Chercheurs US: les Etats-Unis ne sont plus une démocratie mais une oligarchie comme en Europe!!!

Publié le par José Pedro

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Chercheurs US: les Etats-Unis ne sont plus une démocratie

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SOCIÉTÉ
(mis à jour 16:32 27.04.2015) URL courte
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Des scientifiques de deux universités américaines sont arrivés à une conclusion choquante: les Etats-Unis ne sont pas dirigés par le peuple, mais par des oligarques.
 

Ce verdict est celui de Martin Gilens, de l’université de Princeton, et Benjamin Page, de l’université Northwestern, au terme d’une étude intitulée "Qui dirige l’Amérique?". Selon eux, le système politique du pays s'est transformé ces dix dernières années en oligarchie, où le pouvoir est concentré entre les mains d'une élite.

Les chercheurs ont compilé les données relatives à plus de 1.800 décisions politiques prises entre 1981 et 2002. Ils ont comparé ces décisions aux préférences exprimées par les Américains à revenu moyen et par les 10% des Américains les plus riches. Leur conclusion: le gouvernement, qu’il soit Républicain ou Démocrate, suit le plus souvent les préférences du second groupe que du premier.

 

"Les Américains ont accès à de nombreux avantages du système démocratique, comme des élections régulières, la liberté de parole… Cependant, à notre avis, si le processus de conception de la politique se trouve sous le contrôle d’un cercle étroit de businessmen, alors la prétention de l’Amérique à une société démocratique est menacée", estiment les chercheurs.

 

"La conclusion clé est que l’élite économique et les groupes représentant les intérêts du business ont une influence significative sur la politique du gouvernement, indique l’étude. Alors que les associations et les citoyens lambda exercent une influence dérisoire, voire tout à fait nulle".

 

Les chercheurs estiment que les décisions du gouvernement américain s’alignent rarement sur les préférences de la majorité des Américains, mais favorisent généralement les intérêts particuliers et des organisations de lobbying: "En règle générale, quand une majorité de citoyens n’est pas d’accord avec les élites économiques et/ou des lobbies, ils perdent".

 

Selon MM Gilens et Page, les Américains ordinaires peuvent espérer que leurs intérêts politiques seront pris en compte uniquement s’ils coïncident avec ceux de l’élite politique. Ceci constitue selon les deux chercheurs un processus de long terme, ce qui fait qu’il est difficile pour les Américains de le remarquer, et encore plus de modifier cet état de fait.

 
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La Démocratie est partie au profit des Oligarques, il nous faut la retrouver et retrouver notre indépendance. La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple selon Abraham Lincoln. Or, notre système est une ploutocratie : un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches. Pourquoi ? Il faut chercher « la cause des causes » (Hippocrate): l'élection sans contrôle délègue à des maîtres, alors que le tirage au sort (avec ses multiples contrôles) vise à désigner des serviteurs du bien commun. Le citoyen à Athènes au Vème siècle avant notre ère
 
Notre régime n'a rien à envier aux lois de l'étranger. Nous sommes nous-mêmes des exemples, non des imitateurs. Chez nous les affaires publiques sont aux mains du plus grand nombre, c'est lui qui décide car nous sommes une démocratie (...)
 
Tout citoyen de mérite, même pauvre a la possibilité de rendre service à la cité.
 
Nous vivons en liberté (...)
 
Nous obéissons toujours aux magistrats et aux lois, surtout à celles qui fournissent un appui aux victimes de l'injustice.
 
Extrait de discours de Périclès (-431)
 
 
 
Les dates clés :
 
508-507 av notre ère : Réformes de Clisthène
 
Après la chute d'Hippias, le dernier Pisistratide (famille ayant gouverné à Athènes en tant que tyran ou oligarchie (famille « régnante »)), en l'espace de quelques années, de 507 à 501, Athènes va transformer politiquement grâce à un réformateur : Clisthène.
 
Qui est Clisthène ?
 
