syrian-pilotPS : En passant, le pilote syrien abattu s’en est sorti vivant. Voici une photo de lui après son sauvetage par les forces spéciales syriennes.

 

MISE À JOUR Je reçois plusieurs messages me disant que le pilote n’a pas été sauvé par les forces gouvernementales mais qu’il est prisonniers des « Forces démocratiques syriennes ». Caveat emptor [ « Que l’acheteur soit vigilant », NdT], comme toujours.

L’article original est paru dans Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker francophone

source: http://lesakerfrancophone.fr/la-derniere-escalade-en-syrie-que-se-passe-t-il-vraiment

Les Russes achètent un aérodrome iranien pour 2,8 mds EUR

 
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Le groupe Regiontransneft a acheté un aérodrome en cours de construction situé à 140 kilomètres au sud de la capitale iranienne, Téhéran.

La société russe Regiontransneft a acquis un aérodrome situé dans la ville iranienne de Qom pour une somme coquette de 2,8 milliards d’euros, relate le journal local Free Zones News.

Il s’agit d’un site en construction qui appartenait auparavant à un holding iranien. À l’heure actuelle, une piste et des voies de circulation sont mises en place dans l’aérodrome, selon le journal.

L’entreprise russe envisage également de construire une gare ferroviaire et un terminal d’autobus dans la république islamique. Les investisseurs prévoient en outre de créer des centres de formation au pilotage et d’entretien des avions dans la ville de Qom, qui se trouve à 140 kilomètres au sud de la capitale, Téhéran.

La partie iranienne espère que sa coopération avec Regiontransneft favorisera notamment le développement du tourisme religieux dans la région car la ville est un lieu saint du chiisme, indiquent les médias locaux.

Source: Sputnik

No, US Troops Cannot Stay in Iraq Long After ISIL Defeat
No, US Troops Cannot Stay in Iraq Long After ISIL DefeatTEHRAN (FNA)- As celebrations are being planned across Iraq for liberation of Mosul, the Pentagon regime officials say they have other things in mind.

Lt. Gen. Stephen Townsend is talking about a planned troop rotation coming up in September, saying despite predictions of an end to the ISIL war, US troops should stay. Townsend’s comments about the US having a long-term military presence in Iraq is in keeping with other Pentagon officials, who have tried to blame the rise of ISIL between the end of the 2011 occupation and the 2014 reinvasion on the lack of US ground troops, despite the US having a substantial presence.

Townsend insists that the US troops would have to stay long after the ISIL war, specifically to train up the Iraqi military again, and to make sure they can actually fight off future insurgencies. There’s no indication how long this would take. Other officials, however, have envisioned a more or less permanent US military presence, claiming that the only way Iraq can be kept intact without collapsing into another immediate war would be for the US to have a number of troops.

This poses a great danger to Iraq’s democratic future. A more or less permanent military presence would be disturbing on its own, but taken together it represents an unprecedented attack on Iraq’s right to sovereignty and self-determination under UN Charter and International Law. The comments by the Pentagon officials, in particular, appear to mark the beginning of a permanent suppression campaign as well, based on spreading lies about how Iraq cannot stand on its own feet without America to justify enacting policies that support the occupation, and make independence and self-determination more difficult.

But Iraqis are sick and tired of America’s wars and occupation without end. They want the Trump White House to stop ramping up a stealth escalation of US military involvement across the Middle East. The deepening military involvement has accelerated in recent weeks. The US will dispatch more troops to Afghanistan, and even more than that to Syria.

In Yemen, the United States is escalating its direct and indirect support for the Saudi air assault too, leveling that impoverished country. As fighting intensifies, civilian casualties and refugees are rising, more and more are driven from their homes, and hunger and deadly diseases such as cholera are spreading as health systems break under the strain. Seventeen million Yemenis suffer from lack of food, while a cholera epidemic infects another child every 35 seconds.

The bottom line remains that America is an actor that brings war, destruction and calamity, and that US troops cannot and should never be allowed to stay in Iraq long after ISIL has been defeated. It’s a recipe for calamity:

By one estimate the United States has been at war 214 out of the 228 years since the Constitution took effect — that’s 94 percent of the time. Contrary to popular misconception, the war state did not begin in 1945. From the start, war was an acceptable means to national policy ends, whether to open markets or to install friendly regimes. This record is shameful and criminal when you calculate the predictable butcher’s bill, including the killing of noncombatants — not to mention the destruction of scarce resources that would have made all people better off in places like Afghanistan, Iraq, Syria, Yemen, Libya and a host of other North African countries.

At any rate, a more or less permanent occupation of Iraq means further civilian deaths, curfew, settlements, closed military zone, no-fly zone, administrative detention, siege, preventive strike, terrorist infrastructure, transfer, et al. It means Iraqis cannot trust the open sky, or any open street near the gates of the US military tower. It means they cannot trust the future or have faith that the awful past will not return to disturb them.

A more or less permanent occupation means Iraqis will have to live out their lives under US military rule, and the constant threat of death, a quick death from an airstrike or an Apache attack. Surely, it’s a crushing, suffocating death, a slow bleeding death in an ambulance stopped for hours at an American checkpoint. A dark death, at a torture table in a secret American prison in the middle of the Levant, just a random arbitrary death.

Last but not the least, a more or less permanent US military occupation means every day Iraqis will die - and the world will watch in silence. As if their deaths were nothing. All this and more leaves no choice for the Iraqi people and government but to resist, stand against all this death and indifference, keep their humanity and dignity, and refuse to surrender to US military suppression and terrorism. Iraq can be kept intact after ISIL defeat and without the US having a number of troops there permanently.

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