Un membre d'une des plus illustres familles athéniennes : les Alcméonides. Comment et pourquoi cet aristocrate va-t-il non seulement prendre la tête du parti populaire mais, chose bien plus estimable, s'élever au dessus de toute ambition pour inspirer la première véritable constitution (ensemble des lois qui régissent un régime politique) démocratique de l'histoire ? D'après Aristote : "Clisthène donna le pouvoir à tout le peuple".
 
Personne n'avait osé toucher à la structure en clan régissant le fonctionnement politique d'Athènes depuis le VIII° siècle. La réforme de Clisthène repose principalement sur un bouleversement complet de cette organisation. Les anciennes structures de base (dème, phratrie, tribu,...) ne sont pas abolies mais leur rôle et leur répartition sont redéfinis. L'ensemble est désormais basé sur un système décimal. Selon le même principe, un calendrier politique est établi. Il ne remplace pas le calendrier religieux lunaire mais divise l'année politique en dix mois solaires)
 
Pour assurer le succès de son redécoupage et rompre définitivement avec l'ancienne organisation en clan, Clisthène offre la citoyenneté à de nombreux non-citoyens qu'il répartit dans les nouveaux dèmes et les nouvelles tribus. Plusieurs milliers d'hommes libres mais issus d'unions illégitimes, de métèques, d'étrangers et même d'esclaves sont ainsi naturalisés et deviennent membres de plein droit de l'Ecclesia (assemblée des citoyens) dans laquelle on peut penser qu'ils constituent un des plus fermes soutiens du régime démocratique naissant.
 
Les organes du gouvernement
 
En l'espace de cinq ans, tout le pouvoir politique est transféré à l'Ecclesia. On aménage la colline de la Pnyx sur laquelle les citoyens ont le droit et le devoir de se rendre, quatre fois par mois, pour débattre et gouverner directement la cité, selon la règle de la majorité simple et par votes individuels à main levée.
 
L'Héliée est le tribunal des citoyens. Les magistrats sont tirés au sort. On crée aussi un nouveau collège appelée "stratégie", composé de dix membres élus par l'Assemblée. Clisthène modifie en outre la composition et le fonctionnement de la Boulé qui devient un "Conseil" de 500 membres tirés au sort et assurant pendant un an le fonctionnement de l'exécutif (préparer les lois).
 
L'Aréopage perd ainsi toutes ses fonctions politiques et la plupart de ses prérogatives judiciaires. En 462, poursuivant l'œuvre de Clisthène, Ephialtès, le dernier grand réformateur, lui enlèvera le contrôle des comptes de magistrats, ne lui laissant à juger que les affaires criminelles à implication religieuse.
 
L'établissement des principes démocratiques
 
Le nouveau régime ne s'appelle pas encore démocratie mais le pouvoir du demos (peuple) est total, appuyé sur les principes d''iségorie (liberté de parole devant l'Ecclesia ou sur l'Agora), isonomie (égalité politique de tous les citoyens). Sur la Pnyx, dans l'Héliée ou le Bouleuterion, toutes les voix sont égales. Le peuple souverain jouit donc de droits dont il n'avait jamais disposé jusqu'alors. Il se retrouve aussi face à ses devoirs. Il est aussi le seul gardien de la constitution et le garant de son pouvoir et de sa liberté.
 
499-479 avant notre ère : Guerres médiques (les Mèdes sont aussi les Perses) : ce sont des guerres entre les grecs et les perses. Les guerres médiques ont pour origine une révolte des cités grecques D'Asie Mineure, sous domination perse de l'empereur Darius, et l'intervention dans ce conflit d'Athènes. Les deux expéditions militaires constituent les principaux évènements militaires de ce conflit et se concluent par la victoire éclatante des cités grecques européennes, Athènes et Sparte pour l'essentiel. Même s'il ne faut pas en exagérer l'importance pour l'empire perse. Les guerres médiques apparaissent comme le point de départ de l'hégémonie athénienne en Mer Egée mais aussi comme la prise de conscience d'une certaine communauté d'intérêts du monde grec face à la Perse.
 
Après cet évènement, les Athéniens, avec leur stratège Périclès, construisent une importante flotte de navires de guerre, des trières, qui leur serviront en cas de nouveau conflit.
 
La 1ère guerre médique : En -490, Darius débarque en Attique, dans la plaine de Marathon, avec 50000 hommes. Mais leurs bateaux sont coulés en grande partie à cause d'une tempête. Athènes, seule (Sparte hésitait à intervenir), réussit à refouler les Perses avec ses 10000 hoplites, (fantassins ou soldats à pied), c'est la victoire de Marathon. Tactique : Marathon par les troupes terrestres athéniennes, commandées par Miltiade. La tactique de ce général fut risquée mais brillante : il affaiblit le centre de ses lignes de défense pour renforcer les ailes. Les Perses débarquèrent et foncèrent "au milieu du tas". Les ailes de l'armée grecque se replièrent pour encercler les assaillants. 6000 Perses moururent...Cette bataille marqua la fin de la Première Guerre Médique.
 
La 2ème guerre médique : En -480, Xerxès, le fils de Darius, veut venger son père, il débarque en Grèce et se heurte aux 300 Spartiates de Léonidas au défilé des Thermopyles. La résistance héroïque des 300 Spartiates (qui se font tous tuer au combat) ne fait que retarder la prise d'Athènes qui est incendiée par les Perses. Mais , par un stratagème ingénieux et grâce à ses trières, détruit la flotte perse à Salamine, Athènes a sauvé une deuxième fois les Grecs du péril barbare.
 
Pour les Grecs, la victoire remportée sur l'immense empire perse est un signe de la supériorité de leurs dieux, de leurs institutions, de leur... civilisation.
Athènes, devenue une puissance maritime, regroupe autour d'elle les cités qui craignent une nouvelle attaque perse. Ainsi naît la ligue de Délos. Chaque cité de la ligue doit payer un tribut (un impôt) à Athènes pour équiper une flotte de guerre et utiliser sa monnaie. Mais le trésor gardé dans l'île de Délos, puis à Athènes, sert surtout à construire de beaux monuments sur l'acropole d'Athènes en reconstruction après les désastres commis par les Perses. Cette volonté de domination athénienne (impérialisme) provoque des résistances et des jalousies; entre Sparte et Athènes, s'ouvre une période de rivalité qui affaiblit Athènes et la Grèce.
 
451-450 avant notre ère : Réforme de Périclès : Il sera 15 fois stratèges (443-429 avant notre ère). Il permet l'accès des citoyens les plus pauvres aux magistratures en instaurant une indemnité journalière, pour présence à l'Héliée et à la Boulé : le misthos. Périclès mena Athènes à son apogée. On parle du « siècle de Périclès ».
 
431-404 avant notre ère : Guerre du Péloponnèse : Sparte et Athènes s'opposent dans une guerre indécise, Sparte a regroupé autour d'elle toutes les cités du Péloponnèse ainsi que Corinthe, Mégare et Thèbes, elle a la supériorité militaire sur terre et dispose de l'or de Cyrus, le roi perse. Athènes domine par sa flotte les mers. En -429, une épidémie de peste affaiblit Athènes, Périclès en meurt. En -413, Athènes tente de s'emparer de Syracuse (en Sicile). Athènes perd dans cette entreprise 40000 hommes et sa meilleure flotte.
Finalement, en -404, les Spartiates vainquent définitivement Athènes à Aigos-Potamos. Athènes doit renoncer à son empire, livrer sa flotte et raser ses fortifications. C'est la chute de la démocratie.
 
Toutes les cités grecques sortent très affaiblies de cette guerre, Sparte domine à son tour la Grèce, puis elle doit s'incliner devant Thèbes en -371. Philippe de Macédoine profite alors des rivalités grecques, et à l'aide de sa puissante armée, la "phalange", il vainc les Grecs en -338, c'en est fini de l'indépendance des cités grecques.
 
 
Alain Juppé s'emploie à ressembler à Abraham Lincoln, à Hippocrate et à Périclès.

« Les États-Unis, la plus grande oligarchie du monde »

« Les États-Unis, la plus grande oligarchie du monde » : ce sont des chercheurs de l'université de Princeton qui le disent !

Prompts à railler les « oligarques » russes, la « dictature » chinoise, nos médias occidentaux ne tarissent pas de poncifs tout faits pour la « première démocratie du monde » américaine. Une idée reçue balayée par une étude réalisée au sein de la vénérable université de Princeton révélant la réalité de l’oligarchie américaine.

Qui gouverne aux Etats-unis ? Quel type de régime connaît la première puissance mondiale ? Le discours de la Guerre froide nous imprègne tellement qu’il nous est difficile de ne pas répondre : une démocratie.

Le sens des mots étant dévoyé, il convient de rappeler qu’une démocratie est un régime où – si on reprend la définition classique du président américain Lincoln – il y a « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Le contraire de démocratie n’est donc pas dictature (idéologie de Guerre froide oblige) mais bien oligarchie. Il peut donc très bien y avoir des « dictatures du peuple » et des « oligarchies constitutionnelles ».

La question prend une nouvelle tournure avec l’étude réalisée par un universitaire de Princeton Martin Gilens, assisté d’un autre professeur de Northwestern university Benjamin Page : « Testing theories of American politics : elites, interest groups and average citizens ».

Pour simplifier, ce travail vise à répondre à la question qui divise la science politique américaine depuis un demi-siècle :

Thèse 1 – les Etats-unis sont une démocratie caractérisée par le pluralisme, où les intérêts privés concordent avec l’intérêt général, le gouvernement de la majorité avec le respect des minorités – thèse dite de la « démocratie électorale majoritaire » ou du « pluralisme majoritaire ».

Thèse 2 – Les Etats-unis sont une oligarchie caractérisée par un « pluralisme biaisé » où certains groupes d’intérêts, les élites économiques, ont le pouvoir d’influencer la politique américaine dans le sens de leurs intérêts particuliers, au détriment de l’opinion de la majorité.

Si la première thèse a été majoritaire pendant toute la Guerre froide, synthétisée par Robert Dahl, la seconde résumée par C.Wright Mills pointant la « Power elite » américaine, reprise récemment par Michael Parenti dans sa « Democracy for the few » se révèle de plus en plus pertinente au vu de l’évolution de la politique américaine depuis trois décennies.

La méthode du professeur Gilens consiste concrètement à étudier 1 779 cas entre 1981 et 2002 où il est possible à la fois d’obtenir des sondages sur l’avis de la majorité des Américains, de l’élite économique et des groupes d’intérêts les puissants (avant tout économiques), et de mesurer combien l’adoption d’une loi sur ce sujet, ou son blocage, reflète les intérêts de tel ou tel groupe social.

Ces projets de loi, changements de politique ont avant tout trait aux questions économiques et sociales – principalement autour de nouveaux impôts, d’exonérations fiscales, ou de réformes des systèmes sociaux – mais aussi sociétales – port d’armes, peine de mort, avortement.

Impuissance du peuple américain, toute-puissance de l’élite économique

Tout d’abord, l’étude part de l’étude des motivations des trois acteurs étudiés (la majorité des Américains, l’élite économique, les groupes d’intérêts) et constate que les motivations des « groupes d’intérêts », avant tout liés au patronat américain, à l’élite économique, sont souvent opposées à celles de la majorité de la population américaine.

Qui l’emporte ?

Laissons parler les chercheurs : « l’impact estimé des préférences de l’Américain moyen tombe à un niveau insignifiant, proche de zéro. Ce n’est pas que les citoyens ordinaires n’ont pas seuls un pouvoir important sur les décisions politiques, ils n’ont en fait aucune influence du tout.

En revanche, les élites économiques ont un impact important, significatif, indépendant sur les politiques menées. De la même façon, les groupes d’intérêt organisés se révèlent avoir une influence substantielle sur les politiques poursuivies ».

Cette affirmation, les chercheurs américains le justifient par un calcul simple : si on neutralise les motivations de l’élite économique, l’impact de l’opinion populaire sur l’adoption d’un changement de politique est nul.

Que les citoyens approuvent massivement un projet de loi (à 90 %), ou qu’ils le rejettent tout aussi massivement (10 % d’adhésion), la probabilité que ce projet devienne une loi est de l’ordre de 30 %.

Dans l’autre sens, si les élites économiques sont massivement opposées (10 % d’adhésion) à un changement de politique (ex : de nouveaux impôts pénalisant les riches), celui-ci n’a que très peu de chances – pas plus de 5 % – d’être adopté.

Si les élites économiques apportent un soutien massif à un projet (plus de 90 %), comme par exemple ceux portant sur des exonérations fiscales, la probabilité que ce changement politique soit acté dépasse les 50 %.

Une démocratie pour les riches

Les chercheurs nuancent l’idée : « cela ne signifie pas que le citoyen moyen perd systématiquement dans ce système ». Et ils donnent deux exemples, illustrant bien le biais en faveur des plus riches :

1 – « quand les préférences des citoyens moyens sont conformes à celles des élites économiques, alors les citoyens moyens obtiennent ce qu’ils veulent, même si ils ne sont pas à l’origine de la victoire ».

Quand la bourgeoisie américaine est arrivée à imposer ses préoccupations à la majorité de la population (ex : la propagande sur les baisses d’impôt, sur les fraudeurs à la Sécurité sociale), le peuple peut gagner une victoire. Prime à l’idéologie ultra-libérale !

... Même si les chercheurs rappellent que « les questions sur lesquelles élites économiques et citoyens ordinaires sont en désaccord restent importantes : restrictions commerciales, politiques fiscales, réglementation sur les entreprises, avortement, religion – et les pertes politiques enregistrées par les citoyens sont loin d’être anodines ». Pour le moins !

2 – les chercheurs notent que le système politique américain basé sur le fédéralisme, la séparation des pouvoirs, le bi-caméralisme « introduit un certain biais au statu-quo ».

« Quand des majorités politiques sont en faveur du statu quo, s’opposent à un changement de politique, elles peuvent arriver à leurs fins. Mais quand ces mêmes majorités – même très largement – veulent le changement, elles risquent de ne pas l’obtenir ».

Ainsi, quand une majorité de la population veut un changement de politique concret, elle n’obtient gain de cause que 30 % des cas. Même quand il s’agit d’une majorité écrasante (plus de 80 % d’adhésion), le taux d’adoption d’un projet de loi ne dépasse pas 43 %. Prime au conservatisme !

Les limites de l’enquête, une sous-estimation ... du pouvoir des 1 % !

Les chercheurs sont eux-mêmes lucides sur les limites de leur enquête.

En premier lieu, leur définition d’un côté peut-être trop extensive de la définition d’ « élites économiques » : 10 % les plus riches en termes de revenus un chiffre qui pourrait être réduit à 1 %, ou au 1 % des détenteurs de patrimoine.

Deuxièmement, la définition peut-être trop restrictive des « groupes d’intérêt » réduite ici à une trentaine de groupes de pression, là où des centaines influencent la vie politique américaine, locale ou nationale.

Paradoxalement, cette auto-critique irait plutôt dans le sens, dans cette enquête, d’une minimisation du pouvoir des plus riches, de l’élite économique sur les décisions politiques. Une analyse plus fine révélerait sans doute des corrélations plus directes entre certains acteurs et les décisions prises.

Ce qui est certain pour les responsables de l’enquête, c’est que la majorité de la population n’a et n’aurait de toute façon aucune influence sur le processus politique.

C’est la conclusion à laquelle arrivent les chercheurs sur l’avenir de la démocratie en Amérique : « d’une part, ce que nos chiffres révèlent, c’est que la majorité ne gouverne pas aux Etats-unis. Quand une majorité de citoyens est en désaccord avec les élites économiques, elle perd ».

Selon les auteurs, en guise de conclusion : « nous pensons que si le processus de décision politique est dominé par de puissantes organisations patronales et un petit nombre d’Américains très riches, alors les prétentions de l’Amérique à être une société démocratique sont sérieusement menacées ».

On se souvient des mots de Lénine, dans l’Etat et la Révolution : « La société capitaliste nous offre une démocratie plus ou moins complète. Mais cette démocratie est toujours confinée dans le cadre étroit de l’exploitation capitaliste et, de ce fait, elle reste toujours, quant au fond, une démocratie pour la minorité, uniquement pour les classes possédantes, uniquement pour les riches ».

On pourrait citer également l’avertissement de Thomas Jefferson à la fin de sa vie, en 1825, dans une lettre à William Branch Giles :

« il y a désormais des parvenus, qui n’ont que mépris pour les valeurs démocratiques de 1776, et qui ont acquis un pouvoir formidable : ils visent désormais à être une aristocratie, basée sur le pouvoir des institutions bancaires et des grandes entreprises, se drapant derrière leurs succès dans l’industrie et le commerce pour mieux dominer le travailleur spolié et le paysan paupérisé ».

Au vu de la situation de la démocratie en Amérique, combien les analyses de Lénine et les inquiétudes de Jefferson sont vérifiées aujourd’hui : dernière le vernis démocratique, la même domination étriquée et plus puissantes des plus riches, d’une infime minorité !

Voir le document d’origine sur le site de l’Université de Princeton : http://www.princeton.edu

»» http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-les-etats-u...
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Testing Theories of American Politics: Elites, Interest Groups, and Average Citizens

Martin Gilens and Benjamin I. Page

Abstract

 

Each of four theoretical traditions in the study of American politics—which can be characterized as theories of Majoritarian Electoral Democracy, Economic-Elite Domination, and two types of interest-group pluralism, Majoritarian Pluralism and Biased Pluralism—offers different predictions about which sets of actors have how much influence over public policy: average citizens; economic elites; and organized interest groups, mass-based or business-oriented.

A great deal of empirical research speaks to the policy influence of one or another set of actors, but until recently it has not been possible to test these contrasting theoretical predictions against each other within a single statistical model. We report on an effort to do so, using a unique data set that includes measures of the key variables for 1,779 policy issues.

Multivariate analysis indicates that economic elites and organized groups representing business interests have substantial independent impacts on U.S. government policy, while average citizens and mass-based interest groups have little or no independent influence. The results provide substantial support for theories of Economic-Elite Domination and for theories of Biased Pluralism, but not for theories of Majoritarian Electoral Democracy or Majoritarian Pluralism.

 

Martin Gilens is Professor of Politics at Princeton University (mgilens@princeton.edu). His research examines representation, public opinion, and mass media, especially in relation to inequality and public policy. Professor Gilens is the author of Affluence & Influence: Economic Inequality and Political Power in America (2012, Princeton University Press). Benjamin I. Page is Gordon S. Fulcher Professor of Decision Making at Northwestern University (b-page@northwestern.edu). His research interests include public opinion, policy making, the mass media, and U.S. foreign policy. He is currently engaged in a large collaborative project to study Economically Successful Americans and the Common Good. For helpful comments the authors are indebted to Larry Bartels and Jeff Isaac, to the anonymous reviewers from Perspectives on Politics, and to seminar participants at Harvard University and the University of Rochester.

Footnotes

  A permanent link to supplementary materials provided by the authors precedes the References section.